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ASSOCIATION BELGE DE PHOTOGRAPHIE
BULLETIN
TROISIÈME SÉRIE
VOL. V — 25me ANNÉE — 1898
(Volume XXV de la Collection).
ASSOCIATION BELGE
DE
Photographie
SOUS LE PROTECTORAT DU ROI
et la Présidence d’honneur de S. A. R. Mgr le Prince Albert de Belgique
TROISIÈME SÉRIE
VOL. V -*• 25me ANNÉE 1898
(Volume XXV de la collection).
BRUXELLES
Rédaction : Ch. Puttemans, Palais du Midi.
/
ÉMILE BRUYLANT, imprimeur-éditeur
67, RUE DE LA RÉGENCE, 67
1898
Digitized by the Internet Archive
in 2019 with funding fronï
Getty Research Institute
https://archive.org/details/bulletin2518unse
Association belge de Photographie
SOUS LE PROTECTORAT DU ROI
et la Présidence d’honneur de S. A. R. Monseigneur le Prince Albert de Belgique.
BULLETIN
N" 1. — 25me ANNÉE. — VOL. XXV.
(3e SÉRIE. — VOL. V.)
Conseil d’fldministration
NT été admis :
1° Membres effectifs :
MM. Agie, Joseph, rue de l’Amman,
Anvers, présenté par MM. Lunden et Maes.
Atjdouard Deglaire, Pablo, calle de
las Cortès, 373-375, Barcelone (Espagne), pré¬
senté par MM. Roman Batllo et Vanderkin-
dere.
G —
Baar, Paul, rue Lebeau, 4, Liège, présenté par MM. E. Beau-
jean et Dupont.
Bernimolin, A., rue Belvaux, 172, Grivegnée, présenté par
MM. Beaujean et Goffart.
Clement, Paul, rue de Tirlemont, Louvain, présenté par
MM. J. De Walque et Georges Clement.
Descamps, Emile, substitut du procureur du roi, rue Garnier, 7,
Tournai, présenté par MM. Peltzer et Duvelaar van Campen.
Devaux, Albert, négociant, rue Godefroid, Namur, présenté
par MM. Vassal et Jossart.
Friedrichs, Henri, rue de Naples, 4, Ixelles, présenté par
MM. Puttemans et Moens.
Ganhy, Gustave, rue Basse-Marcelle, 18, Namur, présenté par
MM. Fallon et Mathieu.
Habets, Paul, ingénieur, avenue Blonden, 17, Liège, présenté
par MM. Oury et L. Laoureux.
Herremans, Alfred, rue de Flandre, 9, Gand, présenté par
MM. Casier et Wauters.
Hovelacque, Maurice, rue Castiglione, 1, Paris, présenté par
MM. Puttemans et Rutot.
Jeanjean, Marc, sous-lieutenant du génie, rue Méan, 16, Liège,
présenté par MM. Dupont et L. Roland.
Kemna, G., professeur à l’Athénée, rue du Saint-Esprit, 108,
Liège, présenté par MM. L. Laoureux et G. Laoureux.
Langlé, Ch., fonctionnaire des télégraphes, rue de la Ruche, 49,
Bruxelles, .présenté par MM. Marynen et Bronkhorts.
Labouverie, Jules, ingénieur, rue d’Hornu, 27, Wasmes, pré¬
senté par MM. Polet et Gautier.
Leestmans, Orner, Marché-aux-Poulets, 47, Bruxelles, pré¬
senté par MM. Puttemans et Vanderkindere.
Matelot, Paul, rue de la Cathédrale, Liège, présenté par
MM. L. Laoureux et Bourguignon.
Parmentier, Adolphe, appareils et fournitures photographiques,
ch. de Wavre, 137, présenté par MM. A. Dupont et Rousseau.
Pauwels, Maurice, rue Mercator, 58, Anvers, présenté par
MM. V. Selb et Maes.
/
Puck-Chaudoir, à Hamoir, présenté par MM. L. Laoureux et
O. Lamarche.
Roersch, Charles, docteur en médecine, boulevard de la Sau-
venière, 114, Liège, présenté par MM. E. Beaujean et C. Dupont.
Slingeneyer de Goeswin, André, lieutenant d’artillerie, rue
du Commerce, 113, Bruxelles, présenté par MM. Arnould et
Masui.
Spaak, Louis, ingénieur, quai de Fragnée, Liège, présenté par
MM. G. Laoureux et L. Laoureux.
Tackels, Paul, industriel, rue Saint-Pierre-Alost, 28, Gand,
présenté par MM. D. Tackels et J. De Nobele.
Tanier, Joseph, rue de Bruxelles, 95, Verviers, présenté par
MM. L. Laoureux et Gilon.
Uytterhoeven, André, lieutenant d’artillerie, rue Hébette, 31,
Namur, présenté par MM. Rousseau et Ad. Dupont.
Van Oost, Auguste, rue des Violettes, 120, Gand, présenté
par MM. J. De Nobele et A. Goderus.
Van Temsche, Odilon, étudiant, rue Marie-Thérèse, 123, Lou¬
vain, présenté par MM. Stalpaert et Cappellen.
’SVüst, Alexandre, ingénieur, rue du Chantier, 4, Anvers, pré¬
senté par MM. Bouvart et Van Bellingen.
2° Membre associé :
M. Feys, ingénieur des mines, boulevard de la Sauvenière, 114,
Liège, présenté par MM. Roersch et Beaujean.
FÊTES OU XXVe ADVERSAIRE
Le Conseil d’administration a arrêté dans ses grandes lignes le
programme des fêtes qui seront données au mois de mai prochain,
à l’occasion de la vingt-cinquième année de la fondation de
l’Association belge de Photographie.
Voici ce programme, sauf modifications ultérieures :
Du ie>- au 3i mai : Exposition d’Art photographique au Cercle
Artistique et Littéraire (Waux-Hall du Parc).
Samedi 14 mai : Réception des délégués étrangers. — Raout.
Dimanche iS mai : Visite de la ville. — Assemblée générale. _
Banquet.
Lundi 16 mai : Réception à l’exposition. — Visite de la ville. —
Soirée de projections offerte par la Section de Bruxelles.
Mardi ij mai : Anniversaire de la fondation. — Excursion aux
environs de Bruxelles. — Soirée d’adieu.
Un Album-Souvenir sera publié à l’occasion de ces fêtes; d’un
format plus grand que le Bulletin , il contiendra une série d’articles
inédits sur la Photographie et un résumé de l’histoire des vingt-cinq
premières années de l’Association.
Il sera abondamment illustré de phototypographies dans le
texte et d’environ dix planches hors texte dont deux ou trois en
photogravure d’après les épreuves primées au concours du
31 octobre dernier.
Cet album sera adressé gratuitement à tous les membres de
l’Association, effectifs et associés, membres d’honneur et hono¬
raires. Des exemplaires reliés seront mis à la disposition des
membres au prix coûtant de la reliure; les conditions de cette sous-
— (J —
cription seront portées à la connaissance des membres dans le
prochain Bulletin.
Une médaille commémorative nouvelle, gravée par M. Fer¬
nand Dubois, sera remise à tous les exposants.
Bijou insigne. — Le Conseil d’administration rappelle à MM. les
membres de l’Association qu’il a été créé un bijou insigne, réduc¬
tion de la première médaille de M. Fernand Dubois; cet insigne,
qui peut se porter en breloque, est à la disposition des membres,
gravé à leur nom, au prix de 5 francs en argent et de 2 francs en
bronze. Pour les obtenir, s’adresser à M. le Secrétaire général.
A nos Lecfceuns
otre Association franchira bientôt le seuil de
la vingt-cinquième année de son existence. Le
17 mai prochain, elle célébrera l’anniversaire du
jour où, quelques amis, mettant en commun
leurs aspirations et leurs dévouements, dépo¬
sèrent dans le sol cette frêle plante devenue
aujourd’hui l’arbre à la puissante ramure que nous connaissons.
Ceux qui ont le culte du passé, consultent avec fierté leurs
archives de famille pour y retrouver la trace des pensées comme
l’histoire des générations disparues. A ce titre, les premières années
de notre Bulletin évoquent de précieux souvenirs et contiennent
d'utiles leçons, tel ce premier article que notre vénéré prédécesseur
Gustave De Vylder lançait comme un programme :
« Il nous paraît que cette Association », écrivait-il, « doit exercer
« la plus salutaire influence sur les progrès de la photographie en
« Belgique.
« ... Tous ceux qui s’intéressent sérieusement à l’honneur artis-
« tique de notre pa}rs, doivent désirer voir marcher la photographie
« belge dans la voie où tant d’autres nations voisines l’ont précédée,
« la voie du progrès, qui est celle où Y art photographique marche
« résolument aujourd’hui.
« C’est par des expositions photographiques que l’on fera dis-
« paraître cet absurde préjugé que la photographie n’est pas un
« art, mais seulement et rien qu’un métier. C’est par des exposi-
11 —
« tions largement organisées que les photographes belges pourront
« montrer qu’ils sont capables de produire des œuvres d’un vrai
« mérite, et qu’ils feront accepter leur art par ceux-là mêmes qui
« le repoussent encore aujourd’hui.
« Sans prétendre que le fait seul de l’Association doive inévita-
« blement conduire la photographie belge vers une ère nouvelle de
« prospérité et d’éclat, nous sommes fermement convaincu que
« dans l’Association se trouvent les éléments nécessaires du succès.
« C’est à ceux qui disposent de ces éléments à les pousser vigou-
« reusement vers ce but commun que chacun doit avoir à cœur
« d’atteindre : la réalisation du progrès par la production du beau,
« le développement de l’art par la connaissance des merveilles
« qu’il peut produire...
« Nous croyons que la nouvelle Association photographique est
« appelée à rendre des services signalés. Elle groupera en un fais-
« ceau puissant les nombreux éléments de succès en photographie
« que renferme la Belgique; elle cherchera, elle aussi, à résoudre
« par l’observation, par la discussion, par l’expérience, les nom-
« breuses questions scientifiques et pratiques qui se rattachent à la
« photographie. Elle appellera la photographie nationale à se
« mesurer avec la photographie étrangère, dans des expositions
« régulières, faites sur une large échelle. Par ses œuvres, par ses
« actes, par ses écrits, elle attirera sur notre art l’attention de
« ceux qui peuvent l’utiliser et fournira ainsi aux photographes
« sérieux, dans toute l’étendue de son action, les moyens de trou-
« ver un dédommagement certain de leurs peines, une récompense
« honorifique... pour leurs travaux.
« L’avenir est à l’Association belge de photographie. Nous
« espérons bien qu’elle ne faillira pas à la tâche qui lui est
« imposée. »
Ce magnifique programme a-t-il été réalisé? L’Association
a-t-elle répondu aux espérances déposées dans son berceau? Nous
le cro3rons sincèrement, et l’histoire de ces vingt-cinq années nous
en offre la preuve irrécusable. Nous n’avons pas le dessein d’esquis¬
ser ici les grandes étapes de cette période : les fêtes jubilaires en
fourniront l’occasion favorable. Nous désirons seulement mettre en
— 12 —
regard quelques chiffres, suffisamment éloquents pour nous dispen¬
ser de commentaires. En 1874, l’Association comptait 148 membres
fondateurs, 3 sections, 12 journaux envoyés en échange du
Bulletin; en ce moment, 700 membres effectifs et honoraires,
7 sections, plus de 80 périodiques de tous genres admis à
l’échange, une bibliothèque contenant environ 500 ouvrages (nous
ne disons pas volumes), un Bulletin hautement apprécié à l’étran¬
ger, des illustrations artistiques, tel est l’inventaire concis dont
notre Société a le droit de s’enorgueillir, et qui témoigne de l’intel¬
ligence, du dévouement, du travail et de l’union de ses membres.
Mais si nous nous plaisons à jeter un regard de satisfaction sur
le passé et à remercier les ouvriers de la première heure comme
ceux de la dernière, nous ne saurions perdre de vue cette devise :
« Noblesse oblige », ni oublier ce cri tombé des lèvres d’un artiste :
Semper altior. Si notre chère Association a conquis vaillamment
une des premières places dans le monde scientifique et artistique,
notre devoir nous commande de ne rien négliger pour l’y maintenir.
Sachons parfois sacrifier des idées trop personnelles au bien
général ; prenons une part active aux travaux des sections ; encou¬
rageons toutes les initiatives; travaillons à perfectionner nos pro¬
cédés, à produire des œuvres vraiment artistiques.
Puissent ces idées trouver un écho fidèle parmi tous les membres
de 1 Association et préparer à notre Société une ère constante de
prospérité ! C est le vœu que nous formons à l’aurore de cette
année jubilaire, en y joignant pour chacun de nos confrères
l’expression de nos meilleurs souhaits.
Jos. Casier.
Section d’Anvers
SÉANCE DU 13 DÉCEMBRE 1897
Présidence de M. Maes, président
ont présents : MM. Bastyns,
Bavais , Bouvart , Bourgeois ,
Brand, Gife, Goubau, Lannoy,
Lunden, Maes, Myin, Omme-
ganck, Peyrot, Selb, Spilthoorn,
Yanbellingen, Van Bever, Van-
"4L I i a - Y\ denbroeck.
M. Maes fait part de la perte nouvelle que la Section vient de
subir en la personne de M. P. -G. Van Renterghem, l’obligeant
collègue qui, pendant plusieurs années, prit une part active aux
travaux de la Section. M. Van Renterghem organisa les excursions
nautiques pendant plusieurs années et ht don du drapeau arboré en
ces occasions.
La Section prend une large part à la douleur de la famille. Il est
regrettable que M. Maes n’ait été avisé du décès que le matin
même des funérailles; il n’a pu en conséquence en informer les
membres de la Section.
Le président annonce que la Section a reçu de la Section de
Gand l’hommage d’une brochure contenant plusieurs travaux de feu
M. De Vylder; de M. Hassreidter, la traduction d’un travail de
M. Liesegang sur le développement des épreuves obtenues par noir¬
cissement direct sur gélatino-chlorure d’argent; de M. Bellieni, une
brochure descriptive de sa photo-jumelle simple et stéréoscopique.
14 —
M. Maes propose de voter de chaleureux remerciements à ces
donateurs. ( Applaudissements .)
A propos du développement des papiers au gélatino-chlorure,
M. Maes rappelle qu’il y a cinq ans, il en a fait la démonstration
en séance.
M. Maes se plaint ensuite de l’espèce d’indifférentisme qui
semble sévir parmi les membres de la Section, mettant ainsi le
bureau dans l’impossibilité de réaliser ses projets; il rappelle les
difficultés qui se sont présentées pour la séance de projections
donnée en mars dernier; le nombre peu élevé de membres qui ont
pris part à l’excursion-concours des régates, alors que de nom¬
breux collègues des Sections de Bruxelles et de Gand étaient pré¬
sents. Le président parle encore de circonstances du même genre,
et il conclut en disant que, dans ces conditions, il croit que le
bureau n’a plus la confiance de la Section, et pour sa part, déclare
qu’il n’acceptera plus de nouveau mandat de président. Il engage
les membres à s’entendre à cet effet, le bureau devant être renou¬
velé à la séance de janvier.
M. Maes fait projeter ensuite une superbe série de cinquante
vues de Suisse mises à sa disposition par M. Bellieni et exécutées
avec la photo-jumelle. Toutes les vues sont faites à la main, sauf
trois, gorges sombres, posées ; elles témoignent toutes de l’excel¬
lence de l’appareil, et des félicitations et remerciements sont votés
par acclamation à leur auteur.
I ne série non moins belle, due à M. V. Selb, est ensuite passée
sur 1 écran et très vivement admirée aussi. M. Maes demande de
voter des félicitations au collègue dévoué, infatigable et d’une
valeur si supérieure. ( Applaudissements .)
La séance est levée à 11 heures.
1*1» i»j»i »l»i *>» >»l»i *1» mjo> i»j*i i»^*i i^»i i»j») «t» O"
Section de Bruxelles
SÉANCE DU ÎO NOVEMBRE 1897
Présidence de M. Puttemans, président
T aient présents : MM. D' Gilbert, de
Blochouse, Durieu, Yermeiren, Cap. Pelt-
zer, Dewit, Nyst, Pollet, Duvelaer, Frennet,
Vanderkindere , Rutot , D 1 Paternotte ,
Nopère, De Meuter, Boitson, Streich, de
Yinck, Bidart, Simoneau, Bray, Hanssens,
Van Lint, Smeesters, Maurin, Keymeulen,
D1 Paradis, V. Van Beesen, Lavalette,
Bottiau, Remacle, Poupart, Bronckhorst, Langlé, Avanzo, Del-
croix, J. Van Beesen, Broothaerts, Robert, Belot et Stadeler,
secrétaire.
Le procès-verbal de la séance du 27 octobre est lu et adopté
M. le président donne lecture des décisions du jury chargé de
juger les épreuves présentées pour l’illustration du bulletin jubi¬
laire du XXVe anniversaire de l’Association et félicite MM. Boitson,
Brecx et Keymeulen, dont les œuvres ont été primées.
Répondant à une interpellation de M. Dewit, M. le président fait
connaître que ce serait enlever de l’imprévu que d’exposer les
épreuves choisies à ce concours ; de plus, ces épreuves, une fois
exposées à Bruxelles, devraient faire le tour des Sections et le
temps ferait défaut. Cette proposition ne semble donc pas pouvoir
être prise en considération.
M. Stadeler se demande si, comme cela se pratique à Liège, la
16 —
Section de Bruxelles ne devrait pas émettre son avis sur les
demandes d’admission de membres qui parviennent au Comité
central.
Non, répond M. le président. Ce mode est en effet suivi parla Section
de Liège, mais pour la raison que les délégués de province peuvent
être empêchés d’assister aux séances du Comité central, et qu’ainsi,
celui-ci ayant à statuer sur une demande d’admission, peut être
dépourvu de renseignements. Dans ce cas exceptionnel, il peut
alors se reposer sur l’avis de la Section intéressée. Cette situa¬
tion ne se présente jamais pour la Section de Bruxelles, qui est
toujours représentée aux séances du Comité central par plusieurs
de ses délégués. Au surplus, il croit que toute sécurité est
obtenue par le fait de la signature des deux parrains respon¬
sables.
M. Stadeler présente à l’assemblée le nouveau photomètre mixte
Decoudun, qui doit permettre d’apprécier le temps d’exposition
pour instantanés et pour épreuves posées. Ce photomètre indique
le temps de pose depuis un quart de seconde jusqu’à 8", avec les
plaques extra rapides et un objectif à toute ouverture fj 10.
Les échantillons de Papier Vélox distribués à la séance précé¬
dente ont été essayés par différents membres. MM. Pollet,
Delcroix et Dewit ont obtenu de bons résultats.
Il est distribué des échantillons de papier de la maison Schering
de Berlin, à MM. De Meuter, Pollet, Lacomblé, Nyst, Durieu,
Bray et Delcroix, qui veulent bien se charger d’en faire l’essai.
L’ordre du jour portant une excursion, sur la proposition de
M. Delcroix, il est décidé de parcourir le bois dit « des Capucins »,
à Tervueren.
M. Puttemans fait une causerie des plus intéressantes sur l’em¬
ploi du papier à l’albumine. Se basant sur sa propre expérience et
celle de M. Klary, de Paris, il signale à l’assemblée la marche que
suit cet habile opérateur pour obtenir des épreuves à l’argent quasi
inaltérables, puisque des impressions faites il y a dix ans sont aussi
brillantes et aussi intenses que le premier jour.
Cette causerie, ou plutôt cette description d’un procédé d’impres¬
sion qui semble peu en faveur auprès des amateurs, bien qu’il soit
— 17 —
encore et toujours l’un des meilleurs, devrait, semble-t-il, être
résumée au Bulletin.
Quant à la description complète et détaillée, elle est donnée dans
l’ouvrage de M. Klàry, intitulé : Traité pratique d'impression
photographique sur papier albuminé. — Paris. Gauthier-Villars,
1888.
M. Vanderkindere rappelle aux membres que la séance annuelle
du 21 novembre 1897 comportera notamment une très intéressante
conférence de M. de Smet du Hayon, président du Cercle artis¬
tique de Gand.
Il est ensuite projeté une série de positives très remarquables.
MM. Lavalette et Pollet nous montrent quelques paysages,
et ensuite M. Dewit présente une collection de clichés pris au
Vieux-Bruxelles avec un goût parfait. C’est incontestablement ce
que l’on a vu de mieux exécuté et de plus artistique de cette recons¬
titution d’un quartier disparu de la capitale. Mais tout à coup
M. Puttemans nous transporte à 300 mètres au-dessus de l’agglo¬
mération bruxelloise et nous révèle les superbes panoramas de la
capitale, qu’il a obtenus lors de l’excursion photographique en
ballon. Ces documents, du plus curieux intérêt, constituent une
véritable révélation pour les spectateurs.
M. Paradis montre quelques monuments et coins pittoresques
de Bruxelles, tandis que M. Paternotte nous ramène avec un nou¬
veau plaisir en Algérie, dont il nous a fait connaître une partie
l’année dernière.
Toutes ces positives sont vivement applaudies et l’assemblée se
sépare à 10 1/2 heures.
SÉANCE DU 24 NOVEMBRE 1897
Présidence de M. Puttemans, président
La séance est ouverte à 8 1/2 heures.
Sont présents : MM. Vermeiren, Magnien, Paternotte, Gilbert,
Nyst, Rutot, Durieu, Van Campenhout, Vanderkindere, Smeesters,
A. Bray, Boitson, De Raeymacker, De Raet, Mratrigant, Bidart,
2
— 18 —
Dewit, De Vincke, Simoneau, Hofmans, L. Bray, Pollet, De Meu-
ter, Slingeneyer, J. Van Beesen, Van Lint, Belot, Delcroix,
Bottiau, Masson, Wesemael, Broothaerts, V. Van Beesen, Her-
lant, Colleye, Bronkhorst, Peltzer, Arnould et Stadeler, secré¬
taire.
Le procès-verbal de la séance du 10 novembre est lu et adopté.
M. le président donne lecture d’une lettre de M. Jossart, prési¬
dent de la Section de Namur, demandant de lui faire parvenir une
série de positives pour une séance de projections de la Section
namuroise. MM. Peltzer, Vanderkindere, Gilbert et De Raey-
maeker veulent bien s’inscrire pour faire un envoi collectif de
quelques clichés.
Plusieurs membres qui avaient voulu se charger de faire l’essai
des papiers Schering de Berlin se sont rebutés devant les instruc¬
tions rédigées en allemand et ont renoncé à essayer les échantillons
soumis. Certainement les instructions précitées ne sont pas absolu¬
ment incompréhensibles pour la plupart des membres, mais, en
principe, on fait remarquer que les fabricants pourraient bien
joindre à leurs envois des formulaires traduits dans la langue du
pays auquel les échantillons sont destinés.
La Section adopte la proposition d’adresser une lettre de remer¬
ciements à M. de Smet du Hayon pour l’intéressante et artistique
conférence qu’il a donnée à l’assemblée générale extraordinaire.
Répondant à l’invitation de M. le président, engageant les mem¬
bres à prendre la parole en séance, M. Vanderkindere fait les com¬
munications résumées suivantes :
Objectif stigmatic Dallmeyer. — La maison Dallmeyer, de
Londres, vient de créer un nouvel objectif dit stigmatic, série II,
qui est une légère modification de leur objectif à portrait stigmatic,
breveté en 1895. Il se compose de cinq lentilles. La combinaison
antérieure comprend une lentille biconcave cimentée à une lentille
biconvexe; la combinaison postérieure comporte en plus la cin¬
quième lentille composée d’un verre mince séparée du système par
une légère couche d’air.
Cette combinaison a permis à MM. Dallmeyer de construire un
objectif qui semble réaliser toutes les qualités des premières
— 19
marques et à des prix de beaucoup inférieurs à ceux connus. De
plus, chaque combinaison peut constituer un objectif simple don¬
nant ainsi., combinés, trois foyers dans les proportions focales
de 1, 1 1/2 et 2 et pouvant travailler à fj6,f/8 et fj 11.
L’objectif couvre nettement la plaque immédiatement supérieure
à celle pour laquelle il est construit même lorsqu’il est décentré.
Ainsi l’objectif n° 3 pour 9 X 12 a parfaitement couvert des
plaques 13 X 18 dont M. A'anderkindere nous montre des spéci¬
mens. Cet instrument semble donc très recommandable, notamment
pour les chambres à combinaisons telles que celle de M. Hofmans.
L'acétone. — M. Vanderkindere fait passer quelques phototypes
négatifs, développés au pyro-acétone suivant la formule Lumière.
Il se déclare très satisfait des résultats obtenus. Il préconise de
diluer davantage la solution pyrogallique et de n’y ajouter qu’un
demi-gramme d’acétone dans 100 cc. d’eau. En cas de surexposition
notamment, 3 ou 4 cc. d’acétone suffisent ; en dépassant cette quan¬
tité, on risque d’avoir de trop fortes intensités avant que les détails
se soient révélés.
M. le président remercie vivement M. Vanderkindere de ses inté¬
ressantes communications (appl.'j; il engage à nouveau tous les
membres de la Section à faire de même et à communiquer les
résultats de leurs travaux et de leurs observations.
Se rappelant le grand succès obtenu l’année dernière par les con¬
férences de M. Rutot, M. le président l’a prié de vouloir bien
reprendre la parole sur un de ces nombreux phénomènes géolo¬
giques, généralement fort peu connus des profanes.
M. Rutot a pris comme sujet de causerie : les Phénomènes vol¬
caniques.
Après quelques explications préliminaires sur la cause de ces
phénomènes, il nous fait faire, par projections photographiques,
l’ascension du Vésuve. Nous en voyons d’abord les formes géné¬
rales vues de Naples et de Pompéi, puis, en montant, nous traver¬
sons les champs de lave, pour arriver finalement au cratère actif
Ensuite apparaissent trois vues prises au paroxysme de la grande
éruption de 1872, terrifiante de grandeur.
Des volcans anciens, dont les éruptions se sont produites pen-
dant les temps géologiques, M. le vice-président projette diverses
vues de la « chaussée des Géants », sur la côte orientale d’Irlande,
où la lave, en se refroidissant lentement, s’est divisée en une infinité
de prismes du plus pittoresque effet et connus sous le nom de
basalte.
Enfin, pour donner une idée de ce qu’est une période d’activité
volcanique dans une région donnée, M. Rutot présente des clichés
des environs du lac Tarawera, dans la Nouvelle-Zélande, avant et
après l’éruption de 188G.
Avant cette époque, les environs du lac Tarawera, avec ses
superbes terrasses blanches et roses, étaient considérés comme l’une
des merveilles du monde ; mais, dans la nuit du 9 au 10 juin 188G, le
mont Tarawera, avoisinant le lac, se fendit et donna naissance à de
nombreux petits cratères projetant, sans discontinuer, des torrents
de vapeur, des cendres et des pierres qui détruisirent de fond en
comble les incomparables terrasses de Rotomohana.
Après l’éruption, qui n’avait guère duré plus de quatre à cinq
heures, des photographies du désastre furent prises, et alors que
tantôt M. Rutot nous émerveillait par la splendeur des sites visités,
dont heureusement la photographie nous a conservé le souvenir,
maintenant ce ne sont plus que des ruines au milieu d’une contrée
dévastée.
M. le président remercie M. Rutofdesa savante communication
et se félicite de voir combien les applications de la photographie
sont vastes et intéressantes. Il y a quelques jours, dit-il, M. de
Smet du Hayon nous montrait d’une manière frappante combien la
photographie est un admirable moyen pour arriver à nous initier
aux grandes œuvres de nos maîtres, à en faire voir les beautés d’en¬
semble et surtout à en pénétrer les merveilles d’exécution. Aujour¬
d’hui M. Rutot nous a montré une fois de plus combien dans le
domaine de la science, la photographie est un auxiliaire utile,
puisqu’elle fait réapparaître à nos yeux étonnés des sites resplen¬
dissants perdus pour toujours et dont nous pouvons revoir encore
les moindres détails.
J’aime à croire, dit M. Puttemans, que cette conférence, qui n’est
pas la première que M. Rutot a bien voulu nous faire, ne sera pas
non plus la dernière, et que cet hiver encore nous aurons le plaisir de
l’entendre. (Appl. prolongés.)
La séance est levée à 10 1/2 heures.
SÉANCE DU 8 DÉCEMBRE 1897
Présidence de M. Puttemans, président
La séance est ouverte à 8 1/2 heures.
Sont présents : MM. Vermeiren, Delevo}r, Nyst, Pollet, Durieu,
chev. de Creeft, Paternotte, Smeesters, Simoneau, Yanderkindere,
Poupart, Broothaerts, Nopère, Dewit, Boitson, Masson, Van Lint,
Louvois, Lavalette, Bidart, Remacle, Suzor, Ledure, Frennet,
Bronkhorst, Langlé, De Raet, Lacomblé, Paradis, Delcroix, Gilbert,
De Raeymaeker et Stadeler, secrétaire.
Excusé : M. Magnien.
M. le président fait part du décès de MM. Van Renterghem et
Ach. Sacré, nos confrères d’Anvers et de Gand, auxquels il rend
un dernier et suprême hommage.
Faisant suite aux types de papiers Velox , M. le président
annonce que le prochain Bulletin contiendra une planche sur
Y Electric paper fabriqué par la Société Beernaert, de Gand.
D’autre part, la maison Van Monckhoven mettra très prochaine¬
ment dans le commerce un papier du même genre.
En attendant cette apparition, M. Puttemans a essayé des échan¬
tillons de papier Eclair de cette hrme, et il est parvenu à terminer
complètement 50 épreuves en 2 h. 30, toutes aussi uniformes les
unes que les autres.
M. le président attire l’attention des membres sur de petits opus¬
cules de planches instantanées fort intéressants, qui sont mis en
vente à raison de 15 centimes l’exemplaire.
M. Vanderkindere donne lecture d’un article de la Revue des
Deux Mondes, dû à la plume talentueuse de M. de la Cizérane, sur
l’art en photographie. M. le président remercie M. Vanderkindere
de cette intéressante communication, conçue dans un esprit artis¬
tique et bien faite pour répondre à nos aspirations.
_ 22 _
Il est déposé pour la bibliothèque de la Section l’ouvrage de
M. Liesegang, traduit par notre confrère M. Hassreidter, sur
le Développement des papiers photographiques à noircissement
direct.
Des remerciements seront adressés à M. Hassreidter pour son
hommage.
M. Lacomblé soumet quelques épreuves tirées sur papiers de la
maison Schering ; les unes bonnes, les autres laissant beaucoup à
désirer.
Avant de soumettre à la critique les diapositives des épreuves
qu’il a présentées au concours d’illustrations, M. Dewit déclare
qu’il ne veut en rien discuter les décisions du jury, mais bien avoir
l’avis de l’assemblée.
Au surplus, dit M. le président, le jury a eu à apprécier des
épreuves et non pas des diapositives, ce qui est bien différent.
Les clichés présentés par M. Dewit, comprenant des paysages,
des marines et des scènes d’atelier, montrent, à la projection, la
technique et le sens artistique de notre confrère. Certaines scènes
d atelier sont dignes de remarque par l’exécution, le modelé et la
mise en page.
Il est ensuite projeté des positives diverses, et notamment de
1 excursion de Tervueren, dues à MM. De Raeymaeker, Pollet,
Delcroix, \ anderkindere et Puttemans, et dont quelques-unes
obtiennent un grand succès par la beauté d’exécution et l’expres¬
sion d’art qui s’en dégage.
La séance est levée à 11 heures.
Section de Qand
SÉANCE DU 2 DÉCEMBRE 1897
Présidence de M. Sacré, vice-président
résents : MM. De Kemmeter, Sacré,
Dr De Nobele, De Clercq, De Smet
Raymond, Casier, Joseph De Smet,
D’Hoy, Wauters, Servaes, De Breyne,
Yanden Hove, Delbecq, De Beer,
Morel, Brunin, Coupé, Tyman, général
Van Eechoute, Yaerenberg.
Excusé, M. Goderus.
M.^Sacré félicite M. J. De Smet de la belle conférence qu’il a
donnée à la réunion extraordinaire de Bruxelles. M. Casier joint
ses félicitations à celles de M. Sacré. (Applaudissements.)
Remerciements de M. De Smet.
L’assemblée prie M. De Smet de bien vouloir renouveler sa con¬
férence dans une séance extraordinaire de la Section. (Accepté.)
Élections. — M. D’Hoy est nommé vice-président de la Section
en remplacement de M. Sacré, vice-président sortant. M. Charles
Morel est nommé secrétaire adjoint, en remplacement de M. De
Clercq.
M. Canfyn est renommé pour un nouveau terme aux fonctions
de délégué de la Section auprès du Comité central.
Remerciements des élus.
M. De Clercq donne lecture d’une lettre à lui adressée par le
délégué de la Société des droits d’auteurs à Gand, qui a été con¬
sulté au sujet de la propriété du cliché photographique. D’après
cette lettre, la propriété photographique (en tant qu’œuvre d’exé-
— 24
cution par les procédés de la photographie) n’est contestable en
aucun point. Une loi protégeant les œuvres photographiques
quelles qu’elles soient existe en Autriche, Allemagne, Norvège et
Finlande.
La loi du 22 mars 1886 ne mentionne pas la photographie. Elle
parle d’œuvres d’art et de musique, mais ne stipule pas la photo¬
graphie.
Mais, dans certains cas, les œuvres photographiques peuvent
être assimilées à une œuvre artistique. Ceci est évident, car il
arrive parfois qu’une photographie pure et simple présente un
caractère artistique beaucoup plus élevé qu’une œuvre de peinture
ou de sculpture.
La Cour de Bruxelles a rendu un arrêt dans ce sens. (Voyez
Journal des Tribunaux, 1893, p. 1271, et aussi la Pasicrisie,
1894, II, 5.)
C’est le cliché qui matérialise la création photographique, comme
la musique écrite matérialise la création du compositeur.
Les mêmes règles sont donc applicables dans les deux cas.
Par conséquent, reproduire une photographie constitue un acte
illicite.
Le photographe qui reçoit de l’argent pour faire la photographie
de son client, n’est pas propriétaire de fait du cliché, et ne peut en
reproduire des épreuves qu’à son corps défendant; s’il le fait et
expose ces épreuves ou les vend, ou les donne, sans permission
écrite de son client, celui-ci peut poursuivre le photographe pour
abus.
La reproduction d’une photographie ne peut non plus se faire
qu’aux risques et périls du reproducteur, et les agrandissements
ou réductions de photographies privées ne sont permis que sur
titre écrit du propriétaire du cliché.
M. Coupé présente à la Section la stéréo-jumelle de Krauss. Cet
appareil est vivement admiré par les membres de la Section ; il est
construit de telle sorte qu’on peut écarter les deux tubes d’après la
distance des deux yeux; en outre, chaque jumelle doit se mettre
au point séparément, le S3^stème optique est très soigné et la coïn¬
cidence des images est rigoureuse.
M. Coupé montre encore une boîte imaginée par lui pour le
transport des diapositives à projection. Celles-ci sont placées verti¬
calement dans la boîte et glissées par ordre dans des rainures, de
telle sorte que la plaque repose dans le sens de la largeur. Ce qui
constitue la partie réellement pratique dans cet accessoire, c’est
qu’il renferme un double fond, dans lequel on glisse un peu avant de
projeter les diapositives une pierre réfractaire chauffée; ainsi, les
plaques sont légèrement chauffées, et au moment de la projection,
on n’y voit plus se déposer cette buée si désagréable, que con¬
naissent trop bien tous ceux qui s’occupent de projections.
M. Coupé recommande les plaques antihalo de Sandell, à couche
triple; il regrette qu’elles ne soient pas plus employées par les
amateurs et montre les superbes résultats qu’il a obtenus au moyen
de ces plaques.
M. Sacré distribue une collection d’échantillons de papiers posi¬
tifs de la maison Schering, de Berlin.
La maison Yan Monckhoven offre également aux membres de la
Section des échantillons de son nouveau papier Eclair.
. . . . * . . . . . . . . . mu i un m i m nu mil il . . i il nu mm llllll Ml ' I llllll II 111 III 1 1 1 1 1 1 limmuimi 1 1 1 iVfi rr I
Section de Liège
SÉANCE DU 26 NOVEMBRE 1897
Présidence de M. L. Roland, président
ont présents : MM. A. de Vaux,
Noaillon, Dacier, Grenson, Hass-
reidter, Goffart, Labouverie,
Decharneux, Ronchesnes, de
Koninck, de Sagher, G. Laou-
reux, Jacques, Baar, Loiseau,
Guérette, Détaillé, Olivier, Por¬
tai, Dohmen, Van Beneden, J. Braconier, Cerfontaine, G. Oury,
Habets, Beaujean, M. Laloux, Max Lohest et Dupont, secrétaire.
Quelques personnes étrangères à la Section assistent aussi à la
réunion.
1° Le procès-verbal de la dernière séance est adopté.
2° La Section décide d’adhérer à Y Album international des
sociétés de photographie, aux conditions énoncées dans le prospec¬
tus du comité promoteur.
3° Divers. — Le président fait part à la Section de certaines déci¬
sions prises à l’assemblée générale extraordinaire tenue à Bruxelles
le 21 courant. M. Roland profite de l’occasion pour signaler le bril¬
lant succès remporté récemment par notre confrère, M. Marissaux,
dans le concours organisé pour l’illustration du Bulletin.
4° La Section ratifie les présentations de :
MM. Paul Baar et Roersch, présentés par MM. Beaujean et
Dupont ;
M. Joseph Panier, par MM. L. Laoureux et Gilon ;
M. Puck Chaudoir , par MM. L. Laoureux et O. Lamarche;
— 27 —
M. Paul Habets, par MM. L. Laoureux et G. Oury.
5° Causerie par M. Oscar Loiseau sur la microphotographie .
M. Loiseau, qui avait monté dans l’auditoire la fort complète
installation qu’il emploie pour ses travaux de microphotographie,
nous initie d’une manière très claire à la façon dont il procède pour
ses agrandissements d’infiniment petits et surtout de diatomées aux¬
quelles il semble avoir réservé ses préférences. Après avoir démon¬
tré à ses auditeurs son appareil dans ses diverses parties, M. Loiseau
fait circuler des clichés et des tirages sur papier de diatomées, parmi
lesquels il en est qui constituent de véritables difficultés, même pour
un opérateur très au courant de cette branche si intéressante de la
photographie. Cette causerie qui ne constitue en quelque sorte
que la partie théorique de la question, sera continuée à la séance
prochaine par la projection de plusieurs séries de diapositives.
M. Loiseau est vivement félicité, au nom de la Section, par le
président.
La séance est levée à 10 heures.
SÉANCE DU ÎO DÉCEMBRE 1897
Présidence de M. L. Roland, président
De nombreuses personnes étrangères à la Section assistant à la
séance, les membres n’ont pas signé la liste de présence et le prési¬
dent s’excuse de devoir, avant de donner la parole à M. Loiseau,
régler certaines questions administratives, et ce afin de ne pas
entraver la marche régulière de nos réunions.
Le secrétaire fait donc la lecture du procès-verbal de la séance
du 26 novembre, lequel est adopté sans observations.
M. Roland fait part à nos confrères du décès de M. Achille Sacré,
de la Section de Gand. Une lettre de condoléance a été envoyée par
ses soins à nos collègues gantois.
M. Hassreidter fait don à la bibliothèque de la Section d’un
exemplaire de l’ouvrage : le Développement des papiers photogra¬
phiques à noircissement direct , qu’il a traduit de M. Liesegang. Des
remerciements et des félicitations sont adressés à notre confrère.
- 28 —
I>c\ Section ratifie les présentations de M. Kemna , patronné par
MM. L. et G. Laoureux; celle de M. Paul Matelot , par MM. Bour¬
guignon et L. Laoureux, et celle de M. F. Michel , déjà membre de
l’Association.
Le président donne ensuite la parole à M. Loiseau, qui termine la
causerie intéressante et instructive qu’il avait commencée le
25 novembre sur la microphotographie.
Notre confrère traite spécialement des infiniment petits. Il parle
d abord du microscope au point de vue de ses applications dans les
différentes sciences, en biologie, zoologie, botanique, etc.
L étude au microscope du monde des microzoaires est du plus
haut intérêt, et M. Loiseau nous le prouve en nous parlant, par
exemple, de la production par segmentation ou division. La photo¬
graphie vient beaucoup en aide au microscope, et cela pro¬
cure à 1 amateur un délassement certainement comparable à celui
qu éprouvent ceux qui s’adonnent à la stéréoscopie et qui refont en
imagination devant leur stéréoscope un voyage intéressant qu’ils ont
tait, 1 appareil photographique à la main. Cet exposé étant fait, le
conférencier projette sur 1 écran une série de 150 diapositives, et leur
projection est accompagnée de quelques mots d’intéressantes expli¬
cations sur l’objet représenté, sur l’éclairage employé et sur le gros¬
sissement obtenu. C’est ainsi que nous voyons des insectes, des
coupes dans des tissus végétaux et une longue série de diatomées
dont un grand nombre sont ravissantes et dont les dimensions con¬
fondent 1 imagination. On obtenait en effet des grossissements
allant jusque 3,000 diamètres sur les diapositives projetées et
00,000 diamètres sur l’écran.
M. Loiseau ayant terminé sa causerie, le président lui adresse, au
nom de la Section, ses plus chaleureux remerciements et fait rés-
soitir surtout le travail énorme auquel a dû se livrer notre sympa¬
thique confrère pour arriver à un pareil résultat.
Nous ne finirons pas ce compte rendu sans adresser également nos
remerciements à MM. Cerfontaine et Labouverie qui ont bien voulu
se charger tâche extrêmement fatigante — de faire paraître sur
1 écran les travaux de M. Loiseau.
La séance est levée à 10 1/4 heures.
Section de Louvain
SÉANCE DU 17 NOVEMBRE 1897
Présidence de M. De Walque, président
ont présents : MM. De AValque,
président; Clément, De Walque
Joseph, Janssens, comm1 Pavard,
Edm. Peeters, Ranwez et l’abbé
Stalpaert.
L’ordre du jour comportant le
renouvellement du Comité, M. Ran¬
wez demande la parole et propose
de maintenir le bureau. Il rappelle
la perte énorme subie par le décès
du regretté vice-président et pro¬
pose, pour le remplacer, le com¬
mandant Pavard, un des membres les plus assidus et digne de
succéder à feu le R. P. Yan Tricht. ( Applaudissements .)•
Le commandant Pavard remercie M. Ranwez et accepte la can¬
didature.
« En arrivant à la séance de ce soir », dit M. le président, « j’avais
la ferme intention de ne plus accepter le renouvellement de mon
mandat. Mes occupations journalières et surtout les travaux à l’uni¬
versité me prennent tout mon temps. J’avais espéré trouver un peu
de repos en me déchargeant de la présidence de la Section, je
comptais et je compte encore sur vos bons offices pour m’accordre
un peu de liberté en choisissant un autre président, par exemple le
— 30 —
commandant Pavard qui, on sait sa compétence, pourrait admira¬
blement diriger la Section ».
I>e commandant Pavard remercie M. le president des paroles
bienveillantes qu’il vient de lui adresser et déclare ne pouvoir
accepter la candidature présidentielle. « Mieux que tout autre »,
dit-il, « vous pourrez maintenir la Section dans la bonne voie où
elle se trouve, et s il arrive que, par suite de trop d’occupations,
il vous soit impossible d’assister à une séance, je déploierai tous
mes efforts pour le bien-être de la Section ».
A l’unanimité, sont nommés :
Président : M. le professeur Fr. De Walque.
^ ice-président : M. le commandant Pavard.
Secrétaire : M. l’abbé Stalpaert.
Secrétaire'adjoint : M. le comte du Bois d’Aische.
Bibliothécaire : M. J. Van Grinderbeeck.
Concours de V Association. Les succès obtenus à l’exposition de
1 Association par MM. Pavard et Van Grinderbeeck donnent l’occa¬
sion à M. l’abbé Stalpaert de proposer à la Section de voter des
félicitations aux lauréats. {Applaudissements.')
Jetons de présence. M. le président rappelle les jetons de pré¬
sence en retard et engage les membres à ne pas trop retarder
1 exécution de leurs promesses.
Présentation d un nouveau membre. M. l’abbé Stalpaert pro¬
pose la candidature de M. Van Temsche. (Acceptée.)
Après une causerie sur différents sujets, et notamment sur la
proposition du commandant Pavard de rendre les excursions plus
instructives en supprimant les concours, il est 10 heures quand le
président déclare la séance levée.
Ve EXPOSITION INTERNATIONALE
DE
PHOTOGRAPHIE ARTISTIQUE
ORGANISÉE A HAMBOURG
par la Gesellschaft \ur Fôrderung der Amateur Photographie
A Ve Exposition an¬
nuelle est terminée,
et si nous jetons un
coup d’œil sur les
expositions passées
de la Société ham¬
bourgeoise, nous re¬
marquons qu’il n’y a que quelques associations en Europe qui
y prennent part. Ce sont les mêmes qui exposent à Paris, à
Bruxelles et à Londres : en tout, il n’y en a que cinq, fort petit
nombre si on le compare à la multitude de sociétés photographiques
qui s’abstiennent de paraître dans ces manifestations internatio¬
nales. Les sociétés qui dirigent le mouvement artistique sur le
terrain photographique sont le Caméra Club de Vienne, le Photo
Club de Paris, le Linked Ring à Londres, Y Association belge de
Photographie et la Gesellschaft \ür Fôrderung der Amateur
Photographie à Hambourg, et toutes ces sociétés organisent à peu
près annuellement des expositions internationales uniquement artis¬
tiques. Incontestablement, ce sont ces expositions qui sont la cause
par ERNEST JUHL
du succès de ces cinq sociétés, succès qui ne se montrent pas seule¬
ment dans le grand nombre de membres qui les composent, mais,
ce qui a beaucoup plus d’importance, dans la haute qualité des
œuvres de quelques-uns de leurs membres.
Dans chaque société, il n’v a qu’une petite minorité qui s’occupe
d'art ; cela est facile à comprendre lorsqu’on songe que les talents
sont des exceptions aux règles.
Les expositions ont cette utilité immense d’aiguillonner les ama¬
teurs et les professionnels et de leur faire produire ce qu’ils peuvent
demieux. J’ai pour
appuyer cette opi¬
nion des témoigna¬
ges éclatants. En¬
tre autres, l’exem¬
ple des frères H. et
Oscar Hofmeister ,
de la Société ham¬
bourgeoise , qui
ont été tellement
impressionnés par
nos expositions an¬
nuelles que, dans
le court espace de
deux ans, on les a
vus modifier complètement leur manière de faire et passer de ces
épreuves documentaires propres et luisantes aux tableaux puis
sants et superbes qu’ils exposaient cette année-ci. Leurs épreuves
supportent maintenant parfaitement le voisinage de bons tableaux,
ce qui, jusqu’ici, était vraiment rare pour des photographies.
Un grand nombre de membres de la Société hambourgeoise,
séduits par les œuvres des frères. Hofmeister, se sont également mis
à travailler la gomme bichromatée et à produire des épreuves d’ex¬
position qui démontrent le talent de leurs créateurs et le sérieux de
leurs efforts, ce dont ils sont certes redevables aux expositions.
Je veux parler — sans décrire les œuvres inconnues du lecteur —
de MM. Einbeck, Gross, Korner, AVieck, Trinks et Brandt.
R. Crespin.
— 33 —
Le Caméra Club de Vienne avait envoyé une collection d’œuvres
qui furent toutes admirées à bon droit, tant au point de vue artis¬
tique que technique. Celles qui excitèrent le plus la curiosité furent
naturellement les épreuves à la gomme bichromatée en trois cou¬
leurs de Kühn et du DrHenneberg, et l’on admirait la perfection de
ces premières épreuves que ces artistes étaient parvenus à réussir
dans le court espace de six mois, épreuves qui, même au point de
vue artiste, étaient, déjà satisfaisantes. Il a fallu à ces trois hommes
un véritable courage pour ne pas se laisser rebuter par de trop
réelles difficultés techniques, et il convient de leur en rendre hom¬
mage.
Celui qui connaît les obstacles qu’il y a à surmonter pour obtenir
une épreuve monochrome à la gomme bichromatée, n’aura qu’une
idée bien faible de l’accumulation de difficultés qui s’opposent à
l’obtention d’une semblable épreuve en trois couleurs. D’abord,
trois négatifs du même paysage, obtenus avec des poses très diffé¬
rentes par suite de l’emploi de verres colorés; ensuite, un choix
habile de couleurs convenant à l’impression à travers des écrans
colorés complémentaires; enfin, la partie la plus délicate : trois
impressions à la gomme bichromatée qui se superposent exacte¬
ment, qui doivent réussir toutes les trois et qui doivent permettre
la vision des trois couches. Mais ces messieurs de Vienne ont
brillamment résolu le problème ; des artistes même étaient charmés
et contents de ces résultats inattendus.
Le professeur Mratzek, malheureusement, fut empêché d’exposer
chez nous ses premiers essais d’impression en trois couleurs ; mais
il a travaillé en commun avec MM. Henneberg et Kühn à la solution
de ce problème, et le monde photographique doit à ces trois artistes
les premières photographies en couleurs obtenues uniquement par
des procédés photographiques. Mais il est juste de reconnaître que
l’impulsion avait été donnée déjà depuis des années par M. le pro¬
fesseur H. -AV. Vogel, grâce à son procédé d’impression à la presse
en trois couleurs.
Il faut encore citer parmi les exposants du Caméra Club : le
comte Chotek, le commandant David, le comte Esterhazy, le baron
Albert de Rothschild, le D1 Strakosch et le chevalier von Schoeller,
3
34
ce dernier avec une bonne étude de nature morte en trois couleurs,
à la gomme bichromatée.
Le Photo Club de Paris était aussi bien représenté cette année;
ainsi que la liste suivante l’indique, il ne manquait aucun nom
O. Scharf.
éminent : René Le Bègue, Paul Bergon, Georges Berteaux,
Mme Binder-Mestro, Paul Bourgeois, Maurice Brémard, MelIe Ant.
Bucquet, Maurice Bucquet, Robert Demachy, René Ledard,
E. Matthieu, Paul Naudot, C. Puyo.
Les œuvres étaient toutes de bon goût et, comme elles ont figuré
à la dernière exposition du Photo Club de Paris, je les suppose
connues du lecteur.
A citer encore parmi les exposants de France : MM. Dubreuil,
Dumont et Pauli (1), de la Société photographique de Lille.
Le Linked Ring de Londres n’avait que quelques représentants
à notre exposition; le Salon photographique organisé par ce club
s’ouvre malheureusement à la même époque que notre exposition,
(1) L’Association belge de Photographie peut également revendiquer
M. Robert Pauli, un Gantois et qui est membre fondateur de la Société.
(A. JL). L. R.)
— 35 —
r
et ainsi nous sommes privés d’une grande partie des œuvres
anglaises. Nous avions cependant des cadres de MM. Evelyn
Barron, John Carpenter, Karl Greger et Arthur Russell, de
Londres; Lumsden Brown, d’Edimbourg; Page Croft, de Bir¬
mingham; Charles Job, de Lindfield,et Fred. Marsh, deHenley o/T.
La Gesellschaft pir Pflege der Photographie de Leipzig s’est
montrée pour la
première fois à
notre exposition
avec ses trois ama¬
teurs les plus forts,
MM. Fichte, Pro-
essdorf et Schnei¬
der. Ces messieurs
de Leipzig mon¬
trent un talent très
sérieux et l’on peut
s’attendre à voir
encore d’autres ar¬
tistes photographes grandir sous peu.
De même la Deutsche Gesellschaft von Freunden der [Photo¬
graphie de Berlin a fait beaucoup de progrès, grâce aux exemples
donnés par la grande exposition de Berlin en 1896 et les expositions
annuelles de Hambourg. On peut citer parmi ses membres
Meiie Hildegard Lehnert, Mme Lessing, née Marschall von Biebers-
tein, la comtesse Oriola et M. Otto Rau, un des plus anciens
artistes photographes d’Allemagne.
Tournons-nous maintenant vers Y Association belge de Photo¬
graphie, une des plus anciennes sociétés s’occupant de photographie
artistique. Les œuvres qu’elle nous montre, venues de tous les
coins de la Belgique, peuvent certes être mises en parallèle avec
celles des Viennois et des Hambourgeois, aussi bien au point de
vue du goût qu’au point de vue de la manière dont sont rendus et
l’éclairage et la perspective aérienne. L’œuvre la plus méritoire des
Belges est représentée par un effet de brouillard de M. R. Ickx,
de Courtrai, qui l’emporte de beaucoup sur toutes les tentatives
Ch. Puttemacs.
36 —
pareilles de rendre les contours délicats, et l’atmosphère flocon¬
neuse, légère, impénétrable d’un paysage no}é dans le brouillard.
M. M. Vanderkindere, de Bruxelles, nous a envoyé cette
année-ci trois épreuves qui marquent un grand progrès sur les
œuvres exposées la première fois. Nous notons spécialement son
Brouillard d'hiver ; les saules aux branches dénudées s’enfoncent
légèrement dans
la blanche buée,
et les troncs des
arbres ne se dé¬
tachent pas trop
en noir sur le
fond.
M. Désiré De
Clercq, de Gram-
mont, un artiste
du contre-jour
qui nous est con
nu depuis 1893,
nous a envoyé de
nouvelles variations de son genre favori, des ouvriers au travail
dans leur atelier sombre et bas de plofond, et une étable avec deux
vaches aussi photographiées à contre-jour. Toutes les œuvres de
cet amateur excellemment bien doué méritent notre éloge. Outre
les difficultés qu’il y avait à surmonter pour réussir un cliché dans
un endroit aussi obscur, entrait encore en ligne de compte le
mouvement perpétuel de la queue des vaches, alors qu’une instan¬
tanée n’était guère possible.
Les scènes champêtres de M. L. Misonne rappellent les œuvres
du grand peintre de paysans, Millet, sans cependant qu’on puisse
leur reprocher une imitation quelconque; dans son Chemin pou¬
dreux, il parvient, avec un lourd chariot soulevant des nuages de
poussière, à éviter l’effet souvent désagréable d’ombres trop noires
et à donner à son tableau la sensation de l’atmosphère qui aurait
manqué sans cela.
L’Association belge de Photographie était encore représentée de
D. Van den Hove.
façon très remarquable par MM. Albert Canfyn, Jos. Casier,
M. Declercq, Ch. Dewit, Ch. Gaspar, A. de Gryse,' F. Michel,
R. Rousseau, Edm. Sacré et G. Vandale. Je fatiguerais le lecteur
si je devais parler de toutes les œuvres, et je devrais le faire pour
être juste envers tous les membres de l’Association qui avaient
exposé. Il nous manquait malheureusement cette année les œuvres de
MM. Alexandre et
Edouard Hannon,
dont nous avions
conservé un si
agréable souvenir.
Avant de ter¬
miner, permettez-
moi de revenir en¬
core sur l’utilité
de ces expositions,
soit qu’elles éta¬
blissent un jury
pour n’admettre
que les œuvres ar¬
tistes, soit qu’elles n’invitent à exposer que les membres des cinq
clubs visés plus haut, comme dans l’organisation adoptée à Ham¬
bourg. Ces « Salons » n’agissent pas seulement sur les amateurs et
le grand public, ils auront aussi une influence heureuse sur les
photographes de profession en les invitant à donner un caractère
personnel à leurs œuvres. Aujourd’hui en effet quelle que soit la
distance qui les sépare, tous les photographes professionnels des
grandes villes produisent des œuvres qui ont un même air de
famille. Les exceptions confirment cette règle : seules, la Belgique
et l’Angleterre peuvent se vanter de posséder des photographes
professionnels doués d’un réel sens artiste, et je suis persuadé qu’en
Belgique on doit en trouver la cause dans l’action bienfaisante de
la vaillante Association belge de Photographie.
M. Vanderkindere.
Développement des plaques photographiques
AU GÉLATINO-BROMURE D’ARGENT
DONT L’EXPOSITION EXACTE EST INCERTAINE
uivant les travaux tout récents du
baron de Hübl, les données publiées
dans notre dernier numéro sur le
développement à la glycine doivent
être modifiées lorsqu’il s’agit du déve¬
loppement des plaques dont on ignore absolument la durée de la
pose.
On procède alors comme suit :
La plaque est immergée dans un bain composé de
1,000 cm3 d’eau;
12 cm5 bain concentré ;
2 cm3 bromure de potassium à 10 p. c.
Sa température ne doit pas être supérieure à 10° C; le cas échéant,
on refroidira la cuvette au moyen de morceaux de glace. On
prend note du temps qui s’écoule jusqu’à l’apparition des premières
traces d’image.
Si elles apparaissent en 15 à 30 minutes, la plaque peut être
considérée comme normalement exposée; du moins la surexposition
ne sera pas trop considérable; dans ce cas, on achève le dévelop¬
pement dans le bain, ce qui prendra trois quarts d’heure à une
heure.
Si l’image apparaît en moins de dix minutes, la surexposition à
été considérable (au moins 500 fois trop de pose). On retire la
plaque immédiatement du bain, et on l’introduit dans une cuvette
contenant un développateur plus concentré, riche en bromure et
refroidi au moyen de glace :
A. 100 cm5 d’eau ;
, 4 cm3 bain concentré;
4 cm3 bromure de potassium à 10 p. c.
Si, au contraire, les premières traces d’image ne sont pas visibles
au bout de 30 minutes, l’exposition a été courte. On peut continuer
le développement dans le même bain, et l’opération sera achevée
en une heure à une heure et demie; ou bien, on achève le déve¬
loppement dans un bain dilué, travaillant rapidement.
Dans ce but, on transportera la plaque, sans la rincer préala¬
blement dans un bain composé de
B. 100 cm5 d’eau;
2 cm3 bain concentré ;
2 cm3 solution de soude caustique à 10 p. c.
Les données communiquées relatives aux surexpositions que l’on
peut corriger au cours du développement s’entendent pour la pho¬
tographie d’objets présentant certains contrastes et pour l’emploi
de plaques permettant d’atteindre un certain degré d’opacité. Elles
ont été fournies par une série d’essais faits avec des plaques
Lumière, en photographiant un paysage éclairé par le soleil, donc
dans des conditions relativement favorables.
Par des temps sombres, ou pour des vues lointaines, la marge de
la durée d’exposition ne pourra être que de la moitié ou du tiers;
car, dans ces cas, il s’agit de ne pas diminuer davantage les faibles
oppositions qu’offre la vue, chose inévitable, si la surexposition est
considérable.
Aussi ces données n’ont-elles une valeur réelle que si la plaque
dont le temps d’exposition sert de point de comparaison aux
plaques surexposées n’a vraiment reçu que juste le temps de pose
nécessaire.
40
Si l’on expose 1/2 seconde et une autre fois 10 secondes, il se
peut que la première plaque donne un excellent résultat, tandis
que la seconde ne vaudra absolument rien; mais il ne faut pas
en déduire qu’une surexposition de 20 fois ne peut pas être corrigée
au cours du développement à la glycine. Car il se peut que l’expo¬
sition de 1/2 seconde équivaille déjà à une surexposition notable, et
que la marge soi non pas de 1/2 à 10 secondes, mais de 1/50 à
5 secondes.
(Photographùche Rundschau , novembre 1897.)
V. H.
Pelliculisation des clichés
a pelliculisation des clichés étant
le point de départ d’une foule
d’applications tant dans la prati¬
que courante de la photographie
que dans la plupart de ses appli¬
cations industrielles, il n’est pas
étonnant, dès lors, que cette opé¬
ration ait déjà préoccupé beau¬
coup de chercheurs. C’est surtout dans les circonstances suivantes
que la nécessité d’avoir un cliché retourné se fait le plus sentir :
Dans les impressions aux mixtions colorées ou aux poudres
impalpables, telles la photographie au charbon, la photocéramique
et la photographie vitrifiée sur émail, où les opérations seraient
simplifiées par la suppression des transferts provisoires;
Dans l’impression des stéréoscopies, où la transposition ne serait
plus nécessaire;
Dans la photographie si commode et si avantageuse, sur papiers
négatifs au gélatino-bromure d’argent, qui a été abandonnée, sans
doute à cause des nombreuses opérations par lesquelles il fallait
faire passer l’épreuve négative pour l’avoir dans son vrai sens et
avec la résistance voulue ;
Enfin, dans la photocollographie, la photoplastographie et autres
procédés photo-mécaniques, où l’usage du phototype retourné
s’impose sous peine de produire des images à rebours, etc., etc....
Bien des formules et des tours de mains ont été donnés, qui ne
42
résolvent qu’imparfaitement la question, et qui, généralement,
sont compliqués, délicats, parfois même dangereux, à cause des
dégagements délétères qu’ils occasionnent (acides fluorhydrique,
chlorh} drique, etc.), et avec lesquels la réussite n’est rien moins
que certaine. Encore, la plupart du temps, la pellicule s’en-
roule-t elle, dans les bains, au point d’être difficilement utilisable,
ou s’y agrandit-elle et le reste-t-elle, de sorte que les multiples
opérations étant terminées, l’image se trouve affaiblie proportion¬
nellement à l’augmentation de sa surface.
La méthode suivante, outre qu’elle est très simple et de réussite
certaine, même avec les plaques à fines couches, ne présente aucun
des désagréments signalés précédemment. Toutefois, nos essais
n a}rant pas porté sur des verres silicatés, nous ne pouvons assurer
que les plaques de l’espèce se prêtent avec succès au traitement
que nous allons indiquer.
Le cliché, après avoir été bien lavé à la façon ordinaire, pour
éliminer les dernières traces d’hyposulfite, et étant encore mouillé,
sera plongé, et y restera une minute, dans le bain suivant, la
cuvette étant agitée pendant toute la durée de l’immersion :
Eau . 100
Aldéhyde formique . 30
Glycérine anglaise . 4
Il sera ensuite retiré et mis à sécher sans aucune espèce de
lavage.
Si le cliché à pelliculer avait déjà été séché, on devrait le
ramollir dans l’eau en l’y laissant séjourner au préalable un demi-
jour, au moins; on le formalinerait et sécherait, comme ci-dessus,
avec cette différence que l’immersion devrait, au lieu d’une minute,
en durer 3 ou 4. Enfin, on pourrait se dispenser complètement de
ramollir la gélatine à la condition de prolonger l’immersion pendant
10 à 15 minutes dans le bain de formol. La première méthode est
toutefois la meilleure.
Lne fois bien sec, le cliché recevra une ou mieux deux couches
d un enduit au celluloïd, la seconde n’étant appliquée qu’après que
la première aura parfaitement séché. Le séchage des couches étant
complet, il suffira, pour enlever la pellicule, d’inciser la gélatine au
canif, sur tout le pourtour de la plaque, à un demi-centimètre des
bords, par exemple, de façon que la lame atteigne bien le verre;
chauffant ensuite légèrement la plaque, et soulevant un angle de la
pellicule avec une fine lame, il n’y a plus qu’à la tirer doucement,
elle quittera le verre à la façon des papiers aristotypes que l’on
détache des glaces sur lesquelles on les a mis sécher pour les
émailler; nous obtenons de la sorte notre phototype sur une
nouvelle couche-support, fine, solide, et suffisamment résistante
pour les besoins photographiques.
On pourrait remplacer l’enduit au celluloïd par une couche de
collodion, ou de gélatine dissoute dans de l’eau, coulée à chaud, à
la manière du collodion, et mise à figer sur un support horizontal à
vis callantes; mais ces moyens présentent l’inconvénient de procurer
une couche protectrice ou trop fragile, ou hygrométrique et exten¬
sible, ce qu’il faut éviter sous peine de déformer l’image en tout ou
en partie, et de s’exposer, en hiver, à voir la pellicule et le papier
sensible adhérer ensemble et même se souder.
Si l’on voulait rendre la pellicule plus épaisse, ou si, pour une
cause quelconque, on voulait la soustraire au contact des liquides et
des gaz, si l’on voulait encore en rendre la conservation indéfinie,
car la formaline possède la propriété de modifier à la longue l’état
physique de la gélatine qui a été soumise à son action, la gélatine
qui constitue le cliché, devrait être emprisonnée complètement entre
deux couches de celluloïd. Pour cela, après que la pellicule aurait
reçu l’enduit d’un côté, et qu’on l’aurait détachée, il faudrait la
mettre à plat, gélatine au-dessus, sur une glace bien propre
(en prenant des précautions pour ne pas l’enrouler, et qu’elle reste
bien plane), et la recouvrir d’une couche de vernis, comme on l’a
fait pour l’autre côté.
Un autre moyen de vernir la seconde face, meilleur, mais plus
compliqué, consisterait, une fois la pellicule enlevée du verre, à
laver et bien ramollir la gélatine dans de l’eau glycérinée et à
l’appliquer sans eau, gélatine en dessous, à la façon des papiers à
émailler, raclage compris, sur une autre glace propre, recouverte
directement de celluloïd-vernis, lequel, après avoir bien séché,
44
aurait été recouvert lui-même d’une couche de collodion à
émaillage. Pour que la réussite soit complète, il faut, lors de
l’application du collodion, comme pour l’émaillage du reste, choisir
le moment où le pyroxyle, venant de faire prise, n’a pas encore
séché; le négatif étant appliqué sur le verre ainsi préparé, il n’y a
plus qu’à laisser sécher le tout, inciser ensuite et enlever la pelli¬
cule qui sera beaucoup plus solide, et en même temps imper¬
méable à la plupart des liquides.
L’enduit-vernis se compose d’une dissolution, à la consistance
des vernis photographiques ordinaires, de celluloïd débité en ban¬
delettes, dans de l’acétate d’amyle additionné de 20 p. c. d’acétone.
Ce vernis, qui s’étend à froid, à la façon du collodion, sèche assez
lentement; aussi, il est à recommander de n’enlever les pellicules,
ou de n’appliquer une seconde couche de vernis, qu’une douzaine
d’heures après l’application de la première. On peut abréger le
séchage en incorporant une certaine quantité de collodion au
vernis. Ce collodion peut être du collodion normal ou du collodion
épais de la pharmacopée dans lequel il n’est entré que de l’alcool
strictement absolu, sans quoi il pourrait se produire des stries
qu’on ne saurait plus faire disparaître, mais qui ne présentent
cependant pas un trop grand inconvénient. Pour notre part, nous
préférons attendre un peu plus et n’employer que le celluloïd pur
dont la spécialité est l’imperméabilité, qualité dont ne jouit pas à
un aussi haut degré le mélange avec le collodion. C’est du reste sur
la pénétrabilité assez grande du pyroxyle, que sont basés tous les
procédés dans lesquels le collodion a un rôle à remplir (collodions
sec ou humide, collodio-chlorure ou bromure d’argent pour les
plaques et collodio-chlorure ou celloïdine pour les papiers).
Le vernis au celluloïd pur présente de nombreuses qualités : il est
diaphane, très adhérent, se prépare aisément et rapidement, est
très résistant, ne s’écaille ni ne s’éraille pas, ne se laisse pas blan¬
chir par les liquides comme les vernis aux résines, soustrait
complètement les négatifs et leurs retouches à la destruction
spontanée à laquelle ils sont voués plus ou moins rapidement.
Pour le préparer, se servir de photot}rpes ratés sur films
d Eastman ou de Blair, ou mieux, acquérir une douzaine de pelli-
45 —
cules sensibles de 1’ « Actien Gesellschaft für anilin Fabrikation »
et les utiliser dans une détective; de cette façon, on aura la
certitude d’avoir des épreuves manquées qui fourniront le celluloïd
nécessaire, permettant, étant dépouillé de sa gélatine et bien lavé,
de préparera bon compte une certaine quantité de vernis avec lequel
on pourra pelliculer les autres bons phototypes de la douzaine. Ces
phototypes, étant enlevés à leur tour de leur support, fourniront
une nouvelle quantité-réserve de celluloïd, de quoi permettre de
faire suffisamment de vernis pour les besoins de plusieurs années.
Les principaux avantages que les pellicules offrent sur les plaques
sont :
Leur légèreté, leur non-fragilité, le peu de place qu’elles pren¬
nent, leur flexibilité, etc., qui permettent de les manipuler sans
courir le risque de les briser : c’est ainsi qu’on peut les transpor¬
ter, les envoyer par la poste dans une enveloppe à lettres ordinaire,
en mettre plusieurs centaines en poche en s’encombrant et se char¬
geant moins que si l’on n’avait qu’une douzaine de plaques de la
même dimension, et sans craindre de les détériorer;
La faculté de pouvoir les imprimer avec autant de finesse aussi
bien d’un côté quç de l’autre ;
Le cliché sur verre qui tombe, est généralement brisé de telle
façon qu’il est perdu à jamais ; avec la pellicule, rien de semblable
n’est à appréhender : au contraire, un cliché- verre est-il fendu ou
étoilé, pour autant que la gélatine ne soit pas déchirée, en le pelli-
culant avec précaution, on pourra récupérer l’image et en imprimer
autant d’épreuves que s’il ne lui était arrivé aucun accident ;
Dans le procédé au charbon, le double transfert est inutile, il n’y
a qu’à imprimer à l’envers;
Faisant de même pour la stéréographie, la transposition et tous les
châssis spéciaux pour ce genre de tirage n’ont plus de raison d’être;
Dans la photographie industrielle, elle simplifie considérablement
les opérations.
Aussi recommandons-nous de recourir plus souvent à ce moyen
de conservation dont l’effet secondaire sera de diminuer l’encombre¬
ment que comporte nécessairement la conservation des clichés.
R. Rousseau.
Renforçage physique des phototypes négatifs
N rendant compte, il y a quelques jours,
d’une nouvelle méthode de renforçage
d’après le Photogram, nous écrivions que
je n’avais pas réussi avec la formule nou¬
velle, donnée par le Bulletin , comme
extraite du Photograplnsch.es Wochen-
blatt, que cette formule était erronée et
qu’en tout cas elle contenait une quantité trop minime de nitrate
d’argent pour pouvoir agir comme renforçateur.
Dans le British Journal of Photography plusieurs correspon¬
dances rendent compte des mêmes résultats négatifs.
Cette nouvelle formule, qui, en définitive, n’est qu’une vieille for¬
mule habillée de neuf, est encore une de ces réinventions qui, dans
le monde photographique, se publient journellement, de ces œufs de
Colomb auxquels nous devons renvoyer si souvent ces pseudo-
inventeurs. C’est encore le cas ici.
La formule donnée par le Bulletin comme extraite du Pliotogra-
phisches Wochenblatt est cependant exactement transcrite; nous
l’avons collationnée d’après l’original. Voici :
Eau distillée . 1,000 cc.
Sulfoc}ranure d’ammonium . 480 gr.
Nitrate d’argent . 20 —
Sulfite de soude . 240 —
Hyposulfite de soude . 48 —
Solution de bromure de potassium à 10 p.c. 00 gouttes
— 47 —
Pour renforcer, prenez :
Solution ci-desssus . G cc.
Rodinal . 2 —
Eau . 14 —
Voilà bien la formule exacte donnée par M. Gœdicke comme
venant de lui, d’après le Bulletin , mais que M. Gœdicke déclare
lui-même tenir de M. Hans Schmidt, qui en serait l’inventeur.
Mais le procédé Hans Schmidt n’est qu’une invention de
M. J. B. B. Wellington, publiée dans Y Almanach de 1889 et
1890. Et, recherches faites, M. J. B. B. Wellington n’aurait que
réinventé celle de M. Howard Farmer, en y apportant, il est vrai,
quelques modifications. Rendons à César ce qui appartient à César,
et procédons par ordre.
La première idée, due à M. Howard Farmer, est ainsi décrite
par lui dans le Photographie News et reproduite dans le Bulletin
de l'Association belge 1888, page 121, comme une méthode perfec¬
tionnée de renforçage à l'argenf. Faut-il en conclure qu’elle
existait déjà? Il faut le croire, puisque M. Farmer la donne comme
méthode perfectionnée. La voici pour ceux qui l’auraient oubliée :
N° 1. Nitrate d’argent . 1 partie.
Eau (distillée) . 12 parties.
N° 2. Bromure de potassium . . . 3/4 partie.
Eau . 2 parties.
N° 3. Hyposulfite de soude. ... 2 —
Eau . G —
Ajouter n° 2 à n° 1, et après avoir lavé, par décantation, le préci¬
pité de bromure d’argent, faites-le dissoudre en agitant dans n° 3 ;
le liquide trouble ainsi obtenu est filtré et mis de côté jusqu’au
lendemain pour en décanter la partie claire ; puis on l’allonge avec
de l’eau jusque 170 cc., et on le garde pour l’usage. Pour renforcer
une plaque ; laver après fixage, puis plonger dans
Pyrosulfite . . 40 gouttes.
Eau . 50 gr, 70.
De la solution à l’argent .... G0 gouttes.
- 48 —
On y ajoute immédiatement, avant de s’en servir, environ
30 gouttes d’une solution d’ammoniaque à 10 p. c. Si l’argent ne
montre pas de tendance à la réduction, ajouter plus d’ammoniaque
ou, si la réduction s’opère de suite, en employer moins ; ici c’est le
bromure d’argent qu’on dissout dans l’hyposulfite pour servir de
corps au renforçage. Ne trouvez-vous pas qu’il vaudrait alors
autant se servir d’un bain fixateur à l’hyposulfite qui serait saturé
de bromure d’argent dissous?
L’essai que j’en ai fait a conduit à un voile jaune et à un préci¬
pité dans la couche de gélatine. C’est probablement pour éviter
cette précipitation de soufre, que M. Wellington a introduit dans
la solution argentique le sulfocyanure d’ammonium et dissout le
nitrate d’argent directement.
M. Wellington, reprenant les idées de Farmer dans Y Almanach
de 1889, p. 575, donne sous le titre « Un renforçateur à l’argent
perfectionné pour plaques au gélatino bromure », la formule sui¬
vante :
Dissoudre nitrate d’argent . 10 gr.
Dans eau . 96 cc.
Ajouter à cette solution 24 grammes de sulfocyanure d’ammo¬
nium ; il se forme un précipité qui se redissout. On y ajoute de
l’eau pour faire 480 cc. ; il se forme alors un nouveau précipité
que l’on dissout de nouveau en ajoutant à la solution de l’hyposulfite
de soude. C’est la solution de réserve.
Pour renforcer, on prend de la solution de réserve 48 cc., et on y
ajoute :
Solution acide pyrogallique. . 0 gr, 3.
sulfite de soude . . 12 gr.
ammoniaque . . . 1 ou 2 gouttes,
bromure . 3 à 11 —
Le tout d’après la formule ordinaire de développement.
Dans Y Almanach de 1890, M. Wellington donne une nouvelle
modification de sa méthode.
Il a trouvé, dit-il, que l’argent se précipite et est littéralement
— 49 —
perdu lorsqu’on le mélange directement avec le sulfocyanure et
l’hyposulfite ; il engage à tenir les solutions séparées.
Il faut, en outre, que la couche de gélatine soit bien durcie à
l’alun de chrome, pour empêcher qu’elle ne se ramollisse sous
l’action du sulfocyanure.
Ma formule actuelle est celle-ci, dit-il :
A. Nitrate d’argent
Eau .
15 gr.
180 cc.
B. Sulfocyanure d’ammonium
Hyposulfite de soude .
Eau .......
30 gr.
30 —
180 cc.
Prenez parties égales de A et de B ; versez B dans A jusqu’à ce
que le précipité formé soit redissous.
A chaque 48 cc. de cette solution, ajoutez 0,3 gr. acide pyrogal¬
lique et 2 à 3 gouttes d’ammoniaque. L’ammoniaque donne de
l’intensité.
Le renforçage prend une vingtaine de minutes. On lave, on fixe
et on relave comme d’ordinaire.
Vous voyez que la formule réinventée par Schmidt diffère peu
de celle-ci, sauf la quantité de nitrate d’argent.
La question du renforçage des clichés était à l’ordre du jour de
l’Union internationale de photographie en 1897 à Bruxelles. Si
la relation donnée par le British Journal , n° 1947, p. 552, est
exacte, M. Balagny y aurait communiqué une méthode qui
ressemble quelque peu à celle de Wellington et de Schmidt. Heu¬
reusement il ne l’a pas qualifiée de méthode nouvelle , il la déclare
très digne d’attention
Une solution de 25 p. c. de sulfite de soude est ajoutée goutte à
goutte à une solution à 5 p. c. de nitrate d’argent. Il se forme
d’abord un précipité qui se dissout à mesure qu’on y ajoute du sul¬
fite en solution. Quand elle est éclaircie et limpide, la solution est
prête à l’usage. Le cliché, exempt d’hyposulfite, est blanchi dans
cette solution pour se développer à l’hydroquinone ou au pyrogallol.
La différence ici consiste en ce que l’hvposulfite doit être entière¬
ment éliminé, tandis que, dans les formules précédentes, ce point
4
difficile à réaliser est moins important. Nous n’avons pas encore
eu le temps d’expérimenter cette dernière formule. Mais après
essai, nous y reviendrons. M. Balagny avait raison de ne pas donner
sa formule comme nouvelle, parce que déjà en 1879, dans le Year
Bank ofi photography, p. 155, nous trouvons :
RENFORÇATEURS.
Renforçage aux sulfites. — Une solution de sulfite de potassium
d’une force indéterminée, la couleur verte indiquant qu’elle est
assez forte, versée dans une cuvette verticale, dans laquelle on
plonge le cliché fixé, convertit l’image en sulfite d’argent, qui est
de couleur non actinique, et donne ainsi de l’intensité sans aug¬
menter le dépôt d’argent. Cette formule est très emplo3^ée par les
opérateurs américains.
Au temps du collodion, le renforçage se faisait par l’acide p}rro-
gallique acidifié et le nitrate d’argent, on avait alors abandonné le
bichlorure de mercure comme instable. Il est vrai que le fixage se
faisait au cyanure de potassium, et que l’élimination de ce dernier
par lavage était opéré en très peu de temps.
Mais voilà justement deux corps qu’il faudrait bannir à tout prix
du laboratoire : le cyanure de potassium et le bichlorure de mer¬
cure, deux corps extradangereux, poisons très violents à cause des
accidents qu’ils peuvent occasionner.
Le cyanure, heureusement, ne s’emploie plus, remplacé qu’il est
par l’hyposulfite pour les plaques au gélatino-bromure.
Il nous reste le bichlorure de mercure, qui, malheureusement,
après avoir été abandonné pour le collodion, est revenu pour le
gélatino-bromure. Outre ses défauts de poison violent, il est de
plus instable, et sauf la méthode de renforçage de Chapman Jones,
les clichés renforcés au bichlorure jaunissent dans un temps plus ou
moins long et sont fatalement perdus.
Il faut donc que les recherches portent sur une méthode de ren¬
forçage à l’argent, dans le genre du renforçage à l’acide pyro¬
gallique, pour le procédé au collodion. Le progrès qu’on avait fait
dans ce procédé est perdu pour le gélatino-bromure, puisqu’il a
— 51 —
fallu retourner à la méthode du bichlorure, déjà abandonnée pour
le collodion.
Mais, avec le collodion, la couche sensible contenait de l’iodure
d’argent avec un peu de bromure, et le développement était acide et
le renforçage également, tandis que pour la gélatine, la couche
sensible se compose de bromure d’argent avec un peu d’iodure
(formule Abney), et le développement est alcalin.
Le renforçage pour ce motif devrait-il être alcalin aussi ?
Si l’on transforme le cliché terminé en bromure d’argent et qu’on
redéveloppe celui-ci après l’avoir exposé à la lumière, on obtient
un renforçage à la condition, de le redévelopper par un dévelop-
pateur alcalin.
Si l’on transforme le cliché en chlorure d’argent, soit par l’acide
chlorhydrique ou le bichlorure de mercure, qu’on le redéveloppe
après une légère insolation, il faut employer encore le développateur
alcalin. Notons cependant que dans le renforçage au bichlorure de
mercure, outre l’argent, on est en présence de mercure qui devient
métallique par le développement.
Ne pourrait-on convertir la couche d’argent métallique formant
le cliché dans le procédé au gélatino-bromure en iodure d’argent
(parfaitement), et le renforcer en le développant par l’acide pyra-
gollique acide avec adjonction de nitrate d’argent?
Poser la question, c’est presque la résoudre; c’est dans ce sens
que nous expérimentons en ce moment; nous aurons à vous rendre
compte sous peu de nos expériences, de nos succès probables ou de
nos insuccès définitifs.
Nous ne prétendons pas avoir inventé une méthode nouvelle,
car des expériences ont déjà été faites dans cette voie.
En 1884, dans le British Almanach, p. 236, nous trouvons de
MM. Wratten et Wainreight une formule de renforçage à l’iodure.
La voici :
D’abord, mouillez la plaque avec de l’eau, puis versez-y une
solution d’iode et d’iodure de potassium, couleur de cherry pâle,
pendant une ou deux minutes, puis versez-y assez de A pour cou¬
vrir la plaque et l’y laisser pendant le même temps. Maintenant,
reversez dans un verre à expérience la solution A et y ajoutez de B.
Mélangez bien, reversez le tout sur la plaque et balancez continuel¬
lement celle-ci jusqu’à ce qu’elle soit assez renforcée.
Sol. A. Protosulfate de fer .
15 gr.
Gélatine et acide acétique (ci-dess).
40 gouttes
Eau .
480 cc.
Sol. B. Nitrate d’argent .
10 gr.
Acide acétique cristallisable. . .
10 gouttes.
Eau .
480 cc.
La gélatine acide acétique se compose de :
Gélatine .
15 gr.
Acide acétique cristallisable.
180 cc.
Eau .
2400 cc.
Voilà une formule connue et pratiquée, mais qui demande à être
un peu améliorée pour pouvoir passer dans la pratique courante.
Si nos expériences en cours sont couronnées de succès, nous
n’aurons pas inventé l’œuf de Colomb, ni une méthode nouvelle de
renforçage, nous aurons seulement habillé à la mode du jour une
méthode existant déjà, et que nous aurons peut-être rendue plus
pratique.
Désiré Declercq.
9" A A fis A Æ A l5S A A A A A a Æ\ a Æ\ A AS A AS A Æ\ A AS A A\ A AS A /À A A AS I -P
Sur ur? mécanisme
POUR APPAREIL A PROJECTIONS ANIMÉES
ingénieux appareil de MM. Lumière,
le cinématographe, a été le point de
départ de nombreuses combinaisons en
vue d’arriver au même résultat, le dépla¬
cement intermittent d’une bande pellicu-
laire.
Parmi les mécanismes proposés ou
réalisés dans ce même but, les uns emploient comme organe de
déplacement une roue dentée engrenant avec les perforations de la
pellicule, d’autres agissent sur la pellicule elle-même, d’autres
enfin reposent sur l’emploi de pointes animées d’un mouvement
alternatif et pénétrant dans les perforations.
Nous avons décrit précédemment (1) un mécanisme d’entraî¬
nement applicable à ce dernier mode de déplacement qui, comme
on le sait, caractérise le cinématographe de MM. Lumière. Ce
mécanisme donne un temps d’arrêt égal aux trois quarts du temps
total, et ne comporte qu’une seule came et un seul mobile à mouve¬
ment alternatif.
Nous nous proposons aujourd’hui de décrire un mécanisme dans
lequel le déplacement ne dure que le r du temps total. Nous ne
O
( 1 ) Bulletin de l'Association belge de Photographie , mai 1897, p. 355.
54
choisissons d’ailleurs que comme exemple cette valeur - car le
même dispositif peut aussi bien
donner ^ ou 7 ou ^ ou toute autre
o 4 o
fraction dont le dénominateur est un
nombre entier.
La figure 1 représente schémati¬
quement ce mécanisme.
L’organe d’entraînement est fixé
à l’extrémité F d’un levier t dont
l’autre extrémité I) est articulée à
une biellette b , mobile autour du
point fixe C. La tige t est articulée
en E à un maneton solidaire d’une
roue dentée S, engrenant avec une
autre roue fixe G dentée intérieure¬
ment et ayant un nombre de dents
égal à cinq fois celui de S. La roue S
est d’ailleurs entraînée par une mani¬
velle m, solidaire de l’axe A. Le point E
décrivant une hypoc}rcloïde, le point F
décrit une courbe dont la forme géné¬
rale est celle de la figure 2 et dont la
partie AB, rectiligne ou sensiblement
rectiligne, est utilisée pour l’entraîne¬
ment de la pellicule. Il n’est pas néces¬
saire de fixer les pointes directement
sur le levier t. Dans les cas où l’incli¬
naison de celui-ci est jugée trop grande,
on peut les fixer sur un mobile spécial
articulé au levier t et monté de façon
que, dans son mouvement, il reste sen¬
siblement parallèle à lui-même.
Malgré l’intérêt qui s’attache à ré¬
duire la durée du déplacement, il ne
faut pas se dissimuler que, avec les bandes de celluloïd employées
actuellement, on ne saurait aller bien loin dans cette voie sans com¬
promettre la sécurité de la bande pelliculaire.
Pour fixer les idées à ce sujet, nous chercherons à évaluer l’effort
de traction à exercer sur la pellicule, dans le cas où l’appareil donne¬
rait quinze images par seconde et où la durée du déplacement serait
de ~ seulement du temps total.
Autrement, la durée d’une période serait ~ de seconde, et la
durée du déplacement
1
Î5Ô
de seconde.
Nous supposerons que la partie de la bande à entraîner d’un
mouvement discontinu correspond à dix images, et que chacune de
ces images n’a que 20mm de haut ; dans ces conditions, la partie de
la pellicule intéressée dans le mouvement intermittent pèse envi¬
ron lsr,5, si l’on suppose qu’il s’agit, d’une pellicule ordinaire ayant
environ 35mm de large et de millimètre d’épaisseur.
Le mode d’entraînement le plus favorable à une bonne conser¬
vation de la pellicule est l’entraînement à accélération constante,
c’est-à-dire à effort constant. La vitesse maxima doit être atteinte
en ,3.-^ de seconde, avec un espace parcouru de 10mm. On en déduit
l’accélération
2e
= 2 x 0,01 x hoo*
= 1800
et la force correspondante
F = mg
0,0015 X 1800
9,81
0k, 275
Or, nous avons essayé à quel effort pouvait résister une de ces
— 36 —
bandes en celluloïd, en la soumettant à une traction prenant son
point d’appui sur les perforations. Ces perforations consistaient en
deux trous circulaires de 3mm de diamètre, dont l’axe était à 4mm du
bord de la pellicule. L’essai a été fait dans les conditions les plus
favorables, en ce sens que la pièce engagée dans les perforations
était le poinçon même qui avait servi à les percer. La pellicule s’est
rompue (ou plus exactement s’est déchirée dans les perforations, en
cédant dans le sens opposé à l’effort), sous une force de 2k,05
à 2k,25, soit en moyenne 2k,15.
Ainsi, dans les conditions ci-dessus, la pellicule travaillerait déjà
au - de sa charge de rupture, et cela en supposant qu’il n’existe
aucun frottement sur la bande, et que l’arrêt de la pellicule soit
donné par le' mécanisme d’entraînement, agissant sur le bord opposé
des perforations.
Il est possible que, par l’emploi de perforations d’une forme
mieux étudiée et par l’usage d’une matière plus résistante que le
celluloïd, on arrive à réduire pratiquement la durée de déplacement
que nous avions prise comme exemple; il était toutefois intéressant
de constater que, dans les conditions que nous avons supposées,
c’est un cas limite. La résistance à la rupture de la pellicule pro¬
prement dite étant environ quinze fois la résistance au déchirement
que nous avons indiquée ci-dessus, il n’est pas douteux — et peut-
être des inventeurs Font-ils déjà réalisé — que l’on puisse donner
aux perforations une forme mieux appropriée que celle que nous
avons citée et qui est suffisante pour les vitesses ordinaires.
F. Drouin.
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REVUE DES JOURNAUX PHOTOGRAPHIQUES
British Journal of Photography.
(N* 1913)
Nuages , filtre-écran. — M. Neuhauss donne comme liquide pour filtre-écran,
c’est-à-dire pour verser dans une cuvette à faces parallèles :
Sulfate de cuivre . 44 gr.
Bichromate de potassium. . ■ 4,27
Acide sulfurique. . 8 gouttes;
Eau . . 227 à 500 cc.
(N° 1915.)':
Virage au platine. — M. Lainer, de Vienne, donne la formule suivante :
Eau . 100 cc.
Acide phosphoriq ue . 2,5 cc.
Solution de chloroplatinite de potassium à 10 p. c. 2 cc.
Fixer à l’hyposulflte de soude à 10 p. c., après avoir bien enlevé l’acide
phosphorique par un bon lavage.
(N° 19.18 )
Renforçage. — D’abord éliminer les dernières traces d’hyposullite du cliché
au moyen de
Alun de chrome ........ 5 gr.
Acide chlorhydrique . 20 cc.
Eau . 500 cc.
bien laver, blanchir dans le bichlorure de mercure à 4 p. c., laver avec soin;
de ce lavage dépend la réussite. Mettre le cliché dans une solution à 10 p. c. de
chlorure de sodium, laver et redévelopper au moyen de
A Métol . ‘ . 5 gr.
Sulfite de soude . 30 gr.
Bromure de potassium . 0,50.
Eau . 300 cc.
— 58 —
B Carbonate de soude . 30 gr.
Eau . 300 ce.
Cour le développement, on prend 3 parties de A et une de B.
(N ’ 1922.)
Virage rouge. — Au moment de s’en servir verser
n° I Prussiate jaune de potassium . . . . 0,5 gr.
Eau . . 200 ce.
dans n° Il Nitrate d’urane . 2 gr.
Sulfocyanure d’ammonium . 10 gr.
Acide acétique . 2 gr.
Eau . 200 ce.
Si es lumières sont voilées, on peut les éclaircir avec
Eau . 500 cc.
Carbonate de soude . 1 gr.
(N° 1923.)
Halo. — Voici une formule pour faire des feuilles de gélatine qu’on
applique au dos de ses plaques pour empêcher le halo et qu’on enlève avant de
développer :
Eau . 100 cc.
Gélatine . 15 gr.
Glycérine . 12 gr.
Ocre rouge finement pulvérisée ... 15 gr.
faire dissoudre la gélatine et après dissolution y incorporer les autres
ingrédients, remuer et brasser bien le tout et passer à la mousseline; on verse
la solution sur une glace talquée dans la proportion de 7 cc. par 100 c. carrés
de surface. Après 15 minutes de prise on plonge la glace dans une solution de
foi maline à 5 p. c. pendant 15 minutes, on lave et on sèche, on coupe et on
enlève la pellicule. Pour la fixer sur la plaque, on enduit le dos de celle-ci de
Eau . 125 cc.
Gomme arabique . 75 gr.
Glycérine . 12 gr.
Acide salicylique . 0,5 gr.
et on y applique la pellicule qui adhère parfaitement.
Pour de grandes plaques, on prend :
Métagélatine . 100 cc.
Gélatine . 0,60 gr.
Ocre rouge . 30 gr.
I
— 59 —
La métagélatine s'obtient en faisant bouillir pendant plusieurs heures 12 gr.
de gélatine dans 100 ce. d’eau.
On applique cette solution avec une brosse ou une toufVe de coton.
Écrans jaunes. — Pour les plaques.orthochromatiques à l’érythrosine on fait
l’écran suivant :
Acridine jaune . 10 gr.
Alcool . ISO cc.
et
Fuchsine . S gr.
Alcool . 100 cc.
à un collodion neutre à 2 p. c. de pyroxyline, on ajoute 20 cc. d’acridine jaune
et 8 cc. de fuchsine en solution ci-dessus.
Essai du sulfite de soude. — Quelques gouttes de chlorure de baryum donnent
un précipité blanc qui se redissout dans l’acide chlorhydrique; s’il ne s’y
dissout pas, on se trouve en présence du sulfate de soude; si le papier
au phénolphthaléine se colore en rouge, le sulfite contient du carbonate de
soude.
Étiquettes pour flacons. — Écrire sur le verre avec : verre soluble (silicate
de potasse) 2 parties d’une solution à 40 p. c. et 1 partie de soude caustique;
se servir d’une plume métallique; laisser sécher à peu près, et puis saupoudrer
avec du noir de lampe ou du sulfate de baryte, etc.
(N° 1924.)
Clichés jaunes par renforçage au bichlorure de mercure. — M. lljinsky dit
que ces taches proviennent d’un fixage imparfait. 11 recommande de plonger le
cliché dans un bain d’urane et de renforcer jusqu’à ce que les lumières soient
bleues et les ombres voilées. On lave ensuite le cliché jusqu’à ce que toute
apparence graisseuse ait disparu, et on plonge dans un bain dilué d’ammonia¬
que. Le cliché sera noir-gris et perdra peu en intensité. On peut répéter le traite¬
ment plusieurs fois.
(N° 1925.)
Écran jaune. — Ducos du Hauron donne la formule suivante :
On couvre une plaque 18 X 24 avec
Acide picrique .
Gélatine . . .
Glycérine . .
Eau distillée •
0,60 gr.
7,00 gr.
0,50 gr.
50 cc.
— (50 —
(N“ 1927.)
Noir pour cuivre. — On noircit les objets en cuivre de la manière suivante :
liien nettoyer le cuivre et le plonger dans
Eau . . . 100 cc.
Chlorure ferrique sol. (40° Bi . . . . 50 ce.
Prussiate jaune de potasse . 5 gr.
laver, chauffer, frotter avec de l’huile de lin et polir avec un chilien.
(N° 1929.)
Neutralité. — ln bain est réellement neutre d’après M. Lescœur, si le papier
a la phénolphthaléine reste incolore et que le papier de tournesol bleu com¬
mence à rougir.
Aluminium noirci. — Pour noircir l’aluminium, on procède ainsi : laver le
métal d’abord à la soude pour enlever toute trace de graisse. L’enduire ensuite
d’albumine préparée d’un blanc d’œuf battu en neige et qu’on a laissé reposer.
L’albumine étant sèche, on chauffe le métal graduellement au rouge. 11 se forme
une croûte sur le métal, laquelle en tombant laisse celui-ci d’un beau noir.
Urane. - Renforçage. — Nouvelle formule qu’on dit être excellente et donner
une grande opacité :
Eau . 2,880 cc.
Acétate d’urane . -120 gr.
Acide acétique • • • . 240 cc.
Acide formique . 240 cc.
Ferricyanure de potassium .... 50 gr.
(N" 1939.)
Procédé A'rtigue. — M. Raphaels propose de remplacer la gomme arabique
par la colle de poisson Lepage dans la préparation du papier Artigue :
Colle de poisson . 5 gr.
Couleur pour aquarelles en tubes . 10 gr.
Solution saturée de bichromate de potassium . . . 23 cc.
On étend cotte solution sur le papier en couche très mince, on laisse sécher;
le papier s’imprime dans le même temps que le papier au chlorure d’argent.
(N° 4944,1
Halo. — On peut à peu de frais fabriquer des feuilles anti halo, il suffit de
prendre du papier dans lequel on emballe les plaques et de l’enduire d’une
couche, de
Eau . .
Gélatine
Glycérine
75 cc.
10 gr.
00 cc.
— 61
Dans cette solution on incorpore de l’ocre rouge finement pulvérisée.
Ces feuilles se collent sur le dos des plaques; elles restent toujours poisseuses.
(N° 1946.)
Halo. — Papier anti halo. — D1' Prédit recommande de doubler au dos les
plaques avec du papier à fabriquer les Heurs artificielles de couleur rouge
foncé. Coupé à la grandeur voulue, ce papier est enduit de parafine et collé
sur le dos des plaques, ou bien encore enduit d’huile de ricin ou de toute autre
huile qui a le même indice de réfraction que le verre, soit à peu près D = l,o4.
Halo. — Collodion anti halo. — Voici la formule de ce collodion qu’on verse
sur le dos des plaques :
Coton poudre .
.... 1 gr
Alcool méthylique .. . . .
.... 12 gr
Ether méthylique . . . .
.... 36 gr
Couleur Magenta .
. 93 gr
Vernis mat .
• • ■ • 24 gr
hlimmalcur d'hyposulfite. — D’après M. Mercier, qui a mis dans le commerce
le sel iodé sec, on élimine entièrement l’hyposulfitc par le bain suivant :
Induré de potassium . • . • . 4 gr.
Carbonate de soude . 1 gr.
Sel de cuisine . 30 gr.
Eau . . 1 ,000 cc.
ou bien
Iode en poudre . 3 gr.
Carbonate de soude ...... 30 gr.
Eau . -, 1,000 cc.
(N’ 1947.)
Renforçage à L’argent. — En attendant que nous recevions le compte rendu
de la Session tenue à Bruxelles par l’Union internationale de Photographie,
nous recevons"via Londres une révélation qui y fut faite par M. Balagny.
Il s’agit d’une formule de renforçage à l’argent qu’on dit très digne d’atten¬
tion.
A une solution de 5 p. c. de nitrate d’argent on ajoute goutte à goutte une
solution à 23 p. c. de sulfite de soude; il se forme d’abord un précipité qui se
redissout à mesure qu’on y ajoute du sulfite; aussitôt que la solution est claire
et incolore, elle est prête à l’usage. Le cliché, entièrement débarrassé d’hypo-
sulfite, est blanchi dans la solution de sulfite et se développe à l’hydroquinone
ou à l’acide pyrogallique. A retenir et surtout à essayer.
Noir pour fer et pour acier. — Pour donner une couleur noire mate au fer et
à l’acier, on plonge les objets bien nettoyés dans :
Bichlorure de mercure . .
• • 4
parties.
Chlorure cuivrique ....
2
))
Acide chlorhydrique . . .
12
»
Alcool .
10
))
Eau .
. 100
»
On les retire, on les sèche et on les suspend alors pendant une demi-heure
dans l’eau bouillante. On peut répéter l’opération.
Dêveloppateur sec. — M. Bani, de Pise recommande :
A. Métol . 15 gr.
Hydroquinone . 40 gr.
lconogène . 25 gr.
Acide borique . 10 gr.
Bien mélanger et renfermer dans un flacon de verre orange bien bouché.
B. Sulfite de soude . 100 gr.
Borax . 25 gr.
Sucre de lait . 25 gr.
Pour l’usage :
Poudre A . 3 gr.
Poudrei? . 4 gr.
Eau . 100 ce.
(Nc 1948.)
Nouvel objectif Goerz. — MM. Goerz et von Hoegh ont calculé et exécuté un
nouvel objectif de 5 lentilles accolées. Cet objectif paraît simple d’après la
figure de l’article, il est à grande ouverture, mais on ne donne ni le foyer ni le
prix. Le prix surtout, celui-ci augmente avec chaque création nouvelle, il
double, triple, quadruple, etc.
Le Planar, nouvel objectif de Zeiss, est déjà au quadruple de ses premiers
instruments. Il semble que plus il y a de lentilles, 'plus il y a de rapidité et
plus rapidement augmente le prix. Bientôt ces chefs-d’œuvre d’optique seront
l’apanage seul des milliardaires américains, et un simple particulier devra se
contenter des formes anciennes, qui certes ne sont pas aussi mauvaises qu’on
semble le croire et sont à un prix raisonnable.
(N° 1951.)
Papier albuminé. — Connaît pas, disent les jeunes, est-ce du celluloïde?
Quoi? Non, c’est notre ancien ami, le papier qui fut le compagnon obligé du
— 63
procédé au collodion. Ce papier, qui a encore ses adorateurs, semble vouloir
revivre. M. Zoller, à Vienne, vient de faire des expériences tendant à rendre à
ce vieux serviteur son ancien lustre et de plus à augmenter encore ce lustre
sous le nom de « Phosphalbien » ou « Protalbin ». Ils ont créé ou inventé un
papier dont le lustre serait encore supérieur à tout ce qui existe; il serait
enduit d’une émulsion à l’alcool, serait très stable et ne contiendrait pas de
soufre. Attendons et voyons. P. D.
PROGRAMME
du vingt et unième concours du Journal des Voyages
Premier trimestre de 1897-1898
Le motif proposé est le suivant : Scène d'une industrie locale.
Les motifs que nous proposerons au cours de l’année 1898 seront les suivants :
Vingt-deuxième concours '2e trimestre. — N° 66 du 6 mars). Coin de rempart
ou de fortification ;
Vingt-troisième concours (3e trimestre. — N° 79 du 8 juin). Scène de gare :
Vingt-quatrième concours (4e trimestre. — N" 92 du 4 septembre). Bords
d’un canal;
Vingt-cinquième concours (l°‘‘ trimestre de 1898-1899. — N 108 du 4 décem¬
bre). Intérieur pris dans un monument célèbre.
Le programme relatif à chacun de ces concours sera publié en temps et lieu.
Nous rappelons à nos lecteurs que tout le monde, soit abonné, soit acheteur au
numéro, peut prendre part à ce concours.
Frédéric Dieeaye.
JOURNAUX REÇUS
Belgique.
Bulletin de V Académie royale des Sciences, nÜS 9, 10, 11.
Bulletin de la Société de Microscopie, n° 1.
L’Objectif, année 1897.
Ciel et Terre, nos 19, 20.
Revue de V Université de Bruxelles, n° 3.
Le Cycliste belge illustré, nos 377, 378, 379, 380.
La Presse universelle, nos 10, 11.
Revue bibliographique belge, n° 1 1 .
Allemagne.
Deutsche Photographcn Zeitung, nos 50, 51, 52, 1.
Photographisches Archiv, n° S16.
Der Amateur-Photograph, n° 12.
Photograpliisclic Mittheilungen, n° 18.
Photographisches Centralblatt, nos 23, 24.
Photographische Chronïk, nos 50, 51, 52.
Photographisches Wochenblatt, nos 49, 50, 51, 52.
Prahtischer Rathgeber, nos 23, 24.
Bas Atelier des Photographen, n° 1.
Autriche.
Photographische Correspondent , n° 447.
Wiener Photographische Blütter, n° 12.
Danemark.
Beretninger fra Dansk fotografisk Forening, n° 12.
États-Unis.
Anthony’ s Bulletin, n° 12.
St-Louis Photographer, n° 12.
Wilson’s Magazine, n° 492.
La Revista cientifira Hispano-Americana, n° 12.
— 66 —
France.
Bulletin de la Société française de Photographie , n° 22.
Moniteur de la Photographie, n° 24.
Bulletin du Photo-Club de Paris, n° S3.
Photo-Gazette, n° 2.
Photo-Journal, n° 95.
Le Nord-Photographe, n° 12.
Le Monde photographique, n° 32.
Ombres et Lumière, nos 29, 30.
Photo-Revue, n° 9.
Bulletin de la Société Caennaise de Photographie, 15 novembre, 15 dé¬
cembre.
Bulletin de la Société photographique du Nord de la France, n° 10.
L’ Avenir photographique, nos 71, 72.
Bulletin de la Société Havraise de Photographie, nos 8, 9, 10.
Bulletin de l’Association des Amateurs photographes de Dijon et de la,
Bourgogne, n° 12.
La Science illustrée, n°s 524, 525, 526.
La Science en famille, n° 26.
Grande-Bretagne.
British Journal of Photography, nos 1962, 1963, 1964.
Photographie News, nos 102, 103, 104.
The Photographie Journal, nos 3, 4.
Journal of the Caméra Club, n° 139.
Photography, nos 474, 475, 476.
The Amateur Photographer, nos 688, 689, 690.
The Practical Photographer, n° 96.
Process Work and the Printer, n° 55.
The Photogram, n° 49.
Italie.
Rivista scientifico-artistica di Fotografia, n° 11.
Il Progresso fotografico, nos 11, 12.
La Tribuna illustrata, n°s 49, 50, 51, 52.
Suisse
Revue suisse de Photographie, n° 11.
La Photo-Revue suisse, n° 12.
(
NOS ILLUSTRATIONS
Un Reître. — L’épreuve de notre confrère M. Robert Pauli
figurait à l’Exposition de Courtrai, où ce superbe agrandissement
a été justement remarqué et choisi pour l’illustration du Bulletin.
La réduction en photogravure a été faite par la maison
J. Malvaux, de Bruxelles, qui nous montre une fois de plus que ce
procédé de reproduction lui est aussi familier que la phototypo¬
graphie.
Lettrines de MM. Bidart, Boschmans, Ch. Dupont, A. Lei-
rens, Maes, Puttemans, Rousseau, Selb, Vanderkindere et Van
Grinderbeeck.
Illustrations dans le texte de MM. R. Crespin, Ch. Putte¬
mans, O. Scharf, D. Van den Hove et M. Vanderkindere.
Erratum. — Rendons à César ce qui appartient à César...
Dans le n° 12 de 1897, article Nos Illustrations , nous avons attribué
la paternité de La Causette au puits à M. Van Bellingen. L’auteur
de cette planche est M. Bellemans, de la Section d’Anvers, ainsi
que le porte du reste la reproduction en photo typographie.
I
NÉCROLOGIE
Acbüie Sact*é
Nous avons le regret d’annoncer à nos lecteurs le décès d’un des
membres les plus dévoués de la Section de Gand. M. Achille
Sacré vient de succomber à l’âge de 40 ans au mal qui le minait
déjà depuis longtemps.
Professionnel habile, il faisait partie d’une famille dont le nom
est bien connu de tous ceux qui s’occupent d’art photographique.
Confrère aimable et dévoué, il était toujours prêt à rendre
service ou à donner un conseil utile et pratique.
Nous présentons nos sincères compliments de condoléances à sa
famille éplorée ; puisse cet hommage adoucir le chagrin que leur
cause cette perte.
A. G.
P.hG. Va t) ïRetitettej hem
La Section d’Anvers, si éprouvée déjà en ces derniers temps,
vient de faire une perte nouvelle en la personne de M. P. -G. Van
Renterghem, décédé à la suite d’une longue et cruelle maladie.
Van Renterghem, à l’abord un peu fruste, était l’obligeance et
la bonté mêmes. Il a rendu de grands services à la Section en
organisant les excursions nautiques sur l’Escaut et en Zélande et
avait offert le pavillon arboré en ces circonstances.
Un grand nombre de membres de l’Association le connurent
aussi, car il était il y a quelques années de toutes les réunions, de
toutes les assemblées et excursions.
Van Renterghem s’est beaucoup servi de la photographie dans
ses fonctions d’inspecteur d’une société d’assurances maritimes.
— 69 —
Chaque fois qu’un sinistre était signalé, il partait muni de ses
appareils. Il photographiait les avaries et, en cas de contestations
ou de demandes de dommages exagérées, il présentait au tribunal ses
épreuves et n’avait aucune peine à convaincre les juges.
Indépendamment de ces photographies, Van Renterghem a exé¬
cuté un nombre considérable de paysages variés; il travaillait
beaucoup la pellicule et il était intéressant de voir avec quelle
dextérité il développait et maniait des films souvent de grandes
dimensions.
Van Renterghem laissera à ses collègues et amis le meilleur
souvenir.
J. M.
SOMMAIRE
Conseil d'administration. — Membres admis
Fctcs du XXVe anniversaire .
A nos lecteurs .
Extraits des procès-verbauœ des séances des sections.
Section d'Anvers. — Séance du 13 décembre 1897.
Décès de M. Van Rentergliem. — • Hommages
Développement des papiers au gélatino-chlorure. — Situation
morale de la Section. — Projections . .
Section de Bruxelles. — Séance du 10 novembre 1897.
Concours d illustration du numéro jubilaire. — Présentation des
membres .
Photomètre Decondun. — Papier Velox. — Papier Schering. _
Excursion. — Causerie de M. Puttemans sur l’emploi du papier
albuminé .
Séance annuelle. — Projections .
Séance du 24 novembre 1897.
Séance de projections de la Section de Namur. — Remerciements
a M. de Smetdu Haj'on. — Objectif stigmatic Dallmeyer
L’acétone. — Causerie avec projections de M. Rutot sur les Phéno¬
mènes volcaniques .
Séance du 8 décembre 1897.
Décès de MM. Van Renterghem et Achille Sacré. — Electric paper.
— Papier Éclair. — L'art en photographie par M. de la Cizérane.
Hommage. — Papier Schering. — Projections .
Section de Garni. — Séance du 2 décembre 1897.
Félicitations a M. J. de Smet. — Élections. — La propriété du
cliché photographique .
Stéréo-jumelle de Krauss .
Boîte pour le transport des diapositives. — Plaques Sandell. -
Papier Schering. — Papier Éclair ....
TABES.
5
8
10
18
14
15
IG
17
18
19
21
22
23
24
25
71 —
PAGES.
Section de Liège. — Séance du 2G novembre 1897.
Album international des Sociétés photographiques. — Félicitations
à M Marissiaux. — Présentations de membres . 20
Causerie par M. O. Loiseau sur la microphotographie . 27
Séance du 10 décembre 1897.
Décès de M. Achille Sacré. — Hommage . 27
Présentation de membres. — Causerie de M. O. Loiseau sur la
microphotographie . 28
Section de Louvain. — Séance du 17 novembre 1897.
Renouvellement du bureau . 29
Concours d’illustration. — Jeton de présence. — Présentation d’un
membre. — Excursions . 30
V'' Exposition internationale de photographie artistique organisée ci
Hambourg par la « Gesellschaft zur Fôrderung der Amateur Photo¬
graphie », par Ernest J uhl .
Développement des plaques photographiques au gélatino-bromure dont
V exposition exacte est incertaine .
Pelliculisation des clichés, par R. Rousseau .
Renforçage physique des phototypes négatifs, par D. Declercq . . .
Sur un mécanisme pour appareil à projections animées, par F. Drouin.
Revue des journaux photographiques .
British Journal of Photography .
N° 1913. — Nuages, filtre-écran .
N° 1915. — Virage au platine .
N° 1918. — Renforçage .
N° 1922. — Virage rouge .
N° 1923. — Halo .
Écrans jaunes. — Essai du sulfite de soude. — Étiquettes
pour flacons .
N° 1924. — Clichés jaunes pour renforçage au bichlorure de mer¬
cure .
N° 1925. — Écran jaune .
N° 1927. — Noir pour cuivre .
N° 1929. — Neutralité. — Aluminium noirci. — Urane, Renfor¬
çage .
N° 1939. — Procédé Artigue , .
N° 1944. — Halo .
N° 1946. — Halo. — Collodion anti-halo. — Eliminateur d’hypo-
sulfite . a .... . .
31
38
41
46
57
57
57
58
58
59
59
60
60
60
60
61
- 72 —
PAGES.
N° 1947. — Renforçage à l’argent . 61
Noir pour fer et pour acier. — Développateur sec . . 62
N° 1948. — Nouvel objectif Goerz . 62
N° 1951. — Papier albuminé . 62
Programme du vingt et unième concours du Journal des Voyages . . 64
Journaux reçus . 65
Nos illustrations . 67
Nécrologie. — Achille Sacré. — P. -G. Van Renterghem . 68
Sommaire.
ASSOCIATION BELGE DE PHOTOGRAPHIE
LE COUCHER DU SOLEIL
_ _ VWT flY
ASSOCIATION BELGE DE PHOTOGRAPHIE
Association belge de Photographie
SOUS LE PROTECTORAT DU ROI
et la Présidence d'honneur de S. A. R. Monseigneur le Prince Albert de Belgique.
BULLETIN
N° 2. — 25me ANNÉE. — VOL. XXV.
(3e SÉRIE. — VOL. Y.)
Conseil d’fldministfation
NT été admis :
Membres effectifs :
MM. Backeland, Léo, docteur en
sciences, New-York (États-Unis), présenté
par MM. Puttemans et Nvst.
Cumont, Alfred, 2e, rue du Luxem¬
bourg, Bruxelles, présenté par MM. De
Meuter et Vanderkindere.
G
— 74 —
Delcoigne, Georges, 10, avenue Louise, Bruxelles, présenté
par MM. Broothaerts et Vanderkindere.
Delva, Victor, 60, rue de Molenbeek, Laeken, présenté par
MM. Puttemans et Suzor.
de Penéranda, Alphonse, 17, rue d’Idalie, Bruxelles, présenté
par MM. Vanderkindere et Peltzer.
d’Oultremont, Adhémar (comte), sénateur, 17, rue de la Loi,
Bruxelles, présenté par MM. Parmentier et Vanderkindere.
Dupret, Georges, 130, rue Ro3rale, Bruxelles, présenté par
MM. V. Selb et Vanderkindere.
Ernotte, 12, rue de Spa, Bruxelles, présenté par MM. Putte¬
mans et Suzor
Hunter, Michel, 25, rue Haringrode, Anvers, présenté par
MM. Lannoy et Maes.
Jacobs, Joseph, pharmacien, 8, rue des Bogards, Louvain,
présenté par MM. Peeters et F. De Mralque.
Simon, René, 20, rue Verbist, Bruxelles, présenté par MM. Put¬
temans et Suzor.
Japy de la 3e Exposition d’flrt Photographique
Le jury de l’Exposition qui s’ouvrira le 1er mai au Cercle
artistique de Bruxelles est composé comme suit :
Président, M. Jos. Casier, président de V Association belge de
Photographie. — Membres : MM. Ch. Hermans, artiste peintre;
F. Khnopff, artiste peintre, secrétaire du Cercle artistique et lit¬
téraire de Bruxelles; Jos. Maes, président de l’Union internatio¬
nale de photographie: G. Oury, amateur photographe; Charles
Puttemans, président de la Section de Bruxelles de l’Association;
— 75 —
Edm. Sacré, photographe; A. -J. Wauters, professeur à l’Aca¬
démie des Beaux-Arts de Bruxelles, membre de la commission
directrice des musées royaux de peinture et de sculpture. —
Secrétaire, M. Marcel Vanderkindere, secrétaire général de
Y Association belge de Photographie.
•q .»>! çji >»>. fi* cj» xi* i»i»i /»!» i»j-i mjp, mjp> <»|>> cii C
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ASSOCIATION BELGE
DE
PHOTOGRAPHIE
SOUS LE PROTECTORAT DU ROI
et la Présidence d’honneur de S. A. R. Mgr le Prince Albert de Belgique
STATUTS
CHAPITRE PREMIER.
1. La société prend le titre de : Association belge de Photogra¬
phie.
2. Son but est purement artistique et scientifique. Elle poussera
au développement des progrès photographiques par des réunions
périodiques, des communications, l’essai des nouveaux procédés,
des expositions, et, si les ressources le permettent, par la publica¬
tion des faits les plus intéressants.
3. Le siège de l’Association est à Bruxelles. Chaque année, une
assemblée générale extraordinaire réunira les membres dans une
ville du pays à désigner dans l’assemblée générale précédente.
4. L’Association ne pourra être dissoute qu’à la majorité des
trois quarts des membres. Dans ce cas, tout ce qui, dans les archives
de l’Association, pourrait avoir un intérêt pour l’art et la science
/
photographiques sera remis dans un dépôt de l’Etat, soit musée,
soit bibliothèque.
5. Aucune modification ne pourra avoir lieu au présent chapitre
des statuts.
CHAPITRE II.
ADMISSIONS. — DÉMISSIONS.
G. L’Association se compose de membres effectifs, de membres
d’honneur, de membres honoraires et de membres associés. Le
nombre des membres d’honneur et celui des membres honoraires
seuls sont limités.
7. Le titre de membre de l’Association ne peut être pris dans
aucune enseigne, marque, étiquette, prospectus, carte ou adresse,
facture, prix courant et généralement dans aucune publication,
quelle qu’en soit la forme, se rattachant au commerce et à l’indus¬
trie.
8. Les membres effectifs sont admis par le Conseil d’administra¬
tion, sur la proposition de deux membres. Ils sont soumis à une
cotisation annuelle de vingt francs, payable par anticipation, et à
un droit d’entrée de dix francs. Seuls, ils peuvent faire partie du
Conseil d’administration.
9. Le titre de membre d’honneur pourra être accordé à toute
personne qui, par ses travaux ou de toute autre manière, aura
contribué au progrès de la photographie. Les membres d’honneur
sont nommés en assemblée générale, sur la présentation du Conseil.
Leur nombre est limité au quart de celui des membres effectifs. Ils
n’ont pas voix délibérative.
10. Les membres honoraires sont choisis par le Conseil parmi les
personnes qui, par leurs travaux ou de toute autre manière, auront
rendu des services à l’Association belge de Photographie. Le
nombre en est limité au dixième de celui des membres effectifs. Ils
sont exempts de toute cotisation, mais n’ont pas voix délibérative.
11. Les membres effectifs, d’honneur et honoraires reçoivent
seuls toutes les publications de l’Association.
— 78
12. Les membres associés sont admis par le Conseil d’administra¬
tion, sur la présentation de deux membres. Toutefois, pour les
enfants des membres, la présentation signée par le père ou la mère
suffira.
Les membres associés payent une cotisation annuelle de dix francs,
sans droit d’entrée. Ils peuvent assister aux séances, prendre part
aux concours et aux expositions. Ils ne reçoivent, en fait de publi¬
cations de l’Association, que les illustrations hors texte du Bul¬
letin qui leur seront remises aux séances de la Section à laquelle ils
appartiennent. Ils ont droit de vote l’année qui suit celle de leur
admission.
Après un terme de trois ans, ils auront la faculté de demander
leur inscription comme membres effectifs sans être soumis au droit
d’entrée. Toutefois, ce délai n’est pas applicable aux enfants des
membres qui seront reçus membres effectifs sur leur demande visée
par le président de la Section à laquelle ils appartiennent, en payant
la cotisation annuelle ordinaire sans droit d’entrée.
13. Toute nouvelle admission sera annoncée dans la plus pro¬
chaine séance et publiée dans le Bulletin.
14. La démission de membre de l’Association devra être adressée
par écrit au secrétaire général avant le 1er décembre, de chaque
année.
15. Le membre démissionnaire ne pourra être réadmis avant un
intervalle de deux ans et aura à acquitter de nouveau le droit
d’entrée.
16. Tout membre qui, après présentation de la quittance et deux
avis du trésorier donnés à quinze jours de distance, n’aurait pas
acquitté sa dette ou toute autre somme dont il serait redevable à
l’Association, sera rayé d’office. Ces radiations seront annoncées à
l’assemblée générale.
17. L’exclusion d’un membre ne pourra être prononcée qu’à
l’unanimité du Conseil.
Le membre exclu a le droit de recourir à la prochaine assemblée
générale.
Le membre exclu ne peut plus être réadmis à faire partie de
l’Association.
— 79 —
CHAPITRE III.
ADMINISTRATION.
18. L’Association est administrée par un Conseil composé de :
1° Un président;
2° Deux vice-présidents ;
8° Un secrétaire général ;
4° Un trésorier;
5° Six commissaires élus par l’assemblée générale ;
ü° De commissaires élus directement par chacune des Sections
de l’Association, à raison d’un commissaire par Section.
19. Le président est élu pour trois ans. Il peut être réélu pour
un nouveau terme de trois ans après lequel il n’est pas immédiate¬
ment rééligible.
20. Les vice-présidents sont nommés pour trois ans et peuvent
être réélus à l’expiration de leur mandat.
21. Les commissaires sont nommés pour un an et sont rééli¬
gibles.
22. Les membres du Conseil nommés en remplacement de
membres décédés ou démissionnaires achèvent le mandat de ces
derniers.
28. Le secrétaire général et le trésorier sont nommés pour un
terme de cinq ans et peuvent être réélus.
24. Les élections ont lieu à la pluralité des voix.
25. Le président règle l’ordre du jour et a la police des séances.
Il signe les diplômes et tous les actes de l’Association; il fait de
droit partie de toutes les commissions et députations.
26. En cas d’absence du président, il sera remplacé par l’un des
vice-présidents.
27. Le secrétaire général règle les procès-verbaux et tient la cor¬
respondance. A l’ouverture de chaque séance, il donne lecture du
procès-verbal de la séance précédente, puis de la correspondance,
et fait encore connaître l’ordre du jour. Il signe les diplômes et tous
les actes de l’Association et fait partie de toutes les commissions et
députations. Annuellement, à la séance du mois d’avril, il présentera
— 80 —
un rapport général sur les travaux et les relations de l’Association.
Il est chargé des convocations, publications et archives de l’Asso¬
ciation.
I n secrétaire adjoint, choisi parmi les membres de l’Association,
pourra être nommé par les soins du Conseil.
28. Le trésorier inscrit toutes les recettes et dépenses, par ordre
de date, dans un registre coté et paraphé par le président. Il veille
à la rentrée des cotisations et présente chaque année un budget et
un rapport sur la situation financière de l’ Association.
II fera connaître l’état de la caisse chaque fois que le Comité le
demandera.
29. Le trésorier ne payera que les mandats approuvés par le
Conseil et signés par le président et le secrétaire général.
30. Toute dépense extraordinaire dépassant cinq cents francs
devra être autorisée par l’assemblée générale.
CHAPITRE IV.
FORMATION DE SECTIONS.
3L Dans le but de faciliter les travaux, l’Association est divisée
en Sections.
32. Chaque fois que dans une localité il y aura dix membres
adhérents, il pourra être créé une Section.
Chaque Section nomme son bureau.
Le secrétaire fera parvenir mensuellement et en temps opportun
au secrétaire général le résultat des travaux de la Section.
Les procès-verbaux qui ne seraient pas parvenus au secrétaire
général endéans les deux mois qui suivent la date de la séance, ne
seront plus insérés au Bulletin.
34. Chaque Section arrêtera elle-même son règlement d’ordre
intérieur.
CHAPITRE V.
RÉUNIONS.
55. Une assemblée générale ordinaire aura lieu à Bruxelles,
chaque année, dans le courant du mois d’avril.
— 81
8(3. Outre cette assemblée générale, on pourra en convoquer
d’autres sur la proposition du Conseil ou de sept membres de l'Asso¬
ciation.
37. Les décisions des assemblées générales ne peuvent porter
que sur des objets à l’ordre du jour; elles se prennent à la pluralité
des voix, sauf le cas de modification au présent règlement. Ces
modifications devront être présentées par quinze membres ou par le
Conseil dans une assemblée générale. Elles seront portées à la con¬
naissance des membres de l’Association par la voie du Bulletin et
par celle d’une circulaire qui pourra être en même temps la lettre
de convocation à une nouvelle assemblée générale, à réunir endéans
les deux mois qui suivent l’assemblée dans laquelle la proposition
de modification aux statuts a été faite. Il sera pris, après discussion
dans cette assemblée, une décision sur cette proposition à la simple
pluralité des voix.
38. Chaque Section tiendra mensuellement au moins une réunion,
dont elle fixera le jour. Tous les membres de l’Association ont le
droit d’assister aux réunions des diverses Sections.
39. Le Conseil nommera des commissions à l’effet de vérifier et
d’expérimenter les communications faites en Section. Ces commis¬
sions présenteront dans le plus bref délai un rapport à la Section
intéressée.
CHAPITRE VI.
PUBLICATIONS.
40. L’Association publiera sous le titre de : Bulletin de l Asso¬
ciation belge de Photographie une revue mensuelle illustrée conte¬
nant : 1° un extrait des procès-verbaux des séances des diverses
Sections; 2° les communications faites par les membres; 3° le
résumé des travaux publiés en dehors de l’Association.
4L La rédaction de ce Bulletin est placée sous la surveillance du
Conseil d’administration, et rien n’y sera publié sans son assenti¬
ment.
42. Les travaux publiés dans le Bulletin seront, autant que pos¬
sible, insérés dans l’ordre de leur présentation.
— 82
43. L’Association n’assume aucune responsabilité pour les opi¬
nions émises dans les travaux qu’elle publie.
44. Les épreuves, revues et corrigées, seront renvoyées dans la
huitaine au secrétaire général. Ce délai expiré, le secrétaire général
est autorisé à passer outre et à donner le bon à tirer conformément
au manuscrit.
45. Tous les membres pratiquant la photographie sont invités à
confier annuellement au Comité quelques-uns de leurs clichés.
4(3. Le Comité nommera une commission de trois membres char¬
gée de recevoir ces clichés après examen d’une épreuve.
47. Tout auteur d’une planche hors texte publiée au Bulletin
rece\ ra a ingt-cinq exemplaires de cette planche tirés sur papier
grand format.
48. Tous les cas non prévus dans les présents statuts seront tran¬
chés par le Conseil d administration, qui en fera rapport à la plus
prochaine assemblée générale.
Section d’Anvers
SÉANCE DU 17 JANVIER 1898
Présidence de M. Maes, président
ont présents : MM. Ba¬
vais, Bellemans, Bourgeois,
Brarid, Colon, Gife, Hahn,
Homblé, Janssens, Lannoy,
Lunden, Maes, Myin,
Nieuwland, Peyrot, San-
ders, Selb, Spiers, Spilt-
hoorn, Vanbellingen, van Bever, Vandenbroek, Van Meerbeck.
Excusé : M. Keusters.
En l’absence du secrétaire adjoint, le lieutenant Lannoy est
invité à remplir ces fonctions.
M. Maes donne lecture des comptes de l’année 1897, clôturant
par une encaisse de 501 fr. 2 c. Les comptes sont approuvés.
L’ordre du jour porte la formation du bureau pour 1898.
M. Maes dit que la Section d’Anvers a été constituée en décembre
1887 et qu’elle compte par conséquent on/e années d’existence.
Pendant ces on/e années, M. Maes a été nommé président; il croit
que l’heure de la retraite a sonné ; il rappelle ses déclarations de la
séance précédente et pense qu’une autre direction serait utile à la
Section.
M. Lunden s’associe aux paroles de M. Maes.
L’assemblée remercie par acclamation MM. Maes et Lunden
du dévouement qu’ils n’ont cessé de montrer à la Section.
— 84 —
Le président suspend la séance pour permettre aux membres de
délibérer. MM. Maes et Lunden se retirent.
A la reprise de la séance, il est procédé au vote. Prennent place
au bureau : MM. Vanbellingen, Brand et Lannoy.
Votants : 21.
S’abstiennent : MM. Maes et Lunden.
Bulletins blancs : 4.
Président : M. Maes
16
voix.
Divers :
1
voix
Vice-président : M. Lunden
15
id.
Id.
o
id.
Secrétaire : M. Lannoy
16
id.
Id.
2
id.
Secrétaire adjoint : M. Keusters 10
id.
Id.
7
id.
MM. Maes et Lunden déclarent qu’en présence de ce vote, ils
persistent dans leur résolution, malgré les démarches faites auprès
d’eux pendant la suspension de la séance, et malgré les vives ins¬
tances de MM. Vanbellingen et autres. L’assemblée décide de
remettre l’élection à quinzaine. L’ancien bureau conservera la
direction à titre provisoire.
On passe au troisième point à l’ordre du jour : le papier Velox
de la Nepera O, dont le représentant à Bruxelles, Mme veuve
Gecele, avait mis des spécimens et des pochettes de papiers et
développateurs à la disposition de la Section. M. Maes dit les avan¬
tages de ce papier; il fait remarquer la simplicité des manipulations
et procède à l’impression et développement de quelques épreuves à
la lumière d’un bec Auer. Les résultats sont fort appréciés.
Il est procédé ensuite à la projection de superbes vues de
M. Bourgeois, dont « le Coup de canon « fait sensation, de
MM. Myin et Spiers. Pour terminer la séance, les vues de M. Maes,
« ’N oyage en Hollande », excitent l’admiration. Des remerciements
sont votés à ces messieurs.
Section de Bruxelles
SÉANCE DU 22 DÉCEMBRE 1897
Présidence de M. Puttemans, président
rÉsents : MM. Durieu, De
Vinck, Yermeiren, Nopère,
Paternotte, Magnien, Nyst,
Avanzo, Poupart, Vanderkin-
dere, Pollet, De Raeymacker,
Herbet, de Raet, De Meuter,
Manne, Dewit, Rutot, Boitson,
Bronkhorst, Bottiau, Bayart,
Frennet, Van Lint, Broothaerts, Smeesters, Hofmans, Paradis,
Ledure, Duvelaer, Delcroix, Suzor et Stadeler, secrétaire.
La séance est ouverte à 8 1/2 heures.
Le procès-verbal de la séance du 8 décembre est lu et adopté.
M. le président annonce qu’il a obtenu des différentes sociétés qui
usent en commun du local de l’Association, une participation dans
les frais d’appropriation du local. C’est ainsi que la société des
électriciens a fait placer un rideau qui permettra d’obtenir l’obscu¬
rité dans la salle lorsqu’il s’agira d’organiser des matinées de pro¬
jections. De son côté, l’Association belge des chimistes fera l’achat
de 15 chaises et enfin M. le directeur de l’Ecole industrielle y
ajoutera 15 autres chaises.
La Section de Gand fait don à la Section de Bruxelles d’un
exemplaire des Revues photographiques de feu M. De Vylder. Des
— 86
remerciements seront adressés à la Section donatrice pour cet hom¬
mage.
M. Stadeler signale les lacunes et les non-sens que présente la
table générale des matières publiée dans le Bulletin de décembre
dernier. Telle qu’elle est conçue, sans ordre et sans méthode, cette
table ne peut être d’aucune utilité, car elle est des plus incomplètes
et ne donne aucune idée de la matière contenue dans notre organe.
A son avis, elle doit être refondue sur un nouveau plan et les
articles devraient être indiqués par ordre analytique et non alpha¬
bétique.
Cette coordination constitue évidemment un travail très long,
mais il s’impose, car telle que la table est conçue aujourd’hui elle
est incomplète et conséquemment inutile.
M. Puttemans reconnaît le bien-fondé des critiques faites, et cette
fois, comme l’année dernière, il a eu la main forcée pour ne pas
retarder la publication du Bulletin , et il assure que des instructions
seront données à l’auteur de la table pour que celle-ci soit dressée
de manière à être consultée avec fruit.
A propos des excursions photographiques, M. Vanderkindere
voudrait voir tracer un grand itinéraiie qui serait ensuite fractionné
suivant le temps à consacrer à chacune de nos excursions. Ainsi on
unirait l’intérêt photographique à l’intérêt géographique des con¬
trées traversées.
Précisément, dit M. le président, la Section organisera l’année
prochaine une excursion dans toute la vallée de la Semois, depuis
l’amont jusqu’à l’aval. Cette excursion durera huit à dix jours.
Plusieurs adhérents se sont déjà fait inscrire, et il la recommande
chaudement aux amateurs.
M. De Meuter présente une photo-jumelle à double combinaison
pour plaques Yerascope ou pellicule Pocket-Kodak qui offre de très
sérieux avantages. Il présente en outre un nouveau stéréoscope
combiné de façon à s’appliquer à toutes les vues, ainsi que des
plaques Taekels, de Cand, dont MM. De Raeymaeker, Bavaert et
Dewit se chargent de faire l’essai.
M. le président clôture la soirée par des expériences de dévelop¬
pement d’épreuves tirées sur papier, électrique de la Beernaert’s C'A
87 —
de Gand. Les membres remarquent combien ce papier se manie
facilement, avec rapidité et sûreté.
La formule employée par M. Puttemans, dans les expériences
qui viennent d’être faites, intéressera les amateurs; c’est pourquoi
nous la donnons ci-après :
Sulfite de soude anhydre ... 50 gr.
Eau distillée ou de pluie. . . . 1,000 gr.
Amidol . 4 gr.
Bromure de potassium à 10 p. c. . 2,5 c3.
L’amidol, étant fort soluble, on l’introduit dans le sulfite au fur
et à mesure des besoins. ( Applaudissements .)
La série de projections continue à être des plus intéressantes. On
applaudit les débuts très remarqués de M. Nopère dont quelques
clichés de la Semois sont des mieux traités, ainsi que M. Delcroix,
qui nous révèle quelques jolis coins de l’étranger. M. le Dr Paradis
revendique ses droits de priorité, dit-il, en projetant une série
d’affiches illustrées de nos murs. Mais le succès est surtout pour les
sites de M. Boitson que nous connaissions déjà comme un portrai¬
tiste de talent, ainsi que pour de nombreux et superbes paysages
animés de M. Puttemans. Des chevaux en chemin creux, notam¬
ment, font grande impression et sont très applaudis.
La séance est levée à 10 1/2 heures.
SÉANCE DU 12 JANVIER 1898
Présidence de M. Puttemans, président
La séance est ouverte à 8 1/2 heures.
Sont présents : MM. Nopère, Paradis, Rutot, Nyst, Watrigant,
Vermeiren, Manne, Frennet, Simoneau, Gilbert, Bidart, Durieu,
Delevoy, Vanderkindere, Broothaerts, Delcroix, Smeesters, Hof-
mans, Marynen, Pollet, Remacle, Lavalette, de Raet, Evely, Des¬
camps, Boitson, Bronkhorst, Suzor, J. Van Beesen, Belot, V . Van
Beesen, De Raeymacker et Stadeler, secrétaire.
M. le président montre deux résultats bien différents obtenus sur
Electi ic paper de la firme Beernaert : l’un avec le bain normal
recommandé, 1 autre avec ce même bain additionné de 1 p. c. de
bain fixateur. Cette dernière épreuve est de beaucoup la plus déli¬
cate des deux.
La firme A an Monckhoven a fait parvenir des pochettes de papier
Eclair qui sont distribuées aux membres pour essai.
M. Rutot annonce que notre confrère M. Hovelacque veut bien
nous faire une séance de projections relatives a son récent voyage
en Algérie et en Tunisie. (. Applaudissements .)
Cette séance est fixée au dimanche 23 janvier et aura lieu dans le
local. Afin d éviter 1 encombrement, il est décidé que chaque mem¬
bre n aura le droit d’inviter qu’une seule personne.
M. Suzor, représentant de la maison Jougla, à Bruxelles, montre
les résultats obtenus au moyen des plaques et pellicules radiogra¬
phiques préparées par cette maison. Ces résultats sont très remar¬
quables et très supérieurs à ceux obtenus avec les plaques
ordinaires. Ces plaques et pellicules sont d’une extrême sensibilité
aux ray ons X et elles donnent avec des finesses remarquables les
détails les plus minutieux des objets radiographiés.
AI. le président remercie Al. Suzor pour ses très intéressantes
communications et pour les superbes épreuves qu’il a fait circuler.
L assemblée s occupe des grandes lignes de la prochaine séance
publique de projections.
Le théâtre communal étant cette année éclairé à l’électricité, il
sera a raisemblablement fait usage de cet éclairage pour les projec¬
tions.
Al. le président se charge d’examiner une modification introduite
à la lanterne de projections par notre confrère M. Selb, et M. le
secrétaire se rendra au théâtre communal pour prendre les disposi¬
tions relatives à la lumière.
M. le président fait appel aux membres pour les engager à pro¬
duire leurs positives et il annonce que la prochaine séance sera par¬
ticulièrement consacrée à la projection des clichés déjà présentés et
de ceux non encore projetés.
La séance est levée à 10 heures, la section n’ayant pu disposer du
local habituel de ses réunions.
Section de Qand
SÉANCE DU 13 JANVIER 1898
Présidence de M. Goderus, président
ssistaient à la séance :
M M . Brunin , Casier ,
Coupé, Delebecque, De
Nobele, De Breyne, L. De
Clercq, M. De Clercq,
D’Hoy, Goderus, De
Moor, De Keyser, Lei-
rens, Servaes, Tyman,
Vanden Hove , général
Van Eechout, Van Loo et Van Houte.
Toute la séance est occupée par une causerie accompagnée de
démonstrations faites par le D1 De Nobele sur les rayons X et leurs
applications.
L’orateur montre les différentes phases par lesquelles a passé la
science avant d’arriver au résultat actuel. Il montre avec expé¬
riences à l’appui les modifications que présente l’étincelle électrique
quand on la fait jaillir dans des tubes où le vide est poussé de plus
en plus loin, en commençant par les tubes de Geissler, pour arriver
aux tubes de Crookes, qui produisent les rayons cathodiques, et
aboutir au tube de Hittorf, où le vide complet est obtenu et dans
lequel l’étincelle ne passe plus du tout.
L’orateur démontre également comment déjà avant Rontgen
Lénard était parvenu à produire les fameux rayons X et avait
impressionné une plaque photographique par leur moyen, mais
i
— 90 —
n’avait pu interpréter sa découverte. Il fallut que deux ans plus
tard Rontgen en renouvelant les expériences de Lénard reconnût
ces nouveaux rayons qui traversent tous les corps en raison inverse
de leur densité et se distinguent des rayons cathodiques en ce qu’ils
ne se laissent pas dévier par l’aimant.
Le Dr De Nobele fit alors fonctionner ses appareils et montra
successivement sur l’écran fluorescent le contenu d’un porte-mon¬
naie, d’une boîte avec différents objets, une paire de lunettes dans
leur étui, le squelette de la main, du bras, etc., ainsi que l’examen
des organes thoraciques : cœur, poumons, foie, diaphragme, que
tous les assistants purent parfaitement reconnaître.
A la suite de ces démonstrations, M. De Nobele projeta une col¬
lection de diapositives de differents sujets pris par lui à l’aide des
rayons X, notamment des mains avec des balles de revolver ou des
aiguilles; grâce à la radiographie, balles et aiguilles furent facilement
extraites, des fractures de différents os, des luxations, la photogra¬
phie du squelette d’un fœtus en entier, etc. Toutes ces épreuves
sont très bien réussies. Passant aux applications industrielles des
rayons X, il montre comment on peut reconnaître le vrai diamant du
faux, comment on peut trouver dans un lingot d’aluminium des
soufflures, et reconnaître dans des roches aurifères la présence de
l’or, déceler la falsification du safran avec le sulfate de baryte, de
la farine avec le plâtre, reconnaître que des cheveux sont teints,
voir si des cartouches sont chargées avec de la poudre noire ou
blanche, etc.
Pour terminer, l’auteur donne quelques aperçus sur les accidents
qu’on a cru pouvoir attribuer aux rayons X et les applications thé¬
rapeutiques qu’on en a fait, il cite notamment un cas d’arthrite du
genou qu’il a traité de cette manière et qui lui a donné un résultat
inespéré.
A la fin de la séance, M. Goderus distribue un jeton de présence
qu’il a tait sur papier « Electric » de la Beernaert’s Ciu avec un
négatif de M. Van Loo. On ne sait qui l’on doit le plus complimen¬
ter, ou l’auteur du phototype ou celui qui en a tiré un si bon parti
à l’impression. On croit voir une véritable gravure.
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Section de Liège
SÉANCE DU 17 DÉCEMBRE 1897
Présidence de M. L. Roland, président
ont présents : MM. Détaillé,
Zeyen, de Koninck, Gren-
son , Labouverie , Beau -
jean, Ronchesne, Loiseau,
Bronne, Goffart, Bernimo-
lin, Kemna, Jacques, De-
charneux, Henroz, Matelot,
A. de "\ aux, J. de ^ aux, G. Laoureux, Crespin, J. Braconier,
Dresse, Baron de Selys, Cerfontaine, Ledent, L. Laoureux, Comte
de Brigode Kemlandt, P. Lhoest, Noaillon, Hassreidter, Portai,
Dohmen, P. Baar, Ghinijonet, Dacier, Petry, H. Chaudoir,
Graindorge et Dupont.
Le secrétaire fait la lecture du procès-verbal de la séance du 10,
lequel est adopté.
Quelques confrères demandent que la clôture du concours de
diapositives soit postposée au 31 janvier. — Adopté.
Le président donne lecture de quelques pièces de correspondance
et annonce que la Section de Gand fait hommage à la Bibliothèque
de la Revue photographique de M. de Vylder. Des remerciements
sont adressés au donateur.
Ordre du jour : Changement de local et achat d'un appareil
de projection. — Quelques confrères avaient proposé que la Section
réinstallât ses pénates à l'Institut chimique, où l’on pouvait avoir
sous la main les produits nécessaires aux manipulations photogra¬
phiques. Cette proposition en entraînait une autre qui était l’achat
— 92 —
d’une lanterne de projection, dont la Section avait pu se passer
tant qu’elle pouvait disposer de celle installée dans le luxueux audi¬
toire de zoologie.
Les deux questions ayant été mûrement examinées depuis le jour
où il en fut fait mention pour la première fois, le pour et le contre
ayant été pesés, on passe au vote sur ces deux propositions. Elles
sont adoptées. Le Comité chargé de faire l’étude préliminaire de
l’achat de la lanterne dit que la dépense, y compris l’achat de
l’écran, se montera à environ 300 francs. L’essai de la lanterne aura
lieu à la prochaine séance.
Démonstration du papier Velox. — MM. Roland et Ronchesne
font devant l’auditoire la démonstration de ce papier. Les résultats
dont chacun ont pu se rendre compte sont très brillants. Une
pochette d’échantillon de ce papier est remise à chacun des mem¬
bres présents, avec prière de l’expérimenter.
Papier négatif de Moll. — M. Hassreidter, qui a essayé ce pro¬
duit, en a obtenu d’assez bons résultats, étant surtout donné le
manque d’habitude qu’il possédait dans la manipulation de ce papier.
Notre confrère montre des négatifs obtenus, ainsi que les positifs
qu’il en a tirés.
On termine la séance par la projection de quelques diapositives
de MM. J. Braconier, Ledent et Dupont, et avant de se séparer
les membres de la Section se rassemblent pour examiner et admirer
les agrandissements de M. E. Beaujean. Notre confrère a eu l’heu¬
reuse idée d’agrandir plus de cent clichés obtenus à la photo¬
jumelle Carpentier au cours d’un voyage qu’il a fait en Bavière, au
Tyrol et à Venise. Ces agrandissements, en 21 X 28 sur papier
Morgan, sont admirablement réussis et constituent, pour M. Beau¬
jean, un souvenir charmant de ses voyages. Leur auteur est vive¬
ment félicité.
SÉANCE DU 14 JANVIER 1898
Présidence de M. L. Roland, président
Ont signé la liste de présence :
MM. Dohmen, Portai, Zeyen, Noaillon, Hassreidter, L. Laou-
93 —
reux, Grégoire, Marissiaux, Decharneux, Matelot, Grenson, Dacier,
Ronchesne, A. de Vaux, J. de Vaux, Henroz, P. Lhoest, Schoon-
broodt, de Koninck, Kemna, Labouverie, G. Oury, Beaujean,
Dumoulin, A. Détaillé, Davreux, Philippart, Loiseau, Goffart,
Bernimolin, J. Braconier, Jacques, Crespin, Bronne, Graindorge
et Dupont.
La Section inaugurait le local mis à sa disposition par M. de
Koninck, à l’Institut chimique.
Après quelques communications, le président, faisant allusion
aux superbes épreuves déposées sur le bureau par M. Marissiaux,
engage les membres à se préparer dès aujourd’hui à l’Exposition
d’art qu’organise l’Association en mai prochain, à Bruxelles.
Il propose ensuite de voter des remerciements à M. le professeur
van Beneden pour la large et gracieuse hospitalité que la Section a
reçue pendant trois ans dans les locaux de l’Institut de zoologie.
Il remercie aussi M. Cerfontaine qui, pendant le cours de ces trois
années, a sacrifié à la Section bon nombre de ses soirées, avec une
bonne grâce qu’il se plaît à reconnaître. Le président félicite M. de
Koninck d’avoir spontanément rouvert ses portes à la Section.
Ces propositions sont accueillies par des applaudissements una¬
nimes.
Le secrétaire donne ensuite lecture du procès-verbal de la der¬
nière séance. — Adopté.
M. Dupont expose les résultats qu’il a obtenus dans l’essai qu’il
a fait du papier Éclair Van Monckhoven. Il distribue ensuite des
échantillons de ce papier et prie les membres d’expérimenter à leur
tour ce produit et de faire part des résultats obtenus.
Le papier Velox distribué à la séance précédente a été essayé
par plusieurs confrères, qui s’en sont trouvés satisfaits.
M. L. Jacques montre le nouveau Folding-Pocket-Kodak de la
Compagnie Eastman, ainsi que de petites épreuves obtenues au
moyen de cet appareil.
Présentations. — M. Louis Spaak, ingénieur, présenté par
MM. L. et G. Laoureux, comme membre effectif, et M. Feys, par
MM Beaujean et Roersch, comme membre associé.
Le grand attrait de la séance résidait dans l’examen et l’essai de
la lanterne de projection, dont l’acquisition était proposée. M. Hass-
reidter annonce que la dépense totale s’élèvera à 335 francs.
Avant d’essayer l’instrument, M. Jottrand, de la Compagnie
oxhydrique de Bruxelles, fait la démonstration de la lampe employée.
Il nous en fait la description complète en nous montrant les princi¬
pales particularités qu’elle présente.
Les résultats donnés par la lanterne sont excellents, et sur la
proposition du président, la section en décide l’achat.
La séance est levée à 10 heures.
*
Section de Louvain
SÉANCE DU 15 DÉCEMBRE 1897
Présidence de M. De Walque, président
T AIENT présents :
MM. De Walque,
président; Clément,
Jos. De Walque,
Janssens, Edm. Pee-
ters, Ranwey, Van
Gehuchten, Van Grin-
derbeeck, l’abbé Stal-
paert.
MM. Pavard, du
Bois d’Aissche, de Bruynet Famenne se font excuser.
La séance est ouverte à 8 1/4 heures.
M. le président fait part à la Section de la démission de M. Ber-
nauda et transmet une demande d’un membre qui désire être
dispensé pendant un an de payer sa cotisation par suite de son
départ pour l’Amérique. Cette demande sera adressée au secrétariat
général.
M. le président voudrait voir figurer à l’ordre du jour de chaque
séance une causerie sur un sujet ayant rapport à la photographie;
il engage vivement les membres à satisfaire à ce vœu du bureau,
certain que par là les séances de la Section de Louvain gagneront
en intérêt et seront de plus en plus fréquentées. Plusieurs membres
96 —
s’engagent à fournir pour les séances ultérieures quelques petites
causeries.
M. Stalpaert promet de donner à la séance de janvier quelques
renseignements sur le développement des papiers à noircissement
direct.
Le second point à l’ordre du jour portait sur certaines réformes
à introduire dans les excursions photographiques. Ces excursions
avaient habituellement pour objet des concours, et par là même
étaient fort peu pratiques au point de vue de l’instruction photo¬
graphique ; il est donc décidé que désormais elles auront lieu sans
concours et que chacun mettra tout en œuvre pour être utile à ses
collègues. Il y aura de cette façon une instruction mutuelle.
Séance de projections . Cette question est ajournée à la séance de
janvier.
M. le président fait ensuite passer une photographie radiogra¬
phique très bien réussie. On y trouve une barre d’aluminium, pré¬
sentant des taches blanches (ces taches révèlent la présence de
soufflures à l’intérieur du métal), une clef anglaise, une serrure,
différentes médailles et pièces de monnaie, une montre ouverte, etc.
Avec un peu de bonne volonté on distingue la frappe de la grande
médaille. Il montre aussi une photographie directe de ces mêmes
objets, et l’on peut constater que dans la radiographie certains
d’entre eux, tels que jetons en ébonite, gutta-percha, n’apparaissent
plus.
M. Jos. de Walque distribue comme jeton de présence « un sous-
bois aux Eaux-douces » très bien réussi et qui vaut à l’auteur
„ d’unanimes félicitations.
M. Van Grinderbeeck distribue quelques échantillons de nou¬
velles plaques Graffe et Jougla ainsi que du papier Velox et
Electric. Il montre ensuite une œuvre admirablement réussie :
« le portrait du P. Van Tricht, sur plaque opale au bromure »,
ainsi qu’un nouveau genre de pellicule servant à la photocollo-
graphie, pouvant s’imprimer dans les deux sens. Quelques diaposi¬
tives sur verre mat Graffe et Jougla, tons chauds, sont aussi très
remarquées.
L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 10 heures.
97 -
SÉANCE DU 5 JANVIER 1S98
Présidence de M. De Walque, président
La séance est ouverte à 8 1/4 heures.
Y assistent : MM. De Walque, président; Clément, Jos. de
Walque, Janssens, Famenne, Pavard, Ranwez, Savoné et Stal-
paert.
Se font excuser : MM. Cappellen, De Bruyn, Peeters et Van
Grinderbeeck.
M. le président est chargé de se mettre en rapport avec le secré¬
taire sortant pour régler la remise des épreuves hors texte de 1897
qui n’ont pas encore été distribuées aux ayants droit.
M. le secrétaire dépose sur le bureau divers opuscules, envoyés
par M. le secrétaire de l’Association, et destinés à la bibliothèque
de la Section, ainsi que quelques numéros manquant à la collection
du Bulletin.
Sur la proposition de M. le président, la Section décide d’adhérer
à la publication de l’album international des sociétés photogra¬
phiques, édité par la Société génevoise de Photographie.
M. le président remet pour la bibliothèque un exemplaire de la
Revue photographique , par G. De Vylder. Des remerciements
seront adressés à la Section de Gand, pour l’envoi gracieux de ce
souvenir d’un des membres fondateurs de l’Association.
M. Stalpaert donne quelques détails sur les expériences qu’il a
faites quant au développement des papiers par noircissement direct.
Il est loin d’être satisfait des résultats obtenus avec le papier
celloïdin. Ceux donnés par le papier aristotype sont un peu plus
favorables. Il est toutefois possible qu’en virant les papiers après
les avoir développés, on arriverait à des résultats bien meilleurs. En
résumé, le système, d’après lui, offre plus d’inconvénients que
d’avantages.
M. Stalpaert montre ensuite quelques photographies d’étincelles
électriques obtenues directement sur papier celloïdin. Il lui a été
permis de constater, en recouvrant le papier d’un verre transparent,
que la trace laissée sur le papier ne provient aucunement de la
lumière produite par l’étincelle de la machine Wimshurst, mais bien
— 98 —
d’une décomposition des sels d’argent par l’électricité. M. le prési¬
dent engage vivement M. Stalpaert à continuer ses recherches en
ce sens.
M. Stalpaert présente encore quelques diapositives Beernaert,
« Insensibles » au gelatino-chlorure d’argent. Ces plaques peuvent
se virer comme le papier et présentent alors des tons très riches et
très différents.
M. le président distribue des échantillons de papier « Éclair »
Van Monckhoven, en priant les membres d’en faire l’essai et d’en
donner les résultats à la prochaine séance.
M. Pavard distribue comme jeton de présence « ses chevaux de
labour », phototype primé au concours de Bruxelles.
Les félicitations de l’assemblée ne manquent pas et affirment le
succès du lauréat.
La séance est levée à 10 heures.
Section de Namur
SÉANCE DU 1er DÉCEMBRE 1897
Présidence de M. Jossart, président
résents : MM. Ad. Dupont,
Gilles, Jossart, Mathieu,
Michaux, Rousseau, Suars,
Vassal, Beghin, Chisogne,
Gilson et Joseph Fallon.
Le procès-verbal de la
réunion du 17 novembre est
lu et approuvé.
Le secrétaire dépose sur le bureau les fascicules expédiés par le
Comité central, et remet aux membres associés les tirés à part des
illustrations du Bulletin.
La Section décide de donner une séance publique de projections,
au Kursaal de Namur, au profit des œuvres de la Crèche et des
Petites Sœurs des pauvres; dans cette séance, le R. P. Lucas,
donnera, en outre, une conférence avec projections radiographiques.
Elle aura lieu le 21 janvier 1898.
Expériences avec le papier « Vélo. x ». — La maison Gecele, de
Bruxelles, concessionnaire pour la vente de ce papier en Belgique,
avait bien voulu nous envoyer son représentant pour nous expliquer
les manipulations de ce papier.
Après exposition de divers clichés à la lumière d’un bec de gaz
ordinaire, avec des poses variant de deux à cinq minutes, suivant
l’intensité des clichés, le représentant de la maison Gecele a pro¬
cédé au développement de ces épreuves.
Les tons obtenus avec ce papier sont beaux et purs, et se prêtent
— lüü —
admirablement à certains genres. Ce papier offre de sérieux avan¬
tages et par sa facilité de développement et par ses manipulations à
la lumière diffuse, ce qui supprime les inconvénients de la chambre
noire.
M. le président remercie, au nom de la Section, la maison Gecele
de son intéressante communication, et remet, de la part de cette
maison, aux membres des échantillons de papier, du développateur
métol-hydroquinone et des épreuves obtenues avec le Yelox.
SÉANCE DU' 15 DÉCEMBRE 1897
Présidence de M. Jossart, président
Présents : MM. Rousseau, Suars, Vassal, Jossart, Mathieu,
Tiange, Gilles, Beghin, Michaux, Gobert, Chisogne, Gilson et
Jos. Fallon.
Le procès-verbal de la séance du 1er décembre est lu et approuvé.
M. le secrétaire dépose sur le bureau les ouvrages « Du dévelop¬
pement des papiers photographiques à noircissement direct», de
M. Hassreidter, et la « Revue photographique », de M. G. de
Vylder.
La Section prie M. le secrétaire de remercier M. Hassreidter et
la Section photographique de Gand de leurs intéressants envois.
M. Rousseau distribue aux membres des échantillons du déve-
loppateur « ortol ».
M. Suars, trésorier, dépose sur le bureau, avec les pièces à
l’appui, les comptes des recettes et dépenses de l’exercice 1897.
Ces comptes portent en recettes . . . fr. 505,32
et en dépenses . 487,89
d’où boni sur l’exercice 1897 . 17,43
Ces comptes, tels qu’ils sont proposés par le trésorier, sont adoptés.
On passe ensuite à l’élection du bureau pour l’exercice 1898.
MM. Jossart, Vassal, Fallon et Suars sont désignés respecti¬
vement comme président, vice-président, secrétaire et secrétaire
adjoint de la Section de Namur. M. Jossart est, en outre, désigné
comme délégué au Comité central.
Epreuves d’Expositiot)
e Caméra Club de Vienne
organise cet hiver, à l’oc¬
casion des fêtes du jubilé
de l’empereur François-
Joseph, qui va célébrer
bientôt le L° anniversaire
de son règne, une série d’ex¬
positions consacrées aux
œuvres des artistes de
l’Allemagne, de l’Autriche, de la France, de la Belgique, de l’An¬
gleterre et de l’Amérique. Commencées le 1er janvier, ces exposi¬
tions se continueront tous les mois jusqu’au 25 avril.
L’Exposition consacrée aux œuvres françaises et belges sera
ouverte du 1er au 25 mars. Le Comité du Caméra Club de Vienne
a adressé une très flatteuse invitation à l’Association belge de
Photographie, et nous avons été très heureux de pouvoir envoyer à
nos amis de Vienne une collection choisie parmi les meilleures
œuvres exposées par nos membres en ces dernières années.
A l’occasion de ces expositions, le Caméra Club a joint à ses
cartes d’invitation une courte notice sur les différents procédés mis
aujourd’hui à la disposition des artistes photographes, en faisant
ressortir ceux qui conviennent le mieux pour une exposition. A la
— 102
veille de notre Exposition jubilaire du mois de mai, il nous paraît
intéressant et utile de reproduire cette notice, qui renferme plus
d’un conseil que nous engageons nos membres à mettre à profit.
« Les moyens qu’utilisent aujourd’hui les photographes ama¬
teurs sont, entre autres, les suivants :
« Pendant la pose, c’est-à-dire pendant la création du négatif, le
photographe s’ef¬
force de concen¬
trer sur l’objet
principal toute
son attention , aus¬
si bien par la mise
au point que par
l’éclairage, et de
laisser dans le va
gue l’accessoire.
Pour arriver à ce
résultat, il fallait
se délivrer des ob¬
jectifs modernes
qui donnent une image parfaitement nette, et éclairent uniformé¬
ment la plaque jusque dans les angles, et chercher d’autres
moyens; on y est arrivé par l’emploi de lentilles simples, non
corrigées (objectifs simples, verres à lunette, etc.). Les négatifs
ainsi obtenus ont un caractère tout autre que ceux qu’on pouvait
voir jusqu’ici et ne supportent pas la retouche telle qu’on l’a com¬
prise jusqu’ici; ils peuvent être transformés en positifs de nature
très différente, positifs qui seuls doivent présenter au public
1 image cherchée par 1 amateur. Ici s’ouvre un large champ pour
les capacités artistiques et pour les productions pleines de goût et
de vie.
« Les anciens papiers brillants, tels que ceux à l’albumine, au
bromure, salés, etc., conviennent fort peu à l’obtention d’œuvres
A. Degryse.
- 103 —
artistiques, principalement pour les grandes épreuves; même les
papiers rendus mats pour complaire aux amateurs, ne sont pas
recommandables, sauf peut-être pour l’obtention de petites épreuves,
où ils donnent de bons résultats. Bien préférable à ces papiers est
le papier platine qui, grâce au choix du grain du papier, donne déjà
de très beaux résultats pour de grandes épreuves. Par l’adjonction
de sels chimiques, il est possible d’obtenir encore d’autres tons
que le ton noir-bleu, tels que le brun, le sépia et le rouge, qui sont
d’aspect plus
agréable. Mais
ici les résultats
ne contentent
pas tous les
amateurs et l’on
a cherché des
procédés plus
complets et ca¬
pables de don¬
ner plus de mo¬
dulations. On a
beaucoup em¬
ployé le papier
au charbon, qui
est superbe pour les très grandes épreuves. Le choix des couleurs
est beaucoup plus grand. On prépare l’épreuve en imprimant sous
le négatif une couche de gélatine colorée et rendue sensible à la
lumière. Le dépouillement se fait dans l’eau chaude après l’opéra¬
tion assez délicate du transfert de l’image sur un support conve¬
nable. Ce procédé n’est malheureusement pas très simple et il ne
permet pas le dépouillement partiel de certaines parties, ce qui est
souvent très désirable. Le papier velours Artigue, un papier au
charbon sans transfert, est un peu plus pratique.
« l n pas beaucoup plus considérable a été fait, grâce à la gomme
bichromatée, qui est un procédé idéal par sa simplicité et ses capa¬
cités extraordinaires de variations et qui donne à l’artiste le plus
de moyens de faire valoir sa personnalité. La couleur désirée, mêlée
F. D’Hont.
— 104 —
à de la gomme et à du bichromate de potasse, est étendue sur le
papier que l’on juge le meilleur; on expose sous le négatif et l’on
dépouille à l’eau. Ce procédé donne des œuvres très complètes, mais
elles sont encore plus captivantes si l’on obtient trois clichés diffé¬
rents sur des plaques spéciales imprimées à travers des écrans colo¬
rés appropriés. Trois épreuves ainsi obtenues donnent une image
bleue, une image rouge et une image jaune. Si donc on imprime
alors l’une au-dessus de l’autre ces trois images dans ces trois cou¬
leurs primaires, ou en une seule couleur, on obtient des images en
couleurs naturelles, ou, ce qui est la dernière nouveauté, l’impres¬
sion en une couleur par combinaison de morceaux de négatifs. Ce
stade est encore dans l’enfance, mais cependant on a déjà pu voir
dans les expositions des épreuves très intéressantes de cette espèce.
Et il y a lieu de remarquer que c’est principalement à Vienne que ce
procédé a été travaillé. Il a certes un grand avenir devant lui. »
M.
lia Photographie est-elle an Art ?
ous désirons appeler l’attention de nos lecteurs
sur un article intitulé la Photographie est-elle
un art ? qui a paru dans la Revue des Deux
Mondes du 1er décembre dernier, sous la
signature de M. Robert de la Sizeranne.
L’autorité de l’auteur, doublement renommé
tant comme critique d’art que comme litté¬
rateur, est incontestable. Son article sera lu
avec un plaisir délicat par tous les amateurs
de beau style et de pur et clair français. Nous
autres, photographes, y trouverons en plus l’étude lucide et précise
d’une question longtemps controversée, étude dont les conclusions
ne seront point pour nous déplaire.
M. de la Sizeranne a divisé nettement son article en quatre
points ou plutôt en quatre questions. Après avoir constaté dans un
court avant-propos les tendances nouvelles de certains photo¬
graphes de différentes nationalités, il se demande : premièrement,
pourquoi la photographie, tout à l’heure à côté de l’art, se trouve
aujourd’hui si près de ses confins; secondement, si la part de per¬
sonnalité de l’opérateur dans les manipulations chimiques ou
autres est plus grande qu’auparavant; troisièmement, si cette part
8
— 106 —
est suffisante pour que l’épreuve en résultant puisse être considérée
comme personnelle ; quatrièmement, si c’est du côté naturaliste ou
idéaliste que se portent ces nouvelles tendances.
La première partie de l’article traite des défauts reconnus des
photographies. M. de la Sizeranne passe en revue les exagérations
de perspective, la fausse traduction des couleurs, l’enregistrement
minutieux des détails inutiles et la monotonie du rendu photo¬
graphique, puis
il se demande si
c’est la photogra¬
phie ou bien plu¬
tôt les photogra¬
phes qui méritent
les justes repro¬
ches de l’artiste
à cet égard, et
dans une page
d’une cruelle vé¬
rité, il nous mon¬
tre le photogra¬
phe fier de cer¬
tains de ces défauts, ignorant les autres, paresseux devant ceux
qu’il reconnaît jusqu’au jour « où des hommes d’un goût plus sûr
sont venus et ont laissé là les dogmes photographiques ». Alors
« des œuvres fines, délicates, harmonieuses ont paru ». Les ciels se
sont animés, leur crudité blanche s’est teintée, le détail s’est fondu,
la perspective s’est corrigée. Mais, et c’est ici que commence la
deuxième partie de l’étude, la suppression de ces défauts n’est pas
suffisante pour constituer une œuvre d’art, il faut « la présence
pressentie ou reconnue, non d’une machine, mais d’une main
d’ouvrier ».
Ici M. de la Sizeranne accumule avec franchise toutes les objec¬
tions qui ont été faites contre la personnalité de l’épreuve photo¬
graphique. Mais il fait observer que beaucoup de ces arguments
sont basés sur une comparaison entre la peinture et la photogra¬
phie, choses qui ne sont point comparables, et il se borne à exa-
>
Ch. Gaspar.
107 —
miner si, dans la photographie, « l’artiste intervient assez souvent
pour qu’il y ait de sa part production et non simplement reproduc¬
tion », et il admet que cette intervention peut se produire à trois
moments différents : au moment de la composition, au moment du
développement du négatif (gamme générale de tonalité) et au
moment de l’apparition de l’épreuve positive. D’après lui, c’est
dans cette dernière manipulation
que la personnalité de l’auteur
pourra davantage se faire sentir.
Il passe en revue les papiers à
noircissement direct, à dévelop¬
pement et à dépouillement, et
c’est à ces derniers, papier Ar-
tigue et surtout papier à la
gomme bichromatée, qu’il re
connaît la plus grande souplesse
et la plus grande obéissance à la
vision personnelle de l’auteur.
Dans la troisième partie,
M. de la Sizeranne analyse en
délicat littérateur et en critique
savant les œuvres qui l’ont par¬
ticulièrement intéressé aux der¬
nières expositions, entre autres
celles de MM. Craig Annan,
Puyo, Brémard, Le Bègue, Colard, Bergon, Bucquet, Maskell,
Ballif, Da Cunha, Sutcliffe, Henneberg, Alexandre, Hannon,
Watsek, etc., puis, revenant à la question de personnalité, il cite
encore une objection sérieuse, celle de la multiplication de l’épreuve
identique opposée à l’exemplaire unique de l’œuvre d’art, et il
prouve que certaines épreuves, celles à la gomme bichromatée, par
exemple, ne sont pas et ne peuvent pas être identiques. « Ce sont
des répliques si l’on veut, ce ne sont pas des duplicata. » Et,
d’autre part, l’empreinte personnelle peut être assez différente
entre les œuvres de deux photographes pour empêcher toute con¬
fusion possible entre leurs productions.
L. Pavard.
— 108
Enfin l’auteur aborde une question délicate, celle de l’utilité dis¬
cutable d’un nouveau procédé d’interprétation en monochrome
quand il y en a déjà d’autres qui lui ressemblent et qui sont accep¬
tés. Et il prouve que cette utilité existe en raison de certaines qua¬
lités spéciales à la photographie, qualités qui ne se trouvent que
rarement dans d’autres procédés; ce sont la pureté absolue du
dessin, la délicatesse de transition de la lumière à l’ombre et
la possibilité de
saisir par l’instan¬
tanéité certains
mouvements ra¬
pides et certains
effets transitoi¬
res. (Il est bien
entendu que ces
qualités ne sont
pas considérées
comme inhéren¬
tes à toute pho¬
tographie, mais
simplement pos¬
sibles à obtenir par la photographie.)
Nous sommes arrivés à la quatrième partie de l’article où M. de
la Sizeranne discute les tendances du nouveau mouvement. Sont-
elles naturalistes ou idéalistes ? Elles sont idéalistes. Les photo¬
graphes de la nouvelle école, au lieu de se laisser entraîner par le
document chronophotographique, en ont été plutôt effrayés ; au
lieu de vouloir nous imposer ce que voit l’objectif et ce que nous ne
voyons pas, ils ont essayé de ne lui laisser voir que ce que nous
croyons être l’expression du beau et ce que nous voyons. Ils se
sont soumis aux règles les plus classiques de l’art, — leurs écrits
le montrent et leurs œuvres le prouvent, — la complication exa¬
gérée du rendu photographique les a fait réagir et se rejeter du
côté de la simplicité. « Ils aiment la nature, ils écoutent ce qu’elle
dit et elle leur dit parfois ce qu’elle ne dit pas à d’autres. »
Ce compte rendu rapide et imparfait ne peut donner qu’une idée
A. Sacré.
— 109 —
générale du plan admirablement développé par M. de la Sizeranne
dont l’article ne compte pas moins de trente-deux pages de la Revue.
Nous sommes certains que les photographes l’ont déjà lu ou vont le
lire ; il ne nous reste donc qu’un mot à ajouter sur l’impression que
nous en avons recueillie.
M. de la Sizeranne, malgré sa connaissance très sûre et très
approfondie de la technique photographique, n’est pas photographe
dans le sens pratique du terme, son opinion ne peut donc être
soupçonnée de partialité. Bien au contraire, il fait plutôt partie du
camp opposé. Il a vécu dans la contemplation des chefs-d’œuvre de
la peinture, de la sculpture et du dessin, ses œuvres littéraires le
prouvent ; son goût et son jugement font foi dans les milieux artis¬
tiques les plus exclusifs. Nous aurions plutôt à craindre la sévérité
de son œil habitué à l’expression la plus haute de l’art par des
moyens autrement souples que les nôtres. Si donc il a trouvé, sans
sollicitation de notre part et au simple hasard d’une promenade à
travers une de nos expositions, que la photographie, conduite de
certaine façon, pouvait lui donner certaines sensations se rappro¬
chant de celles qu’il avait éprouvées dans d’autres milieux, et que
même à ces sensations déjà ressenties venaient s’en ajouter de nou¬
velles, provoquées par certaines qualités de rendu particulières au
procédé photographique, nous pouvons en tirer un précieux encou¬
ragement; simple encouragement au travail, hâtons-nous de le
dire, car il serait funeste à l’avenir de la photographie pictoriale,
comme il serait contraire, il me semble, aux intentions de l’auteur,
de considérer comme un fait accompli ce qui n’est qu’un premier
essai de transformation.
La possibilité de cette tranformation nous est clairement démon¬
trée par l’article de M. de la Sizeranne; que pouvons-nous deman¬
der de plus pour le moment? Mais nous trouvons aussi dans cet
article la preuve bien évidente que nous n’entrerons pas, si peu que
ce soit, dans le domaine de l’art sans avoir eu à peiner du même
labeur assidu que les autres et plus antiques laboureurs de ces
terres ardues à défricher. La grande erreur du photographe est de
croire que la vision et l’imagination artistique se vendent en même
temps que la chambre noire. Ce n’est pas seulement la technique
110
du dessin et de la peinture que l’artiste apprend pendant ses
longues années d’académie. Nous dessinons du premier coup, nous
autres photographes, combien d’entre nous se préoccupent-ils
d’apprendre le reste ?
Robert Demachy.
{Bulletin du Photo-Club de Paris.)
SUR IiR VALEUR PRATIQUE
DES PRINCIPALES ALDÉHYDES OU ACÉTONES
COMMK SUCCÉDANÉS DES
ALCALIS DANS LES DEVELOPPATEURS ALCALINS
Par MM. LUMIÈRE Frères & SEYEWETZ
/ ,
ous avons montré, dans des études
précédentes (1), que l’acétone pouvait
être utilisée pratiquement avec de
notables avantages, comme succédané
des alcalis dans certains développa-
teurs alcalins. Nous nous sommes pro¬
posé de rechercher si les principales
aldéhydes, ou acétones autres que
l’acétone ordinaire (dimethylcétone), étaient susceptibles de jouer
le même 'rôle que cette substance et pouvaient être utilisées pra¬
tiquement dans le développement de l’image latente.
1° Développement a la formaldéhyde.
D’une façon générale, nous avons remarqué que la formal¬
déhyde H— CHO pouvait produire des effets analogues à ceux que
donne l’acétone en utilisant des doses de réactif beaucoup plus
faibles que pour cette substance, pourtant les résultats obtenus sont
plutôt comparables à ceux que donnent les alcalis caustiques qu’à
(1) Bulletin de l’ Association belge de Photographie, 1897, n° 10, p. 03"2.
— 112
ceux que fournissent les alcalis carbonatés. C’est pourquoi sans
doute la formaldéhyde ne peut être utilisée pratiquement, comme
on verra plus loin, qu’avec les révélateurs pouvant supporter l’ad¬
dition des alcalis caustiques, sans quoi elle donne infailliblement
du voile et les solutions s’oxydent à l’air avec une très grande
rapidité.
a. Acide pyrogallique. — L’addition de formaldéhyde à un
révélateur normal à l’acide pyrogallique et au sulfite de soude ne
renfermant pas de carbonate alcalin, donne dans tous les cas,
quelles que soient les quantités respectives de formaldéhyde et de
sulfite de soude, du voile et peu d’opposition dans les demi-teintes,
le cliché reste gris. En augmentant de plus en plus la quantité de
sulfite, l’action réductrice est de plus en plus faible. Par contre,
elle augmente progressivement avec la teneur en formaldéhyde ;
mais l’intensité du voile s’accroît également, ainsi que la tendance
au décollement de la couche, action propre, comme on le sait, à
l’emploi de la formaldéhyde.
Un quart de centimètre cube de la solution de formaldéhyde
commerciale à 40 p. c. suffit déjà pour donner au révélateur à l’acide
pyrogallique une action réductrice assez énergique, mais néanmoins
inutilisable pour les raisons données plus haut.
En ajoutant au révélateur des quantités convenables de formal¬
déhyde et de sulfite de soude, on arrive à réduire à leur minimum
les inconvénients que nous avons signalés, mais dans tous les cas
le révélateur est inférieur à celui préparé avec l’acétone. Voici
néanmoins la formule qui nous a donné les meilleurs résultats :
Eau . 100
Sulfite anhydre . 5
Acide pyrogallique . 1 gr.
Formaldéhyde commerciale à 40 p. c. . 0cc,5
L’altération des solutions pendant le développement est très
rapide et avec des rapports convenables entre la formaldéhyde et
le sulfite de soude (2 p. c. de formaldéhyde et 3 p. c. de sulfite), la
solution absorbe l’oxygène de l’air aussi rapidement que l’acide
pyrogallique et les alcalis caustiques et se colore en violet.
— 113 —
b. Paramidophénol . — La formaldéhyde utilisée à la place de
la lithine caustique dans un révélateur au paramidophénol donne
des résultats peu intéressants, analogues du reste à ceux que
fournit l’acétone, à cause de la faible solubilité du paramidophénol
dans le mélange. Pour cette raison, quelles que soient les propor¬
tions relatives de formaldéhyde et de sulfite, le pouvoir réduc¬
teur est toujours inférieur à celui du révélateur normal à la lithine
caustique, mais, dans aucun cas, on n’obtient du voile comme dans
le révélateur à l’acide pyrogallique.
c. Hydroquinone. — Les résultats que l’on obtient avec la for¬
maldéhyde et l’hydroquinone sont particulièrement intéressants,
car ils permettent de bénéficier des avantages qu’a fait ressortir
M. Balagny, dans sa formule de développement à l’hydroquinone
et à la potasse caustique, sans avoir à redouter les accidents que
peuvent déterminer les alcalis caustiques. Nous avons recherché
méthodiquement d’une part l’influence du sulfite de soude, d’autre
part l’action de quantités croissantes.de formaldéhyde sur le déve¬
loppement. Nous avons trouvé que dans une solution d’hydroqui-
none à 1,5 p. c. renfermant 2 cc. de formol, le pouvoir réducteur
diminuait très légèrement à mesure que la quantité de sulfite aug¬
mentait, mais la tendance au voile noir ou jaune est de plus en plus
faible.
Quant à la teneur en formol, elle ne saurait être supérieure à
2 p. c., sous peine d’obtenir pour un pouvoir réducteur un peu plus
grand une tendance de plus en plus marquée au voile jaune ou noir.
En faisant varier enfin simultanément le sulfite de soude et la for¬
maldéhyde, nous avons pu établir la formule de développement
suivante, qui donne un révélateur aussi énergique que celui préparé
avec les alcalis caustiques :
Eau . 100
Sulfite de soude anhydre . 15
Formaldéhyde commerciale à 40 p. c. . 2 cc.
Hydroquinone . 1 gr. 5.
Le révélateur ainsi préparé possède une énergie réductrice bien
supérieure à celle fournie par l’acétone. Les clichés développés
114
présentent des oppositions très marquées entre les noirs et les
blancs. La dureté du développement propre à l’hydroquinone se
manifeste ici comme avec les alcalis caustiques. Ce mode de déve¬
loppement pourra donc être utilement employé dans la gravure au
trait. La gélatine ne subit pas d’altération comme avec les alcalis
caustiques et conserve sa solidité primitive.
2° Développement a l’aldéhyde ordinaire.
L’aldéhyde ordinaire CH3 — CHO se comporte vis-à-vis des
révélateurs précédents d’une façon absolument identique à la for¬
maldéhyde. Les résultats obtenus sont donc également compa¬
rables à ceux produits avec les alcalis caustiques. La quantité
d’aldéhyde ordinaire nécessaire pour produire le même résultat
qu’un poids donné de formaldéhyde, correspond à peu près au rap¬
port existant entre les poids moléculaires des deux substances.
Voici la formule du révélateur à /’ hydroquinone et à l'aldéhyde
ordinaire :
Eau . 100
Sulfite de soude anhydre . 15
Aldéh} de ordinaire à 50 p. c. . . 3 cc.
Hydroquinone . 1 gr. 5.
Avec l'acide pyrogallique et l'aldéhyde ordinaire, voici la for¬
mule qui donne les meilleurs résultats, quoique notablement infé¬
rieurs à ceux que fournit l’acétone :
Eau . 100
Sulfite de soude anhydre . 5
Aldéhyde ordinaire à 50 p. c. . . . Occ.,5
Acide pyrogallique . 1 gr.
3° Développement aux aldéhydes et acétones aromatiques
Afin de voir s’il est possible de tirer parti des aldéhydes aroma¬
tiques dans le développement, nous avons essayé de les substituer
aux alcalis dans les révélateurs précédents.
Nous avons trouvé que non seulement leur utilisation pratique
est très difficile, mais souvent même impossible par suite de leur
faible solubilité et quelquefois de leur insolubilité complète dans
l’eau alcoolique, mais il est intéressant pourtant de signaler l’ac¬
tion de ces substances comparativement à celles dérivées de la série
grasse.
Parmi ces corps, nous avons essayé en solution alcoolique ajou¬
tée au révélateur :
La benzaldéhy de . . . C6H5 — CHO
L’acétophénone . . . C6H6 — CO — CH ’
La benzophénone . . . C6H5 — CO — C6H5
Aucune d’elles n’est susceptible de recevoir la moindre utilisa¬
tion pratique, quoique la benzaldéhyde donne pourtant dans cer¬
tains cas des résultats assez bons, mais inférieurs à ceux obtenus
avec les carbonates alcalins. L’emploi de ces substances ne présente
donc pas d’intérêt.
Néanmoins, il est intéressant de constater que ces diverses subs¬
tances à fonction aldéhydique peuvent, grâce à leur propriété de
former plus ou moins facilement avec le sulfite de soude en présence
du corps phénolique des combinaisons bisulfitiques, produire
d’une façon plus ou moins énergique avec les divers révélateurs
alcalins le développement de l’image latente.
Cas de la paraldéhyde. — La paraldéhyde, qui est considérée
comme formée par 3 molécules d’aldéhyde condensées, et dont la
formule est
(CH3 — CHO)3
ne donne pas de combinaison bisulfitique. Il était donc à prévoir,
si la réaction se passe comme nous l’avons indiquée, que cette
substance, malgré ses autres analogies avec les aldéhydes, ne pût
être substituée aux alcalis dans les révélateurs alcalins. L’expé¬
rience a confirmé nos prévisions, car, dans aucun cas, la paraldéhyde
ajoutée au sulfite de soude dans les révélateurs alcalins n’a pu pro¬
duire le développement de l’image latente.
Conclusions. — En résumé, la formaldéhyde et l'aldéhyde
ordinaire sont les seules substances qui pourront, en dehors de
116
l'acétone, dont nous avons indiqué les avantages pour le dévelop¬
pement à l’acide pyrogallique, être utilisées pratiquement.
Leur emploi est particulièrement indiqué, ainsi que nous l’avons
vu, dans le révélateur à l’hydroquinone où ces aldéhydes présentent
tous les avantages des alcalis caustiques sans en avoir les incon¬
vénients.
LES RÉVÉLATEURS POUR PAPIER VELOX
par le D> Léo BAEKELAND
ans le numéro du mois
de novembre 1897, j’ai
eu l’honneur de publier
quelques généralités sur
le papier Yelox.
Cette fois, je décrirai
les révélateurs qui conviennent le mieux pour le développement
de ce papier.
S’il est vrai que tous les révélateurs peuvent donner des résultats
plus ou moins satisfaisants avec ce papier, il convient cependant de
faire remarquer que les meilleurs résultats ne sont certains qu’avec
quelques formules qui ont été publiées par la Nepera Chemical C°.
Le choix de ces formules n’a pas été fait à la légère ; il est le résul¬
tat de plusieurs années d’expérience.
Le révélateur à l’oxalate ferreux a été abandonné depuis long¬
temps à cause du fait qu’il faut des solutions séparées et que la
solution de fer se conserve médiocrement dans les conditions ordi¬
naires.
De plus, il nécessite des lavages et des soins dont on peut
se dispenser entièrement en employant des révélateurs organi¬
ques.
Parmi ceux-ci, il y en a trois qui ont donné pleine satisfac¬
tion.
118 —
En voici les formules :
RÉVÉLATEUR A L’AMIDOL.
Eau . 100 cc.
Sulfite de soude cristallisé pur . 10 gr.
Amidol . 1 gr.
Solution à 10 p. c. de bromure de potassium ... 4 gouttes.
RÉVÉLATEUR AU MÉTOL.
Eau . 200 cc.
Métol . 1 gr.
Sulfite de soude cristallisé . 10 gr.
Carbonate de soude sec . o gr.
Solution â 10 p. c. de bromure de potassium. . . 15 gouttes.
RÉVÉLATEUR MÉTOL-HYDROQUINONE.
Eau .
Métol .... .
Sulfite de soude cristallisé .
Hydroquinone .
Carbonate de soude sec .
Solution à 10 p. c. de bromure de potassium.
* ou quantité double de carbonate de soude cristallisé.
300 cc.
0,5 gr.
15 gr.
2 gr.
13 gr. *
10 gouttes.
La quantité de bromure peut varier selon la pureté des produits
employés et la température du bain ; si elle est insuffisante, l’épreuve
sera grise ou voilée; s’il y a trop de bromure, les épreuves auront
un ton brun ou verdâtre.
Les épreuves auront également des noirs verdâtres si le révéla¬
teur est trop faible ou s’il a eu l’occasion de s’oxyder à l’air.
Un révélateur concentré et frais, contenant exactement assez de
bromure pour maintenir de beaux « blancs », donnera les meilleurs
résultats. Un tel révélateur seul produira ces beaux noirs vigoureux,
bleu violacé. Si l’on n’observe pas ces précautions, les épreuves
auront un tout autre aspect. Les ombres seront d’un noir indécis,
quelquefois vert sale. Si le révélateur est très affaibli, le ton peut
aller jusqu’au brun et même au rouge orangé. La production de ces
— 119 —
derniers tons nécessite cinq ou six fois autant d’exposition et le
développement devient très long. Nous pouvons dire que tous ces
tons produits par des révélateurs épuisés, oxydés ou dilués, ne sont
pas désirables et produisent des images altérables.
Parmi les trois formules indiquées plus haut, celle à base de
métol hydroquinone (métol-quinol) est la plus économique et donne
les résultats les plus uniformes. Elle produit un liquide qui se con¬
serve très bien si l’on a soin de le tenir dans des flacons remplis et
bien bouchés. Elle peut servir également pour développer des
plaques sèches au gélatino-bromure.
Quand on prépare du métol-quinol, il est avantageux de faire
plusieurs litres de solution à la fois et d’en remplir ensuite des
petits flacons contenant chacun 100 cc. environ. Si ces flacons
sont bien bouchés et si on les remplit jusqu’au goulot, il n’y a plus
grand risque d’oxydation, surtout si l’on conserve ces flacons hori¬
zontalement, comme si c’étaient des bouteilles de vin, ce qui
empêche l’entrée de l’air par le bouchon.
On parvient ainsi à conserver cette solution parfaitement incolore
pendant des années et l’on a constamment à sa disposition un
excellent révélateur.
Il est très nécessaire de n’employer que des produits purs. Du
carbonate ne contenant ni chlorures ni sulfates. Le sulfite surtout
doit être de bonne qualité. Ce dernier produit contient très souvent
du sulfate par suite d’oxydation. Du sulfite sulfaté peut produire les
résultats les plus bizarres dans le développement du papier Yelox.
En dehors de ces recommandations essentielles et élémentaires,
rien n’est plus facile que d’obtenir constamment de bons résultats.
Dans un article prochain, j’aurai l’occasion de passer en revue les
différentes méthodes pratiques pour étendre le révélateur sur
l’épreuve.
(Laboratoire de la Nepera Chemical C°.
Nepera park., N. -Y., décembre 1897).
procédé au gélatino-bromure
DONNANT COURAMMENT LES 25° AAARNECKE
POUR PLAQUES EXTRA-SENSIBLES
par M. A. BLANC (de Lavai,)
es personnes qui ont étudié
les procédés au gélatino-bro¬
mure d’argent, ont dû remar¬
quer qu’aucune des formules
publiées dans le Bulletin et
ailleurs ne peut donner cou¬
ramment la sensibilité des plaques extra-rapides du commerce.
Elles ont dû également remarquer que les plaques préparées selon
ces diverses formules donnent, en général, une couche très spon¬
gieuse possédant les défauts remarqués à ce sujet par M. Pellet
dans sa communication à la société, du 5 février dernier.
Généralement les bonnes plaques extra-sensibles du commerce
marquent 2.)° M arnerke et leur couche demeure mince, relative¬
ment, à la suite des divers bains. Elle semble même repousser l’eau
à la manière d’un corps gras.
De mon côté, j’ai observé qu’une trop grande spongiosité de la
couche était 1 une des causes du voile vert, sinon l’unique.
Comme il ne viendra a la pensée de personne de préparer soi-
même ses plaques, sinon pour étudier, je ne décrirai pas le procédé
complet que j’emploie,: ce serait bien inutile; mais ce que je ne crois
pas inutile, c’est de faire connaître les deux principes à observer
— 121 —
pour obtenir une extrême sensibilité et une couche se gonflant aussi
peu que possible sous l’action des divers bains.
Premier principe :
Il est absolument nécessaire que toute la gélatine soit employée à
la fois pendant toute la durée de la maturation, et qu’aucune partie
n’en soit ajoutée après coup à l’émulsion une fois mûrie, sous peine
d’abaisser considérablement la sensibilité.
Second principe :
Traitement de l’émulsion mûrie par l’alcool.
Pour la préparation de l’émulsion, je m’y prends ainsi :
Je prends 30 gr. de gélatine, je suppose ; je fais gonfler une demi-
heure cette gélatine et la dissous au bain-marie.
A la gélatine fondue, j’ajoute 50 cc. d’une solution d’alun à satu¬
ration.
Il se produit aussitôt un magma visqueux qui s’enroule autour de
la baguette de verre qui sert d’agitateur; pour rétablir la liquidité
convenable, j’ajoute quelques pincées d’acide citrique en poudre ; le
bain-marie est tenu très chaud et il est préférable de remuer long¬
temps plutôt que d’ajouter trop d’acide.
Je coule ensuite ma gélatine dans une cuvette de porcelaine;
quand elle est figée, je la détache et je la lave à fond.
Ce traitement préalable de la gélatine, outre qu’il contribue à
augmenter la sensibilité, a pour effet capital de donner de la dou¬
ceur aux clichés et permet d’emplo}rer le procédé à l’ammoniaque
et une basse température pour la maturation. On sait que ce procédé
a une tendance à donner des clichés durs.
Voici maintenant ma formule :
A . Gélatine préparée comme ci-dessus . . . 50 gr. (1)
Bromure d’ammonium . 15 gr.
Eau distillée . 50 cc.
B. Nitrate d’argent cristallisé . 20 gr.
Eau distillée . 150 cc.
Ammoniaque pure jusqu’à redissolution du précipité.
( 1 ) 0'1 n’oubliera pas que cette gélatine a augmenté considérablement de poids.
9
_ 122 _
A étant fondu, j’ajoute B d’un seul coup, je mélange, puis j’ajoute
le reste de la gélatine préparée.
Je fais mûrir au bain-marie à 40°; la maturation passe alors par
les phases suivantes d’observation à travers la couche ; on a
1° Ciel et disque du soleil bleus, flamme bleue : clichés vigoureux (
2° Ciel verdâtre, flamme verdâtre : clichés doux, très détaillés ;
3° Ciel grisâtre, disque du soleil rose, flamme couleur naturelle :
clichés gris.
Ces phases se succèdent avec des durées diverses ; la première se
produit souvent sur le-champ. Généralement, il suffit d’une heure
ou une heure et demie pour atteindre la seconde phase, qui semble
être la meilleure.
La maturation achevée, l’émulsion est figée et convenablement
lavée, puis égouttée; on la couvre d’une couche d’alcool et on la
laisse une nuit en cet état.
L’émulsion est encore une fois lavée après décantation de l’alcool ;
il ne reste plus qu’à la couler sur les plaques.
L’alcool a durci les grumeaux d’émulsion ; si les plaques ont été
bien préparées, elles ont toutes les qualités des plus sensibles du
commerce.
Le chauffage de l’émulsion à l’eau bouillante ne permettrait pas
1 emploi de toute la gélatine; employée en trop grande quantité, la
maturation se fait mal ou demanderait une si longue durée que la
gélatine serait décomposée.
(Bulletin de la Société française de photographie.)
Réactions caf*acfcérûstiqües
DES HÉVÉIiflTEURS LES PLUS COKHUS
par i.e D' M. ANDRESEN
e nombre des développateurs s’est, dans
ces dernières années, si fortement
accru, que le praticien tirera un profit
réel de la connaissance des réactions
les plus caractéristiques de chacune
des substances révélatrices.
A l’aide du tableau que nous avons
dressé dans ce but, et dans lequel nous avons fait figurer même des
révélateurs dont l’emploi pratique n’a été que passager, on pourra
faire la recherche de la composition d’une préparation quelconque,
mise dans le commerce sous une dénomination fantaisiste comme
cela se pratique couramment.
Nous recommandons, pour effectuer les recherches, de suivre
une voie systématique; le corps à caractériser doit être soumis à
un examen méthodique, afin de pouvoir conclure à la présence
ou à l’absence de telle ou telle substance, et de procéder finale¬
ment à certaines réactions spéciales, caractéristiques des corps
présents.
La marche des 'recherches varie suivant que la préparation à
examiner se présente à l’état solide ou sous forme liquide
— 124 —
A. La préparation a examiner est solide.
On essaye de dissoudre 1 gramme environ de la substance dans de
l’eau froide (100 cm3).
a. La substance est insoluble. — Faire la recherche de la glycine
et du diamidooxydiphényle :
1° La substance est soluble en ajoutant un peu de sulfite de soude
cristallisé et du carbonate de potasse : Glycine. Pour s’en con¬
vaincre, essayer de dissoudre la substance dans l’eau additionnée
d’acide chlorhydrique (la glycine est soluble); puis au moyen d’acide
acétique (la glycine est insoluble). La solution acidulée d’acide sul¬
furique, traitée par une solution de bichromate de potassium (1:15)
doit dégager l’odeur du quinone;
2° La substance, même additionnée de sulfite de soude et de
carbonate de potasse, reste insoluble dans l’eau : Diamidooxydi¬
phényle. Se convaincre par la solubilité de la substance dans l’eau
acidulée d’acide acétique; l’essai par oxydation (au moven du
bichromate) ne doit pas donner lieu au dégagement de l’odeur
caractéristique du quinone.
(3. La substance est complètement soluble. — On devra recher¬
cher tous les révélateurs, à l’exception des deux substances prénom¬
mées.
On prépare une solution aqueuse en dissolvant 1 gramme de la
substance dans 100 cm3 d’eau, en ajoutant ensuite 5 grammes
environ de sulfite de soude, puis 10 grammes de carbonate de
potasse :
1° Il se forme une poudre fine, cristalline : ParamidophénoL
[ : procéder aux réactions spéciales de ce corps :] ;
2° La solution reste limpide, mais se colore d’une certaine façon :
amidol, iconogène, triamidophénol, pyrogallol et diamidorésorcine :
a. La coloration produite est bleue : Amidol [ : faire les réactions
caractéristiques de l’amidol : ] ;
(3. La coloration produite est jaune d'or et ne change pas en
l’abandonnant pendant quelque temps au contact de l’air : Icono-
GÈNE [ : faire les réactions caractéristiques de ce corps : ] ;
7. La coloration obtenue est verdâtre, surtout en multipliant le
contact de l’air (agiter le flacon mi-plein), et cette coloration vire
au brun en ajoutant à la solution quelques gouttes de soude caus¬
tique : Triamidophénol [ : faire la réaction au chlorure ferri¬
que : ] ;
o. La solution prend une coloration brunâtre, s’accentuant au
contact de l’air : pyrogallol ou diamidorésorcine. On ajoute quel¬
ques gouttes de soude caustique :
aa. La coloration brunâtre persiste et s’accentue rapidement :
Pyrogallol ;
bb. La coloration brunâtre vire au bleu : Diamidorésorcine.
3° La solution reste claire et limpide (sans coloration) : pyroca-
téchine, hydroquinone, métol, ortol, paramidophénol (si la solution
est assez étendue), paraphénylène-diamine. Voir, au moyen d’un
essai spécial, si la substance soumise à l’ox}rdation au moyen de
bichromate et d’acide sulfurique dégage l’odeur caractéristique du
quinone :
«. Il n’y a pas de formation de quinone : Pyrocatéchixe
[ : faire les réactions au chlorure ferrique et à l’acétate de
plomb : ];
S. Il y a formation de quinone : hydroquinone, métol, ortol,
paramidophénol, paraphénylène-diamine.
La solution aqueuse est additionnée d’acide sulfurique jusqu’à
réaction nettement acide, et l’on extrait ensuite à l’éther.
aa. L'extrait éthérique abandonne au fur et à mesure de l’évapo¬
ration un résidu cristallisé en aiguilles longues : Hydroquinone,
Ortol.
Si l’hydroquinone résultant provient de l’ortol, la substance pri¬
mitive donne à l’oxydation la coloration rouge bordeaux renseignée
dans le tableau;
bb. Il n’v a pas de résidu notable après l’évaporation de l’éther :
métol, paramidophénol, paraphénylène-diamine.
On dissout la substance à analyser dans l’eau (1 : 20); on ajoute
un peu d’acide sulfurique dilué, puis on refroidit la solution en y
projetant un morceau de glace, et, enfin, on ajoute autant d’une
solution concentrée de nitrite (potassique?) jusqu’à ce qu’on perçoive
nettement l’odeur de l’acide nitreux (anhydride nitreux) ;
a«. Il se dépose un corps sous forme d’aiguilles entremêlées :
Métol (faire les réactions spéciales) ;
(5S. Il ne se forme aucun dépôt : paramidophénol, paraphénylène-
diamine. A la solution additionnée de nitrite on ajoute une solution
(rendue alcaline au moyen de soude caustique) d’acide «-naphtol-
î-disulfonique [ : connu aussi sous le nom d’acide d’Andresen : ] :
I. La couleur azotée ainsi obtenue est d’une nuance rouge pon¬
ceau : Paramidophénol.
II. La couleur azotée est rouge- violet : Paraphénylène-
DI AMINE.
B. La préparation a examiner est en solution aqueuse.
Comme en général les solutions aqueuses des substances dévelop-
patrices ne se conservent bien qu’en présence de sulfites, on cons¬
tatera toujours ces derniers dans les bains préparés. Pour s’en
convaincre, il suffit d’ajouter un peu d’acide sulfurique; il se déga¬
gera l’odeur caractéristique de l’anhydride sulfureux.
Pour la recherche des constituants d’un bain révélateur, on en
verse une petite quantité dans une capsule et l’on ajoute un peu
d’une solution concentrée de soude caustique.
a. Le liquide prend une coloration intense au cojitact de l' air :
a. La coloration obtenue est bleue : Diamidorésorcine.
Une petite quantité de la solution primitive est additionnée d’acide
sulfurique dilué, on fait bouillir pour chasser l’anhydride sulfureux,
on ajoute quelques gouttes d’une solution de chlorure ferrique, et,
enfin, on étend d’eau. Il se produit une coloration caractéristique
dont il est fait mention dans notre tableau;
(3. La solution, au contact de l’air, se colore rapidement en brun :
pyrogallol, amidol,triamidophénol.
Une petite quantité de la solution à examiner est versée dans une
capsule, puis on ajoute du carbonate de potasse en quantité consi¬
dérable :
1° La solution se colore en bleu : Amidol. Pour s’en convaincre,
on procède comme il a été dit à propos de la diamidorésorcine, ou
bien on fait l’expérience suivante : on prépare un extrait éthérique
— 127
de la solution primitive, on fait évaporer l’éther, on reprend le
résidu par l’eau et l’on ajoute enfin un peu de chlorure ferrique; la
coloration obtenue serait rouge s’il s’agissait d’amidol ;
2° La solution, abandonnée au contact de l’air, se colore en brun :
Pyrogallol. Comme contre-épreuve, on procède comme suit :
une petite quantité de la solution à examiner est additionnée d’acide
chlorhydrique jusqu’à réaction acide; on extrait ensuite à l’éther;
le résidu fixe, obtenu après l’évaporation de l’éther, est repris par
l’eau. Dans la solution aqueuse, on verse une solution concentrée
de sulfate ferreux [: transformé partiellement en sulfate ferrique : |.
Voir, pour la coloration obtenue, les renseignements que donne
notre tableau;
3° La solution prend une coloration vert sale : Triamidophénol.
Si c’est le cas, la solution sulfitée primitive doit être d’une colora¬
tion jaunâtre. Procéder, pour s’en assurer, à la réaction au chlorure
ferrique, comme il a été indiqué pour la diamidorésorcine.
b. L'addition de soude caustique ne produit pas de changement
de coloration notable : pyrocatéchine, diamidooxydiphényl, icono-
gène, glycine, hydroquinone, métol, ortol, paramidophénol, para-
phénylène-diamine.
Une partie de la solution à examiner est additionnée peu à peu
d’acide chlorhydrique, tout en agitant à l’aide d’une baguette de
verre. On observe s’il se forme un dépôt ou si le dépôt éventuel¬
lement formé se redissout ou non dans un excès d’acide chlorhy¬
drique :
«. Il se forme un précipité blanc : diamidooxydiphényl, icono-
gène, glycine, paramidophénol :
1° Le précipité obtenu ne se redissout pas dans l’acide chlorhy¬
drique : Iconogène;
2° Le précipité obtenu se redissout dans l’excès d’acide : diami¬
dooxydiphényl, glycine, paramidophénol :
«a. Le précipité obtenu ne se dissout pas dans de l’acide acétique
concentré : Glycine ;
pp. Le précipité obtenu se redissout dans un excès d’acide acé¬
tique : paramidophénol, diamidooxydiphényl.
Une petite quantité de la solution à examiner est additionnée
— 128 —
d’acide sulfurique dilué, on fait bouillir pour chasser l’anhydride
sulfureux mis en liberté, et, à la solution bouillante, on ajoute un
peu de bichromate de potasse ;
77. Il se dégage l’odeur du quinone : Paramidophénol ;
SS. Il n’y a pas dégagement de l’odeur de quinone : Diamidodi-
PHÉNYL.
{3. L'addition d'acide chlorhydrique ne produit pas de préci¬
pité : pvrocatéchine, hydroquinone, métol, ortol, paraphénylène-
diamine.
Une partie de la solution primitive est acidulée au moyen d’acide
chlorhydrique, et l’on prépare un extrait éthérique :
1° Après évaporation de l’éther, il s’est formé un résidu : pyro-
catéchine, hydroquinone, ortol :
a. Le résidu, soumis à l’oxydation, dégage l’odeur du quinone :
hydroquinone, ortol. Une petite quantité de la solution primitive
est rendue acide au moyen d’acide sulfurique; on fait bouillir pour
chasser l’acide sulfureux et l’on oxyde au bichromate potassique.
S’il se produit la coloration rouge dont parle le tableau, on se
trouve en présence d’ORTOL, sinon on a affaire à I’Hydroqui-
none ;
[3. Le résidu, soumis à l’oxydation, ne dégage pas l’odeur du
quinone : Pyrocatéchine (faire les réactions à l’acétate de plomb
et au chlorure ferrique).
2° Après évaporation de l’éther, il n’y a pas de résidu : métol,
paraphénylène-diamine. Une partie de la solution à examiner est
additionnée d’acide sulfurique dilué; puis, on fait bouillir pour
chasser l’anhydride sulfureux; enfin, à la solution refroidie au
moyen d’un morceau de glace, on ajoute de la solution de nitrite,
jusqu’à ce qu’on perçoive nettement l’odeur de l’anhydride nitreux.
a. Après addition de nitrite, il se forme un dépôt cristallin
(nitroso-métol) : Métol. Faire la réaction à l’acide </-naphtol-s-disul-
fonique [: en solution alcalino-caustique :], qui ne doit pas produire
de coloration rouge;
p. La solution additionnée de nitrite, versée dans une solution
alcalino-caustique d’acide *-naphtol-;'-disulfonique produit une cou¬
leur rouge-violet : Paraphénylène-diamine.
— 129 —
Dans ce qui précède, nous avons donné la marche à suivre lors¬
qu’il s’agit d’examiner un révélateur ne contenant qu’une seule
substance révélatrice ; le procédé se complique davantage s’il y a
deux ou plusieurs substances réductrices contenues dans la matière
à examiner.
Néanmoins, les données du tableau conduiront au but, surtout si
l’expérimentateur est à même de se tracer la voie à suivre, en
s’appuyant sur les données communiquées.
Traduit par V. H.
de Pholographische Correspondent, n" 448.
130
Réactions des ré^v
NOM
COMMERCIAL.
DÉSIGNATION
SCIENTIFIQUE.
FORMULE DE CONSTITUTION.
FORME
DES CRISTAUX.
POINT
DE FUSION.
SOLUBI
Amidol.
Chlorhydrate
du 2.4 — Dia-
mido-phénol.
V
X
OH
A:
Y1
4 H* H
H1 Hcl
cl
Aiguilles in¬
colores.
Se décompo¬
se à la chaleur
sans fondre.
Facilei
soluhled
presque
lubie d*
et dans 1’
Pyrocaté-
chine.
1.2 Dioxy-
benzol.
N
4
OH
X
K
OH
A
Lamelles lar¬
ges (: ex ben¬
zol :) Aiguilles
prismatiques
[: ex eau :]
104°.
Facile
soluble
l’eau, l’ai
l’éther.
Solubl
le benzo
Diamido- oxy-
diphényl.
Diamido-oxy-
diphényl.
OH
N*H2
. N H2
r >
Aiguilles en¬
tremêlées (: ex
eau :)
148».
Facilei
soluble
l'alcool,
acétique
lallisable
l’eau c!
dillicile
soluble il
benzol e
froide.
Diamido-
résorcine.
Chlorhydrate
du 4. G — Dia¬
mido - résorci -
ne.
N HCL
A
N
DH
SyAoH
H d
Tables
rhomboédri-
ques.
Se décompo¬
se a la chaleur
sans fondre.
Facilei
solubled
dillicile
soluble
cool et 1
182 —
NOM
COMMERCIAL.
DÉSIGNATION
SCIENTIFIQUE.
FORMULE DE CONSTITUTION.
FORME
DES CRISTAUX.
POINT
DE FUSION.
S
Iconogène.
Sel sodique
de l’acide o.\ —
amido — —
naphlol — ps
— sulfonique.
Xi
SozoM y
N H2-
X
V
/o»
Tables rhom-
biques.
Perd à 110°
•2 1 12 molécules
d’eau de cris¬
tallisation.
Chauffé au de¬
là, il se décom¬
pose sans fu¬
sion préalable.
SC
cl
II
fi¬
sc
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(
1
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Glycine.
Para-oxyphé-
nylglycine.
0
>
,h y
n<ch1cooh
Lamelles rcs-
semblant au mi¬
ca.
Fond en se
décomposant.
Hydroquinone.
-1.4 — Dioxy-
benzol.
0 H
sX
V
*o
y
X
H
Aiguilles ou
longs prismes
hexagonaux.
109°.
Métol.
Sulfate du mé-
thyl-para-ami-
dophônol.
N
/
n<chï
OH
X
Y
Hî-S(
JLs «
y
\
Aiguilles ou
prismes.
La base libre
cristallise en
longues aiguil¬
les.
Se décompo¬
se sans fondre
préalablement.
La base libre
fond à 87°.
Ortol.
Mélange de
sulfate du mé-
Ihyl-ortho-ami-
dopliénol et
d’hydroquino-
ne.
OH C
yVt
AyX X
OH
? H
J"
Le sulfate du
méthyl - ortlio -
amidophénol
cristallise en
tables rhombi-
ques ou en pris¬
mes.
Le sulfate du
méthyl - ortho-
amidophéno!
se décompose à
la chaleur sans
fusion préala¬
ble.
La hase libre
fond, en se dé¬
composant, à
80°.
(*) Lu coloration verte que possèdent souvent les bains achetés dans le commerce provient d une teneur en
134
NOM
COMMERCIAL.
DÉSIGNATION
SCIENTIFIQUE.
FORMULE DE CONSTITUTION
FORME
DES CRISTAUX.
POINT
DE FUSION.
Chlorhydrate
du 1.4 — ami-
do-phénol.
Paramido-
phénol.
N H1 H Cl
Chlorhydrate
du 1.4 — para-
phénylène-dia-
mine.
Paraphény-
lène - diamine.
Triamidc-
phénol.
Chlorhydrate
du2.4.6— Tria-
mido-phénol.
N H^H Cl
Prismes.
La base libre
cristallise en
lamelles.
Tablettes tri-
cimes.
La solution
éthérique de la
base libre aban¬
donnée à la
cristallisation
donne des cris¬
taux en tables.
La solution
aqueuse fournit
des cristaux
monoclines.qui
setransforment
peu a peu en
lamelles rhom-
biqnes.
Aiguillesbril-
lantes incolo¬
res.
Aiguilles.
Se décompo¬
se sans fondre.
La base libre
fond à 184° en
se décompo¬
sant.
Se décompo¬
se sans fondre
La base libre
fond à 14G°.
Fond à 132»
Se décompo¬
se sans fusion
préalable.
so
I
so
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es
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cil
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et
so
Fe
cil
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CO
flflDlOTIJlT CHASSflGNE
L. Schrank. Photogr. Correspondes, n° 448
a société anonyme baptisée « Ra-
diotint Limited » a vu le jour à
Londres, en mai 1897 ; les bonnes
fées qui ont présidé à sa naissance
l’ont dotée de l’exploitation com¬
merciale du procédé Dansac et
Chassagne. Si l’on examine au¬
jourd’hui la façon adroite avec
laquelle cette affaire est menée,
on est tenté de croire que les pro¬
messes ridicules dont les journaux
anglais se sont faits l’écho, et qui
ont produit parmi le monde photographique une effervescence con¬
sidérable, ne sont en somme rien d’autre qu’une réclame raffinée,
qu un tour joué, et le nom de Chassagne était dans la bouche de *
tous ceux qui marchaient sous la bannière de la photographie.
La réaction n’a pas tardé à se produire lorsqu’on connut l’état de
choses véritable, et aujourd’hui on est autant enclin à juger le
Radiotint au-dessous de sa valeur réelle, qu’on exaltait autrefois les
merveilles qu’il promettait.
AI étant laissé séduire par une invitation élégamment imprimée,
je me suis rendu au local, non moins élégant, d’un de nos plus
beaux quartiers de la ville, où deux gentes demoiselles parisiennes
étaient en train de colorier des photographies de Reutlinger et
— 137 —
d’autres. Elles vendaient là aussi de très belles boîtes à couleurs et
donnaient à tout le monde les renseignements désirés.
En cinq minutes, — temps normal, — un portrait format boudoir
est achevé. Les Rose Bonheur modernes sont assises près d’une
élégante petite table, ornée de quatre petits godets ; dans le pre¬
mier il y a de l’albumine, dans l’autre un liquide rose-éosine, dans
le troisième du vert jaune sale et dans le quatrième un bleu foncé.
Les photographies servant aux expériences sont, cela se conçoit,
irréprochables, car une modification des contours de l’image est
chose impossible, puisque aucune des couleurs nommées ne couvre
suffisamment. Les préparatifs sont vite faits. La demoiselle enduit,
au moyen d’un large blaireau, tout le portrait d’albumine liquide;
lorsque le papier s’est imbibé d’une façon égale, elle enlève l’excès
à l’aide de papier buvard. Puis, avec un pinceau plus petit, elle
enduit le visage du portrait d’une teinte bleue; on peut même
dépasser les contours dans le cas où il y a un fond nuageux. Nou¬
veau séchage par le papier buvard, ensuite vient le jaune, également
sur tout le visage, encore du papier buvard et, enfin, vient le rose.
Là où l’on désire des tons plus saturés, comme pour les lèvres,
l’orbite des yeux, on procède par plusieurs couches. Les couleurs
composées comme le brun-capucine, le vert-vert, s’obtiennent par le
mélange des couleurs ou par leur superposition. Certains verts,
— préférés par les impressionistes pour les effets printaniers —
n’existent pas dans la gamme de M. Chassagne; mais on peut dis¬
crètement s’aider par d’autres couleurs d’aniline.
C’est un plaisir tout particulier de voir sortir les différents tons et
de voir les couleurs s’étaler en couches d’une uniformité surpre¬
nante; on s’étonne du talent que l’on a et qu’on était loin de soup¬
çonner.
La Compagnie Kodak a dit jadis : Poussez sur le bouton, nous
ferons le reste. Ces demoiselles semblent vous dire : Achetez une
boîte à couleurs du Radiotint pour 10 francs ou pour 15 francs, et
demain vous serez un peintre accompli ; si le sens des couleurs vous
est inné et si vous mettez 30 francs, vous atteindrez au célèbre
Markart.
Mais trêve aux plaisanteries. Le Radiotint s’annonce comme un
10
— 138 —
moyen pratique pour les amateurs non initiés aux secrets de l’im¬
pression en couleur à la gomme bichromatée, s’ils veulent obtenir
des effets agréables pour leurs diapositifs, pour colorier des agran¬
dissements sur papier au bromure d’argent et d’autres travaux de
ce genre. Cela vaut qu’on fasse un essai et qu’on fasse venir des
échantillons.
Les images se conservent vaillamment à la lumière du jour et
pendant des semaines, mais ne les exposez pas au soleil.
Curieux de savoir si les couleurs ne faiblissent pas par la chaleur
de l’appareil de projection, je fis des recherches. A Berlin, dans un
cas de conscience de ce genre, on consulte le Manuel de Pizzighelli ;
moi, par courtoisie internationale, je considère le traité de Vogel
comme le Coran infaillible où s’entasse la sagesse des peuples.
Mais, comme tout faisait prévoir que l’objet de mes recherches
devait se trouver dans le volume non encore paru, je consulte les
Mittheilungen. Là, que vois-je, page 295? « Les couleurs analysées
au spectroscope sont identiques à l’indigotine, à l’éosine et à l’acide
picrique mélangé de bleu de Bavière; elles représentent la valeur de
quelques pfennigs. » Pour quelques pfennigs on ne peut pas vouloir
l’immortalité !
Sur cela, une tristesse morne s’empara de moi, tout comme il y
a trente ans, lorsque je vis pâlir les premières photographies tein¬
tées aux couleurs d’aniline. Un ami d’alors m’a consolé en me
disant : « Une fleur est-elle moins belle parce qu’elle doit se faner
bientôt? »
Mais qui consolera les actionnaires de la « Radiotint Limited »,
fondée au capital de 2 millions 500,000 francs, s’ils voyaient, par
hasard, leurs belles actions perdre leurs couleurs?
Traduit par Y. H.
REVUE DES JOURNAUX PHOTOGRAPHIQUES
The Photogram.
(N° 48.)
Photographie de poissons vivants. — Le D1' R. W. Shufeldt nous montre une
série très intéressante de poissons photographiés dans leur aquarium. Pour
réussir, il faut que le soleil éclaire l’aquarium et profiter d’un moment d’immo¬
bilité d’un poisson; la grande difficulté est la mise au point, le poisson ne
restant pas dans le même plan.
Les épreuves, très réussies, montrent qu’on peut surmonter la difficulté avec
de la patience.
L’auteur conseille, quand c’est possible, de mettre les poissons dans un petit
aquarium placé de telle façon qu’il se détache complètement sur le ciel.
On couvre les extrémités de l’aquarium de papier blanc et l’on tient au-dessus
de l’eau un carton ou un parasol. La lumière doit venir par derrière, de manière
à éclairer le poisson vivement. L’auteur a réussi à photographier ainsi instanta¬
nément un groupe de vingt poissons-lune ( Lepomis gibbosus).
M. V.
The Practical Photographer.
(N° 96.)
Conseils aux portraitistes.
1° La pose doit être aisée et la position ne peut être naturelle que si le modèle
est à son aise;
2° L’expression doit être naturelle et une attention particulière doit être
accordée aux yeux qui doivent suivre l’inclinaison du visage;
3° L’éclairage ne doit pas être général, mais il sera vigoureux sur une partie
du visage et modifié en valeurs correctes sur le reste;
4° L’arrangement le plus naturel des mains est obtenu lorsqu’elles sont
occupées. En aucun cas elles ne seront posées de façon symétrique;
3° L’essentiel dans un portrait est le caractère, et le public doit être guidé
plutôt par le caractère que par une mine flattée et être conquis plus par
140 —
l’apparence réelle que par les exemples de retouche qui donnent à la figure
l’aspect d’une bille de billard;
G" L’objectif sera mis au point sur le visage et le reste du corps sera laissé
plus diffus, de manière qu’il ne soit qu’un accessoire à la figure. C’est pourquoi
il faut employer un grand diaphragme;
7° Afin de faciliter la pose et l’expression, il faut que le modèle trouve autour
de lui des objets familiers lui rappelant son intérieur, autant que possible;
8° Le photographe doit avoir des manières aisées et entretenir une conver¬
sation agréable pendant toute l’entrevue afin de faire oublier le plus possible
l’opération;
9° Le photographe doit étudier la physionomie et doit admirer la beauté
dans sa plus haute expression.
(N° 97.)
L’éclairage de l’atelier. — L’auteur recommande de n’éclairer l’atelier que par
une baie qui n’aura en dimensions maximum que 10 pieds carrés. L’ouverture
commencera à 2 pieds du sol pour ne pas dépasser 14 pieds au-dessus du plan¬
cher. Les verres mats à la fenêtre sont préférables. Les stores seront absolument
opaques ; quatre stores suffisent, deux s’enroulant par en haut, deux par en bas.
La couleur recommandée pour l’atelier est le gris, qui ne donne pas de lumière
réfléchie.
Temps de pose. Voici un moyen donné par M. R. Liesegang de déterminer
exactement si un négatif a été correctement posé ou non.
Examinez le côté gélatine du négatif, et puis le côté verre, sous un certain
angle, et contre un fond noir :
1° Si le côté gélatine montre une image positive et le côté verre pas, la plaque
a été sous-exposéc;
2° Si le contraire se présente, c’est-à-dire si le positif se montre du côté verre,
il y a forte surexposition;
3° S’il n’y a pas d’image positive ou si une image de force égale se voit des
deux côtés, la pose a été correcte, surtout dans le dernier cas.
M. V.
Photography.
(N° 4G9.)
Projections. — Andrew Pringle recommande les plaques au collodion pour la
projection. On peut obtenir avec elles des tons chauds sans pousser la pose
tellement loin que l’on ait à craindre le voile, mais il faut les préparer soi-mème,
car elles ne se conservent que quelques jours. Voilà le hic! Car l’amateur
aujourd’hui aime à ne rien préparer lui-même, pas même son révélateur!
— 141
Il y a pourtant des plaques au collodion qui sont recommandables et que
l’on trouve toutes préparées. Ce sont celles de la Birmingham Dry Plate C° faites
d’après la recette du D1' llill Norris.
Le révélateur recommandé est l’oxalate de fer, 6 parties d’oxalate pour une de
fer, quelques gouttes de bromure de potassium. Le fixage se fait toujours dans
le cyanure de potassium.
Le ton chaud est obtenu en renforçant la plaque au biehlorure de mercure,
puis au métabisulflte de potassium. Le renforcement à l’argent est aussi très
recommandable.
(N° -473.)
U. P. Robinson cl le Linked Ring. — Ce numéro nous apprend que le
célèbre photographe H. P. Robinson, un des fondateurs du Salon de Londres,
a donné sa démission de membre du Linked Ring , parce que le Comité avait
admis au Salon et mis en place d’honneur une épreuve de M. üemachy repré¬
sentant une dame du demi-monde fumant à table une cigarette. M. Demachy
avait intitulé son œuvre : Une Idée pour une affiche.
Dans une lettre adressée à Y Amateur Photographer du 26 novembre dernier,
M. H. P. Robinson critiquait vivement cette œuvre, et il ajoutait que le Salon
n’avait pas été fondé pour y exhiber des idées pour des affiches, mais bien
pour « l’exposition exclusive d’œuvres complètes faites par la photographie ».
Les défenseurs de M. Demachy ont répondu un peu vertement à cette manière
de voir (voir article de M. Horsley Hinton dans Y Amateur Photographer , p. 434).
L’issue de l’affaire nous est racontée de la façon suivante : « Tout cela à
propos d’une certaine idée pour une affiche qui fut mise à la place d’honneur
dans une exposition et qui a causé la défection dans une certaine société d’un
membre important et enthousiaste ».
Si l’on songe que le Linked Ritvi fut fondé par des mécontents de la Royal
Photographie Society , ainsi que nous l’apprenait M. Wellord il y a quelque
temps, on verra qu’à son tour le Linked Ring a ses mécontents. Et celui qui
vient de l’abandonner n’est certes pas le premier venu. Il y a un an et demi, à
la convention de Leeds, M. IL P. Robinson, président du Congrès, avait prononcé
un superbe discours tout entier consacré à la glorification des fondateurs du
Salon, seul refuge de l’art photographique!
Aujourd’hui tout est changé. Le temps des petites chapelles serait-il passé?
(N® 475.)
Effets de soleil dans les diapositives. — 11 est rare qu’on obtienne un résultat
satisfaisant. Il faut éviter avant tout le verre transparent. Même les plus fortes
lumières doivent être légèrement teintées; il faut des détails dans les fortes
lumières et des détails dans les ombres. Le défaut git souvent dans le négatif;
frappé par l’éclat des objets éclairés par le soleil, on néglige les points sombres
et l’on pose trop peu. l’ne fois de plus, faut-il répéter la règle : poser pour les
— 142
ombres, les lumières viendront bien toutes seules, et employer un révélateur
lent qui fasse sortir les détails avant de bloquer les lumières. Donc beaucoup
d’alcali et du bromure pour éviter le voile.
(N° 476.)
Lippmann. — Le professeur Lippmann a donné en décembre une séance de
démonstration de son procédé de photographie des couleurs, à la Society of
Arts de Londres, sous les auspices de la Royal Photographie Society. Son
succès a été très considérable.
(N® 478.)
Photographies métalliques. — Nous avons pu voir dernièrement à Bruxelles
plusieurs photographies aux superbes reflets métalliques. Photography décrit
ainsi le procédé qui, breveté, est exploité par le Mel allie Pboto-printing Syn¬
dicale : «En apparence, les photographies ressemblent à des épreuves en argent,
or, bronze, etc., sur une base d’ébonite. Le procédé semble être une combi¬
naison d’un procédé à transfert et d’un procédé aux poudres.
Une pellicule de matière hygroscopique bichromatée est imprimée sous un
négatif, puis une poudre métallique est appliquée de la façon ordinaire et la
pellicule est ensuite transférée et vernie. Les résultats sont superbes. Ce pro¬
cédé a été inventé par un M. Fowler. M. V.
The Amateur Photographer.
(N“ 683.)
F. R. P. S. et F. R. C. S. — Les Anglais aiment beaucoup à faire suivre
leur nom du titre delà société dont ils sont membres, nom qu’ils écrivent
toujours en employant seulement les initiales. A la veille de notre exposition, il
n’est peut être pas inutile d’expliquer ces signes cabalistiques.
F. U. 1*. S. signifie Fcllovv royal Photographie Society;
F. U. C. P. signifie Fcllovv royal College of Pbysicians;
F. R. C. S. signifie Fcllovv royal College of Surgeons.
(N" 686.)
Renforçateur pour diapositives. — Un excellent renforçateur qui n’altère en
rien la couleur originale du cliché est le suivant :
N° 1. Acide pyrogallique . 4 gr.
Acide citrique . 10 gr.
Eau . 300 cc.
N° 2. Nitrate d’argent .
Eau distillée . .
6 gr.
100 ce.
Le cliché doit être bien lavé; toute trace d’hyposulfite doit avoir disparu, puis
on le trempe dans un bain composé ainsi :
N° 1 . 30 cc.
^Tn 2 . 3 ou (3 gouttes.
Lorsque le bain se colore, il faut le rejeter. Si le cliché est recouvert après
l’opération d’une légère couche laiteuse, on le remet un instant dans la cuvette
d’hyposulfite. jyj, y
Caméra Notes.
(N° 3 )
Caméra Notes. — Le nouvel organe du Caméra Club de New-York, dont nous
avons annoncé l’apparition, s’est d’emblée placé parmi les bulletins des sociétés
de photographie les mieux réussis. Il parait tous les trois mois, et chaque
numéro contient deux photogravures. Jusqu'ici, il nous a surtout fait connaître
les œuvres des artistes européens; nous espérons que bientôt, grâce à lui, les
photographes amateurs des États-Unis marcheront sur les traces de leurs
confrères du vieux continent, et que le Caméra Notes nous fera connaître des
œuvres américaines. Déjà nous avons eu l’occasion d’ailleurs d’y rencontrer
quelques épreuves de M. Alfred Stieglitz, l’artiste vice-président du Caméra Club.
Le ri" 3 nous apporte une photogravure de M. R Eickemeyer junior, qui n’est
pas un inconnu pour nous. Dans un article consacré à cette illustration,
M. Eickemeyer nous apprend comment on obtient une œuvre photographique.
L’artiste ne doit pas, avec sa chambre à main, courir la campagne au hasard,
croquant ce qui se présente à lui. Il doit chercher ses sujets, étudier une
contrée, et lorsqu'il a enfin trouvé le site qui lui convient, il doit y revenir
aussi longtemps que l’œuvre obtenue ne répond pas à son rêve. Les mômes
principes sont applicables aux études de genre, et l’auteur nous conte comment,
pendant plusieurs dimanches consécutifs, il est retourné dans la même ferme
pour photographier la même vieille, assise dans le même coin, jusqu’à ce
qu’en fin il ait été satisfait du résultat obtenu. Cette genèse d’une œuvre est très
intéressante, et nous attirons sur elle l’attention de nos artistes. Trop souvent
le photographe se contente de prendre des croquis, sans avoir la patience de
créer une œuvre. Les croquis sont utiles, amusants, mais ils restent des -
croquis, c’est-à-dire une chose passagère non achevée que l’on garde pour soi.
On n’expose pas des croquis. On expose des œuvres. Et les œuvres ne viennent
pas toutes seules. M. V.
— 144
Saint-Louis and Canadian Photographer.
(Nu 11.)
Agrandissements. — Voici un moyen de développer les papiers au bromure
pendant la pose. Nous ne l’avons pas essayé parce que nous n'avons pas grande
confiance en son efficacité. Mais si quelqu’un veut le faire, il nous fera grand
plaisir en nous disant s’il a réussi.
Lorsque le papier au gélatino-bromure est en place devant l’objectif, recou¬
vert d’un verre jaune, on l’enduit du révélateur auquel on a mélangé un peu
de glycérine. On enlève ensuite le verre jaune, et, assure-t-on, l’image appa¬
raît lentement. Lorsqu'elle est à point, on remet le verre jaune, on enlève le
papier, on le lave et on le fixe.
M. V.
American Amateur Photographer.
(N° 12.)
Un nouveau venu parmi nous. — 11 est bien illustré et imprimé avec soin,
comme tous les ouvrages américains. Nous notons en passant dans une corres¬
pondance d’Angleterre, que l’exposition photographique de Glasgow a été
visitée par 28,500 personnes et qu’elle laisse un boni de 500 liv. st., soit
12,500 francs.
Puisse notre exposition de mai arriver aux mômes résultats et le public
bruxellois suivre l’excellent exemple que leur donne le brave peuple écossais.
11 est à remarquer que l’exposition a reçu pendant le jour 4,500 visiteurs et
24,000 le soir. A retenir!
M. V.
Anthony’s Photographie Bulletin.
(N° 4.)
Traits noirs sur papier blanc. — Le papier à dessin satiné est enduit de la
composition suivante :
Gomme arabique . 100 gr.
Bichromate de potasse . 40 gr.
Eau . 300 cc.
11 est préférable d’ajouter à l’eau un demi-gramme de carbonate de soude du
commerce. Cette mixture est étendue au moyen d’un blaireau et le papier est
séché comme d’habitude.
— 145 —
Après l’insolation, l’impression apparnit en lignes jaunes foncées sur un fond
brunâtre. Le papier est soumis à un premier lavage, qui doit être effectué avec
beaucoup de délicatesse; puis il est continué à l’aide d’une éponge, jusqu’à ce
que les lignes apparaissent complètement sous l’action dissolvante de l’eau. Le
papier est enlevé du bain, séché préalablement entre du papier buvard, puis
exposé à l’air.
L’impression est recouverte en ce moment au moyen d’une éponge de la
composition suivante :
Gomme laque .
Noir de fumée .
Esprit de vin du commerce
et pour terminer on trempe l’image dans un bain d’acide chlorhydrique (dilué ?>
durant environ 20 minutes.
Le papier blanchit sous l’action de l’acide et les lignes apparaissent en noir.
Le papier est nettoyé à la brosse et rincé dans de l’eau propre.
(N° 7.)
Tubes de Crookes. — 11 est connu des radiographes que les tubes de Crookes,
après un usage plus ou moins prolongé, perdent leur propriété. MM. Irrcland
et Hvvlett suggèrent le moyen suivant pour y obvier. Il consiste à envelopper
l’extrémité cathodique de l’ampoule de coton ou de ruban humide, dont l’un
des bouts entoure et touche l’extrémité cathodique du tube, tandis que l’autre
est attaché au fd conducteur cathodique.
On prétend que l’etfet de cette application est immédiat, et qu’un tube
ainsi traité, qui refusait d’émettre encore des rayons, marchait comme au¬
paravant. Le coton ou le ruban doit être entouré avec beaucoup de soin, de
manière à ne pas laisser pendre des fragments de fibre. La partie anodique
doit être entourée de la môme façon.
Wilson’s Photographie Magazine.
(N° 486.)
Pour s’assurer de la valeur réelle des couleurs dans les photographies de
paysages. — Une grande faute, qui peut être imputée à presque tous les photo¬
graphes paysagistes, est de ne pas se rendre compte de la valeur des couleurs.
Toutes les couleurs n’ont pas sur la plaque sensible la môme action que sur la
rétine de notre œil. Maintes couleurs qui nous paraissent sombres, affectent la
14G —
plaque avec plus d’éclat, tandis que d’autres qui apparaissent à l’œil très claires
n'ont qu’un effet très superficiel sur la plaque. Mais la plus grande contradiction
règne pour le violet, l’indigo et le bleu, lesquels ont chimiquement le plus
d’action et font paraître tel objet en blanc dans la photographie. Les plus noirs
qui sont : les verts, oranges, jaunes et rouges ont à peu près le même effet
chimique et visuel. Si le photographe était capable de se représenter ces rayons,
la valeur correcte des couleurs serait rendue. L’auteur essayera, dit-il, de
démontrer aussi brièvement que possible comment on peut obtenir ces résul¬
tats. 11 faudra se graver dans l’esprit que presque tous les objets colorés
réfléchissent au moins un des sept rayons formant la lumière blanche. Tel étant
le cas, il est possible d’éliminer une partie de ces rayons et d’en avoir assez
pour faire une peinture. Les rayons qui sont à éliminer, sont ceux qui ont plus
de pouvoir chimique que d’intensité usuelle, tels sont : les violets, les indigos
et les bleus, dans quelques cas une partie des verts.
On peut séparer les rayons violets des rayons bleus, en faisant passer ces
rayons au travers d’un écran formé d’une dissolution de bichromate de.potasse.
Cette liqueur a la propriété de tout absorber, excepté le vert sombre, l’orangé,
le jaune et le rouge, et est appelée pour cette raison filtre à rayons. 11 existe
naturellement d’autres sortes de filtres, formés de verres jaunes; les résultats
obtenus avec ceux-ci sont rarement corrects, parce que tous laissent passer une
partie des rayons violets.
Pour le paysagiste, il est avantageux que la solution de bichromate de potasse
soit contenue dans une espèce de cellule formée de deux verres d’optique
parfaitement plans et à surfaces parallèles que l’on cimente en y laissant une
séparation au moyen d’un anneau. Un tel écran peut se fixer devant n’importe
quel objectif. Pour l’usage de ce fitre, la véritable proportion entre la lumière
et l’ombre est maintenue dans le paysage. La véritable perspective de la scène
est accentuée par l’émission correcte de l’intensité de l’ayant et de l’arrière
plan. Des masses de verdure de différentes couleurs se représentent en relief:
la valeur normale du ciel apparaît et s’il y a des nuages, ceux-ci se reproduisent
en détail et avec leur intensité naturelle.
11 est presque impossible de reproduire des paysages de printemps ou
d’automne, des effets de neige ou des montagnes, sans l’interposition d’un tel
écran. Comme les rayons actiniques ne traversent que difficilement le filtre, il
est avantageux de n’employer que des plaques spécialement sensibilisées pour
ces rayons. Comme ces plaques se trouvent dans le commerce au même prix
que les plaques ordinaires, on devrait les employer invariablement pour le
paysage.
(N° 488.)
Le gaz acétylène pour Le portrait. — Le Caméra Club de Sainte-Catherine
(Ontario, Canada) a installé un atelier éclairé au gaz acétylène et a obtenu plein
succès. La lumière est produite par un faisceau de trente brûleurs, dont chacun
— 147 —
consomme un pied cube par heure et arrangé de telle façon que la lumière peut
être disposée à volonté. Avec un objectif rapide pour portrait, un négatif peut
être obtenu en deux ou trois secondes de pose.
L'acide citrique comme retardateur est préconisé pour remplacer le bromure
de potassium, quand on fait usage, bien entendu, du métol comme révélateur.
Il paraît qu’une solution d’acide acétique à 10 p. c. donne plus d’opposition et
n’affecte pas matériellement la durée du temps de développement.
A. L.
Bibliographie
En Normandie. — Tel est le titre d’un • charmant album de 45 épreuves en
phototypographie que vient de publier M. Joseph Casier, président de V Associa¬
tion belge de Photographie.
Ces épreuves, toutes des plus remarquables et des plus intéressantes, consti¬
tuent des souvenirs archéologiques d’un voyage fait en Normandie au mois
d’août 1895.
Nous recommandons cet album, malheureusement tiré à un nombre très
restreint d’exemplaires, aux amateurs de belles reproductions de monuments
et à tous ceux qui s’intéressent à l’archcologie.
Les planches phototypographiques ont été exécutées par M. Malvaux et
l’impression a été particulièrement soignée par M. Buelens, deux Bruxellois
dont il n’est plus besoin de faire l’éloge. Ch. P.
Manuel abrégé de Photographie à l'usage des débutants, par F. Panajou. —
Paris, Gauthier- Villars et fds, 1898.
Le besoin se faisait vivement sentir d’un petit traité pratique, exact, complet
et abrégé de photographie. 11 n’en existe en effet qu’une vingtaine; le vingt et
unième sera le bienvenu. Parmi les bons conseils que donne l’auteur et qui
sortent un peu de la banalité courante, nous notons ceux-ci : 11 ne faut jamais
photographier un paysage quand il n’y a pas de soleil ! il faut toujours avoir le
soleil dans le dos! ! il est excellent de glacer ses épreuves! ! ! il est préférable
d’employer des révélateurs automatiques! ! ! !
Ah! pauvres nous! pauvres Horsley, Hinton, Robinson, Graig-Annan et tous
les artistes photographes, que n’avez-vous eu des leçons de M. Panajou? Jamais
on ne vous aurait vu commettre l’hérésie de photographier avec le soleil en
face, ni imprimer vos clichés sur un papier mat rugueux.
Ah ! M. Panajou, leur pardonnerez-vous jamais? M. V.
Traité pratique du développement , par A. Londe. 3e édition, entièrement
refondue. — Paris, Gauthiers-Villars et fils, 1898.
Au moins. voici un livre sérieux et nous sommes heureux de voir le succès
de cet excellent traité qui en est à sa troisième édition. L’auteur a considérable-
149
ment développé le chapitre relatif à l’organisation du laboratoire. Les photo¬
graphes trouveront là des renseignements très utiles. Nous n’aurions qu’une
critique de détail à faire. M. Londe recommande, pour boucher les grandes
ouvertures, l’emploi de couvertures de laine. Ces étoffes ont l’inconvénient
d’amasser la poussière, et nous préférons do beaucoup une double enveloppe
de papier brun d’emballage collé sur une toile claire.
Toute la partie relative aux divers révélateurs est écrite par quelqu’un qui
connaît à fond son sujet. Nous recommandons spécialement les chapitres
relatifs au révélateur à l’acide pyrogallique et à la conduite du développement.
Ils renferment une foule de bons conseils dont chacun pourra faire son profit.
M. Y.
The American Anmuü of Photography and Photographie Times Almanac for
1898, 300 illustrations. — TbeScovill and Adams Company of New-York, U. S.
Dewbarn et Ward, à Londres.
Les Américains, plus encore que les Anglais, ont la spécialité des beaux
livres. Pour 75 cents (3 fr. 75 c.), ils vous offrent nn annuaire de 400 pages,
renfermant 300 illustrations admirablement imprimées. Le texte qui accom¬
pagne ces illustrations est très varié et l’ensemble forme un volume d'un grand
intérêt.
M. V.
Chimie photographique à l'usage des débutants , traduit de l’allemand et annoté
par le professeur J. Maupeikal. Un vol. in-8° jésus avec figures. — Paris,
librairie Cautbier-Yillars et fils, 1898.
Ce livre est destiné à ceux pour lesquels les opérations chimiques de la
photographie présentent des mystères qui semblent inexplicables. 11 a la pré¬
tention de les expliquer.
Dans un tel livre, il ne faut pas être trop méticuleux. A côté des théories et
des hypothèses qu'on donne, il ne faut pas trop mentionner les considérations
qui peuvent leur être opposées. Chacun le comprend. Aussi cet ouvrage a-t-il
une allure un peu dogmatique. D’un autre côté, on a volontairement laissé
ignorer au lecteur des phénomènes qui ne sont pas encore suffisamment
étudiés, ou pour lesquels ont doit attendre à bref délai un changement d’expli¬
cation.
Non seulement ce livre est écrit pour les débutants, mais encore il suppose
que le lecteur ne sait rien de la chimie, telle qu’on l’enseigne aujourd’hui.
Pour les expériences de cours qui habituellement accompagnent une leçon
orale et aident à la retenir, le lecteur pourra y suppléer par des travaux
— 150 —
pratiques effectués au moyen des produits chimiques courants employés en
photographie.
Les théories vieillies ont été, pour la plupart, passées sous silence. Les
procédés (comme le collodion humide) qui aujourd’hui ont été supplantés par
d’autres, ne sont indiqués que brièvement.
L'Optique photographique , par P. Moëssard, lieutenant-colonel du génie,
ancien élève de l’école polytechnique. Un vol. grand in-8° avec 149 figures. —
Paris, librairie Gauthier-Villars et fils, 1898.
L’objectif est, de tous les appareils qui composent le matériel opératoire de
la photographie, le plus important et le plus délicat.
Au point de vue théorique, les conditions spéciales et rigoureuses, imposées
à 1 objectif photographique, font de sa construction un des problèmes les plus
ardus et les plus compliqués qu’aient à résoudre les opticiens.
Cet objectif doit, en effet, produire une image réelle : 1° bien plane ; 2° em¬
brassant un champ considérable , qui peut aller jusqu’à 90® d’ouverture; 3° d’une
netteté aussi grande et aussi constante que possible , d’une extrémité à l’autre du
champ focal, dans toutes les parties de ce champ et pour des objets situés à des
distances très différentes de l’appareil ; 4° d’une clarté telle qu’une pose excessi¬
vement courte suffise pour produire l’impression désirée; 5° rigoureusement
achromatique, et enfin 6" exempte de toute déformation.
Or, cet objectif reçoit les rayons lumineux, que lui envoient, en nombre
infini et dans toutes les directions, les objets éclairés, en face desquels il est
placé; ces rayons le traversent en se brisant plusieurs fois et en se décompo¬
sant, à chaque brisure, en une infinité de rayons élémentaires, correspondant
aux diverses régions du spectre solaire. Ce sont ces rayons dont il s’agit, à leur
sortie de l’appareil, d etudier le groupement et de régler la condensation de
façon à satisfaire le mieux possible aux multiples conditions qui viennent
d’ètre énoncées.
Cest cette étude que l’auteur présente aujourd’hui au public amateur de
photographie.
Deutsclier Photographen-Kalender 1898. — K. Schwicr, éditeur à Weimar.
L’annuaire de M. K. Schwier a été divisé en deux volumes. Le premier
contient, comme les années précédentes, de nombreuses recettes, tables et
renseignements divers utiles aux photographes professionnels ou amateurs.
Cette partie a été soigneusement tenue au courant des progrès réalisés.
Le second volume contient la liste des membres des sociétés photogra¬
phiques de l’Allemagne et de l’Autriche.
Aa AaA\aA\a/7,a Aa^/Sa^a^aNa^a A* A, -P
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A'V/' ù'1 /A\A .y'" &’ Vy V/' ù" /- ' V;7' y .y y ,y . ,yy
JOURNAUX REÇUS
Belgique.
Bulletin de /’ Académie royale des Sciences, n° 12.
L'Objectif, lre année, 2e année nos 20, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33.
Ciel et Terre, nos 21, 22, 23.
Revue bibliographique belge, n° 12.
Le Cycliste belge illustré, n™ 381, 382, 383, 3S4, 385.
La Presse universelle, n° 12.
Allemagne.
Deutsche Photographen Zeitung, nos 2, 3, 4, 5, 0.
Der Amateur-Photngraph, n° 1.
Photographische Mittheilungen, nos 19, 20, 21.
Photogrnphischcs Centralblatt, nos 1, 2.
Photographisclic Chronik, nos 2, 3, 4, 5.
Photograjihischcs Wochenblatt, nos 1, 2, 3, 4, 5.
Prahtischer Rathgcber, nos I, 2.
Internationale Photographische Monatsschrift fur Medisin, nos 12, 1.
Phntngraphischc Rundschau, nos 1, 2.
Die Kunst in der Photngrapkie, nos 5, 0.
Dus Atelier des Photngraphcn, n° 2.
Autriche.
Phntngraphischc Correspondent, nos 448, 449.
Wiener Photographische Blütter, n° 1.
Wiener Freie Photographen- Zeitung, n° 1.
Danemark.
Beretninger fra Dansh fotografish Forening, n° 1.
États-Unis.
Anthnny's Bulletin, n° 1.
St-Louis Phntngraphcr, n° 1.
Wilson’s Magazine , n° 493.
American Amateur Photographier, nos 12, 1.
Caméra Notes, n° 3.
France.
Bulletin de la Société française de Photographie, nos 23, 24, 1.
Moniteur de la Photographie, nos 2, 3.
Bulletin du Photo-Club de Paris, n° 84.
Photo-Gazette, n° 3.
Bulletin de la Société Lorraine de Photographie, n° 4.
Photo- Journal, n° 96.
Bulletin de l’Associatio?i des Amateurs photographes de Dijon et de
Bourgogne, n° 1.
Le Photogramme, n° 7.
Bulletin de la Société Caennaisc de Photographie, 15 janvier.
Le Nord-Photographe, nos 1, 2.
La Photographie, nos 1, 2.
Gazette du Photographe amateur, nos 57, 5S.
La Photographie française, n° 12.
Bulletin du Photo-Club Nancéien, nos 11, 12.
Bulletin de la Société photographique du Nord de la France, n° 1 .
La Alise au Point, n° 1 .
Photo-Revue, n°s 9 bis, 10, 10 bis.
Bulletin de la Société Havraise de Photographie, n° 1.
Bulletin du Photo-Club Caennais, n° 3.
Le Monde ph o tograph ique, n° 33.
La Science illustrée, n°s 527, 528, 529, 530, 531, 532.
La Science en famille, nos 27, 28, 29.
Grande-Bretagne.
British Journal of P hotography, n°* 1965, 1966, 1967, 1968, 1969, 1970.
Photographie News, n°* 105, 106, 107, 108, 109 110.
Journal of the Caméra Club, nos 140, 141.
Photography, n°* 477, 478, 479, 480, 481, 482.
The Amateur Photographcr, n°s 691, 692, 693, 694, 695, 696.
The Practical Photographier, n° 97.
Process Work and the Printer, nos 56, 57.
The Photogram, n° 50.
Italie.
Il Dilettante di Fotografia, nos 9 2 1 93.
Rivista scientifico-artistica di Fotografia, n° 12.
— 153
Pays-Bas.
Tijdschrift voor Photographie, n° 12.
Suisse
Revue suisse de Photographie, n° 12.
La Photo-Revue suisse, n° 1.
Central- Anzeiger fiir die Graphischen Gciccrbe, n° 32.
NOS ILLUSTRATIONS
A Heyst. — Cette jolie vue de la plage de Heyst est de notre
confrère M. G. ServTaes, de la Section de Gand. Elle figurait à
l’Exposition de Courtrai, où elle a attiré l’attention du jury pour
le choix des épreuves destinées à l’illustration du Bulletin.
La reproduction en phototypographie sort des ateliers de M. Mal¬
vaux, à Bruxelles.
Le Coucher du soleil. — Impression sur papier Velox d’un
phototype de M. Langill, de New-York.
Nous devons cette planche à la Nepera C y, de New- York, à
laquelle nous adressons tous nos remerciements.
Illustrations dans le texte de MM. Degryse, F. d’Hont,
Ch. Gaspar, L. Pavard et de notre regretté confrère Achille Sacré.
Lettrines de MM. Bidart, Ch. Dupont, Maes, Puttemans,
Rousseau, Van Grinderbeeck et Van Oost.
''SfgT
NECROLOGIE
Le docteur Bttecx
otre Association et la Section de Bruxelles en
particulier viennent de faire une perte nouvelle
et des plus considérable.
Le docteur René Brecx a succombé, le
25 janvier, à la maladie qui depuis plusieurs
mois le tenait éloigné de nos travaux.
La mort l’a frappé jeune encore, à peine âgé de quarante-six ans,
alors que l’avenir semblait être à lui.
D’un caractère foncièrement bon et aimable, le docteur Brecx ne
comptait que des amis au sein de notre Association, à laquelle il
était excessivement dévoué, et où sa perte sera vivement ressentie.
Malgré les occupations absorbantes de sa profession de médecin
dans laquelle il s’était créé une brillante et nombreuse clientèle, le
docteur Brecx consacrait à la photographie, sa distraction favorite,
les quelques heures de loisir dont il pouvait disposer.
Il était parmi les plus forts lanternistes de la Section de Bru¬
xelles, dont les membres ont conservé le souvenir des superbes dia¬
positives qu’il faisait projeter dans les séances. Rappelons cette
remarquable et nombreuse série de vues de Norvège, qui eurent
tant de succès dans les réunions de l’année dernière.
Le docteur Brecx s’était aussi occupé de cette étude si attachante
de la reproduction des fleurs et était arrivé à des résultats très
remarquables. Il y a peu de temps, alors que notre regretté con¬
frère était déjà gravement atteint par la maladie, le jury du con¬
cours d’illustration du numéro jubilaire lui décernait une récom¬
pense bien méritée pour une charmante étude de pavots.
Puissent les regrets que laisse notre excellent et sympathique
confrère adoucir quelque peu la douleur des siens, dont un dévoue¬
ment de tous les instants n’a pu avoir raison de la cruelle affection
qui devait l’emporter î Ch. Puttemans.
<3
î
P 0tfvyvyvtfuyvyv P V# i U^U^vll Utf üqpTjqj) CJ^ ü
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PAGES.
Conseil d' administration. — Membres admis . 73
Jury de la 3e Exposition d’Art photographique . . . 74
Statuts de l'Association . 76
Extraits des procès-verbaux des séances des sections.
Section d'Anvers. — Séance du J 7 janvier 1898.
Comptes de Tannée 1897. — Élection du bureau pour 1898 .... S3
Le papier Veloœ. — Projections . 84
Section de Bruxelles. — Séance du 22 décembre 1897.
Local de l’Association. — Hommage . 85
Table des matières du Bulletin. — Excursions. — Photo-jumelle et
stéréoscope de M. De Meuter. — Plaques Tackels. — Electric
Paper de la Beernaert’s Cy . 86
Projections . 87
Séance du 12 janvier 1898.
Electric Paper de la Beernaert’s Cy. — Papier Éclair de la maison
Van Monckhoven. — Séance intime de projections. — Plaques
et pellicules radiographiques de la maison Jougla. — Séance
publique de projections . 88
Section de Garni. — Séance du 13 janvier 1898.
Causerie de M. le Dr De Nobele sur les rayons X et leurs appli¬
cations . 89
Jeton de présence . 90
Section de Liège. — Séance du 17 décembre 1897.
Concours de diapositives. — Changement de local et achat d’un
appareil de projections . 91
Démonstration du papier Velox. — Papier négatif de Moh. — Pro¬
jections . 92
Séance du 14 janvier 1898.
Exposition de l’Association. — Remerciements. — Papiers Éclair et
Velox. — Folding-Pocket-Kodak. — Présentations de membres.
— Essai de lanterne de projections . 93
157 —
PAGES.
Section de Louvain. — Séance du 15 décembre 1897.
Démission. — Demande de congé. — Causeries . 95
Excursions photographiques. — Radiographie. — Jeton de présence.
— Papiers Velox et Electric. — Plaques Jougla. — Portrait du
P. Van Tricht . 96
Séance du 5 janvier 1898.
Album international des Sociétés photographiques. — Hommage.
— Développement des papiers par noircissement direct. — Photo¬
graphies d’étincelles électriques . 97
Diapositives Beernaert. — Papier Éclair. — Jeton de présence. . 98
Section de Namur. — Séance du 1er décembre 1897.
Séance de projections. — Papier Veloœ . 99
Séance du 15 décembre 1897.
Hommages. — Dêveloppateur Ortol. — Comptes de l’exercice 1897.
— Élection du bureau . 100
Épreuves d'Eœposition . 101
La Photographie est-elle un Art ? par Robert Demaehy . 105
Sur la valeur pratique des principales aldéhydes ou acétones comme
succédanés des alcalis dans les développateurs alcalins, par
MM. Lumière frères et Seyewetz . 111
Les révélateurs pour papier Velox, par le D1' Léo Baekeland . . . 117
Procédé au gélatino-bromure donnant couramment les 25 0 Warnerche
pour plaques extra-sensibles, par M. A. Blanc . 120
Réactions caractéristiques des révélateurs les plus connus, par le
D1' M. Andresen . 123
Radiotint Chassague, par L. Schrank . 136
Revue des journaux photographiques .
The Photogram.
N° 48. — Photographie de poissons vivants . 139
The Practical Photographer.
N° 99. — Conseils aux portraitistes . 139
N° 97. — L’éclairage do l’atelier. — Temps de pose . 140
Photography .
N° 469. — Projections . 140
N° 473. — H. -P. Robinson et le Linked Ring . 141
N° 475. — Effets de soleil dans les diapositives . 141
Nu 476. — Lippmann . 142
N° 478. — Photographies métalliques . 142
158
PAGES.
The Amateur Photographe?' .
N° 683. - F. R. P. S. et F. R. G. S . . 142
N° 686. — Renforçateur pour diapositives . . . 142
Caméra Notes.
N° 3. — Caméra notes . 143
Saint-Louis and Canadian Pholographer. \
N° 11. — Agrandissements. . 144
American Amateur Photographcr .
N° 12. — Un nouveau venu . 144
Anthony' s Photographie Bulletin.
N° 4. — Traits noirs sur papier blanc . 144
N° 7. — Tubes dq Crookes . 145
Wilson's Photographie Magazine.
N° 486. — Pour s’assurer de la valeur réelle des couleurs dans les
photographies de paysages . 145
N° 48S. — Le gaz acétylène pour le portrait . 146
L’acide citrique comme retardateur . 147
Bibliographie . 14g
Journaux reçus . 151
Nos illustrations . 154
Nécrologie. — Le docteur René Brecx . 155
Sommaire.
■ 1? m-, .AV -À . ■ V y '
• • "1 J 1 ' « ’
ASSOCIATION BELGE DE PHOTOGRAPHIE
Phototype A. De Gryse.
L’AIEULE.
Phototypographie J. Malvaux.
ASSOCIATION BELGE DE PHOTOGRAPHIE
V. Sell).
Jongleur indien.
Phototypographie J. Malvaux.
Association belge de Photographie
SOUS LE PROTECTORAT DU ROI
et la Présidence d honneur de S. A. R. Monseigneur le Prince Albert de Belgique.
BULLETIN
N° 3. — 25me ANNÉE. — VOL. XXV.
(3e série. — VOL. V.)
Conseil d’Administration
été admis :
Membres effectifs :
MM. Degroex, Ch., lieutenant d’artil¬
lerie, 15, rue du Poivre, Tirlemont, présenté
par MM. Arnould et Slingeneyer de Goes-
win.
de Hemptinne, Joseph, Steppe Stede,
Saint-Denis- Vestrem-lez-Gand, présenté par
MM. Casier et Canfyn.
12
160 —
de Lozanne, Karel, appareils et fournitures photographiques,
7, Marché-aux-Œufs, Anvers, présenté par MM. Keusters et
A. Bourgeois.
Dumoulin, Auguste, président du Sport nautique, boulevard de
la Sauvenière, Liège, présenté par MM. Beaujean et L. Roland.
Féron, Albert, ingénieur à la Société anonyme l’Oxhydrique,
93, avenue de la Toison d’Or, Bruxelles, présenté par MM. Yan-
derkindere et Vanderborght.
Fonseca, A. Francisco, à Lisbonne, présenté par MM. Ribeiro
et Vanderkindere.
Lefebvre de Sardans, Stanislas, 57, rue Stévin, Bruxelles,
présenté par MM. Rutot et Puttemans.
Morel de Boucle Saint-Denis, Ch., 9, Coupure, Gand, pré¬
senté par MM. De Nobele et Casier.
Mouton, Ch. -Simon, employé, 20, rue Van Bemmel, Saint-
Josse-ten-Noode-Bruxelles, présenté par MM. Broothaerts et Van
Beesen.
Orlay de Karm a (Mlle), Eugénie, 22, rue delle Quatro Fontane,
Rome, présentée par MM. Casier et Vanderkindere.
Simons, Amédée, étudiant, 10, avenue Marie-Henriette, Anvers,
présenté par MM. Maes et Myin.
2° Membres associés :
MM. Anspach, Lucien, professeur à l’Université libre, 83, rue
d’Arlon, Bruxelles, présenté par MM. Vanderkindere et Pelt/er.
De.tace, Alphonse, docteur en médecine, au Val-Saint-Lambert,
présenté par MM. de Vaux et C. Dupont.
Assemblée générale ordinaire.
L’Assemblée générale ordinaire se tiendra, conformément à
l’article 35 des statuts, le dimanche 17 avril prochain, à 3 heures,
au Palais du Midi, à Bruxelles.
ORDRE DU JOUR :
1° Lecture du procès-verbal de l’Assemblée générale extraordi¬
naire tenue à Bruxelles le 21 novembre 1897;
101
~') Rapport du secrétaire général sur la situation morale et
matérielle de l’Association pendant l’année 1897 ;
3° Rapport du trésorier sur la situation financière :
f *
Election des membres du Conseil d’administration :
A. Un président sortant : M. Jos. Casier, rééligible;
B. Deux vice-présidents sortants : MM. Jos. Maes et
Massange de Louvrex, rééligibles ;
C. Un trésorier;
D. Six commissaires, en remplacement de MM. Lunden,
Nyst, Orban-Viot, H. Peltzer, Puttemans, sortants et
rééligibles, et de M. V. Selb, sortant et non rééligible
(M. Selb a été désigné comme délégué au Conseil par la
Section d’Anvers, en remplacement de M. Stappers,
décédé);
E. Exposition et fêtes du XXVe anniversaire;
F. Jeton de présence.
Numéro jubilaire.
Ainsi que nous l’avons annoncé dans le Bulletin, n° 1, p. 8, le
Conseil d’administration a décidé de mettre en souscription des
exemplaires reliés du numéro jubilaire qui doit paraître en mai.
Le Comité a confié la reliure de ce numéro spécial, qui aura le
format 21 X -7, à M. Paul Claessens fils, relieur-doreur de
S. A. R. la comtesse de Flandre, à Bruxelles.
Le prix de la reliure en pleine toile anglaise a été fixé à 4 fr. 50 c.
pour la Belgique et 5 francs pour l’étranger (port et emballage
compris).
Les exemplaires reliés qui seraient retirés directement aux
locaux des Sections, seront délivrés au prix de 3 fr. 50 c.
On est prié d’adresser les souscriptions, avant le 1er avril, à
M. le secrétaire général, 97, avenue Brugmann, Bruxelles.
FÊTES OU XXVe flflNlVEÊSRlHE
DE L’ASSOCIATION BELGE DE PHOTOGRAPHIE
sous le protectorat du Roi
et la présidence d’honneur de S. A. R. Monseigneur le Prince Albert de Belgique
Oneja nîsées à Bruxelles en Mai 1898
PROGRAMME
Samedi 30 avril, à 2 heures, ouverture solennelle de la IIIe expo¬
sition dWrt photographique dans les salons du Cercle Artistique et
Littéraire de Bruxelles (Waux-Hall du Parc).
L’Exposition sera ouverte au public tous les jours de 9 à 5 heures,
depuis le dimanche 1er mai jusqu’au mardi 31 mai, inclusivement.
Samedi 14 mai. — Réception des délégués étrangers, à 8 h. 1/2
du soir, à l’Hôtel Ravenstein, rue Ravenstein (Montagne de la
Cour.
Raout offert aux invités et aux membres de l’Association belge
de Photographie.
Dimanche i5 mai. — A3 heures, Assemblée générale au siège
de l’Association, Palais du Midi, École industrielle (boulevard du
Hainaut).
ORDRE DU JOUR :
1° Discours d’ouverture du président de l’Association ;
2° Rapport du secrétaire général sur les travaux de l'Association
pendant les vingt-cinq années écoulées;
3° Remise des récompenses aux auteurs des épreuves primées au
concours du 31 octobre 1897, ouvert pour l’illustration du
numéro jubilaire de l'Association ;
4° Remise d’un jeton de présence.
— 1(53
A G heures du soir, banquet.
Lundi 16 mai. — A 10 heures du matin, réunion du Congrès au
siège de l’Association, Palais du Midi.
ORDRE DU JOUR :
1° Discours d'installation;
2° Vérification des pouvoirs des délégués ;
3° Projet de fédération des Sociétés photographiques pour
l’organisation des expositions, etc. : rapporteur M. Vander-
kindere, secrétaire général de l’Association.
A 2 heures, réception à l’Exposition, au Cercle Artistique et
Littéraire, rue de la Loi, des délégués étrangers.
A 8 h. 1/2, soirée de projections offerte aux membres du Congrès
et organisée par les soins de la Section bruxelloise de l’Association
belge de Photographie.
Mardi ij mai. — Anniversaire de la fondation de l’Association.
Excursion aux environs de Bruxelles.
Le programme de cette journée sera remis à tous les adhérents.
Section d’Anvers
SÉANCE DU 31 JANVIER 1898
Présidence de M. Maes, président
ont présents : MM. Maes, Lun-
den, Van Bellingen, Keusters,
Van Bever, Bourgeois, Agie,
Niemvland, Hunter, Selb, Gife,
Brand, Bouvart, Hahn, Vanden-
broeck,Vandevelden, Myin, Van
Croyck, Pauwels, Van Meer-
beeck, Peyrot, Lannoy, Georges Bavais, Homblé, Willenz, Spiers,
Bastyns, Spilthoorn.
MM. Colon et Bellemans se font excuser.
M. le président fait ressortir l’importance, au point de vue de
l’art photographique, de l’année 1898. Il parle de l’exposition
prochaine célébrant le 25e anniversaire de l’Association. Il espère
que les membres auront à cœur de représenter dignement la
Section d’Anvers et d’y envoyer des œuvres de valeur.
Quelques pochettes de papier Éclair, fabriqué par la maison Van
Monckhoven, sont distribuées aux membres, qui admirent une fort
belle épreuve affichée au local.
L’assemblée aborde ensuite la nomination du bureau pour 1898,
ajournée lors de la dernière séance. Un président et un vice-
président doivent être nommés.
M. Lunden, au nom d’amis de la Section qui sont venus lui
1(55 —
parler, demande à M. Maes de bien vouloir accepter cette fois
encore le mandat de président. Il dit que lors de l’anniversaire de
l’Association, il faut à la tête de la Section un président dont le
talent et les avis aient de l’autorité. D’autre part, les rares oppo¬
sants n’ayant pas présenté de candidat, M. Maes ne peut se
dérober plus longtemps aux désirs de la grande majorité.
L’assemblée passe au vote.
Votants : 24; bulletins blancs : 2.
M. Maes, président, obtient 21 voix et 1 bulletin blanc.
M. Lunden, vice-président, obtient 21 voix et 1 bulletin blanc.
MM. Maes et Lunden remercient et promettent tout leur
dévouement à la Section, comme par le passé.
La question des commissaires est ensuite discutée. M. Colon a
fait parvenir une lettre dans laquelle il nie l’importance des com¬
missaires et prie l’assemblée de ne plus renouveler son mandat.
Après discussion, MM. Selb et Gife sont nommés commissaires.
M. Selb est nommé à l’unanimité commissaire délégué de la
Section au Comité central.
Le bureau est donc définitivement constitué comme suit :
Président : M. Jos. Maes.
Vice-président : M. Alb. Lunden.
Secrétaire : M. P. Lannoy.
Secrétaire adjoint : M. L. Keusters.
Commissaires : MM. Selb et Gife.
Commissaire délégué : M. Selb.
Il est ensuite question de la composition des ordres du jour.
On propose pour la prochaine séance de faire des agrandisse¬
ments.
Quelques membres demandent que chacun apporte ses insuccès
photographiques afin qu’ils puissent être étudiés.
M. Bastyns montre aux membres 2 pieds en aluminium et
M. Draye, de Merxem, une chambre photographique (genre Kodak
foiding) avec obturateur à rideau fort admirée.
Des projections de M. Bourgeois (Environs de Merxem et
Manœuvres navales sur l’Escaut), de M. Hunter (Espagne), de
M. Bellieni (Indo-Chine et Japon) obtiennent un vif succès.
Section de Bruxelles
SÉANCE DU 26 JANVIER 1898
Présidence de M. Puttemans, président
l’ouverture de la séance, le
président signale la présence de
MM. Jos. Maes et Selb, de la
Section d’Anvers, et les invite
à prendre place au bureau.
Présents : MM. Jos. Maes,
V. Selb, Anspach, Vanderkindere, Nopère, Delcroix, Boitson,
Dewit,de Raevmaekers, Swolfs, Ernotte, Rutot, Simoneau, Peltzer,
Vermeiren, Lavalette, Demeuter, Franck, Bottiau, Langlé, Smee-
sters, Hofmans, Van Lint, Broothaerts, Bidart, Durieu, Frennet,
Paradis, Ledure, Poupart, Marynen, Evely, Avanzo, Masson et
Nyst, faisant fonctions de secrétaire.
Excusés : MM. Stadeler et Magnien.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
Le président fait part à la Section du décès du D1 Brecx, un des
membres les plus dévoués et des plus assidus à nos séances. Il
rappelle les succès obtenus par notre regretté confrère par ses dia¬
positives en tous genres et ses clichés de fleurs toujours si applaudis.
Il engage les membres à assister nombreux aux funérailles de
M. Brecx, qui doivent avoir lieu le lendemain.
Il constate avec satisfaction les beaux résultats obtenus à la Con¬
férence avec projections donnée le 23 par notre confrère M. Hove-
107 —
lacque et expressément venu de Paris pour nous montrer, dans tous
ses détails, la Tunisie et l’Algérie.
A la suite d’abus d’entrée constatés à cette séance, M. le prési¬
dent rappelle à nouveau aux membres la nécessité de se conformer
dorénavant aux décisions prises pour ces réunions.
Le président dépose sur le bureau des cartes d’invitation pour la
soirée de projections que le Photo-Club donnera le 28 janvier au
Théâtre communal.
Le choix des positives apportées par les membres étant remis à
quinzaine, MM. Maes et Selb passent à la lanterne disposée au
fond de la salle, pour expliquer le fonctionnement du disque ou
châssis circulaire et de la pince obturateur placée sur l’appareil.
Ils montrent les avantages de cette disposition, dont une descrip¬
tion a été donnée par M. Selb dans le Bulletin du mois d’avril,
page 269. Puis défile successivement sur l’écran un choix complet
de superbes clichés exécutés par MM. Maes et Selb, deux maîtres
de la diapositive.
M. Selb regrette le fonctionnement défectueux de la pince obtu¬
rateur, qui a dû être remplacée à la hâte par suite d’un accident
arrivé le matin et dont conséquemment il n’a pas été donné d’ap¬
précier les avantages. Il attribue également les irrégularités de la
lumière qui ont contrarié les projections à la dimension des char¬
bons qu’ils emploient et qui sont destinés à des courants de
110 volts plus intenses que ceux dont dispose la Section.
Le président remercie MM. Maes et Selb, et les applaudissements
de l’assemblée leur prouvent encore combien leurs œuvres ont été
appréciées.
La séance est levée â 10 h. 1/2.
SÉANCE DU 9 FÉVRIER 1898
Présidence de M. Puttemans, président
La séance est ouverte à 8 h. 1/2.
Présents : MM. Nopère, Duvelaar, Nyst, Lavalette, Rutot,
Bernard, Durieu, De Raeymaeker, Vermeiren, Delevoy, Dewit,
de Raet, Magnien, Boitson, Bidart, Bottiau, Poupart, Bronckhorts,
Smeesters, Maurin, Delva, Baisieux, Frennet, A. Bray, Vander-
kindere, Delcroix, Franck, Louvois, Paradis, Gilbert, Belot et
Stadeler, secrétaire.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
Mme veuve Brecx remercie les membres de la Section pour les
nombreux témoignages de sympathie qu’ils lui ont témoignés à
l’occasion du décès de son mari, notre regretté confrère.
M. Fallon, secrétaire de la Section de Namur, remercie les mem¬
bres de la Section de Bruxelles qui ont bien voulu prêter à leurs
confrères namurois des positives destinées à la soirée de projections
organisée par cette Section.
M. Vanderkindere attire l’attention de l’assemblée sur le premier
fascicule de l’Album des sociétés photographiques qu’il dépose sur
le bureau.
M. le président distribue à ce sujet des bulletins de souscription
et fait l’éloge de ce premier numéro, très bien composé, et qui fait
bien augurer de la valeur de cette publication artistique.
Une discussion générale s’ouvre au sujet de la nouvelle disposi¬
tion préconisée pour les lanternes de projections par M. Selb,
notre distingué confrère de la Section d’Anvers. Il ressort de cette
discussion que la disposition n’a pas fonctionné au gré de son
auteur par suite d’un accident survenu au dernier moment. Les
alternatives de lumière et d’obscurité que ce dispositif provoque
n’ont pas paru favorables à l’auditoire, qui continue à porter ses
préférences vers les projections par « dissolving ».
L’ordre du jour appelle la discussion sur l’organisation de la
soirée publique de projections.
Les dispositions suivantes sont prises : la séance aura lieu le
11 mars et, comme antérieurement, au Théâtre communal. La pro¬
jection des clichés se fera au moyen de la lumière électrique.
Contrairement à ce qui s’est produit l’année dernière, M. Sta¬
deler pense que les membres ont droit aux bonnes places et gratui¬
tement avant le public. Il estime que chaque membre devrait pou¬
voir disposer de places gratuites numérotées en dehors des billets
pouvant donner droit aux places payantes.
Cette manière de voir est partagée par l’assemblée. Deux places
réservées de parterre et de premier balcon seront mises à la dispo¬
sition des membres qui, de plus, disposeront de trois invitations
susceptibles d’être échangées contre des places payantes.
La première partie de la séance publique comprendra un voyage
en Tunisie et en Algérie au moyen des clichés de nos confrères
MM. Hovelacque et Paternotte. La seconde partie sera consacrée
à des clichés variés et inédits.
M. Belot remet, à titre d’essai, des plaques « Gem » pour por
traits, projections et instantanés.
Il est projeté une série de positives présentées en vue de la
séance publique, qui fait augurer que cette soirée sera des plus
intéressante et des plus artistique.
La séance est levée à 10 h. 1/2.
SÉANCE DU 23 FEVRIER 1898
Présidence de M. Puttemans, président
La séance est ouverte à 8 heures et demie.
Sont présents : MM. Franck, Avanzo, Vermeiren, Lefebvre de
Sardans, Paulus, de Raet, Rutot, Nopère, Magnien, Van Lint,
Hofmans, Boitson, Vanderkindere, Bidart, Hanssens, Dewit,
Peltzer, Simoneau, Cumont, Nyst, Wihlein, Masure, Broothaerts,
Remacle, Simon, Féron, Paradis, Durieu, Bernard, Lavalette,
Delcroix, Bronckhorst, Langlé, Valentyns, Delevov, Frennet,
Poupart et Stadeler, secrétaire.
Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance du
i) février qui est lu et adopté.
MM. Lavalette et Dewit ont essayé les plaques « Gem » et ils
s’en déclarent fort satisfaits. Elles seront au surplus projetées à
l’issue de la séance.
M. Magnien a essayé les échantillons de papier « Éclair » de la
firme Van Monckhoven, et il déclare avoir obtenu de très beaux
résultats.
M. Vanderkindere fait une causerie sur le développement en
cuvette verticale, qu’on lira avec intérêt dans le présent Bulletin.
170 —
M. le président remercie M. Vanderkindere de son intéressante
communication.
MM. Peltzer, Valentyns, Lefebvre de Sardans, Masure et
Delcroix veulent bien se charger de faire l’essai d’un nouveau
révélateur « le Diogène » de la Actien Gesellschaft für Anilin
Fabrikation, de Berlin.
M. le président rappelle l’excursion qui figure au programme des
fêtes du XXVe anniversaire de l’Association et demande que les
membres étudient dès à présent ce qui pourrait être organisé à cette
occasion.
MM. Féron et Jottrand, de la Société l’Oxhydrique, de Bru¬
xelles, présentent un nouveau système de chalumeau dont la des¬
cription sera donnée au Bulletin.
M. le président remercie MM. Féron et Jottrand pour leur
démonstration, qui sera complétée à la prochaine séance par l’appli¬
cation aux projections. Il constate que le chalumeau donne une
très belle lumière et d’une grande fixité.
Il est ensuite procédé à la projection des positives présentées en
vue de la séance publique et dont le nombre ne fait qu’accroître.
La séance est levée à 10 heures et demie.
Section de Gand
SÉANCE DU 3 FÉVRIER 1898
Présidence de M. Goderus, président
T aient présents : MM. Canfyn, Brunin,
Boute, Casier, de Moor, De Nobele,
Delebecque, De Beer, D’Hoy, Coupé,
Declercq, D> De Nobele, de Keyser, Lei-
rens, Sacré, Goderus, Servaes, Heins,
général van Eechout, de Breyne, Her¬
mann, Vanden Hove.
M. Goderus engage la Section à organiser une séance publique
de projections dans le genre de celle qui eut lieu il }r a deux ans au
Grand Théâtre et qui obtint le succès que l’on sait. Il propose
de choisir comme local la salle des fêtes du Cercle artistique et
littéraire.
Cette proposition est acceptée et l’on décide d’organiser cette
séance dans le courant du mois d’avril.
M. Casier rappelle aux membres de la Section le programme des
fêtes jubilaires de l’Association, qui auront lieu à Bruxelles dans le
courant du mois de mai. Il fait part des différentes fêtes qui seront
organisées à cette occasion et engage vivement les membres à
assister au banquet, de nombreux délégués étrangers ayant déjà
accepté l’invitation de l’Association.
M. D’Hoy présente les appareils de la nouvelle Compagnie belge
l’Oxhydrique. Il montre successivement :
1° Les tubes, qui tous sont munis d’un robinet valve permettant
de débiter les gaz sans devoir recourir à un régulateur. Ces tubes
sont construits de telle sorte qu’ils peuvent se tenir debout sans
support spécial ;
2° Le régulateur, qui présente sur les anciens l’avantage de pou¬
voir obtenir la pression que l’on désire;
3° Le nouveau chalumeau oxhydrique donnant un pouvoir
éclairant de 500 à 600 bougies ;
4° Les nouveaux crayons de zircone et de magnésie, remplaçant
les anciens crayons de chaux et ramenant l’incandescence à un
point, grand avantage pour l’agrandissement au point de vue de la
netteté de l’image projetée. Ces crayons peuvent servir pendant
deux à deux heures et demie.
Le prix des gaz sera d’environ 50 p. c. meilleur marché que celui
des autres fabriques. La lumière oxhydrique ne reviendra plus, de
cette façon, qu’à 1 fr. 50 c. l’heure.
Ce dernier argument est bien fait pour répandre rapidement
l’emploi de ces tubes.
M. D’Hoy est remercié pour son intéressante communication.
M. Canfyn communique un moyen de préserver toutes les photo¬
graphies des souillures, taches, etc..., qu’elles subissent trop
souvent quand elles sont exposées non recouvertes d’un verre.
Il emploie à cet effet un produit connu des aquarellistes sous le
nom de fixatif J. -G. Vibert.
Le fixatif, employé à deux couches sur la photographie au moyen
d’une brosse douce, se sèche en quelques minutes et ne laisse
aucune trace. Il emprisonne et rend indélébile la retouche et per¬
met, après ce traitement, d’enlever toutes taches, même d’encre ou
d’huile, en lavant la photographie ainsi fixée avec de l’eau et du
savon.
Il convient parfaitement pour les agrandissements qui, traités par
ce procédé, peuvent être exposés sans verre, quitte à les laver
quand ils sont trop souillés. M. Canfyn passe à la démonstration
sur deux épreuves au platine; l’une, traitée par le fixatif, est
maculée d’encre, qui s’enlève parfaitement par un lavage; l’autre,
non traitée par le procédé, est irrémédiablement perdue.
— 173 —
M. Coupé se rappelle un fixatif analogue employé pour conserver
les gravures et qui est fait de gomme-laque blanche en solution
avec de l’eau boratée.
Les membres présents n’ayant pas encore terminé leurs essais
avec les papiers Eclair de Van Monckhoven et les papiers de la
maison Schering, distribués à une séance antérieure, il sera rendu
compte du résultat de leurs expériences à la séance prochaine.
A la fin de la séance, on fait des essais de projections avec des
diapositives apportées par différents membres. On a surtout remar¬
qué les effets de nuages et les reproductions de monuments de
M. Casier; les marines et paysages de MM. Leirens, De Nobele et
Servaes; les reproductions de M. Delebecque, ainsi que les vues de
M. Goderus, rappelant les coins les plus intéressants de l’exposition
de poupées qui eut lieu récemment à Gand. Tous ces messieurs
ont été félicités et les membres présents font des vœux pour voir se
renouveler plus fréquemment ces séances.
Section de Liéc|e
SÉANCE DU 28 JANVIER 1898
Présidence de M. L. Roland, président
T aient présents : MM. J.
Braconier, Kemna, Jacques,
Labouverie, Détaillé, A. de
Vaux, Bronne, de Koninck,
Bernimolin, G. Laoureux,
Philippart, Loiseau, Goffart,
Matelot, Ronchesne, Dacier,
L. Laoureux, Marissiaux,
Henroz, Grenson, G. Oury, Hassreidter, Ze}ren, Davreux, Crespin
et Dupont.
Le procès-verbal de la dernière réunion est lu et adopté.
Le président fait quelques communications et rappelle ce qui a
été publié dans le numéro de janvier du Bulletin, concernant la
célébration du XXVe anniversaire de la fondation de l’Association.
On aborde ensuite l’ordre du jour.
1° Changement du jour des réunions. — - Proposition motivée
par le tait que le vendredi, de 5 à 7 heures, il se donne un cours à
l’auditoire de chimie. Il est décidé que les séances, tant intimes
qu ordinaires, auront lieu dorénavant le mardi, jour qui paraît
réunir la plupart des suffrages ;
1° Nomination du comité chargé du fonctionnement de la lan¬
terne. — MM. Grenson, Hassreidter, Kemna, Labouverie, L. Laou¬
reux et Ronchesne veulent bien se charger de cette besogne;
d° Acquisition pour la bibliothèque de la Section. — Le procédé
à la gomme bichromatée ou photo-aquateinte, par Maskell et
Demachy. — Proposition adoptée ;
4° Présentation. — M. Aug. Dumoulin, président du Royal
Sport Nautique, présenté par MM. Beaujean et Roland. — La
Section ratifie cette présentation ;
5° M. Ronchesne fait la démonstration du développement phy¬
sique des papiers à noircissement direct. Il analyse au préalable en
quelques mots l’ouvrage de M. Liesegang, dont notre confrère
M. Hassreidter a publié récemment une traduction; puis il passe
à la pratique du procédé en développant quelques épreuves sur
papier Lumière ;
6° Pour terminer la séance, M. Jacques fait passer quelques
belles épreuves radiographiques qui sont fort admirées.
La séance est levée à 9 h. 1/4.
SÉANCE DU 8 FÉVRIER 1898
Présidence de M. L. Roland, président
Assistaient à la séance : MM. de Koninck, Bronne, A. de A aux,
Crespin, G. Oury, J. Braconier, de Spirlet, Noaillon, Détaillé,
Grenson, Ronchesne, L. Laoureux, Goffart, Loiseau, Bernimolin,
Kemna, Olivier, Labouverie, Ziane, Portai, Dohmen, Dacier,
Rocour, Mottard, Henroz, J. de Vaux, Corin, Philippart, Dejace,
Dumoulin, Beaujean et Dupont.
La lecture du procès-verbal de la dernière réunion ne donne lieu
à aucune observation. En conséquence, ce procès-verbal est adopté.
Le président donne lecture de quelques pièces de correspondance.
Il fait ratifier par la Section la dépense nécessitée par l’impression
du catalogue de la bibliothèque, dépense qu’il a cru devoir autoriser
dans un but de propagande utile. Notre bibliothécaire, M. Ron¬
chesne, s’excuse d’avoir, par distraction, violé l’article 3 du règle¬
ment de la bibliothèque, en omettant de signaler au catalogue les
donateurs de certains volumes. Ceux d’entre ces messieurs présents
lui pardonnent généreusement cet oubli, et il est entendu qu’à la
première réimpression, celui-ci sera réparé. Ceci dans l’intérêt
même de la bibliothèque.
13
Pour la troisième fois, le président engage les membres à parti¬
ciper à l’exposition d’art photographique que l’Association orga¬
nise pour fêter le XXVe anniversaire de sa fondation. A ce sujet,
M. Noaillon tient à protester parce que les Sections n’ont pas été
invitées à contribuer en partie à la formation du jury. M. de Vaux
transmettra cette observation au Comité central.
Décisions à prendre concernant la séance annuelle de projec¬
tions. — En principe, on décide que la Section donnera, comme
chaque année, une séance publique au profit d’œuvres de bienfai¬
sance. Le Comité est invité à trouver du nouveau. La première
partie de cette séance sera réservée aux clichés des membres de la
Section, la seconde comprendra des œuvres étrangères. On prendra,
à une prochaine réunion, les mesures de détail que cette séance
comporte.
Projection de quelques diapositives de M. le professeur Kemna.
— M. Kemna fait passer sur l’écran un lot d’environ cinquante
diapositives, dont la plupart lui servent à la démonstration de ses
cours : entre autres, la série d’opérations nécessaires à l’industrie
du pétrole; d’autres, documentaires, relatives à l’historique des
moyens d’éclairage, depuis la vulgaire chandelle avec ses mou-
chettes, jusqu’au bec de gaz, enfin plusieurs clichés de vues
d’Anvers.
Le président adresse des remerciements à M. Kemna.
Concours de diapositives. — Les concours ne sont pas très en
faveur auprès de nos confrères ; celui-ci n’a pas démenti les précé¬
dents.
Néanmoins, le président propose les conditions que devront
réunir les lots de clichés pour être primés. Cependant, la lanterne
ne fonctionnant pas encore d’une façon satisfaisante, on remet à la
prochaine séance le jugement proprement dit de ce concours.
Acquisition pour la bibliothèque. — Traité pratique des agran¬
dissements photographiques, par Trutat. — Adopté.
Présentation. — Comme membre associé : M. Alph. Dejace,
docteur en médecine au Val-Saint-Lambert, présenté par MM. A. de
Vaux et Dupont. — Présentation ratifiée.
La séance est levée à 9 h. 3/4.
Secbioti de ï^arnut*
SÉANCE DU 5 JANVIER 1898
Présidence de M. Vassal, vice-président.
T aient présents : MM. De¬
vaux, Suars, Rousseau,
Vassal, Michaux, Tiange,
Beghin et Joseph Fallon.
MM. Ad. Dupont, Jos-
sart et Mathieu s’étaient
fait excuser de ne pouvoir
assister à cette réunion.
Après la lecture et l’ap¬
probation du procès-verbal de la séance du 15 décembre dernier,
M. le secrétaire dépose sur le bureau les publications mensuelles
expédiées par le Comité central.
Il donne ensuite connaissance d’une lettre de la maison Van
Monckhoven le priant de remettre aux membres des échantillons du
r
papier « Eclair ».
M. Rousseau fait ensuite circuler une série d’épreuves obtenues
sur nouveau papier albuminé anglais, papier excessivement brillant
et d’un travail facile, et remet ensuite aux membres des échantil¬
lons du papier « Electric » de la Compagnie Beernaert.
SÉANCE DU 2 FÉVRIER 1898
Présidence de M. Jossart, président.
Présents : MM. Jossart, Parmentier, Devaux, Tiange, Michaux,
Vassal, Beghin, Gauhv, Chisogne, Jos. Fallon et Uytterhoeven.
178
Le procès-verbal de la réunion des 5 et 19 janvier est lu et
approuvé.
M. le président remercie les membres et, en particulier,
MM. Suars et Rousseau de leur concours pour l’organisation et la
réussite de la séance publique de projections qui a eu lieu au Kur-
saal de Namur, le vendredi 21 janvier dernier.
Il constate que cette séance a réussi tant au point de vue de la
bonne marche des appareils que du choix des clichés envoyés par
les membres de la Section de Namur et de la Section de Bruxelles.
Cette séance était donnée au profit d’œuvres charitables de la
ville de Namur et était rehaussée par la conférence qu’avait bien
voulu donner le R. P. Lucas, professeur à la faculté des sciences
du collège Notre-Dame de la Paix de Namur, « sur les Rayons X ».
Le R. P. Lucas a tenu sous le charme de sa parole éloquente la
foule des auditeurs et les a initiés aux mystères des rayons X.
Cette conférence a vivement intéressé le public qui s’en est allé
enchanté et heureux d’avoir pu pénétrer dans le domaine scienti¬
fique des rayons Rontgen.
M. Parmentier fait ensuite circuler une série d’épreuves obtenues
sur papier « Platino-Bromide Eliott and Sons », ainsi que des clichés
obtenus au moyen des plaques « Sandell » à couches multiples.
Il remet aux membres des épreuves et des échantillons de plaques
« Sandell », de papier au platino-bromure, de papier à la celloïdine
« Barnett » et de papier albuminé anglais.
M. le président remercie M. Parmentier de son intéressante com¬
munication.
Section de Bruxelles
INAUGURATION
DES MATINÉES DE PROJECTIONS PHOTOGRAPHIQUES
e dimanche 2H janvier,
à 4 heures de l’après-
midi, la Section de
Bruxelles a inauguré
les matinées de pro¬
jections photogra¬
phiques, récemment
adoptées par un vote
de l’assemblée.
Pour cette séance
inaugurale, la Section
a eu le bonheur de posséder un de ses nouveaux membres,
M. Maurice Hovelacque, docteur ès sciences de Paris, qui a bien
voulu montrer à ses confrères un choix fait parmi 650 clichés pris
au cours du Congrès de l’Association pour l’avancement des
sciences, tenu il y a deux ans en Algérie et en Tunisie.
Notre confrère a fait, d’une traite, le trajet de Paris à Ivairouan,
la ville sainte, dont il nous montre les remparts, les portes, les
marchés, les mosquées et des instantanées d’une procession de
fanatiques Aissaouas, pleines de couleur locale.
180 —
De Kairouan, notre confrère a mené son auditoire à Sousse, puis
de M’Saken, au désert, jusque El Djem, où se trouvent les ruines
grandioses du splendide amphithéâtre romain, rival du Colysée de
Rome.
Ensuite, Tunis nous est apparu avec ses rues si pittoresques,
ses bazars, ses mosquées, ses marchés pleins d’animation.
Aux portes de Tunis se trouve l’antique Carthage disparue et
qui reparaît de nos jours, grâce aux fouilles actives qui y sont
faites.
A Sidi Tabet, une fantasia arabe a été donnée devant les con¬
gressistes, et M. Hovelacque en a profité pour croquer les épisodes
caractéristiques.
Bizerte, Souk, El Arba ont ensuite défilé devant nous, nous
menant à Tebessa, au milieu de merveilleuses ruines romaines et
principalement de celles du monastère avec basilique des premiers
temps de l’ère chrétienne.
Constantine s’offre après à nos regards avec sa magnifique
gorge du Rummel, taillée à pic sur 300 mètres de hauteur, offrant
à chaque instant les aspects les plus pittoresques.
De Constantine nous passons aux deux villes romaines Lam-
bessa et Timgad, aux ruines majestueuses, puis traversant les
magnifiques gorges d’El Kantara, nous poussons une pointe au
village indigène de Tilatou, aux huttes en pierres si bizarres.
Enfin, voici le Vieux Biskra, qui possède encore toute sa couleur
locale et son pittoresque intense, malheureusement bien menacés
aujourd’hui.
Après Biskra, Sidi Okba, les gorges du Chabet, Bougie, la
Grande Kabylie, Alger, Oran, Tlemcen et leurs environs sont,
successivement projetés, montrant leurs sites si différents et si
caractéristiques.
138 positives ont ainsi défilé devant nos yeux sans qu’une trace
de fatigue apparaisse dans l’auditoire, grâce aux intéressantes
explications données par notre bienveillant confrère.
Le voyage si long et si mouvementé est terminé et les chaleureux
applaudissements des membres de la Section et de leurs invités
montrent combien le plaisir et l’intérêt ont été intenses et soutenus.
— 181 —
M. Puttemans, président, félicite et remercie ensuite vivement
M. Hovelacque de la brillante suite de positives qu’il vient de nous
montrer. Il fait remarquer combien la perfection technique jointe
au sentiment artistique arrive à produire des impressions de réalité
et de vie.
Non seulement les vues de M. Hovelacque sont vigoureuses et
pleines de lumière, mais elles ont su rendre, avec un rare bonheur,
le mouvement des rues et des marchés. Dans les instantanées, pas
de ces poses bizarres antiartistiques que l’on constate trop souvent;
toutes les figures, largement drapées, sont prises avec un naturel et
une expression étonnantes, formant de chaque positive un véritable
tableau bien pondéré et de grande allure.
L’auditoire s’est retiré enchanté de cette première séance, et
M. Buis, bourgmestre de Bruxelles, grand connaisseur en matière
d’art, a vivement félicité notre confrère de la brillante réussite de
ses souvenirs de voyage.
Le Procédé à la gomme bichromatée "
par James PACKHAM
ntroduction. — Bien que ce
procédé ait été indiqué il y a
près d’un demi-siècle, il n’a
été vraiment pratiqué que
depuis un an ou deux. Il a
été condamné de façon absolue
par beaucoup de photographes
éminents, et même par ceux
qui admettent les résultats hardis et nouveaux. D’autre part,
quelques amateurs, qui sont également éminents, l’ont adopté avec
grande satisfaction, et il y en a beaucoup plus encore qui cherchent
à connaître tous les secrets de la pratique de ce procédé.
Il faut avant tout admettre que quoique ce soit un procédé qui se
laisse bien conduire, c’est certes l’un des plus difficiles, et je ne
voudrais engager à 1’essayer que l’amateur le plus soigneux et le
plus persévérant, car, pour réussir, il faut la plus grande habileté.
Mais si quelqu’un veut produire une œuvre photographique dans
(1) Voyez Bulletin de /’ Association belge de Photographie , aimées 1896, p. 761,
et 1897, p. 252; voyez aussi : le Procédé à la gomme bichromatée ou Aqua-
teintc , par Alfred Maskeia et Robert Demachy. — Paris, Gauthier-Villars.
— 183 —
une note absolument personnelle, il n’y a pas de méthode qui lui
en donne autant les moyens.
Je n’ai pas l’intention de défendre ici le procédé et de le recom¬
mander à l’exclusion de tout autre procédé d’impression. J’ai seu¬
lement l’inten¬
tion de vous
apporter les
résultats d’ex¬
périences con¬
duites avec
beaucoup de
soin et de
montrer com¬
ment j’ai fait
pour réussir ;
mes recher¬
ches ont été
conduites avec
l’intention
d’arriver à
connaître sous quelles conditions une combinaison de gomme
bichromatée et de couleur ou de couleurs donne les meilleurs résul¬
tats. Je crois aussi pouvoir ajouter que j’ai de sérieux motifs de
croire que ce procédé donne des épreuves permanentes, ce qui
est encore pour lui une excellente recommandation.
Le procédé à la pomme. — Le procédé pur et simple à la gomme
bichromatée ne doit pas être confondu avec une seule des autres
méthodes chromiques. Il n’est pas identique au procédé du papier
velours d’Artigue ; quoique ce dernier soit aussi un procédé pig¬
mentaire direct, il est matériellement différent de celui dont nous
nous occupons ici. Avec le papier Artigue, le résultat essentiel
de la méthode dépend de la pureté des blancs; ceci est assuré par
la solubilité d’un substratum qui semble être une combinaison de
gélatine, etc.
Abbé Motus.
— 184
Avec la méthode à la gomme bichromatée, il est souvent égale¬
ment désirable d’obtenir des blancs purs, mais il n’y a pas de
médium protecteur spécial. Cependant, une action semblable se
produit, sinon le papier serait coloré dans les blancs par suite de la
pénétration de la matière colorante dans les fibres du papier ; nous
présumons que cet inconvénient est grandement évité par l’emploi
de la nouvelle méthode, qui consiste à saturer le papier d’une solu¬
tion de sels chromiques aussi forte que possible, avant d’y étendre
la couche de gomme colorée.
Les cellules ou tissus capillaires des fibres du papier sont proba¬
blement remplis d’une formation cristalline du sel, et lorsque le
mélange de gomme colorée est appliqué sur le papier, ces cristaux
forment une sorte d’obstacle à l’introduction de la couleur dans le
corps même du papier. La solution de gomme est en effet d’une
consistance suffisante pour tenir les molécules de couleur en sus¬
pension, mais pas assez fluide pour dissoudre et éliminer le sel du
bichromate.
Les atomes de couleurs sont entouiés de gomme et ne viennent
pas en contact immédiat avec le papier aussi longtemps que le
développement n’a pas commencé.
Par l’effet de la lumière sur cette mixture sensible, une certaine
portion de la gomme est rendue plus ou moins insoluble; cela
dépend du temps de pose, de l’intensité de la lumière, de l’épaisseur
de la couche pigmentaire et du caractère du négatif. Au dépouille¬
ment, la gomme colorée qui n’a pas été insolée est dissoute, laissant
sur le papier plus ou moins de pigment, suivant l’épaisseur de la
couche insolubilisée.
Choix du papier. — Arrivons maintenant à la pratique du pro¬
cédé. Il faut avant tout considérer le choix d’un papier convenable,
le caractère du sujet et l’effet désiré.
Il y a à notre disposition un grand nombre de papiers qui don¬
nent des résultats variés. Il y en a qui absorbent la solution de
bichromate et sont d’une belle teinte orange lorsqu’ils sont secs ;
ils peuvent être employés s’ils ne se laissent pas trop pénétrer par
la solution de gomme colorée. Cependant, lorsqu’on désire de la
douceur et des lumières pas trop brillantes, une certaine absorption
de couleur est parfois un avantage. Les papiers fortement encollés,
spécialement avec de la gélatine ou de l’amidon, donnent des blancs
plus purs, beaucoup de détails, mais ont une tendance à la dureté.
Entre ces deux espèces, il y a toute une gamme de papiers donnant
cette grande variété qui fait
l’agrément du procédé à la
gomme.
Voici quelques-uns des plus
aisés à travailler et qui donnent
une bonne gradation dans les
résultats. Ils sont faciles à
obtenir chez les marchands de
produits pour aquarelle et ne
sont pas chers.
Le Michallet est un papier
fort, de belle qualité, vergé, à
marques reconnaissables. Il est
assez rude de texture avec une
série de lignes fines transver¬
sales assez serrées. Une autre
série de lignes plus espacées et
malheureusement trop visibles
coupe les premières à angle droit. Ce papier se laisse bien tra¬
vailler ; il absorbe la solution de bichromate et se laisse couvrir
d'une couche égale et fine de gomme colorée.
Le papier Allongé est plus fort; il possède d’un côté un grain
très fin et très régulier et est très approprié au procédé.
Le Lallane est plus léger; il se rapproche du Michallet, mais il
est plus fin dans sa texture.
Le papier à cartouche anglais se travaille bien aussi ; il a, comme
l’ Allongé, un côté à grain fin, mais il est plutôt trop encollé, ce
qui donne une tendance à la dureté ; mais on obtient avec lui des
blancs parfaits.
Le papier Whatman donne des résultats excellents, et les numé¬
ros très grenus conviennent aux effets hardis.
Grâce aux avantages du nouveau procédé de sensibilisation,
d’autres papiers conviennent encore. Les papiers fins, satinés, sont
difficiles à manipuler, mais lorsqu’on a un peu d’habileté, ils peuvent
être employés avantageusement dans certains cas. On verra que la
plupart des papiers d’aquarelle ont deux surfaces distinctes que
l’on peut choisir à volonté, quoique le côté grenu se laisse mieux
travailler.
Sensibilisation. — Lorsque le choix du papier est fait, il s’agit
de le sensibiliser, en d’autres termes, de le saturer complètement
avec une solution de bichromate de potasse. Cette solution doit
être dans les proportions d’une partie de sel dissoute dans dix par¬
ties d’eau.
La saturation du papier doit être complète et l’on y arrive
plus facilement en coupant les feuilles en quatre. Mais avant de le
couper, il est bon de marquer le dos de chaque morceau d’une croix
au crayon, afin que tous soient enduits de gomme du même côté.
La solution de bichromate à saturation a une tendance à se cris¬
talliser dans le flacon. Si cela se présente, il y aura avantage à
chauffer le liquide pour redissoudre les cristaux. On verra que les
papiers fortement encollés seront imprégnés plus également si l’on
élève la température du bichromate à environ 17° C.
On a dit que deux minutes suffisent pour imprégner le papier,
mais cela n’est pas assez ; car si la solution ne pénètre pas égale¬
ment et complètement, on aura des épreuves inégales.
Lorsque vous avez coupé le nombre voulu de morceaux de papier,
vous versez dans une cuvette assez de solution de bichromate
pour couvrir le fond. Vous prenez ensuite une première feuille que
vous marquez du n° 1 et vous faites flotter les deux faces alter¬
nativement sur le liquide, en veillant à ce qu’il n’y ait pas de bulles
d’air. Vous laissez alors la feuille dans la cuvette avec le numéro
au-dessus et vous prenez la deuxième feuille, et ainsi de suite jus¬
qu’à ce que toutes les feuilles soient immergées. Vous prenez alors
la dernière feuille et la placez au-dessous des autres, en regardant
187 —
encore s’il n’y a pas de bulles d’air. Vous continuez à procéder
ainsi jusqu’à ce que le n° 1 apparaisse au dessus. Vous levez alors
la feuille doucement, la faites égoutter et la suspendez par un angle
à une corde ou tout autre support, et vous fixez au dessous un petit
morceau de papier Joseph qui absorbera tout le surplus de la
solution.
Le séchage doit se faire dans le laboratoire, à la lumière inacti-
nique, et, dès ce moment, on ne doit plus soumettre le papier ni
à la lumière blanche, ni à la
vapeur d’eau.
Ainsi préparé, il se conserve
longtemps, à moins qu’il ne
soit fortement encollé. On s’a¬
perçoit de la détérioration du
papier lorsqu’il perd sa belle
couleur orange ou jaune et qu’il
devient d’un brun gris.
Il y a d’autres moyens
d’employer le sel de chrome,
nous les indiquerons plus
tard.
Gomme. — Il faut ensuite
procéder au choix de la solu¬
tion de gomme. Il y a plusieurs espèces de gommes, mais une
seule semble adaptée à ce procédé si l’on veut de bons résultats.
C’est la gomme acacia du Soudan, connue sous le nom de gomme
arabique; onia prendra en morceau et jamais en poudre. On la dis¬
sout pour faire la solution de réserve dans la proportion de 4 par¬
ties de gomme pour 10 parties d’eau froide. Si la gomme est brisée
en petits morceaux et qu’on agite le liquide, tout sera fondu en
une soirée. Enlevez les impuretés qui surnagent en filtrant à travers
une fine mousseline.
Pour travailler facilement, on prend une quantité de GO grammes
— 188 —
de gomme dissoute dans 140 ce. d’eau. On la conserve dans un
flacon bien bouché, à large goulot.
-$:o:e
Couleurs. — Nous avons ainsi sensibilisé notre papier et préparé
le mucilage. Nous devons maintenant choisir la couleur, la mélanger
à la gomme et en enduire le papier.
C’est ici, semble-t-il, que beaucoup d’amateurs ont rencontré des
difficultés dans le procédé. Mais il n’y a pas de raisons pour qu’il
y en ait eu de sérieuses. C’est plutôt une question d’habitude et
d’observance stricte de travailler toujours dans les mêmes con¬
ditions avec des quantités connues. Je conseillerai d’abord de
n’employer que trois couleurs. Elles se travaillent facilement et
vous apprendrez vite à connaître les caractéristiques de votre
mélange. Les couleurs en tubes et autres couleurs d’aquarelle
sont composées d’éléments si variables, que les résultats en les
employant sont toujours incertains; de plus, il est difficile de
prendre des quantités toujours égales de couleur en pâte ou en
gâteau.
Je conseille donc l’emploi de poudres, et les couleurs les plus
employées sont le noir végétal ainsi que les ocres rouge et jaune ; avec
ces couleurs, on peut, par combinaisons, varier les teintes à l’infini.
Je recommande aussi de mesurer toujours exactement les quan¬
tités de poudre et d’en prendre note soigneusement. Vous trou¬
verez aussi qu’il est bon de numéroter chaque combinaison, d’en
couvrir un morceau de papier, de l’impressionner et d’en dépouiller
une partie ; on laisse de plus une portion blanche sur laquelle on
inscrit ses notes. En procédant ainsi, on peut toujours obtenir des
duplicata dans la teinte exacte ou faire telles modifications que l’on
juge nécessaires.
Mélange de la gomme et des poudres. — Pour mélanger la
gomme et la poudre, prenez 15 cc. de la solution de gomme à
4 pour 10 d’eau, à laquelle vous ajoutez 15 cc. d’eau, de manière
à avoir une solution de gomme à 2 pour 10. Mélangez bien. Je
— 189 -
dirai plus loin pourquoi je recommande de faire la solution de
réserve à 4 pour 10.
Pesez alors 0,8 gramme de noir végétal en poudre et versez-le sur
une plaque de marbre ou de verre d’environ 30 c3. Sur le petit tas
de poudre, versez quelques gouttes de la solution de gomme, et
avec un couteau à palette, écrasez soigneusement la pâte jusqu’à ce
qu elle soit dans sa plus grande finesse. Cela prendra de cinq à dix
minutes ; et de la réussite de l’opération dépendra, en grande partie,
1 échelle des gradations dans l’épreuve. Prenez la pâte avec le
couteau, mettez-la dans une soucoupe et versez plus dégommé sur
la plaque deverre;
on arrive, avec un
peu de pratique, à
enlever, toute la
pâte qui y était
restée adhérente ;
on verse alors le
restant des 30 cc.
de gomme dans la
soucoupe et l’on
malaxe le tout avec
la brosse à étendre.
La brosse la
meilleure pour
étendre le mucilage sur le papier est la brosse à peindre à l’huile de
deux pouces de large.
D. Van den Hove.
Etend âge. — Prenez maintenant une planche à dessiner bien
égale et couvrez-la de deux épaisseurs de fort papier buvard. Fixez
dessus une de vos feuilles bichromatées, qui doit être absolument
sèche, en mettant le côté marqué en dessous. Tout ceci se fait à la
lumière jaune.
Mélangez bien la mixture de gomme colorée avec le pinceau;
essuvez-le contre le bord de la soucoupe et étendez également la
couleur sur le papier en croisant les couches une ou deux fois.
190 —
Vous verrez alors que le papier s’est fortement étendu; enlevez
les pointes et retendez doucement, puis remettez les pointes.
Prenez maintenant une large brosse douce en poils de blaireau de
4 pouces. Tenez-la verticalement entre deux doigts, très légère¬
ment, et passez très rapidement sur la gomme, en tout sens, jus¬
qu’à ce qu’elle commence à sécher, et que le papier soit recouvert
d’une mince couche de couleur semi-transparente. Avec un peu
d’habitude, on arrive facilement à promener comme il faut le blai¬
reau, ou plutôt à l’agiter au-dessus de la gomme de manière à
obtenir une couche régulière, sans stries ni marques.
Sans doute, beaucoup de mécomptes se sont produits par suite de
l’emploi d’une trop grande quantité de couleur. Il est étonnant
comme il en faut peu. J’ai obtenu d’excellents résultats avec 0,5 gr.
de noir végétal délayé dans 30 cc. de la solution diluée de gomme,
et je double rarement cette quantité, même lorsque des ombres très
fortes sont réclamées; comme je l’ai dit plus haut, toutes les teintes
peuvent être obtenues en mélangeant les couleurs désignées
ci-dessus. Les ocres et les terres d’ombre, les sépias et les terres
de Sienne doivent être employées à raison de 2 à 3 grammes par
30 cc. de la solution de gomme.
Séchage. — Pour voir si le papier a été correctement couvert,
coupez-en un petit morceau, faites-le sécher et faites-le flotter face
en dessous sur de l’eau froide. Toute la couche doit se dissoudre
dans l’eau, tout au moins en agitant un peu celle-ci ou avec un léger
frottement du blaireau.
Il vaut mieux laisser sécher spontanément le papier, après l’avoir
couvert de la mixture ; mais si l’on désire le garder quelques jours,
il faut le faire sécher doucement devant le feu avant de le mettre
dans un portefeuille.
J’ai conseillé de faire la solution de gomme à 4 pour 10, d’abord
parce qu’elle se conserve mieux ainsi, et ensuite parce qu’on peut
encore s’en servir suivant l’ancienne méthode, dans laquelle on
mélange en une fois la gomme, le bichromate et la couleur, sans
sensibiliser au préalable le papier : on prend, dans ce cas, 15 cc. de
la solution concentrée de gomme, 15 cc. de la solution de bichro¬
mate à 10 pour 100, et on y malaxe la couleur.
— 191
Impression. — Le temps de pose, comme on l’a dit plus haut,
dépend beaucoup de l’intensité de la lumière. L’impression se fera
dans une forte lumière diffuse, et non pas au soleil; comme règle,
il faudra deux ou trois degrés d’un actinomètre Burton pour un
papier non recouvert d’une couche trop épaisse, et en employant
le côté jaune du papier dont on a découpé une bande. Les couleurs
rouges et brunes demandent plus de pose que les noires. L’ex¬
périence seule
pourra amener à
connaître l’expo¬
sition exacte.
La pose peut
être jugée suffi¬
sante lorsque les
principales om¬
bres apparais¬
sent teintées par
transparence.
La surexposi¬
tion donne de la
douceur, et si
elle est poussée trop loin, obscurcit complètement les demi-teintes
et les hautes lumières.
Avec la sous-exposition, les demi-teintes sont complètement
solubles.
E. Stadeler.
Dépouillement. — Le développement n’est pas difficile, mais il
est susceptible d’une grande variété dans son traitement. Mettez
l’épreuve imprimée, face en dessous, dans une cuvette profonde
remplie d’eau froide, et laissez-la flotter ainsi cinq ou dix minutes.
Levez alors avec soin un coin. On peut généralement se faire déjà
une idée du traitement subséquent à lui faire subir.
Si la mixture dans les fortes lumières et les demi-teintes com¬
mence à se soulever, le traitement devra être très doux. Si rien ne
se soulève encore, si ce n’est sur les bords protégés par le châssis,
14
— 192 —
vous pouvez croire à une pose pleine. Laissez, dans ce cas, flotter
encore lepreuve pendant cinq à dix minutes, ou même plus, en
changeant l’eau pour enlever le bichromate. Ne laissez pas le côté
coloré de l’épreuve toucher le fond de la cuvette, et ne la placez
jamais face en dessus à moins de la rincer fréquemment; vous auriez
sinon des taches qu’il serait impossible d’enlever. Si la pose a été
correcte, vous aurez maintenant une idée de l’aspect général de
l’épreuve.
Enlevez-la de l’eau et fixez-la sur une planchette un peu plus
grande que le papier. Si l’épreuve est sous-exposée, en versant
tout doucement de l’eau dessus, vous enlèverez tout l’excès de cou¬
leur; mais si quelques parties résistent à l’action de l’eau, attaquez-
les très légèrement avec un blaireau large, en commençant par les
bords et 1 avant-plan. De temps à autre versez de l’eau sur le tout
pour enlever les particules détachées.
Les parties claires de l’épreuve seront maintenant à point ;
seules, les ombres résistent encore. Frottez-les doucement avec une
brosse un peu dure. Tenez la brosse toujours bien mouillée et
arrosez fréquemment l’épreuve. S’il y a des nuages dans le négatif,
en traitant le ciel avec prudence, on les conservera.
Opéi ations finales. A ous avez maintenant une épreuve qui
vous montre enfin une image complète. Restent les opérations
finales que quelques-uns prétendent n’être plus du domaine de
la photographie ; quoi qu’il en soit, c’est de l’application habile de
poudre ou du travail au pinceau que dépend maintenant grande¬
ment le succès de l’œuvre.
Un petit coup ici, un petit coup là éclairciront les parties trop
opaques, en travaillant toujours avec des blaireaux de différents
formats.
Parfois 1 impression aura été trop loin, et le pinceau ne suffira
pas. On emploiera alors avec prudence de l’eau chaude, bouillante
même, ou bien un mince jet d eau tel qu’en donne un vaporisateur.
En fait, il n y a pas de limites dans les différentes manipulations
qu on peut faire subir à l’épreuve, mais il faut cependant ne pas
— 193 —
enlever trop, car on ne pourrait admettre l’application des couleurs
à la brosse.
Fixage. — Après le développement complet de l’image, il reste
une dernière opération à faire pour enlever toute trace de bichro¬
mate de potasse. On passe l’épreuve dans un bain clarifiant com¬
posé d’alun, de sulfite de soude ou même d’hyposulfite de soude ;
le degré de concentration a peu d’importance si on lave encore
quelques minutes l’épreuve. Si l’épreuve a été imprimée faiblement,
on emploiera une solution étendue, on s’assurera qu’elle n’est pas
acide et on lavera peu.
L’épreuve doit sécher spontanément. N’essayez pas de la sécher
entre des feuilles de buvard.
Je terminerai ici cet article, craignant que vous ne trouviez que
j’ai fait une très longue histoire d’un sujet très simple.
(Traduit pour le Bulletin par M. Y.)
Le développement moderne
par Alfred WATKINS (i)
e pouvons-nous pas échapper
à l’esclavage des formules?
N’est-ce pas un fait que chacun
de nos amis emploie un révé¬
lateur composé de façon diffé¬
rente, et chacun ne trouve-t-il
pas que- son révélateur donne
les résultats qu’il désire? Nos
experts les plus instruits dans les questions de développement,
lorsque à bout de conseils ils sentent la triste conviction qu’après
tout ils n’ont pas donné d’instructions exactes aux commençants,
ne dissimulent-ils pas le vague de leurs informations par la remarque
inutilement impertinente que l’ingrédient le plus important dans
le révélateur est l’intelligence ?
Il y a certainement quelques principes simples qui entrent en
ligne de compte. Il y a cinq ans, j’ai essayé par des expériences
comparatives très soigneuses (plusieurs centaines) de m’assurer de
l’influence exacte de chaque composant du révélateur et de voir
quelle action il peut exercer sur les résultats.
(I) Extrait OC Anthony' s Animal.
— 195 —
Je ne puis pas essayer de donner ici d’une façon détaillée les
résultats, mais sommairement je suis arrivé à ceci :
Qu’on peut exercer une certaine action sur les résultats ( a . pour
les sous-expositions) en omettant le bromure de potassium ou en
n’en employant qu’une trace, et (b. pour les surexpositions) en
employant beaucoup de bromure depuis le commencement ; que
tous les révélateurs amènent la même quantité de détails si leur
action est suffisamment prolongée.
Que les variations dans la quantité d’alcali, ou d’agent révélateur,
altèrent seulement la rapidité du développement (excepté s’il y a
production de voile).
Que lorsque tous les détails ont apparu, aucune modification ou
altération du révélateur ne peut changer la marche du développe¬
ment, mais bien sa rapidité (excepté s’il y a production de voile).
En d’autres termes, qu’aucun tâtonnement dans le développement,
addition d’alcali, etc., ne donne de meilleur résultat que si l’on con¬
tinue avec le révélateur tel qu’on l’a employé au début.
Que, quel que soit le révélateur employé, on passe par certains
degrés de contrastes et que le grand pouvoir du développement
consiste à s'arrêter au degré exact.
En tout cas, les contrastes augmentent à mesure que s’avance le
développement jusqu’à une limite qui dépend de la qualité de la
plaque.
Que le point sur lequel les révélateurs diffèrent est la relation
entre l’apparition de l’image et l’obtention de la densité d’impres¬
sion. Une classe de révélateurs (le métol, le rodinal, etc., par
exemple) fait apparaître vite les détails et la densité vient
lentement; une autre classe (acide pyrogallique concentré, hydro-
quinone, etc.) amène les détails d’une manière relativement lente,
les fortes lumières ayant déjà gagné une intensité considérable.
Que ces deux classes de révélateurs donnent des résultats
identiques, si on les arrête au même point lorsque tous les détails
sont sortis.
Manière de procéder.
1. Choisissez un révélateur qui, avec une plaque donnée, fait
venir la densité en un temps raisonnable, et cependant pas assez
rapide pour travailler sans crainte de voile, et ne l’abandonnez pas
avant de bien connaître lorsqu’il y a sous ou surexposition.
2. Arrêtez le développement au degré qui donne le contraste
convenable.
Quand faut-il arrêter le développement?
Le principal contrôle des résultats se rencontre donc dans la
durée du développement. L’ancienne méthode consistait à regarder
la plaque par transparence contre la lumière rouge; c’est là un
procédé défectueux qui amène beaucoup d’erreurs. Dans mes
essais, j’ai trouvé que le développement se faisait en des temps
réguliers et qu’on peut le comparer à un voyage ; si nous observons
le temps qu’il nous a fallu pour accomplir une partie du voyage,
nous pouvons calculer le temps qu’il nous faudra pour l’accomplir
tout entier.
La première période du voyage s’écoule ici entre le moment où
l’on verse le révélateur sur la plaque et celui où l’on voit apparaître
l’image ; la seconde période s’écoule entre le moment où l’image
apparaît et le moment où la densité requise est atteinte. Il y a une
relation constante entre ces deux périodes, de sorte que lorsque
nous connaissons le temps qui s’est passé dans la première, nous
pouvons en déduire le temps qu’il faudra à la seconde, en multi¬
pliant le premier temps par un certain nombre, le facteur multipli¬
cateur. Ce nombre dépend du révélateur et, dans une mesure plus
étroite, de la plaque. Il n’est pas modifié (ce qui est important) par
les variations dans la température, par la quantité d’alcali ou par une
dilution plus forte (excepté pour l’acide pyrogallique et l’amidol).
L’emploi du facteur.
Lne montre peut servir à mesurer le développement par ma
méthode, mais l’eichronomètre est plus commode. C’est une petite
horloge avec un cadran de 10 minutes et un simple calculateur pour
multiplier le temps d’apparition par le facteur.
Lorsque votre révélateur est prêt et que la plaque est dans la
cuvette, vous mettez l’aiguille de l’eichronomètre au0(ou, avec une
montre, vous attendez que l’aiguille des secondes touche GO) et vous
197 —
versez le révélateur sur la plaque. Vous notez le moment précis où
apparaissent les premières traces de l’image, et ce temps multiplié
par le facteur que vous a fait connaître l’expérience ou quelques
renseignements d’autrui vous donne le temps total du développe¬
ment. Donc si l’image met une minute à apparaître et que le facteur
est 5, vous arrêterez le développement cinq minutes après avoir
versé le révélateur sur la plaque.
Très souvent, le temps d’apparition est une fraction de seconde,
et alors l’eichronomètre donne le temps total sans calcul, comme on
est obligé de le faire avec une montre. Lorsque l’image apparaît,
couvrez la cuvette, que vous agitez de temps à autre jusqu’à ce que
le temps total soit passé, alors lavez le cliché et fixez-le sans l’exa¬
miner.
Variations dans la pose.
Avec une plaque de bonne qualité, une grande latitude est possible
(1 à 10 ou plus) dans certaines limites, et si le développement est
mesuré par cette méthode, les épreuves positives de ces négatifs
seront identiques. Cependant les négatifs qui ont eu plus de pose
seront beaucoup plus denses que ceux qui en ont eu moins. L’ancienne
méthode tendait plutôt à trop développer (dureté) les sous-exposi-
tions et à trop peu développer (faiblesse) les surexpositions.
Le facteur.
Ceci ne doit pas être considéré comme une valeur fixe, inalté¬
rable, mais comme un moyen de vous garder dans vos expériences.
Si, par exemple, le facteur 5 avec un certain révélateur vous donne
trop de contrastes, essayez le facteur 4. Des plaques à émulsions
différentes exigeront souvent aussi quelques variations dans le
facteur.
Le révélateur à employer.
Peu importe lequel. Mais si vous craignez une sous-exposition
ou une forte surexposition, procédez comme il est dit. Une augmen¬
tation de bromure diminue le facteur, et son omission augmente le
facteur nécessaire pour obtenir un certain contraste. Avec l’acide
198
pyrogallique ou l’amidol, la dilution de la solution altère le facteur.
En d’autres termes, un faible révélateur au pyrogallol développe
l’image dans le même temps exactement qu’un révélateur plus éner¬
gique, mais ce dernier amène bien plus vite la densité. Dans tous les
autres révélateurs, la dilution n’altère pas le facteur, et le temps
d’apparition de l’image est toujours également proportionnel au
temps total du développement.
Le révélateur au pyrogallol-ammoniaque ne peut pas être mesuré
par cette méthode, à cause de la nature volatile de l’alcali.
Liste des facteurs.
l.Pyrogallol-soude, 0,2 gr. par lOOcc. d’eau, 0,1 gr. bromure 11
2. » 0,4 gr. » 0,2 gr. » G
3. » 0,5 gr. « 0,3 gr. » 5 1/4
4. » 0,8 gr. » 0,4 gr. » 4 1/2
5- » 1 gr. » 0,8 gr. »> 3 3/4
Hydroquinone (soude caustique ou carbonate) ... 51/2
Iconogène . 9
Métol . 28
Glycine . 14
Amidol 0,4 gr. dans 100 cc. d’eau . 18
Pyrogallol-métol (impérial) . 13
Rodinal . 49
Métol-hjdroquinone . 13
La liste ci-dessus n’est donnée que comme guide pour un premier
essai, et le facteur sera changé au gré du photographe.
Pour les négatifs de ciels, employez des facteurs de moitié environ
de ceux ci-dessus; pour paysages de neige ou de glace, environ 2/3.
Une variation dans la quantité de bromure modifie généralement
le facteur, une augmentation de celui-ci, fait descendre le facteur.
Pour augmenter les contrastes dans l’épreuve, augmentez le fac¬
teur, et pour les diminuer, diminuez ce facteur.
Il vaut mieux travailler en vue d’un contraste défini dans
1 épreuve qu’en vue d’une densité définie dans les fortes lumières
du négatif. N’espérez pas avoir des négatifs uniformes pour l’im-
199
pression sans mesurer exactement vos temps de pose, ce pourquoi
un photomètre peut être un guide utile.
Sous-exposition.
Lorsqu’on s’aperçoit, après l’apparition des premiers détails,
qu’il y a sous-exposition, il n’y a aucun avantage à ajouter de
l’alcali ou à modifier le révélateur en quoi que ce soit. La chose
importante est d’éviter un trop long développement et de s’arrêter
au moment indiqué par le facteur. Un négatif transparent peut
donner une belle épreuve; un négatif opaque, jamais. Mais lorsque
vous savez d’avance qu’il y a eu sous-exposition — comme dans la
plupart des travaux à la détective, il y a certainement avantage à
employer un révélateur sans bromure, si la plaque peut le suppor¬
ter. Les facteurs pour le pyrogallol-soude sans bromure sont à peu
près le double de ceux qui ont été indiqués.
Surexposition.
On peut obtenir de très bons négatifs malgré la surexposition, à
condition de ne pas arrêter le développement trop tôt afin d’avoir
de la densité. Dans les très fortes surexpositions, il y a cependant
avantage à n’employer qu’un très faible multiplicateur : 1,5 gr.
d’acide pyrogallique et 0,5 gr. de bromure pour 100 cc. d’eau avec,
mettons 3 gr. de carbonate de soude, conviennent dans ce cas.
Pour obtenir le plein effet de ce révélateur qui semble éviter le
halo, il faut l’employer dès le début.
(Traduit pour le Bulletin parM. V.)
ur les substitutions alliées
DANS LES GROUPES DE LA FONCTION DÉVELOPPATRICE
PAR MM. LUMIÈRE FRERES ET SEYEWETZ
es auteurs qui ont étudié
les relations existant
entre la constitution
des développateurs aro¬
matiques et leur pro¬
priété de révéler l’ima¬
ge latente photogra¬
phique, sont arrivés à
des conclusions iden¬
tiques relativement à l’influence des substitutions alkylées sur
les propriétés révélatrices des substances dont la fonction dévelop-
patrice est constituée uniquement par des groupes phénoliques.
« Les propriétés révélatrices ne subsistent alors que s’il reste dans
la molécule au moins deux oxhydriles intacts en position ortho ou
para. »
Dans le cas des amidophénols ou des pol}ramines, les opinions des
auteurs ont été divergentes (1), et jusqu’ici la question n’avait pas
été élucidée d’une façon assez complète pour qu’on pût tirer des
conclusions certaines.
(1) A. et L. Lumière, les Développateurs organiques en photographie, p. 19;
Andresen, Photographische Mittheilungen. Novembre 1891.
201
Nous avons repris l’étude de cette question pour les paradérivés,
partant des deux composés initiaux, la paraphénylène diamine et le
paramidophénol, et examinant ce que deviennent les propriétés
développatrices de ces substances quand on y substitue successi¬
vement un ou plusieurs radicaux méthylés par exemple.
Dans ce but, nous avons expérimenté les corps suivants :
(1) Monométhylparaphénylène diamine. . . .
(2) Diméthylparaphénylène diamine asymétrique
(3) Tétraméthylparaphénylène diamine. . . .
(4) Monométhylparamidophénol .
(5) Diméthylparamidophénol .
(6) Paraanisidine .
CG H4
C6 H4
Cc II 4
C6 II4
CG 114
CH H4
/NHfClhj (1)
\NH4 (4)
^N(CH5)2 (1)
\N H- (4)
(C II3)2 (1)
\N (C H ’)2 (4)
^OH (1)
\NH (C U3) (4)
^OH (1)
\N(CH3)2 (4)
C H3 (1)
\N H2 (4)
Il résulte de nos essais que les substances n<« 1, 2, 3, 4 et 5 sont
des développateurs de l’image latente; ceux ne renfermant que des
groupes amidogènes, substitués ou non, tels que les corps n°« 1, 2
et 3, peuvent même fonctionner comme révélateurs sans addition
d’alcali, simplement en présence du sulfite de soude. Par contre, le
composé n° 6 donne des résultats négatifs au développement.
Ce que nous avons observé pour des substitutions méthylées doit
sans doute avoir également lieu pour toute autre substitution jouant
un rôle analogue dans les groupes amidogènes ou oxhvdriles,
ainsi C- HA, C5 H7, etc.
De plus, comme nous avons toujours vu jusqu’ici les isomères
ortho substitués jouir des mêmes propriétés développatrices que les
composés substitués en para, on pourra admettre par extension que
l'on obtiendra probablement avec les orthodiamines ou orthoami-
dophénols substitués des résultats analogues à ceux que donnent
les composés en para. On peut donc déduire des expériences pré¬
cédentes :
1° Que les substitutions alkylées effectuées dans les groupes de
— 202 —
la fonction développatrice des diamines ne détruisent pas cette
fonction, quel que soit le nombre des substitutions;
2° Dans les amidophénols, la perte du pouvoir développateur se
produit toutes les fois que la substitution a lieu dans le groupement
phénolique, en supposant qu’il ne reste pas dans la molécule un
autre groupement oxhydrile en position para ou ortho par rapport
à l’amidogène.
Ces conclusions sont rationnelles si l’on remarque que les substi¬
tutions alkylées effectuées dans un groupe amidogène diminuent,
mais ne détruisent nullement les propriétés basiques de ce groupe.
De plus, elles n’empêchent jamais sa transformation en groupe
quinonique par oxydation.
Lorsqu’un oxhydrile est éthérifié, il perd, au contraire, complè¬
tement ses propriétés phénoliques, et il n’y a rien d’étonnant que,
dans ce cas, la propriété développatrice ne subsiste plus.
Le développement en cuvette verticale ("
■y." ^
e commerce nous offre un très grand nombre
de photomètres ou actinomètres qui sont
destinés, d’après leurs inventeurs, à indi¬
quer d’une façon exacte le temps de pose.
Ces instruments peuvent avoir une certaine
utilité, pour les débutants notamment,
mais je pense qu’il est bien peu de photo¬
graphes qui s’en servent, et que ceux qui
en possèdent un l’oublient généralement
chez eux, lorsqu’ils sortent avec leur
appareil.
Poser toujours d’une façon exacte est un idéal auquel personne
n’arrive jamais, dans les travaux de plein air surtout.
Il faut donc trouver un remède pour les erreurs d’exposition ; et
ce remède existe heureusement. Je ne vous apprendrai rien de
neuf en vous disant qu’elles se corrigent par un développement
raisonné.
En employant un révélateur lent, très dilué, dont on puisse varier
la composition suivant les effets que l’on recherche, on arrive à
obtenir de bons négatifs de plaques qui ont reçu des poses très
(1) Communication faite à la Section de Bruxelles, en la séance du 23 février.
— 204 —
variables. Un des révélateurs qui conviennent le mieux à cette fin
est l’acide pyrogallique, dont l’élasticité est proclamée par tous ceux
qui s’en servent.
Les auteurs vous apprennent d’autre part que plus la pose
d’une plaque sensible a été courte, plus le développement devra être
mené avec douceur et lenteur. Il faut arriver à faire sortir le maxi¬
mum de détails avec le minimum d’intensité, afin de ne pas obtenir
un négatif heurté.
Ici encore le révélateur à l’acide pyrogallique convient parfaite¬
ment, mais le développement bien mené est souvent d’une lenteur
telle, qu’il lasse ses plus enthousiastes partisans. De plus, l’acide
pyrogallique a le défaut de s’oxyder rapidement, et il n’est pas rare
que la solution soit absolument impropre au développement, avant
que la plaque soit arrivée à l’intensité convenable.
Parmi les nouveaux révélateurs il y en a plusieurs qui n’offrent
pas l’inconvénient de s’oxyder aussi rapidement, et l’on nous a
signalé dernièrement les éminentes qualités de la glycine (1), qui
permet un développement excessivement lent sans danger de voile,
et sans que la solution montre la moindre coloration. La glycine
convient donc fort bien au développement des plaques qui ont reçu
un minimum de pose, soit la pose instantanée de la plupart des
appareils à main.
Mais demander à l’amateur qui rentre chez lui le soir avec un
châssis-magasin chargé de 12, 18 ou même 24 plaques exposées
(car l’amateur aujourd’hui attache beaucoup d’importance à la
quantité), lui demander qu’il mette une demi-heure à développer
chaque plaque, c’est lui demander l’impossible, et le faire revenir
immédiatement aux révélateurs rapides, malgré leur grave défaut
de ne développer convenablement que les plaques qui ont reçu une
exposition correcte.
On a donc cherché à combiner deux intérêts qui semblaient
opposés : l’intérêt du photographe .qui demande à sortir le plus
vite possible de son laboratoire, et l’intérêt du cliché qui demande
(1) Bulletin de l'Association belge de Photographie , années 1897, p. 700 à 76ü2,
et 1898, p. 38.
— 205 —
à être développé le plus lentement possible. Et l’on a inventé le
développement vertical.
* *
Dans ce système, qui n’est pas nouveau, on place dans une
cuvette pareille à la cuve à laver les plaques verticalement les unes
à côté des autres ; on les recouvre du révélateur dilué et on les
laisse se développer toutes seules pendant une heure, deux heures,
dix heures.... Si l’on a soin de mettre. un couvercle sur la cuvette,
on peut, sans crainte de voiler les plaques, sortir du laboratoire et
vaquer à d’autres occupations.
Différents systèmes de cuvettes verticales ont été mis dans le
commerce, les unes en porcelaine, les autres en carton verni. La
maison J. Hauff et C°, de Feuerbach, vient de mettre en vente un
nouveau système de cuvette qui semble très pratique.
C’est une cuvette en zinc contenant un panier en zinc à rainures
qui glisse à l’intérieur de la cuvette et qu’on soulève à l’aide de deux
tiges de cuivre. Ces tiges, lorsque le panier est relevé, peuvent se
rabattre. On peut ainsi prendre aisément les plaques, sans tremper
les doigts dans le liquide. Les dessins ci-dessus feront comprendre
aisément la disposition très pratique de la cuvette.
Ces cuvettes peuvent contenir 8 plaques 13 X 18 ou 12 plaques
9 X !-• On recommande les solutions suivantes pour le développe¬
ment :
206
a. Pour plaques 9 : 12 cm.
Eau chaude . 200 cm71.
Glycine . 3 gr.
Sulfite de soude cristallisé .... 3 gr.
Carbonate de soude cristallisé ... 45 gr.
Après dissolution complète :
Eau froide . . . 1,300 cm5
b. Pour plaques 13 X 13 cm.
Eau chaude . 400 cm5.
Glycine . 5 gr.
Sulfite de soude cristallisé .... 5 gr.
Carbonate de soude cristallisé ... 75 gr.
Après dissolution complète :
Eau froide . 2,100 cm5
Il ne faut pas employer plus de sulfite de soude, sinon les plaques
pourraient jaunir.
Il va de soi que si la quantité d’eau indiquée ci-dessus ne couvrait
pas complètement les plaques, il faudrait en mettre plus; cela
dépend du nombre de plaques mises dans la cuvette.
Après avoir versé le révélateur dans la cuvette, on soulève le
panier et l’on rabat les deux tiges de cuivre qui maintiennent ainsi
le panier en l’air. On place dans les rainures les plaques exposées,
après les avoir époussetées avec le blaireau. On relève alors les
deux tiges et on laisse descendre le panier jusqu’au fond de la cuve.
Afin de bien mélanger le révélateur et d’empêcher les bulles d’air
de se fixer à l’émulsion, on monte et descend plusieurs fois le panier ;
puis on met le couvercle, et l’on peut quitter le laboratoire.
Les plaques vont maintenant se développer plus ou moins vite
selon l’exposition qu’elles ont reçue. De temps à autre, on observe
la marche du développement. On relève le panier, et on examine
chaque plaque à la lumière rouge. Celles qui semblent suffisamment
développées sont retirées, lavées et fixées; les autres sont replongées
dans le bain.
— 207 —
Une plaque qui a reçu 30 fois trop de pose sera développée en
1.) minutes environ; une plaque qui a eu une pose normale le sera
en 30 minutes; les plaques ainsi exposées seront terminées de une
à trois heures.
Pour les plaques à pose instantanée on peut réduire de moitié la
quantité de carbonate de soude, afin d’éviter la dureté. Le dévelop¬
pement sera naturellement plus long dans ce cas.
Il est bon de ne pas retirer les plaques trop tôt du révélateur, car
elles baissent un peu au fixage. On aura soin de ne pas introduire
d hyposullite dans le révélateur, sinon on aurait un voile jaune.
Les négatifs ainsi développés se distinguent par leur clarté, leur
grain fin et l’absence de voile.
Après avoir retiré toutes les plaques on verse le révélateur — qui
peut encore, au besoin, servir pour une nouvelle série — on rince
soigneusement la cuvette et son panier, et on les laisse sécher.
Comme on le voit, cette méthode est très pratique, très commode,
et elle nous a donné des résultats excellents.
M. Vanderkindere.
15
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REVUE DES JOURNAUX PHOTOGRAPHIQUES
The Amateur Photographer.
(N° 692.)
Photographie au clair de lune. — A fl 16 avec des plaques rapides une pose de
10 à 15 minutes donne un bon négatif lorsque la lune est pleine. La meilleure
époque est l’hiver, notamment octobre, février et mars. La grande difficulté est
de percer les ombres. On y arrive assez bien les jours où la lune est voilée de
temps à autre par des nuages. Alors la lumière diffuse agit suffisamment pour
imprimer des détails dans les parties non éclairées. Mais si l’on n’emploie que
la lumière diffuse, on n’aura qu’un cliché plat, sans opposition.
Platine. — Un moyen de sauver les épreuves qui ont eu trop de pose. Si l’on
s’aperçoit de l’excès de pose avant de retirer l’épreuve du châssis, on continuera
à imprimer jusqu’à ce que l’image soit venue tout entière, comme dans un
papier à noircissement direct, et l’on se contente de fixer dans le bain d’acide
chlorhydrique sans employer d’oxalate de potasse.
(N° 693.)
Ortol. — Un nouveau révélateur fabriqué par MM. J. Hauff et C°.
M. Andrew Pringle en lait un grand éloge. On prépare en solutions :
A. Eau . 1.000 cc.
Métabisulfite de potasse .... 7,5 gr.
Ortol . 15 gr.
B. Eau . 1.000 cc.
Carbonate de soude . 120 gr.
Sulfite de soude . 180 gr.
On emploie les deux solutions en parties égales pour le révélateur normal.
Le liquide a une couleur plus brune que la solution de métol ou d’amidol et sa
coloration se rapproche de l’acide pyrogallique. L’ortol est très sensible au
bromure de potassium. Son activité est également fortement augmentée par
l’adjonction d’un alcali. Si l’on veut une forte intensité, on peut employer la
— 209 —
potasse caustique. Andrew Pringle a développé plusieurs plaques très rapides
avec des proportions égales d’une solution d’ortol et d’une solution à 2 p. c- de
potasse caustique sans bromure, et n’a pas obtenu de voile.
Le mélange des deux solutions reste longtemps à peu près incolore et peut
servir à développer plusieurs plaques.
En résumé, M. Pringle, qui est une autorité, reconnaît à ce nouvel agent réduc¬
teur une élasticité plus grande, si c’est possible, qu’à l’acide pyrogallique, dont
il semble devoir être un sérieux rival. Il a le mérite de ne pas voiler les plaques
et d’ètre très sensible au bromure et aux alcalis. A essayer.
(N° 697.)
Révélateur pour positives à projection. — John A. Hodges recommande spé¬
cialement l’acide pyrogallique, puis l’oxalate de fer, puis, en troisième lieu,
l’hydroquinone.
Voici la composition du révélateur au pyrogallol qui donne des tons chauds :
Sulfite de soude .
. . 28
gr.
Eau distillée .
. . 1.000
cc.
Acide citrique .
. . 7
cc.
Bromure de potassium . . .
. . 2
gr.
Acide pyrogallique .
. . 2
gr.
On remarquera la grande quantité d’acide citrique et de sulfite de soude, et
la petite quantité d’acide pyrogallique. Cette proportion seule donne des tons
chauds avec une plaque bien exposée.
Cette solution se conserve très longtemps. Au moment où l’on veut s’en
servir, on y ajoute une minime quantité d’ammoniaque, soit environ 6 ce., puis
100 ce. de la solution de pyrogallol.
The Photographie Journal.
(N° 2.)
Négatifs renversés. — On place un cliché non verni dans :
Eau . 300 ce-
Solution de potasse caustique 1:3.. 15 cc.
Formaline . 4 cc.
Après cinq minutes d’immersion, la plaque est retirée et lavée sous le robinet
et placée dans un bain de :
Eau .
Acide chlorhydrique
300 cc.
10 à 15 cc.
— 210 —
Après cinq minutes, la pellicule se détache facilement, on la laisse llotter dans
l’eau et on la reporte a l’envers sur la plaque dont on l’a enlevée et on laisse
• sécher (formule de A. Lavner).
D. D.
British Journal of Photography.
(N° 1957.)
Ortol. — L’ortol est un nouveau développateur de IlaulT; encore un ol de plus
dans la série déjà connue. En voici la formule donnée par la maison Hauff.
Solution A ;
Eau . 480 cc.
Métabisullite de potasse . 3,50 g'r.
Ortol . 7,50 gr.
Solution B :
Eau .... . . .... 125 oc.
Sulfite de soude cristallisé . 8,40 gr.
Carbonate de soude cristallisé ■ . . 8,40 gr.
l’ourles portraits, prenez une partie de A et une partie de B: pour les pay¬
sages, une partie de A, une partie de B et une partie d’eau. En été, ajoutez 4 à
8 gouttes d’une solution de Bromure de potassium à 10 p. c.
Vernis. - Vernis, quoi , me disent des amateurs et des professionnels,
connais pas. A quoi ça sert-il ? c’est inutile, je ne sais pas même comment
l’employer. C’est possible, mais les vieux du collodion connaissent les vernis,
savent s’en servir, parce qu’alors tout cliché devait être verni, sous peine d’être
rayé à la première impression. Voici quelques formules pour ceux qui emploient
les vernis et pour ceux qui désireraient les employer.
Vernis mat — La meilleure formule serait :
Sandaraque . 90 gr.
Mastic . 125 gr.
Éther . 1.200 cc.
Benzine . 590 cc.
Dissoudre d’abord les résines dans l’éther et puis ajouter la benzine. Si l’on
chauffe le cliché, ce vernis devient très dur.
Lainer remplace la benzine par le toluène :
Sandaraque . 10 parties.
Éther . 100 »
Toluène . 35 à 40 »
— 211 —
Ternis à retoucher. — On peut préparer ces vernis à l’essence de térében¬
thine ou à la benzine ou un mélange des deux. L’essence de térébenthine
met plus de temps à sécher :
Dammar .
Essence de térébenthine (du commerce).
ou bien
Dammar .
Caoutchouc pur .
Benzine .
ou bien :
Dammar .
Essence de térébenthine. .
Benzine .
Essence de lavande .
Vernis noir :
Bitume . 10 parties.
Cire jaune en copeaux . { »
Noir d’ivoire) . . . 2 »
Essence de térébenthine. . . . 100 »
Laisser digérer pendant trois heures et secouer pour faire dissoudre au bain
marie.
Formule de Flick :
Sandaraque .
Alcool absolu .
Nigrosine (solution alcoolique à 5 p. e.)
■ ■ 10 parties.
• • 100 »
. . 10 »
Vernis mat noir :
Eau .
Borax . .
Comme laque .
Glycérine .
100 parties.
15 »
30 »
15 »
Dissolvez à chaud et ajoutez :
Noir d’aniline .
60 parties.
Vernis à froid. — De Valenta :
Sandaraque .
Essence de lavande .
Alcool .
18 parties.
1 partie
100 parties
Vernis ammoniacal :
Gomme laque .
Alcool absolu ammoniacal . . .
8 parties.
100 »
1 partie.
5 parties.
20 parties.
2,5 »
500 «
10 parties.
75 »
75 «
’ 2 »
— 212
Vernis à l’acétone :
De Valenta
Copal de Zanzibar . . .
. . . 30
parties.
Ambre .
. . . 5
))
Éther .
. . . 300
»
Acétone .
. . . 200
»
Chloroforme .
. . . 20
))
Sandaraque .
. . . 100
parties.
Benzine .
. . • 400
»
Acétone .
. . . 400
))
Alcool absolu ....
• . . 200
))
(N° 1959.)
Bouquet de virages. — Aux amateurs d’épreuves argentiques, brillantes et
autres, voici des formules de virages avec des métaux divers :
Chlorure de palladium . 1 gr.
Chlorure de sodium . d gr.
Eau . 100 cc.
Quand les sels sont dissous, ajouter 10 cc. acide acétique et 400 cc. d’eau.
Vire au noir, mais les blancs jaunissent un peu, ce qu’on peut enlever avec une
solution d’ammoniaque à 5 p. c.
MM. Kelly et Humbly donnent :
Chloropalladinate de potasse . . . 0,4 gr.
Chlorure de sodium . 4 gr.
Acide citrique . 4 gr.
Eau . 1.000 cc.
Vire du sépia au noir.
Le chlorure double de rhodium et de sodium donne une couleur rouge brique.
L’iridium donne un bon ton violet avec la formule :
Tartrate neutre de soude . 0,15 gr.
Chlorure d’iridium et de potassium . . 1,50 gr.
Eau distillée . 100 cc.
Faire bouillir pendant dix minutes, ajouter 400 cc. d’eau et 10 cc. acide
acétique.
L’osmium donne un ton bleu dans les demi teintes et brun dans les
ombres :
Chlorure d’ammonium et d’osmium. . 1 gr.
Chlorate de sodium . 8,04 gr.
Succinate de sodium . 4 gr.
Acide succinique . 12 gr.
Eau . 1.000 cc.
— 213 —
Le bismuth donne une couleur brune :
Nitrate acide de bismuth . 20 gr.
Acide acétique . 100 cc.
Eau distillée . 1 .000 cc.
Tons carmins, d’après Mercier.
Une épreuve virée à l’or, fixée et bien lavée, traitée par :
Bichlorure de mercure .... 0,25 gr.
Chlorure de sodium . 5 gr.
Eau distillée . 1.000 cc.
Donne un ton carmin.
D. D.
Wiener photographische Blâtter.
(Octobre 1897.)
Renforcement des platinotypies. — On prépare une solution concentrée
d’acide gallique et une solution de nitrate d’argent à 10 p. c. Pour le renforce¬
ment on prend :
50 cm5 de solution d’acide gallique.
2 » » de nitrate d’argent.
50 » d’eau.
10 gouttes d’acide acétique cristallisable.
La copie doit avoir séjourné un certain temps dans l’eau pour que le papier
s’imbibe plus facilement. Le renforçateur ne se conserve pas. (Ne pourrait-on
pas l’additionner de colle de poisson comme Liesegang le préconise pour le
développement des papiers à l’argent ?) — Si la vigueur désirée est obtenue, on
lave la copie dans deux ou trois eaux acidulées d’acide acétique. — En trai¬
tant par le bain suivant, on substitue du platine à l’argent déposé :
1 gr. choroplatinite de potasse.
15 cm3 d’acide phosphorique.
600 cm3 d’eau.
Vue par transparence, l’image doit paraitre complètement noire; finalement
on lave une demi-heure à l’eau.
Des copies sous-exposées, traitées de cette façon, acquièrent trop de con¬
trastes; il ne faut donc faire subir un renforcement qu’aux copies présentant
suffisamment de détails dans les lumières.
(Septembre 1897.)
Copies par contact sur papier au gélatino-bromure. — L’auteur de l’article qui
vante les qualités de ce genre de papier dit qu’il est avant tout nécessaire de
faire usage d’un développateur souple. — Comme tel, il préconise le bain à la
glycine, préparé comme suit :
I. Eau . 100 cm3.
Sulfite crist. . . . 5gr.
Glycine . 1 gr.
II- Eau . 100 cm3.
Carbonate de potasse. 20 gr.
Moins on prend dépotasse et plus on prend d’eau, plus l’image sera harmo¬
nieuse; plus on prend de potasse et plus le bain est concentré, plus aussi
l’image sera brillante. Une addition de bromure ralentit l’action du bain et
conserve les blancs purs, mais il faut augmenter la pose dans ce cas.
Si le papier donne gris, exposez suffisamment longtemps et ajoutez beaucoup
de bromure. Le résultat sera une image brillante.
D’ordinaire (Papier Eastman C°) on développe avec un mélange de 100 cm3
n° I et 10 cm3 n° IL — En prenant 100 cm3 I, 25 cm3 II et 100 cm3 d’eau, la
teinte delà copie sera plus grise, et l’image sera plus dure.
Si le négatif est gris et faible, prenez 100 cm3 I, 50 cm3 II et 75 cm3 d’eau.
En ajoutant 2 à 5 gouttes de bromure on augmentera le brillant de l’image.
Le ton noir-gravure et le ton sépia s'obtiennent facilement avec le papier pla-
tino-bromure d’Eastman.
Les négatifs très faibles doivent être exposés à la lumière faible d’une lampe à
pétrole. — Les négatifs durs doivent être imprimés à la lumière du jour, pen¬
dant très peu de temps et en couvrant le châssis-presse d’une feuille de papier
blanc. Pour le développement de ce genre de papier on recommande :
A. Eau distillée . 100 cm3.
Oxalate neutre de potasse ■ . . 33 gr.
B. Eau . . 100 cm3.
Sulfate de fer crist . 30 gr.
Acide sulfurique . 6-10 gouttes.
C. Eau . 100 cm3.
Bromure . 10 gr.
Après exposition, on plonge le papier dans l’eau, puis on développe dans un
mélange de
6 parties A,
1 partie 2?,
quelques gouttes C.
L’image apparaît lentement, vigoureusement et avec beaucoup de brillant.
Dès que les noirs sont suffisamment intenses, on jette le bain et on traite a
trois reprises différentes (de minute en minute) par de l’eau acidulée d’acide
acétique [1,000 : 5].
Puis on fixe pendant dix minutes dans un bain d’hyposulfite de soude
à 20 p. c., on lave bien et l’on sèche.
Pour sépia, on imprime plus vigoureusement.
, Les copies séchées sont ensuite traitées dans le bain de virage-sépia suivant :
Eau bouillante. . . 1,000 cm3.
llyposulüte de soude. 150 gr.
Alun . 15 gr.
On dissout d’abord l’hyposulfite, puis l’alun. Ne pas filtrer la solution
laiteuse. — Un bain de quelques jours agit mieux qu’un bain neuf. Les
meilleurs résultats s’obtiennent avec un bain chaud (44 à 48° C et si l’on vire
pendant 30 à 40 minutes. Après le virage on traite la copie par un bain d’alun
(3 p. c.) tiède, on lave soigneusement, puis on sèche.
(Décembre 1807.)
Sur L’efficacité de L’emploi des écrans rouges pour Lanternes de chambre] noire.
— Des essais sur différents écrans rouges du commerce (verre, étoiles, etc.) ont
été faits par un amateur viennois, en vue d’établir le degré de sûreté qu’ils
offrent contre le voile des plaques pendant le développement. Voici, par ordre
d’efficacité, l’énumération des différents produits qu’on utilise pour les lan¬
ternes rouges :
1° Verre teinté dans la masse fabriqué par Putzler à Pcnzig (Silésie).
2° Étoffe « Cherry » en double couche-
3° Verre rubis-cobalt du Dr Miethe.
4° Plaque gélatinée, teintée au bichromate d’argent.
5° Étoffe « Cherry » simple couche.
G° Verre rouge à l’oxyde cuivreux (non teinté dans la masse).
7° Étoffe « Christy-Ruby », couche double,
8° Plaque au collodion et teintée à l’aurantia et au rose-bengale
(formule du D1' E. Vogel).
9° Étoffe « Christy-Ruby », simple couche.
L’expérimentateur ajoute que plus un écran est de couleur sombre, plus il est
efficace ; il n’en existe aucun qui réunisse une grande transparence aux autres
qualités spectroscopiques.
Praktischer Rathgeber.
(N0 22.)
Un amateur qui Ldclie la musique et chasse pour la photographie.— Nous lisons
l’annonce suivante : A échanger contre appareil photographique 1 cythare de
concert, presque neuve, une boite à musique 'rouleau de 30 cm de long) et un
fusil de tir. — Nous souhaitons à ce brave homme qu’il ne souhaite jamais
rentrer en possession des objets qu’il offre de cœur léger en échange d’un appa¬
reil photographique.
Amateur-Photograph.
(N° 131.)
Encre indélébile pour écrire sur verre .
Essence de lavande ... 60 cm3
Copal pulvérisé .... 8 gr.
Noir de fumée . 1 gr.
Indigo . 0,2 gr.
On dissout le copal dans l’huile légèrement chauffée, puis on ajoute les autres
substances.
Neige comme réflecteur. — La voûte des églises vient bien mieux en photo¬
graphie par un temps de neige qu’autrement ; la surface blanche reflette beau¬
coup de lumière vers le haut.
Photographische Rundschau.
(Décembre 1897.)
Nuages. — Faites usage d’un obturateur qui permet de donner plus de pose
aux avant-plans qu’au ciel. — Des instruments pareils se trouvent chez tous les
fournisseurs.
Ce n’est en somme qu’un clapet s’ouvrant de bas en haut, et actionné par
une poire en caoutchouc. On règle la pression sur la poire de manière à donner
suffisamment de pose aux avant-plans, et beaucoup moins au ciel. — Le clapet
doit cependant ne jamais rester complètement immobile.
[Nous nous sommes toujours prononcés contre les obturateurs qui donnent la
pose égale à toutes les parties d’un paysage ; pour le photographe-paysagiste, ce
genre d’instrument n’est pas rationnel. — (Note du traducteur.)]
Diapositives aux tons pourpres. — Employer le développement suivant :
A. Glycine . 0,4 gr.
Carbonate de soude ... 3,0 gr.
Bromure de potassium . . 0,23 gr.
Eau . 100 cm3.
B. Sulfite de soude .... 17 gr.
Acide pyrogallique . . . 2,3 gr.
Eau . 100 cm3.
Acide sulfurique .... 2à3gouttes.
217 —
La plaque exposée est introduite d’abord dans le bain A (1 partie du bain), et
elle y reste pendant une demi-minute; puis on ajoute 3/4 parties de B. — Pas
de virage ultérieur.
Diapositives bleues. — (Bain de virage.)
I. Sulfocyanure d’ammonium .... 13 gr.
Eau . 1.000 cm5.
Carbonate de soude sec . 0,2 gr.
II. Chlorure d’or . 3gr.
Eau . 100 cm5 .
Prendre 100 cm5 de n° I, puis ajouter 6 à 8 gouttes den° II.
Travailler à une température d’environ 15° C.
V. H.
Amateur Photographe de Saint-Pétersbourg.
(N° 1.)
Une méthode de préparation des plaques diapositives. — M. Bogorodsky,
membre du Club des photographes à Hazan, propose de prendre la gélatine
Coignet, 50 gr., et de la mettre dans 60 cc. d’eau ordinaire. Quand la gélatine
est gonflée, on la chauffe en prenant la précaution de ne pas porter l’eau à
l’ébullition, puis on filtre à travers du coton hydrophile. On en verso une
quantité déterminée sur la glace légèrement chauffée et on aide à l’extension
au moyen d’une baguette en verre. 12 plaques 13 X 18 demandent 10 gr. de
gélatine; cela fait, on laisse les plaques sécher et on peut les conserver dans cet
état indéfiniment. Pour sensibiliser, on prépare une solution à 2 p. c. de
chlorure d’ammonium dans laquelle on plonge la plaque pendant 3 à 4 minutes,
pas plus, puis on rince plusieurs fois (1.5) et on sèche les plaques de nouveau.
Après ce dernier séchage, on prépare une solution à 10-15 p. c. d’azotate
d’argent et on y plonge les plaques; la durée de l’Immersion ne doit pas
dépasser 1 ou 2 minutes. Après avoir rincé la plaque trois ou quatre fois,
on la sèche à l’obscurité, après quoi elle est prête pour l’usage. Le grain en
est extrêmement fin.
(Nu 7.)
Impression. — On conseille d’imprimer à travers une trame de soie très
légère ou à travers un verre mince; on imprime jusqu’à ce que les détails
principaux deviennent visibles et puis on finit l’impression comme à l’ordinaire.
La photocopie ainsi obtenue est très douce.
(N° 9.)
Nouveau virage-fixaqe. — M. Plussnïne propose un nouveau virage-fixage
dont il dit le plus grand bien.
— 218 —
Jiau . 100 cc.
Chlorure d’or . \ gr>
IL Eau . . • 1,000 cc.
Ilyposullite de soude .... 005 nT
On imprime fortement parce que la photocopie baisse après le virage. Avant
le virage on lave les photocopies pendant une demi-heure dans plusieurs eaux.
On commence à virer dans un bain formé de :
^au . 200 cc.
Carbonate de soude . 3 gP>
dans lequel on verse 8 cc. de la solution I. Cela suffit pour 20-30 photocopies
13 X 18. Ce virage 11e se conserve pas plus de deux heures. Les phototypes
virent au commencement en 2 ou 3 minutes, et puis ce temps se prolonge jus-
qu a 0 ou 0 minutes. Quand les photocopies commencent à devenir bleuâtres
on les plonge dans un bain composé ainsi :
Solution n° II . 130 ce.
Solution n° 1 . 9 cc-
On lave comme d’ordinaire.
Ce virage combiné donne les tons noir-violet.
Joui nal russe de Photographie de Saint-Pétersbourg.
(N° 1.)
Rien de spécial dans le journal. Comme prime, il continue à publier le travail
médit de M. Erjcmsky : «Conditions et procédés de la photographie du portrait »,
un ouvrage très bien rédigé par l’auteur.
(N" 2.)
Un article sur la photographie stéréoscopique.
(N° 4.)
Inc magnifique illustration due à M. Erjemsky, représentant un chemina
travers bois.
Memento des Expositions
Association belge de Photographie.
Pour rappel, l’Exposition du XXVe anniversaire s’ouvrira, au
Cercle artistique et littéraire, Waux-Hall du Parc, à Bruxelles,
le samedi 30 avril, à 2 heures, pour se fermer le 31 mai. Toutes
les inscriptions et demandes de renseignements doivent être adres¬
sées au secrétaire général, 97, avenue Brugmann,à Bruxelles. Les
membres qui auraient égaré les formules d’adhésion et d’envoi
peuvent réclamer un duplicata à la même adresse. Les adhésions
seront reçues jusqu’au 15 avril, date extrême.
Société Lorraine de Photographie, à Nancy.
La Société lorraine de Photographie, à l’occasion du congrès de
l’Union nationale des Sociétés photographiques de France, orga¬
nise du 28 mai au 13 juin 1898 une Exposition et une excursion dans
les Vosges.
L’Exposition comprendra les reproductions photographiques de
tous les genres, aussi bien artistiques que documentaires; de plus,
il y aura des catégories spéciales.
Les exposants recevront un mémorial de l’Exposition à leur
nom.
Le règlement de l’Exposition doit être réclamé à M. le secrétaire
de la Société Lorraine, M. V. Burtin, 24, rue Sellier, à Nancy.
Royal Photographie Society.
Ainsi que nous l’avons déjà annoncé, l’Exposition photographique
internationale organisée par notre consœur de Londres se tiendra
— 220 —
au Palais de Cristal, du 27 avril au 14 mai 1898. Il ne sera accordé
aucune récompense.
Adresser toutes les demandes à The Secretary Royal Photogra¬
phie Society, 12, Hanover Square, Londres W.
Le Ve Salon international de Photographie du Photo-
Club de Paris aura lieu à Paris, galerie des Champs-Elysées (avenue
des Champs-Elysées, 72), du 3 au 29 mai.
L ouverture du Salon coïncide malheureusement avec notre
Exposition. Mais le Comité du Photo-Club a été obligé de prendre
cette date, la salle n’étant pas libre plus tôt.
Les membres de l’Association qui voudraient exposer à Paris,
sont priés d’adresser leurs œuvres, avant le ier avril , au Palais du
Midi, à l’adresse du secrétaire général, qui se chargera de les
expédier en bloc au Photo-Club.
Pour tous renseignements , s'adresser au secrétaire général du
Photo-Club, 44, rue des Mathurins, à Paris.
PROGRAMME
du vingt-deuxième concours du Journal des Voyages
Deuxième trimestre de 1898
Le motif proposé est le suivant : Coin de rempart oïl de fortification.
Les motifs que nous proposerons au cours de l’année 1898 seront les suivants :
Vingt-troisième concours (3e trimestre. — N° 79 du 5 juin'. Scène de gare ;
Vingt-quatrième concours (4e trimestre. — N° 92 du 4 septembre). Bords
d'un canal;
Vingt-cinquième concours (1er trimestre de 1898-1899. — N° 105 du 4 décem¬
bre)- Intérieur pris dans un monument célèbre.
Le programme relatif à chacun de ces concours sera publié en temps et lieu.
Nous rappelons que tout le monde, soit abonné, soit acheteur au numéro, peut
prendre part à ces concours.
Frédéric Dim.àye.
H
Bibliographie
Die Kunst in der Photographie, publié par Franz Goerke.
Julius Becker, éditeur. Berlin, 1897.
La première année de cette superbe publication de luxe s’est terminée par un
numéro double, consacré aux photographes anglais. M. A. Horsley Hinton a
réuni, pour 31. Goerke, une collection fort belle de quelques-unes des meil¬
leures œuvres de ses compatriotes, et leur reproduction en photogravure a été
exécutée avec un soin tout particulier par MM. Meisenbach, ftiffarth et C°, de
Berlin. Parmi les meilleures planches, nous pouvons citer La Dame en blanc ,
de Craig Annan; Au Port , de Frank 31. Sutcliffe; deux portraits de W. Crooke
et L’Éceil du jour, de A. Horsley Hinton.
Ce numéro clôture dignement le premier volume de cet ouvrage, qui devrait
se trouver dans les mains de tous les amis de l’art photographique. 3Iieux que
tous les articles, les trente-six planches en photogravure du premier volume
montrent les progrès de la photographie dans tous les pays, et nous sommes
heureux devoir que l’Association belge de Photographie y tient un rang des
plus honorables.
M. V.
>ï
&
çç^^r^Ÿ^ÿW7^vW7WWW7WWWW:WW7W:T6mW7WW^
jouiRisfAux n^ç us
Belgique.
Bulletin de V Académie royale des Sciences , n° 1.
L’Objectif, nos 34, 35.
Bulletin de la Société de Microscopie, n° 11.
Bulletin du Photo-Club de Belgique, 1897-1898, nos 13, 14.
Ciel et Terre, nos 24, 1.
Le Cycliste belge illustré, nos 386, 387, 388, 389, 390.
Revue bibliographique belge, n° 1.
La Presse universelle, nos 1, 2.
Allemagne.
Deutsche Photographen Zeitung, nos 7, 8, 9, 10, 11.
P hotographisclie Rundschau, n° 3.
Der Amateur-Photograph , nos 2, 3.
Photographische Mittheïlungen, nos 22, 23.
Photographisclie Chronik, nos 7, 8, 9, 10, 11.
Pliotograplüsches Wochenblatt, nos 6, 7, 8, 9, 10.
Internationale Photographische Monatsschrift fier Medizin , n° 2.
Photographisches Centralblatt, nos 3, 4.
Bas Atelier des Photographen, n° 3.
Praktischer Rathgeber, nos 3, 4, 5.
Autriche.
Photographische Correspond enz, n° 450.
Wiener Photographische Blütter, nos 2, 3.
Wiener Freie Photographen- Zeitung, n° 2.
Danemark.
Beretninger fra Dansk fotografisk Forening, n° 2.
16
»
— 224 —
États-Unis.
Anthony s Bulletin, nos 2, 3.
American Amateur Photographer, n° 2.
St-Louis Photographer, nos 2, 3.
Wilson s Magazine, n° 494.
Revista cientifica Hispano-Amcricana, n° 2.
France.
Bulletin de la Société française de Photographie, nos 2, 3, 4.
Moniteur de la Photographie, nos 4, 5.
Bulletin du Photo-Club de Paris, n° 85.
Le Photogramme, n° 1.
Photo-Gazette, n° 4.
L’ Amateur-Photographe, nos 1, 2, 3, 4, 5, 6.
Photo-Journal, n° 97.
Le Photogramme, n° 2.
Bulletin du Photo-Club Nancéien, n° 1.
Le Nord-Photographe. Mars.
Photo-Revue, nos 11,11 bis.
Bulletin de la Société Caennaise de Photographie, 15 février.
La Photographie, n° 3.
L' Avenir photographique, n° 73.
Bulletin de la Société photographique du Nord de la France, n° 2.
Bulletin de l’Association des Amateurs photographes de Dijon et de la
Bourgogne, nos 2, 3.
Le Monde photographique, n° 34.
Bulletin de la Société Eavraise de Photographie, n° 2.
Gazette du Photographe amateur, n° 59.
Science illustrée, nos 533, 534, 535, 530, 537.
La Science en famille, nos 30, 31.
Grande-Bretagne.
British Journal of P hotography , nos 1971, 1972, 1973, 1974, 1975.
Photographie News, nos 111, 112, 113, 114, 115.
The Photographie Journal, nos 5, 6.
Journal of the Caméra Club, n° 142.
Photography, nos 483, 484, 485, 486, 487.
The Amateur Photographer, nos 697, 698, 699, 700, 701.
The Pliotogram, n° 51.
Process Work and the Printer, n° 58.
4
— 225 —
Italie.
Il Progresso fotografico, nos 1, 2.
Il Dilettante di Fotografia, n° 94.
Rivista scientifco-artistica di Fotografia, n° 1.
Suisse.
Revue suisse de Photographie, n° 1 .
Album international des Sociétés Photographiques , n° 1.
La Photo-Revue suisse, n° 2.
^ Dos Illustrations <*
L’Aïeule. — Phototype de M. Degryse, de la Section de
Courtrai.
Jongleur indien. — D’après un phototype de M. V. Selb, de
la Section d’Anvers.
Les reproductions en phototypographie ont été exécutées par
M. J. Malvaux, de Bruxelles.
Illustrations dans le texte de MM. Ch. Dewit, abbé
Motus, E. Stadeler, D. Van den Hove et H. AViener.
Lettrines de MM. Boschmans, Ch. Dupont, A. Leirens,
F. Poupart, Ch. Puttemans, V. Selb et D. Van den Hove.
NECROLOGIE
A. GaüfcJiierïMYiliaRs
M. A. Gauthier-Villars, membre d’honneur de l’Association, est
décédé à Paris, à l’âge de 09 ans.
C’est à M. Gauthier-Villars que l’on doit la création de cette
bibliothèque photographique connue de tous les amateurs et pro¬
fessionnels. En éditant les travaux si nombreux et si variés qui
constituent l’ensemble de nos connaissances en ce qui concerne l’art
et la science photographiques, M. Gauthier-Villars a rendu d’in¬
contestables services à tous ceux qui s’intéressent à la photo¬
graphie et a droit à une grande part des progrès réalisés.
L’Association belge de Photographie, appréciant toute l’impor¬
tance de ces services, avait, par un vote unanime, appelé M. Gau¬
thier-Villars à prendre place parmi ses Membres d’Honneur.
Méfiai Æe Boiiniet*
Henri De Bonnier, que la mort nous a enlevé le 7 janvier dernier,
était parmi les plus anciens membres de l’Association.
D’abord collaborateur de MM. Jonniaux frères, à Liège, De
Bonnier vint s’installer à Bruxelles et y reprit la maison Deltenre-
Walker, qui avait à cette époque en quelque sorte le monopole des
articles photographiques dans la capitale.
De Bonnier était surtout connu des anciens membres de notre
Association aux réunions de laquelle il n’assistait plus guère.
Tous ceux qui ont été en relation avec lui, conserveront de cet
excellent confrère le meilleur souvenir.
nth aib aib aib né o nél géh géb géb géi gg_éh gél géigéb gébaéb néhgébnébgt CbnjC
xi o trc o t-j i-Jî o w? ’u-j^xjqggçÿgqggqygcg
so^vqvtAiiRE
Conseil d'administration. — Membres admis
Assemblée générale ordinaire .
Num éro ji t bi la ire .
Fêtes du XX Ve anniversaire .
PAGES.
159
160
161
162
Extraits des procès-verbaux des séances des sections.
Section d’Anvers. — Séance du 31 janvier 1898.
XXVe anniversaire de l’Association. — Papier Éclair. - Nomina¬
tion du bureau . •
Ordres du jour des séances. — Présentation d’appareils. — Pro¬
jections .
Section de Bruxelles. — Séance du 26 janvier 1898.
Décès du Dr Brecx. — Conférence de M. Hovelacque
Démonstration du disque obturateur pour projections de M. Selb.
Séance du 9 février 1898.
Remerciements de Mme veuve Brecx. — Remerciements de la
Section de Namur. — Album des sociétés photographiques. —
Discussion au sujet du disque-obturateur de M. Selb. — Soirée
de projections. . . .
Plaques Gem. — Projections .
Séance du 23 février 1898.
Plaques Gem. — Papier Éclair. — Le développement en cuvette
verticale .
Révélateur Diogène. — Excursion. — Chalumeau de la Compagnie
V Oxhydrique. — Projections .
Section de Garni. — Séance du 3 février 1898.
Soirée de projections. — Fêtes jubilaires de l’Association. —
Appareils de la Compagnie V Oxhydrique .
Emploi du fixatif Vibert .
Projections .
Section de Liège. — Séance du 28 janvier 1898.
Fêtes jubilaires de l’Association. — Changement du jour des
réunions. — Comité chargé du fonctionnement de la lanterne.
164
165
166
167
168
169
169
170
171
172
173
_ 220 _
PAGES.
— Acquisition pour la bibliothèque . 174
Présentation d’un membre. — Démonstration du développement
physique des papiers à noircissement direct — Epreuves radio¬
graphiques . 175
Séance du 8 février 1898.
Catalogue de la bibliothèque . 175
Exposition de l’Association. — Séance annuelle do projections. —
Projections. — Concours de diapositives. — Bibliothèque. —
Présentation d’un membre . 176
Section de Namur. — Séance du 5 janvier 1898.
Papier Éclair. — Épreuves de M. Rousseau. — Papier Electric . . 177
Séance du 2 février 1898.
Remerciements. — Soirée de projections du 21 janvier. — Épreuves
sur papier Elliott and Sons. — Plaques Sandell. — Papier
Barnett . 178
Section de Bruxelles. — Inauguration des matinées de projections
photographiques . 179
Le procédé à là gomme bichromatée, par James Packham . 182
Le développement moderne, par Alfred Watkins . 194
Sur les substitutions alhylées dans les groupes de la fonction déve-
loppatrice, par MM. Lumière frères et Seyewetz . 200
Le développement en cuvette verticale, par M. Vanderkindere . . . 203
Revue des journaux photographiques .
The Amateur Photographer.
N° 692. — Photographie au clair de lune. — Platine . 208
N° 693. — Ortol . 208
N° 697. — Révélateur pour positives à projection . 209
The Photographie Journal.
N° 2. — .Négatifs renversés . 209
British Journal of Photography .
N° 1957. — Ortol. — Vernis . 210
N° 1959. — Bouquet de virages . 212
Wiener photographische Blcitter.
Octobre 1897. — Renforcement des platinotypies . 213
Septembre 1897. — Copies par contact sur papier au gélatino¬
bromure . 213
Décembre 1897. — Sur l’efficacité de l’emploi des écrans rouges
pour lanternes de chambres noires. . . . 215
Praktischer Rathgeber.
N° 22. — Un amateur qui biche la musique et chasse pour la photo¬
graphie . 215
— 230 —
PAGES.
Amateur -Photograph.
N° 131. — Encre indélébile pour écrire sur verre. — Neige comme
réflecteur . 216
Photo graphiscli e R un d s ch au .
Décembre 1897. — Nuages. — Diapositives aux tons pourpres . . 216
Diapositives bleues . 217
Amateur Photographe de Saint-Pétersbourg.
N° 1. — Une méthode de préparation des plaques diapositives . . 217
N° 7. — Impression . . 217
N° 9. — Nouveau virage-fixage . 217
Journal russe de Photograpjhie de Saint-Pétersbourg.
Nos l, 2, 4. — Prime. — Photographie stéréoscopique. — Illus¬
tration . 218
Memento des Expositions . 219
Programme du vingt-deuxième concours du Journal desYoyages . . 221
Bibliographie . 222
Journaux reçus . 223
Nos illustrations . 226
Nécrologie. — A. Gautliier-Villars. — Henri De Bonnier . 227
Sommaire.
Association belge do Photographie 1898
GIBOULEES EN CAMP1NE.
Association belge de Photographie
SOUS LE PROTECTORAT DU ROI
et la Présidence d'honneur de S. A. R. Monseigneur le Prince Albert de Belgique.
BULLETIN
N° 4. — 25mc ANNÉE. — VOL. XXV.
(3e SÉRIE. — VOL. V.)
Conseil d’fldffîinistration
NT été admis :
Membres effectifs :
MM. Coemans, Amédée, 7, rue Laurent
Delvaux, à Gand, présenté par MM. De
Nobele et Casier. G
de Mendonça, Alfredo A, 63, 30, rue
d’Algeria, Lisbonne, présenté par MM.Ribeiro
et Dos Santos.
17
— 232 —
Fonson, George, photographe, 3 et 5, rue Saint-Bernard,
Bruxelles, présenté par MM. Marynen et Bronkhorst. B
Hoedemaker, A. -S, 50, rue de la Province Sud, Anvers, pré¬
senté par MM. Bourgeois et de Lozanne. A
Hombach, Fernand, ingénieur à Hulst (Hollande), présenté par
MM. Keusters et de Lozanne.
Jottrand, Félix, ingénieur, château de Waterloo, à Waterloo,
présenté par MM. A. Feron et Ch. Puttemans. B
Lamarche-Dumont, Alfred, industriel, 121, avenue d’Avroy,
Liège, présenté par MM. Ch. Rocour et L. Roland. L
Orban, Lionel, rentier, 46, rue Crespel, Bruxelles, présenté par
MM. Peltzer et Hanssens. B
Van Berkestyn, Jacques, 56, rue Ommeganck, Anvers, pré¬
senté par MM. Keusters et de Lozanne. A
Troisième Exposition d’Art photographique
Malgré la fâcheuse coïncidence de quatre expositions interna¬
tionales pendant le mois de mai, à Londres, à Paris, à Nancy et à
Bruxelles, nous sommes heureux de pouvoir annoncer que le
Conseil d’administration a reçu un très grand nombre d’adhésions
des meilleurs photographes du pays et de l’étranger. L’Exposition
s’annonce comme devant être un très grand succès.
Au 1er avril plus de 250 adhérents avaient annoncé leur envoi.
On verra, pour la première fois en Belgique, les œuvres à la
gomme bichromatée de la jeune école allemande qui s’est formée à
Hambourg sous l’impulsion intelligente de la Gesellschaft $ur
Forderung der Amateur Photographie.
Nous avions espéré pouvoir réunir aussi les œuvres les plus
marquantes du Caméra Club de Vienne. Malheureusement, elles
avaient été promises déjà au Photo Club de Paris. Néanmoins un
assez grand nombre d’amateurs autrichiens nous ont annoncé des
envois sérieux, notamment M. le chevalier von Schoeller, président
du Caméra Club.
— 233 —
D’Angleterre, comme toujours, les adhésions viennent très nom¬
breuses, et l’Exposition britannique attirera certes, cette fois encore,
l’attention par sa richesse et sa perfection.
Nos confrères français feront également de nombreux envois, et
avec M. Maurice Bucquet, le très aimable président du Photo Club
de Paris à leur tête, ils défendront l’honneur de la photographie
française.
La Russie, l’Italie, la Suisse, la Hollande et le Portugal seront
aussi représentés.
Enfin, la Belgique n’est pas restée en arrière. Plus de 70 adhé¬
sions sont parvenues au comité de la part de nos collègues. Nous
écrivons ces lignes pour leur rappeler que les délais sont expirés et
que nous espérons qu’à l’heure où paraîtra ce bulletin, tous les
envois seront parvenus au Cercle Artistique.
Le jury va se réunir dans quelques jours, et le placement devra
marcher rondement, car l’Exposition sera inaugurée le samedi
30 avril, à 2 heures et demie. Elle sera ouverte au public tous les
jours jusqu’au soir, du 1er au 31 mai.
flSSoçiflTioo Gei*Ge
DE
PHOTOGRAPHIE
sons le Protectorat (le S, M, le Roi
S. A. R. MONSEIGNEUR LE PRINCE ALBERT DE BELGIQUE
PRÉSIDENT D’HONNEUR
CONSEIL D’ADMINISTRATION
Président :
M. Jos. CASIER, 91, rue des Rémouleurs, Gand.
Vice-présidents :
MM. Jos. Maes, 33, rue Rembrandt, Anvers.
Massange de Louvrex, amateur, château de Saint-Gilles,
Liège.
Commissaires :
MM. Canfyn, Alb., amateur, 3, place du Lion d’Or, Gand.
Lunden, Alb., amateur, à Deurne lez- Anvers.
Nyst, A., chimiste à l’administration des Monnaies,
71, avenue de Cortenberg, Bruxelles.
De Gryse, A., amateur, boulevard de Lille, Courtrai.
de Vaux, B., amateur, 15, rue des Anges, Liège.
Jossart, amateur, rue Lucien Namèche, Namur.
— 235 —
MM. Orban-Viot, E., amateur, 3, place Rouveroy, Liège.
Peltzer, H., capitaine commandant d’artillerie, 22, avenue
Marnix, Bruxelles.
Puttemans, Ch. , professeur de chimie à l’École industrielle,
59, rue du Moulin, Bruxelles.
Rutot, A., conservateur au Musée d’histoire naturelle,
177, rue de la Loi, Bruxelles.
Selb, Y., amateur, 45, avenue Moretus, Anvers.
J. van Grixderbeeck, amateur, 23, rue de Namur, à Lou¬
vain.
Trésorier ad intérim :
M. A. NYST. 71, avenue de Cortenberg, à Bruxelles.
Secrétaire général :
M. M. VANDERKINDERE, 97, avenue Brugmann,
à Bruxelles.
Secrétaire- adjoint bibliothécaire :
M. Alb. ROBERT, chimiste adjoint au Laboratoire de la ville,
palais du Midi, Bruxelles.
Les séances du conseil ont lieu à Bruxelles, le dernier mercredi
de chaque mois, à 2 heures.
Sections de l’Association
Section d’Anvers :
MM. Jos. Maes, président.
Alb. Lunden, vice-président.
P. Lannoy, secrétaire.
MM. L. Keusters, secrétaire-adjoint.
V. Selb, commissaire.
L. Gife, id.
Les membres se réunissent le premier lundi de chaque mois, io, rue Gramaye
(place de Meir).
Section de Bruxelles :
MM. Ch. Puttemans, président.
A. Rutot, vice-président.
MM. Stadeler, secrétaire.
Alb. Robert, secrétaire-adjoint.
Les membres de la section se réunissent le deuxième et le quatrième mercredi
de chaque mois, à 8 heures précises du soir, au local de l’Association, École
industrielle. Palais du Midi, boulevard du Hainaut.
Section de Courtrai :
MM. F. D’Hont, président.
Vanden Steene, vice-président.
M. Declercq, id.
MM. R. Ickx, secrétaire.
M. Claeys, secrétaire-adjoint.
Messeyne, trésorier.
Les membres de la section se réunissent le deuxième lundi de chaque mois, à
6 1/2 heures, à l’École industrielle, rue de Lille.
Section de Gand :
MM. A. Goderus, président.
C. D’Hoy, vice-président.
Dr De Nobele, secrétaire.
MM. Abbé Coupé, bibliothécaire.
Ch. Morel de Boucle Saint-
Denis, secrétaire-adjoint.
Les membres de la section se réunissent le premier jeudi de chaque mois, à
8 heures précises du soir, à l’École industrielle (classe de photographie).
— 237
Section de Liège :
MM. L. Roland, président. MM. Ch. Dupont, secrétaire.
A. Noaillon, vice-président. Ronchesne, secr.-adj., bibliothécaire.
Les membres de la section se réunissent les 2e et 4e mardis de chaque mois à
8 heures précises du soir dans l’auditoire de l'Institut Chimique, place de l’Uni¬
versité, et les Ier et 3e mardis en séance intime au local de la Taverne Grüber,
entrée par la rue de l’Official.
Section de Louvain :
MM. F. De Walque, /««toi. MM. le Comte A. du Bois d’Aische,
Commandant L. Pavard, vice-prés t secrétaire-adjoint.
Abbé Staelpaert, secrétaire-trés r J. van Grinderbeek, bibliothécaire.
Les séances de la section ont lieu le premier mercredi de chaque mois, à
8 1/2 heures du soir.
Section de Namur :
MM. Ed. Jossart, président. MM. J. Fallon, secrétaire.
R. Rousseau, vice-président. Ern. Suars, secrétaire-adjoint.
Les membres de la section se réunissent le premier et le troisième mercredi de
chaque mois, à 8 1/2 heures du soir, au Café Rubens, place d’ Armes.
Liste des Membres
1898
S. IVt. le l?oi, Protecteur»
S. A. 1?. IVLonseigueUi* le Pniuce Altoent de Belgique
Président d’Houueuf»
Membres d' honneur .
1. Abney, AV. de W., capitaine, Willeslie House, AVitherby
Road, London, S. AV.
2. Bolas, 60, Grove Park Terrace, Chiswick-London.
3. D av anne, 82, rue des Petits-Champs, Paris.
4. de Blochouse, Alex., ingénieur, 33, rue de Milan, Bruxelles.
5. Eder (le D1 J.-M.), K. K. Lehr. und A^ersuchanstallt fiir Pho¬
tographie und Reproduction, AA7estbahnhofstrasse, AAlen.
6. Fabre, 18, rue Fermât, Toulouse.
7. Janssen, directeur de l’Observatoire d’astronomie physique,
à Meudon (France).
8. Lippmann, G. , membre de l’Institut, 10, rue de l’Éperon, Paris.
9. Rousselon, au « Home » Cobourg (département du Calvados),
France.
10. Sebert (Général), Administrateur de la Compagnie des forges
et chantiers de la Méditerranée, 14, rue Brémontier, Paris.
11. Vidal, 3, rue Scheffer, Passy-Paris.
— 239
12. Voüel, H.-W., 8, Schinkelstrasse, Grünewald, Berlin.
13. Warnerke, Léon, SilverHowe, ChampionHill (London, S. E.).
Membres honoraires.
1. Jaspar, J., électricien, 12, rue Jonfosse, Liège.
2. Cerfontaine, M., chef de travaux à l’Institut zoologique,
Liège.
Membres correspondants.
1. Bucquet, Maurice, 12, rue Paul Baudry, Paris.
2. Otto, Wilh., photographe, Schadowstrasse, 42, Düsseldorf.
Membres effectifs.
Les noms précédés d’un astérisque sont ceux des membres
fondateurs.
Les lettres A (Anvers^, B (Bruxelles , G (Courtrai), G (Gand),
L (Liège), Lo (Louvain) et N (Namur) indiquent les sections
auxquelles les membres appartiennent.
L Adler, Adolphe, négociant en diamants, 7, rue Conscience,
Anvers. A
2. Agie, Joseph, rue de l’Amman, Anvers. A
3. Alexandre, photographe, 14, place du Musée, Bruxelles. B
4. Amatt t.fr, Antonio, Consejo de Ciento, 344, ‘la, Barce¬
lone.
5. Angenot, C., Institut supérieur de commerce, Anvers. A
(3. Anspach, Henri, 83, rue d’Arlon, Bruxelles. B
7. Anthero d’Araujo, rue Fernandes Thomar, 328, Bolhao-
Porto, Portugal.
8. Arnould, Henri, lieutenant d’artillerie, 43, rue Froissard,
Bruxelles. B
9. Audouard Deglaive, Pablo, Galle de las Cortès, 373-
375, Barcelone (Espagne).
10. Avanzo, D., représentant de la maison Gécèle, 86, Mar-
ché-aux-Herbes, Bruxelles. P
IL Baar, Paul, 4, rue Lebeau, Liège. L
12. Backeland, Léo, Dr en sciences, Nepera Parle, New-
York (États-Unis).
— 240 —
13. Baisieux, Jules, fabricant de plaques photographiques,
95, chaussée de Haecht, Bruxelles. * B
14. Balagny, 11, rue Salneuve, Paris.
15. Bardin, Jean, pharmacien-chimiste, 40, rue de l’Écuyer,
Bruxelles. B
16. Bartholomé, Jules, docteur, Fléron. L
17. Bastyns, Edm., droguiste, 29, rue des Tanneurs, Anvers. A
18. Batllo, Roman, Rembla Estudios, 3, Almacen, Barce¬
lone (Espagne).
19. Baut, Philippe, Digue de la Petite-Lys, Courtrai. C
20. Bavais, Georges, 113, rue Kronenburg, Anvers. A
21. Bavais, Joseph, 14, avenue Quinten-Metsys, Anvers. A
22. Bayart, Paul, 19, rue des Halles, Bruxelles. B
23. Beaujean, 247, rue Basse-Wez, Liège. L
24. Bede, Émile, ingénieur, 37, rue Philippe-le-Bon, Bruxelles. B
25. Béguin, Henri, horloger, 32, rue de l’Ange, Namur. N
26. Bekaert, Eugène, Thourout. C
27. Bellemans, Louis, 12, Marché-aux-Œufs, Anvers. A
28. Belot, Ch., 24, rue du Poinçon, Bruxelles. B
29. Bennert, L., 43, avenue Plantin, Anvers. A
30. Bennert, V., 39, rue Jourdan, Bruxelles. B
31. Berge, Albert, professeur agrégé de l’Université libre de
Bruxelles, 122, rue de la Poste, Bruxelles. B
32. * Bernard, Eug., 280, rue Royale, Bruxelles. B
/ 33. Bernimolin, A., 172, rue Belvaux, Grivegnée. L
35. Bidart, Eugène, 14, rue de Suisse, Bruxelles. B
36. Bodart, Émile, ingénieur, 27, Canal, Louvain. Lo
37. Boitson, 181, rue Masui, Laeken. B
38. Boone, Félix, 5, avenue Quinten-Metsys, Anvers. A
39. Bordet, Lucien, 101, boulevard Saint-Germain, Paris.
40. Boscheron, Léon, brasseur, 1, rue du Coq, Liège. L
4L Bossut, H., 30, rue du Pélican, Bruxelles. B
42. Bottiau, Henri, 57, rue Saint-Josse, Saint- Josse-ten-
Noode. g
43. Boucquillon, G., 11, rue Van Schoonbeke, Anvers. A
44. Bourgeois, Aristide, 71, rue de Merxem, Anvers. A
;
— 241
45. Bourgeois, Paul, ingénieur, 43, rue des Augustins, Liège. L
46. Bourgois, Ern., 10, rue du Chasseur, Bruxelles. B
47. * Bourguignon, J., Aywaille, province de Liège. L
43. Boute, Eugène, 6, rue du Soleil, Gand. G
49. Bouvart, Jules, 18, rue Verdussen, Anvers. A
50. Bovier, Léon, 168, boulevard Anspach, Bruxelles. B
51. Braconier de Macar, boulevard d’Avroy, Liège. L
52. Braconier, Yvan, rue Hazinelle, Liège. L
53. Braconier, Raymond, rue Hazinelle, Liège. L
54. Brahm, 11, rue Province-Sud, Anvers. A
55. Brand, opticien, 10, Pont-de-Meir, Anvers. A
56. Bray, Albert, docteur en sciences, 48, rue de Namur,
Bruxelles. B
57. Brigode, Henri, 131, chaussée de Charleroi, Saint-
Gilles. B
58. Bronkhorts, Ph.-J., 56, boulevard du Nord, Bruxelles. B
59. Bronne, Louis, 40, rue Darchis, Liège. L
60. Broothaerts, Théophile, 37, rue Henri Maus, Bruxelles. B
61. Brunin, Henri, 255, Coupure, Gand. G
62. *Cadot-Paltzer, A., 26, avenue de l’Astronomie,
Bruxelles. B
63. Cambier, Henri, industriel, Ath. L
64. *Candèze, Ernest, docteur en médecine, Glain (Liège). L
65. Canfyn, Alb., 3, place du Lion-d’Or, Gand. G
66. Cartuyvels de Collaert, Paul, château de la Plante,
Namur. N
67. Casier, Joseph, 91, rue des Remouleurs, Gand. G
68. Ceurvorst, G., 61, avenue Cogels, Berchem (Anvers). A
69. Charbo, J. -B., professeur à l’École militaire, 84, rue
Dailly, Bruxelles. B
70. Chaudoir, H., 113, boulevard de la Sauvenière, Liège. L
71. Chisogne, Adolphe, 29, rue de Bruxelles, Namur. N
72. Claeys, Maurice, candidat notaire, rue Léopold, à
Courtrai. C
73. Clays-Desmet, Alfred, distillateur, 5, rue du Cumin,
Gand. G
_ 242 _
74. Claisse, Eugène, 40, rue Faider, Bruxelles. B
75. Claude, Joseph, géomètre, 35, rue Haut-des-Tawes,
Liège. L
76. Clément, G., élève ingénieur, 11, rue de Tirlemont, Lou¬
vain. Lo
77. Clément, Paul, rue de Tirlemont, Louvain. Lo
78. Coemans, Amédée, 7, rue Laurent Delvaux, Gand. G
79. Cogels, Henri, 181, avenue des Arts, Anvers. A
80. Colard, H., 4, rue de la Banque, Bruxelles. B
81. Colleye, Adrien, 20, rue des Drapiers, Bruxelles. B
82. Colon, Henri, 19, rue des Douze-Mois, Anvers. A
83. Coosemans, Guillaume, entrepreneur, 78, rue du Moulin,
Saint- Josse-ten-Noode. B
84. Corin, Joseph, docteur en médecine, rue Ferdinand-
Nicolay, Seraing. L
85. Cornelis, Ernest, 17, avenue Marie-Thérèse, Anvers. A
86. Cosson, capitaine commandant du génie, 5, rue de
l’Arsenal, Charleroi. B
87. Coupé (l’abbé), 33, rue Courte-des-Violettes, Gand. G
88. Crespin, notaire, Seraing. L
89. Cumont, Alfred, 2b, rue du Luxembourg, Bruxelles. B
90. Dacier, Léopold, photographe, Société Cockerill,
Seraing. L
91. Damanet, avocat, 126, avenue Louise, Bruxelles. B
92. D’Andrimont, Paul, ingénieur, à Micheroux, Liège. L
93. Dansaert (Mme A.), 452, avenue Louise, Bruxelles. B
94. Dansaert, Em., avocat, 5, place du Petit-Sablon,
Bruxelles. B
95. *Davreux, 77, rue Vondel, Bruxelles. B
96. *Davreux, major d’artillerie, 103, rue Fond-Saint-Ser-
vais, Liège. L
97. de Baugnies, Jules, professeur à l’Athénée, Huy. N
98. De Beer, Alphonse, fabricant, 17, boulevard d’Akker-
gem, Gand. G
99. De Behr, Victor, 4, rue de l’Écuyer, Bruxelles. B
100. de Breyne, J., 6, rue Longue-des-Pierres, Gand. G
— 243 —
101. de Brigode-Kemlandt (comte), 45, boulevard d’Avroy,
Liège. L
102. de Brouwer, Jacques, 15, rue de la Porte de Bruges,
Gand. G
103. De Bruyn, P., sous-lieutenant au 10e de ligne, 133, rue
de Bruxelles, Louvain. Lo
104. Decancq, Prosper, fabricant de plaques photographi¬
ques, rue du Couvent, Courtrai. C
105. De Castro-Lima, Arthur, 197, Caïxa do Correio, Rio
de Janeiro (Brésil).
106. Decharneux, Em., négociant, 35, rue Darchis, Liège. L
107. Dechenne, Guillaume, libraire, 20, rue du Persil,
Bruxelles. B
108. Declerck, André, négociant, rue de Groeninghe, Cour¬
trai. C
109. Declerck, Maurice, Heule près Courtrai. C
110. *Declercq, Désiré, notaire, Grand’Place, Grammont. G
111. De Clercq, Jules, juge de paix, à Flobecq. B
112. De Clercq, Louis, 60, rue Yan Lokeren, Ledeberg lez-
Gand. G
113. Declercq, Marcel, 109, rue de Belle-Vue, Gand. G
114. de Co'ck, Bois du Renard, Ath. B
115. De Coen, A., 23, boulevard Bischoffsheim, Bruxelles. B
116. De Creeft, Guillaume (Ecuyer), ingénieur agricole,
66, rue Mercelis, Ixelles. B
117. de Dorlodot (chanoine Henry), professeur à l’Univer¬
sité, 18, rue Léopold, Louvain. Lo
118. de Favereau, Ern., rentier, Tongres. L
119. De Fooz, Constantin, 60, rue Hayeneux, Herstal-Liége. L
120. de Giey, Guillaume (baron), conseiller provincial, châ¬
teau de Weilen Falaën. N
121. Degroux, Ch., lieutenant d’artillerie, 15, rue du Poivre,
Tirlemont. Lo
122. Degryse, Albert, fabricant de toiles, boulevard de Lille,
Courtrai. C
123. Dehasse, Ernest, 28, boulevard Piercot, Liège. L
— 244
124. DE Hemptinne, Joseph, Steppe Stede, Saint-Denis-
Westrem lez-Gand. G
125. de Jamblinne de Meux (baron), capitaine commandant
aux carabiniers, 48, square Ambiorix, Bruxelles. B
126. De Kemmeter, Ad., ingénieur, 9, rue du Gouverne¬
ment, Gand. G
127. de Keyser, ingénieur de Gosson-Lagasse, Jemeppe-
Liége. L
128. de Keyser, Destelbergen, G
129. De Knop, Eugène, avocat, rue Léopold, Louvain. Lo
130. De Koninck, L.-L., professeur à l’Université, 1b, quai
de l’Université, Liège. L
131. *de Lalieux de la Rocq, château de Miremont, Feluy. B
132. de Laminne (Mlle Ernestine), 20, boulevard Piercot, Liège. L
133. de Lanier-Van Monckhoven, 20, chaussée de Courtrai,
Gand. G
134. * Delà veleye, 21, place de Louvain, Bruxelles. B
135. Delcoigne, Georges, 236, chaussée de Charleroi,
Bruxelles. B
136. Delcroix, Ernest, 25, rue du Congrès, Bruxelles. B
137. Delebecque, Léon, 16, quai au Bois, Gand. G
138. Delevoy, Léon, 16, rue de la Paille, Bruxelles. B
139. De Lhoneux, F., au château d’Amée, Velaine (Jambes). N
140. de Lozanne, Karel, appareils et fournitures photogra¬
phiques, 7, Marché-aux-Œufs, Anvers. A
141. Delva, Victor, 60, rue de Molenbeek, Laeken. B
142. de Macar, J., ingénieur, château d’Embourg, par
Chênée. L
143. De Man, photographe, 38, chaussée d’Ixelles, Bruxelles. B
144. De Manet, S., professeur à l’Université, rue de
Namur, Louvain. Lo
145. de Marcqde Tiège (baron), 98, rue Belliard, Bruxelles. B
146. de Meeus (comte), 10, rue Raikem, Liège. L
147. de Meeus (comte H. -F.), 25, rue du Vertbois, Liège. L
148. de Mendonça, Alfredo, A., 63, 30, rue d’Algérie, Lis¬
bonne.
— 245 -
149. De Meuter, Edouard, fabricant d’appareils photogra¬
phiques, 53, rue de la Régence, Bruxelles. B
150. de Moffarts, Adolphe (baron), château d’Houchenée,
Nandrin. L
151. de Moffarts, Armand (baron), château de Nieuwen-
hoven Saint-Trond. L
152. de Moor, François, 235, Coupure, Gand. G
153. De Neck, Joseph, 284, rue Royale, Bruxelles. B
154. de Nieuland de Pottelsberghe (vicomte), rue de
l’Agneau, Gand. G
155. De Nobele, Jules, docteur, 61, rue Neuve-Saint-Pierre,
Gand. G
156. *De Patoul, colonel en retraite, 18, rue Locquenghien,
Bruxelles. B
157. De Pénéranda, Alphonse, 17, rue d’Idalie, Bruxelles. B
158. de Prémorel, Jules, château de Bleid, Signeulx
(province de Luxembourg). N
159. De Raet, Edouard, industriel, 5, rue des Fabriques,
Bruxelles. B
160. De Raeymacker, Frédéric, 30, rue de la Buanderie,
Bruxelles. B
161. De Rechter, ingénieur, 7, avenue de la Toison-d’Or,
Bruxelles. * B
162. Deridder, Gérard, 42,Montagne-aux-Herbes-Potagères,
Bruxelles. B
163. de Rosen, Edg. (baron), Elgerend, Tongres. L
164. de Ruffo-Bonneval (comte), 9, rue Haute, Bruges. B
165. Descamps, Emile, substitut du procureur du roi, 7, rue
Garnier, Tournai. B
166. deSchokalsky, Jules, lieutenant-colonel de la marine im¬
périale russe, 144, Canal Catherine, Saint-Pétersbourg.
167. de Sélys, R. (baron), 36, boulevard de la Sauvenière,
Liège. L
168. De Smet, Emile, 58, boulevard du Château, Gand. G
169. De Smet, Firmin, propriétaire, château de Schouwbroeck,
Vinderhaute lez-Gand. G
— 24G —
170. De Smet, Joseph, président du Cercle artistique, 22,
chaussée de Courtrai, Gand.
171. De Smet, Raymond, 16, rue de la Station, Gand.
172. Desoer, Jacques, étudiant, boulevard Frère-Orban,
Liège.
173. de Spirlet-Gernaert, Victor, 9, rue Nysten, Liège ;
(en été) château de Provedromm, par Vielsalm.
174. Détaillé, Armand, comptable, 128, rue de l’Eglise,
Ougrée.
175. Détaillé, Hubert, chimiste, directeur des hauts four¬
neaux et minières de la Société métallurgique de
Taganrog, hôtel de l’Europe, à Taganrog (Russie).
176. de Thier, Alphonse, administrateur du Comptoir d’es¬
compte de la Banque Nationale, président du Photo
Club de Verviers, 81, rue Courte-du-Pont, Verviers.
177. De Tiège, capitaine commandant, rue des Peignes,
Anvers.
178. Devaux, Albert, négociant, rue Godefroid, Namur.
179. de Vaux, B., ingénieur des mines, 15, rue des Anges,
Liège.
180. De Vincke, 221, rue Royale, Bruxelles.
181. De Vos, docteur en médecine, 21, place Sainte-Elisabeth,
Gand.
182. De Vylder, Aug., boulevard du Jardin-Zoologique,
Gand.
183. De Waele, Hector, 93, rue Royale, Bruxelles.
184. * De Walque, Fr., professeur à l’Université, 26, rue des
Joyeuses- Entrées, Louvain. Lo
185. *De Walque, G., professeur à l’Université, 17, rue de la
Paix, Liège. L
186. de W andre (Mme), rue Paul-Devaux, Liège. L
187. Démit, Charles, 27, rue Le Corrège, Bruxelles. B
188. D’Hont, Frédéric, directeur du laboratoire communal,
Courtrai. C
189. d’Hoy, photographe, 27, rue Courte-du-Jour, Gand. G
190. Dobbelaere, Julien, industriel, rue de Buda, Courtrai. C
^ ^ O O
247 —
191. Dohmen, Ch., 42, rue Régnier, Liège. L
192. dos Santos, Camillo, 24, Largo do Corpo Santo,
Lisbonne.
193. d’Otreppe de Bouvette (baron), 5, rue des Carmes,
Liège. L
194. d’Oultremont (comte Adhémar), sénateur, 17, rue de
. la Loi, Bruxelles. B
195. Draye, Jacques, fabricant d’appareils photographiques,
à Merxem lez- An vers. A
196. Dresse, Robert, 35, boulevard Piercot, Liège. L
197. Drory, Alf., 19, Gitschinerstrasse, Berlin, S.
198. Drosten, Robert, 49, rue du Marais, Bruxelles. B
199. Du Bois, Jacques, 73, rue Yonck, Bruxelles. B
200. du Bois d’Aische (comte Adrien), 73, boulevard de
Tirlemont, Louvain. Lo
201. du Cii astel (comte), Albéric, château delaHavette, Spa. L
202. Dujardin, Léon, Mouscron'. C
203. Dumoulin, Auguste, président du Sport nautique, boule¬
vard de la Sauvenière, Liège. L
204. Dumoulin, François, fabricant d’armes, 99, rue Saint-
Laurent, Liège. L
205. Dupont, Adolphe, commissionnaire-expéditeur, 36, rue
de Fer, Namur. N
206. Dupont, Charles, lieut. d’infant., 26, rue Yillette, Liège. L
207. Dupret, Georges, 130, rue Royale, Bruxelles. B
208. Durieu, Hyacinthe, 43, rue Henri Maus, Bruxelles. B
209. du Ry Van Steelant (Mlle), 19, avenue Louise,
Bruxelles. B
210. Duvelaar van Campen, avocat, rue de l’Esplanade, Ath. B
211. Ernotte, 12, rue de Spa, Bruxelles. B
212. Evely, Léon, 65, rue des Comédiens, Bruxelles. B
213. Fallon, Joseph, avocat, 14, rue Basse-Marcelle, Namur. N
214. Famenne, Paul, étudiant en médecine, 69, rue de
Tirlemont, Louvain. E°
215. Fabronius, Édouard, photographe, 11, rue Neuve,
Bruxelles. B
1S
— 248 —
216. Féron, Albert, ingénieur à la Société anonyme l’Oxhy-
drique, 93, avenue de la Toison-d’Or, Bruxelles. B
217. Fonseca, A. Francisco, 7, rue Largo Municipio, Lis¬
bonne (Portugal).
218. Fonson, Georges, photographe, 3 et 5, rue Saint-Ber¬
nard, Bruxelles. B
219. Fontaine, Jean-Pierre, ingénieur, 17, rue des Quatre- .
Bras, Bruxelles. B
220. Fontaine, Léon, 23, avenue des Arts, Bruxelles. B
221. Fraeys, Ernest, propriétaire, 50, rue au Beurre,
Ypres. G
222. Fraikin, Paul, Chairière-sur-Semois. B
223. Français, E., opticien, 84, quai Jemmapes, Paris.
224. Franck, Arthur, 32, rue de l’Ascension, Bruxelles. B
225. François, Fernand, 24, avenue Rogier, Liège. L
226. Frennet, Jules, constructeur d’appareils photogra¬
phiques, rue de l’Arbre-Bénit, 113, Bruxelles. B
227. Friedrichs, Henri, 4, rue de Naples, Ixelles. B
228. Ganhy, Gustave, 18, rue Basse-Marcelle, Namur. N
229. Gaspard, Charles, 8, rue de l’Hôtel-de-ville, Arlon. B
230. Gaumont, Léon, ingénieur constructeur, 57, rue Saint-
Roch, Paris.
231. Gautier, Alphonse, propriétaire, Woluwe-Saint-Pierre. B
232. Gazet, Henri, 8, rue de la Limite, Bruxelles. B
233. *Géruzet, Alf., 35, rue de l’Écuyer, Bruxelles. B
234. Gevaert, Liévin, photographe, Vieux-Dieu. A
235. Ghilain, ingénieur, 319, rue Sainte-Marguerite, Liège. L
236. Ghinijonet, Émile, ingénieur, Seraing. L
237. Gife, Louis, 78, avenue des Arts, Anvers. A
238. Gilbert, Théodore, docteur en médecine, 26, avenue
Louise, Bruxelles. B
239. Gillard, Auguste, secrétaire général de la Vieille-Mon¬
tagne, 21, rue Sainte-Marie, Liège. ‘ L
240. Gilon, Ernest, sénateur, Verviers. L
241. Gilson, Ernest, pharmacien, 23, rue de Bruxelles,
Namur. N
— 249 —
242. Gilson, Eugène, professeur, 53, boulevard du Château,
Gand. G
243. Gilson, G., professeur à l’Université, 95, rue de Namur,
Louvain. Lo
244. Gobert, Joseph, pharmacien, rue Émile Cuvelier, Namur. N
245. Goblet d’Alviella (comte), 10, rue Faider, Bruxelles. B
246. Goderus, Armand, avocat, 8, rue du Poivre, Gand. G
247. Godin, Albert, 6, rue de l’Applée, Huy. N
248. Goetghebeur, Eugène, hôtel du Lion d’Or, Blanken-
berghe. G
249. Goffart, ingénieur, rue des Yennes, Liège. L
250. Goubau, Stanislas, huissier, 81, rue du Péage, Anvers. A
251. Graindorge, Joseph, étudiant, 102, rue du Paradis,
Liège. L
252. Grégoire, Charles, étudiant en droit, 64, boulevard de
la Sauvenière, Liège. L
253. Grégoire, Oscar, ingénieur, 58, rue d’Arlon, Bruxelles. B
254. Grenson, Joseph, docteur en médecine, 25, rue
Souverain-Pont, Liège. E
255. Grossé, Godefroid, 41, rue des Guillemins, Liège. L
256. Guerette, Édouard, ingénieur, 10, rue Charles Morren,
Liège. L
257. Guilleminot, René, chimiste, Chantilly (Oise).
258. Gunther, photographe, 33, rue Neuve, Bruxelles. B
259. Habets, Paul, ingénieur, avenue Blonden, 17, Liège. L
260. Hahn, Ch., 34, avenue des Arts, Anvers. A
261. *Hannon, Ed., 43, rue de la Concorde, Bruxelles. B
262. Hanssens, Maurice, 54, rue Bosquet, Bruxelles. B
263. Hassreidter, V., ingénieur, Trooz, Liège. L
264. Heins, Maurice, avocat, 78, rue de Loo, Gand. G
265. Herbet, Arthur, 366, chaussée de Waterloo, Bruxelles. B
266. Herlant, Léon, 11, rue du Luxembourg, Bruxelles. B
267. Hermans, Gustave, photographe, 91, rue Dierckxsens,
Anvers.
268. Hermans, Ch., artiste peintre, 278, avenue Louise,
Bruxelles. E
— 250 —
2G9: Herremans, Alfred, 9, rue de Flandre, Gand. G
270. Herrmann, W., 18, rue Vandermerschen, Bruxelles. B
271. Herry, George, 22, rue Courte-du-Marais, Gand. G
272. Hervé, Émile, à Trooz (Liège). L
273. Hesbain, capitaine pensionné, 35, rue du Trône,
Bruxelles. B
274. Hilgers, G., place de Bronckart, Liège. L
275. Hoedemaker, A. -S., 50, rue Province Sud, Anvers. A
270. Hofmans, Ch., fabricant d’appareils, 50, rue du Viaduc,
Bruxelles. B
277. Hombach, Fernand, ingénieur, à Hulst (Hollande).
278. Homblé, Ch., 10, rue Edelinck, Anvers. A
279. Hovelacque, Maurice, 1, rue Castiglione, Paris.
280. Huberti, Alphonse, professeur à l’Université, 268, rue
Rogier, Bruxelles. B
281. Huffmann, M., 8, rue Markgrave, Anvers. A
282. Hunter, Michel, 25, rue Haringrode, Anvers. A
283. Heybrechts, Ern., 88, avenue des Arts, Anvers. A
284. Hye, Albert, 8, Coupure, Gand. G
285. Ickx, Romain, directeur de banque, 1, rue Porte-
d’Eau, Courtrai. C
286. Jacobs, Joseph, pharmacien, 81, rue des Bogards,
Louvain. Lo
287. Jacques, Léon, 27, rue Vinâve d’Ile, Liège. L
288. Jamme, Jules, avocat, rue Jonfosse, Liège. L
289. J anne-Mouton (Mme), 52, boulevard Frère-Orban,
Liège. L
290. Janssens, Léon, au Canal, Louvain. Lo
291. Janssens, Wynand, architecte, 2, rue de Florence,
Bruxelles. B
292. Janssens, L.-F., 31, Marché-aux-Chevaux, Anvers. A
293. Jeanjean, Marc, sous-lieutenant du génie, 16,rueMean,
Liège. L
294. Jossart, Ed., rue Lucien Namèche, Namur. N
295. Jottrand, Félix, ingénieur, château de Waterloo, à
Waterloo. B
296. Kemna, G., professeur à l’athénée, 108, rue du Saint-
Esprit, Liège. L
297. Keppenne, notaire, place Saint-Jean, Liège. L
298. Keusters, Léon, Canal des Récollets, Anvers. A
299. Krauss, Eugène, opticien, 21, rue d’Albouy, Paris.
300. Kriegsman, photographe, rue du Chêne, Anvers. A
301. Kymeulen, A.-J., fabricant de papiers photographiques,
34, rue Vanderstichelen, Molenbeek-Bruxelles. B
302. Labouverie, George, pharmacien, r. Ferdinand Nicolay,
Ougrée. ^
303. Labouverie, Jules, ingénieur, 27, rue d’Hornu, à
Wasmes.
304. LacomblÉ, Adolphe, avocat, 1 , rue Capouillet, Bruxelles. B
305. Lagrave, Louis, négociant en vins, 12, rue de la Judith,
Libourne (Gironde, France).
306. *Laho, professeur, 18, rue d’Allemagne, Bruxelles. B
307. Laloux, Auguste, 23, boulevard d’Avrov, Liège. L
308. Laloux, Edmond, étudiant, 12, avenue Rogier, Liège. L
309. Laloux, Maurice, 13, avenue Rogier, Liège. L
310. Lamarche, Jules, industriel, 28, avenue Rogier, Liège. L
311. Lamarche, Oscar, au château de Hamoir. L
312. Lamarche, Richard, 41, rue Louvrex, Liège. L
313. Lamarche-Dumont, Alfred, industriel, avenue d’Avroy,
Liège. L
314. Lange, Henri, notaire à Marchin. C
315. Lange, Louis, ingénieur architecte, 31, rue du Collège,
NT
INamur.
316. LanglÉ, Ch., 49, rue de la Ruche, Bruxelles. B
317. Lannoy, Paul, 10, rue Mercator, Anvers. A
318. *Laoureux, 7, rue Bertholet, Liège. L
319. Laoureux, Georges, 10, rue de la Cathédrale, Liège. L
320. Laurent, ingénieur, 102, rue du Marais, Bruxelles. B
321. Lavalette-Weinknecht, 206, avenue Louise, Bruxelles. B
322. Lecomte- Falleur, Jacques, 38, rue Frère-Orban,
Jumet. B
323. Ledent, J., avocat, 135, avenue d’Avroy, Liège. L
— 252 —
324. Ledocte, George, industriel, Gembloux. B
325. Ledresseur, Ch., professeur à l’Université, 79, rue
Yoer des Capucins, Louvain. Lo
326. Ledure, Ed., 69, rue delà Madeleine, Bruxelles. B
327. Leestmans, Orner, 47, Marché-aux-Poulets, Bruxelles. B
328. Lefèbre de Sardans, Stanislas, 57, rue Stévin,
Bruxelles. B
329. Leirens, Alph., 29, boulevard Frère-Orban, Gand. G
330. Leirens, L., ingénieur, 23, boulevard Frère-Orban,
Gand. G
331. Lejeune, Vincent, 482, Marché-aux-Chevaux, Anvers. A
332. Lessenne-Legrand, Henri, photographe, 2, rue de
Courtrai, Mouscron. C
333. Leuba, J , 73, Honegwell Road, Wandsworth Common,
S. W., London.
334. Lhoest, Paul, place Rouveroy, Liège. L
335. Libbrechts, Maurice, directeur adjoint de la Poudrerie
Royale de Wetteren, à Wetteren. G
336. Lohest, Max, ingénieur, 49, Mont Saint Martin, Liège. L
337. Lohest, Maximin, industriel, 57, rue Albert de Cuyck,
Liège. L
338. Loiseau, O., directeur de l’usine à zinc d’Ougrée. L
339. L’Olivier, Henri, ingénieur, 21, rue des Quatre-Vents,
Bruxelles. B
**
340. Louvois, Adrien, photographe, 51, chaussée de Louvain,
Saint-Josse-ten-Noode. B
341. Lovens, 9, rue Saint-Thomas, Liège. L
342. Lumière, Auguste, fabricant de plaques photogra¬
phiques, Lyon.
343. Lumière, Louis, fabricant de plaques photographiques,
Lyon.
344. *Lunden, Albéric, Deurne lez- Anvers. A
345. Maege, Octave, négociant, rue du Persil, Courtrai. C
346. Maere, Joseph, 25, rue Longue-des-Pierres, Gand. G
347. * Maes, Jos., 33, rue Rembrandt, Anvers. A
348. Magis, Louise (Mlle), 9, quai de l’Industrie, Liège. L
253 —
349. Magnien, Charlemagne, dessinateur, 25, rue Tasson-
Snel, Bruxelles. B
350. Mairesse, L., marchand d’appareils photographiques,
406, rue des Ponts de-Comines, Lille.
351. Malvaux, Alfred, 43, rue de Launoy, Molenbeek-
Bruxelles. B
352. Manne, Jules, 14, rue du Bronze, Anderlecht-Bruxelles. B
353. M arissi aux, Gustave, étudiant, plateau de Cointe, Liège. L
354. Marynen, J., 39, Montagne-aux-Herbes-Potagères,
T)
Bruxelles.
355. Masoero, Pietro, photographe, rue Caserna di Caval-
leria, Vercelli (Italie).
356. Massange, Antoine, château de Saint-Gilles, près de
Liège. L
357. Massange, Émile, 310, rue Royale, Bruxelles. B
358. Massange de Louvrex, F., château de Saint-Gilles,
Saint-Gilles lez-Liège. B
359. Massange, Fernand, château de Saint-Gilles, Liège. L
360. Massaux, A., 191, avenue d’Auderghem, Bruxelles. B
361. Masson, Ch., directeur du laboratoire d’analyses de
l’État, à Gembloux. B
362. Mast de Maeght, Ch., avocat, 33, rue du Hainaut,
Gand. G
363. Masui, H., 16, rue Vautier, Bruxelles. B
364. Masure, George, expert comptable, 9, rue de la Pépi¬
nière, Bruxelles. B
365. Matelot, Paul, 30, rue de la Cathédrale, Liège. L
366. Mathien, Ch., docteur en médecine, à Cointe (Sclessin). L
367. Mathieu, J., marchand-tailleur, 10, rue Basse-Marcelle,
Namur. N
368. Mativa, à Sarolay-Visé. L
369. Maurin, François, photographe, 61, rue du Marché-au-
Charbon, Bruxelles. B
370. May d’Oliveira, Alfredo, Tabelliao, rua da Victoria,
Lisbonne.
371. Mayers, Josef, 15, rue du Robinet, Anvers. A
254 —
372. Melcher, H., 18, rue Coenraets, Saint-Gilles-Bruxelles. B
373. Mercier, P., chimiste, 95, rue Le Mercier, Paris.
374. Mertens, J., 356, chaussée de Turnhout, Borgerhout-
Anvers. A
375 . * Metdepennin gen , 44, boulevard du Jardin zoologique,
Gand. G
376. Michel, Fernand, négociant, 73, rue de Fer, Namur. L
377. Michielssens, Adrien, 283, avenue Louise, Bruxelles. B
378. Minette, Edmond, 21, avenue Rogier, Liège. L
379. Misonne, Léonard, ingénieur, Gilly. B
380. Moeliær, Nicolas, 1, rue Montoyer, Bruxelles. B
381. Moens, Charles, 2, rue du Prince- Albert, Ixelles-
Bruxelles. B
382. Montefiore-Levi, George, 35, rue de la Science,
Bruxelles. B
383. Morel de Boucle Saint-Denis, Charlie, 9, Coupure,
Gand. q
384. Mosselman (Mme Valentine), 39, rue Juste-Lipse,
Bruxelles. B
385. Moulin, Emile, candidat notaire, 28, rue Lesbroussart,
Ixelles. B
386. Mottard, J., 9, quai de Maestricht, Liège. L
387. Motus (l’abbé), professeur au petit séminaire de Flo-
reffe, à Floreffe. N
388. Mouton, Ch. -Simon, 20, rue Yan Bemmel, Bruxelles. B
389. Muller, Charles, 36, boulevard Piercot, Liège. L
390. Muller, Othon, Cloyes, Eure-et-Loir (France).
391. Myin, George, étudiant, 16, Longue rue des Claires,
Anvers. a
392. Nadar, Paul, 51, rue d’Anjou, Paris.
393. Nagelmaekers, Alfred, ingénieur, rue du Pot-d’Or,
Liège. L
394. Neefs, Léon, industriel, 97, rue de Bruxelles, Louvain. Lo
395. Nieuwland, Louis, négociant, 18, Longue rue de l’Hô¬
pital, Anvers. A
396. Noaillon, ingénieur, Chênée-Liége. L
— 255 —
397. Nolf, Stanislas, rue de la Lys, Courtrai. C
398. Nopère, Léopold, candidat notaire, 18, place Loix,
Saint-Gilles-Bruxelles. B
399. Nothomb (baron), 48, avenue Louise, Bruxelles. B
400. Nothomb, L., 91, avenue Louise, Bruxelles. B
401. Nuel, professeur à l’Université, 28, rue Louvrex,
Liège. ^
402. Nypels, président de la Société des Amateurs photo¬
graphes, 8, Singel, Maestricht.
403. Nys, Édouard, fabricant de plaques photographiques,
boulevard du Midi, Courtrai. C
404. Nyst, Alfred, 121, rue de Fragnée, Liège. L
405. Nyst, Arthur, 71, avenue de Cortenberg, Bruxelles. B
40G. Octors (Mme), 21, rue des Échevins, Ixelles. B
407. Olivier, Étienne, chimiste, 123, rue de Fragnée,
Liège. L
408. *Ommeganck, 25, rue aux Laines, Anvers. A
409. Orban, Lionel, 46, rue Crespel, Bruxelles. B
410. Orban, Paul, 5, avenue Rogier, Liège. L
411. Orban-Viot, Ernest, 3, place Rouveroy, Liège. L
412. Orlay de Karwa, Eugénie 22, rue delle Quatro
Fontane, Rome.
413. Osy de Zegwaart, (baron) Alfred, au gouvernement
provincial, Anvers. A-
414. *Oury, G., chalet du Val-Benoît, Liège. L
415. Oury, Paul, 39, rue Wazon, Liège. L
416. Paradis, Charles, docteur en médecine, 25, place Sainc-
telette, Molenbeek-Saint-Jean. B
417. Parmentier, Adolphe, appareils et fournitures photo¬
graphiques, 137, chaussée de Wavre, Ixelles.
418. Parmentier, Paul, 95 a, chaussée d’Haecht, Bruxelles.
419. Paternotte, J., docteur, 23, rue A. Yandenpeere-
boom, Bruxelles. B
420. Pauli, Robert, ingénieur du gaz, 25, rue Saint-Sébas¬
tien, Lille.
421. Paulus, Ernest, 407, rue du Progrès, Bruxelles. B
M «
256
422. Pauwels, Maurice, 58, rue Mercator, Anvers. A
423. Pauwels, François, fabricant de cadres, 37, chaussée
d’Anvers, Bruxelles. B
424. Pavard, Lucien, capitaine commandant d’artillerie,
51, boulevard de Diest, Louvain. Lo
425. Peeters, Ch., libraire-éditeur, 20, rue de Namur, Lou¬
vain. Lo
426. Peeters, Ed., agent de charbonnages, 21, rue des
Bogards, Louvain. Lo
427. Peltzer, H., capitaine commandant d’artillerie, 22, ave¬
nue Marnix, Bruxelles. B
428. Penninck, Auguste, 15, rue des Écoles, Verviers. L
429. Perin, Camille, Masnuy-Saint-Jean, Mons. B
430. Peters, E., 7, rue de la Madeleine, Bruxelles. B
431. Petitclerc, Paul, 17, rue de l’Aigle-Noir, Vesoul
(Haute-Saône).
432. Petry, Albert, 102, quai Orban, Liège. L
433. Peyrot, Pierre, 33, rue Vieille-Bourse, Anvers. A
434. Philippart, A., ingénieur, 111, avenue d’Avroy, Liège. L
435. Philippe, Ch., 205, rue de la Loi, Bruxelles. B
436. Philippe, Jules, négociant en articles photographiques,
10, Cours de Rives, Genève.
437. Picquet, J., architecte-expert, 9, rue de Lausanne,
Bruxelles. B
438. Piot, Guillaume, agent de la Banque Nationale, à
Ostende. B
439. *Plucker, major d’artillerie, 19, rue Brandt, Anvers. A
410. Polet, Alfred, 2, rue Fétis, Mons. B
441. Pollet, G., 34, rue Gaucheret, Bruxelles. B
442. Portal, Eugène, 50, rue Sainte-Marguerite, Liège. L
443. Poupart, Félix, 20, rue de l’Alliance, Saint- Josse-ten-
Noode. B
444. Preud’homme, Ernest, 34, rue des Palais, Bruxelles. B
445. Puck-Chaudoir, à Hamoir. L
r
446. Puttemans, Charles, professeur de chimie à l’Ecole
industrielle, 59, rue du Moulin, Bruxelles. B
— 257 —
447. *Raeymaeckers, Raymond, 121, rue delà Loi, Bruxelles. B
448. Ranwez, Fernand, professeur à l’Université, 56, rue de
Tirlemont, Louvain. Lo
449. Regnier, Jean-Henri, 39, boulevard Frère-Orban, Liège. L
450. Remacle, Félix, négociant, 3, rue de l’Amigo, Bruxelles. B
451. Renette, Louis, industriel, 49, rue des Joyeuses-
Entrées, Louvain. Lo
452. Renson, Julien, Matagne-la-Petite, par Mariembourg. N
453. Ribeiro, J. -J., opticien, 222, rua Auréa, Lisbonne.
454. Rigaux, Jules, rue du Congrès, Bruxelles. B
455. Rinskopf, G., 19, rue du Miroir, Gand. G
456. Riston, Victor, président de la Société Lorraine de
Photographie, à Malzéville, Nancy.
457. Robert, Albert, chimiste adjoint au laboratoire de la
ville, Palais du Midi, Bruxelles. B
458. Rocour, Ch., docteur, 42, rue Féronstrée, Liège. L
459. Rodberg, 5, rue Ransonnet, Liège. L
460. Roersch, Charles, docteur en médecine, 114, boulevard
de la Sauvenière, Liège. L
461. Roland, Alph., constructeur, 47, rue Brogniez, Bru¬
xelles. B
462. Roland, Léon, 77, rue Bonne-Nouvelle, Liège. L
463. Ronchesne, G., pharmacien, 530, rue Saint-Léonard,
Liège. L
464. Roose, A., docteur en médecine, rue de la Paix,
Courtrai. C
465. *Roselle, lieutenant-colonel retraité, 41 bis, petite rue ^
des Chevaliers, Saint-Trond. B
466. Rousseau, René, stagiaire du génie, rue Mazy, Jambes,
Namur. N
467. Roussel, Henri, opticien, fabricant, 10, rue Villehar-
douin, Paris.
468. Roux, Frédéric, chimiste, fabricant de produits photo¬
graphiques, 6, rue Choron, Paris.
469. *Rutot, conservateur au musée d’histoire naturelle,
177, rue de la Loi, Bruxelles. B
— 258
470. Sabbe, Henri, 21, rue Gounod, Anvers. A
471. Sacré, Edmond, photographe, 1, rue de la Calandre,
Gand.
472. Sacré, Henri, constructeur, 87, rue Blaes, Bruxelles.
478. Sainctelette, Max, 29, quai de Willebroeck, à Molen-
beek-Saint-Jean.
474. Sanders, Th., 125, Longue rue Neuve, Anvers.
475. S avoné, imprimeur, rue de Malines, Louvain.
476. Schaltin, Joseph, industriel, 26, rue de Fragnée, Liège.
477. Schanu, photographe, Borna (Congo).
478. Scheen (l’abbé), curé à Wônck, Roclenge.
479. Schleicher (D1), 22, rue Quellin, Anvers.
480. Schwartz, J., avocat, 69, chaussée de Charleroi,
Bruxelles.
481. Selb, Victor, 45, avenue Moretus, Anvers.
482. Serulier-Plumkett, Armand, 20, rue du Persil,
Bruxelles.
488. Servaes, Gustave, droguiste, 5, place du Sablon, Gand.
484. Silva, Adolpho, 21, calcada do Forno Figolo, Lisbonne.
485. Simon, René, 60, avenue Michel-Ange, Bruxelles.
486. Simonau, artiste peintre, 85, rue de Hennin, Bruxelles.
487. Simons, Amédée, étudiant, 10, avenue Marie-Henriette,
Anvers. A
488. Slingeneyer de Goeswin, André, lieutenant d’artil¬
lerie, 113, rue du Commerce, Bruxelles. B
489. Smeesters, Jean, 43, rue Notre-Dame du Sommeil,
Bruxelles. B
490. Snyers, Jules, 34, rue de Cologne, Bruxelles. B
491. Somzé, Cosme, ingénieur, 22, rue des Palais, Bruxelles. B
492. Spaak, Louis, ingénieur, quai de Fragnée, Liège. L
493. Spiers, B., 156, boulevard Léopold, Anvers. A
494. *Spitaels, château d’Onkerzeele, Grammont. G
495. Springuel-Preud’homme, industriel, Huy. L
496. Stadeler, Ernest, 13, rue des Comédiens, Bruxelles. B
497. Stalpaert, Eug. (abbé), professeur au Collège Saint-
Pierre, 11, rue des Récollets, Louvain. L
W W O td ;> fcd > f f o > bd bd O
259 —
498. *Storms, R., 8, rue de la Pépinière, Anvers. A
499. Streich, Max, 301, rue du Progrès, Bruxelles. B
500. Suars, Ernest, boulevard d’Herbatte, Namur. N
501. Sugg (Dr), 139, Coupure, Gand. G
502. Suter, E., opticien, Bâle (Suisse).
503. Suzor, George, directeur de la maison Jougla, 8, rue de
la Collégiale, Bruxelles. B
504. Swaen, Aug., professeur à l’Université, rue de Pitteurs,
Liège. L
505. Swolfs, Alphonse, négociant, 33, rue de l’Évêque, Bru¬
xelles. B
506. Tackels, Dominique, 21, boulevard Léopold, Gand. G
507. Tackels, Paul, industriel, 28, rue Saint-Pierre-Alost,
Gand. G
508. Tanier, Joseph, 95, rue de Bruxelles, Verviers. L
509. Tessaro, 30, Marché-aux-Herbes, Bruxelles. B
510. Thomas, Benjamin, 93, avenue Isabelle, Anvers. A
511. Tomson, Henri, 25, rue de Joie, Liège. L
512. Touiæt, Alfred, boulevard d’Anvers, Bruxelles. B
513. Tournât, capitaine, 5, rue Durlet, Anvers. A
514. * Tournât, H., 20, avenue des Arts, Bruxelles. B
515. T’Serclaes (baron), 32, rue Blanche, Bruxelles. B
516. t’Serstevens, G., à Ittre (Brabant). B
517. Turlot, 10, rue d’Hooghvorst, Bruxelles. B
518. Ttman, Hippolyte, 8, rue des Foulons, Gand. G
519. Uttterhoeven, André, lieutenant d’artillerie, 31, rue
Hébette, Namur. N
520. Valenttns, F. -Xavier, assureur, 6, rue de Savoie,
Bruxelles (Sud). B
521. Van Assche, Guillaume, 36, rue Basse-des-Champs,
Gand. G
522. Van Beesen, Victor, négociant en bois, 14, rue Terre-
Neuve, Bruxelles. B
523. Vanbellingen, Gustave, 16, rue Edelinck, Anvers. A
524. Van Beneden, professeur à l’Université, quai des
Pêcheurs, Liège.
L
— 260 -
525. Van Berkestyn, Jacques, 56, rue Ommeganck, Anvers. A
526. Van Bever, Alfred, lieutenant d’artillerie, 41, rue
Mirœus, Anvers. A
527. Van Campenhout, J.-M., 240, avenue Brugmann,
Uccle-Bruxelles. B
528. Van Cuyck, Émile (fils), 37, Marché-aux- Souliers,
Anvers. A
529. Vandale, Gustave, rue de Bréda, Gourtrai. C
530. Van den Abeele, Maurice, 176, avenue des Arts,
Anvers. A
531. Van den Berg, Ed., 2, rue Eugène Simonis, Liège. L
532. Van den Berghe, Jules, directeur du laboratoire pro¬
vincial, Roulers. C
533. Vandenbroeck, Henri, 16, Marché-aux-Souliers,
Anvers. A
534. Vanden Hove, Désiré, 28, quai au Bois, Gand. G
535. Vandenschrieck, Jules, 147, chaussée d’Anvers,
Bruxelles. B
536. Vanden Steene, Em., imprimeur-lithographe, 4, bou¬
levard du Chemin de fer, Courtrai. C
537. Vanden Wyngaert, Eugène, 16, avenue des Arts,
Anvers. A
538. Vanden AV yngaert, Aug., 82, Longue rue d’Argile,
Anvers. A
539. Vanderborght, J., 33, place de l’Industrie, Bruxelles. B
540. Vander Haegen, A., 60, rue des Champs, Gand. G
541. Vanderkindere, Marcel, 97, avenue Brugmann, Bru¬
xelles. B
542. Vanderzypen, Léon, 11, boulevard d’Avroy, Liège. L
543. Vandeveld, Ern., 26, rue Marie-Thérèse, Bruxelles. B
544. Vande Velde, Arn., 58, rue de la Vallée, Gand. G
545. Vandevelden, 162, avenue Mosselman, Anvers A
546. Van Drunen, James, 9, rue des Champs-Elysées,
Bruxelles. B
547 . * v an Eechout, lieutenant général, 6, place Saint-Pierre,
Gand. (3
— 261 —
548. Van Eersel, (chevalier) Léop., lieutenant-colonel d’état-
major, 70, Vieille Route, Anvers.
549. Van Gehuchte, professeur à l’Université, 36, rue Léo¬
pold, Louvain.
550. Van Grinderbeek, Jules, 23, rue de Namur, Lou¬
vain.
551. van Halen, Frans, 2, rue d’Hooghvorst, Schaerbeek-
Bruxelles.
552. Van Houtte, Hector, pharmacien, rue Longue-des-
Violettes, Gand.
553. Van Lint, François, 20, rue des Étangs-Noirs, Molen-
beek-Saint-Jean.
554. Van Loo, Charles, photographe, 74, rue de Flandre,
Gand.
555. Van Loo, Henri, négociant, 25, quai de la Gare, Gand.
556. Van Meerbeeck, Gustave, 39, rue des Capucines, Anvers.
557 Van Neck, Louis, appareils photographiques, 10, Klap-
dorp, Anvers.
558. Van Oost, Auguste, 120, rue des Violettes, Gand.
559. Van Overstraeten, Albert, notaire, 107, rue de Tirle-
mont, Louvain.
560. Van Temsche, Odilon, étudiant, 123, rue Marie- 1 hérèse,
Louvain.
561. Van Vyve, Albert, docteur en médecine, 136, rue Carnot,
Anvers.
562. Varenbergh, Alfred, avocat, 11, rue du Lac, Gand.
563 Varlet, Lucien, 74, rue du Collège, V erviers.
564. Vassal, Henri, pharmacien, 22, rue Notre-Dame,
Namur.
565. Vercruysse, Louis, industriel, 3, rue du Greffe, Cour-
trai.
566. Vercruysse, Stanislas, propriétaire, place des Eperons
d’Or, Courtrai.
567. VerhaeghedeNaeyer, 1, Vieux-Marché-aux-Moutons,
Gand.
568. Verhoost, Ch., 10, rue des Confédérés, Bruxelles.
A
Lo
Lo
B
G
B
G
G
A
A
G
Lo
Lo
A
G
I.
N
C
c
G
B
262 —
569. Vermeiren, Édouard, 8, rue des Pierres, Bruxelles. B
570. Vogelvanger, ingénieur, Hulst (Hollande).
571. von der Beke, Max, 27, rue du Robinet, Anvers. A
572. von Winniwarter, A., professeur à l’Université, place
Sainte-Véronique, Liège. L
573. Vrydags, Louis, 8, rue Saint-André, Anvers. A
574. Waefelaer, Adolphe, 4, rue de l’Écuyer, Bruxelles. B
575. * Watrigant, Alphonse, 7, avenue Louise, Bruxelles. B
576. Wauters, Paul, 3, rue de Flandre, Gand. G
577. Wegerhoff, Paul, ingénieur chimiste, 20, Albrech-
strasse, Wiesbaden (Allemagne).
578. Wesemael, Joseph, 59, chaussée de Gand, Molenbeek-
Saint-Jean. B
579. Wettstein, photographe, Verviers. L
580. Weustenraad, ingénieur, Villa Kaujel, Limmel, par
Maestricht.
581. Whettnall (baron), ministre de Belgique, à Londres,
S. W., 18, Harrington Gardens.
582. Wibin-Gillard, My-Hamoir (prov. de Liège). L
583. Wicard, Édouard, 20, rue des Puits l’Eau, Tournai. B
584 Wiener, Herman, 292, rue Rogier, Bruxelles. B
585. Wihlein, Adolphe, capitaine commandant d’artillerie,
rue Joseph II, Bruxelles. B
586. Willems, docteur, 2, rue des Brasseurs, Louvain. Lo
587. Willenz, Jules, 55, rue Albert, Anvers. A
588. *Woos, Eug., 114, rue Sainte-Marguerite, Liège. L
589. WiiST, Alexandre, ingénieur, 4, rue du Chantier, Anvers. A
590. Wyns, Gustave, 88, rue du Progrès, Bruxelles. B
591. *Zeyen, photographe, boulevard de la Sauvenière, Liège. L
592. Ziane, Albert, 14, quai de l’Université, Liège. L
Fils de membres.
1. Bossut, Henri, 30, rue du Pélican, Bruxelles. B
2. de Vaux, Jean-Adolphe, 15, rue des Anges, Liège. L
3. De Walque, 26, rue des Joyeuses-Entrées, Louvain. Lo
4. Dupont, Émile, 38, rue de Fer, Namur. lN
203 —
5. GÉruzet, Raymond, photographe, 35, rue de l’Écuyer,
Bruxelles. g
0. Noaillon, Paul, rue Large, Chênée. L
7. Philippart, Sophie 'M'ie), m, avenue d’Avroy, Liège. L
Membres associés.
L Adam, Marcel, entrepreneur, 33, rue Varin, Liège. L
2. Algoed, Camille, professeur à l’Académie de dessin,
Marché-aux-Poissons, Courtrai. C
3. Anspach, Lucien, professeur à l’ Université, 83, rue
d’Arlon, Bruxelles.
4. Braconnier, Martha (M»e), 73, boulevard d’Avroy,
Liège. L
5. Bray, Léon, 48, rue de Namur, Bruxelles. B
0. Dejace, docteur en médecine, Val-Saint-Lambert, Liège. L
7. Dejardin, Jules, 10, boulevard Piercot, Liège. L
8. Delchambre, Félix, 2, rue Rouveroy, Liège. L
9. Demeulemeester, lieutenant, 9, rue du Miroir, Gand. G
10. de Saegher, P., 00, rue de l’Ouest, Liège. L
11. Feys, ingénieur des mines, 114, boulevard de la Sauve-
nière, Liège.
12. Ghilain, Aug. (fils), 52, quai Saint-Léonard, Liège. L
13. Gillon, Léopold, avocat, rue Palfyn, Courtrai. C
14. Greixer, Léon, à Seraing. L
lo. Gys, Jules, fabricant de plaques photographiques, rue du
Couvent, Courtrai. C
/
10. Henroz, Emile, rentier, 51, rue Louvrex, Liège. L
17. Jones, John, 84, rue Bosquet, Bruxelles. B
18. Lamarche (M^), Thérèse, 41, rue Louvrex, Liège. L
19. Malvaux, Eugène, 43, rue de Launoy, Molenbeek. B
20 Messeyne, Edouard, artiste peintre, faubourg de Tour¬
nai, Courtrai. C
21. Michaux, A., 5, place d’Armes, Namur. N
22. Moreau, Félicien, ingénieur, rue du faubourg de Tour¬
nai, Courtrai. C
23. Moulard, Victor, architecte, boulev. de Lille, Courtrai. C
19
— 264 -
24. Schoonbrodt, M., 51, quai Saint-Léonard, Liège. L
25. Spilthoorn, Émile, 7, rue Neuve-de-l’Hôpital, Gand.
26. Tiange, horloger, à Jambes, Namur.
27. Van Beesen, Jean, négociant en bois, 14, rue Terre-
Neuve, Bruxelles.
' é
28. Vanderborght (Mlle), Renée, 88, place de l’Industrie,
Bruxelles
29. Van Léaucüurt, Georges, fabricant de plaques photo¬
graphiques, boulevard de Groeninghe, Courtrai.
80. Verriest, Joseph, fabricant de toiles, boulevard de Lille,
Courtrai.
81. Wiener (Mme), Henriette, 292, rue Rogier, Bruxelles.
I IV,
if V-
O £ « m U U pq
Section de Couttfctfai
SÉANCE DU ÎO JANVIER 1898
es membres présents sont :
MM. D’Hont, président; Gys,
Algoed, Decancq, Messeyne,
A. Declerck, Degryse, Maege,
Vanden Steene et Ickx.
Le président met à la dispo¬
sition des membres les publi¬
cations reçues depuis la dernière séance.
Il donne ensuite la parole à M. Avanzo, de la maison Gecèle, de
Bruxelles, qui s’est offert à donner à la Section une démonstration
du nouveau papier « Velox ».
M. Avanzo donne d’abord quelques explications au sujet de la
manipulation de ce papier. L’impression peut se faire, soit à la
lumière du jour diffuse, soit à la lumière artificielle. Le développe¬
ment n’exige pas l’emploi d’une lumière rouge; il peut 'se faire à la
lueur d’une lampe ordinaire, l’opérateur ayant soin, toutefois, soit
de s’éloigner de quelques mètres de la source de lumière, soit de
modérer l’éclairage.
M. Avanzo impressionne quelques épreuves de clichés prêtés par
l’un des membres. L’exposition, pour un cliché d’intensité moyenne,
dure deux minutes, à la distance de 10 centimètres d’un bec de gaz
ordinaire.
Le dévcloppateur employé est à base de métol et d’hydroquinone ;
le développement, qui se fait au pinceau, est presque instantané :
au bout de dix secondes, il est entièrement terminé. L’épreuve est
fixée dans un bain de fixage acide.
Les résultats obtenus avec ce papier sont très remarquables. Au
lieu de la sécheresse ordinaire des épreuves au bromure, l’image
obtenue sur « Yelox » offre de belles tonalités, d’une couleur noire
bien franche.
M. Avanzo renseigne ensuite quelques tours de main, soit pour
descendre les épreuves trop développées, soit pour éclaircir des
épreuves voilées ou surexposées. Il distribue aux membres présents
des pochettes de « Velox « mat et des échantillons du développa-
teur recommandé.
Le président remercie vivement M. Avanzo pour son intéressante
communication et prie les membres d’expérimenter le nouveau
papier, en les engageant à faire part à la Section, dans la prochaine
séance, du résultat de leurs essais.
Vu l’heure avancée, le président propose de remettre à une
séance ultérieure les autres points figurant à l’ordre du jour.
SÉANCE DU 14 JANVIER 1898
Sont présents : MM. D’Hont, président; Algoed, Degryse,
Messeyne, Maege, Decancq, Gys, Moreau et Ickx.
Outre les publications ordinaires, le président communique à la
Section quelques numéros de la revue anglaise The Studio , mise
par lui à la disposition des membres.
La séance annuelle de projections devant avoir lieu en mars pro¬
chain, M. D’Hont engage les membres présents à communiquer
sans retard, au bureau de la Section, les positives qu’ils désireraient
faire projeter. Il demande également qu’on fasse de la propagande
auprès des confrères absents pour qu’on puisse réunir suffisamment
d’épreuves pour remplir le programme de cette soirée.
Après un échange d’observations au sujet de l’organisation de la
soirée de projections, le secrétaire distribue des pochettes d’échan-
207 —
tillons de papier « Éclair « , que la maison Van Monckhoven a gra¬
cieusement mises à la disposition des membres de la Section.
L’ordre du jour comportait un essai du papier « Electric » de la
« Beernaert’s Dry Plate Cy ». Un retard étant survenu dans l’envoi
d’échantillons de ce papier, la démonstration sera faite à une séance
ultérieure.
SecfcioD de Gatyd
SÉANCE DU 3 FÉVRIER 1898
Présidence de M. Goderus, président
es membres présents sont : MM. Coupé,
D’Hoy, Casier, Canfyn, De Hemptinne,
Leirens, Vander Haeghen. De Moor, De
Beer, Servaes, De Brouwer, De Clercq,
Brunin, Delbecq, Tyman, De Smet, Van
Loo, Hermans, Heins, Vanden Hove, De
Breyne.
être chargé par M. Maes, président de
l’IInion internationale de Photographie, d’annoncer que la réunion
de cette année se tiendra à Gand, le deuxième dimanche des fêtes
communales.
M. Goderus fait part aux membres du gracieux hommage fait
par M. Casier à la Section, consistant en un superbe album de pho-
totypies faites d’après des clichés pris par M. Casier au cours
d’un voyage artistique qu’il entreprit en Normandie. ( Remercie¬
ments .)
M. Goderus montre un vieux cliché très intéressant; toutes
les parties d’ombre du portrait forment un positif sur le verre,
tandis que les parties fortement éclairées forment un négatif.
Ensuite, M. l’abbé Coupé, avant de présenter à la Section la
nouvelle lanterne de projection dont elle a fait l’acquisition, fait
M. Casier déclare
une intéressante causerie sur les appareils de projection. Il fait
précéder l’exposé de la théorie de la lanterne par un mot d’histoire.
L’inventeur de la lanterne magique est le P. Kircher, né à
Geysen en 1602, mort à Rome en 1680.
On attribue parfois l’invention de Kircher au Danois Wal-
genstein. M. Coupé lit, dans le vieil ouvrage de Kircher, Ars magna
lucis et umbrœ , la revendication du véritable inventeur.
Le progrès de la lanterne a suivi celui des lumières intensives.
Nollet et Euler améliorèrent la partie optique; en 1798, Robertson
inventa le pantoscope.
Dalmeyer fit le premier les condensateurs achromatiques.
M. Coupé rappelle les principes d’optique sur lesquels reposent
la théorie de l’appareil, puis il examine longuement et explique les
parties constitutives, le condensateur, l’objectif et les sources lumi¬
neuses.
A la suite de cette causerie, il est procédé à l’essai de la nouvelle
lanterne de projection de la Section, elle fonctionne à la satisfaction
de tout le monde.
La séance est terminée par la distribution du jeton de présence
dû à M. Emile De Smet, il a été fortement admiré; c’est un agran¬
dissement d’un petit négatif dont tous les détails sont parfaitement
rendus.
G. Vandale.
Çomment un Artiste photogpophç
peut être un Photographe artiste
Causerie faite à la Section Liégeoise de V Association belge
de Photographie, le 8 mars i8ç8.
our faire un bon photographe, la réu¬
nion de quelques conditions est néces¬
saire ; il faut des produits chimiques,
des plaques, des papiers sensibles, des
cuvettes, tout un attirail d’atelier; il
faut surtout un appareil composé d’un
pied quelquefois, d’une chambre noire
et d’un objectif toujours; enfin, il faut
le photographe qui se servira de tout
cela !
D’après certains, s’il faut en croire les considérations que nous
leur entendons émettre tous les jours, ce dernier élément, tout en
étant indispensable, n’en serait pas moins le plus négligeable.
Combien n’en est-il pas en effet qui, s’efforçant de réaliser une
perfection rêvée, s’en vont cherchant sans relâche l’appareil mer-
— 271
veilleux, l’idéal instrument qui la leur donnera; qui ne voient dans
les œuvres qu’ils ont admirées ailleurs que le résultat de méthodes,
de procédés inconnus qu’il leur faut découvrir? Us ne s’aperçoivent
pas, les aveugles, qu’en agissant ainsi, ils se dirigent précisément à
l’opposé du but qu’ils poursuivent! Ils veulent faire de l’art et
déploient toute leur perspicacité à en découvrir la formule. Comme
si l’art avait une formule !
Ce sont ceux-là qui, animés des meilleures intentions, sou¬
tiennent le plus efficacement l’opinion que la photographie ne peut
être un art. Ce sont eux qui, ne voulant voir dans la photographie
qu’une question d’appareils plus ou moins excellents, de procédés
plus ou moins perfectionnés, fournissent les armes les plus sûres à
ceux qui la dénigrent.
En voulant accorder toute l’importance aux instruments, ils
réduisent le rôle de l’artiste à n’être presque rien ; ils nient sa per¬
sonnalité qui est pourtant un caractère essentiel de l’art.
Je ne dis point assurément qu’il faille négliger complètement ces
objets dont nous nous servons. Sans doute, le peintre a ses pin¬
ceaux, ses couleurs, et y attache leur prix. Mais il ne viendra à
l’esprit de personne de soutenir que de leur excellence dépend le
talent de l’artiste, et nul ne pensera à me contredire quand j’affir¬
merai qu’il y a moins de talent dans tel tableau, où sont concentrées
toutes les ressources du procédé, qu’en un croquis tracé sur un mur
au moyen d’un vil charbon par la main d’un homme de génie.
La personnalité est la caractéristique de l’art, parce que l’art
procède uniquement de la pensée humaine. S’il ne peut se passer
des procédés, ceux-ci ne doivent être pour lui que des moyens dont
il se sert pour arriver à son but.
D’après cela, nous pouvons soulever encore une question souvent
posée et nous demander s’il est possible de faire de l’art en nous
servant de la photographie où les moyens semblent prendre une
place prépondérante, agissent mécaniquement et presque par eux-
mêmes, si je puis ainsi parler.
Pourrons-nous, soumis à de telles entraves, donner à nos œuvres
un caractère individuel, en dégager notre personnalité? Je crois que
oui. Sans doute, nous n’y pouvons prétendre au même titre que le
peintre, que le sculpteur, dont les procédés n’ont aucune puissance
propre et d’autre valeur que celle de la main qui les guide.
La personnalité du peintre s’affirme surtout dans la beauté de sa
conception, dans l’expression de ses sentiments esthétiques. Cette
personnalité se complète par les procédés propres à chacun,
employés pour la manifestation de l’idée ; il n’en est pas moins vrai
qu’ils sont, en somme, chose accessoire. Lorsque nous parcourons
un musée et que nous cherchons les œuvres de peintres connus de
nous, nous n’avons pas de peine à les découvrir parmi d’autres
parce qu’elles ont
une physionomie
bien spéciale. Tou¬
tes les œuvres d’un
même peintre ont
comme un certain
air de famille. Les
sujets exprimés ,
les modèles em¬
ployés, les formes
et l’ordonnance
même des tableaux
diffèrent, et cepen¬
dant, dans l’ensem¬
ble, il y a quelque
Abl)é Motus.
chose de semblable qui résulte de la conception particulière que le
peintre s’est faite de la beauté. Tout cela forme le caractère de son
œuvre, caractère qu’avec une certaine initiation on retrouve aisé¬
ment, parce que, dans un même peintre, l’idéal de beauté ne change
pas. Le procédé, au contraire, n’est qu’un moyen d’identification
secondaire qui, malgré des traits matériels plus saisissables, est
cependant très souvent trompeur. Il est généralement le partage de
peintres d’une même époque qui ont subi les mêmes influences, soit
de l’enseignement commun, de l’entraînement qu’exerce sur eux
l’admiration d’un maître, soit des idées dominantes du temps.
Le procédé est donc quelque chose qui appartient en commun à
tous les peintres d’une même école et cependant leurs œuvres sont
bien distinctes. Par contre, avec des procédés différents, un peintre
peut produire une œuvre qui ne nous trompera pas sur son origine,
et nous avons vu souvent des artistes changer de procédé sans
cesser pour cela de rester eux-mêmes.
De ces deux constatations il résulte que le caractère dominant
de l’œuvre d’un peintre, c’est la conception qui lui est propre, et que
le procédé est plutôt l’accessoire dans ce qui compose sa person¬
nalité.
En employant ici le mot procédé , je n’entends pas dire seule¬
ment les moyens matériels, tels que le crayon ou la couleur, mais je
prends ce terme dans sa signification la plus étendue. Le procédé
est l’ensemble de toutes les ressources qui peuvent concourir à la
production d’une œuvre d’art.
Les peintres primitifs étaient très ignorants de l’anatomie; ils
furent souvent fort imparfaits sous le rapport de la correction de la
forme; ils n’ont pas connu non plus les ressources de l’ombre et du
clair-obscur. Cependant, l’élévation d’idée qui se révèle dans les
admirables triptyques de Memling et de Quinten Metsys, suffit à
leur assigner le plus haut rang parmi les œuvres d’art.
L’art, disais-je tantôt, procède uniquement de la pensée humaine.
J’affirme plus : l’art est l’expression de la pensée humaine. La seule
contrainte qui lui soit imposée est de se manifester par la représen¬
tation des objets matériels, parce qu’il faut montrer à nos yeux des
signes qu’ils comprennent, parler à notre âme une langue qu’elle
puisse entendre.
Cette langue, l’art la trouve dans la reproduction de la nature et
dispose pour cela de trois éléments : la ligne, le relief et la couleur.
La ligne, c’est-à-dire le dessin qui, montrant les contours enserrant
chaque objet, lui donne sa forme propre; le relief qui montre les
saillies et les dépressions par le jeu des lumières et des ombres; la
couleur, la coloration particulière de chaque objet.
Il pourrait sembler inutile de faire ici cette distinction et cette
subdivision, puisque, de ces trois éléments, le dernier nous est
— 274 —
interdit, et que les deux autres, le trait et le relief, s’obtiennent
simultanément par les procédés que nous employons et sont pour
nous inséparables l’un de l’autre.
Nous verrons plus loin que la couleur, si surprenante que puisse
sembler au premier abord cette affirmation, ne doit pas être consi¬
dérée par nous comme un élément étranger. Quant aux deux autres,
ils se retrouvent en toute œuvre d’art. Dans la statuaire, qui paraît
procéder uniquement par la forme, la ligne montre la silhouette
générale, les proportions, et se retrouve encore dans l’attitude,
l’expression du visage, les plis des vêtements et des draperies.
Si je fais cette division, c’est qu’elle nous permettra d’envisager
tour à tour et systématiquement les différents points en lesquels
pourront se manifester les caractères artistiques d’une œuvre. Des
trois éléments que j’ai cités, le premier à considérer est la ligne. En
ce qu’elle montre la forme des choses, la silhouette générale est celle
des objets particuliers qui concourent à l’ensemble, c’est par elle
que sera constituée l’ordonnance d’un tableau, et c’est elle que nous
devons considérer d’abord dans la composition de notre sujet.
La composition, même d’une œuvre photographique, est essen¬
tiellement du domaine de l’art, et le métier n’a rien à faire en cela.
A la vérité, la nature en fournit bien à l’artiste les éléments com¬
plets, mais il faut qu’il sache voir et choisir, apprécier ces éléments
au point de vue de l’effet qu’ils produiront dans son œuvre,
discerner ce qui pourra en constituer l’élégance et la grâce, ce qui,
d’autre part, en détruira l’harmonie.
La nature nous fournit les sujets, mais ce n’est pas tout, et nous
avons pu en être assez convaincus par les innombrables photogra¬
phies que nous avons vues trop souvent, montrant des paysages
admirables en eux-mêmes et qui ne parvenaient à produire en nous
qu’une impression d’ennui et d’énervement par leur banalité et leur
mauvaise ordonnance.
Il ne faut pas croire qu’il suffise de planter son appareil devant un
beau site pour obtenir une œuvre belle. Nous sommes, devant la
nature, soumis à des influences différentes qui n’agiront plus quand
nous nous trouverons en face de sa reproduction. Nous ne la \ 03 0ns
plus aussi du même œil, et j’ai montré déjà, en une autre conférence,
que le Beau dans les arts est chose essentiellement différente du
Beau dans la nature.
En outre, quand nous nous arrêtons à contempler un paysage,
nous ne nous inquiétons guère qu’il soit complet ou bien équilibré ;
nous faisons abstraction d’une foule d’objets déplaisants par eux-
mêmes ou par leur situation ; toutes choses qui ne nous échapperont
plus devant une œuvre réalisée.
J. Boitson-
C’est l’art de la composition qui nous permettra de combiner les
divers éléments que nous fournit la nature, de les disposer en vue
du but que nous poursuivons, de les grouper en un ensemble élégant
et bien équilibré, charmant les yeux par la beauté des lignes ou des
silhouettes. C’est lui encore qui nous apprendra à mettre en relief
par son emplacement, le point ou le sujet sur lequel doivent se
porter principalement les regards, qui nous suggérera le moyen
d’atténuer les autres, d’éliminer ou de dissimuler ce qui nous paraî¬
trait nuisible.
— 276 —
Voilà pourquoi un paysage doit être étudié longuement et atten¬
tivement avant que nous passions à son exécution. Tout le mérite
de la ligne résultera dans nos productions, je crois, de l’emplace¬
ment que nous aurons choisi. Cela paraît très simple. Ne nous y
fions pas, cependant. Une étude sérieuse doit seule nous guider et
ce n’est pas le hasard qui fera jamais rien pour nous.
Le relief nous est donné naturellement, puisque la photographie,
en même temps qu’elle reproduit la ligne, reproduit aussi l’ombre et
la lumière. L’ombre et la lumière? Non, car ces mots ne sont pas
sjmonymes de blanc et de noir.
Voici un des points qui me font le plus douter de la photo¬
graphie : c’est qu’elle est si rebelle à rendre la lumière, particuliè¬
rement dans le paysage. Quel rapport y a-t-il entre ces routes
blanches qui font penser à la neige et la lumière chaude et vibrante
du soleil ? Quel rapport entre ce noir que nous voyons à côté et les
transparences, les limpidités des ombres?
Vous me direz que c’est dû à l’insuffisance de l’échelle des tons
mise à notre disposition, qu’une feuille de papier, éclairée d’une
lumière modérée, ne peut avoir l’éclat des rayons du soleil? Vous
souvenez-vous des tableaux de Corot? Il ne disposait que des cou¬
leurs, passablement ternes à côté du soleil, que lui offrait sa palétte.
Comment se fait-il alors que ses paysages qui, dans les salles du
Louvre, ne reçoivent qu’un faible éclairage, brillent cependant d’une
lumière resplendissante ?
Mais Corot, me direz- vous, pouvait se servir des couleurs? Il y
a cependant telles eaux-fortes de Rembrandt qui scintillent de
lumière et, dans ses eaux-fortes, tout comme nous, Rembrandt ne
disposait que du blanc et du noir.
L’art est impuissant à reproduire la lumière par l’imitation
directe. Le ton le plus clair de la palette est terne et opaque à côté
du soleil. On peut épuiser les blancs et les jaunes sans arriver à
produire de la lumière. Comment donc y parvenir? Par le juste
rapport entre elle et les ombres. Si telle de vos œuvres manque de
lumière, ne cherchez pas à augmenter l’éclat des blancs, ce serait
277 —
peine perdue. Ne cherchez pas non plus à grandir les oppositions,
vous ne parviendriez qu’à rendre vos ombres plus opaques et vos
blancs plus ternes encore. N’essayez pas d’imiter la lumière. Expri-
mez-la et c’est par les ombres que vous y parviendrez. Rendez les
clairs-obscurs, les reflets qui sont accessibles à votre procédé et la
lumière se révélera indirectement, se sentira. Etudiez Rembrandt.
Nul n’a rendu la lumière avec plus d’éclat et cependant ses tableaux
sont tout remplis d’ombre. Car, remarquez le peu d’étendue de sa
palette, comme il s’est peu soucié des oppositions de teintes, de la
vigueur du coloris. Ses peintures sont presque monochromes; les
couleurs y sont comme noyées dans une teinte brunâtre générale
qui les assombrit encore, et cependant la lumière y éclate et brille
de toutes parts.
Il est un point très important sur lequel je veux encore attirer
votre attention à propos du relief. Ce point touche plus directement
le procédé tout à fait matériel et concerne la façon de disposer la
lumière et les ombres.
Un des plus grands reproches que les artistes n’ont cessé de
faire à la photographie est la surabondance, le grouillement des
détails qui composent la plupart des œuvres obtenues par la chambre
noire. Là-dessus, protestations énergiques de ceux qui prétendent
voir là dedans plutôt une qualité qu’un défaut. Ils ripostent victo¬
rieusement, croyant leur argument irrésistible, que la photographie
ne reproduit rien qui ne soit dans la nature. Us disent encore que
nombre de peintres, célèbres à juste titre, ont poussé jusqu’aux der¬
nières limites le fini, le léché, le détaillé. Ceux-là ne seraient pas
aussi affirmatifs s’ils prenaient la peine d’examiner quelque peu les
raisons sur lesquelles les artistes fondent leur reproche. Ce n’est pas
par elle-même que l’abondance des détails est un défaut, mais en ce
qu’elle produit une impression de fatigue, de trouble, de fourmille¬
ment sur nos yeux, qui, sollicités de toutes parts, ne savent où se
poser. Ces innombrables parties, simplement juxtaposées, sans aucun
lien qui les relie, nuisent à l’ensemble en en détruisant l’unité.
Comment les peintres, même ceux qui se sont complus dans la
finesse de l’exécution, ont-ils évité cet écueil? En procédant par
masses.
— 278 —
J’emprunte une excellente définition de ce terme à M. Emile
Grosjean, un critique d’art parisien très autorisé (1) :
« On appelle masse, en peinture, un ensemble d’objets ou de
figures disposés de telle façon que toutes les parties éclairées, se
confondant, pour ainsi dire, en une seule tache de lumière, ne
forment pour l’œil qu’un bloc et un tout, tandis que les parties
obscures forment un autre tout et un autre bloc d’ombre. Cet arti¬
fice seul donne à l’ordonnance d’une peinture complexe une unité
et une simplicité sensibles, perceptibles à l’œil et fort différentes de
l’unité et de la simplicité logiques que saisit l’intelligence. »
Pour donner à l’œil une impression agréable, les grandes masses
dans un tableau ne doivent pas être trop nombreuses. D’autres
pourront s’y rencontrer, moins importantes, mais devront se subor¬
donner aux premières qu’elles laisseront subsister et ne s’en déta¬
cheront pas non plus pour former des ensembles séparés. Un
exemple nous fera mieux saisir la chose : supposons un paysage
composé d’une prairie et d’un bouquet de grands arbres, le tout
éclairé obliquement par le soleil. Nous voyons immédiatement qu’il
va se former dans ce paysage trois grandes masses. La prairie,
éclairée d’une façon générale, en constituera une; le bouquet
d’arbres présentera du côté du soleil une grande masse de lumière,
de l’autre une grande masse d’ombre. Mais la prairie pourra n’être
pas complètement plane; il s’y rencontrera des vallonnements dans
lesquels le soleil viendra mettre des taches de lumière et des taches
d’ombre. Les différents arbres dont se compose le bouquet, à leur
tour, offriront chacun une partie plus éclairée et une autre plus
sombre. Tout cela constituera des masses accessoires qui, sous
peine de briser l’unité de notre paj sage, devront n’exister qu’au
sein des autres sans les empêcher d’être très nettement perceptibles.
Je répéterai la même observation si, dans un des arbres que nous
prendrons isolément, se rencontrent des masses formées par les
branches.
(1) La Peinture et l’Éducation de l’œil. Conférence faite à la Sorbonne, le
30 mars 1897, par M. E. Grosjean-Maupin, ancien élève de l’école normale supé¬
rieure, professeur agrégé de l’Université, membre de la Commission supérieure
des Beaux-Arts à l’Exposition universelle de 1900.
— 279 —
*
Le procédé par masses, comme je le disais tantôt, évite à l’œil
une impression désagréable de trouble et de confusion ; seul aussi il
permettra de saisir dans un paysage une impression d’ensemble et
dégagera nettement la forme des objets, tout en donnant à chacun
son importance relative.
Pour obtenir dans nos œuvres l’harmonie par les masses, il faut
d’abord choisir ou combiner l’éclairage du sujet de façon qu’elles se
produisent d’elles-mêmes; il faut ensuite supprimer le détail inutile
qui les détruirait. Quelques tâches vigoureuses d’ombre et de
lumière nous
montreront net¬
tement la forme
d’un arbre et ses
différents plans;
quelques milliers
de feuilles seront
impuissantes à
constituer un en¬
semble si cha¬
cune d’elles se
dessine aussi clai¬
rement que l’en¬
semble lui-même.
Elles ne formeront jamais qu’un fouillis dans lequel notre œil fatigué
ne saura rien démêler.
Il nous reste à considérer le troisième élément de la production
d’une œuvre d’art : la couleur. Ce serait une erreur de croire que
la couleur concerne uniquement la peinture, et que les artistes en
blanc et noir, tels que les aquafortistes, les graveurs, n’ont pas à
s’en préoccuper.
La peinture trouve un élément de beauté pour son œuvre dans
le choix des couleurs, dans l’éclat, la fraîcheur des teintes, et aussi
dans leur disposition, dans l’impression agréable qu’elles produisent
non seulement par elles-mêmes, mais encore et surtout par l’harmo-
20
— 280 —
nie qui résulte de leur accord l’une avec l’autre. Mais ce n’est pas
tout.
Indépendamment de sa teinte propre, la couleur dans les objets
possède encore une valeur comme ton, une relation entre elle et les
autres couleurs qui l’entourent. La connaissance parfaite de cette
relation constitue, pour la plus grande part, le talent du coloriste.
L’artiste, par l’insuffisance d’étendue de sa palette, ne peut pré¬
tendre à imiter matériellement les couleurs de la nature; s’il par
vient à les exprimer avec exactitude, c’est en observant le juste
rapport qui existe entre elles. Plusieurs peintres ayant à rendre le
même sujet, il est presque certain qu’ils emploieront différemment
les ressources dont ils disposent. L’un pourra se tenir dans une
note générale assez claire ; l’autre, partir d’une teinte de lumière
moins éclatante pour arriver à des ombres d’une intensité plus
forte; un troisième, parcourir la gamme la plus étendue des couleurs
de la palette. Malgré cela, si nous supposons ces peintres d’égal
talent, leurs œuvres, tout en étant différentes, n’en seront pas moins
également vraies si, dans l’échelle des tons intermédiaires, ils ont
observé fidèlement la valeur relative de la couleur qui donnera
l’illusion de la valeur réelle.
La vérité du coloris résulte donc plutôt encore de la fidèle obser¬
vation des valeurs que de la scrupuleuse exactitude des teintes, et
c’est pourquoi les arts qui ne se servent pas de la couleur ont à en
tenir compte, encore qu’ils ne puissent l’exprimer directement. Je
suis même tenté de dire qu’il peut se présenter des cas où la juste
observation des valeurs leur est plus nécessaire, précisément parce
qu’ils manquent de la couleur. Un exemple sera le meilleur moyen
de définir ma pensée : un ciel nuageux laisse par moments transpa¬
raître les rayons du soleil ; tout observateur sait combien il est diffi¬
cile, parfois, de discerner la véritable relation entre certaines parties
éclairées du paysage et les nuages du ciel. Si l’artiste ne parvenait
pas à saisir et à exprimer exactement cette relation, la teinte propre
de chaque partie lui permettrait quand même de s’en rapprocher
beaucoup, en donnant lieu à l’hésitation qui se produisait devant la
réalité. Sans le secours de la couleur, au contraire, on percevra
immédiatement si la relation, si subtile soit-elle, a été faussée. En
— 281 —
effet, le ciel, par rapport aux clairs du paysage, sera ou plus foncé,
ou moins, ou également, sans autres différences perceptibles et
capables de diminuer celle-là. Voyez de suite le changement complet
que chacune de ces nuances peut apporter à l’effet d’un paysage.
Cette nécessité de l’observation des valeurs me paraît exiger de
nous, tout d’abord, le choix de sujets n’offrant pas de difficultés
insurmontables par des teintes dont nous ne pourrions, avec nos
procédés, assurer l’exacte relation. Dans le paysage, c’est presque
toujours un éclairage approprié qui nous donnera l’harmonie. Nous
pourrons aussi y contribuer par l’emploi de nos procédés, soit par
l’obtention directe de ce que nous cherchons, soit par des modifica¬
tions postérieures.
J’ai entendu souvent des photographes nier la légitimité des modi¬
fications imposées à une œuvre photographique et, qui plus est, la
nier au nom de la vérité, alors précisément que c’est la vérité qui
les réclame. C’est encore un exemple qui, dans ce cas comme sou¬
vent, sera la meilleure preuve. Si, dans un sujet quelconque, il se
trouve un objet bleu d’une certaine intensité de ton, et que cet
objet bleu, par la seule action chimique de sa couleur, se montre
dans notre œuvre presque aussi clair, sinon tout autant que s’il était
blanc; si, près de lui, il s’en trouve un autre, vert ou jaune, mani¬
festement plus clair, qui, par la même raison, apparaîtra plus foncé,
est- ce au nom de la vérité que vous nous ordonnerez de conserver
cette erreur?
Il me paraît aussi qu’il faut, pour obtenir la représentation des
couleurs, rechercher dans nos œuvres plutôt la douceur que de
grandes oppositions qui ne permettent pas la graduation délicate
de tons intermédiaires. Je crois avoir montré que l’exagération des
contrastes n’ajoute rien aux effets d’ombre et de lumière. Une
échelle restreinte, au contraire, mais savamment graduée et riche
en demi-teintes, mettra mieux en leur place les différents plans en
même temps qu’elle charmera l’œil par une harmonie générale.
— o —
Tout ce que nous venons d’examiner constitue les éléments sen¬
sibles de la beauté d’une œuvre d’art. C’est en eux que pourront se
— 282
trouver les qualités qui plairont à nos sens, en même temps qu’ils
sont les moyens d’expression de ce qui doit saisir notre intelligence.
Peut-être me reprocherez-vous d’avoir trop dit ce qu’ils devraient
être et de n’avoir point assez montré comment nous pouvons obtenir
ce que nous exigeons d’eux, en quoi consistent, en un mot, les
moyens matériels et directs que nous offre la photographie ?
Pensez-vous qu’il soit telle formule, tel procédé supérieur à tous
les autres pour donner l’harmonie des tons, les masses et la lumière?
J’en] doute; je serais plutôt tenté d’affirmer que tous se valent et
qu’ils ne va¬
lent que par
ceux qui s’en
servent. Cha¬
cun saura
trouver ce
qui convient
le mieux à
sa nature, au
but qu’il
poursuit. Il
faut nous ser¬
vir des pro¬
cédés , mais
nous garder
de croire
qu’ils ne donneront rien par eux-mêmes. Il ne faut pas croire non
plus que l’art qui se manifeste dans une œuvre admirée soit le résul¬
tat d’une recette perfectionnée. Les artistes ont mieux à faire que
de découvrir des recettes. Autre chose est de travailler celles qu’on
veut bien nous fournir toutes préparées pour en connaître les res¬
sources, les assouplir, les conduire à se plier à nos exigences.
Au reste, ce que nous avons vu jusqu’à ce moment n’est encore
que méthode, méthode d’emploi des moyens mis à notre disposition.
En ce qu’elle procède déjà par interprétation, et non par reproduc¬
tion mécanique irraisonnée, elle suffirait déjà à imprimer à nos pro¬
ductions un caractère artistique, mais ce n’est pas assez pour en
R. Brecx.
282 —
faire de véritables œuvres d’art s’il y manque l’élément essentiel de
celles-ci, qui est l’expression. Nous pouvons avoir reproduit les
objets avec leur forme exacte sans qu’il s’ensuive nécessairement
que nous en ayons dégagé le caractère spécial.
Un des traits dominants des êtres animés que nous pourrons
avoir à représenter, qu’ils soient destinés à compléter un paysage
ou à constituer dans une œuvre le sujet principal, est le mouve¬
ment, et cela est purement du domaine de l’expression.
La connaissance du mouvement n’appartient pas seulement aux
sens, mais encore à l’entendement et à nos facultés imaginatives ;
elle implique une comparaison. Notre imagination s’exerce en nous
rappelant une situation antérieure et en nous suggérant la pensée
d’une situation future. Les arts du dessin, qui ne peuvent montrer
le mouvement, l’expriment au moyen de signes immobiles. Que fait
la photographie? C’est à l’instantané que, la plupart du temps, elle
a recours. Elle saisit une des phases quelconques du mouvement,
et il arrive ainsi, presque toujours, qu’elle produit non la représen¬
tation d’un objet dans une situation telle qu’elle suggère immédiate¬
ment l’idée d’un changement, mais une décomposition du mouve¬
ment. Au lieu de le définir, elle l’interrompt. Elle veut nous montrer
un homme entraîné par la marche et lui fait occuper une insoute¬
nable position que nos yeux, habitués à synthétiser, n’ont jamais
perçue.
Les signes, par lesquels l’art exprime le mouvement, sont desti¬
nés à rester sous nos yeux un temps appréciable. C’est pour cela
qu’ils doivent être durables, ne pas interrompre le mouvement,
mais en éveiller indirectement l’idée. Prenons dans une action le
moment qui conviendra le mieux à sa représentation ; une attitude
qui, sans être celle du repos, pourra cependant durer quelque
peu, c’est-à-dire quand le mouvement va s’effectuer, ou mieux
quand il vient de s’accomplir. Nous savons que cette attitude
ne peut se prolonger, et c’est précisément la nécessité de conce-
vx)ir le changement qui donnera au tableau de l’animation et de
la vie.
Nous agirons de même si nous voulons exprimer l’impression que
produit un paysage, impression qui n’est pour nous que la synthèse
d’une multitude de sensations dont quelques-unes sont dues au sens
de la vue, quelques-unes encore à d’autres sens, les dernières aux
opérations de l’entendement. Comme procédé de reproduction, nous
n’avons que ceux qui s’adressent à la vue et nous devons cependant
aboutir au résultat final, en réveillant, par une association d’idées,
les perceptions qui nous échappent parce qu’elles s’adressent à
des sens qui restent en dehors de notre action. Il faut choisir,
parmi les objets qui se présentent à nos yeux, non seulement
ceux qui sont de nature à éveiller les sensations visuelles les
plus agréables et les plus vraies, mais surtout ceux qui suggére¬
ront les sentiments ressentis à leur contemplation par notre sen¬
sibilité.
Voulez-vous faire naître une impression agreste, l’idée du calme,
de la sérénité, du tranquille bien-être de la vie des champs? Mon-
trez-nous une chaumière, l’objectif de tous nos rêves poétiques.
Empanachez la cheminée d’une fumée légère qui fait penser au repos
qui suit les fatigues de la journée ; montrez-nous une lumière
éclairant vivement l’horizon comme à l’heure où le soleil va
disparaître et, se détachant sur ce fond lumineux, la silhouette
d’un berger ramenant son troupeau à la bergerie ; et ce sera
une œuvre d’art, si vous parvenez à éveiller cette impression
de mélancolie indéfinissable qui nous saisit à certains beaux soirs
d’été.
Ce n’est donc pas la reproduction minutieuse, l’exacte imitation
des objets de la nature que nous devons rechercher. Si nous avons
été charmés par un paysage aperçu à l’aube du jour, alors que toutes
les choses s’estompent délicatement dans la brume, qu’une légère
vapeur s’élève doucement de la surface de l’eau et des prairies bai¬
gnées de rosée, allons-nous nous attacher uniquement à reproduire
chaque détail, à n’omettre ni une branche d’arbre, ni une anfractuo¬
sité de rocher? Non, car cela nous donnerait une reproduction telle
quelle d’un paysage quelconque, mais assurément pas l’impression
cherchée. Mais si, au contraire, dégageant de cette impression toyt
ce qui lui est étranger, nous isolons en quelque sorte les éléments
qui la composent, la lumière encore hésistante, le vague des loin¬
tains, la légère vapeur qui s’élève doucement du sol et des eaux,
nous ferons mieux qu’une reproduction d’un beau site, nous réveil¬
lerons les sentiments qu’il a fait naître en nous.
Dans les différents domaines de l’art, l’artiste dispose de moyens
spéciaux, et la Statuaire et la Peinture, dans leurs plus beaux chefs-
d’œuvre, ont donné des expressions de la nature qui se différencient
autant l’une de l’autre que de la nature elle-même.
C’est qu’il y a dans l’art autre chose que la représentation de la
nature, qui n’est qu’un moyen pour amener l’éveil de l’émotion et de
l’idée esthétique. L’artiste a fait œuvre d’art, s’il a su pénétrer au
delà de la beauté primordiale qui se révèle dans la pureté des
formes et l’harmonie des proportions, s’il a exprimé, en les confon¬
dant, la vérité matérielle et la beauté absolue. Ce qui fait le charme
de son œuvre, c’est qu’il ajoute à la caractéristique du sujet son
idée propre, son âme même. C’est cette âme qui vibre, c’est elle qui
nous attire, c’est elle qui nous émeut.
Gustave Marissiaux.
PROJECTIONS
Des rapports entre la longueur focale de l’objectif,
la dimension de l’image projetée
et la distance à laquelle on opère.
ouvent il arrive que l’opérateur est
appelé à faire des projections hors de
son local habituel, et il peut dans ce
cas avoir à résoudre certains problè¬
mes, dont la solution lui épargnera
des tâtonnements souvent très longs.
Il faudra d’abord qu’il connaisse la longueur focale des objectifs
dont il dispose ; elle n’est généralement pas indiquée sur les instru¬
ments.
Pour faire cette détermination, il existe un moyen très simple
et suffisamment exact pour la pratique des projections.
Sur un verre douci de la dimension employée pour les projections,
soit 85ram sur 100mm, on trace au centre une ligne ayant exactement
7 1/2 centimètres de longueur (dimension ordinaire de l’image), ou
bien on trace cette ligne sur une plaque défectueuse, par exemple
en enlevant la gélatine avec une pointe, de manière à mettre le
verre à nu.
On introduit la plaque dans le châssis de l’appareil à projections
placé à une distance, supposons de 4 mètres, de l’écran, et l’on met
le trait bien au point sur la toile.
287 —
Indiquons par F la longueur focale cherchée, I la dimension de
la ligne projetée sur l’écran et D la distance de l’objectif à l’écran.
La longueur focale de l’objectif sera :
^ D X 7,5
F I
Exemple : La ligne projetée sur l’écran a 2 mètres et l’appareil
se trouve à 4 mètres de la toile. On a :
u 4 X 7,5 .
b - - ^ - = lo centimètres.
Ces déterminations faites, il sera bon de marquer ces longueurs
focales sur le tube de chaque objectif.
Voyons quels sont les divers cas qui peuvent se présenter?
Supposons que l’on ait à faire des projections de 3 mètres de
côté dans une salle de 8 mètres de longueur, à quelle distance de
l’écran faudra-t-il placer l’appareil, si l’objectif dont on dispose a
une longueur focale de 15 centimètres? Cette distance sera donnée
I X F
par la formule : D = ^ et dans l’exemple choisi :
/ ,o
„ 3 x 15 „
D = — =-= — = G métrés.
7,5
Supposons maintenant l’opérateur en possession d’une série
d’objectifs de différentes longueurs focales, tandis que l’appareil
doit pour l’une ou l’autre raison être placé à une distance déter¬
minée de l’écran, sur lequel la projection doit avoir une grandeur
déterminée également. Quelle sera la longueur focale de l’objectif à
employer?
La formule sera celle indiquée plus haut pour la détermination
du foyer, c’est-à-dire : F = P ^
Si la distance à laquelle la lanterne doit se trouver de l’écran est
de 15 mètres, et que l’image doit avoir sur la toile 5 mètres de côté,
15 X 7,5
on aura : F
- 22,5 centimètres.
Ou bien encore, si nous avons un objectif d’une longueur focale
donnée, et que nous plaçons l’appareil à une distance déterminée de
l’écran, quelle sera la grandeur de l’image projetée?
— 288
Dans ce cas I = - =— — .
F
Si l’objectif a une longueur focale de 20 centimètres, et que la
distance qui le sépare de l’écran est de 8 mètres, la projection aura
k ^ --t'-* = 3 mètres de côté.
Si l’on projetait des images d’un autre format que 75 X 75mm,
par exemple une diapositive obtenue avec des phototypes de photo¬
jumelles, soit G1/2X9 centimètres réduits à 0 X 8 pour la projec
tion, le facteur 7,5 serait remplacé par le facteur 8 dans les formules
ci-dessus.
La table suivante supprime les calculs très simples que nous
venons d’indiquer et permet de résoudre les différents cas qui
peuvent se présenter.
DISTANCE
ENTRE
LA
LANTERNE
Longueur focale des objectifs en centimètres
10
12
14
16
18
20
22
24
26
28
30
32
34
35
ET
l’écran
Dimension de l’image sur l’écran pour des diapositives
de 75x75 millimètres
m. c.
M.C.
M.C.
M.C.
M.C.
M.C.
M. C.
M.C.
M.C.
M.C.
M.C.
M.C.
M.C.
M.C.
M.C.
2,00
1,50
1,25
1,07
0,93
0,83
0,75
0,68
0,62
0,57
0,53
0,50
0,47
0,44
0,42
2,50
1,87
1,56
1.33
1,17
1,00
0,93
0,85
0,78
0,72
0,66
0,62
0,58
0,55
0,53
3,00
2,25
1,87
1,60
1,40
1,25
1,12
1,02
0,93
0,85
0,80
0.75
0,70
0,66
0,64
3,50
2,62
2,18
1,87
1,64
1,45
1,31
1,19
1,09
1,00
0,93
0,87
0,82
0,77
0,75
4,00
3,00
2.50
2,14
1,86
1,66
1,50
1,36
1,24
1,14
1,06
1,00
0,94
0,88
0,84
4,50
3,37
2,81
2,41
2,10
1,87
1 ,68
1,53
1,40
1,30
1,20
1,12
1,05
0,99
0,96
5,00
3,74
3,12
2,66
2,34
2,00
1,86
1,70
1,56
1,44
1,32
1,24
1,16
1,10
1,06
5,50
4,12
3,43
2,94
2,57
2.29
2,06
1,87
1,71
1,58
1,47
1,37
1,28
1,21
1,17
6,00
4,50
3,74
3,20
2,80
2,50
2 24
2,04
1,86
1,70
1,60
1,50
1,40
1,32
1,28
6,50
4,87
4,03
3,47
3.04
2.70
2,43
2,21
2,02
1,85
1,73
1,62
1,52
1,43
1,39
7,00
5,24
4,36
3,74
3,28
2,90
2,62
2,38
2,18
2,00
1.80
1,74
1,64
1,54
1,50
7,50
5 62
4,68
4,01
3,50
3,11
2,81
2,55
2,33
2,14
1,99
1,87
1,75
1 ,C5
1,60
8.00
6,00
5,00
4,28
3,72
3,32
3,00
2,72
2,48
2,28
2,12
2,00
1,88
1,76
1,68
9,00
5,62
4,82
4,20
3,74
3,36
3,06
2,80
2,60
2,40
2,24
2,10
1,98
1,92
10,00
5,32
4,68
4,00
3,72
3,40
3,12
2.88
2,64
-2,48
2,32
2,20
2 12
12,00
5,60
5,00
4,48
4,08
3,72
3,40
3,20
3,00
2,80
2,64
2,56
14,00
5,80
5,24
4,76
4,36
4,00
3,72
3,48
3,28
3,08
3,00
16,00
6,00
5,44
4,96
4,56
4,24
4,00
3,76
3,52
3,36
18,00
6,12
5,60
5,20
4,80
4,48
4,20
3,96
3,84
20,00
6,24
5,76
5,28
4,96
4,64
4,40
4,25
25,00
7,20
6,60
6,20
5,85
5,51
5,35
— 289
On voit immédiatement : 1° qu’un objectif de 20 centimètres de
longueur focale avec un éloignement de 5 mètres donne une image
de 1™, 86 ;
2° Que, pour obtenir une image de 2m,60 avec un objectif de
26 centimètres de longueur focale, il faudra se placer à 9 mètres de
l’écran ;
3° Que pour avoir une image de 2 mètres en se plaçant à 5 mètres
de l’écran, il faudra employer un objectif ayant une longueur focale
de 18 centimètres.
Ch. Puttemans.
<*• DÉVELOPPEMENT DES PAPIERS
PAR ROIRCISSEIVIEHT DIRECT
R. Ed. LIESEGANG
ans le procédé qui consiste à exposerpar-
tiellement au châssis-presse les copies
sur papier au gélatino-chlorure d’argent
et à développer ensuite l’image jusqu’à
la vigueur voulue au moyen d’un déve-
loppateur « physique », le caractère du
négatif joue un rôle important, surtout
lorsqu’il s’agit d’obtenir, non pas le ton
photographique ordinaire, mais des tons
artistiques.
Pour arriver aux tons vert-noir au
moyen du développement à l’acide gallique par exemple, il est
nécessaire que le négatif soit assez vigoureux et possède plus de
contrastes qu’il ne le faut pour les procédés d’impression habituels.
Si, dès le début, on vise à l’application du procédé positif dit par
développement, il sera facile d’arriver à l’obtention de négatifs
ayant les oppositions voulues. Il suffit de développer la plaque au
Pyrogallol et à la soude, sans addition ou avec une addition minime
de sulfite. Le négatif résultant — pourvu que l’exposition ait été
suffisante — se distinguera par une opacité particulière due à la
Par
291 —
superposition d’une image colorée en brun sur l’image primaire
formée par un dépôt d’argent métallique noir.
Afin de rendre applicable le procédé par développement à tous
les genres de négatifs et d’obtenir des tons artistiques, même avec
des négatifs faibles, sans avoir recours au développement au pyro-
gallol non additionné de sulfite, je crois pouvoir préconiser un
moyen exempt de tout inconvénient. C’est d’employer, pour le
développement physique de l’image positive, la méthode au pinceau,
au lieu d’immerger les épreuves dans le bain.
Cette manière de faire n’est peut-être pas pratique pour le pho¬
tographe professionnel, mais l’amateur qui ne produit qu’un nom¬
bre restreint de copies s’en trouvera certainement bien. Du reste,
lorsqu’il s’agit de développer des épreuves de grand format, la
méthode au pinceau est la seule pratique.
La supériorité du développement au pinceau sur l’emploi du
développateur sous forme de bain peut s’expliquer par la considé¬
ration suivante : si de deux bandes de papier sensible exposées
pendant un temps également long sous un même négatif, on déve¬
loppe l’une en présence d’une proportion faible d’acide gallique,
l’autre au moyen d’une proportion plus forte, la première donnera
une image accusant plus de contrastes que la seconde. L’image sera
d’autant plus harmonieuse qu’on emploiera une plus forte propor¬
tion de bain. Au fixage, le ton de la première bande sera plus noir,
celui de la seconde sera rouge brun. Si le négatif a été faible, on
n’obtiendra plus avec la seconde bande de ton convenable. Et
comme la méthode au pinceau permet l’emploi d’un minimum de
solution révélatrice, elle donnera facilement des images vigoureuses
et de beaux tons artistiques.
Quant au côté pratique du développement au pinceau, nous
ne mentionnerons que les points qui diffèrent de la méthode ordi¬
naire.
On prépare :
A. Solution saturée d’acide gallique dans l’eau.
B. Acétate de soude cristallisé . . 100 gr.
Eau . 100 cm3.
_ 292 —
Pour l’usage on prend :
75 cm3 de la solution a.
5 cm3 — b.
Quant à l’exposition au châssis-presse, elle devra être environ le
quart de la durée d’une impression par le mode opératoire habituel.
La copie est placée sur une plaque de verre et, au moyen d’un
tampon d’ouate ou d’un pinceau, on enduit la feuille de la solution
révélatrice; au bout de quelques minutes on obtient la vigueur
voulue. Puis on rince à l’eau et l’on fixe dans un bain d’hypo-
sulfite de soude.
La formule donnée s’entend pour des négatifs de densité
moyenne; si le négatif est très dur, on diluera le bain davantage.
Inutile de dire qu’il est facile de faire ressortir davantage
certaines parties de l’image par un développement local. Aussi
peut-on augmenter la ressemblance des copies avec un dessin en
développant les bords de l’image plus ou moins irrégulièrement.
Traduit par V. H.
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REVUE DES JOURNAUX PHOTOGRAPHIQUES
Wilson’s Photographie Magazine.
(N° 911.)
Méthode pour rendre les bouchons en liège imperméables aux vapeurs. — Dans
le cas de conservation d’ammoniaque ou d’éther, on plonge le bouchon une
couple de fois dans la préparation suivante :
Gélatine tendre . 3 parties.
Eau . . . . .• 9 »
Glycérine . 2 »
On fait dissoudre préalablement la gélatine dans l’eau chaude; puis on
l’ajoute à la glycérine.
(N° 493.)
Un bon vernis pour phototypes ne se fendillant pas :
Faites dissoudre de la poudre d’ambre . . . 10 gr.
Caoutchouc (non vulcanisé) . G gr.
Dans : Chloroforme . 180 cc.
Renzine . 180 cc.
Ce vernis retient également la retouche.
Les rayons lunaires comparés aux rayons X. — Certains expérimentateurs
ayant prétendu avoir découvert que les rayons lunaires avaient certaines res¬
semblances avec les rayons X, sous le rapport de leurs propriétés, M. C. Ashley
Snow, dans lhe International Annual, volume X, donne un article des plus inté¬
ressants à ce sujet. M. Snow dit : « J’ai souvent développé à la clarté de la lune
et arrangé mes plaques en attendant de les fixer, sans jamais avoir obtenu le
moindre voile ». De même, des plaques sensibles, enveloppées dans trois épais¬
seurs de papier noir, et exposées toute une nuit à la clarté de la pleine lune,
n’ont, au développement, accusé aucune altération.
A. b.
Memento des Expositions
Association belge de Photographie. — Cercle Artistique de
Bruxelles, du 1er au 31 mai.
Royal Photographie Society. — Costal Palace de Londres,
du 27 avril au 14 mai.
Photo Club. — Galerie des Champs-Elysées de Paris, du 3 au
29 mai.
Société lorraine de Photographie de Nancy, du 28 mai au 13 juin.
The Photographie Society de Philadelphie, du 24 octobre au
12 novembre.
Le Conseil de la Société lorraine de Photographie a décidé de
reporter au 30 avril 1898 le délai d’adhésion à son Exposition géné¬
rale de photographie.
Toutes les formules d’adhésion devront parvenir, pour cette
date, au siège de la Société, 24, rue Sellier, à Nancy.
Philadelphia Photographie Salon
L’Académie des Beaux-Arts de Pensylvanie avec le concours de
la Photographie Society, de Philadelphie (Etats-Unis), annonce
une exposition de photographie artistique pour le 24 octobre pro¬
chain. Les œuvres seront soumises à un jury composé d’artistes et
de photographes américains. Le règlement du Salon sera publié
sous peu.
6ibliocjt«apliic
Einleitung in die Pliotochemie , par S. Fkiedlander. Verlag der deutschen
Photographen-Zeitung, à Weimar.
Cet ouvrage, qui s’intitule « Introduction à la Photochimie », s’adresse à
ceux qui veulent entreprendre des recherches concernant la partie chimique de
la photographie, sans posséder des connaissances spéciales en chimie. — Il est
utile et instructif, même pour ceux qui ont fait des études chimiques plus
approfondies.
L’auteur s’est montré, dans son ouvrage, partout à la hauteur de la science
moderne; — la partie, concernant la constitution chimique des corps intéres¬
sant le photochimiste, est particulièrement développée. Par contre, le chapitre
« Virage » nous semble trop abrégé. — Les travaux de Stas sur les différentes
modifications du chlorure et du bromure d’argent auraient mérité d’être men¬
tionnés. — Quant à la platinotypie, nous avons en vain cherché l’explication des
phénomènes chimiques qui s’y rapportent.
En somme, ouvrage recommandable, à peine diminué dans sa valeur par de
trop nombreuses fautes d’impression.
Nous souhaitons que la première édition soit bientôt suivie d’une seconde
mieux corrigée.
21
jou«is(-a-UX keçus
Belgique.
■t
Bulletin de l'Académie royale des Sciences, nü 2.
Ciel et Terre, nos 2, 3.
L’Objectif, nos 36, 37.
Le Cycliste belge illustré, nos 391, 392, 393.
Revue bibliographique belge, n° 2.
Bulletin du Photo-Club de Belgique, n° 15.
Allemagne.
Deutsche Photograplien Zeitung, nos 12, 13, 14.
P hotographische Rundschau, n° 4.
Photographische Mitlheilungen, n° 24.
P hotographische Chronik, nns 12, 13.
Photographisches Centralblatt, n° 5.
Pholographisches Wochenblatt, nos 11, 12, 13, 14.
Internationale Photographische Monatsschrift fur Medizin , n° 3.
Prahtischer Rathgeber, n° 6.
Autriche.
TJhotographische Correspondenz, n° 451.
Wiener Photographische Blatter, n° 4.
Wiener Freie Photograplien Zeitung, n° 3.
Danemark.
Bcrclninger fra Dansk fotografsk Forening, n° 3.
États-Unis.
Wilson s Magazine, n° 495.
Rcvista cientifica Hispa 1 1 o-A mcri car» a, n° 3.
— 297 —
France.
Bulletin de la Société française de Photographie, nos 5, 6.
Moniteur de la Photographie, nos 6, 7.
Bulletin du Photo-Club de Paris, n° 86.
Photo-Gazette, n° 5.
Le Photogramme, n° 3.
Photo- Journal, n° 98.
Gazette du Photographe amateur, n° 60.
La Photographie, n° 4.
L Avenir photographique, nos 74, 75.
Bulletin du Photo-Club Nancéien, n° 2.
Bulletin de la Société Caennaise de Photographie, 15 mars.
Bulletin de la Société photographique du Nord de la France, n° 3.
Photo-Revue, nos 12, 12 bis.
Bulletin de la Société Havraise de Photographie, n° 3.
La Mise au point, n(,s 1, 2.
Le Monde photographique, n° 35.
La Science illustrée, nos 538, 539.
Im Science en famille, n° 32.
Ombres et Lumière, n° 33.
Grande-Bretagne.
British Journal of Photography, nos 1976, 1977.
Photographie News, nos 116, 117.
Photography, nos 488, 489, 490.
The Amateur Photographer, nos 702, 703.
The Photogram, n° 52.
Process Work and tlie Printer, n° 59.
Italie. *
Rivista scientifico-artistica di Fotografa, n° 1.
Il Dilettante di Fotografa, n° 95.
Suisse.
Revue suisse de Photographie, n° 2.
Les Procédés modernes d’illustration, n° 4.
'O tmjmi Hp> C
Dos IllustpQtions
En Campine. — D’après une épreuve de M. R. Ickx, de la
section de Courtrai, qui figurait à l’exposition de l’année dernière.
La reproduction en photogravure a été exécutée par MM. Blechinger
et Leykauf à Vienne.
Illustrations dans le texte, de MM. G. 'Vandale, abbé
Motus, J. Boitson, et de nos regrettés confrères Achille Sacré et
René Brecx.
Lettrines de MM. Ch. Dupont, Ch. Puttemans, V. Selb et
D. Van den Hove.
SO^L^LRin^
PAGES.
Conseil d'administration. — Membres admis . 231
Troisième exposition d’art photographique . 232
Composition du Conseil d' administration . 234
Sections de V Association. — Bureaux . 236
Liste des membres, 1898 . . 238
Extraits des procès-verbaux des séances des sections.
Section de Courtrai. — Séance du 10 janvier 1898.
Démonstration du papier « Yelox » . 265
Séance du 14 janvier 1898.
Séance annuelle de projections. — Papier « Eclair » . 266
Section de Gand. — Séance du 3 février 1898.
Session de l’Union internationale. — Hommage de M. Casier. —
Cliché intéressant. — Lanterne de projection . 26S
Jeton de présence . 269
Comment un artiste photographe peut être un photographe artiste ,
par Gustave Marissiaux . 270
Projections. — Des rapports entre la longueur focale de l'objectif, la
dimension de l'image projetée et la distance à laquelle on opère,
par Ch. Puttemans . 276
Développement des papiers par noircissement direct, par R. Ed. Liesc-
gang . 290
Revue des journaux photographiques .
Wilson’s photographie Magazine.
N" 491 . — Méthode pour rendre les bouchons en liège imperméables
aux vapeurs . 293
N° 493. — Un bon vernis pour phototypes ne se fendillant pas. — Les
rayons lunaires comparés aux rayons X .
293
— 300
Memento des Expositions
Bibliographie . . . .
Journaux reçus . . •
Nos illustrations . . .
Sommaire.
IMAGES.
294
295
296
298
ASSOCIATION BELGE DE PHOTOGRAPHIE
Une Américaine.
CLICHÉ PAR R. H. KURMAN,
SAN DIEGO, CALIFORNIA.
Sur “SPECIAL PORTRAIT”
VELOX.
IMPRIMÉ ET DÉVELOPPÉ EN PLEINE LUMIÈRE I)U GAZ.
R. Rousseau. Pliototypographie F. Dricot.
A GROENENDAEL — 17 MAI 1898.
ASSOCIATION BELGE DE PHOTOGRAPHIE
Association belge de Photographie
SOUS LE PROTECTORAT DU ROI
et la Présidence d'honneur de S. A. R. Monseigneur le Prince Albert de Belgique.
BULLETIN
N 03 5-6. — 25me ANNÉE. — VOL. XXV.
(3e SÉRIE. — VOL. V.)
Conseil d’fldministration
NT été admis :
Membres effectifs :
MM. Allard, Oswald, 17, rue de laSablon-
nière, Bruxelles, présenté par MM. De Neck
et Puttemans.
Breyer , Hermann , 21 , place Liedts ,
Bruxelles, présenté par MM. Bovier et Put¬
temans.
22
302
Mme Briots, Elise, 50, rue du Trône, Bruxelles, présentée par
MM. Jones et Yanderkindere.
MM. de Bonnier, Arthur, 14, rue de la Blanchisserie, présenté
par MM. Puttemans et N}rst.
Dricoiv F., photograveur, 19, rue de la Prospérité, Molen-
beek- Saint- Jean, présenté par MM. Puttemans et Vanderkindere.
Florange, Théodore, achitecte, 6, rue de l’Horticulture, Bru¬
xelles, présenté par MM. Puttemans et Nyst.
Fondu, Charles, rue de l’Harmonie, Vilvorde, présenté par
MM. Hanssens et Yanderkindere.
Goossens, Ch., docteur en sciences naturelles, rue de la Cathé¬
drale, Fiége, présenté par MM. Roland et Dupont.
Hanin, Aloys, 6, rue Emile -Cuvelier, Namur, présenté par
MM. Devaux et Jossart.
Jensen, Alfred, ingénieur, 15, rue Charles-Morren, Liège, pré¬
senté par MM. Laoureux et Kemna.
Lepaige, Ulric, Observatoire, Liège, présenté par MM. Roland
et Laoureux.
Leys, Ferdinand, 40, rue Ernest-Allard, Bruxelles, présenté par
MM. Wyns et Pollet.
Maskens, Louis, artiste peintre, 22, boulevard de AVaterloo,
Bruxelles, présenté par MM. Peltzer et Vanderkindere.
Mativa, François, 33, rue des Armuriers, Liège, présenté par
MM. H. Mativa et Laoureux.
Noé, Georges, ingénieur, Saint-Nicolas lez-Liége, présenté par
MM. Roland et Dumoulin.
Springuel, Georges, 30, rue Fabry, Liège, présenté par
MM. Jacques et Ronchesne.
Membre associé :
M. Guichard, René, 50, rue du Trône, Bruxelles, présenté par
MM. Jones et Yanderkindere.
Fils de membre :
M. Kymeulen, Jean, rue Vanderstichelen, 34, Molenbeek, prë-
senré par Kymeulen père.
Assemblée générale annuelle
tenue à Bruxelles le 17 avril 1898
Présidence de fVT. Casier, président
ont présents : MM. Casier, Maes,
F. Massange de Louvrex, Arth. N}rst,
Roland, Canfyn, Goderus, Lunden,
Stadeler, Magnien, Watrigant, Selb,
Ernotte, Puttenians, A. Massange de
Louvrex, R. Rousseau, Michel, L.De
Clercq, Servaes. Dr Paternotte, Bron-
khorst, Massaux, Kymeulen, Hof-
mans, Poupart, Descamps, D1 Gilbert,
Durieu, Boitson, Pollet, Delcroix,
Smeesters, Simon, Herremans, Mouton et M. Vanderkindere.
Se sont fait excuser : MM. le lieutenant général Van Eechout,
J. Desmet, D1 Denobele, Morel de Boucle-Saint-Denis, Leirens,
Rutot, Ickx, Peltzer, Delevoy et de Heinptinne.
La séance est ouverte à 3 1/4 heures.
Le procès-verbal de l’assemblée générale du 21 novembre est
adopté sans observations.
Le secrétaire général donne lecture de son rapport sur la situa¬
tion morale et matérielle de l’Association pendant l’année 1897. Ce
rapport, qui constate une situation prospère, est approuvé sans
modifications.
Le trésorier dépose ensuite le bilan de l’exercice 1897, qui se
— 304 -
solde par un boni de 1,188 fr. 56 c. L’assemblée approuve les
comptes du trésorier.
L’assemblée passe ensuite au 4° de l’ordre du jour.
Élection des membres du Conseil d'administration.
Motion d'ordre.
M. Roland, président de la Section de Liège, demande la parole
pour une motion d’ordre. Il propose de passer outre à l’élection et
d’acclamer la réélection du bureau actuel. Ces messieurs, dit-il, ont
préparé les fêtes du XXVe anniversaire et la troisième Exposition
d’art photographique. Il n’est que juste qu’ils soient à l’honneur
après avoir été à la peine.
M. Casier, président, remercie M. Roland des paroles aimables
qu’il vient de prononcer, mais il fait observer que les statuts exigent
l’élection au scrutin secret. Il craint que l’on ne pose un dangereux
précédent et demande formellement que l’assemblée passe au vote
de façon régulière. Il ajoute que le Comité n’est plus au complet et
qu’il y a lieu de nommer un commissaire en remplacement de
M. Selb qui a été nommé délégué de la Section d’Anvers à la place
de M. Stappers, décédé.
Il faut en outre nommer un trésorier à titre définitif. M. A. Nyst,
qui avait jusqu’ici remplacé par intérim notre collègue M. Bosch-
mans, a bien voulu accepter la candidature qui lui a été offerte.
M. Puttemans, président de la Section de Bruxelles, dit que
M. Nyst acceptant la candidature de trésorier, une place serait
encore vacante au Comité. Il a semblé à la Section de Bruxelles
que cette place lui revenait, puisque M. Nyst est membre de cette
Section. Il propose donc la candidature de M. le Dr Th. Gilbert.
M. le président dit que la Section de Gand n’ayant pas de
commissaire élu par l’Assemblée générale, a émis le désir de voir
M. Goderus, son président, choisi pour remplacer M. Selb. Il pro¬
pose donc la candidature de M. Goderus.
M. Roland s’incline devant les raisons données par M. le pré¬
sident, mais il propose de voter par acclamation pour les membres
sortants et les candidats qui viennent d’être présentés.
M. le président s’oppose formellement au vote par acclama¬
tion; il tient strictement à ce que le vote soit secret; mais afin de
— 305 —
ne pas perdre de temps, il consent à ce qu’il soit procédé en une fois
pour tous les membres du comité, par oui ou par non.
On passe au vote. Le scrutin donne les résultats suivants :
Votants, 36. — Bulletins oui, 36.
Président : M. Jos. Casier, réélu à l’unanimité pour un terme de
trois ans.
Vice-présidents : MM. Jos. Maes; F. Massange de Louvrex.
Trésorier : M. A. Nyst.
Commissaires : MM. Th. Gilbert, A. Goderus, A. Lunden,
Orban-Viot, H. Beltzer, Ch. Puttemans.
M. le président remercie l’assemblée de la nouvelle marque de
confiance qu’elle vient de lui témoigner.
MM. Goderus et Gilbert remercient également les membres
qui ont bien voulu les appeler au Comité central.
M. le président attire l’attention des membres des diverses Sec¬
tions sur le rôle qu’ont à jouer leurs délégués au Conseil d’adminis¬
tration. Ce rôle est loin d’être secondaire, et il importe que les Sec¬
tions désignent des membres qui puissent assister régulièrement aux
séances mensuelles du Conseil d’administration.
M. Roland demande que le Comité veuille bien s’occuper de
façon active du Musée de photographies documentaires. M. le
président répond qu’il n’a pas perdu de vue la question, mais que
l’organisation des fêtes et de l’Exposition, ajoutée à la besogne
mensuelle courante, a depuis un an absorbé tous les moments du
Comité.
Il est distribué aux membres des exemplaires d’un jeton de pré¬
sence offert par la Beernaert's Dry Plate C°, et des prospectus des
maisons Gaumont de Paris et Cadett de Londres.
La séance est levée à 5 heures.
Rapport du Secrétaire général
sur la situation morale et matérielle de l’Association
pendant l’année 1897
'Association belge de Photographie a
continué sa marche progressive pendant
l’année 1897, et par l’énumération des
différents travaux qu’elle a accomplis, on
verra que l’activité de son Conseil d’admi¬
nistration et de ses membres ne s’est pas
ralentie un instant. Quoique l’année der¬
nière n’ait pas été une année d’exposition
pour la société, la besogne des différents
services n’a fait qu’augmenter et il n’est que juste que nous remer¬
ciions ici les membres dévoués qui ont assuré le fonctionnement
régulier des divers rouages.
Nous sommes heureux de pouvoir constater que le succès est venu
récompenser leurs efforts, et que l’Association se développe et
s’élève sans cesse.
*
* *
Au 31 décembre 189b, elle comptait 004 membres ; au 31 décembre
189/, nos listes se clôturaient avec un effectif de 640 membres qui se
répartissent ainsi :
Membres effectifs . 578
associés . 42
correspondants . 2
d’honneur . 16
honoraires . 2
Total. . . 640
Depuis le 31 décembre, nous avons enregistré déjà plus de
50 nouveaux membres qui viennent combler, et bien au delà, les
pertes que nous avons subies par suite de démissions et décès.
Car la mort a fait de cruels ravages dans nos rangs, depuis notre
dernier rapport. Nous avons perdu, parmi nos membres d’honneur,
M. Swan, l’un des inventeurs du procédé au charbon ; M. Carey
Lea. de Philadelphie, à qui l’on doit des travaux d’un haut intérêt
sur la photochimie dont quelques-uns ont été publiés dans notre
Bulletin , et enfin, tout récemment, M. Gauthier-Villars, de Paris,
l’éditeur bien connu de la célèbre bibliothèque photographique.
Nos membres actifs n’ont pas davantage été épargnés depuis un
an. Nous avons eu la douleur de perdre le R. P. van Tricht, l’émi¬
nent vice-président de la Section de Louvain; M. Ch. Boschmans,
notre dévoué trésorier ; M. L. Stappers, délégué de la Section
d’Anvers au Conseil d’administration et secrétaire de cette Section ;
MM. G. Billen, Capelle, Kinard, Ach. Sacré, Tilman, Van Ren-
terghem, le D1 Brecx et M. H. de Bonnier.
Aux six Sections de l’Association est venue s’en adjoindre une
septième au commencement de l’année 1897. Le 26 janvier, le Con¬
seil d’administration installait la Section de Courtrai, qui marchera,
nous l’espérons, sur les traces de ses aînées.
Au mois de juin déjà, la jeune consœur était chargée de l’orga¬
nisation de la Session annuelle de la Pentecôte. Le Bulletin vous a
rapporté le succès de cette réunion et de l’Exposition que nos
confrères avaient si parfaitement installée ; le ciel seul a boudé à
notre joie commune; et le concours annuel pour les six plus belles
épreuves n’a, par suite du mauvais temps, pas donné les résultats
— 308 —
habituels ; nous regrettons seulement que nos confrères n’aient pas
assisté en plus grand nombre à cette Session.
Outre l’Exposition de Courtrai, nous avons eu la rare fortune de
posséder pendant plusieurs semaines une cinquantaine des meil¬
leures œuvres du grand photographe écossais, James Craig- Annan.
Leur succès a été considérable dans les diverses Sections, et nous
sommes persuadé que leur exemple aura excité l’émulation parmi
nos amateurs.
D’autre part, plusieurs de nos membres ont pris part aux Expo¬
sitions de Paris et de Hambourg. Au Salon du Photo-Club de
Paris, l’Association était représentée par MM. Alexandre,
L. Bovier, A. Canfyn, J. Casier, H. Colon, D. Declercq, A. De
Gryse, Ch. Dewit, Ch. Gaspar, E. Hannon, R. Ickx, R. Pauli,
Ch. Puttemans, E. Sacré, V. Selb, Ch. Van Loo, qui eurent
43 œuvres admises par le jury parisien.
A Hambourg, nous avons également pu envoyer une riche collec¬
tion d’œuvres dont M. Juhl a constaté le succès. Voici le relevé de
nos exposants : MM. Albert Canfyn, Jos. Casier, D. Declercq,
M. Declercq, Ch. Dewit, Ch. Gaspar, A. De Gryse, F. Michel,
L. Misonne, R. Pauli, R. Rousseau, E. Sacré, G. Vandale,
M. Vanderkindere, avec 42 œuvres.
Si l’on compare ces chiffres à ceux d’il y a deux ans, on est frappé
du chemin parcouru en si peu de temps. En 1895, l’Association
belge de Photographie était représentée à Hambourg par quatre
œuvres seulement, appartenant à notre confrère M. D. Declercq.
En 1894, il n’y avait que cinq Belges au Salon du Photo-Club.
Nous avons pu reconnaître ainsi l’efficacité de la mesure que nous
avons prise en 189G d’envoyer en bloc les œuvres de nos membres.
Nos amateurs n’ont plus que la peine d’expédier leurs épreuves à
Bruxelles. L’Association se charge de les envoyer à ses frais aux
principales expositions.
C’est ainsi que l’Association, presque inconnue hier en Allemagne,
y occupe aujourd’hui une place honorable. Les critiques d’art
— 309 —
discutent nos œuvres, les revues photographiques les reproduisent.
Une publication spéciale, die Kunst in der Photographie, éditée à
Berlin avec grand luxe, a consacré un de ses six fascicules de
l’année 1897 à notre Asssciation, et de l’avis de beaucoup de per¬
sonnes, c’est ce numéro qui est l’un des plus intéressants. Dans tous
les cas, le numéro belge soutient fort bien la comparaison avec ceux
qui ont été consacrés au Caméra Club de Vienne, au Photo-Club
de Paris et au Linked Ring de Londres.
Chacun de nous a encore présent à la mémoire le succès de
l’Exposition universelle de Bruxelles 1897. L’Association n’y était
pas représentée officiellement. Comme vous le savez, nous avions
fait des démarches pour obtenir un emplacement gratuit, estimant
que la photographie avait le droit d’être mise sur le même pied que
les beaux-arts et les sciences. Le commissariat général de la Sec¬
tion belge a refusé de faire droit à notre revendication. Nous avons
donc dû nous abstenir et vous avez approuvé notre manière de
voir.
Le fait est regrettable; l’Association, avec son organisation
et sa pléiade d’amateurs photographes, eût pu organiser un Salon
très intéressant, qui n’eût certes pas déparé la galerie des beaux-
arts. Nous espérons qu’un jour viendra où les préventions contre la
photographie, qui semblent régner encore dans certains milieux
officiels, viendront à s’évanouir. C’est à vous, Messieurs, à lutter
pour cette cause, en démontrant en toutes circonstances votre
volonté inébranlable de faire triompher la cause de la photographie
artistique. Des expositions comme celle qui va s’ouvrir dans quel¬
ques jours ne peuvent certes que hâter ce moment.
Repoussés des galeries de l’Exposition, nous avons essayé d’ob¬
tenir d’autres avantages pour nos membres. La photographie était,
en principe, interdite dans l’enceinte de l’Exposition. Nous nous
sommes adressés aux comités exécutifs de Bruxelles-Exposition et
de Bruxelles-Kermesse pour obtenir le droit de photographier
librement dans leurs quartiers respectifs. Aucune des deux sociétés
n’a pu nous accorder entièrement ce que nous demandions. Toutefois
310 —
nous nous plaisons à reconnaître l’extrême complaisance du Comité
de Bruxelles-Kermesse, qui nous a cédé 100 permis de photographier
avec une réduction de 50 p. c.
La Société de Bruxelles-Exposition n’a pas cru pouvoir nous
accorder pareille faveur. Elle avait établi un droit de 2 francs
par jour pour photographier sur son territoire. Nous avons protesté
contre cette taxe. Nous pensons en effet qu’il faut, dans les entre¬
prises de ce genre, accorder le droit de circuler dans les jardins
avec des appareils photographiques. C’est là un moyen indirect de
laisser faire de la réclame en faveur des expositions. Actuellement
que voyons-nous? On interdit sévèrement le port des appareils
photographiques, on établit des taxes qui rapportent des sommes
dérisoires, et lorsque l’Exposition se ferme, on est tout étonné de
\ oir qu il n en reste aucun souvenir, aucune reproduction. C’est
ainsi qu’il ne subsiste plus rien de l’Exposition d’Anvers et de son
quartier 5 ieil-Anvers. Combien plus vivace serait le souvenir, si
chaque amateur avait pu rapporter chez lui une collection de
vues. Il y aurait parfaitement moyen, malgré cela, de prendre les
mesures nécessaires pour sauvegarder les droits d’auteur et de
reproduction.
Avant de quitter l’Exposition de Bruxelles nous tenons cepen¬
dant à remercier ici le directeur général du Comité exécutif,
M. Georges Dupret, qui, en différentes circonstances, a bien voulu
lever 1 interdiction de photographier, en faveur des membres de
l’Association, notamment au moment du Congrès de l’Union inter¬
nationale de Photographie.
Ainsi qu il 1 avait promis en 189G, le Conseil d’administration a
décidé diverses améliorations au Bulletin. Il en a confié l’impres¬
sion à M. E. Bruylant; et si l’on compare le Bulletin de 1897 aux
années antérieures, on doit reconnaître qu’il y a un sensible progrès.
Iles illustrations ont été introduites dans le texte, permettant ainsi
à un nombre plus grand de nos confrères de faire connaître leurs
œuvres.
^ous avions promis également des photogravures et nous en
— 311 —
avons fait paraître une tous les trimestres. La partie illustration est
certes susceptible de prendre encore un plus grand développement ;
mais d’un côté nos ressources sont limitées et d’autre part nos
membres sont tellement avares de leurs productions, que nous
devons nous donner un mal énorme pour obtenir quelques bonnes
épreuves.
Comme les années précédentes, M. Ch. Puttemans a assumé la
lourde tâche de la direction du Bulletin. Il a été heureusement
secondé dans cette ingrate besogne par plusieurs de nos collègues,
fidèles collaborateurs depuis de longues années, auxquels nous nous
plaisons à rendre hommage.
Quelques-uns de nos membres ont publié au Bulletin des articles
inédits. Ce sont : MM. L. Baeckeland, D. Declercq, De Koninck,
Lumière frères, Ch. Puttemans, L. Roland, E. Sacré, V. Selb,
Vanderkindere, auxquels sont venus se joindre des collaborateurs
étrangers : MM. Drouin, Seyewetz, J. Vincent, Warnerke, Wel-
ford et le dévoué président de la Société photographique de
Hambourg, M. E. Juhl.
Comme les années précédentes, quelques dévoués confrères ont
continué à dépouiller les journaux étrangers qui nous sont envoyés
en échange et à traduire les articles les plus intéressants.
Les journaux allemands ont été résumés par MM. V. Hass-
reidter et J. De Nobele ; les journaux anglais, par MM. D. Declercq,
Leirens et Vanderkindere ; les journaux français, par MM. A. Nyst
et Puttemans, et les journaux russes, par notre confrère de Saint-
Pétersbourg, le colonel de Schokalsky.
Dix-neuf planches hors texte et soixante-dix clichés ont été publiés
dans le Bulletin , sans compter les lettrines. Parmi les planches hors
texte nous avons donné quatre photogravures, neuf phototypo¬
graphies, quatre photocollographies et deux photocopies sur
papiers aux sels d’argent. Le Comité a donc continué la tradition
qui voulait que chaque année le Bulletin passât en revue les diffé¬
rents procédés de reproduction. Mais bien souvent la nature des
épreuves tend à restreindre le choix de ces procédés. Jadis on
copiait les photot} pes ; aujourd’hui le négatif est en quelque sorte
une phase préliminaire de l’oeuvre photographique, et c’est l’épreuve
seule qui peut servir. De là le nombre restreint de photocollogra-
phies, et l’abondance des phototypographies.
Avant de terminer, qu’il nous soit encore permis de rappeler ici
la très intéressante conférence donnée par M. A. -J. Wauters à
l’assemblée générale du mois d’avril sur la Mise en page, et la
savante conférence sur les tubes de Crookes et les rayons X, que
M. Colardeau, professeur a 1 Université de Lille, est venu donner
à Courtrai, lors de la session extraordinaire.
Enfin, notre confrère M. J. De Smet-Duhayon, président du
Cercle artistique et littéraire de Cïand, à l’assemblée générale
de novembre, nous a fait une ravissante conférence sur Y Usage
des pi ojections lumineuses pour l etude et 1 enseignement des
b eaux -ai ts, dont tous nous avons conservé le meilleur souvenir.
’V otre Conseil d administration, Messieurs, s’est enfin activement
occupé dès l’année dernière de l’élaboration du programme des
fêtes du XXVe anniversaire de la fondation de l’Association que
nous allons célébrer dans quelques jours, et de la troisième exposi¬
tion d’art photographique. Dès le mois de mars 1897, nous étions
d’accord avec le Comité du Cercle artistique de Bruxelles, qui
mettait gracieusement à notre disposition les salles de son local
pour le mois de mai prochain et le leI avril 1897, nous lancions les
invitations officielles aux présidents des principales sociétés photo-
gi aphiques du monde, les avisant de la date de notre exposition et
de nos fêtes.
Dans le Bulletin du mois d’avril, le Conseil annonçait les condi¬
tions des concours pour l’exécution de la médaille et du diplôme
pour le jubilé, et il publiait dès lors le règlement de la troisième
exposition.
A la fin de mai, le Comité arrêtait les conditions d’un concours
d illustrations destinées au numéro spécial que le Conseil avait
décidé de faire paraître à l’occasion des fêtes prochaines.
Ces concours de diplôme et de médaille, ainsi que vous l’avez
déjà appris, n’ont pas donné de résultats satisfaisants, et le Conseil
— 313
a dû les annuler. Il s’est adressé pour la plaquette à M. Fernand
Dubois, l’auteur de notre première médaille.
Le concours d’illustrations a donné un meilleur résultat, et quel¬
ques œuvres très bonnes ont été soumises au jury. Nous devons
cependant regretter que sur plus de G00 membres que compte
l’Association, il ne s’en soit trouvé que 25 pour concourir. Le
résultat du concours vous est connu, nous n’y reviendrons plus.
Par l’énumération rapide des principales œuvres qui ont été
mises sur pied en 1897, vous pouvez voir, Messieurs, que votre
Comité central n’a pas ménagé ses peines.
Par le rapport que M. le trésorier va vous lire, vous constaterez
que la situation matérielle de l’Association est prospère, et que
nous pouvons envisager l’avenir avec confiance. Grâce à l’adminis¬
tration sage et prudente de nos prédécesseurs, nous pourrons dans
quelques semaines célébrer avec éclat les 25 premières années de
notre chère Association.
Cependant, à mesure que nous progressons, nos charges deviennent
plus lourdes, et nous avons besoin du concours de tous les amis de
l’art photographique pour pouvoir augmenter encore l’intérêt de
notre Bulletin , de nos réunions annuelles et assurer la vitalité de
nos Sections. Nous comptons pour cela sur le dévouement de tous
nos membres. C’est tous unis dans un but commun que nous devons
conduire l’Association belge de Photographie à de nouvelles vic¬
toires!
Bruxelles, le 15 avril 1898.
Le Secrétaire général ,
M. Yanderkindere.
om
Section de Bruxelles
SÉANCE EXTRAORDINAIRE DU 2 MAR8 1898
Présidence de M. Puttemans, président
es membres présents sont :
MM. Nopère, Nyst, Rutot,
baron de Marcq de Tiège,
De Coen, Masson, Simon,
Langlé, Dupret, De Meuter,
De Raeymacker, Hanssens,
Herlant, L. Dray, Ernotte,
Colleye, Frennet, Poupart,
Féron, Com1 Peltzer, Lacomblé, Bottiau, Smeesters, Simoneau,
A. Bray, Maurin, Bernard, Kymeulen,Van Lint,Valentyns, Durieu,
A ermeiren, Dewit, Laurent, Delva, Suzor, Remacle, Broothaerts,
Boitson, Delcroix, Paradis, Parmentier et Stadeler, secrétaire.
A 8 1/2 heures, M. le président ouvre la séance.
De procès-verbal de la réunion du 23 février est lu et adopté.
Il est décidé que la séance ordinaire du mercredi 9 mars, précé¬
dant de deux jours la soirée publique de projections, n’aura pas
lieu; elle est remise au quatrième mercredi du mois.
M. Puttemans dit qu’en sa qualité de président, il se doit, pen¬
dant toute la durée de la séance, aux invités de la section et que,
dans ces. conditions, il ne peut se charger du maniement de la lan¬
terne. Il estime que, comme à la section de Liège, on devrait dési¬
gner quelques membres dévoués qui se chargeraient du fonctionne¬
ment de la lanterne à toutes nos réunions intimes. Adopté.
— 315 —
Pour la séance publique, MM. Masson et Paradis veulent bien se
charger de passer les clichés, le maniement de la lampe électrique
étant laissé aux soins d’un spécialiste, comme cela a été entendu à
la précédente séance.
L’ordre du jour étant épuisé, MM. Paradis et Masson prennent
possession de la lanterne et commencent la projection des positives
présentées pour la soirée publique.
La séance est levée à 10 1/2 heures.
SÉANCE DU 13 AVRIL 1898
Présidence de M. Puttemans, président
Assistent à la séance : MM. Nopère, Magnien, Nyst, Paradis,
Simoneau, Delcroix, Van Lint, Mouton, Hofmans, Watrigant,
Lavalette, Iyymeulen, Boitson, Durieu, Broothaerts, Poupart,
Bronkhorst, Langlé, Simon, A. Bray, Paternotte, Delva, Ernotte,
Vanderkindere, Rutot, Cumont, De Raeymacker, Robert et Sta-
deler, secrétaire.
M. Dumoulin, de la Section de Liège, assiste également à la
séance.
Le secrétaire donne lecture d’une lettre de notre très artiste con¬
frère M. Misonne qui, en réponse à une demande de M. Stadeler,
déclare ne pouvoir faire une causerie sur la manière dont il
produit ses contre-jour. Les renseignements donnés à ce sujet
par M. Misonne sont confirmés par M. Rutot, qui invite le secré¬
taire à insister auprès de notre confrère pour qu’il nous présente,
en personne, à l’une de nos prochaines réunions quelques-unes
de ses positives.
M. Rutot rend compte des résultats artistiques et techniques de
la séance publique de projections. Il constate le grand succès
obtenu par les positives et signale les quelques lacunes provoquées
par l’électricité et auxquelles il sera facile de remédier l’année pro¬
chaine. Il désirerait voir adopter aussi l’harmonium de préférence
au piano, dont quelques airs trop enjoués ont paru peu appropriés.
Il remercie MM. Masson et Paradis d’avoir présidé aux opéra¬
tions de la lanterne.
31G —
M. Stadeler donne le compte détaillé des dépenses et des recettes
de cette soirée qui se clôture par un boni.
MM. Maes et L. Roland se sont excusés de n’avoir pu assister à
la soirée.
M. le président, qui entre en séance, distribue des invitations à
la séance de projections de la Section de Liège qui nous réclame
une trentaine de positives pour sa soirée publique.
M. le président de la Section de Courtrai remercie les membres
de la Section de Bruxelles qui ont bien voulu lui communiquer leurs
clichés pour la séance publique de nos confrères courtraisiens. A ce
propos, M. Puttemans montre la boîte pour l’expédition des clichés
dont fait usage cette Section, et qui met les diapositives absolument
à l’abri de tout accident.
M. le docteur De Nobele, de la Section de Gand, rend compte des
excellents résultats obtenus avec les plaques radiographiques de la
maison Graffe. A son avis, ce sont les meilleures, à tous égards,
connues à ce jour.
M. le président enregistre le grand succès obtenu par la confé¬
rence de M. Buis et remercie M. Vanderkindere d’avoir obtenu de
notre bourgmestre cette si instructive causerie.
M. Rutot est réélu, par acclamation, délégué auprès du Comité
central. M. Nyst acceptant la trésorerie effective, une place de délé¬
gué devient vacante. Des démarches seront faites auprès de notre
confrère, M. le docteur Gilbert, pour représenter la Section au sein
du Conseil.
On passe en discussion les différentes propositions touchant les
fêtes du XXVe anniversaire de la fondation de l’Association. M. le
président invite les membres à être nombreux au banquet et à l’ex¬
cursion qui aura lieu vraisemblablement à Groenendael.
La Section de Bruxelles organisera une séance de projections à
cette occasion.il sera fait appel au talent des confrères de toutes les
sections pour que les positives projetées incarnent bien les travaux
des membres de l’Association.
On passe ensuite à la projection de quelques positives de
MM. Nopère, Paradis, Langlé, De Raeymacker.
— 317 —
SÉANCK DU 11 MAI 1898
Présidence de M. Puttemans, président
L’ordre du jour de la séance comporte la conférence de M. Masy,
membre de la mission belge en Chine, et qui traite du Fleuve bleu
à Péking.
Bien avant l’heure de la conférence, le local est envahi par les
assidus de nos séances, accompagnés pour la plupart de leurs
dames.
A 8 1/2 heures précises, M. le président présente à l’assemblée
M. Masy, qui veut bien nous faire part de ses impressions de
voyage. Le sujet annoncé ne peut que nous intéresser, dit-il,
surtout qu’il s’agit d’un pays qui est actuellement le point de mire
des plus grandes nations européennes.
M. Masy prend aussitôt la parole et dans un langage imagé et
humoristique, transporte ses auditeurs de Bruxelles à Liverpool, à
New-York, dont il ne prise guère le peuple, au travers du Canada,
à Vancouver, à Yokohama, à l’embouchure du fleuve Bleu, à
Shang-Haï, à Hankow pour arriver enfin à Péking.
Nous n’entreprendrons pas de reproduire ce voyage avec la
verve et l’esprit qu’y a mis le conférencier. Disons, pour nous
résumer, que son succès a été très vif, que ses à-propos et ses
saillies ont provoqué maintes fois une hilarité peu flatteuse pour
les Chinois, car le conférencier ne les aime guère. La Chine est
un pays charmant, mais seulement dans l’opérette. Tel est du
moins l’avis de M. Masy, qui fait une description peu engageante du
Céleste Empire, de ses habitants, de leurs mœurs, de leur nourri¬
ture, de leur « crasse ».
Si dans le temps Chine était synonyme de civilisation, progrès,
luxe, richesses, splendeurs, etc., il n’en est, hélas, plus ainsi
aujourd’hui.
Et le voyageur qui, sur la foi de certains récits, s’en irait dans le
royaume du Fils du Ciel avec l’espoir d’être ébloui serait rapide¬
ment et profondément déçu.
Dans les concessions étrangères de Shang-Hai et de Hankow on
voit quelques belles artères aux constructions confortables et
23
318 -
parfois somptueuses. Mais quelle ombre au tableau quand on
pénètre dans les quartiers chinois, avec leurs masures sordides,
leurs ruelles sans air, leur saleté sans nom, leurs odeurs épouvan¬
tables...
De Hankow à Péking, le voyage n’est guère plus agréable car
il doit s’effectuer en chaise à porteur et dans des conditions telle¬
ment primitives que c’est à rebuter les plus résolus.
Péking qui n’est qu’un vaste bourbier, comprend trois cités : la
cité impériale, inaccessible, la cité chinoise, semblable à toutes les
autres et la cité tartare, d’une allure plus moderne, pas plus de
monuments que de service de voirie.
Bref que l’on soit à Sanghaï, à Hankow ou à Péking, depuis le
Fleuve Bleu jusqu’au Fleuve Jaune les voies de communication y
sont tellement rudimentaires qu’elles n’existent pour ainsi dire pas.
Les cours d’eau, mal entretenus, se déplacent constamment, ce qui
fait qu’on y voit des rivières sans pont et des ponts sans rivière.
Les villes et les villages y sont infects, les habitations impossibles;
on n’y rencontre que des Chinois mal tournés et des femmes parfois
jolies, mais toujours estropiées des pieds.
Enfin, si la Chine est un pays d’avenir, tout est à faire, tout est
à innover et le peu qui a été fait doit être recommencé, aussi est-ce
sans le moindre serrement de cœur que l’on dit adieu au pays des
femmes martyrisées, des hommes sans pudeur, des ruines, des
ponts sans objet, des éructations, des llactuosités, des villes
infectes, en un mot au pays de la saleté...
Toutes ces impressions de voyage, accompagnées d’intéressantes
projections, ont obtenu un très grand et très légitime succès et
c’est aux applaudissements de l’assemblée que M. Masy termine sa
causerie aussi animée que pittoresque.
M. Puttemans se joint aux applaudissements de l’auditoire pour
remercier vivement notre confrère qui, au cours de ce voyage, a
fait ses premières armes de photographe et nous a présenté ses
premiers clichés. E. S.
Section de Bruxelles
Séance publique de Projections
DU 11 MARS 1898
’est devant une salle comble qu’a été donnée,
le 11 mars dernier, au Théâtre Communal, la
séance publique annuelle de projections de la
Section de Bruxelles.
La séance était composée de deux parties : une première com¬
prenant des impressions de voyages en Algérie et en Tunisie
choisies dans les importantes séries de photographies prises par nos
confrères M. Maurice Hovelacque, docteur ès sciences à Paris, et
M. le docteur Paternotte, notre concitoyen.
Vues de villes et de villages, habitants, sites pittoresques, défilés,
oasis, déserts, etc., choisis parmi les mieux réussis et les plus
caractéristiques, ont été successivement projetés sur l’écran.
La deuxième partie était composée d’œuvres des membres de la
Section de Bruxelles. Des positives de MM. Bidart, Boitson, Del-
croix, Delva, Dewit, Hanssens, Misonne, Nopère, Puttemans,
IL Paradis, Commandant Peltzer, Valentyns, etc., ont été projetées
et généralement admirées.
— 320 —
Une nouveauté consistait en l’emploi, pour la première fois à la
Section de Bruxelles, de la lumière électrique.
L’essai a parfaitement réussi; la lumière a été abondante et fixe,
et les tableaux agrandis couvraient entièrement l’écran dont les
dimensions sont de six mètres dans les deux sens, soit trente-six
mètres carrés de surface.
A cette grandeur, et bien éclairés, beaucoup de tableaux sont
véritablement superbes et présentent des reliefs étonnants, se rap¬
prochant du relief stéréoscopique.
Cet essai a permis de prendre une décision définitive en faveur
de l’emploi de la lumière électrique pour les grandes séances
publiques de projections.
A. R.
a «fw «y» w?» <•?« «t* »t*> »?•< »i» »'•' '•y*' ‘•y» '•!•» q
Gonîéffenee de |W. Buis
Bourgmestre de la ville de Bruxelles
donnée le mercredi 24 mars i8ç8 à la Section de Bruxelles
E voyage effectué en Égypte par
M. Ch. Buis, bourgmestre de la
ville de Bruxelles, lui a permis de
recueillir quantité de documents
d’un haut intérêt relatifs à l’antique
terre des Pharaons.
A la demande de MM. Puttemans
et Vanderkindere, M. Buis a bien voulu donner, devant la Section
de Bruxelles, une conférence sur l’Egypte et, le mercredi 24 mars,
à S heures et demie du soir, les membres de la Section de Bruxelles
et leurs invités remplissaient la salle des séances, au Palais du
Midi.
Après quelques mots de bienvenue et de sincères remerciements
prononcés par M. Puttemans, président de la Section, M. Buis,
s’aidant d’une importante série de photographies projetées à la
lumière électrique, a initié ses auditeurs aux mystères de l’ancienne
Egypte.
L’honorable conférencier a d’abord montré que l’Egypte se sub¬
divise en trois régions naturelles, qui sont la basse Egypte, com¬
prenant le delta du Nil, partie la plus peuplée et spécialement vouée
à l’agriculture ; la moyenne Égypte , ou région des montagnes et
des cataractes, où la vallée du Nil est bordée par deux chaînes de
montagnes rocheuses. C’est la région sacrée des temples et des
sépultures ; enfin la haute Egypte ou région des déserts.
Certes, l’Egypte moderne ne manque pas d’intérêt, mais ce qui
attire le voyageur et le retient, ce sont les splendeurs de la moyenne
Egypte où toute une admirable civilisation, partant de 5,000 ans
avant J.-C. jusque 100 ans après, a laissé ses glorieuses traces.
L’Egypte des Pharaons et des anciennes dynasties commence au
sud du Caire par les Grandes Pjramides, le Sphinx et le Temple
de granit, qui peut être considéré comme le plus ancien monument
du monde.
Après une description détaillée des pyramides, gigantesques tom¬
beaux des rois et des monuments qui les accompagnent, l’orateur a
remonté le Nil, en faisant admirer à ses auditeurs les ruines les
plus importantes qui se présentent successivement.
Nous voyons ainsi défiler Memphis, Abydos, Denderah, Thèbes,
Edfou, l’île de Philœ près d’Assouan; puis, un peu avant la deu¬
xième cataracte, Ipsamboul, où se rencontrent les derniers monu¬
ments de l’ancienne Egypte.
De nombreuses vues des temples et en particulier de ceux de
Thèbes (Karnak et Louqsor), de l’île de Philœ et d’Ipsamboul, ces
derniers creusés dans le roc, sont projetées avec toutes les explica¬
tions désirables; puis, le savant et aimable conférencier, voulant
donner une idée aussi précise que possible des habitants de l’an¬
cienne Egypte, fait passer sous les }reux de ses auditeurs toute une
série de types de rois, de reines, de princes, de dignitaires et enfin
d’artisans.
On se demande comment cette série a pu être constituée : c’est
grâce aux cro}rances des anciens Egyptiens au sujet de leurs morts.
L’esprit restait associé au corps, autant qu’une fidèle représen¬
tation de celui-ci subsista ; aussi, outre l’embaumement, le corps
était placé dans une enveloppe reproduisant très exactement les traits
de la figure du défunt.
D’autre part, les momies elles-mêmes des plus grands rois, telles
que celles de Ramsès II, plus connu sous le nom de Sésostris, ont
été retrouvées intactes; de sorte que, grâce aux momies, aux sarco-
— 323 —
phages et aux innombrables dessins gravés ou peints à l’intérieur
des temples, toute la population de l’ancienne Égypte renaît à nos
yeux, avec ses mœurs, ses coutumes, son industrie, etc.
Enfin, pour terminer, M. Buis a parlé du ravissement qui étreint
le curieux et l’esthète à la vue de ces augustes restes d’une civilisa¬
tion disparue, dans le cadre des jours lumineux et des nuits idéales
de l’Égypte, et d'unanimes et chaleureux applaudissements ont sou¬
ligné cette péroraison poétique.
M. Puttemans a ensuite renouvelé les vifs remerciements de la
Section de Bruxelles et a exprimé ses sentiments de haute gratitude
pour l’honneur et le plaisir qui venaient de lui être accordés par
l’éminent Bourgmestre.
A. R.
Section de Liécje
SÉANCE DU 15 FÉVRIER 1898
Présidence de M. L. Roland, président
ES membres présents sont : MxM.J.
de Vaux, Rocour, Kemna, G.
Laoureux, de Spirlet, A. De-
taille, Dejace, Davreux, Henroz,
Goffart, Loiseau, L. Laoureux,
Oury, Crespin, Bernimolin, I.
Braconier, Ronchesne, Labou-
verie, Olivier, Noaillon, Bronne,
Hassreidter, Dacier, Grenson,
Dohmen, Portai, Matelot, Marissiaux, Beaujean, Zeyen, baron de
Sélys, Keppenne, Grégoire, De Saegher et Dupont, secrétaire.
1° Le procès-verbal de la dernière réunion est adopté ;
2° Le président donne connaissance de diverses pièces de corres¬
pondance, entre autres une invitation à assister à la séance
publique de projections organisée par la Section de Louvain.
M. Roland attire spécialement l’attention de nos confrères sur
deux traductions de M. Hassreidter, publiées dans le dernier
numéro du Bulletin , sur les réactions des révélateurs et sur le
Radiotint Chassagne.
La parole est donnée à M. Ronchesne, qui expose la pratique du
procédé à la gomme bichromatée, procédé qui, bien qu’ancien,
semble avoir reconquis aujourd’hui les faveurs de beaucoup d’ama¬
teurs artistes. C’est qu’en effet il est le seul ou à peu près le seul
qui puisse permettre à un photographe de donner à ses épreuves sa
note personnelle.
M. Ronchesne ne cache pas que ce procédé n’est pas aussi aisé
qu’on pourrait le croire, et ceux qui l’ont expérimenté seront cer¬
tainement de son avis, ce qui, cependant, ne doit pas rebuter les
amateurs soucieux de produire des épreuves artistiques.
Jugement du concours de diapositives. — Aucun des trois lots
présentés ne trouve grâce devant le suffrage universel éclairé et ne
réunit le minimum de points exigé pour l’obtention d’une récom¬
pense.
La séance est levée à 10 heures.
SÉANCE DU 8 MARS 1898
Présidence de M. L. Roland, président
Assistaient à la séance : MM. Bernimolin, Loiseau, Goffart,
A. de Vaux, J. Braconier, Crespin, Marissiaux, Dejace, Dumou¬
lin, L. Laoureux, Zeyen, Kemna, Rocour, Beaujean, Mottard,
Olivier, Portai, de Koninck, Ronchesne, Cambier, A. Détaillé,
Hassreidter, Noaillon, Grenson, Dacier, Matelot, de Saegher,
de Spirlet, Grégoire, Dresse, Oury, Schoonbrodt, Henroz et
Dupont, secrétaire.
Quelques personnes étrangères à la Section prennent aussi place
parmi nos confrères.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
Revenant sur le concours jugé à la séance du 15 février, le pré¬
sident est d’avis que la Section s’est montrée trop sévère; néan¬
moins, douze clichés constitueront le premier noyau de la collection
qui était le but de ce concours.
Séance publique de projections. — Le président fait d’abord
appel à la bonne volonté de chacun pour que tous apportent quel¬
ques bons clichés. Les projections seront divisées en deux séries :
environ soixante-quinze clichés de membres de la Section consti¬
tueront la première partie, tandis que la seconde sera réservée à la
projection de diapositives appartenant aux membres de l’Associa-
tion ne faisant pas partie de la Section de Liège. Comme cette
dixième séance publique coïncide avec le vingt-cinquième anniver¬
saire de la fondation de l’Association, il serait à désirer que les
membres fondateurs apportassent quelques bons clichés de l’époque
du collodion.
Le président compte que les membres qui ont l’habitude de se
dévouer pour l’organisation de la séance nous continueront cette
année leur précieux concours. Le comité demandera à disposer de
la salle du Conservatoire le 22 avril. Le choix des clichés se fera
par les soins d’une commission de cinq membres nommés au scrutin
secret. Les œuvres bénéficiaires seront : les Chauffeurs publics,
l’Œuvre de l’assistance par le travail et les Enfants abandonnés.
Cette dernière pour autant que le Bureau de bienfaisance ne nous
soit pas imposé par l’administration communale.
Ces points réglés, le président donne la parole à M. Gustave
Marissiaux, qui avait pris pour sujet : Comment un artiste photo¬
graphe peut être un photographe artiste.
M. Marissiaux proteste d’abord contre la tendance qu’ont trop
souvent les photographes de demander aux appareils la perfection
qu’ils veulent obtenir, réduisant ainsi le rôle de l’artiste et niant sa
personnalité, qui est le caractère essentiel de l’art. Les procédés
eux-mêmes ne doivent être que des moyens.
M. Marissiaux examine les trois éléments dont dispose l’artiste :
la ligne, le relief, la couleur. De celle-ci on doit tenir compte pour
la traduire par la valeur relative des tons.
Pour terminer, notre confrère dit quelques mots du mouvement
des êtres animés et de l’impression dans le paysage. L’artiste ne
doit pas se contenter de les reproduire fidèlement, mais il doit sur¬
tout réveiller en nous les sentiments ressentis à la contemplation de
la nature.
La causerie de notre confrère devant paraître in extenso au Bul¬
letin, nous ne l’analyserons pas davantage ici ; nous nous bornerons
à signaler le succès de M. Marissiaux, qui est vivement félicité par
le président pour la façon vraiment littéraire dont il a traité son
sujet.
On passe au dernier objet à l’ordre du jour :
— 827
Projection d'une série de diapositives de M. R. Dresse. — Ces
clichés, pris par notre confrère au cours d’un voyage en Italie,
en France et dans la Grande-Bretagne, paraissent sur l’écran
accompagnés d’une notice explicative qui en augmente encore
l’intérêt. Il serait même à souhaiter que l’on agît toujours ainsi à
l’avenir.
Après avoir remercié M. Dresse, le président lève la séance
à 10 1/4 heures.
SÉANCE DU 22 MARS 1898
Présidence de M. L. Roland, président
Ont signé la liste de présence : Mlle S. Philippart, MM. Philip-
part, Kemna, Guérette, D1 Nuel, Ronchesne, G. Oury, Zeyen,
Jacques, Détaillé, de Spirlet, J. de Vaux, Rocour, Mottard, Max
Lohest, G. Laoureux, Gillard, O. Lamarche, J. Braconier, D1 De-
jace, Loiseau, Goffart, Dr Grenson, D1 Mathien, Dacier, Dohmen,
Portai, L. Laoureux, P. de Saegher, Beaujean, Ledent, baron
R. de Sélys, Bronne, Marissiaux, A. de Vaux, Olivier, Labou-
verie, D1 Corin, Bernimolin, Keppenne et Dupont.
Quelques personnes étrangères à la Section assistent également à
la séance.
Le président demande à la section de vouloir ratifier la dépense
de 858 francs occasionnée par l’achat de la lanterne de projections.
Adopté. — Il adresse ensuite ses félicitations et ses remercîments
à MM. Laoureux pour leur désintéressement. Ces messieurs ont
en effet fourni l’instrument à titre tout à fait gracieux.
Causerie de M. Frédéricq, professeur de physiologie à V Uni¬
versité, sur les Crustacés. — M. le professeur Frédéricq nous fait
une charmante causerie, accompagnée de projections lumineuses,
au cours de laquelle il nous initie à la façon de vivre et aux mœurs
de certains crustacés.
Les applaudissements unanimes de l’assemblée prouvent à M. le
professeur Frédéricq le plaisir que nos confrères ont éprouvé à
l’entendre, et le président résume l’opinion de chacun en adressant
ses chaleureux remercîments à l’aimable conférencier.
— 328
M. Roland demande ensuite s’il n’entre pas dans les vues de la
Section de souscrire à l’achat des fascicules pour 1898 de la publi¬
cation : Die Kunst in der Photographie. — Cette proposition est
adoptée.
Le Chromoscope. — M. Laoureux se borne à donner une courte
description de l’instrument et prendra ses dispositions pour le faire
voir à la prochaine réunion, en même temps que M. le professeur
Nuel nous donnera, dans son auditoire, une conférence sur la phy¬
siologie des couleurs.
MM. Beaujean, J. Braconier, Crespin, A. Détaillé, Marissiaux
sont désignés pour faire le choix des clichés destinés à la séance
publique de projections.
La séance est levée à 10 heures.
SÉANCE DU 5 AVRIL 1898
Présidence de M. L. Roland, président
Assistaient à la séance : MM. de Koninck, Olivier, Bronne,
Laoureux, A. Détaillé, Loiseau, Dejace, Henroz, Dohmen, Mate¬
lot, Grenson, D1 Nuel, baron de Sélys, Dacier, Zeyen, Rocour,
Dumoulin, Mathien, Mottard, Graindorge, Marissiaux, deSaegher,
Oury et Ronchesne.
Exceptionnellement, cette séance se donnait à l’Institut de phy¬
siologie, gracieusement mis à la disposition de la Section par
MM. les professeurs Frédéricq et Nuel, afin de pouvoir employer
pour les expériences les remarquables instruments que renferment
les laboratoires.
M. Roland demande aux membres qui se proposent d’assister
aux fêtes du XXVe anniversaire de la fondation de l’Association de
bien vouloir signer une liste d’adhésion, conformément au désir
exprimé par M. le président de l’Association. Huit membres s’ins¬
crivent; il est à espérer que d’autres confrères se joindront à eux
afin que la Section de Liège qui est la plus ancienne, soit bien
représentée.
M. le professeur Nuel, avec la compétence que chacun lui
329
connaît, nous montre ce que sont les couleurs spectrales. Il nous
fait voir, par de nombreuses et intéressantes expériences, ce que
l’on peut obtenir par la superposition des diverses couleurs du
spectre et comment, avec trois couleurs fondamentales quelconques,
on peut obtenir une variété de teintes. Il donne ensuite la des¬
cription du chromoscope, très intéressant appareil dans lequel, au
moyen de trois clichés pris au moyen de verres rouge, vert et bleu,
on voit la photographie des objets avec leurs couleurs naturelles.
Cet appareil ne fonctionne bien qu’à la lumière solaire. C’est
grâce à une légère modification apportée à l’instrument par
M. Bouquette, préparateur de physiologie de M. le professeur Fré-
déricq, que nos collègues ont pu, après la séance, admirer quelques
jolis clichés.
Les applaudissements unanimes prouvent que M. le professeur
Nuel a su charmer son auditoire. M. le président, au nom de la
Section, félicite M. Nuel de son intéressante conférence et aussi de
son dévouement à la Section. MM. les préparateurs de MM. Nuel
et Frédéricq ont aussi droit à sa reconnaissance pour l’obligeance
avec laquelle ils se sont mis à notre disposition.
La séance est levée à 10 heures.
Seciûoi? de Louvait?
r
SÉANCE DU 6 AVRIL 1898
Présidence de M. le commandant Pavard, vice-président
ssistaient à la séance : MM. Van
Gehuchte, Bodart, Van Grinder-
beek, Ranvvez, Janssens, Jacobs,
Ed. Peeters et Pavard.
Le président, M. Dewalque,
se fait excuser pour cause de
voyage.
La séance est ouverte à 8 h. 1/2
du soir.
Abordant l’ordre du jour,
M. le vice-président donne com¬
munication des démarches faites
en vue de trouver un nouveau
local pour les réunions de la
Section; il accorde la parole à
M. Van Grinderbeek qui a égale¬
ment collaboré à ces démarches. Celui-ci donne la disposition d’un
local qui pourrait parfaitement convenir; il en énumère les avan¬
tages et insiste sur la nécessité de posséder des installations suffi-
— 331
samment grandes pour y donner des séances intimes de projections
et y établir une chambre noire, ainsi qu’un Musée des œuvres les
plus remarquables que la Section pourrait recevoir de ses membres
ou de ceux des autres Sections.
Après une assez longue discussion, il est décidé que les démarches
seront poursuivies.
M. Varî Grinderbeek, délégué de la Section, communique à
l’assemblée le désir de l’Association de voir le plus grand nombre
possible de membres assister aux fêtes du XXVe anniversaire de la
fondation de l’Association. — A cette occasion, ajoute-t-il, chaque
membre recevra une invitation particulière.
Dans le but de satisfaire au désir de l’Association et, sur la pro¬
position du président, l’Assemblée décide de prendre des mesures
spéciales pour assurer une participation nombreuse aux fêtes anni¬
versaires.
Des cartes d’invitation pour l’ouverture de l’Exposition, mises à
la disposition de la Section par le Comité central, seront envoyées
à des personnes qui, bien qu’étrangères à la Section, peuvent par
leur position ou leurs fonctions encourager l’art photographique;
la section décide sur-le-champ quelles seront les personnes qui
recevront ces invitations.
Le commandant Pavard fait savoir qu’il a adressé des lettres de
remerciements à MM. Léon Roland, commandant Peltzer, Braco-
nier, Vanderkindere, Misonne, etc., qui ont mis à la disposition de
la Section leurs superbes diapositives, lesquelles ont assuré le succès
de notre séance publique du mois de mai. Il remercie également
MM. V an Grinderbeek, Gilson, Stalpaertet Dewalquede leur active
collaboration à cette fête qui marquera parmi les plus intéressantes
et les plus artistiques que nous ayons données.
Le président engage les membres à produire des diapositives qui,
avec les expositions d’art, sont un enseignement pour tous; il
exprime le désir de voir encourager les échanges entre les diverses
Sections; ces échanges produiront une vive émulation.
M. le président de la Section de Liège espère que Louvain
voudra bien envoyer quelques diapositives choisies pour la séance
de bienfaisance du 22 avril; il met à la disposition des membres des
— 332 -
cartes d’invitation à cette séance, qui promet d’être des plus bril¬
lantes. Des remerciements lui sont votés.
Après une causerie intime concernant les excursions, leur but, les
conseils mutuels, l’impulsion artistique à leur donner, la séance
est levée à 10 1/2 heures du soir.
XXVe Af?f)ivetisaif<e
DE liA FONDATION DE li’ASSOCIATION BEUGE DE PHOTOGRAPHIE
COMPTE REfiDU DES FÊTES
des 14, 15, 16 et 17 mai 1898
PREMIÈRE JOURNÉE. — SAMEDI 14 MAI
es fêtes jubilaires ont brillamment débuté
par une surprise doublée d’une attention
délicate.
S. A. R. Mu le prince Albert, prési¬
dent d’honneur de l’Association, avait
exprimé à M. le président le regret qu’il
éprouvait, au moment d’entreprendre son
voyage en Amérique, de ne pouvoir pren¬
dre part aux fêtes de l’Association. Ses
augustes parents, LL. AA. RR. Mu le
comte et Madame la comtesse de Flandre
ont cru sans doute répondre à son désir en visitant l’Exposition en
ce jour et en donnant ainsi, à la première heure de notre jubilé,
un témoignage marqué de leur haute bienveillance.
Reçues par le Conseil d’administration, Leurs Altesses Royales
ont parcouru longuement le salon, prodiguant les marques de leur
approbation et l’expression de leur profonde admiration pour les
progrès de l’art photographique.
24
334 —
M. le président, se faisant l’écho de ses collègues, a vivement
remercié Leurs Altesses Royales de la sympathie qu’elles témoi¬
gnent depuis longtemps à l’Association belge de Photographie, les
assurant de la vive reconnaissance et du plus entier dévouement de
tous les membres.
Commencées sous d’aussi heureux auspices, les fêtes se sont con¬
tinuées le soir à F Hôtel Ravenstein, où l’Association offrait un raout
aux délégués des sociétés étrangères, à ses invités et à ses membres.
Une centaine de personnes se trouvaient réunies dans les pitto¬
resques salles de l’antique Steen , devenu de nos jours l’hôtel des
sociétés savantes.
Outre les membres du Conseil d’administration et des Comités
des principales Sections, nous avons eu le plaisir de rencontrer à
cette première réunion M. Ernst Juhl, président de la Gcsellschaft
\ur Forderung der Amateur Photographie de Hambourg;
M. H. Muller, membre de la même Société; M. H. Dulieux, secré¬
taire général et délégué de la Société photographique de Lille;
M. Dubreuil, membre de la même Société, et M. Boutique, secré¬
taire général et délégué de la Société photographique du Nord de la
France.
Deux buffets étaient dressés et sur l’estrade des massifs de ver¬
dure jetaient une note gracieuse sur ces murs au décor sévère.
La plus franche cordialité régna bientôt entre tous ces amis,
heureux de se revoir, heureux surtout de serrer la main de nos
chers fondateurs présents à la fête. Et ceux-ci, fiers de leur enfant,
y allaient cordialement de leur petite histoire et contaient les souve¬
nirs d il y a vingt-cinq ans. Et par moments on faisait trêve aux rémi¬
niscences pour écouter et applaudir d’aimables artistes qui nous
prodiguaient toutes les ressources de leur talent musical.
Cette charmante soirée faisait bien augurer de nos fêtes : elle se
prolongea fort tard avec un vif entrain.
DEUXIÈME JOURNÉE. — DIMANCHE 15 MAI.
ette journée était spécia¬
lement consacrée à la
partie officielle de nos
fêtes : l’assemblée géné¬
rale et le banquet. Nous
ne croyons pouvoir
mieux faire que d’insérer ici le procès-verbal de cette séance
solennelle.
Assemblée générale extraordinaire
tenue à, Bruxelles, le dimanche 15 mai 1898
Présidence de M Jos. Casier, président.
La séance s’ouvre à 3 h. 1/4, au local de l’Association, au Palais
du Midi. Au bureau siègent : M. Jos. Casier, président; MM. Mas-
sange de Louvrex et Jos. Maes, vice-présidents; M. Arth. Nyst,
trésorier, etM. Vanderkindere, secrétaire général.
Aux premiers rangs de l’assistance prennent place MM. Da-
vanne, membre d’honneur de l’Association, président du Conseil
d’administration de la Société française de Photographie ; Bucquet,
président du Photo-Club de Paris, membre de l’Association ;
Ernst Juhl, président de la Gesellschaft \ur Forderung der
Amateur Photographie de Hambourg; H. Dulieux, secrétaire
général de la Société photographique de Lille; A. Boutique, secré¬
taire général de la Société photographique du Nord de la France,
et Heinrich Millier, membre de la Société photographique de
Hambourg.
Sont également présents : MM. Montehore Levi, sénateur, et
Alex, de Blochouse, anciens présidents de l’Association; A. Rutot
et Ch. Puttemans, anciens secrétaires généraux; A. Canfvn, lieute-
nant général van Eechout, comte .Tos. de Hemptinne, J. Mathieu,
Ed. Jossart, capitaine commandant H. Peltzer, Lefèbre de Sardans,
R. Ickx, E. Suars, C. Morel de Boucle Saint-Denis, L. Declercq,
capitaine commandant Pavard, A. Massange, Y. Selb, R. Rousseau,
J. Fallon, G. Magnien, D. Declercq, A. Devaux, J. de Walque,
A. Hanyn, J. Van Grinderbeek, L. Nopère, A. Goderus, Bour¬
geois, Parmentier, Delevoy, Masson, Springuel, Philipart, L. Jac¬
ques, Noaillon, Ronchesne, L. Roland, Hassreidter, de Raet,
Stadeler, P. Bayart, A. Malvaux, G. Marissiaux, Ledure, Alexan¬
dre, Ed. Hannon, Langlé, Bronkhorst, Deridder, Smeesters, G. Du¬
pont, Edm. Sacré, H. Durieu, Ern. Delcroix, Valentyns, Brand,
Dumoulin, Ernotte, Michel, Mouton, Masure, Paternotte, V. Van
Beesen, J. Boitson, Poupart, Van Lint, J. Van Beesen, Broot-
haerts, F. De AValque, A. Varenberg et A. Robert.
Le secrétaire général donne lecture du procès-verbal de l’assem¬
blée générale du 17 avril. Il est adopté sans observations.
M. le président se' lève et lit la lettre suivante qu’il a reçue de
S. A. R. M?1 le prince Albert de Belgique, Président d’ Honneur
de l’Association :
« Monsieur le Président,
« J’ai été fort sensible à l’aimable lettre que vous m’avez écrite le
1) de ce mois, pour réitérer votre invitation verbale de l’an dernier
aux fêtes du XXVme anniversaire de la fondation de l’Association
belge de Photographie.
« Comme je vous l’avais fait entrevoir, je comptais bien accepter
cette invitation et donner ainsi à l’Association un nouveau gage de
ma vive sjonpathie; mais des circonstances que je ne pouvais pré¬
voir alors en décident autrement : je vais entreprendre aux premiers
jours un long voyage à l’étranger et mon retour n’aura lieu que
longtemps après les solennités projetées.
« Veuillez croire, Monsieur le président, à tous mes regrets et
vous en faire l’interprète auprès de l’Assemblée générale et des délé¬
gués étrangers.
« J’espère pour les fêtes jubilaires une réussite et un éclat dignes
de l’importance de notre Association, et je forme de tout cœur des
vœux pour qu’elles marquent le commencement d’une nouvelle ère
de progrès dans l’art photographique.
« Agréez, Monsieur le président, l’expression de mes meilleurs
sentiments.
« Albert.
« Bruxelles, le 14 février 1898.
« A Monsieur Casier, président de l'Association belge
de Photographie. »
Des applaudissements nourris accueillent cette lettre, témoignage
non équivoque de
la haute bienveil¬
lance de notre
cher Président
d’ Honneur.
Le président
fait ensuite con¬
naître la liste des
personnes qui se
sont excusées de
ne pouvoir assis¬
ter aux fêtes et à
l’assemblée de ce
jour. Ce sont :
MM. Janssen,
directeur de l’Observatoire d’astronomie physique de Meudon,
membre de l’Institut de France, membre d’honneur de l’Association;
le chevalier von Schoeller, président du Caméra Club de Vienne; le
général Sébert, membre de l’Institut de France, membre d’honneur
de l’Association; J.-M. FMer, du K. K. Graphische Lehr-und
Versuchsanstalt à Vienne, membre d’honneur de l’Association;
Liégard, secrétaire de la Société caennaise de photographie; le
D1 Candèze et Ch. de Pitteurs, anciens présidents de l’Association;
Campo et Geruzet, anciens secrétaires généraux; Ad. Dupont,
D’Hont, comte Goblet d’Alviella, Noé, Spaak, van den Abeele,
Ilovelacque, Petitclerc, Lamarche Dumont, J. de Vaux, Nadar,
Peters, Lannoy, M. Declerck et A. Declerck.
A. Amatller.
Une lagune à Venise.
— 338 —
M. Casier, président, prononce ensuite l’allocution suivante :
Messieurs,
L’heureux anniversaire qui nous réunit si nombreux aujourd’hui,
reporte notre pensée vers ce jour où quelques amis, confiants dans
l’avenir, uniient leurs efforts, leurs connaissances et leur dévoue¬
ment pour fonder l’Association belge de Photographie.
Devant cet enfant au berceau, nos fondateurs rêvaient sans doute
pour lui un avenir brillant, des succès, la gloire. Ils le voulaient
grand, fort, puissant, beau ; qui de nous les en blâmerait sans don¬
ner un démenti à ses propres émotions, à ses souhaits devant le
berceau de son enfant?
Ces rêves de la première heure, j’en retrouve la trace dans nos
archives, dans le premier numéro de notre Bulletin : c’est tout un
programme que nous trace la plume toujours précise et élégante de
notre premier président, Gustave De Vylder.
« Nous croyons, ». disait-il, « que la nouvelle association est
appelée à rendre des services signalés. Elle groupera en un faisceau
puissant les nombreux éléments de succès en photographie que ren¬
ferme la Belgique; elle cherchera à résoudre par l’observation, par
la discussion, par l’expérience, les nombreuses questions scientifiques
et pratiques qui se rattachent à la photographie. Elle appellera la
photographie nationale à se mesurer avec la photographie étrangère,
dans des expositions régulières faites sur une large échelle. Par ses
œuvres, par ses actes, par ses écrits, elle attirera sur notre art
1 attention de ceux qui peuvent l’utiliser et fournira ainsi aux pho¬
tographes sérieux, dans toute l’étendue de son action, les moyens
de trouver un dédommagement certain et suffisant de leurs peines,
une récompense honorifique ou lucrative pour leurs travaux.
» L avenir est à l’Association belge de Photographie : nous espé¬
rons bien qu’elle ne faillira pas à la tâche qui lui est imposée. »
Vous le voyez, Messieurs, nos fondateurs basaient leurs espé¬
rances sur 1 union des cœurs, sur les relations fraternelles, sur le
travail opiniâtre ; leur programme comprenait l’étude de toutes les
questions scientifiques et artistiques, la participation aux exposi¬
tions afin d’exciter l’émulation par la comparaison des travaux et des
méthodes, l'apostolat enfin par une coopération active et incessante
à la diffusion des sciences comme des arts.
Un quart de siècle s’est écoulé depuis lors : ce programme con¬
serve toute son opportunité; il a du reste provoqué de nombreux
travaux, remué bien des idées et stimulé l’ardeur et le zèle de tous
ceux qui furent appelés à l’honneur de le faire appliquer.
Mais tout ce labeur a-t-il porté des fruits abondants? Les fils sont-
ils restés dignes des pères? Ont-ils poursuivi le même but avec la
E. Evelyn Barron.
The distant City.
même ardeur, la même ténacité? Ont-ils répondu aux espérances de
nos constituants?
Le cadre de ce discours ne comporte pas l’examen détaillé de
notre histoire; aussi bien, usurperais-je, en le tentant, la mission
réservée à M. le secrétaire général.
Qu’est-il besoin au reste de pareille démonstration? Faut-il faire
passer sous vos yeux le tableau des travaux de ces vingt-cinq années
pour constater la situation prépondérante prise par notre Associa¬
tion ?
La nombreuse assemblée qui m’écoute, la présence des délégués
des grandes sociétés photographiques, notre nombre sans cesse
croissant, nos salons, nos succès aux expositions nationales et étran¬
gères, nos publications, les travaux et les découvertes de nos col-
— 340 —
lègues, tout cet ensemble ne constitue-t-il pas le témoignage patent,
irrécusable de notre activité et de notre influence?
J’ose l’affirmer et le proclamer bien haut : c’est à notre Associa¬
tion que la photographie doit la situation enviée dont elle jouit en
Belgique. Oh ! je le sais, il en est qui ne veulent point voir et conteste¬
raient au soleil meme sa clarté ; il n’est de pires sourds que ceux qui
ne veulent entendre. N’en est-il pas (vous les connaissez, mes chers
collègues) qui ne voient dans la photographie que l’accessoire de la
bicyclette ; d’autres l’enferment hermétiquement dans les limites de
la mécanique, au risque de lui dénier et de méconnaître les innom¬
brables services rendus par elle dans le domaine de la science comme
dans celui de l’art.
Mais le roc assis en face de l’océan s’occupe-t-il de la gouttelette
que lui jette la vague? Et tel savant illustre, en butte aux oppositions,
aux tracas, aux persécutions, n’opposait-il pas le calme de ses affir¬
mations aux cris de ses insulteurs ; ses études faisaient briller à ses
yeux l’évidence du mouvement de la terre; rien ne pouvait ébranler
sa conviction et à chaque négation répondait le cri de sa conscience
E pur si muove! « Et cependant elle se meut. »
N’en déplaise à ses détracteurs, la photographie se meut ; elle
poursuit sa marche assurée, faisant sa trouée pacificatrice dans les
nombreux domaines ouverts à son activité.
Loin de moi l’idée de surfaire son importance et de lui assigner un
rôle prépondérant : je n’entends pas en faire le principe et la fin de
la science et de l’art; mais je réclame pour elle la justice.
Que pourrait sans elle la science?
Dans le domaine de l’astronomie, elle dévoile le mystère des deux
en conservant la trace de phénomènes fugitifs et en obtenant des
images indépendantes de toute intervention personnelle. Elle étend
même ses observations au delà des limites que l’œil peut franchir.
En météorologie, elle fixe les aspects changeants des nuages ; elle
enregistre les indications du baromètre, du thermomètre, de l’élec¬
tromètre.
En physique, n’a-t-elle pas envahi le domaine de l’invisible et
permis à l’œil du médecin de pénétrer les secrets de l’organisme
humain et d’y constater le siège et la nature des souffrances de tant
de malheureux? Ne nous permet-elle pas d’espérer la reproduction
colorée des choses, des fleurs, des bois, des prés comme des visages
aimés?
Ne réalise-t-elle pas le mouvement, j’allais dire la vie ! et ne cons-
titue-t-elle pas ainsi une série de documents précieux pour les géné¬
rations futures?
Par la microphotographie, elle descend dans ce monde des infini¬
ment petits; elle fixe leurs aspects divers, leurs mœurs, facilite leur
étude aux savants illustres qui passent leur vie à combattre ces
ennemis terribles de l’humanité.
On lui doit la diffusion des connaissances, la vulgarisation des
M. Bucquet.
Éclaircie.
sciences, l’abondance sans cesse croissante des documents les plus
variés par les perfectionnements apportés aux procédés de repro¬
duction.
Son influence n’est pas moindre dans le domaine de l’histoire et
de l’art. Que n’a-t-elle fait pour en répandre la connaissance?
Que de documents accumulés par elle! photographies de monu¬
ments, de sites, de sculptures, de tableaux, d’émaux, de mosaïques,
d’objets de tous genres, témoins irrécusables des civilisations succes¬
sives. N’a-t-elle pas facilité l’étude, la comparaison, la classification
de documents épars, travail impossible sans elle?
Dans une conférence remarquable à tant de titres, notre distingué
collègue, M. Joseph de Smet, vous montrait l’an dernier l’influence
342 —
incontestable de cette vulgarisation de l’art et de la science par la
projection, facilitant les leçons du maître aussi bien que l’étude de
rélève.
Cette diffusion des connaissances utiles, cette vulgarisation des
chefs d œuvres de 1 art à toutes les époques sont excellentes : elles
ouvrent l’intelligence, développent les facultés, excitent l’émulation,
provoquent les initiatives hardies, suscitent les recherches dans ce
domaine infini du beau sous les formes et les aspects les plus divers.
A ce point de vue, nos séances de projections constituent un puissant
élément de propagande et il y a lieu de nous féliciter de leur crois¬
sant succès.
Mais, je ne l’ignore pas, la critique trouve difficilement à s’exer¬
cer sur ce terrain : battue par l’évidence, elle laisse sur le champ
de bataille quelques traînards, batailleurs incorrigibles qui jettent
au vent les derniers coups de feu d’une protestation sans écho.
Mais la bataille n’en est que plus chaude sur le terrain purement
artistique. Vous ne 1 ignorez pas, Messieurs, ils sont nombreux
encore ceux qui refusent à la photographie la possibilité d’être une
expression d’art.
Et voilà que, malgré les protestations de quelques artistes, mal¬
gré les critiques d art s’évertuant à prouver l’impossibilité de trou¬
ver une expression comparable à celle du fusain ou de l’eau forte,
malgré l’opposition des idéalistes alarmés de l’intrusion de tout l’ap¬
pareil chimique dans le domaine de l’art pur, de l’idée, de l’inspira¬
tion, malgré tout cela, la foule intelligente sent que la photographie
se modifie, quelle se démécanise : son sens esthétique ne la trompe
pas.
Il y a peu d’années encore, avant les Salons de Paris, de Londres,
de A ienne, de Hambourg et de Bruxelles, vo}rait-on les œuvres que
nous admirons depuis lors? Tout au contraire, la photographie était,
d une manière générale, 1 antithèse de l’art : elle dénaturait la vérité
par 1 exagération ou tout au moins par l’inexactitude de la perspec¬
tive, par la dureté de la silhouette, par la minutie des détails, par
1 opposition exagérée des valeurs des tons. Bref, elle était machine
et manquait d’âme.
Mais à qui la faute ! A 1 homme ou au moyen mis à sa disposition?
L’opérateur ne cherchait-il pas à faire net? Et pour atteindre ce but,
il exigeait des objectifs, des plaques, des révélateurs, des papiers
capables de réaliser cet idéal. Il ne s’inquiétait pas de faire œuvre
vraie; il ne consultait pas la nature avec ses harmonies, ses tons
fondus, sa succession de plans d’autant plus vagues qu’ils s’éloignent
plus de l’œil. Le photographe s’inquiétait peu de la ligne, de la mise
en page; il n’osait aborder le contre-jour : ses paysages manquaient
de ciel, ses portraits de modelé et de vie.
Je m’empresse toutefois d’ajouter que la suppression de ces
défauts ne peut constituer l’œuvre d’art; il faut y joindre l’attesta¬
tion de la main de l’artiste. Mais celle-ci trouve l’occasion de s’affir¬
mer dans le choix du sujet en présentant celui-ci sous son vrai jour,
au moment esthétique. Au reste, « la composition, » comme le dit
Frédéric Walke, « n’est-elle pas l’art de conserver un heureux effet
aperçu par hasard? » Et cette vérité s’applique aussi bien à la pein¬
ture qu’à la photographie. La main de l’artiste ne trouve-t-elle pas
encore à s’affirmer dans le développement de l’image et surtout dans
l’impression?
Voyez les œuvres exposées par nos meilleurs artistes aux salons
des dernières années. Ne sont-elles pas la confirmation éclatante de
ces considérations? Loin de moi la pensée de justifier les extrava¬
gances de certains novateurs plus préoccupés de faire neuf que de
faire beau : je répudie franchement tout charlatanisme. Mais, pris
dans son ensemble, le renouveau artistique de la photographie ne
saurait être nié : et que de noms se pressent dans mon esprit et qu’il
me serait doux de les citer avec orgueil, si je ne craignais d’en
omettre.
Le public, dans sa généralité, ne s’y est pas trompé : ses suffrages
ont consacré les tendances nouvelles; et si ces œuvres l’ont impres¬
sionné, si d’autre part elles n’ont pu être obtenues que grâce à un
goût sagement développé et à une habileté longuement exercée,
pourquoi donc leur refuserait-on l’appellation d’œuvres d’art? Juge-
t-on de la valeur artistique par la rapidité ou la difficulté du pro¬
cédé? Le fusain ou l’estompe sont-ils moins artistiques que le
crayon par la seule raison qu’ils sont moins lents?
Il est d’autres objections aussi vaines et que je ne m’attarderai
pas à réfuter. Qu’ai-je besoin de plaider pareille cause devant l’au¬
ditoire qui m’écoute alors que les œuvres que vous exposez à notre
salon témoignent de votre sens artistique. Ce ne sont pas les procé¬
dés, ce ne sont pas de mystérieux secrets qui en constituent le
mérite : « Non, » dirons-nous avec Robert de la Sizeranne, dans
son remarquable article de la Revue des Mondes sur l’Art en pho¬
tographie, « non, les artistes photographes n’ont rien de mystérieux.
Ils dévoilent et jettent à la foule tous leurs secrets et leurs recettes.
Les prend qui veut ! Mais peu les prennent, et moins encore en pro¬
fitent. Car ce ne sont pas leurs papiers et leurs ingrédients chimiques,
et leurs écrans et leurs lampes au magnésium qui font leur supério¬
rité, c’est leur éducation esthétique, c’est leur goût. Pas plus en
art qu’en armes, il n’est de botte secrète. Ce sont les procédés les
plus simples et les plus connus qui mènent le mieux au but qu’on
veut atteindre; le secret n’est point dans une combinaison de recettes
soigneusement tues et dont on ne peut donner ou ne pas donner la
formule : il est dans la tête, il est dans l’œil, il est dans la main, il
est dans le cœur. »
Excusez-moi, Messieurs, d’avoir abusé peut-être de votre bien¬
veillante attention en insistant trop longuement sur les rapports de
la photographie avec les sciences et l’art.
Mais, sur ce double terrain, l’Association belge de Photographie
s’est acquis une place brillante; je me plais à le constater, et je suis
fier d’affirmer ainsi sa fidélité au programme de ses fondateurs.
Après ceux-ci, elle doit sa situation à la direction sage et éclairée
de ses présidents De Vylder, Montefiore, de Pitteurs, de Blochouse,
Candèze et Maes; elle la doit au zèle et à l’activité de ses secré¬
taires généraux Rommelaere, Géruzet, Rutot, Campo et Putte-
mans; elle la doit au travail et à l’union de ses membres dont le
nombre croît sans cesse. Elle la doit enfin aux encouragements, aux
sympathies des sociétés étrangères dont je salue les représentants
dans cette enceinte.
Au nom de l’Association tout entière, je vous dis à vous, Mes¬
sieurs les étrangers, comme à tous ces collègues que vous représen¬
tez parmi nous, je vous dis du fond du cœur : merci ! Vous n’avez
pas hésité devant les fatigues d’un voyage lorsqu’il s’agissait d’ap-
porter à des amis en fête le témoignage de vos félicitations et de vos
sympathies. Cette démarche nous touche profondément; aussi,
lorsque rentrés dans vos foyers, vous raconterez nos festivités jubi¬
laires, dites bien à tous vos collègues que nos cœurs battent à
l’unisson des leurs et que nos vœux les plus ardents les accom¬
pagnent dans leurs travaux.
Et vous, mes chers collègues de l’ Association, ne perdez pas le
souvenir de ces témoignages de sympathie ni de la fête qui nous
réunit. Puisons-y tous, au contraire, les éléments d’une nouvelle
ardeur. Ne nous reposons pas sur nos lauriers. S’arrêter, c’est recu¬
ler, ne l’oublions jamais. Mais, tout au contraire, élançons-nous sur
la voie si brillamment tracée par nos devanciers, unis dans un sen¬
timent commun d’amour de la science et de l’art et dans Tardent
désir d’en provoquer une efflorescence toujours nouvelle. Nous
assurerons à ce prix à notre chère Association un avenir plus bril¬
lant encore que son passé, des noces d’or plus consolantes et plus
fécondes que les noces d’argent qui nous réunissent en ce jour.
(A pplaudissements prolongés.)
Le président accorde ensuite la parole au secrétaire général, qui
donne lecture d’un abrégé de son Historique de l’Association belge
de Photographie depuis sa fondation, tel qu’il a paru dans l’Album
jubilaire.
Le président prie les membres de bien vouloir excuser le retard
que subit la publication de cet Album, dont l’exécution matérielle a
été plus longue qu’on ne le croyait ; personne ne s’en plaindra,
les soins apportés à l’impression de ce souvenir en augmenteront
encore la valeur. M. Casier remercie M. Puttemans qui a dirigé
cette publication ainsi que tous les amis qui y ont collaboré.
Il procède ensuite à la distribution des médailles et diplômes aux
lauréats du concours du 111 octobre 181)7, pour l’illustration de l’Al¬
bum jubilaire : MM. Wiener, Edm. Sacré, G. Marissiaux, com¬
mandant L Pavard, D. Vanden Hove, J. Boitson, Ben. Spiers,
J. Kymeulen, L. Motus, D. Declcrcq, Ch. Gaspar, Van Grinder-
beek, A. Varenberg, A. Canfyn, D1' Brecx, décédé depuis peu de
temps. Ces collègues viennent à tour de rôle recevoir les distinctions
— 346 —
qui leur ont été décernées; le président leur adresse à chacun
quelques mots de cordiales félicitations.
M. Juhl, président de la Gesellschaft qiir F or derung der Ama¬
teur Photographie de Hambourg, demande ensuite la parole. Il
s’exprime comme suit :
Messieurs,
De même qu’il y a des malheureux qui n’ont pas de sens moral,
il y a des malheureux aussi qui sont dépourvus de tout sens
artistique.
Quand on réfléchit à ce défaut, cette maladie, la cécité esthé¬
tique, on ne s’étonne pas qu’elle soit si généralement répandue,
qu’elle ait même le caractère d’une épidémie. Le danger de l’infec¬
tion est en effet assez grand; partout on peut voir les microbes
morbifiques, ou plutôt, ce ne sont pas des microbes, ce sont des
macrobes d’une grandeur quelquefois énorme.
Vous les rencontrez dans les expositions, aux étalages des
magasins d’art, dans les journaux de famille illustrés; et la charla-
tanerie officielle, — je parle de l’histoire d’art qui infecte déjà les
élèves dans les écoles, — cette charlatanerie qui prétend guérir
les pauvres malades et nous protéger du mal horrible, c’est elle qui
constitue le véritable danger en nous inoculant le virus, de manière
qu’il est impossible, pour la plupart des mortels, d’éviter l’in¬
fection.
Ceux qui ont reconnu le danger — leur nombre n’est pas très
élevé — ne sauraient se soustraire au devoir de chercher des
remèdes pour combattre cette maladie qui nous empoisonne le sen¬
timent esthétique. Le moyen le plus rationnel et le plus efficace
serait de déraciner le mal en éloignant les causes de la maladie. S’il
y avait moyen d’extirper les macrobes délétères dont je viens de
parler, s’il était possible de déféquer, de purifier les journaux
illustrés, les magasins et les expositions d’art, j’ose même dire les
musées, d’en éloigner tout ce qui n’est pas artistique, qui n’est pas
1 art vrai et grand, si c’était possible, la génération prochaine aurait
déjà recouvré sa santé esthétique.
Mais, hélas! il faut renoncer à cette cure radicale, il faut
— 347 —
chercher un remède, ne pouvant pas éloigner la contagion.
Il n’est pas difficile de constater notre mal, la cécité esthétique;
le diagnostic en est plus facile que celui des maladies ordinaires,
mais la guérison n’en offre que plus de difficultés.
D’abord le malade lui-même est très récalcitrant, il ne veut pas
être guéri, puisqu’il ne se croit pas malade, et si nous avons réussi
à lui faire écouter nos bons conseils, à prendre médecine, nous
avons toujours à craindre des récidives, des rechutes, du moment
que le médecin a tourné le dos, que le malade est exposé aux dan¬
gers qui l’envi¬
ronnent partout.
aux mauvais ta¬
bleaux, à tous
ces objets d’art
faux.
Pour combat¬
tre l’épidémie il
faudrait un si
grand nombre de
médecins et d’in¬
firmiers, qu’au¬
cun Etat n’est
assez riche pour
nourrir et solder
Alb. Canfyn.
Sous le vent.
ce corps de santé.
De même, il serait difficile de trouver un nombre suffisant de per¬
sonnes disposées à — et capables de — se charger de cette tâche à
titre honorifique.
Pour les trouver, nous chercherons d’abord parmi ceux qui en
pourraient avoir la vocation Dans tous les pays, dans toutes les
villes d’une certaine importance, il y a des sociétés qui s’occupent
des beaux-arts — si nous en croyons le titre souvent pompeux —
et qui souvent représentent un effectif assez considérable de
membres payants. Mais si nous les regardons de près, ces sociétés
et leurs membres, est-ce là ce qu’il nous faut? Est-ce là que nous
pourrons trouver l’état-major capable de combattre et de vaincre le
— 348 —
mal dont nous parlons? Hélas, non! car la plupart de ces membres
en sont infectés et, par conséquent, ils nient jusqu’à l’existence de
l’épidémie, et ce sont surtout — à ce que j’en sais, et j’en sais assez
long — ce sont surtout les membres des comités qui sont absolu¬
ment dépourvus des qualités nécessaires pour reconnaître et pour
guérir le mal.
Et pourtant il nous faut toute une association, une association
d’une étendue la plus grande possible, une association qui se
vouera à la grande tâche avec un désintéressement absolu.
Il y a un quart de siècle que l’Association belge de Photographie,
votre Société très honorable et très honorée existe et travaille.
Depuis plusieurs années, avec quelques autres sociétés de diffé¬
rents pays de l’Europe, elle a commencé à prêcher l’évangile de
l’art vrai et grand dans la photographie ; elle peut se vanter d’un
succès énorme, qu’elle doit non seulement à ses expositions clas¬
siques et à son excellent Bulletin , mais surtout aux œuvres si
pleines de goût de ses membres.
Tous les ans, elle élève un grand nombre de médecins qui, direc¬
tement et indirectement, par leurs paroles et par leurs tableaux,
contribuent à améliorer le sentiment esthétique du public, à com¬
battre l’épidémie avec un succès toujours croissant.
La Société hambourgeoise, que j’ai l’honneur de représenter, a
depuis longtemps remarqué avec sympathie le travail de votre
société, ce travail infatigable si digne de reconnaissance et cou¬
ronné de tant de succès.
En témoignage de notre approbation et de notre sympathie, j’ai
l’honneur de vous offrir ce triptyque, dont le peintre hambourgeois
Arthur Illies est l’auteur.
Permettez-moi de vous expliquer en peu de mots ce que le tableau
veut dire.
Le génie de la lumière ouvre les yeux au jeune artiste afin qu’il
puisse bien voir ce qui est autour de lui ; il le fait lire dans le livre
de la nature pour lui apprendre que ce n’est que l’étude intime et
dévouée, désintéressée de la nature qui le met en état de produire
de l’art — l’art vrai et grand.
Je vous prie, Messieurs, de vouloir bien accepter notre hommage
— 349 —
par lequel nous désirons vous témoigner nos sympathies, qui vous
sont à jamais acquises.
Ce que vous avez fait, depuis 1874, pour le développement de
la photographie d’art, pour l’éducation du goût artistique, nous
permet d’espérer beaucoup pour l’avenir. Noblesse oblige! Que
l’avenir de votre Société soit digne de vos succès, dont vous êtes
— et à très juste titre — si fiers.
M. Juhl découvre le cadeau d’honneur offert par la Société
qu’il préside avec tant d’éclat. (Applaudissements.)
M. Casier remercie chaleureusement M. Juhl de l’honneur qu’il
vient de faire à ses collègues de Belgique et le prie d’ètre l’interprète
des sentiments de gratitude des membres de l’Association auprès de
leurs confrères de Hambourg. (Applaudissements.)
Il est ensuite procédé à la distribution du jeton de présence : le
portrait de S. M. le Roi, gravé par M. Paulussen, de Vienne. La
maison Van Monckhoven, de GandT offre, en outre, gracieusement
une grande planche tirée sur papier « Eclair » et reproduisant la
Neige en Flandre de notre confrère Edm. Sacré.
La séance est levée à 5 heures.
^ Le Banquet — ^
six heures a eu lieu le banquet
servi dans la grande salle de
Y Hôtel Mengelle.
La table d’honneur était pré¬
sidée par M . Joseph Casier,
président de l’Association ; il
avait à sa droite MM. Davanne,
président du Conseil d’administration de la Société française de Pho¬
tographie ; Jos. Maes, fondateur, ancien président, vice-président de
l’Association, président de l’Union internationale de Photographie;
Maurice Bucquet, président du Photo-Club de Paris ; Alex, de
Blochouse, fondateur et ancien président; A. Lunden, fondateur;
— 350 —
Ch. Puttemans, ancien secrétaire général ; Dulieux, délégué delà
Société photographique de Lille; Laoureux, fondateur; V. Selb;
Muller, de Hambourg; Robert Pauli; A. Nyst, trésorier de
l’Association; Capitaine Peltzer, A. Canfyn, L. Roland, A. Gode-
rus, Hanssens; à sa gauche, MM. Juhl, président de la Hamburg-
sche Gesellschaft zur Forderung der Photographie; Montefiore-
Levi, sénateur, ancien président; Ferd.Massange de Louvrex, vice-
président ; Rutot, fondateur, ancien secrétaire général; M. Van-
derkindere, secrétaire général ; G. Oury, fondateur ; F.deAValque,
fondateur; Jossart; Watrigant, fondateur ; Hermans, artiste peintre,
membre du jury du Salon ; Edm. Sacré, membre du jury du Salon;
Boutique, délégué de la Société photographique du Nord; Dés.
Declercq, fondateur; Zeyen, fondateur; Van Grinderbeek.
Avaient également donné leur adhésion au banquet :
MM. Belot, Bardin, Boitson, Bronkhorts, Broothaerts, Brunin,
Bellemans, Bottiau, Bayart, Bossut père, Brand, Louis Declercq,
De Gryse, de Hemptinne, Denobele, De Raeymacker, de Sélys,
Emile De Smet, Joseph De Smet, B. de Vaux, Charles Dewit,
Dumoulin, Charles Dupont, Dupret, Durieu, A. Devaux, Ernotte,
Fallon, Gautier, Gife, Gillon, Hassreidter, Hanin, Ickx, Jacques,
Janssens, Kymeulen, Ledure, Langlé, Alph. Leirens, Loiseau,
Mathieu, Alf. Malvaux, Marissiaux, Fernand Massange, Antoine
Massange, Masure, Morel de Boucle-Saint-Denis, Mouton, Masson,
Moens, Michel, Noaillon, Parmentier, Pavard, Philippart, Pou¬
part, Ranwez, Léon Roland, Ronchesne, Robert, Stalpaert, Ser-
vaes, Stadeler, Suars, G. Springuel, Swolfs, Valentvns, Van Lint,
Yarenberg, Vassal, Jean Van Beesen et Victor Van Beesen.
Au dessert, M. J. Casier, président, s’est levé et a ouvert la série
des toasts en buvant au Roi, Protecteur de l’Association. Il s’est
exprimé comme suit :
Messieurs,
J’ai l’honneur de vous proposer la santé de Sa Majesté le Roi.
Au Roi, Messieurs, protecteur des arts et des sciences !
Soixante années de paix ont créé à notre chère patrie une situa¬
tion enviée, presque unique au monde. Petite par son étendue,
entourée de puissantes nations, la Belgique devait à ses enga¬
gements d’entretenir les relations les plus cordiales avec ses voisins :
elle n’y a pas failli. {Applaudissements .)
Les lauriers de la guerre ne pouvaient ceindre son front : aussi
a-t-elle tourné toute son activité, toutes les qualités énergiques de
sa race, vers l’industrie, le commerce, la science et l’art. Vous ne
l’ignorez pas, Messieurs, et je le
constate avec une patriotique
fierté, sur ce terrain pacifique,
notre petit pays a conquis une
situation prépondérante.
Sa Majesté le Roi a noble¬
ment secondé toutes les initia¬
tives de son peuple : avec une
hardiesse digne de son génie,
il a ouvert à nos industries, à
notre commerce, des régions
immenses, tout en répandant
à pleines mains les bienfaits
de la civilisation parmi les
peuples barbares.
Protecteur éclairé des
sciences et des arts, il encou¬
rage de sa haute bienveillance
nos savants et nos artistes.
L’Association belge de Photographie s’honore d etre placée sous
son protectorat et de recueillir les témoignages de sa sollicitude.
{A pplaudissements .)
Je répondrai certainement à vos désirs, Messieurs, en associant
le nom de notre auguste souveraine à celui de Sa Majesté le Roi.
Sa bonté, sa douceur, ses largesses envers les petits et les pauvres
aussi bien que ses souffrances lui ont conquis tous les cœurs. ( Vifs
applaud issem ents . )
Puissent nos augustes souverains régner de longues années encore,
entourés de l’affection et de la reconnaissance de leur peuple.
A Leurs Majestés le Roi et la Reine! ( Acclamations .)
A. Goderus.
Pafcen Wosber*.
352 —
M. Casier a eusuite repris la parole et a porté à S. A. R. M&1 le
Prince Albert le toast suivant :
Messieurs,
Vous venez de saluer le présent et d’exprimer vos sentiments de
fidélité et d’attachement à celui qui, placé au sommet de notre édi¬
fice social, tient en ses mains le drapeau national, sjmbole de nos
destinées.
Je vous invite maintenant à jeter un regard vers l’avenir en
saluant de vos acclamations le Prince chéri, espoir de la patrie; sur
Lui reposent nos plus chères espérances !
Son aménité, son affabilité lui ont valu la plus heureuse popula¬
rité. Notre Association lui doit une particulière reconnaissance :
président d’honneur de notre société, Son Altesse Royale le Prince
Albert avait daigné souscrire le premier au projet des fêtes jubi¬
laires : s’il n’avait dû entreprendre un lointain voyage, vous l’eus¬
siez compté parmi vous à l’assemblée comme au banquet. Ah!
certes, Messieurs, vous lui eussiez fait une enthousiaste réception
qui lui eût prouvé et la sincérité de votre attachement et les vœux
que vous formez pour lui.
Et qu’importe l’océan au cœur bien né! Envoyons-lui au loin
l’expression de notre reconnaissance et de notre dévouement et
vidons nos coupes à sa santé.
A Son Altesse Royale le Prince Albert, notre bien aimé président
d’honneur !
Les paroles du Président de l’Association ont été saluées par des
acclamations prolongées au milieu du plus grand enthousiasme.
Puis M. Casier s’est encore levé et a bu aux fondateurs, anciens
présidents et secrétaires généraux.
Messieurs,
Lorsqu’après vingt-cinq ans de vie commune, de joie, de bon¬
heur,' de prospérité, une mère de famille fête ses noces d’argent,
entourée de nombreux enfants et d’amis dévoués, son cœur mater¬
nel contemple avec orgueil cette couronne qui l’entoure de son
affection et volontiers, comme la mère des Gracques, elle jette un
regard d’amour sur ces fruits de ses entrailles en disant : Voilà
mes bijoux !
Et lorsque l’aîné de ses enfants s’avance, ému, pour lui présenter
ses félicitations et ses vœux, elle le presse affectueusement sur son
cœur ; mais aussitôt ses yeux se détournent et d’un geste, le sou¬
rire aux lèvres, elle montre à ses fils les aïeux, ceux qui, courbés
sous le poids des ans, eurent aussi leurs heures de jeunesse et
semblent les revivre au spectacle qui se déroule sous leurs yeux.
Elle reporte sur ces anciens l’expression de la joie, les témoi¬
gnages de re¬
connaissance
dont on l’acca¬
ble; ne sont-ils
pas, du reste,
les artisans de
son bonheur
puisqu’elle leur
doit le bienfait
de la vie et de
l’éducation?
Mère d’une
famille nom¬
breuse, l’Asso¬
ciation belge de
Photographie célèbre, en ce jour, ses noces d’argent. Enfants et
amis sont accourus pour la fêter, proclamer ses bienfaits et l’assu¬
rer de leurs sympathies et de leurs dévouements. Volontiers, elle
accueille ces témoignages qui l’honorent et l’enorgueillissent. Mais
elle vous invite par ma voix à reporter tous ces vœux, toutes ces
félicitations sur les anciens, sur ceux qui l’appelèrent à la vie, sur
nos chers fondateurs.
Hélas! la mort a fauché parmi eux! Leurs rangs se sont éclair¬
cis. Saluons avec respect ceux qui ne sont plus et gardons fidèle¬
ment leur souvenir.
Mais vous, chers constituants présents à nos fêtes, quelle ne doit
E. Cecil Hertslet.
Un Pâfcunaqe de l’Est.
pas être votre joie en contemplant cet enfant, si petit il y a vingt-
cinq ans, aujourd’hui grand, fort, robuste, puissant.
S’il a fait sa trouée dans le monde, s’il a conquis droit de cité,
si, en un mot, grâce à lui, la photographie occupe une place bril¬
lante, c’est à votre initiative hardie, c’est à votre dévouement, c’est
à votre programme si net et si bien défini qu’il le doit.
Sojœz-en mille fois remerciés ! Merci aussi à vous, présidents et
secrétaires généraux de l’Association, d’avoir conservé les tradi¬
tions déposées dans le berceau de notre société. Vous avez été au
labeur, à la peine; vous avez connu les contrariétés, les difficultés
de la tâche ; soyez, en ce jour, à l’honneur et recueillez avec nos
fondateurs, dont vous avez réalisé les espérances, les témoignages
touchants et précieux de notre plus vive reconnaissance.
Puissiez-vous tous, c’est notre vœu le plus cher, couler de longs
et d’heureux jours et vous retrouver avec tous les amis qui
m’écoutent aux noces d’or de notre société.
Je lève mon verre à la santé des fondateurs, anciens présidents
et secrétaires généraux de l’Association belge de Photographie.
De nouveaux applaudissements éclatent, et M. J. Maes, ancien
président et membre fondateur, prend la parole pour répondre à
M. Casier :
Messieurs,
Au nom des fondateurs, au nom des anciens présidents et secré¬
taires généraux de l’Association, je remercie de tout cœur notre bien
dévoué président, M. Casier, des paroles si cordiales, si profondé¬
ment senties qu’il vient de prononcer. Je vous remercie, Messieurs,
de l’accueil que vous faites à ces paroles, de l’approbation que
vous leur donnez.
Nous avons la satisfaction d’avoir pu accomplir notre devoir, la
satisfaction d’avoir pu réaliser les missions diverses que vous nous
aviez confiées.
Certes, Messieurs, lorsque nous avons fondé l’Association, nous
avions l’espoir de réussir, mais nous ne pensions pas atteindre aux
superbes résultats auxquels nous sommes arrivés et qui ont placé
l’Association au rang des sociétés les plus estimées de l’Europe.
Ces résultats, nous les devons aux efforts et à la collaboration
constante des divers conseils d’administration qui se sont succédé
et qui n’ont eu qu’un but : celui de voir progresser notre société.
Quant à nous, Messieurs, notre mission, je crois, est remplie.
Nous n’avons plus l’ardeur des années écoulées ; plusieurs d’entre
nous sont arrivés au déclin de la vie; d’autres nous ont quittés déjà.
«
Des cent quarante membres fondateurs, a peine en reste-t-il une
vingtaine ! Mais n’éveillons pas de tristes pensées en ce moment.
Réjouissons-nous, au contraire, de voir la génération nouvelle aussi
enthousiaste que la nôtre, et comptons sur elle pour poursuivre et
parfaire notre œuvre. Nous sommes convaincus que, ne ménageant
ni son temps ni ses peines, elle conduira notre chère Association à
de nouveaux progrès, à de nouveaux succès.
Ces progrès, Messieurs, vous les réaliserez en maintenant tou¬
jours la bonne entente et la concorde entre les membres de l’Asso¬
ciation, en formant l’union de plus en plus complète des diverses
sections. C’est par l’union que l’on fait les grandes choses, et nous
ne devons jamais oublier notre belle devise nationale : L’Union fait
la force.
Encore une fois, messieurs, au nom des anciens : merci.
(Applaudissements.)
M. Maes reprend la parole et s’adressant aux délégués des
sociétés étrangères prononce le toast suivant :
Messieurs,
Nous avons l’honneur de recevoir des délégués de plusieurs
sociétés étrangères des plus importantes : M. Davanne, président
du conseil d’administration de la Société française de Photographie ;
M. Davanne, toujours aussi enthousiaste qu’il y a quarante-cinq
ans, alors qu’il fit paraître son premier ouvrage sur la photographie;
M. Davanne se rendant à Milan, Genève, Dresde, Bruxelles,
Moscou et Londres, partout enfin où il s’agit de défendre les droits
de la photographie. M. Bucquet, l’artiste, président du Photo-
Club de Paris, que l’on est certain également de rencontrer partout
où il y a manifestation d’art et qui a tant fait dans ce but en
— 356 —
France. M. Juhl, le distingué président et chef des Photographes
amateurs de Hambourg, dont vous avez pu admirer les œuvres si
intéressantes à notre exposition. M. Boutique, de la Société photo¬
graphique du Nord de la France; M.Dulieux, représentant de la
Société de Lille. Ces messieurs nous ont apporté les félicitations de
leurs sociétés à l’occasion de nos noces d’argent. Remercions-les
de cette nouvelle marque de sympathie qu’ils nous donnent ; disons-
leur combien nous en sommes touchés et demandons-leur de bien
vouloir transmettre à leurs collègues les sentiments de profonde
gratitude qui nous animent. Disons-leur encore qu’à l’Association
belge de Photographie ils ne comptent que des amis.
Levons notre verre, Messieurs, en l’honneur des sociétés étran¬
gères et de leurs distingués représentants parmi nous.
■ (Applaudissements.)
M. Davanne, Président du Conseil d’administration de la Société
française de Photographie, membre d’honneur de l’Association
belge, répond au toast de M. Maes :
Monsieur le Président,
Messieurs de l’Association belge de Photographie,
C’est un grand honneur pour moi d’avoir été délégué par la
Société française de Photographie pour vous apporter, au nom de
tous ses membres, ses compliments et ses plus cordiales félicita¬
tions à propos de votre jubilé et de votre vingt-cinquième année
d’existence.
J’aurais dû vous dire : « Mes chers collègues », car depuis bien
des années déjà vous m’avez inscrit parmi vos membres d’honneur,
et je suis heureux de profiter de cette occasion pour vous remercier
de nouveau de m’avoir associé à vos travaux.
Si je me permets de me lever le premier après votre président
pour le remercier des cordiales paroles de bienvenue qu’il a adres¬
sées aux sociétés françaises et étrangères et à leurs délégués, c’est
que je crois être le doyen d’âge, non seulement comme un des plus
anciens et des plus fervents adeptes de la photographie, mais aussi
comme le représentant de la doyenne des sociétés qui, nous l’espé-
— 357 -
rons, célébrera bientôt son cinquantenaire et vous demandera de
venir près d’elle comme aujourd’hui nous sommes venus auprès
de vous.
Car elle commence à se faire vieille notre photographie, notre
mère à tous, toujours jeune cependant par ses découvertes inces¬
santes, par les innombrables services qu’elle rend et qui s’accumulent
et qui maintenant se sont étendus à tout le monde intellectuel. Si
j’entrais dans la voie de les
énumérer tous, je vous verrais
regarder avec crainte l’aiguille
qui marque les heures, car il
n’est pas une branche des con¬
naissances humaines qui ne
lui doive de la gratitude.
La science, qui semblait au
début en faire fi, lui rend
maintenant la justice due à
une collaboratrice fidèle; l’in¬
dustrie, avec elle, a trouvé
un développement inattendu
et considérable; les arts de
l’impression, qui la rejetaient
si loin il y a quelques années,
lui doivent aujourd’hui l’illus¬
tration courante à laquelle se
Mlle P. Marchant.
joindra prochainement l’illus-
1 r ^ Tricoteuse bretonne,
tration en couleurs déjà com¬
mencée. Les progrès actuels dans cette voie, comme les progrès
futurs, dépendent maintenant moins des perfectionnements photo¬
graphiques que des améliorations que les imprimeurs, trop imbus
encore de leurs pratiques courantes, se décideront à apporter dans
leurs méthodes quelque peu surannées; mais laissons faire le temps
et l’intérêt, la photographie est désormais maîtresse de l’illustra¬
tion, vous l’avez prouvé du reste, vous parmi les premiers, par
ces charmantes typogravures qui embellissent toujours votre
Bulletin.
Mais cette question d’illustration touche immédiatement à la
question d’art et je me trouve attiré sur un terrain brûlant, je sens
peser sur moi le regard du président du Photo-Club de Paris, celui
du président de la Société photographique de Hambourg qui, comme
vous, ont si résolument entraîné la photographie dans la voie pure¬
ment artistique; mais n’ayez crainte, je ne veux pas méconnaître les
progrès dus à cet entraînement, je veux seulement, par des obser¬
vations qui me sont absolument personnelles, signaler les abus qui
accompagnent presque toujours la ferveur des néophytes, c’est-à-
dire l’excès dans le flou, dans le gris, dans la couleur douteuse ; ce
que j’attaque c’est le manque de cette franchise qui est l’honneur de
la photographie.
Il semblerait que la photographie ne pût être considérée comme
artistique que si elle se dissimule sous une autre apparence; nom¬
bre d’artistes, lorsqu’ils la jugent, veulent qu’elle ressemble à ce
qu’ils produisent eux-mêmes; je trouve ce sentiment exagéré dis¬
cutable, et je préfère croire qu’une œuvre peut être artistique et
belle quel que soit son mode d’obtention, la photographie n’a
besoin de ressembler ni à un dessin ni à un cra}ron, elle est œuvre
de la volonté du sentiment et du soleil; qu’elle soit belle, cela suffit.
D’ailleurs, l’application de la photographie à des œuvres dites
artistiques n’est qu’une des faces de la photographie générale ; elle
en a beaucoup d’autres d’un intérêt au moins aussi grand, et si elle
se prête à toutes les fantaisies, il ne faut pas la détourner de sa
véritable route, qui est la droiture, l’authenticité, la perfection des
détails, la vérité dans la beauté. La photographie a conquis une assez
large place dans le monde pour avoir le droit d’être elle sans
chercher à ressembler à une autre, et nous serons les premiers à lui
pardonner ses écarts et ses fantaisies, mais il ne faut pas qu’elle
abandonne ce qui doit être son essence même, sa vie, sa supériorité
sur toute œuvre de la main, c’est-à-dire la vérité.
Sans doute, vous me trouverez excessif, c’est que je cherche à
combattre les excès vers lesquels elle semble entraînée ; certes nous
avons beaucoup à apprendre du côté artistique, mais n’avons-nous
pas aussi beaucoup à enseigner?
Demandons, Messieurs, à la photographie de progresser sans
cesse, de multiplier ses découvertes et ses procédés, afin de répondre
toujours à tout ce que l’on veut exiger d’elle; élargissons son
domaine scientifique, artistique, industriel, ne la laissons ni res¬
treindre, ni contester; c’est là un des principaux rôles de nos
sociétés; elles auront d’autant plus de puissance qu’elles compte¬
ront un plus grand nombre d’adhérents, qu’elles seront comme vous,
plus unies entre elles, qu’elles auront conquis une notoriété comme
la vôtre plus justement méritée par les services rendus, par la per¬
sistance dans la tradition d’idées justes, puissance que ne peut avoir
l’individualité.
Remercions donc, Messieurs, la vieille Association belge, ce mot
est tout un éloge, d’avoir su grouper et maintenir autour du même
drapeau les éléments dont elle se compose; félicitons chaleureuse¬
ment toutes les Sections, dont l’union fait la force, de lui être restées
fidèles ; souhaitons à l’Association belge de célébrer dans vingt-cinq
autres années son cinquantenaire en apportant à ceux qui la félici¬
teront alors un bilan de travail aussi beau que celui présenté par ses
annales actuelles.
Messieurs, au nom de la Société française de Photographie, au
nom des sociétés et des étrangers qui m’autorisent à parler pour
eux, M. Dulieux, délégué de la Société de Lille; M. Boutique,
délégué de la Société du Nord de la France, je remercie l’Associa¬
tion belge de sa cordiale réception, je bois à son président, à ses
membres, à l’Association tout entière, en formant les vœux les
plus sincères pour que son avenir soit comme son passé.
(A pplaudissements prolongés.)
M. Bucquet, président du Photo-Club de Paris, membre de
l’Association belge, prend à son tour la parole et s’exprime comme
suit :
Messieurs,
En acceptant l’aimable invitation qui m’a été adressée par votre
Comité, j’ai tenu à donner à l’Association belge de Photographie,
tant au nom du Photo-Club de Paris qu’au mien propre, le témoi¬
gnage de notre bien cordiale sympathie à l’occasion du XXVe anni¬
versaire de sa fondation; j’ai voulu venir vous exprimer de vive
voix les vœux sincères que nous formons pour la prospérité de notre
grande aînée.
Je me proposais, ce soir, de lever mon verre en l’honneur de
votre puissante Association et de ceux qui, par leur dévouement et
leurs travaux, ont su la placer au premier rang des Sociétés photo¬
graphiques, et de ne pas prolonger la série des toasts : mais, ainsi
que vous l’avez entendu, M. Davanne vient de prendre à partie les
tendances nouvelles de la photographie artistique, tendances que
votre Association représente si brillamment en Belgique et que le
Photo-Club de
Paris s’efforce
de faire triom¬
pher en France.
Permettez - moi
donc, Messieurs,
de répondre
quelques mots
aux critiques du
président de la
Société fran¬
çaise de Photo¬
graphie et de
défendre les
tentatives artis¬
tiques faites pendant ces dernières années et qu’il me paraît
méconnaître.
Rassurez- vous, Messieurs, je n’ai ni l’intention, ni la préten¬
tion de vous faire ici une longue théorie sur ce que doit être cette
branche si intéressante et si féconde de la photographie employée
comme moyen d’expression et de représentation de la nature : c’est
là, vous le savez, une question qui passionne beaucoup d’artistes, et
nos Bulletins sont remplis d’articles sur ce sujet, dus à la plume
d’écrivains autorisés.
Je tiens seulement à vous faire observer que mon très savant et
aimable collègue me semble se montrer bien sévère, et j’ajouterai
bien injuste, pour] les efforts faits par diverses sociétés qui ont
entrepris de relever le niveau de la photographie artistique qui ne
se manifestait guère auparavant, en la présentant sous un aspect
nouveau, en montrant une voie nouvelle.
Je ne vais pas jusqu’à admirer sans réserve tous les envois
qui figurent dans nos Salons, et qui, je l’avoue, sont fort loin de
répondre à ce que d’ordinaire on attend des productions de la
chambre noire. Beaucoup sont en effet de nature à troubler ceux qui
ne recherchent dans la photographie qu’une copie fidèle, rigoureu¬
sement exacte d’un objet ou d’un site, et pour lesquels le summum
de l’art consiste à obtenir une belle épreuve, nette en tous points
et en tous plans et d’une exécution technique irréprochable.
En peinture, en littérature, en musique, il existe des intransi¬
geants; eh bien, quoi de plus naturel que d’en rencontrer chez les
photographes? N’est-ce pas là même une preuve de force et de vita¬
lité, puisque les critiques d’art trouvent dans nos expositions matière
à longs examens et à critiques sérieuses? Les œuvres les plus dis¬
cutées, je dirai les plus discutables par leurs défauts mêmes, si vous
voulez, et leurs exagérations de flou et de simplification, me
semblent être d’un exemple profitable pour montrer à ceux qui
veulent travailler uniquement en vue de la perfection artistique ce
qu’il faut éviter, les dangers qui sont menaçants et les excès dans
lesquels il ne faut pas tomber. De la comparaison qui s’établit entre
toutes les œuvres méritant, à des titres divers, de retenir l’atten¬
tion, naît, soyez-en convaincus, un courant sain et salutaire dont
l’avenir ne peut que profiter.
M. Davanne reproche à beaucoup de tableaux exposés en ce
moment, soit ici, soit à Paris, de ne ressembler en rien à de la pho¬
tographie : mais c’est, à mon humble avis, ce qui leur donne toute
leur originalité, toute leur valeur, et leur permet de revendiquer
hautement la place qui leur est due dans la classification des beaux-
arts, puisque le procédé se modifie essentiellement dans la main de
l’artiste qui le manie, puisque ces œuvres cessent d’être de serviles
copies pour devenir des interprétations de la nature dans lesquelles
le goût, le talent, le sens artistique plus ou moins développé de leur
auteur jouent le rôle prépondérant : le procédé lui-même disparaît
pour faire naître en nous une sensation, une émotion !
— 362 —
Ne reprochons donc pas à ceux qui s’efforcent de tenter la
production d’œuvres artistiques de nous présenter des tableaux qui
ressemblent plus ou moins à des crayons, des sépias, des sanguines,
voire des pastels ou des aquarelles , puisque nous avons vu
récemment des essais en couleurs dus à des maîtres autrichiens ;
remercions-les, au contraire, d’avoir trouvé le moyen de charmer
nos yeux et d’avoir su rendre attrayantes et variées les expositions
photographiques jadis si ternes et si monotones !
.Te m’arrête, car j’ai déjà trop abusé de votre attention,
Messieurs ; j’es¬
père toutefois
que vous ne
m’en voudrez
pas d’avoir re¬
vendiqué pour
les sociétés qui,
comme l’Asso¬
ciation belge de
Photographie,
font des tenta¬
tives intéres¬
santes, pour les
progrès de la
photographie
artistique, un encouragement qu’elles me semblent mériter.
Je bois à 1 Association belge de Photographie, à sa prospé¬
rité, à 1 art photographique, au développement duquel les travaux
des membres de votre Association ont si largement et si puissam¬
ment contribué !
De vibrantes acclamations accueillent les paroles du sympathique
président du Photo-Club de Paris et lui montrent que sur le terrain
de l’art photographique la société qu’il dirige et l’Association belge
marchent la main dans la main.
La série des toasts étant close, on se lève pour prendre le café
dans la salle attenante et la réunion prend aussitôt un caractère plus
intime.
Ferdinand Coste.
Matinée de Mai en Morvan.
- 363 -
A côté des artistes photographes il y a aussi au sein de l’Asso¬
ciation des artistes musiciens. M. Stadeler, le dévoué secrétaire de
la Section de Bruxelles fait entendre les plus beaux morceaux de son
brillant répertoire et donne une fois de plus l’occasion d’applaudir
sa voix remarquable et puissante.
M. Belot intéresse et amuse à la fois avec un phonographe très
perfectionné qui reproduit fidèlement et admirablement ce qu’on lui
a confié; les morceaux d’orchestre, entre autres, sont très bien ren¬
dus et obtiennent un grand succès.
Puis c’est M. Darins qui se fait applaudir dans des morceaux
choisis avec goût et qu’il chante avec beaucoup de talent.
La partie amusante est donnée par l’aimable confrère gantois,
Louis Declercq, qui est de toutes les fêtes de l’Association et aux¬
quelles il ne ménage jamais son concours. Tantôt il amuse avec ses
chansonnettes si spirituelles et si bien dites, tantôt il provoque
l’hilarité avec ses désopilants récits en anglais.
Bref, la soirée s’est prolongée grâce à ces joyeux confrères qui
ont tenu tout le monde sous le charme de leurs talents si variés.
Des remerciements chaleureux leur sont dus et en les leur adres¬
sant ici nous sommes certains d’être l’interprète de tous ceux qui ont
assisté à ce brillant banquet de nos fêtes jubilaires.
TROISIÈME JOURNÉE. — LUNDI 16 MAI
de Projections
e lundi IG mai, à 8 1/2 heures du soir, a été
donnée la soirée de projections inscrite au
programme.
Cette soirée, organisée par les soins de la
Section de Bruxelles, a eu lieu au Palais
du Midi, au local de l’Association.
Le but de cette soirée était de combler
une lacune, les tableaux pour projections
n’étant pas admis à l’exposition du Cercle
artistique.
Or, les diverses sections de l’Association
comptent un grand nombre de membres s’adonnant avec succès
aux tirages spéciaux pour projections et il y avait grand intérêt
à présenter, d’une manière résumée, le travail de chacune des
Sections dans ce qu’il a de mieux.
Quatre Sections ont répondu à l’invitation de la Section de
Bruxelles et cent douze positives de choix ont été tirées de
l’ensemble des envois.
Dix positives de M. Graystone-Bird, de Bath (Angleterre), y ont
été ajoutées, ce qui a porté le nombre total des tableaux à cent
vingt-deux.
Ce sont les positives de la Section d’Anvers qui ont paru les
premières sur l’écran, projetées à la lumière électrique.
Voici le catalogue des tableaux :
M. Bourgeois : Matinée d'hiver ; un Coin du Peerbosch
(Anvers) ; la Vallée de la Semois à Bouillon', la Rue des Fontaines
à Montojr et Tir d'une batterie cuirassée .
M. Van Bellingen : Effet de neige.
— 3G5
M. Maes : Le Ponton du Steen ; Sur l'Escaut ; Pontonniers
d'artillerie ; Botresses à Liège ; Habitants de l'ile de Marcken
(3 tableaux).
M. Selb : Une Soirée orageuse à Eprave ; Ferme de Clara-
fonds (Savoie) ; Fileuse à Tinsen (Suisse) ; Glacier Cambressa
(Engadine); Glacier Roseg;
Sculpteur sur bois à Baden-
Baden et Ramoneur à
Baden-Baden.
Les positives de la Sec¬
tion d’Anvers, très admirées,
sont pleines de vigueur et
de relief ; quelques-unes,
comme les Glaciers de
M. Selb, sont d’une rare
perfection et produisent une
grande impression.
Viennent ensuite les posi¬
tives de la Section de
Bruxelles.
Un bon nombre de mem¬
bres ont répondu à l’appel
du Comité, ce sont :
M . Vanderkindere :
L'Abbaye de Maredsous ; A Bruxelles-Kermesse ; Etude d'éclai¬
rage ; Chemin creux à Uccle ; la Meuse à Tilleur ; Porteur d'eau
à Sera in g.
M. Del CROIX : Vieux Moulin à Ternath ; A Lucerne.
M. Delva : A Laeken; le Hallerbach (Grand-Duché); A Droo-
genbosch.
M. PüTTEMANS : Chemin poudreux à Mirwart ; Porte du
Steen à Anvers; vue prise du Ballon captif de l’Exposition de 1897.
M. Rutot : Diverses études de marine avec nuages; la Chute
du Rhin.
M. Misonne : Moutons; Au Village; En Automne; Sur la
Glace ; Au Bord de l'eau.
26
366 —
M. le D> Paradis : Rue de la Régence à Bruxelles ; Y Hiver à
Humbeek ; A Angre.
M. Hanssens : Après la récolte; Dans le salon; Manœuvres
d'artillerie.
M. le Commandant Peltzer : Environs de Malines ; Ne
bougeons plus ! Heureuse Mère.
M. Boitson : Porte de la Cathédrale de Huy ; Régates sur
l'Escaut ; Printemps à Isque.
M. Bidart : Etudes de roses; Branche d'azalée; Y Hiver au
bois ; Etude de Chevaux.
M. Valentyns : Entrée des ruines du château de Laroche ;
Vue de Laroche.
M. le D1 Paternotte : Sur la Route de Biskra (Algérie);
Quartier arabe à Bougie ; Caravane traversant l' Oued-Biskra ;
Porte Sidi- Ab dulali à Tunis ; Canal delà Goulette ; Mosquée de
Sidi-Sahab à Kairouan ; Potier à Testour.
Beaucoup de ces tableaux sont vivement appréciés; un bon
nombre témoignent du goût artistique très développé de leurs
auteurs, de la réalité d’impression qu’ils ont cherché à produire.
La Section de Gand était représentée par les auteurs suivants :
M. Casier, président de l’Association : Au Mont Saint-Michel ;
Crottes de l'Aquilon ; Cloître de l'abbaye de Sainte-Wandrille
(Normandie); Sous la Neige.
M. Leirens : Diverses scènes d’hiver très réussies ; A la Cam¬
pagne ; Allée d'arbres.
M. Servaes : Sortie de la malle à Ostende ; Coup de mer.
M. Goderus ; Effet de givre à Genève ; Etang.
Les positives de MM. Casier et Leirens ont surtout été très bien
accueillies et ont provoqué les applaudissements de l’assemblée.
La Section de Liège avait fait l’envoi suivant :
M. le D1 Grenson : Près d'Ischl; Hallstadt ; Lac de Saint-
Wolfgang; Craunkirchen, ces vues sont prises dans le Salz-Ivam-
mergut (Autriche); Berchtesgaden (Haute Bavière).
M. de Saegher : Les Rapides de la Prüm ; A Kinkempois.
M. Ivan Braconnier : Vaches à l'abreuvoir.
MM. Massange de Louvrex : A Southampton ; A Plan ken-
1
— 367 —
berghe (cinq études de nuages, de vagues, de coucher de soleil, etc.);
Bateau de pêche jeté à la côte ; Saint-Gilles, V hiver.
Les tableaux de M. le D1 Grenson ont obtenu tous les suffrages
par leur admirable exécution ; grand succès pour M. I. Braconnier
et pour MM. Massange de Louvrex (marines, effets de nuages et
Y Hiver à Saint-Gilles).
Enfin, la Section de Namur était représentée par les auteurs
suivants :
M. Rousseau : Moutons sur le versant de la citadelle ; Déjeu¬
ner sur l'herbe et trois études de fleurs (Avoine et Bluets; Œillets ;
Chèvrefeuille).
M. Jossart : Calvaire à la campagne ; Travaux des champs ;
Chapelle Saint-Hubert à Marche-les-Dames ; Fleur des Champs ;
la Rencontre.
M. Dupont : Le Samson à Goyet; Allée d'arbres à Herbatte ;
la Meuse à Waulsort.
Bon nombre de ces positives ont obtenu un franc et légitime
succès.
Enfin, la soirée s’est terminée par la projection de dix positives
envoyées par M. Graystone-Bird, de Bath, et qui, toutes, ont
été très honorablement primées dans les concours anglais. Ces
positives sont intitulées : Vue de mer; Paysage d'hiver ; Vene\ !
Fleurs des champs ; Bateau de sauvetage ; Vue d'hiver; Groupe
d'enfants ; YHeure du repos ; Clair de lune; Lancement du
bateau de sauvetage.
Les spectateurs, moins nombreux que les organisateurs l’avaient
espéré, se sont retirés enchantés de cette séance, qui avait montré
comme la S3rnthèse des travaux des Sections, le niveau élevé de la
compréhension artistique des sujets, l’excellence des procédés
techniques.
Et, comme c’est souvent le cas, l’on ne peut que répéter une fois
de plus : les absents ont eu tort. A. R.
I
QUATRIÈME JOURNÉE. — MARDI 17 MAI.
Excüt»siof) à G^oepepdael
E 17 mai, qui était le jour anniversaire
de la fondation de l’Association, a été
consacré à une excursion à Groenen¬
dael, à travers l’admirable forêt de
Soignes.
La réunion avait lieu place Rojmle
où des breacks de très grande allure
attendaient les excursionnistes. A
9 1/2 heures, le signal du départ est
donné et le cortège s’ébranle ; on prend
la rue de la Régence, la place Poelaert et l’avenue Louise, pour
gagner, par les grandes avenues du Bois, la drève de Lorraine.
Cette première partie du trajet excite l’admiration des étrangers
à la ville, et les Bruxellois entendant tous ces éloges regardent, eux
aussi, et découvrent avec étonnement les beautés de leur capitale.
La journée se présentait sous les meilleurs auspices, le temps, qui
jusque-là avait boudé, avait complètement changé et un soleil ra¬
dieux présidait à cette dernière partie du programme de nos fêtes.
Le bois était superbe sous l’éclat de son feuillage vert tendre du
printemps; la brise matinale qui estompait les fonds des grandes
avenues et des pelouses, donnait un caractère tout spécial au pay¬
sage.
Près du grand ravin, un troupeau de moutons attire les amateurs
qui s’essayent aux contre-jours.
Voici la route de Boitsfort qui coupe la drève de Lorraine dans
laquelle nous nous engageons. Elle est superbe, cette avenue, avec
ses jeunes plantations, au feuillage sombre, tranchant heureuse¬
ment avec leurs aînées, et qui la divisent en multiples chemins
réservés aux divers systèmes de locomotion, mais où, il faut bien
le dire, le malheureux piéton est bien sacrifié.
Aussi il y règne une animation extraordinaire par le mouvement
des cyclistes, des cavaliers et des équipages.
Au croisement de la drève des Bonniers, bon nombre de touristes
abandonnent les breacks pour continuer à pied l’excursion jusqu’à
Groenendael. On s’enfonce dans la forêt très accidentée et, sans
souci des che¬
mins ; tantôt
montant, tantôt
descendant, on
se dirige vers
la région des
étangs.
Quelques su¬
jets se présen¬
tent, mais sous
la haute futaie
les appareils
sur pied triom¬
phent, et si quel- R. R0usseau.
ques porteurs
de détectives opèrent, c’est uniquement pour la forme, pour ne pas
trop montrer leur infériorité dans la circonstance et encore font-ils
poser leur modèle dans une échappée entre les arbres et en plein
soleil !
Ici une vieille qui a ramassé une charge de bois mort regagne sa
chaumière, poussant péniblement sa brouette attelée d’un chien. Elle
se prête volontiers à poser et le chien lui-même semble comprendre
ce que l’on attend de lui. Cette bonne volonté méritait une récom¬
pense ; au risque de nuire au désintéressement des indigènes, une
collecte est faite entre les opérateurs et le montant en est remis à
la brave femme, qui bénit le ciel et les photographes charitables pour
cette aubaine inespérée.
— 370 —
Un peu plus loin, ce sont des bûcherons qui servent de modèles,
mais comme ils travaillent dans un chemin découvert, les appareils
à main prennent leur revanche et ce sont eux maintenant qui ont le
dessus.
Nous arrivons aux étangs, mais l’heure avancée oblige à se rendre
directement au Château de Groenendael , le restaurant bien connu,
où le déjeuner nous attend.
Déjeuner simple, très bon, bien servi et très apprécié des excur¬
sionnistes mis en appétit par le grand air. On prend le café au
dehors, et
quelques - uns
de nos con¬
frères font le
groupe tradi¬
tionnel, sou¬
venir de toute
excursion bien
organisée.
C’est celui de
M. R. Rous¬
seau, de Na-
mur, qui ac¬
compagne ce
compte rendu.
Après ce repos, on quitte le Château de Groenendael, pour
rejoindre les étangs, qui commencent immédiatement derrière l’éta¬
blissement. Ce château de Groenendael est ce qui reste d’un ancien
prieuré où vécut autrefois le savant Jean Van Ruysbroeck et que
plus tard Charles-Quint choisit souvent comme lieu de repos.
On envoie les breacks nous attendre à la drève de Lorraine et l’on
s’engage sur les bords des étangs miroitants où se reflètent les
hautes cimes de la forêt. Les appareils de tout genre fonctionnent
dans toutes les directions, mais encore une fois l’avantage reste aux
chambres montées sur pied. Les sites superbes de cette remarquable
suite d’étangs sont explorés successivement et l’on rejoint les
breacks.
— 371 —
On accepte l’aimable invitation de notre confrère, M. Lavalette,
qui nous offre le champagne de l’amitié à sa maison de campagne
située à peu de distance. Le temps de vider quelques coupes à la
santé de notre hôte et à la prospérité de l’Association, et l’on
reprend place
dans les voitu¬
res, non sans
avoir brûlé ses
dernières pla¬
ques chez notre
aimable con¬
frère.
On refait le
même trajet que
le matin, par la
drève de Lor¬
raine, le Bois
de la Cambre
et l’avenue
Louise, et dès
l’arrivée en ville, la dislocation commence. Nos amis de province
regagnent les gares de chemin de fer, on se sépare encore une fois
avec regret et l’on se donne rendez-vous à Liège en 1899. Nous
prenons également congé de M. E. Juhl, le distingué président de
la Société de Hambourg, qui a tenu à participer à toutes nos fêtes
et retourne dans son pays. On lui souhaite un heureux voyage et
l’on exprime l’espoir qu’il conservera un bon souvenir de son
séjour à Bruxelles.
Ch. P.
V. Selb.
Lie troisième Salon
ct’Ant photographique
e qui caractérise, abstraction
faite de leur mérite, la réu¬
nion des 650 épreuves, dont
beaucoup de premier ordre,
groupées dans la grande
salle du Cercle artistique et
littéraire, c’est l’infinie mul¬
tiplicité et l’extrême perfec¬
tion des procédés mis en œuvre. Il serait impossible de dénombrer
les virages, les papiers, les moyens, les combinaisons de toute
espèce, qui permettent désormais au photographe de dicter en
quelque sorte sa volonté à la chambre noire elle-même. A part la
réalisation pratique de la reproduction directe des couleurs, dont
nous aurions voulu voir des essais figurer au Cercle à côté des
spécimens colorés, d’ailleurs intéressants, obtenus par l’expédient
de la gomme bichromatée, on se demande quels progrès matériels
restent encore à espérer.
A cette liberté illimitée des moyens répond l’émancipation des
tendances esthétiques. La querelle des partisans du « flou » et du
« net » s’est apaisée, l’inflexible exclusivisme des procédés dits
classiques n’est plus qu’un souvenir. La photographie s’est libérée.
Elle ne subit plus d’autres règles que celles qui, étant les prin-
cipes mêmes du goût, s’imposent à tous les arts plastiques.
A l’exemple de la peinture, elle a ses coloristes et ses dessinateurs,
ses romantiques et ses classiques, ses tenebrosi et ses luministes,
voire ses pointilleurs. De plus en plus, l’intervention émue de
l’homme l’emporte sur l’impersonnel travail de l’instrument. Et
qui sait? il n’est peut-être pas chimérique de supposer, puisqu’on a
réalisé la télégraphie sans fil,
qu’on imaginera un jour la
photographie sans appareil !
Comme la peinture aussi,
la photographie a pris un
caractère cosmopolite. Pas un
chercheur découvrant un stra¬
tagème ingénieux, ou le secret
de faire apparaître plus artiste
la vision confiée au papier
sensible, sans qu’aussitôt son
initiative soit reprise et com¬
plétée sur tous les points du
monde où se braque un objec¬
tif. Et si nous nous décidons
à classer les exposants par
nationalité , c’est beaucoup
moins pour établir entre les
œuvres françaises, anglaises,
allemandes ou belges des démarcations inaperçues à l’Exposition
où elles étaient fraternellement mélangées, que pour introduire un
certain ordre dans ce rapide compte rendu.
Les Anglais et les Æfnéiûcaitis
L’absence des superbes portraits «composés», peut-on dire, par
Mme Cameron, car l’artiste est pour autant que la nature elle-même
dans ces magistrales effigies, met cette fois les exposants de la
Grande-Bretagne au second rang parmi ceux qui se consacrent à
la représentation du visage humain. Ni les Anglais, ni les Amé-
Richards, J. Cruwys
Étude de tète.
— 374 —
ricains qui figurent ici ne recherchent la profondeur expressive, mais
plusieurs se recommandent par la grâce et le naturel. Telle, miss
Muriel Bell : si aucun sentiment poétique ou romanesque ne sou¬
lève la poitrine délicate de Zenobia et de Phyllis , en revanche la
pureté de leurs traits est exquise, et un charmant ajustement de
chevelure, de gazes, de perles, suggérant une vague idée de
harems et d odalisques, ajoute du piquant à ces aimables physio¬
nomies, d’une finesse essen¬
tiellement britannique et
d’une joliesse presque idéale.
L’envoi de M. Olivier W.
Huntingdon attire par un
charme plus intimiste. Sim¬
plicité : ce titre, qui risque
souvent de paraître préten¬
tieux, convient à merveille
à la jeune femme qu’il adosse
à une muraille sans orne¬
ments, et qui, relevant un
bras laissé nu par sa tunique
sans plis, laisse errer rêveu¬
sement son regard introublé.
Le Portrait de jeune fille a
une douceur qui évite tout
juste de tomber dans la mol¬
lesse; le passage de la joue
au cou est délicatement rendu, dans une pénombre caressante et
légère. Nous aimons moins la Dame à la harpe : l’ombre que pro¬
jettent sur le corsage, la ceinture et la robe, la mince rangée de fils
d archal, est suffisamment diaphane, et la traîne aux cassures
soj^euses s’étale avec une ampleur fastueuse au pied de l’élégant
instrument; mais le geste de la harpiste est affecté et sa tête se
renverse d’un air théâtral. Les « amateurs » devraient répudier ce
genre d’arrangement : c’est déjà bien assez que la vanité ou le mau¬
vais goût des clients l’impose aux professionnels. M. J. Cruwys
Richards, avec ses excellentes Études de têtes, sa Pierrette , les bras
A. B. Langfield.
Une Chasseresse.
croisés en une attitude de crânerie mutine, et son Heureux Quatuor,
des gosses riant au spectateur de toute la gaieté de leurs frimousses
mutines ; M. Alexandre Allan dont le Vieux Célibataire reprisant
gravement ses bas dans sa chaumière solitaire, a un saisissant carac¬
tère de vie et de vérité; Miss Boden dont la Ménagère hollandaise
vaut autant par la vigueur de la couleur que par la grâce du sujet;
Miss Laura Harvey qui enveloppe de jolis visages dans un voile
de tulle, soutiennent vaillam¬
ment la réputation des por¬
traitistes d’outre-Manche.
M . Langfield se consacre
exclusivement à l’étude des
nudités féminines mêlées au
plein air des jardins et des
bois.
Chair de la femme,
argile idéale, ù merveille!
Ce vers de Victor Hugo
devrait toujours être présent
à la pensée de ceux qui font
du « nu », que ce soit en
peinture ou en photographie.
Cet éclat éblouissant de la
chair, si vivace que, même
dans l’obscurité, il rayonne
d’une vague clarté, et qui, à
plus forte raison, boit et ré¬
fracte la moindre parcelle de la lumière du grand jour, M. Lang¬
field le rend par une teinte uniformément morne et grisâtre. C’est
le seul reproche à faire à la Chasseresse, à la Bacchante
rieuse, dont le sein transparaît à travers les pampres, à la Dryade
se berçant sur les rameaux d’un arbre de la forêt feuillue, et dont
un rayon de soleil matinal prend en écharpe le coin de l’épaule et
la cuisse : ces nudités d’un arrangement classique, qui restent
chastes tout en étant attrayantes, illustreraient à souhait les églogues
de quelque poète antique. M. Marsh forme avec M. Langfield le
Mm* Jeannie Welford.
Au bord de la rivière.
contraste le plus complet. Les scènes de Y Usine à ga ^ sont à la
fois saisissantes et documentaires : il y a une sorte de beauté
dans ces cornues alignant, comme des tuyaux d’orgue, leurs cylin¬
dres que commandent des clés gigantesques ; et l’ouvrier qui, sem¬
blable à un cyclope moderne, environné de mugissants nuages de
vapeur, alimente ces machines monstrueuses, a le geste rythmé
et le caractère pathétique des tâcherons de Constantin Meunier.
Mme Jeanie Welford a spi¬
rituellement saisi la grâce
inconsciente du baby qui,
pinçant sa robe comme
une danseuse préludant à
un menuet, se mire Au
bord de la rivière ; très
bien observé aussi le mon¬
sieur déployant son journal
du matin dans l’allée, encore
déserte, d’un parc de Lon¬
dres. Citons enfin, parmi
les genristes, MM. John
Chatfin et Edgar Scamell,
dont nous reproduisons le
Savant.
Les intérieurs des belles
cathédrales anglaises ont
fourni le sujet de pas mal
de vues. Nous avons remarqué la finesse de Y Aile sud du chœur
de Liclifield , par M. C. Barrow Keene et la Crypte romane de
M. Charles Bajnton. Mais nous leur préférons infiniment la
Sédille de la cathédrale de Gloucester, par M. Charles Oackden :
la mise en page est parfaite, les entrelacs gothiques ajourés comme
de la guipure, et il y a autant d’agrément dans le ton général que
de justesse dans les valeurs des architectures, du tapis qui recouvre
les marches de l’autel et des coussinets de velours sombre posés
sur la balustrade des logettes de pierre blanche. A rapprocher de
cette page d’une tenue irréprochable YÉglise de Kedleston de
— 377 —
M. Bland, curieux effet de soleil sur un monumental tombeau de
marbre, historié de figures moyen àgeuses.
U Approche de la tempête , de M. Walter Welford, très truqué,
montre un excès de retouches qui empêche toute illusion. Le
Croix, de M. Paul Martin, a un ciel trop visiblement rapporté.
M. Charles Job fait dominer par un ciel de printemps la vue hiver¬
nale qu’il intitule Neige et
Soleil ; outre ce manque de
logique, le ton grisâtre de
l’épreuve ne rend pas le
moins du monde l’éclat de
la neige durcie étincelant
au soleil. La notation de
brouillard que M. J. Page
Croft intitule Thy iveak
Eyeglimmers thro' a misty
veil, est plus curieuse
qu’agréable à voir : on
dirait une molle peinture
sur porcelaine. Il est plus
heureux dans Soleil et
Brouillard. Les paysages
de MM. Smedley Aston,
E. Evelvn Barron, John
Gear, Greger sont irrépro¬
chables : il ne leur manque
qu’une certaine originalité. La principale originalité de celui qu’ex¬
pose M. James Burns réside dans son titre : 11 here the forefa-
t h ers of Hamlet sleep. Il y a un sentiment plus personnel dans le
tendre crépuscule de M. Alfred Marlor, où la Nuit s'avance sur le
lac somnolent et les feuillages fins comme des chevelures. Les
vues de M. Cecil Hertslet charment l’œil par la douceur de leur
ton ambré.
Quelques marines très réussies. Les Effets de soir sur la mer,
de M. William Norrie, forcent l’attention. Un Chemin de gloire,
avec son navire qui va disparaître sous un ciel nocturne et roman-
James Burns.
Whefe tbe forefabbers or bbe
Hamlet sleep.
— 878 —
tique, suggère les hardis appareillages vers les lointains, tandis
qu une P aix grandiose s’épand sur la rade où se balance presque
William Norrie.
Paix-Luxia.
imperceptible une barque minuscule. D’un arrangement moins
savant, la Plage de Montauk , par M. Pancoast, ourlée de l’écume
Ed. Lumsden Brown.
Vagues qui se boisent.
des vagues qui déferlent, et, de M. Lumsden Brown, les Vagues
qui se brisent en rejaillissement de poussière d’eau, sont illusion¬
nantes comme des trompe-l’œil.
Les Fïtafjçais
Ici, très peu de pa)rsages et de marines sans personnages. Les
vues de M. Maurice Bucquet, surtout sa prairie Avant l'orage,
qui constitue, avec son ciel sinistre et le coup de lumière livide à
l’horizon, une véritable composition ; le Coucher de soleil à Ostende ,
de M. Georges Roy, — l’immensité enfermée dans le format d’une
carte de visite; * — V Arbre séculaire, de M. Augustin Boutique, et
l’étonnant détail
de ses rameaux;
le Lac de Corne,
de M1Ie A. Buc¬
quet, sont à peu
près tout ce qu’il
y a à citer. Aux
vallées et aux
bois solitaires
qui, suivant le ca¬
price de l’heure,
évoquent la joie
ou la mélancolie,
aux rochers dé¬
serts que bat le
flot farouche, les
Français préfèrent la nature animée par la présence de l’homme et
se conformant en quelque sorte à sa pensée. Voyez, par exemple,
la route bordée d’un moulin aux ailes immobiles dans l’air du soir,
où M. Dubreuil achemine deux paysannes qui, le travail des champs
terminé, regagnent lentement leur chaumière : cette petite page à la
fois réelle et poétique justifie à souhait son épigraphe : Tout dans
la nature respire une sereine tranquillité. Ce même goût de vérité
légèrement idéalisée fait le charme du Retour de la pèche de
M. Millon, et du chasseur que M. Coste nous montre debout au
bord de la rivière, hélant, à travers la brume matinale qui l’enve-
veloppe, le bac du passeur. Parfois le paysage devient l’accessoire
et sert surtout à faire valoir les personnages : c’est le cas pour les
M"0 A Bucquet.
Lac de Côme.
380 —
Chartreux de M. Paul Le Roux; ces cinq robustes gaillards qui
s’avancent, dans le jardin du couvent, à la rencontre du spectateur,
ont une tournure superbe sous leur robe de bure blanche frappée
par le plein soleil. C’est toute une évocation des petites villes ita¬
liennes que la Rue de Pou^oles, de M. Georges Berteaux : les
portes des maisons sont large ouvertes; la vie est transportée dans
la rue : on y fait la sieste, les femmes en caracos de toile y vaquent
aux soins du ménage ; les
larges dalles de marbre sont
encombrées de tables et de
chaises sous lesquelles pico¬
rent les coqs et les poules;
des linges sèchent aux fenê¬
tres des façades délabrées,
tandis qu’un laurier-rose
s’épanouit glorieusement
derrière la balustrade ajou¬
rée d’un balcon rococo.
Charmante aussi la Jetée de
Ba'ia : une touriste en toi¬
lette printanière se promène
en ra}rant pensivement le
pavé du bout de son parasol,
également indifférente à la
silhouette que l’île prochaine
arrondit, par delà la mer,
sur le ciel clair, et au bruit
de deux chariots qui s’avancent à côté d’elle, au pas traînant de
leurs attelages de buffles. M. Da Cunha est un coloriste : sa
Pêcheuse marchant le long de la plage est un des meilleurs mor¬
ceaux de l’exposition, par la vigueur des tons et la justesse de leurs
rapports : le contraste de la chevelure brune et de la camisole
blanche, le vaporeux de l’horizon sont rendus avec un sentiment
très artiste.
C’est surtout dans les scènes de genre proprement dites qu’excellent
les Français : leur goût de l’élégance et de la mesure y fait merveille.
P. Dubreuil.
Tout dans la nature respire une sereine tranquillité.
Le paysan regagne lentement sa chaumière.
381
Quel joli sentiment dans la
Causerie nocturne de M.
Puyo ! Quelle grâce ondu¬
leuse dans la jeune femme qui,
à contre-jour de la lampe,
s’accoude au lit de son amie
et babille joyeusement avec
elle; on n’entend pas la con¬
fidence, mais on peut juger de
son espièglerie par le rire
perlé de l’aimable frimousse
qui s’épanouit sur l’oreiller.
Et le Panneau décoratif !
M. Pu}ro aurait pu, sans for¬
fanterie, intituler les Deux
Ophélie ce couple de belles
personnes en tunique légère,
l’une debout, l’autre agenouil¬
lée, qui viennent d’entrelacer
à leurs cheveux des fleurs fraî¬
chement cueillies et se pen¬
chent, pour juger de l’effet,
sur l’eau limpide plaquée de
nénuphars. Il y a plus de
finesse encore et une compo¬
sition plus artiste dans les
saynètes orientales de M. René
Le Bègue. Malheur au naïf
sur qui jettera son dévolu cette
exquise petite sorcière mau-
grabine, indolemment couchée
A l'affût sur la roche rôtie
par le soleil ! Son profil bus¬
qué, sous l’entortillement som¬
bre de la chevelure, est plus
redoutable encore que la jeune
fiuede Pouzzoïes.
M”" Rinder-Mestro.
Vieille
chanson.
27
nudité de son buste qui émerge, libre, des larges plis d’une jupe
de soie. Solitude rappelle vaguement le personnage principal de
Ylsmaël du peintre Cazin : c’est, dans une plaine pierreuse et
embroussaillée, une femme debout, drapée, à la mode des figures
tanagréennes, d’une calyptre dont la brise fait voltiger autour
d’elle les plis diaphanes. Du même auteur, une Baigneuse qu’on
peut comparer à la Nymphe au bain , plus coquette, de M. Bergon.
M. Pineiro nous montre des
études, louables au point de
vue technique, d’après des mo¬
dèles d’atelier, notamment une
brave dame en costume plus ou
moins byzantin, assise dans un
fauteuil à haut dossier; elle fait
de vains efforts pour se lever
en prenant un air épouvanté,
bien qu’elle tienne à la main un
glaive démesuré, de taille à la
défendre contre tous les périls
imaginables . Nous n’aimons
davantage ni le Fumeur du
comte Tyszkiewicz, gravement
accoutré d’un costume dix-
septième siècle dont la colle¬
rette et les manchettes font dans
le cliché des trous d’un blanc
cru, ni le Lansquenet , en toque tailladée et pourpoint à crevés, le
poing appuyé sur une « épée à deux mains ». Si les sujets de ce
genre heureusement démodé sont fastidieux en peinture, ils le
sont bien plus encore en photographie : c’est qu’on peut supposer
à la rigueur que le peintre a vu avec les yeux de l’esprit ces
figures d’une époque disparue, mais on ne saurait se défendre de
penser que le photographe n’a pu braquer son objectif que sur un
modèle à tant l’heure, affublé, selon la circonstance, d’une défroque
de moine ou de garde-française. Les Mendiants , le Juif rétameur
que M. le comte Tyszkiewicz a saisis dans la réalité de leur exis-
383 —
tence de tous les jours, sont infiniment plus intéressants que ces per¬
sonnages dits historiques. Les petites compositions de Mme Binder-
Mestro ont également un côté factice, mais sauvé par la simplicité
de l’arrangement dans Vieille Chanson (une femme vêtue à la
mode de la Restauration, qui chante en s’accompagnant sur une
guitare) et par l’intérêt de l’effet de lumière, par la grâce des atti¬
tudes, dans la Lettre que lisent, sous la lampe, deux sœurs, ou
deux amies, drapées à l’antique.
Plusieurs portraits remarquables. La tête de femme à la gomme
bichromatée, de M. Maurice Bucquet, a le gras et le charnu d’un
dessin à la sanguine. Les Études de M. Maurice Brémard, surtout
le profil perdu, se distinguent par leur somptueuse tonalité et la
grave simplicité de leur style, digne d’un vieux maître italien. D’une
mise en page originale, les effigies féminines de M. Carie de Mazi-
bourg, pèchent par la dureté des lignes et l’épaisseur des noirs.
A signaler l’élégance et le naturel du portrait exposé par M. Da
Cunha : rien d’apprêté dans le joli mouvement de Mme de M...
penchée vers la fenêtre tendue d’un rideau brodé à travers lequel
transparaît le jour du dehors.
Les Allefnafjds et les Aat^ictie^s
Parmi les envois étrangers, celui des pays de langue allemande
IV \V . von Olilendorff.
CtialeuP de Midi.
est un des moins nombreux. Il permet de constater que, loin de
rester en arrière du mouvement photographique général, les Alle¬
mands et les Autrichiens appliquent les procédés les plus nouveaux
— 384 —
et se préoccupent de plus en plus d’échapper à la banalité. Ici,
de rechef, nous constatons une prédilection pour le paysage. Les
meilleurs sont ceux de M. H.-M. Gehrkens : le motif du Chemin de
campagne isolé est choisi avec une grande entente du pittoresque et
de l’effet, mais c’est là le moindre mérite de cette vue agreste :
l’impression du grand air est complète, et le ciel léger, impalpable,
reflète la vibration de sa lumière sur les arbres et le terrain, soli¬
dement traités ; comme
dans ses autres sites, Che¬
min de sable, Cimetière ,
Domaine saurage, M Gehr¬
kens évite l’aspect lisse et
sans saveur que produit
l’appareil livré à lui-même ;
M. Gehrkens reprend ses
épreuves comme un paysa¬
giste ferait d’un croquis
rapporté de la campagne,
et ce travail intelligent leur
donne tantôt la grasse ro¬
bustesse de la peinture,
tantôt le grenu de la litho¬
graphie. Grâce à la gomme
bichromatée, qui paraît
particulièrement en faveur
en Allemagne, la photo¬
graphie rend des effets qui auparavant lui étaient interdits. Avant
la pluie, de M. Behrens, est frais, brumeux et matinal comme
un Corot. U Impression de pluie au Chiemsee, par M. le D1' Hen-
neberg, est saisissante : les joncs au bord de l’eau se courbent sous
la menace du ciel tumultueux, où galopent des nuages gonflés de
pluie. Citons encore la Chaleur de midi de M. le D1 Ohlendorft et
Motif d'automne, de M. Muller.
M. le Dr Arning se partage entre les sujets les plus divers. Il
y a comme une fête de lumière estivale dans cette serre meublée à
la chinoise, où il nous montre une jeune femme en peignoir clair
regardant, plus fleurs qu’elle, les floraisons du jardina travers la cloi¬
son vitrée. Et la Lagune, comme elle rend bien la fluide atmosphère
de Venise ! qu’on se ferait volontiers bercer dans une de ces bar¬
quettes qui voguent entre les pieux de bois coloriés, sous l’éblouis¬
sante clarté que l’écran du ciel reflète sur l’eau ! Enfin, la Famille
d'oies est un tableautin rustique spirituellement composé, qu’aurait
pu signer Knaus, le peintre humoriste.
Des enfants jouant dans les dunes, une fillette qui se dresse sur
la pointe des pieds, et, la
main en auvent sur les sour¬
cils, regarde un bateau passer
à l’horizon : c’est peu de
chose, mais M. Weyer a saisi
avec bonheur ce mouvement
d’une gentillesse naïve, et le
clair paysage de mer, de sable
et de gazon ondulant à la
brise, qui lui sert de décor.
M. Otto Scharf veut faire
trop bien. Dans l’espoir d’at¬
teindre la perfection, il fati¬
gue outre mesure ses clichés.
Mieux vaut une facture plus
sobre et plus simple, par
exemple, celle de M. Ludwig
David, dont les Pêcheurs sont
typiques.
Une mention spécialement élogieuse est due aux portraits de
M. Matthies Masuren. C’est la vivante vérité, sans truquage ni
effets forcés ; les modèles sont bien posés dans la lumière voulue et
les chairs ont tout juste le flou qu’il faut.
La Càcile, de M. von Schoeller, estompant dans la pénombre son
profil italien aux bandeaux noirs d’où se dégage le lobe de l’oreille,
fait penser à la nature moins qu’aux nymphes de Henner.
MM. Th. et O. Hofmeister reproduisent, avec une virtuosité
poussée très loin, les jeux de la lumière et de l’ombre dans l’intérieur
Ludwig, C- David.
Pécheur de la JVIer du Nord.
— 386 —
des habitations. Et ces luministes subtils recourent par moments à
une sorte de pointillé qui, d’abord déconcertant, donne à leurs
tableaux d’intérieur, pourvu qu’on prenne le recul nécessaire, une
vibration très favorable à l’effet. C’est ainsi qu’une lumière à la fois
douce et éclatante, aussi juste de ton et de valeur qu’elle pourrait
l’être sous le pinceau du peintre le plus expert, enveloppe la femme
debout, cousant A la Fenêtre. De meme, le jour éparpillé à travers
les barreaux d’une fenêtre fait comme un réseau de rayons et de
reflets lumineux dans l’ombre de la salle basse où Y Ancêtre veille
auprès d’un berceau.
Très curieuses les pièces de M. Einbeck. Solitude pourrait servir
d’illustration à un acte de M. Maurice Maeterlinck : on s’étonne de
ne pas rencontrer la princesse Maleine sur la berge de cet étang
nocturne, bordé d’énormes troncs noirs, entre lesquels on voit
glisser, au fil de l’eau lunaire, une blanche théorie de cygnes. Il est
à coup sûr original de faire servir la photographie à donner l’im¬
pression du fantastique ; mais il faut avouer qu’ici la photographie
proprement dite a complètement disparu sous l’interprétation de
l’opérateur, qui a substitué à la finesse du cliché, en vue de l’effet,
une opposition forcée de blancs crus et de teintes opaques impos¬
sible à rencontrer dans la nature. Par contre, M. Einbeck montre
un style noble et classique dans Jeunesse, un couple d’adolescents
nus debout au milieu d’une clairière, et sa Mère et l'Enfant est un
morceau de haut goût, dont la couleur vigoureuse et corsée, le
dramatique clair-obscur, font penser à l’époque héroïque de l’école
espagnole.
Les Belles
Tous les genres, depuis le portrait jusqu’à la nature morte, ont
des représentants dans le contingent belge, le plus nombreux, cela
va de soi, et aussi le plus varié. Deux de nos compatriotes,
M. Hannon, et surtout M. Alexandre, suffiraient à assurer le
succès de cette exposition. L 'Éclaircie de M. Alexandre est certai¬
nement un des plus admirables paysages qu’ait réalisés jusqu’à présent
la photographie ; on se demande si elle fera jamais mieux : les lignes
aussi harmonieuses qu’exemptes de banalité de cette page étonnante
— 387 —
sont choisies et combinées pour le plus grand plaisir des yeux ; la
couleur est riche, profonde, avec, dans les lointains, des dégradations
d’une délicatesse infinie; chose rarissime en photographie, cette
épreuve hors ligne présente tel fragment que les dilettanti de
la couleur se plaisent à voir et revoir, comme ils savoureraient
les portions particulièrement réussies d’un tableau agatisé par le
temps; il faut vraiment connaître la probité professionnelle de
M. Alexandre pour ne pas être
tenté de croire qu’il a tout bon¬
nement reproduit un chef-
d’œuvre ignoré de Ruysdael,
d’Hobbema ou de Claude
Lorrain.
Ce sont des tableaux tout
faits aussi que le Pêcheur , et
les Nonnes en étamine claire,
à la démarche d’une grâce mys-
tique et virginale, promenant
processionnellement leur châsse
dans le vieux jardin du monas¬
tère. Quant aux portraits, ils
sont d’un style magistral ; dans
un siècle ou deux, en retrou¬
vant la pièce cataloguée sous
les initiales J. D., quelque
savant recherchera sans doute
quel musée pouvait bien posséder le Velasquez si admirable¬
ment reproduit par cette photographie... dont le modèle n’est autre
que le peintre Jean Delville en personne. Ce qui fait encore le
mérite de ces portraits de M. Alexandre, comme de sa Jeune Fille
de Hle de Mar ken, c’est que la matière même de la chair y est
rendue. Cette dernière qualité fait défaut au portrait d’enfant que
M. Ed. Hannon intitule le Livre d'images : la vie y est et le
charme, mais en voulant éviter la sécheresse, M. Hannon est allé
trop loin : il n’a laissé à cette effigie que la consistance d’un reflet.
Cela soit dit sans méconnaître son talent, car c’est un chercheur et
— 388
A. Gautier.
Étude.
un audacieux : peu de ses confrères auraient osé s’attaquer à la
difficulté dont il
est sorti vainqueur
dans sa Drève
ensoleillée , une
route allongeant
en droite ligne , jus"
qu’à l’horizon, son
ruban inondé de
soleil et ses arbres
au feuillage criblé
par la lumière.
Les Cristaux et
F aliène es, traités
au pointillé, sont
d’un arrangement
amusant et d’une
intéressante ingé¬
niosité de procédé. La Tête de
cheval a l’ampleur d’un beau
dessin au fusain . Une intelli¬
gente simplification a sup¬
primé du profil de Cendril-
lon tout ce qui n’était pas
indispensable au caractère :
glissée au Louvre , dans le
cadre d’un dessin de Mante
gna, cette charmante pièce
mystifierait les plus fins con¬
naisseurs et ne paraîtrait
certes pas la moins intéres¬
sante de la collection.
Les portraits fourniraient
matière à une intéressante
étude comparative. Générale¬
ment les amateurs y apportent
C. Dewit.
Étude.
— 889
un goût plus sûr et plus franc que les professionnels. Bien peu de
ceux-ci s’enhardissent
enfin à déroger aux habi¬
tudes anti - esthétiques
adoptées lors des débuts
du daguerréotype, à cette
époque où l’on vit, disait
Baudelaire, « la société
immonde se ruant, comme
un seul Narcisse, pour
contempler sa triviale
image sur le métal ». Les
portraits féminins de
M.Géruzet ont une pose
pleine de naturel, et leur
ajustement charme par sa
distinction . Ce profes¬
sionnel vaut un amateur :
la comparaison, qui dans
le compte rendu d’une expo¬
sition de peinture ou de sculp¬
ture serait presque considérée
comme une injure, constitue
ici un éloge. Un autre por¬
traitiste sérieux et conscien¬
cieux est M. Zeyen : la Jeune
femme penchant sur un ou¬
vrage de main son profil que
caresse la lumière d’une
fenêtre entr’ouverte a l’attrait
doux et paisible d’un tableau
d’intérieur, à l’atmosphère
feutrée d’intimité. Un charme
du même genre caractérise la
liseuse de M. le commandant
y» j i . .. <• , Ch. Van Loo-Smet.
Bavard : la vivacité amusee Méditation.
R. Pauli. Vieille au ctiapelet.
— 390 —
de cette physionomie se détachant en fine silhouette sur les verdures
du jardin suffit à nous apprendre, sans le secours du catalogue, qu’il
s’agit d’une Lecture intéressante. M. Pavard traite à la fois le
paysage et le portrait, comme MM. Gautier, De Man, Kymeulen,
Wiener, Delva, etc. Il est difficile d’être à la fois plus simple et
plus gracieux que M. Gautier dans son Étude d’adolescente, que le
cadre coupe à la naissance
des épaules nues : pas d’ar¬
rangement laborieux, pas
d’accessoire, pas de fond,
rien qu’un profil ou plutôt
un trois quarts penché rê¬
veur sous les bandeaux
légers de la chevelure qui se
noue sur la nuque infléchie.
Du même auteur, des Pê¬
cheurs de crevettes , crâne¬
ment campés et qu’enve¬
loppe bien l’âpre caresse de
la brise de mer. M. Ky¬
meulen, qui donne de feu
M. le Baron de Haulleville
un portrait serré, précis,
méticuleux comme celui
d’un « donateur» gothique,
s’entend aussi, à preuve son
Crépuscule sur l’Escaut , à
faire tenir sur un cliché
grand comme l’intérieur de la main l’immensité d’un paysage de
ciel et d’eau. On voudrait plus de netteté aux traits de la jeune
fille en chapeau à plumes, que représente M. De Man ; et puis, le
contraste des noirs et des blancs est si brutal, que cette fort aimable
personne paraît avoir un col de négresse. La Tête d'étude, coquet¬
tement parée à la grecque, est mieux venue, quoiqu’il y ait aussi
des passages durs dans le cou. Quand il fait du paysage, M. De
Man oscille également entre une mollesse exagérée et une séche-
Alb. Lunden.
Première Pose.
391
resse trop accentuée : Y Escaut à Anvers manque de franchise,
tandis que le défaut opposé marque le Paysage aux environs de
Bruxelles : le reflet des arbres dans
l’eau a plus de précision que les
arbres eux-mêmes. Par contre La
Woluwée le matin, d’un agréable
sentiment agreste, échappe à cette
double critique. Signalons le goût
d’ajustement de la' Fête d'étude de
M. H. Wiener et la fine tonalité
grise du Profil, lé Aïeule de M. de
Gryse, est un morceau remarquable,
et les deux babys de M. Yan der
Borght forment un groupe amusant,
gentiment présenté.
L’ E studiante , de M. Robert
Pauli, est ravissante : le grain de la
peau, le scintillement de l’œil, le
soyeux de la boucle de cheveux qui
s’échappe de dessous le feutre déli¬
bérément planté sur l’oreille, la
matière de la cravate de gaze et des
étoffes du costume, tout cela est
rendu diversement, sans nuire ni à
l’unité ni à la chaude tonalité de
l’ensemble. A cette image d’une
aimable fantaisie s’oppose, comme
un contraste absolu, une Vieille
Femme de grandeur naturelle : on
peut compter les rides de ce visage
minéralisé 'par les annéesj; et si les
mains gourdes, noueuses, ossifiées,
qui dévident un chapelet, n’étaient pas d’une proportion exagérée,
il n’y aurait rien à critiquer.
En passant à l’examen des sujets de genre, constatons avec plai¬
sir la diminution des saynètes factices qui ont été trop longtemps le
Ch. Gaspar.
Les Pavots -(motif décoratif).
— 392 —
triomphe des photographes amateurs : on ordonnait à un modèle
de prendre, suivant le déguisement dont on le hanarchait ou selon
Jos. Maes. Tricoteuses à Liège.
le titre qu’on se disposait à faire figurer au catalogue, un air
hilare ou épouvanté; ou bien des amis, groupés en attitudes figées
comme celles des
figures de cire
au musée Tus-
saud, simulaient
bénévolement
une rixe, un duel,
un assassinat.
Comment se
complaire à de
pareilles niaise¬
ries, quand on a
autour de soi les
spectacles inces¬
sants de la vie et
qu’il suffit d’un mouvement d’obturateur pour les fixer dans leur
passionnante vérité? C’est ainsi, avouons-le, que nous préférons
de beaucoup la rieuse Étude de tâte de M. Dewit, et même son
H Peltzer.
La récolte des pommes de terre.
393 —
Portrait , bien qu’il accorde trop d’importance au rideau du fond,
au Souvenir de Bruxelles-Kermesse , où nous ne trouvons que le
mince attrait d’une étude de costume. De même M. Lunden, qui
a adorablement allégorisé la Première Rose, ne nous intéresse
guère à ses Amères Réflexions : que peut nous faire ce prisonnier
de fantaisie, vêtu d’un costume fraîchement repassé et qui lève les
yeux vers un soupirail à bar¬
reaux de fer? Un forçat endi¬
manché ! Sa main droite, plon¬
gée dans une ombre opaque, a
même l’air d’être gantée de
noir ! Au moins, on ne devine
aucun élément factice dans la
Partition nouvelle de M. Oury,
et si l’artiste a groupé tout
exprès les élégantes personnes
réunies autour du musicien in¬
stallé au piano, on ne s’en
aperçoit pas ; l’on peut se figu¬
rer que cette scène mondaine
a été prise à l’insu même des
personnages. Plus réussies
encore sont les vues orientales
de M. Oury, notamment le
Chirurgien arabe, avec le fond
que forment à ce pittoresque
tableautin les croupes des dromadaires alignés. Les sujets, très
simples, traités par M. Yan Loo-Smet, se rapprochent plutôt du
portrait « historié », comme on disait autrefois. Il est fâcheux que
le vieillard en Méditation devant un in-folio ait des proportions
exagérées si on les compare à celles de la compagne qui partage sa
lecture. Mais la petite Rubinella avec sa chevelure épandue sur le
dos, est charmante, et Y Esclave, casquée d’une chevelure soyeuse,
profilant dans la pénombre sa jeune gorge que laisse libre un
ajustement d’un goût voluptueux, est une exquise apparition
d’Orient, présentée avec une séduction toute parisienne.
R. Ickx. Eau dofmante.
— 394 —
La finesse et le rendu spirituel, car on peut être spirituel en fai¬
sant de la photographie, sont l’apanage de M. Charles Gaspar.
La Forêt en hiver , avec la dentelle des ramures et des folioles
ouatées de neige, rappelle par sa délicatesse les chimériques arbo¬
rescences que le givre fait éclore sur les carreaux de vitres. Il y a
une désolation suggestive, pour employer un mot à la mode, dans
le morne horizon sur lequel se détachent côte à côte, double image
E. Frayes.
La dungfpau.
de l’abandon et de la ruine de toutes choses, cette yeuse défeuil-
lée labourée par la foudre et ce Calvaire de pierre effrité
par les siècles. Les Pavots sont des miniatures décoratives d’une
grâce et d’une souplesse ravissantes ; et pour rivaliser avec les pan¬
neaux précieux des petits-maîtres hollandais du xvne siècle, il ne
manque aux Nature morte que la couleur : encore y est-elle, en
noir et blanc.
M. Victor Selb a rapporté de voyage des souvenirs très intéres¬
sants. Celerina et Glacier Corvatch est un véritable panorama,
où la perspective est aussi bien observée que les valeurs : les eaux,
les verdures, les montagnes glaciaires, les vapeurs suspendues en
nuages entre le ciel et la terre, la fuite des lointains dans l’échan¬
crure des pics, tout est à son plan, tout a le ton local voulu. La Fon¬
taine à Pontresina est présentée de la façon la plus amusante, et
les Oisifs du pont du Rialto sont pris sur le vif. M. Hassreidter
a une vue du pays des Dolomites : le rendu méticuleux des strati¬
fications s’y concilie avec la sensation de la silhouette massive de
ces trois géants de pierre. Aux paysages de M. Joseph Maes nous
préférons ses Tricoteuses à Liège, franchement plantées en plein
soleil. Citons
encore M. Agie
et son pigeon
Bien apprivoisé
(il regarde son
maître comme
un conscrit ferait
d’un général !) et
passons aux spé¬
cialistes du pay¬
sage et de la ma¬
rine.
Le Soir d'au¬
tomne à la mer ,
de M. Joseph Casier, traduit avec éclat et justesse la traînée des
clartés vespérales sur le balancement huileux des flots ; le chemin
creux, avec le trottinement des Moutons après l'orage et l’horizon
noyé dans un coup de lumière, rappelle agréablement un des plus
beaux tableaux de la dernière exposition de Franz Courtens, de
même que le groupement sobre et pittoresque des Sarcleuses de
M. Marcel Vanderkindere fait penser aux Glaneuses de Millet;
M. Vanderkindere a un nombreux envoi; dans Soleil de Noël , les
arbres nous paraissent d’un noir opaque qu’on n’observe qu excep¬
tionnellement dans la réalité ; nous préférons les fûts des sapins qui,
frappés par le soleil levant, projettent sur le sol leurs ombres
légères : c’est une Impression matinale fraîche et vaporeuse : un
effet analogue est excellemment exprimé dans la Forêt de Soignes,
D. Declercq.
Les Politiques du village.
390 —
à laquelle sert de repoussoir, à l’avant-plan, un tronc énorme,
hérissé de nodosités et pittoresquement habillé de mousses et de
végétations parasites.
N’oublions pas de mentionner, de M. Rigaux, un garçonnet et
une fillette qu’on voit debout contemplant la mer et dont la lune
fait trembloter les Ombres sur le sable de la plage; et, du même,
un Effet de neige moelleux,
délicatement nuancé . Ils
sont nombreux, les effets de
neige; ceux de M. l’abbé
Coupé donnent bien l’im¬
pression du froid, mais les
silhouettes des arbres sont
un peu noires; celui de M. le
commandant Peltzer , qui
expose aussi une Récolte de
pommes de terre au ciel
trop visiblement rapporté,
rend avec exactitude l’as¬
pect linéaire du paysage
d’hiver, tandis qu’on peut
reprocher une sécheresse
trop accusée à la Neige en
Flandre, de M. Sacré,
comme à tous ses paysages,
où l’excès de détails fait
G. Marissiaux.
Soif* de Mat*s.
tort à l’habileté de la mise en pages.
Comment parler de tous les paysages du Salon? « Ils sont trop ! » Il
faut nous borner, d’autant que l’espace nous est mesuré, et nous con¬
tenter de signaler à l’attention MM. Goderus dont le Brouillard an
bois a le charme poétique de Macaulay-Stevenson, le Corot écossais ;
M. Grenson et sa Meuse à Dordrecht, remarquable par le calme
épandu dans l’abondance de l’air et de la lumière ; M. Ickx, dont les
saules défeuillés se reflètent avec mélancolie dans Y Eau dormante;
M. Misonne et son Chemin poudreux, où deux robustes chevaux traî¬
nent un fardier environné de nuages de poussière; M. Frayes et sa
— 397 —
vue de la Jungfrau; M. Hanssens qui nous montre un Semeur avec,
au fond, un attelage malheureusement hors de plan; M. Putte-
mans, un passionné de la Campine; M. René Rousseau, dont le
petit berger conduisant un troupeau qui broute l’herbe d’un vallon
entouré de collines désertes, est une charmante Pastorale , et encore
MM. Canfyn, Descamps, abbé Motus, Noël, de Penaranda, Ser-
vaes, Leirens, etc. Nous placerons également ici les œuvres de
F. Massange de Louvrex.
A Blankenberejne. — Vague cle tempête.
MM. Marissiaux et D. De Clercq, quoiqu’elles eussent peut-être
mieux figuré dans la catégorie des scènes de genre. M. De Clercq,
dans les Politiques du village , nous montre deux braves paysans
dont l’unique idéal semble être d’avoir un verre de bonne bière.
Voilà des électeurs faciles à contenter. Le Curieux est une belle
épreuve prise à l’intérieur d’une étable, et Y Effet de lune n’est pas
obtenu au soleil couchant.
M. Alarissiaux s'efforce de donner à ses épreuves le ton qui
convient le mieux au sujet et le plus souvent il réussit. Ses œuvres
sont bien mises en page; le Crépuscule d'hiver est irréprochable.
M. Marissiaux est de ceux qui cherchent à mettre une âme dans le
paysage.
Citons enfin les marines de MAL. Hye de Crom, Vandale, Varen-
2S
— 398
berg, Fernand Michel, dont le Coucher de soleil à Ostende, par
un temps couvert, est vraiment impressionnant, et — last not least
— l’envoi de M. Massange de Louvrex : ses agrandissements d’ins¬
tantanés pris à Blankenberghe rendent à merveille les moirures de
l’écume et la torsion tumultueuse des vagues.
Maurice Sulzberger.
❖ Caüselûe artistique
Iifl 3e EXPOSITION D’ART PHOTOGRAPHIQUE
A BRUXELLES
ous ce titre, le Bien public de
Gand publie une appréciation de
notre exposition ; la signature de
A. Vanden Bergen-Dries cache
un critique d’art très distingué,
maniant du reste avec habileté le
crayon et le pinceau, et peu enclin, dès lors, à rendre justice à
notre art.
L’hommage qu’il rend à nos progrès n’en a que plus de mérite ;
il témoigne du chemin parcouru, des conversions opérées, de la
justice rendue à notre sentiment artistique. Il nous plaît de le cons¬
tater en cette année jubilaire et de conserver ce témoignage
symptomatique dans nos annales.
Voici l’article du Bien public :
« Art photographique, les mots se trouvent imprimés en tète de
l’élégant catalogue illustré de la troisième exposition organisée par
l’Association belge de Photographie. Or, nos lecteurs n’ignorent
pas qu’on agita longtemps le point de savoir si, à côté de la « science
photographique », on pouvait admettre un « art photographique » ;
la question, pour avoir été tranchée, en fait et d’autorité, par des
photographes de talent, ne laisse pas que d’être encore discutée.
400
» On disait, et certains reprochent encore aux photographes :
« V ous reproduisez la nature à l’aide de procédés purement méca-
» niques et chimiques ; la plaque sensible s’impressionne sans que
» vous ayez plus à faire que de la dévoiler ; dans la reproduction
» photographique des choses créées, votre esprit, votre cœur, votre
« émotivité ne sont rien; seuls, votre œil et votre main travaillent;
» pour réussir dans votre... métier, il faut, certes, de l’intelligence
» et de la sûreté de main, mais, après tout, vous n’êtes que...
» d’habiles opérateurs.
» L’artiste est, suivant une définition célèbre, celui qui ajoute
» son moi à la nature, qui y met du sien, pour employer une
» expression vulgaire; du vôtre, qu’y ajoutez-vous, MM. les pho-
« tographes?... »
» Jadis, MM. les photographes restaient bouche bée, maintenant
(voir leur superbe exposition) ils répondent ou pourraient au
moins répondre : « Sans parler des perfectionnements apportés à
» nos appareils et à nos plaques — ces choses étant du domaine
» scientifique — ne comptez-vous pour rien : le choix du sujet et
» du moment, la mise en page, la façon d’imprimer les épreuves,
» cet ensemble de qualités originales qui permettent actuellement
» de mettre sous un photo, tout comme sous un tableau de maître,
» le nom de son auteur? »
» A ce premier débat, d’ordre théorique, esthétique si l’on veut,
se rattache étroitement un second différend, d’ordre technique :
scientifiquement, la photographie la plus parfaite est la photogra¬
phie la plus rigoureusement nette, celle dont la mise au point fut la
plus exacte; artistiquement, la photographie doit être flou, sans
contours accusés, assez vague — comme sont vagues et enveloppées
les choses vues par l’œil, toujours un peu humide, de l’homme, et à
l’encontre de la vision photographique — l’objectif est un œil
moins... attendri, sec!
» Et ainsi il se fait que les épreuves les plus artistiques du salon
photographique, actuellement ouvert au Cercle artistique bruxel-
401
lois, sont précisément celles qui répondent le moins aux exigences
strictes du genre, aux données scientifiques sur la matière : ainsi,
telle figure imite à s’y méprendre un dessin de maître à la sanguine ;
telle tête de cheval, dessinée, pardon! reportée sur papier torchon,
donne l’illusion d’un fusain; tel paysage, aux contours noyés,
indécis, flottants, fait songer à la préparation d’un Corot, à une
esquisse de grisaille, en camaïeu, au bitume d’un site printanier.
» Il y a des tenants des an¬
ciennes méthodes et des parti¬
sans des procédés nouveaux ;
il y a — le croirait-on? — des
barbons, des académiques, des
doctrinaires en photographie,
et aussi des révolutionnaires,
des progressistes, une jeune
école de la plaque sensible !
» C’est la lutte des sels d’ar¬
gent, du charbon, du platine
contre les gommes bichroma-
tées et les virages à l’azotate
d’Urane; c’est aussi, et ceci
est plus important, la lutte
entre la routine et le progrès,
entre le préjugé et la foi scien¬
tifique.
» C’est aussi la tendance
d’un procédé mécanique et industriel à s’élever à la hauteur d’un
procédé artistique — caractère aujourd’hui hautement revendiqué
par les « Jeunes ».
» Et ils ont raison !
» Car il y a de l’art dans les épreuves qu’ils exposent — • incon¬
testablement.
» Et dès maintenant, de ranger la photographie des « arts gra¬
phiques », plus vulgairement connus sous le nom d’arts « d’illus¬
tration », parmi les artes minores, nul ne nous en voudra.
» Quoi qu’il en soit de toutes ces discussions — légèrement
Miss Muriel Bell.
La Cnarité.
402
teintées de byzantisme — constatons une fois de plus les énormes
progrès réalisés en ces derniers temps par la photographie, surtout
dans les pays d’outre-Rhin et d’outre-Manche.
» Les Anglais, par exemple, sont d’une force, d’une habileté
étonnantes et, presque toujours, d’une rare distinction.
» Ainsi, parmi les œuvres les plus remarquées du salonnet, nous
signalerons des intérieurs d’usine avec les fumées, les vapeurs, l’en¬
chevêtrement des machines, l’activité humaine rendus d’admirable
façon.
» Le geste de cet homme qui lance une pelletée de charbon dans
J. Vanderborght.
Chemin vers Mockai.
la gueule béante et ardente d’un fourneau, a une singulière gran¬
deur d’allures; il rappelle le geste synthétique du Semeur de
Millet ou de quelque travailleur de Constantin Meunier. Choisir
l’instant précis où pareil geste atteint son summum de beauté et de
caractère, est faire acte d’artiste, indubitablement.
» Est-ce à dire que les petits Belges fassent piètre figure à côté
de leurs concurrents étrangers?
» Certes, non ! Nos compatriotes et, plus spécialement, nos con¬
citoyens contribuent au succès de l’Exposition pour une bonne
part. Ils y figurent avec des épreuves qui s’imposent à l’attention.
» La IIIe Exposition d’art photographique ouvrira sans nul doute
403
au genre de reproduction qui nous occupe une nouvelle ère de ten¬
tatives heureuses, de savantes recherches, d’émulation confrater¬
nelle et de progrès esthétique.
» La marche ascendante de l’art photographique ne peut que
s’accentuer, car le prodigieux élan de ces dernières années ne sau¬
rait être arrêté, cet élan qui
mena les photographes de la
figure posée, figée, ankylosée
à la reproduction instantanée
et expressive de tout ce qui
vit, se meut, respire, de tout
ce qui est animé aussi bien que
des choses inanimées, de tout
ce qui est visible et même de
l’invisible.
» Et ces incessants et ra¬
pides progrès ne doivent point
effrayer les artistes : la photo¬
graphie a causé, somme toute,
plus de bien que de mal aux
arts plastiques. Certes, elle a
pu faire quelque tort aux por¬
traitistes et, encore, l’on peut
se demander si le luxe et la
vanité mondaine n’ont pas ra¬
cheté le côté pécuniaire de ce
tort; les procédés héliotypi- Walter d. Weiford.
Coucher» de soleil sur» la plaine.
ques ont incontestablement nui
à la gravure, mais, d’autre part, la photographie n’a-t-elle pas vul¬
garisé les chefs-d’œuvre des maîtres anciens et modernes, n’a-t-elle
pas propagé le goût et créé des besoins esthétiques nouveaux et
par suite des débouchés insoupçonnés?
» N’est-elle pas la fidèle auxiliaire du peintre, du statuaire? Nous
savons bien que quelques louches industriels — dans la noble armée
des artistes il y a des malfaiteurs, comme dans tout corps social, si
parfait soit-il — en ont abusé, mais si peu ! Et ils ont été si promp¬
tement démasqués !
404
» Tout progrès est un bien et le bien dont certains abusent n’en
reste pas moins un bien dont il faut remercier l’auteur et féliciter
ses coopérateurs.
» C’est ce que nous faisons, en toute cordialité — espérant que
MM. les photographes n’en voudront pas à un chroniqueur artis¬
tique d’avoir chassé sur des terres jadis réservées aux chroniqueurs
scientifiques. Au fait, depuis qu’ils parlent d’art photographique,
ce n’est plus du braconnage; nous tâcherons d’arriver prochaine¬
ment sur le terrain avec, en laisse, de la science et de l’art accou¬
plés.
» A. Van den Bergen-Dries. »
A. de Penaranda.
En avnîi.
r
o *y* <«fw ««|w <«y^ <*fv ^w <«f*> <*jw c
Méthodes de développement
du papier « Velox >
PAR LE Dr LÉO BAEKELAND
ans mes articles précédents
qui ont paru dans le Bulletin
de l’Association belge de Pho¬
tographie (voir n,)S 1 1 de 1897
et 2 de 1898), j’ai eu l’occasion
de décrire en détail l’impres¬
sion du papier « Velox » ainsi
que les formules des différents
révélateurs qui donnent les meilleurs résultats avec ce papier.
Je me propose maintenant d’indiquer les méthodes dont on peut
se servir pour faire agir le développateur.
Le moyen le plus simple consiste à mettre le révélateur dans une
cuvette horizontale et d’y plonger le papier avec la surface sensible
au-dessus, comme s’il s’agissait de développer une plaque sèche.
Cela ne réussit bien qu’avec des dimensions ne dépassant pas
18 X -J- cm et encore faut-il bien faire attention que le papier soit
recouvert immédiatement et uniformément du liquide sur toute sa
surface, autrement le développement serait inégal et produirait des
stries. Il est nécessaire aussi d’éviter les bulles d’air qui ont une
tendance à adhérer à la surface et qui constituent autant d’endroits
où le révélateur ne peut agir, produisant ainsi de petites taches
blanches et rondes. Ces bulles d’air se produisent surtout si l’on
place le papier dans le bain avec la surface sensible en dessous.
Comme le développement de l’image est assez rapide, il suffit le
plus souvent de passer la feuille une ou deux fois à travers le révé¬
lateur contenu dans la cuvette, et avec un peu d’adresse, cette opéra¬
tion réussit très bien et permet de développer rapidement un très
grand nombre d’épreuves.
Pour faciliter l’immersion régulière de la feuille dans le bain, on
peut la tremper préalablement dans l’eau de manière à la rendre
plus flexible, mais, dans ce cas, il est à recommander de laisser
égoutter l’excès
d’eau pendant
quelques instants
et de prendre un
révélateur plus
concentré, autre¬
ment on s’expose
à obtenir des tons
verdâtres par
suite de la trop
grande dilution
du révélateur.
Le Chemin cia pâturage. l< ^ n
trempé préala¬
blement dans l’eau, se développe plus lentement, probablement par
suite du fait que la couche sensible étant saturée d’eau, il faut
plus de temps pour que la solution révélatrice y pénètre.
J’ai remarqué plus d’une fois que dans le cas où un révélateur
préparé au moyen de sulfite impur donnait des stries ou marbrures
blanches pendant le développement, on pouvait éviter cet insuccès
par un trempage préalable dans l’eau.
Cette opération préalable devient très utile, sinon indispensable
pour les variétés « Spécial » qui développent plus lentement que le
« Velox » ordinaire et qui ont une plus forte tendance à produire
des marbrures blanches.
Le développement à la cuvette a l’inconvénient de nécessiter une
assez forte quantité de liquide; de plus ce liquide, en présentant une
surface relativement grande à l’air, s’oxyde assez vite; pour ce
motif, à moins que l’on ne développe un grand nombre d’épreuves à
la fois, il y a une perte considérable de révélateur. Voilà pourquoi
beaucoup d’opérateurs préfèrent étendre le révélateur à la surface
du papier au moyen d’une brosse, d’un tampon ou d’un objet
similaire.
Cette dernière méthode a en outre l’avantage de simplifier l’outil¬
lage du développement et
de ne pas mouiller les
doigts de l’opérateur.
Cette méthode est
applicable à toutes les
dimensions, depuis 9X 1-
cm jusqu’à 25 X 60 cm.
Pour les petites dimen¬
sions ne dépassant pas
13 X 1 H cm, on peut met¬
tre le bain révélateur dans
une tasse ou une soucoupe
en porcelaine, dans
laquelle on peut plonger
un tampon d’ouate ou
une brosse , ou mieux
une petite planchette en
bois garnie d’une ban-
delettede flanelle repliée
sur elle -même et fixée au moyen de quelques petits clous.
Ce dernier dispositif a tous les avantages d’une brosse parce qu’il
permet d’étendre rapidement et uniformément le révélateur sur la
feuille de papier sans trop absorber de liquide. Il a en outre la
supériorité de servir bien plus longtemps qu’une brosse ou un blai¬
reau et de coûter incomparablement moins cher.
Pour les grandes dimensions, on peut donner à ce dispositif la
forme d’une raclette.
Chaque fois qu’on a terminé le développement des épreuves, il
Alex. Fellows.
Le Ch oeuf cTEly-Cafchéclrale.
4ücS
est bon de mettre cette raclette à tremper dans l’eau pour qu’elle
s’y dégorge. De cette façon il n’y restera pas de révélateur oxydé
qui pourrait vicier le bain développateur dans une opération ulté¬
rieure.
L’expérience démontre que la présence des clous qui tiennent la
flanelle ne constitue aucun inconvénient.
Pour bien étendre le révélateur sur la feuille, il faut que celle-ci
soit posée sur un verre propre.
Ce verre peut être placé dans
une cuvette ou dans une rigole
en bois pour recueillir le liquide
en excès. Cela se fait le mieux
en supportant la plaque de verre
de manière à lui donner une
inclinaison d’environ 43°.
On peut même combiner les
deux choses à la fois et faire de
sa rigole son réservoir à révé¬
lateur. Cela devient en quelque
sorte indispensable pour les
grandes dimensions pour per¬
mettre de bien pouvoir tremper
la raclette dans le révélateur.
Qu’on se serve d’un tampon
d’ouate, ou d’une raclette ou
d’une brosse, il est absolument nécessaire de ramasser assez de
liquide pour qu’on puisse répandre celui-ci abondamment sur toute
la surface à la fois. Ce n’est pas tant le frottage que la distribution
rapide et abondante qu’il faut. Si le révélateur n’est pas appliqué
en une fois et en couche épaisse, il est presque inévitable d’avoir
des stries provenant d’un développement irrégulier.
On peut passer plusieurs fois la raclette ou la brosse sur l’image
pourvu qu’elle y amène assez de liquide.
Ce développement par application superficielle du révélateur
demande quelques minutes d’apprentissage, mais est réellement la
méthode la plus simple et la plus propre.
Alf. Marlor.
L’Eveil du Jour.
409 —
Dès que l’image est assez développée, on la jette directement dans
le bain fixateur où on la tient en mouvement pendant les premières
secondes pour assurer un fixage immédiat et uniforme. Ici encore
il est inutile de se mouiller les mains et il vaut mieux toucher les
épreuves au moyen d’une baguette ou d’une latte en bois. Ces
épreuves peuvent séjourner dans l’hyposulfite de soude jusqu’à ce
que l’on ait entièrement fini avec le développement de toutes les
épreuves.
La seule chose qu’il faut éviter, c’est que les épreuves ne s’en¬
tassent dans le bain fixateur ou ne flottent à la surface, ce qui occa¬
sionnerait un fixage partiel produisant des stries ou des taches
irrégulières jaunes ou foncées.
Un bon moyen pour éviter ces accidents consiste à rincer les
épreuves pendant quelques instants quand elles sortent du révéla¬
teur et avant qu’elles n’entrent dans le bain d’hyposulfite de soude.
Nepera Parle, N. Y., avril 1898.
( Laboratoire de la Nepera Chemical C°.)
Concours d’épreuves positives
La Revue suisse de photographie organise entre amateurs et pro¬
fessionnels un concours d’épreuves positives principalement desti¬
nées à procurer des illustrations à ce journal. Les épreuves devront
être tirées sur papier émulsionné (celloïdine, aristotype) et non sur
papier albuminé. Elles devront être collées. Chaque épreuve portera
un signe répété sur une enveloppe qui renfermera le nom de l’au¬
teur. Tous les formats et tous les genres sont admis à concourir.
Les épreuves devront être adressées à la Revue , 40, rue du
Marché, Genève, avant le 30 juin.
Le jury sera constitué par M. le Président actuel de la Société
suisse des photographes , M. le Président de la Société genevoise de
photographie et le directeur de la Revue.
Les épreuves primées ou non demeureront la propriété de ce
journal et pourront y être reproduites.
Chacun peut librement concourir sans être un abonné de la
Revue.
Les épreuves qui auraient déjà figuré dans d’autres expositions
seront également admises au concours. Il sera délivré trois médailles
de vermeil, huit médailles d’argent et douze médailles de bronze.
— " - -
Programme du vingt-troisième Concours du Journal des Voyages
Troisième trimestre de 1898
Le motif proposé est le suivant : P cène de gare.
Les motifs que nous proposerons au cours de l’année 1898 seront les suivants :
Vingt-quatrième concours (4e trimestre, n° 92 du 4 septembre). Bords d'un
canal.
Vingt-cinquième concours (1er trimestre de 1898-1899, n° 105 du 4 décembre).
Intérieur pris dans un monument célèbre.
Nous rappelons a nos lecteurs que tout le monde, soit abonné, soit acheteur
au numéro, peut prendre part à ces concours. Frédéric Dieeaye.
Memento des Expositions
Philadelphia Photographie Salon
(24 octobre- 12 novembre)
Des règlements de cette Exposition peuvent être réclamés au
secrétaire général.
Photographie Salon de Londres
(6e année)
Du 20 septembre au 5 novembre, à Dudley Gallery, Egyptian
Hall, Piccadilhr.
Les envois doivent parvenir au plus tard le 15 septembre à
M>- Wiggins, manager of Mr W hit eley s shiping départaient,
iSr, Qneeiïs Road , Bayswater, W., Londres.
-s- Dos Illustrations
A Groenendael. — Groupe fait lors de l’excursion du 17 mai
par M. Rousseau, de la Section de Namur. Reproduction en photo¬
typographie par MM. F. Dricot et Cie, à Bruxelles.
Une Américaine. — Epreuve sur papier « Yelox » spécial
pour portrait. Le phototype négatif est de M. R. H. Furman de
San Diego (Californie). Nous devons cette illustration à la Nepera
Chemical Company , de New-York.
— ••• o« -
Illustrations dans le texte d’après les œuvres qui figu¬
raient au IIIe Salon d’art photographique.
Des illustrations hors texte des exposants suivants paraîtront
successivement dans le Bulletin : MM. Alexandre, Allan, Aston,
Désiré Declercq, Einbeck, Gehrkens, Raymond Geruzet, Greger,
Hannon, Hassreidter, Job, Keene, Misonne, Oury, Ch. Puttemans,
Puyo, Quentin, Scharf, Chev. von Schoeller, Selb, comte Tysz-
kiewicz, Vanderkindere, Croft, Gear, Huntingdon, Macdonald et
Marsh.
• •• -
Lettrines de MM. Bidart, Canfyn, Maes, Puttemans, Léon
Roland, Selb, Stadeler, Van den Wyngaert et Van Grinderbeek.
NÉCROLOGIE
M aüt* ic0 Hoveiacqae
'Association belge de Photogra¬
phie vient de perdre en M. Maurice
Hovelacque, docteur es sciences à
Paris, l’un de ses membres les plus-
distingués.
Bien que nouvellement entré dans
notre Association, M. Maurice Hove¬
lacque y avait pris d’emblée une
position des plus honorables et avait
obtenu un succès mérité par l’exhi¬
bition de photographies prises par lui avec une habileté et un
goût très appréciés en Algérie et en Tunisie.
Maurice Hovelacque s’était spécialement adonné à l’étude de la
Paléontologie végétale; il laisse, dans cette partie de la science, des
travaux importants et estimés, pour lesquels la photographie a
encore joué un rôle très actif, les innombrables coupes végétales
publiées à ce sujet ayant été obtenues, par l’auteur, au moyen de
la photomicrographie.
Notre regretté confrère a été enlevé à quarante ans, à sa famille
qui le chérissait, à ses amis qui l’aimaient et l’honoraient, à la
science à laquelle il a procuré de si nouvelles et si utiles notions,
au moment où il avait abordé de nouveaux et intéressants pro¬
blèmes concernant la flore houillère.
Il est mort en deux jours, dans des circonstances particulière¬
ment touchantes, atteint dans ses affections les plus chères par la
maladie grave d’un de ses enfants qu’il adorait.
A. R.
29
SO^^VtAIlRE
PAGES.
Conseil d'administration. — Membres admis . 301
Assemblée générale annuelle, tenue à Bruxelles le 17 avril 1898. . . 303
Rapport du Secrétaire général . 306
Extraits des procès-verbaux des séances des sections.
Section de Bruxelles. — Séance du 2 mars 1898.
Soirée publique de projections . 314
Projections . 315
Séance du 13 avril 1898.
Communication de M. Misonne. — Soirée publique de projections.
— Remerciements. — Boîte pour transport de diapositives. —
Plaques radiographiques Graffe. — Conférence de M. Buis. —
Election du délégué au comité. — Fêtes du XXVe anniversaire.
— Projections . 316
Séance du 11 mai 1898.
Conférence de M. Masy : « Du fleuve Bleu à Péking » . 317
Séance publique de projections du 11 mars 1898 . 319
Conférence de M. Buis, bourgmestre de la ville de Bruxelles, donnée
le mercredi 24 mars 1898 à la Section de Bruxelles . 321
Section de Liège. — Séance du 15 février 1898.
Correspondance. — Traductions de M. Hassreidter. — La gomme
bichromatée . 324
Concours de diapositives . 325
Séance du 8 mars 1898.
Concours de diapositives. — Séance publique de projections . . 325
Conférence de M. Marissiaux «Comment un Artiste photographe
peut être un photographe artiste » . 326
Projections . . 327
Séance du 22 mars 1898.
Lanterne de projection. — Causerie de M. Fredericq, professeur de
philosophie à l’Université, sur les Crustacés . . 327
— 415 —
PAGES,
Bibliothèque. — Le Chromoscope .
Séance du 5 avril 1898.
Fêtes du XXVe anniversaire. — Causerie de M. le professeur Nuel
sur les couleurs .
Section de Louvain.
Local de la Section .
Fêtes du XXVe anniversaire. — Remerciements. — Causeries . .
XXVe Anniversaire de la fondation de l'Association belge de Photo¬
graphie. — Compte rendu des fêtes des 14, 15, 16 et 17 mai 1898.
Première journée. — Samedi 14 mai .
Deuxième jour née. — Dimanche 15 mai.
Assemblée générale extraordinaire .
Le banquet . ; .
Troisième journée. — Lundi 16 mai.
Soirée de projections .
Quatrième journée. — Mardi 17 mai.
Excursion à Groenendael .
Le Troisième Salon d’Art photographique, par M. Maurice Sulzberger
Causerie artistique : La 3e Exposition d’Art photographique à l’Asso¬
ciation belge de Photographie .
Méthodes de développement du papier « Velox « par M. Léo Bakelaml
Concours d’épreuves positives .
Programme du concours organisé par le Journal des Voyages
Memento des Expositions .
Nos illustrations .
Nécrologie : Maurice Hovelacque .
Sommaire.
32S
328
330
331
333
335
349
364
368
372
399
405
410
410
411
412
413
ASSOCIATION BELGE DE PHOTOGRAPHIE
EN ME1?
Phototypographie J. Malvaux.
ASSOCIATION BELGE DE PHOTOGRAPHIE
Alexandre Allan.
JVJ ’ilîTMfl
Phototypographie J. Malvaux.
Association belge de Photographie
SOUS LE PROTECTORAT DU ROI
et la Présidence d'honneur de S. A. R. Monseigneur le Prince Albert de Belgique.
BULLETIN
N° 7. — 25me ANNÉE. — VOL. XXV.
(3e série. — vol. v.)
Conseil d’Administation
nt été admis :
Membres effectifs :
MM. Courcelle, Achille,
10, rue de la Cathédrale, Liège,
présenté par MM. G. et L.
Laoureux.
de Dieudonné de Corbeek-over-Loo (baron Pierre;, rue Léo-
30
— 418
P°ld II, Louvain, présenté par MM. Pavard et Van Grinderbeek.
Lemaigre, Maurice, étudiant, rue de la Station, Louvain, pré¬
senté par MM. Pavard et Yan Grinderbeek.
Prinz, Wilhelm, professeur à l’ Université Libre, 5, avenue du
Haut-Pont, Saint-Gilles-Bruxelles, présenté par MM. Vanderkin-
dere et Wiener.
Thiebaut, Edmond, 23, rue de Namur, Louvain, présenté par
MM. Pavard et Yan Grinderbeek.
Membre associé :
M. Defrêcheux , Charles, 73, rue Bonne-Nouvelle, Liège,
présenté par MM. Ronchesne et L. Roland.
Sectiof) de Bruxelles
SÉANCE DU 27 AVRIL 1898
Présidence de M. Puttemans, président
A séance est ouverte à 8 h. 1/2.
Sont présents : MM. Vanderkin-
dere, Cumont, Rutot, Peltzer, No-
père, Dupont, Mouton, Masure,
Louvois, Broothaerts, Van Lint,
Durieu, Simons, Bidart, Dewael,
Lavalette, Kymeulen, Pollet,
Boitson, Parmentier, Frennet,
Yermeiren, Poupart, Remacle, Langlé, Simon, Dewit, E. Anspach,
H. Anspach, Delcroix, Paradis, Lefebvre de Sardans, Paternotte
et Nyst, faisant fonctions de secrétaire.
M. Stadeler se fait excuser.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
Le président donne la parole à M. Peltzer qui proteste contre
l’habitude prise par les fabricants de ne soumettre que deux plaques
comme échantillon de leurs fabrications. Cette façon de procéder
leur est plutôt nuisible qu’utile; il n’a, par ce fait, obtenu aucun
résultat sur les plaques pour diapositives remises par la maison Graffe
et Jougla. Les plaques, en outre, n’étant accompagnées d’aucune
indication sur le temps de pose, les deux essais qu’il a tentés ont été
— 420
nuis. Le président ajoute que, d’après ses expériences, ces plaques
sont plus lentes que les plaques Mawson.
M. Peltzer a également essayé le diogène de Y Action Gesellschaft
für Anilin Fabrikation de Berlin, remis à la séance du 23 février.
Il en trouve la formule bonne et le mode d’emploi très commode
pour les plaques correctement posées, mais reproche l’absence de
renseignements pour les plaques sous ou surexposées. M. Pollet
compare ce révélateur à celui à la glycine; il laisse d’après lui une
très grande latitude d’exposition, mais ce n’est pas un révélateur
rapide. Les essais avec 15", 30'' et 45" ont donné des résultats satis¬
faisants. Ce révélateur ne provoque ni soulèvement de la gélatine,
ni voile. La solution a une teinte jaune sans influence aucune sur le
cliché. M. Yanderkindere appuie les observations de M. Pollet et
préconise l’orthol, qu’il trouve plus maniable et qu’il compare à
l’acide pyrogallique.
Le président fait remarquer que le révélateur Orthol est déjà très
apprécié et que c’est un de ceux destinés à entrer dans la pratique.
Les communications diverses épuisées, le président rappelle aux
membres les fêtes jubilaires qui auront lieu les 14, 15, 16 et 17 mai
et les invite à adresser sans tarder leur bulletin d’adhésion au
secrétaire général. Il annonce que l’excursion du 17 se fera à
Groenendael, départ à 9 heures, déjeuner au château, retour en ville
à 6 heures.
M. Pollet expose le pose-mètre de Winne. D’après une table
indiquant un numéro de rapidité des plaques négatives en fonction
de l’appareil et du temps que met un papier sensible à atteindre une
teinte fixe, un simple mouvement de rotation d’un cadran sur une
échelle graduée indique immédiatement le temps de pose pour quelque
grandeur de diaphragme que l’on emploie. Après l’application qu’il
a faite de ce pose-mètre, M. Pollet en fait l’éloge et le recommande
à l’attention des membres pour l’estimation du temps de pose dans
les cas difficiles.
Le président fait un nouvel appel aux membres et les prie de
lui communiquer des clichés pour la soirée de projections du 16 mai,
puis passe à la conférence annoncée sur le sulfite, le bisulfite et
l’hyposulfite de soude.
421 —
Il expose, avec sa netteté habituelle, la fabrication de ces pro¬
duits si utiles en photographie, les réactions qui les caractérisent
l’un de l’autre. En parlant du sulfite, il insiste sur la nécessité
d’indiquer dans les formules s’il est hydraté ou anhydre et conseille
l’emploi du sulfite anhydre, moins altérable à l’air que le sulfite
hydraté. Il recommande d’éviter dans certains développateurs
l’excès de ce corps qui est un retardateur empêchant même d’obtenir
l’intensité par suite de son pouvoir dissolvant et signale son usage
dans le renforcement au bichlorure de mercure. Quant à l’hyposulfite,
bien connu de tous, il préconise l’usage d’une solution mère con¬
centrée, qui se conserve mieux que les solutions diluées, facile à
mettre au titre désiré par une simple addition d’eau. Il rappelle
également son rôle d’accélérateur dans le développement au fer à
l’aide de quelques gouttes d'une solution à un pour mille.
[Applaudissements.)
La séance est levée à 10 1/2 heures après projections de belles
diapositives de MM. Peltzer, Nopère et Pollet.
SÉANCE DU 25 MAI 1898
Présidence de M. Puttemans, président
La séance est ouverte à 8 1/2 heures.
Sont présents : MM. Peltzer, Robert, de Raet, Bayart, Nopère,
Nyst, Rutot, Valentyns, Durieu, Poupart, Smeesters, Vanderkin-
dere, Gilbert, Hanssens, Lefebvre de Sardans, Delevoy, Kymeulen,
Mouton, Van Campenhout, Vermeiren, Remacle, Lavalette, Boit-
son, Langlé, Bronkhorst, L. Bray, Frennet, Friedrichs, Simoneau,
Bottiau, Delcroix, Pollet, Simon, Paradis, Paternotte, Suzor,
Ledure, Masson et Stadeler, secrétaire.
M. AVarnerke, membre d’honneur de l’Association, assiste à la
séance. M. le président le remercie de cette marque de sympathie.
M. le président annonce la mort d’un de nos plus distingués
confrères, M. Hovelacque, de Paris, dont tout récemment encore
les membres de la section applaudissaient les clichés et la savante
causerie sur la Tunisie et l’Algérie. La mort de notre confrère est
_ 422
une grande perte pour la science; ses travaux en paléontologie
végétale l’avaient mis en évidence et à l’Association dont il était un
des fervents adeptes, il sera vivement regretté. M. Rutot, en se
rendant à Paris, a bien voulu représenter l’Association aux funé¬
railles de notre regretté confrère.
M. Vanderkindere rappelle que l’exposition du Cercle artistique
est sur le point de se clôturer.
Nous venons de fêter, par des manifestations diverses, le XXVe anni¬
versaire de la fondation de l’Association. Le 18 juillet marquera le
XXVe anniversaire de la fondation de la Section de Bruxelles. Il
me paraît, dit M. Delevoy, que cette date ne devrait pas passer
inaperçue, et je propose d’examiner ce qu’il y aurait lieu de faire
pour fêter les noces d’argent de la section.
La proposition est prise en considération et la question sera mise
à l’ordre du jour de la prochaine séance.
Notre confrère, M. de Schokalsky, de Saint-Pétersbourg, fait
don à la section des épreuves qu’il destinait à l’Exposition de pho¬
tographie et qui sont parvenues trop tardivement pour être reçues.
(. Applaudissements .)
M. Puttemans prend ensuite la parole pour rappeler à la plupart
des membres présents les premières notions touchant la théorie des
phénomènes chimiques et physiques.
Il donne les propriétés générales des corps et leur division en
corps simples et composés. Il explique ensuite le phénomène de la
dissolution, ce que l’on entend par une solution saturée, concentrée
ou diluée ainsi que la cristallisation. Il établit la différence impor¬
tante qui existe entre le simple mélange et la combinaison chi¬
mique, et les diverses influences physiques et autres qui influent
sur les combinaisons. Il montre enfin que les mêmes agents qui
favorisent l’union des corps peuvent aussi déterminer des décompo¬
sitions.
La causerie du président de la section est appuyée de nombreuses
et intéressantes expériences, et les applaudissements des membres
lui montrent combien cette utile et agréable leçon de science a su
les intéresser.
Des diplômes du concours d’illustrations sont remis à MM. Boit-
— 42 :î —
son et Kymeulen. Les jetons de présence de rassemblée générale
sont distribués aux membres présents ayant assisté à cette séance.
La soirée se termine par la projection de positives de MM. Pelt-
zer, Masson, Hanssens et Mouton.
La séance est levée à 10 1/2 heures.
Sectûof) de Gat?d
SÉANCE DU 7 AVRIL 1898
Présidence de M. Goderus, président
ont présents : MM. Goderus, Morel
de Boucle-Saint-Denis, De Nobele,
D’Hoy, Coupé, Leirens, Servaes,
Casier, Van den Hove, Varenberg,
Brunin, Désiré De Clercq, Marcel De
Clercq, général van Eechout,DeBeer,
de Hemptine, Yan der Haeghen, Del-
becq, Wauters, De Breyne et Joseph De Smet.
Causerie de M. Morel de Boucle-Saint-Denis sur l’acétylène.
M. Morel de Boucle-Saint-Denis commence par exposer le mode
de fabrication du carbure de calcium dont on se sert actuellement
pour produire l’acétylène. Ce corps est obtenu, dans les fours élec¬
triques à la haute température qu’atteint l’arc voltaïque, par la
combinaison du calcium de la chaux vive avec le charbon.
Après avoir décrit la forme et les dispositions de ces fours,
M. Morel passe à l’acétylène et énumère les propriétés de ce gaz.
Celui-ci a une odeur caractéristique peu agréable ; il brûle avec une
flamme claire et brillante. L’acétylène ne détone pas à la pression
ordinaire et ne commence à être explosif que lorsqu’il est soumis à
une pression supérieure à celle de 1 1/2 atmosphère. Ce point est
capital à noter, puisqu’il établit que l’acétylène n’est point aussi
dangereux que pourraient le faire croire les attaques dont il a été
l’objet.
L’acétylène forme avec le cuivre, l’acétylure de cuivre qui est un
— 425 —
composé explosif. Il faut, pour que cet acétylure détone, qu’il soit
absolument sec et, de plus, il ne saurait déterminer une explosion
sérieuse, capable de produire des accidents, que s’il était formé en
quantité assez notable.
Pour M. Morel, on peut diviser les appareils à acétylène en
appareils à haute pression et ceux à basse pression. Les premiers
sont à écarter en raison du danger qu’ils présentent, tandis que les
derniers peuvent être maniés par les mains les plus inexpérimentées.
L’orateur présente quelques appareils parmi lesquels une lampe
de projection que la simplicité, la facilité de réglage et le pouvoir
éclairant semblent appeler à un prochain succès.
Il présente également des appareils nouveaux que lui ont prêtés
MM. Lîning et Stoffels. Ils sont très admirés par les membres pré¬
sents, surtout une lanterne de vélocipède.
M. D’Hoy fait un rapport sur le nouveau papier pour impression
par développement de la maison Van Monckhoven. Il le trouve
supérieur à l’ancien parce qu’il permet de faire le développement à
la lumière d’une bougie. Le développateur métol-hydroquinone
donne de bons résultats avec ce papier, mais M. D’Hoy lui préfère
le développateur à l’amidol qui donne des tons plus noirs. Il recom¬
mande d’ajouter à ce développateur trois gouttes d’acide acétique
cristallisable par 100 cent, cubes de bain et de fixer en solution acide.
M. Goderus donne lecture d’une lettre de la section de Liège
priant les membres de la section de bien vouloir communiquer quel¬
ques-unes de leurs diapositives pour une séance de projections.
M. D’Hoy distribue un jeton de présence, fait sur papier Éclair
de la maison Van Monckhoven, et rappelant un des coins de Gand
destiné à disparaître bientôt sous la pioche des démolisseurs.
SÉANCE DU 5 MAI 1898
Présidence de M. Goderus, président
Présents : MM. De Beer, général van Eechout, Casier, D’Hoy,
Goderus, D1 De Nobele, Morel de Boucle-Saint-Denis, de Kem-
meter, Leirens, De Clercq, Servaes, Delbeque, Tyman, Brunin,
Spilthooren, Van de Velde et Van Neck.
M. Casier annonce que le banquet du 15 mai a lieu à Y Hôtel
Mengelle et engage les membres de la Section à y assister.
M. Goderas fait une causerie sur les diapositives. Il indique un
moyen pour obtenir des colorations différentes des épreuves au
gelatino-chlorure basé sur la proportion de bromure ajoutée au bain
développateur. Son bain est très fortement bromuré et est composé
de la manière suivante :
Oxalate de potassium en solution à 30 p. c. 60 cc.
Sulfate de fer » » saturée 6 cc.
Bromure de potassium » » à 10 p. c. 200 cc.
On peut ainsi obtenir toute une gamme de teintes depuis le noir
violacé jusqu’au rouge et même le jaune. La coloration dépend de
la durée du développement. Ce bain est vite épuisé et ne peut servir
que pour deux opérations.
M. Goderus passe ensuite en revue diverses causes d’insuccès
dans 1 obtention des diapositives, il préfère, pour obtenir plus de
netteté, réduire un grand cliché, par exemple, un 13 X 18 en format
projection. Cette manière d’opérer permet également de ne prendre
qu une partie de la plaque qui seule peut être intéressante; en
outre, on peut ainsi redresser une image dont les lignes ne sont pas
droites par suite de l’inclinaison de l’appareil lors de la prise du
premier cliché. Quand on fait le tirage de la diapositive, il faut que
l’éclairage du cliché soit égal ; pour cela il recommande de mettre
derrière la plaque un verre opale, ou bien d’incliner tout le sys¬
tème vers le ciel, pour avoir directement la lumière des nuages.
M. Van Neck présente une série de nouveaux appareils, notam¬
ment un chalumeau pour projections au moyen de l’acétylène, qui
peut fournir une lumière de huit cents bougies, une collection de
becs à acétylène et un châssis à rouleau dans lequel on peut rem¬
placer la bobine en pleine lumière (remercîments).
M. Leirens distribue comme jeton de présence un superbe agran¬
dissement d’un sous-bois fait avec le soin et l’habileté que tout le
monde lui connaît.
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^P3p2p -h
Section de IJée^e
SÉANCE DU 26 AVRIL 1898
Présidence de M. L. Roland, président
ont présents : MM. A. Dumoulin,
Kemna, Jacques, Rocour, Mot-
tart, Matelot, Decharneux, Ron-
chesne, Dohmen, Portai, Berni-
molin, Goffart, Loiseau, Philippart,
G. Oury, Dejace, baron de Sélys,
Détaillé, Beaujean, Crespin, Maris-
siaux, Henroz et Dupont.
M. Ronchesne donne lecture du procès-verbal de la séance du
5 avril qu’il a établi en l’absence du secrétaire. Ce procès-verbal
est adopté.
M. Dupont demande la parole pour remercier le président et les
membres de la Section présents à la séance du 5 avril des félicita¬
tions qu’ils ont bien voulu lui adresser.
Avant d’aborder l’ordre du jour et en attendant que le résultat
financier de la séance publique soit connu, le président dit quelques
mots de cette soirée; il tient surtout à remercier nos confrères, et ils
sont nombreux, qui se sont dévoués à l’organisation de cette
séance.
M. Roland dit encore un mot au sujet des fêtes jubilaires de
l’Association qui promettent d’être fort brillantes. Des délégués des
principales Sociétés photographiques de l’Europe ont promis d’y
assister et il aime à croire que nos confrères de Liège se rendront
nombreux à Bruxelles.
428 —
Excursion annuelle de V Ascension. — Au cours de cette excur¬
sion il sera, comme toujours, organisé un concours. Les épreuves
seront jugées par les membres delà Section ayant pris part à la pro¬
menade. Le but de celle-ci sera l’Amblève parFraiture et Rouvreux.
On se transportera jusque Rivage en chemin de fer. Le départ se
fera des Guillemins à 9 h. 9 m. M. Laoureux, un des fondateurs de
l’Association, a fait à la Section l’amabilité d’inviter les excursion¬
nistes à luncher à sa propriété d’Amblève. Une circulaire sera
envoyée à nos confrères avec prière d’envoyer leur adhésion par
écrit.
Présentations : M. G. Springuel, par MM. Jacques et Ronchesne;
M. F. Mativa, par MM. H. Mativa et L. Laoureux; M. Ch. Goos-
sens, par MM. L. Roland et Ch. Dupont; M. LT. Lepaige, par
MM. L. Laoureux et L. Roland; M. G. Noé,par MM. L. Roland
et P. Dumoulin; M. A. Jensen, par MM. L. Laoureux et Kemna.
Ces présentations sont ratifiées.
Jeton de présence. — Le secrétaire distribue un jeton de pré¬
sence offert par la Dry Plate C° dont M. Roland a visité dernièrement
les installations à Gand. Ces épreuves sont tirées sur papier Electric
fabriqué par la maison.
Pour terminer la séance, on projette des séries de clichés envoyés
par les Sections étrangères et qui n’avaient pu être montrés à la
séance publique. Parmi eux, plusieurs sont remarquables.
La séance est levée à 9 heures.
SÉANCE DU ÎO MAI 1898
Présidence de M. L. Roland, président
Ont signé la liste de présence : MM. Bronne, Loiseau, Noaillon,
Bernimolin, Decharneux, Goffart, Labouverie, Dr Mathien, Cam-
bier, Zeyen, Hassreidter, Kemna, Mottart, G. Laoureux, D1 Gren-
son, Grégoire, Détaillé, Oury, Henroz, Marissiaux et Ronchesne.
M. Dupont, secrétaire, empêché, s’est fait excuser et a prié le
secrétaire adjoint de bien vouloir le remplacer.
— 429 —
Après lecture, le procès-verbal de la séance du 20 avril est adopté.
Le trésorier communique à l’assemblée le résultat financier de la
séance publique de projections. Le bilan accuse un boni de 1,880 fr.
qui sera réparti comme suit :
940 francs à l’Œuvre des Chauffoirs publics; 470 francs à l’Œuvre
des Enfants abandonnés et 470 francs à celle de l’Assistance par le
travail.
M. le président fait remarquer que ce résultat financier doit nous
encourager à continuer nos séances annuelles; en effet, la recette
dépasse de 50 francs celle de 1897.
Conférence de M. Bourgeois, docteur en sciences, assistant au
cours de chimie du doctorat en sciences.
Il serait difficile, dans un résumé aussi succinct que l’est un
compte rendu, de donner une idée de la brillante causerie que nous
fait M. Bourgeois. Le conférencier parle de la façon dont la
lumière agit sur les sels d’argent et des diverses théories du déve¬
loppement de l’image latente. Disons seulement que M. Bourgeois
a traité la question avec une grande compétence et qu’il a su, par
des exemples judicieusement choisis, mettre à la portée de l’assem¬
blée un sujet aussi abstrait.
M. le président félicite l’orateur et le remercie au nom de la Sec¬
tion, en exprimant le regret que le manque de temps et la longueur
du sujet aient forcé M. Bourgeois à écourter sa causerie. Il espère
qu’il sera bientôt des nôtres et qu’il voudra bien, dans un prochain
entretien, reprendre certains points qu’il a dû forcément passer sous
silence.
La séance est levée à 10 heures.
SÉANCE DU 24 MAI 1898
Présidence de M. L. Roland, président
Assistaient à la séance : MM. A. Dumoulin, Schoonbroodt,
Marissiaux, Decharneux, Zeyen, Noaillon, G. Oury, Mottard,
Grenson, Détaillé, Michel, Portai, Dejace, Matelot, Bernimolin,
Goffart, Loiseau, Philippart, Ronchesne, Beaujean, Jensen et
Dupont.
430 —
M. Ronchesne donne lecture du procès-verbal de la dernière
réunion qu’il a rédigé pour le secrétaire absent. Celui-ci lit les lettres
de remercîments que les comités des œuvres bénéficiaires de la
séance annuelle de projections ont adressées au président.
M. Roland s’excuse du peu d’intérêt de l’ordre du jour de cette
dernière séance annuelle qu’il préside. Il avait eu l’intention de pré¬
senter, à l’occasion du XXVe anniversaire de l’Association, un
rapport général sur le développement qu’a pris la Section de Liège
depuis sa fondation, datant du 17 juin 1874, jusqu’aujourd’hui, mais
il a craint de fatiguer son auditoire, qui d’ailleurs recevra sous
peu le remarquable rapport de M. Vanderkindere sur les travaux
de l’Association. Parlant ensuite des fêtes du jubilé, il remercie ses
collègues tant au nomdu président, M. Casier, qu’en son nom propre
d’y avoir participé en si grand nombre.
Il résume ces fêtes diverses qui seront sans nul doute décrites
dans le Bulletin. Il ajoute, qu’inspiré par M. Oury, il a profité de
la présence aux fêtes de Bruxelles des présidents du Photo-Club de
Paris et de la Société de Hambourg pour obtenir les œuvres expo¬
sées par ces Sociétés et les exhiber à Liège une quinzaine de jours.
Ces messieurs ont accepté avec empressement la proposition, de
sorte que si la douane ne soulève pas de difficultés trop onéreuses,
les Liégeois pourront à leur aise étudier les diverses tendances de
l’art photographique, interprétées par des écoles différentes.
Il ne croit pas pouvoir passer sous silence l’excursion organisée
par la Section le jour de l’Ascension et qui a exceptionnement réussi
parce qu’elle avait surtout pour but de rendre hommage à notre
principal fondateur, au tout dévoué M. L. Laoureux, qui avait eu
la délicate attention de nous inviter à sa jolie propriété d’Amblève.
Il rappelle l’excellente et cordiale réception que M. Laoureux et
son aimable famille ont faite aux trente membres excursionnistes et
se permet de dévoiler le speach intime que l’amphitryon adressa à
ses invités pour démontrer que la prospérité ininterrompue de la
Section est due à la bonne entente et aux rapports cordiaux qui
n’ont cessé d’exister entre les amateurs liégeois. Il forme des vœux,
ratifiés par tous, que cette situation se perpétue; et l’on s’est quitté
après avoir documenté sous tous les formats cette cordiale et bonne
réception. Le concours des épreuves prises pendant l’excursion sera
jugé dans une quinzaine de jours par les membres qui y ont parti¬
cipé.
M. le trésorier donne lecture du rapport financier établi à cejour.
Il résulte de ce rapport que l’encaisse était au 10 décembre 1897 de
fr. 647.80. L’allocation annuelle de 500 francs porte l’avoir à
fr. 1,147.80. Les dépenses se sont élevées à fr. 796.78, dans lesquelles
l’achat de la lanterne de projections entre pour 358 francs. L’en¬
caisse à cejour est donc de fr. 351.02.
M. Noaillon appelle l’attention sur la nécessité de restreindre les
dépenses d’autant plus que, l’année prochaine, la Section aura à
recevoir ses collègues de l’Association.
Il propose même que, pour l’exposition des œuvres dont il a été
question dans l’exposé fait par le président, un droit d’entrée soit
imposé aux membres eux-mêmes de la Section, dans le but de cou¬
vrir cette dépense extraordinaire. Ce principe est admis à l’una¬
nimité.
Avant de passer à l’élection du vice-président, M. Roland donne
le bilan de l’année sociale qu’il a eu l’honneur de présider. Il montre
que la Section augmente chaque année en importance et que les
séances ont été suivies sérieusement. Il remercie les membres qui
par leurs causeries et leurs expériences ont contribué à l’intérêt des
réunions et dit que les sympathies qu’il a rencontrées, il les doit
surtout au bureau qui lui a facilité sa tâche.
L’élection pour la vice-présidence faite au bulletin secret donne
quatorze voix à M. Auguste Dumoulin et huit voix à M. G. Oury.
M. Dumoulin, surpris de ce vote, prie l’assemblée de reporter ses
suffrages sur M. Oury. Celui-ci refusant l’honneur qu’on lui pro¬
pose, M. Dumoulin accepte par dévouement, tout en faisant ses
réserves pour la présidence qui lui échoit dans un an.
La présentation de M. Ch. Defrêcheux par MM. Roland et Ron-
chesne est ratifiée.
Enfin, M. Michel a bien voulu, par un jeton de présence en pho-
totypie, représentant un joli paysage des environs de Namur,
remercier la Section de l’accueil sympathique qu’elle lui a fait.
L’assemblée s’ajourne jusqu’au mois d’octobre, sauf imprévu.
s
Ilotes Anglaises
L’Exposition de la « Royal Photographie Society »
au Crystal Palace
’ exposition de photographie au Palais
de Cristal de Londres, qui vient de
se clôturer, a été un très grand succès,
de l’avis unanime de tous les visi¬
teurs. Même le journal périodique The
Amateur Photo gracier qui ne sou¬
tient généralement pas la Royal Photo Society comme le font les
journaux Photographie News ou The British Journal of Photo-
graphy, reconnaît le succès de l’entreprise.
Les expositions photographiques au Crystal Palace ne sont pas
chose neuve. Mais jusqu’ici elles avaient été entreprises seulement
par les administrateurs du Palais et au bénéfice de la Compagnie.
Cette fois-ci, elle a été organisée par les principaux marchands de
fournitures photographiques et par la Royal Photo Society,
c’étaient les marchands qui voulaient faire une bonne exposition
d’appareils et accessoires photographiques et la Société les a aidés.
-$:o:e
L’Exposition du Crystal Palace différait beaucoup de l’exposition
— 433 —
annuelle de la Royal Photo Society et ne doit nullement être
confondue avec celle-ci. L’exposition annuelle est plutôt unique¬
ment une exposition d’épreuves, les appareils ne formant qu’un
groupe très accessoire. En effet, on ne peut y montrer que des
nouveautés; même le côté scientifique de la photographie y dispa¬
raît de plus en plus.
— o —
Il y a cependant chez nous beaucoup de personnes qui pensent
que cette exposition annuelle
devrait avoir un caractère beau¬
coup plus large qu’elle ne l’a eu
en ces derniers temps et qu’il
faudrait donner plus d’impor¬
tance aux branches autres que
la branche artistique; celle-ci
devrait, d’après eux, être aban¬
donnée presque entièrement au
Salon photographique. Mais
voilà où gît la difficulté. C’est
qu’il y a là une question de
rivalité, et d’après beaucoup de
personnes cette rivalité fait du
tort à l’Exposition de la Royal
Photo Society.
Ses partisans ont vu ren¬
forcer leurs arguments par l’Ex¬
position du Crystal Palace, où
l’on a trouvé le moyen de réunir une collection très intéressante
des diverses branches ou divisions des travaux et des progrès de
la photographie. On s’est demandé pourquoi nous n’aurions pas
annuellement une pareille exposition et je crois que la réponse
sera : nous l’aurons.
VV/1/
Laissons au Salon le côté purement artistique que seul il a en
vue et que la Royal Photo Society organise annuellement une
31
— 484 —
exposition générale. Cela serait de sage politique et supprimerait
l’inutile rivalité qui existe aujourd’hui entre les deux expositions
d’octobre.
Mais revenons à l’exposition qui vient de se fermer. La section
scientifique était très intéressante, quoiqu’elle ne fût pas égale
à celle de Berlin en 1896, ni par les applications ni par les spécimens
exhibés. La « Roman Court », dans laquelle elle était installée, était
complètement remplie. La téléphotographie du département de la
guerre en Italie montre ce royaume à la tête des nations qui
A. Hye.
JVIarée basse à Biarritz.
emploient la chambre noire dans un but militaire. Quelques travaux
du capitaine Mario Moris sont vraiment merveilleux.
Les rayons X étaient aussi bien représentés, non seulement par
des épreuves, mais par des appareils et des tubes. Les photo¬
graphies de balles de fusil, d’explosions de mines du professeur
C. V. Boy, de la Chatham school of military Engineering, sont
aussi de bons exemples des services que la photographie peut rendre
à l’armée.
L’histoire naturelle était illustrée par des études de M. C. Kear-
ton avec des photographies de serpents, d’oiseaux, de petits
mammifères fort bien réussies et possédant même parfois de réelles
— 435
quai i tés artistiques. On trouvait également des épreuves se rappor
tant au cadastre, à l’astronomie, la géologie, la météorologie, la
microphotographie et aux travaux des mines. Je n’ai pu trouver les
études médicales, l’identification de criminels, la découverte des
falsifications, etc., dont il y avait tant d’exemples à Berlin.
Quant à l’exposition commerciale, je donnerai la palme au stand
si coquet de Wellington et Ward, où étaient exposés des spécimens
de travaux obtenus avec leurs papiers. L’exposition de R. et J. Beck
était aussi attra}rante à un autre point de vue. L’espace ne me
permet pas de citer les nouveaux appareils présentés; je voudrais
cependant attirer votre attention sur une nouvelle chambre à
pellicules coupées d’Adams et C° qui pourrait bien remplacer les
systèmes à châssis à rouleaux.
La section historique était riche en travaux de Nicéphore Niepce.
Un manuscrit sur l’emploi de tablettes recouvertes d’argent datant
de 1824 et la première photographie à la chambre noire de 1824 par
Niepce montrent clairement que c’est lui le premier qui réussit à
fixer l’image de la chambre noire et que Daguerre doit lui céder
cet honneur.
Les travaux au daguerréotype étaient excellemment représentés,
de même que les productions contemporaines de notre Henry Talbot.
U Amateur Photographer écrit : « Certainement jamais aupara¬
vant rien de semblable à cette exposition n’a été tenté en photo¬
graphie sur une échelle si grande. » Si cette phrase s’applique à ce
qui a été fait en Angleterre, elle est exacte. Mais ceux qui ont
visité l’exposition de Berlin en 189G reconnaîtront avec moi qu’elle
l’emportait sur celle du Crystal Palace.
La Section artistique renfermait les travaux de la plupart des
exposants de marque, de l’Angleterre tout au moins. Elle était un
— 436 —
peu gâtée malheureusement par les œuvres envo}œes par les sociétés
affiliées à la Royal Photo Society et par quelques monstruosités en
fait d’encadrements. En tout cas, le terme « artistique » avait été
interprété de très large façon par le comité. Et si le jury avait eu à
juger les cadres aussi bien que les épreuves, je doute que les monu¬
ments de bois blanc orné d’or et les boiseries recouvertes de soie de
F. Boissonnas eussent jamais été acceptées même avec la plus
grande indulgence. Un autre éléphant était le cadre de Horsley-
Hinton auquel Photographie News fait sans doute allusion,
lorsqu’il écrit :
« Il n’est pas
exact que
MM. Spriggs,
les fameux opti-
ciens, aient
offert à un cer¬
tain exposant
du Crystal Pa¬
lace 25 shillings
pour son cadre
s’il voulait bien
en enlever l’é¬
preuve. »
Enfin pour un photographe, la Section artistique était plutôt une
désillusion, attendu qu’on y retrouvait la plupart des œuvres des
expositions de l’an dernier.
A mon sens, une des choses les mieux réussies de toute l’exposi¬
tion était l’énorme catalogue, élégant et bien dressé. Il est difficile
d’en donner ici une idée, mais j’en adresse un à votre bibliothèque et
vous pourrez juger par vous-mêmes si ce n’est pas un des mieux
faits que vous ayez vus jusqu’ici.
L. Misonne.
Permettez-moi enfin, en terminant, d’exprimer tous mes regrets
— 437 —
de n’avoir pu assister aux fêtes de votre XXVe anniversaire aux¬
quelles votre Conseil d’administration avait eu l’amabilité de
m’inviter. J’avais pris toutes mes dispositions pour venir, mais au
dernier moment un surcroît de besogne m’a retenu ici. J’en ai été
fort contrarié.
Walter D. Welford.
Notes à propos de la 3e Exposition
d’flpt photogpûphiquç
ans les notes qui suivent nous
n’avons pas l’intention de faire la
critique du salon. Elle a été faite
par M. Maurice Sulzberger, cri¬
tique d’art de la Revue de Bel¬
gique, qui a bien voulu écrire
spécialement pour nous l’article qui a paru dans le précédent numéro.
Notre seul but est d’acter quelques renseignements à propos de
l’Exposition qui vient de se fermer.
L’Exposition était installée dans les deux salles du Cercle artis¬
tique et littéraire de Bruxelles, gracieusement mises à la disposition
de notre Association.
Nous tenons à exprimer ici au Conseil d’administration de cette
société l’expression de notre reconnaissance pour ce témoignage de
sympathie et les attentions dont nous avons été l’objet au cours de
nos fêtes.
-SoS-
Le jury a examiné environ 1,100; œuvres il en a retenu 044,
appartenant à 214 exposants; ceux-ci se répartissent d’après leur
nationalité de la manière suivante :
Belgique
(56 exposants.
Angleterre
56 exposants.
France
38
Allemagne
20
Autriche
9
Etats-Unis
9
Suisse
5 —
Russie
4
Hollande
3
Italie
2 _
Espagne
1 —
Australie
1
Les sociétés photographiques étrangères les mieux représentées
étaient :
Le Photo-Club de Paris;
La Gesellschaft zür Fôrderung der Amateur Photographie de
Hambourg ;
La Société photographique de Lille;
Le Camera-Club de Vienne.
L’Exposition a été ouverte le samedi HO avril par M. Charles
Buis, bourgmestre de la ville de Bruxelles, qui avait voulu témoi¬
gner aussi de l’intérêt qu’il prend à tous les travaux artistiques et
encourager par sa présence l’œuvre de l’Association belge de Pho¬
tographie.
Un grand nombre de personnes du monde des arts et des sciences
avaient également répondu à l’invitation du Conseil d’administra¬
tion. Aussi est-ce devant une très brillante assistance que le IIIe salon
photographique fut inauguré.
De l’avis général, l’Exposition est beaucoup supérieure aux pré¬
cédentes; elle témoigne notamment des progrès immenses accom¬
plis par les photographes belges. Parmi les nouveautés, il y a lieu
de signaler les nombreuses épreuves à la gomme bichromatée
envoyées par les membres de la Société photographique de Ham¬
bourg et par le Caméra Club de Vienne.
Nous remercions les représentants des sociétés étrangères qui
ont bien voulu se charger de faire de la propagande auprès de
leurs collègues, et tout spécialement MM. M. Bucquet, président
du Photo-Club de Paris; Ernst Juhl, président de la Société
— 440
photographique de Hambourg; Hugo Henneberg, du Camera-Club
devienne; Liégard, de la Société caennaise de Photographie, et
O. Scharf, de la Société photographique de Crefeld. Malgré la
fâcheuse coïncidence de deux grandes expositions, celle du Photo-
Club à Paris et celle de la Royal Photographie Society à Londres,
grâce au concours actif de ces dévoués collaborateurs, notre Expo¬
sition a présenté à l’admiration des visteurs un ensemble très com¬
plet et mérité l’éloge de la presse photographique.
Action curieuse du Persulfate d’Aiwniaque
sur l’Argent des Phototypes
et utilisation de cette action <-*•
par MM. Lumière frères et Seyewetz.
a technique photographique ne possède
pas jusqu’ici de procédé permettant
d’affaiblir directement un phototype
dur manquant de pose et trop déve¬
loppé par exemple, sans détruire ou
tout au moins atténuer les demi-teintes
qui correspondent aux parties sombres
de l’objet photographié.
Les négatifs présentant cette défectuosité d’être en même temps
trop peu posés et trop poussés au développement ne pouvaient donc
jusqu’ici être améliorés.
En effet, les substances utilisées jusqu’ici pour affaiblir les clichés,
telles que le mélange de ferricyanure de potassium et d’hyposulfite
de soude, agissent sur l’argent qui forme l’image en le dissolvant
graduellement à partir de la surface jusqu’au fond de la couche de
gélatine. On sait, d’autre part, que l’image photographique est
constituée par de l’argent réduit sous des épaisseurs d’autant plus
grandes que l’action de la lumière a été plus intense, la réduction
du sel haloïde d’argent par le développateur commence, en effet, par
la surface de la couche et s’y étend d’autant plus en profondeur que
la région a été plus vivement impressionnée.
— 44 2 —
Les affaiblisseurs jusqu’ici employés agissant à partir de la sur¬
face atténuent donc fortement les faibles impressions, tandis qu’il
faudrait au contraire les respecter.
Nous avons constaté que le persulfate d’ammoniaque SO* (AzH4),
en solution aqueuse, jouit de la propriété d’affaiblir les clichés en
agissant de préférence sur les parties les plus opaques, tout en
conservant les demi-teintes des ombres qui, par les méthodes en
usage, disparaissent les premières.
Ce résultat a priori paradoxal peut s’expliquer, si l’on admet que
le nouvel agent exerce son action depuis le fond de la couche jusqu’à
la surface, c’est-à-dire en sens inverse des substances jusqu’ici uti¬
lisées.
Cette h}rpothèse, qui s’accorde avec les réactions observées,
pourrait être développée de la façon suivante :
Théorie de l’opération.
Le persulfate d’ammoniaque est, comme on le sait, un oxydant
énergique. Sous l’influence de l’argent du cliché, il doit probable¬
ment donner un sel neutre double d’argent et d’ammoniaque qui est
soluble dans l’eau; la solution après avoir agi sur l’argent, précipite
du reste par l’acide chlorhydrique ou les chlorures. La réaction peut
vraisemblablement être exprimée par l’équation suivante :
SO1 - (NH4) -f- Ag = S04<^§4
Persulfate d'ammoniaque Argent Sulfate neutre double d'argent
et d’ammoniaque
Bien que doué de propriétés oxydantes énergiques, le persulfate
d’ammoniaque, de même qüe l’eau oxygénée, est susceptible de
donner lieu à des réactions réductrices. Ainsi, ajouté à une solution
de nitrate d’argent, il réduit rapidement l’argent à l’état métallique
en même temps qu’il se produit un abondant dégagement d’oxygène.
Nous croyons que l’on peut exprimer cette réaction par l’équation
suivante :
2 (SO4 — NH4) + 2 (H20) + 2 (AgNO3) = 2 (S04HNH4) + 2 (N03H) + Ag3 + O2
Grâce à cette dernière réaction, il nous sera possible d’expliquer
44 3
d’une façon rationnelle le mode d’action curieux du persulfate
d’ammoniaque sur les couches de gélatine renfermant l’argent de
l’image.
Quand on plonge le cliché dans la solution de persulfate, celle-ci
pénètre rapidement dans l’intérieur de la couche de gélatine et se
trouve au contact de l’argent. Il se forme une petite quantité du sel
double argentique qui se diffuse dans l’excès de solution de persultate
d’ammoniaque dans laquelle baigne la plaque. Celle-ci, en présence
du sel soluble d’argent formé, tend à donner de l’argent réduit. Mais
cette réaction inverse se produit surtout extérieurement à la couche
de gélatine, puisque c’est là que se trouve l’excès de persultate
nécessaire pour la réduction, et doit aller en s’atténuant depuis la
surface jusqu’au fond de la couche. C’est vraisemblablement cette
réaction inverse qui tend à ralentir, extérieurement surtout, la dis¬
solution de l’argent dans le persulfate d’ammoniaque, (/est pourquoi
il n’est pas possible avec ce réactif d’atténuer, même faiblement, les
voiles de surexposition qui, on le" sait, sont constitués par de
l’argent réduit exclusivement à la surface de la couche de gélatine.
Pratique de l’opération.
Nous avons reconnu que le persulfate d’ammoniaque agit le
mieux en solution à cinq pour cent. En solution plus ou moins con¬
centrée, son mode d’action présente toujours les mêmes caractères,
mais il est simplement plus rapide ou plus lent et conduit toujours
au même résultat final. Si la teneur de la solution dépasse cinq pour
cent, la gélatine peut être altérée. Il ne faut donc pas dépasser cette
teneur dans la pratique, pour le cas où l’on voudrait une action très
rapide.
L’action du persulfate d’ammoniaque peut s’exercer sur le cliché
après un lavage à l’eau très sommaire après le fixage, pour enlever
la majeure partie de lhyposulfite de soude, mais alors il faut rejeter
après quelques minutes d'immersion le premier bain dans lequel a
été plongée l’épreuve, et le remplacer par un bain neuf, car le per¬
sulfate oxyde l’hyposulfite de soude, le transforme en bisulfite, et ce
n’est que lorsque cette réaction est achevée que l’argent se dissout.
— 444 —
Il est donc préférable, pour ne pas user inutilement du persulfate
d’ammoniaque, d’éliminer complètement l’hyposulfite de soude, du
cliché par lavage, avant de l’affaiblir. En sortant le cliché de la solu¬
tion de persulfate, on remarque que l’action de ce corps se continue
encore un peu en dehors du bain et, si l’on ne lave pas tout de
suite le cliché très abondamment, l’action affaiblissante peut aller
un peu plus loin qu’on ne le voudrait.
On peut éviter facilement cet accident, soit en arrêtant l’opération
lorsque l’épreuve n’a pas encore atteint le degré d’affaiblissement
que l’on désire obtenir, soit en plongeant immédiatement l’épreuve
à sa sortie du bain de persulfate dans une solution de sulfite ou de
bisulfite de soude à dix pour cent pendant quelques minutes. Ces
corps transforment le persulfate d’ammoniaque en sulfate qui est
alors sans action sur l’argent du cliché.
On termine l'opération en éliminant les sels solubles qui restent
dans la couche par un lavage sommaire. Nous ferons observer que
l’affaiblissement est plus rapide lorsque la gélatine du cliché est
gonflée que si elle est sèche, ce qui confirme du reste le mode
d’action du réactif. En outre, l’intensité de l’image après avoir été
diminuée, peut de nouveau être augmentée par les procédés de ren¬
forcement habituels : bichlorure de mercure et ammoniaque par
exemple.
Conclusions.
En résumé, il deviendra possible, par l’emploi du persulfate
d’ammoniaque, de tirer parti le plus complètement possible des
clichés manquant de pose, en poussant le développement à fond,
sans se préoccuper de la dureté de l’épreuve obtenue, de façon à
faire venir le maximum de détails, puis on baissera le cliché dans la
solution de persulfate d’ammoniaque, en arrêtant l’action au moment
convenable. On pourra enfin corriger les effets d’un développement
trop poussé dans le cas d’une exposition normale, résultats qu’au¬
cun affaiblisseur connu ne pouvait donner jusqu’ici.
pat* la ^Vtétbode Ipdi^ecte
PAR MM. AUGUSTE ET LOUIS LUMIERE
''S\T“
a méthode indirecte de photographie
des couleurs, indiquée par MM. Ch.
Cros et Ducos du Hauron, n’a pas
reçu jusqu’ici d’application vraiment
pratique, à cause des difficultés que
présentent deux points importants de
cette méthode : le tirage des couleurs,
puis l’obtention et la superposition
des monochromes.
Nous nous sommes attachés à l’étude
de ces deux points. Pour le triage des
couleurs, nous avons fait usage des
écrans recommandés jusqu’ici : écrans orangé, vert et violet;
puis nous avons préparé trois séries de plaques photographiques
présentant respectivement un maximum de sensibilité pour les
rayons que les écrans laissent passer.
Le tirage et la superposition des monochromes ont été réalisés
grâce à l’emploi d’un procédé photographique aux mucilages bichro-
matés, sans transfert, basé sur la remarque suivante : la colle forte,
soluble à froid, bichromatée, qui ne donne pas d’images avec leurs
demi-teintes lorsqu’elle est employée seule, acquiert cette propriété
lorsqu’on l’additionne de substances insolubles dans de certaines
conditions.
Si l’on ajoute, par exemple, à une solution de colle forte à 10 p. c.,
5 p. c. de bichromate d’ammoniaque et de 5 à 10 p. c. de bromure
d’argent émulsionné, et que l’on étende cette préparation en couche
mince sur une lame de verre, on obtient une surface sensible que
l’on expose à la lumière sous le négatif à reproduire. Lorsque l’ex¬
position est suffisante, on lave la plaque à l’eau froide et l’on a ainsi
une image à peine visible, formée par le mucilage insolubilisé, image
que l’on peut colorer avec des teintures convenables.
On se débarrasse ensuite du bromure d’argent par un dissolvant
approprié, l’hyposulfite, par exemple.
Ce procédé donne avec la plus grande facilité des épreuves de
toutes couleurs avec toutes les gradations de teintes du négatif.
Le bromure d’argent peut être remplacé par d’autres précipités
insolubles.
Avec un tel procédé, il est facile d’obtenir des épreuves poly¬
chromes en utilisant le principe de la méthode de MM. Cros et
Ducos du Hauron. On procède à l’obtention successive, sur une
même plaque, de trois images monochromes rouge, jaune et bleue,
provenant des trois négatifs correspondants, en ayant soin d’isoler
chaque image de la précédente par une couche imperméable' de
collodion, par exemple.
Cette méthode permet, par l’emploi de teintures plus ou moins
concentrées ou par simple décoloration à l’eau, de varier l’intensité
relative des monochromes, de modifier au besoin l’effet des trois
premières couches par l’addition d’une quatrième, d’une cinquième
et même davantage. Elle rend, en outre, le repérage très facile et
assure la possibilité de reporter sur papier l’ensemble de ces impres¬
sions.
Les premiers spécimens de photographie en couleurs ainsi obtenus
montrent tout le parti pratique que l’on pourra maintenant tirer
d’une méthode depuis si longtemps négligée.
(Communication faite à la Société française, de Photographie,
le 22 avril 1898).
_v
V
• Le fllasée de Photographie
ARTISTIQUE
aü Pave. cia Ciriquantertaipe
a Commission du Musée de l’Art
moderne, au parc du Cinquante¬
naire, a proposé au gouvernement
l’achat de quelques-unes des œuvres
qui ont figuré à la IIIe Exposition
d’Art photographique. Le Ministre
des beaux-arts a ratifié cette pro¬
position. Le musée a reçu en outre en don des auteurs, la Cad lie,
de M. le chevalier Philippe von Schoeller, et le Portrait du baron
de Haulleville, de M. A. Kymeulen.
Dès maintenant, le musée possède un noyau très intéressant des
principales œuvres photographiques qui ont été exposées à Bruxelles
depuis trois ans. Le local est malheureusement très défectueux et
il n’est pas ouvert au public. Les soixante-deux photographies
encadrées qui forment la collection se trouvent dans la petite salle
à droite du vestiaire du Musée de l’Art monumental, au parc du
Cinquantenaire, dans le bureau du surveillant en chef, M. Brun-
faut. Les photographies ne sont là que provisoirement ; on attend
l’appropriation des locaux du Cinquantenaire pour donner un plus
grand développement aux collections de l’art moderne. Mais il
faudra probablement attendre encore plusieurs années pour que cet
heureux changement se produise.
n
Comme on le sait, le Musée du Cinquantenaire, ou plus exacte¬
ment les Musées royaux des Arts décoratifs et industriels, auxquels
sont rattachés également le Musée royal d’armes, d’armures et
d’artillerie et le Musée d’ethnographie ou Musée de la porte de
Hal, sont partagés en quatre sections :
I. — L’art monumental.
II. — La peinture décorative.
III. — Les anciennes industries d’art et les antiquités.
IV. — Les industries d’art moderne.
C’est dans cette dernière section qu’est classée la photographie
artistique.
Cette section est sous la surveillance d’une commission com¬
posée de :
Président : Buls (Ch.), bourgmestre de Bruxelles.
Membres : Baes, professeur à l’Académie des Beaux-Arts de
Bruxelles.
de Borchgrave, Jules, représentant.
de Montblanc (Baron), sénateur.
De Vigne, P., statuaire.
Evenepoel, amateur d’art.
H ELI æputte, représentant.
Mellery, artiste peintre.
C’est cette commission qui est chargée de faire le choix des pho¬
tographies; on remarquera qu’il ne s’y trouve pas un seul photo¬
graphe.
Nous donnons ci-dessous la liste complète des œuvres qui ont été
acquises depuis 1895. Ce catalogue est absolument inédit, et nous
sommes heureux de pouvoir en offrir la primeur à nos lecteurs.
Nous tenons à remercier ici M. J. Destrée, conservateur du musée,
et M. G. Bruntaut, surveillant en chef, qui nous ont gracieuse-
— 449 —
ment permis de faire le relevé des œuvres. Espérons que sous peu
cette belle collection sera ouverte au public et rappelons, en termi¬
nant, qu’elle est unique en son genre dans le monde.
Bruxelles, le 4 juillet 1898.
M. V.
Catalogue des Photographies
du ^Vtusée de i’Atifc rpodePtye
au Parc du Cinquantenaire
1.
9
O.
4.
6.
7.
8.
9.
10.
11.
12.
12.
Alexandre (Bruxelles).
Dans le Brouillard et la Fumée.
La Forge.
Étude de portrait.
Ashton (Londres).
Un Écrivain public.
Allan (Edimbourg).
Martha.
Annan, J. (Craig).
Une Petite Princesse.
Portrait d'une Dame.
Une Charrue en Lombardie.
Un « Requiem » à Venise.
Albach, B. (Amsterdam).
La Peleuse de pommes de terre.
Boissonnas (Genève).
Les Troglodytes.
Cadby, Corine (Londres).
Projet de frise.
Casier, Jos. (Gand).
Un Soir à Heyst.
32
14.
15.
16.
17.
18.
19.
20.
21.
22.
23.
24.
25.
26.
27.
28.
29.
30.
31.
32.
33.
34.
Calland, E. (Bromptonroad).
Fin d’ après-midi.
Colard, Hector (Bruxelles).
Mon Neveu.
Étude.
Les Rayons et les Ombres.
f
Crooke, W. (Edimbourg).
Lord Rutherford Clark.
Davison, G. (Londres).
Tomey.
Wivenhoe.
La Route de la côte.
Demachy, R. (Paris).
Méditation.
Liseuse.
Davis, H.-E.
Le Soir.
Deman, R.
Mon ami A...
Portrait de M//e D...
Gear, John H. (Londres).
La Fin d'un jour d'automne.
Greger, K. (Londres).
Cathédrale de Dordrecht.
Geruzet, A. (Bruxelles).
La Fenaison.
Hannon, Ed. (Bruxelles).
Au Soleil levant.
Coppelia.
Henneberg, Hugo (Vienne).
Coucher de soleil en hiver.
Hollyer, F. (Londres).
Portrait de Walter Crâne.
Horsley Hinton (Londres).
Solitude fleurie.
— 451 —
KUHN, H. (Innsbrück).
35. L’Été.
Kymeulen (Bruxelles).
36. Crépuscule sur l’Escaut.
37. Portrait du baron de Haulleville.
Lambert, F. C. (Londres).
38. La Porte de la chaumière.
39. Fumée et Brouillard.
Lebègue, R. (Paris).
40. Figure décorative.
Maes, Jos. (Anvers).
41 à 44. Quatre études de nuages.
Misonne, Léonard (Gilly).
45. Chemin poudreux.
Pauli, R. (Lille).
46. Un Mayeur.
Pavard, L. (Louvain).
47. La Belle Blanchisseuse.
Rigaux, J. (Bruxelles).
48. Gros Temps à Brighton.
49. La Laiterie.
Rousseau, R. (Namur).
50. Le Laboureur .
Robinson, H. P. (Turnbridge Wells).
51. Au Large d’ Arron.
Rothschild (Baron A. de) (Vienne).
52. Tête d’étude.
Robinson, W. (Redhill).
53. Un Grain imprévu.
Sacré, Edm. (Gand).
54. L’Étude.
Schoeller, Ph. von (Vienne).
55. Pêcheuse hollandaise.
Scharf, Otto (Crefeld).
56. Ciicilie.
57. Pays marécageux.
— 452 —
Stieglitz (New -York).
58. Rentrée à la maison.
Sutcliffe, F. M. (Whitby).
59. Brouillard .
Vanderkindere (Bruxelles).
00. A Marée basse à Nieuport.
Watson, Miss M. (Florence).
61. Au Cloître.
Welford, W. D. (Londres)
62. Jour de lavage à Binant.
REVUE DES JOURNAUX PHOTOGRAPHIQUES
Wiener Photographische Blætter.
(Janvier.) ■
Glycine pour diapositives. — Le baron Hiibl, dont nous avons reproduit der¬
nièrement les intéressantes études concernant la glycine comme développateur,
recommande cette substance pour le développement des diapositives. Dans ce
cas, la coloration des transparentes obtenues joue un grand rôle; on ne peut donc
impunément prolonger l’exposition sans risquer de ne pas obtenir la coloration
voulue Si l’on expose longtemps, on obtient des diapositives d'un ton brunâtre;
on doit, dans ce cas, employer un bain assez concentré et froid et l’additionner
d’un |ieu de bromure. Si, au contraire, on désire des tons noirs, l’exposition
sera plutôt courte, le bain sera dilué, chaud, et devra contenir de la soude caus¬
tique. Pour tons noirs sur plaques Edwards, on recommande :
Bain de glycine, concentré . 3 cm3
Eau . 100 »
Soude caustique (1 : 10) . 1-2 »
Si, malgré tout, le ton obtenu est brunâtre, il suffit d’employer un bain de
sulfocyanure d’ammonium (1 : 50) additionné d’une faible proportion d hypo-
sulfitc de soude et de chlorure d’or. Ce virage donne facilement des tons bleus;
mais si son action sur la plaque n’est pas trop prolongée, le ton résultant
sera noir franc.
(Février.)
Photographie maritime. — La chambre à main est l’unique appareil qu’on
puisse recommander à ceux qui désirent faire de la photographie à bord d’un
navire. La qualité et le genre du viseur jouent un rôle important; le meilleur
est celui qui permet de voir l’objet dans la grandeur que donnera l’objectif sur
la plaque négative. Pour cela, les constructeurs, pour ne pas rendre les appa¬
reils trop chers par l’emploi de deux objectifs identiques de foyer, superposés
l’un à l’autre, ont imaginé un miroir à 45° se trouvant à l’intérieur de la
chambre; au moment du déclanchement, ce miroir qui tourne sur un axe
horizontal, se meut vers la partie supérieure de la chambre, démasquant ainsi
la plaque; l’obturateur est celui du modèle Anschütz. (Rideau à fente devant la
plaque.) L’appareil dont se sert l’auteur est sorti des ateliers Lechner, de
Vienne; il est muni d’un objectif Suter, dont il dit beaucoup de bien. Cette
chambre existe aussi pour vues stéréoscopiques. — Un rêve ! V. H.
Photographische Rundschau.
(Février.)
Effluvio graphie. — Images produites par différences de température. — Faire
l’expérience suivante : Poser une plaque sensible dans une cuvette, face en
dessous, de façon qu’elle ne touche pas directement le fond de la cuvette. Pour
cela, on collera quelques boules de cire contre le fond. Puis verser un dévelop-
pateur dans la cuvette (le mieux, du rodinal 1 : 10 sans bromure', remuer pour
faire partir les bulles d’air emprisonnées et appliquer un doigt de la main sur
le dos de la plaque pendant une vingtaine de minutes. Tout cela se fait, naturel¬
lement, dans la chambre noire. Au bout de ce temps, on rincera la plaque et
on la fixera. Si la personne qui a appliqué le doigt a été un sujet « sensitif », la
plaque devra avoir reçu une impression semblable aux impressions lumineuses.
Si le temps vous manque pour rester une demi-heure dans la chambre, prenez
un objet quelconque susceptible de rayonner de la chaleur (36 à 50° C.) pen¬
dant le temps voulu. Un doigt en caoutchouc, fermé d’un côté par un bouchon
en caoutchouc deux fois perforé dans lequel s’engagent deux tubes : un qui fait
arriver de l’eau tiède et l’autre par lequel elle s’écoule. (Nous rendre compte
des résultats obtenus.) V. IL
Photographische Correspondenz.
(N" 460.)
L’Aristocope stéréoscopique. — C’est sous ce nom que la maison H. Meyer & C°,
opticiens à Goerlitz (Silésie), livre au commerce une trousse d’objectifs stéréos¬
copiques sur laquelle nous attirons l’attention des amateurs, en raison des
emplois multiples auxquels ces objectifs se prêtent, dont le prix est fort
modeste, et qui ont donné des résultats très favorables.
Cette trousse se compose d’une série double de quatre lentilles, numérotées
1 à 4, et possédant des distances focales de 48, 39, 24 et 16 cm ; elles sont faites
de verre d’Iéna. On peut disposer de cinq combinaisons stéréoscopiques : foyers
de 10, 12, 13, 17 et 21,5 cm. Pour faire des vues simples, on peut obtenir sept
combinaisons ayant respectivement 8, 10, 12, 15, 19,5, 21,5 et 24 cm de foyer;
enfin, comme objectif simple, on peut disposer de quatre foyers différents,
savoir : 16, 24, 39 et 48 cm. — Le prix de cette trousse est de 180 marks, sans
obturateur, et de 210 marks avec obturateur Thornton-Pickart. — Le tableau
suivant renseigne sur les combinaisons diverses qu’on peut obtenir:
455
A. — Combinaisons anastigmatiques stéréoscopiques.
X.
Xi a
a a
a
a
DIAPHRAGMES
a a
o
O f
és-
« g
0
1
2
3
4
O
G
7
8
a
cm
Antérieure
t,i
2l,o
f/8,7
f/10,3
f/12
f/44,7
f/17
f/22,5
f/29,3
f/52,7
f/103
Postérieure
Antérieure
17
f/12
f/14,4
'f/19
f/24,5
f/43
f/86
Postérieure
3,3
Antérieure
*2,2
15
f/10,7
f/12,5
f/l 6,0
f/21,5
f/38
f/75
Postérieure
3,3
Antérieure
2,2
42
f/13,3
f/18,6
f/32
f/65
Postérieure
4,4
Antérieure
3,3
10
f/14
f/24
f/48
Postérieure
4,4
B. — Objectifs doubles anastigmatiques.
Xi
« 3
a J
a
r*
O
DIAPHRAGMES
FORMAT
C z
z a
a
cm
0
1
2
3
4
5
6
7
8
Portrait
Paysage
i,i
24
f/9,7
f/11,4
f/13
f/16
f/19
f/25
f/32
f/57
f/114
18x24
24x30
1,2
21,5
f/8,7
f/10,3
f/12
f/15
f/17
f/23
f/29
f/53
f/103
16x21
21x27
2,2
19,5
f/7,7
f/9
f/11
f/13
f/15
f/20,5
f/26
f/46
f/93
13x18
18x24
2,3
15
—
—
—
f/11
f/12,5
f/17
f/21,5
f/38
f/75
12x15
16x21
3,3
12
—
—
—
f/8
f/10
f/13
f/17
f/29
f/57
9x12
13x18
3,4
10
—
—
—
—
—
—
f/14
f/24
f/48
4x6
9x12
4,4
8
—
—
—
—
—
—
f/11
f/19
f/38
3x4
6x8
C. — Objectifs simples.
Xi
x a
£ 2
a —
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O Z
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cm
D 1 A P
H R A G M E S
FORMAT
pour
PAYSAGE
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6
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f/28
f/34
f/40
f/53
f/69
f/120
f/240
40x50
2
39
f/16
f/19,5
f/23
f/28
f/32,5
f/43
f/56
f/97
f/l 95
30x40
3
24
—
—
—
f/17
f/20
f/27
f/34
f/60
f/120
24x30
4
16
—
—
—
—
—
f/18
f/22
f/40
f/80
13x18
— 456
(Février 1898.)
Photographie au magnésium avec plaques orthochromatiques. — On conseille
un mélange de 1 gramme de magnésium et 6 grammes de nitrate de soude; ce
dernier a pour but de donner une teinte jaune à la flamme, les rayons jaunes
étant principalement absorbés par les plaques orthochromatiques.
(Avril 1898.)
Le triple anastigmat. — Il y a cinq ans, lors de l’apparition du double anas-
tigmat Gôrz, un confrère, aussi perspicace que railleur, me prédisait déjà le
triple anastigmat. Aujourd’hui, cette prédiction se trouve réalisée dans un
objectif construit par la maison Voigtlânder, et se composant de trois lentilles
séparées par deux lames d’air. L’ouverture maxima est de F/7 environ. On pré¬
tend que cet instrument est plus lumineux que d’autres anastigmats en raison
du peu d’épaisseur de ses lentilles.
V. H.
Photographische Mittheilungen.
(N° 21.)
Développement à l'acétone ou à l'aldéhyde. — Ce mode de développement,
préconisé par MM. Lumière frères et Seyewetz, a donné d’excellents résultats;
il est surtout précieux lorsqu'on a affaire à des plaques présentant l’incon¬
vénient du « frilling », ou bien lorsqu’on développe des plaques au cours d’un
voyage dans les pays chauds. Voici une bonne formule :
Eau distillée . 500 cm3.
Sulfite de soude cristallisé .... 200 gr.
Acide sulfurique concentré .... 10 gouttes.
Pyrogallol . . 14 gr.
Pour l’usage, on prend 15 cm3 de cette solution, on ajoute 5 cm3 d’acétone et
l’on dilue, au moyen d’eau, à 50 — 120 cm3. Le bromure n’est pas indispensable
si les plaques n’ont aucune tendance à voiler. Noter que l’acétone joue le rôle
de l’alcali. S’il s’agit, par conséquent, de développer des plaques surexposées,
l’on aura soin de ne commencer le développement qu’avec une addition de 1cm3
d’acétone. Comme acétone, l'auteur recommande un produit dont le point
d’ébullition est compris entre 56-58° G. et qui coûte environ 2 fr. 25 c. le kilo.
(N° 24.)
Virage des papiers à la celloidine. — Quelques formules :
Lau . . 1,000 cm3 1,000 cm3 1,000 cm3
Hyposulfite de soude . . . 250 gr. 250 gr. 200 gr.
Sulfocyanure d’ammonium. . 27 gr. 25 gr. —
457
Alun .
7,5 gr.
—
—
Chlorure d'ammonium . .
—
40 gr.
—
Acétate de plomb. . . .
10 gr.
—
—
Nitrate de plomb. . . •
10 gr.
20 gr.
10 gr.
Acide citrique . . . .
7,5 gr.
6 gr.
— ■
Chlorure d’or (1 p. c.) . .
75 cm"*
(N° 2.)
60 cm3
50 cm3
La Ve exposition d’Art, à Hambourg. — Statistique :
PAYS
Platine.
Charbon.
Bromure
d’argent.
Gomme
| bichrom.
Artigue
j velours.
Celloidine.
Papier salé.
Papier
pyramidique.
Héliogravure.
Sur
porcelaine.
TOTAL.
Allemagne
18,3?
9,28
8,45
10,10
6,18
1,03
0,41
0,21
54,02
Belgique
2,06
0,82
5,36
—
—
—
—
—
—
—
8,25
Angleterre
3,09
3,09
1,85
—
—
—
—
—
—
—
8,04
France
0,62
4,74
1,44
2,06
3,30
0,21
0,825
—
—
—
13,196
Hollande
—
—
—
—
—
0,82
—
—
—
—
0,825
Autriche
3,92
1,65
1,24
3,71
0,41
0,83
—
—
—
—
11,754
Russie
0,82
—
—
—
—
—
—
—
—
—
0,825
Suisse
1,03
0,02
—
—
0,21
0,21
—
—
—
—
2,063
Amérique
1.03
1,031
Pour cent j
30,93
20,21
18,35
15,87
3,92
8,25
0, 825
1,03
0,41
0.21
100,000
V. II.
The Amateur Photographer.
(N° 700.)
Impression double de nuages. — W. Thomas indique un moyen pratique d’im¬
primer des nuages sur une photocopie au ciel blanc, sans cependant recouvrir
de nuages les parties saillantes du paysage. Il suppose le cas d’un négatif agrandi
pour imprimer au platine ou au charbon.
Il faut avant tout obtenir des positifs agrandis. Voici comment on procède si
l’on veüt agrandir un 9X12 en 24 X 30, par exemple.
On place le 9 X 12 dans le châssis de la lanterne ou du volet de la chambre
noire et l’on projette l’image sur une plaque 24 X 30. On donnera une pose bien
complète et l’on développera avec un révélateur très dilué. Ainsi l’on aura un
positif très détaillé et à grain très fin, même si l’on a employé une plaque rapide.
Il est à remarquer en effet que c’est en voulant forcer le développement que l’on
obtient des grains épais dans l’émulsion.
458 —
Lorsque ce premier positif est sec, on choisit un négatif 9X12 de nuages, et
on le met dans le châssis comme le premier avait été mis; sur la planche où se
fait la projection, on place le positif 24X30 et l'on choisit telle ou telle partie
du ciel qui convient à ce positif. Lorsque la place à occuper par ce positif est
bien trouvée, on la marque, et dans le châssis 24 X 30 on met d’abord le positif
et gélatine contre gélatine une plaque neuve. On imprime alors le ciel qui ne
vient se marquer qu’à travers les parties claires du positif. On développe comme
la première fois, et lorsque ce positif 24 X 30 du ciel est sec, après avoir au
besoin enlevé au ferricyanure les nuages qui se marquent inutilement, on colle
avec des bandelettes de papier, face contre face, les deux positifs qui vont servir
à faire un négatif complet par projection ou par contact.
(N° 703.)
Gomme bichromates. — Une compagnie s’est formée à Londres pour fabriquer
du papier à la gomme: son adresse : 61, Battersea Rise, London, S. W., Gum-
Bichromale Paper Cy.
(N° 707.)
La Lanoline. - Dans le laboratoire, on a découvert que la lanoline, qui se
trouve actuellement partout dans le commerce, a pour propriété d’empêcher les
doigts d’être tachés par l’acide pyrogallique. Avant de commencer le développe¬
ment, on se frotte bien avec cette graisse qui pénètre dans les pores et l’on
enlève l’excès avec un morceau de coton. Après avoir terminé le développement,
on se lave au savon et l’on est surpris de voir combien facilement les taches
jaunes de l’acide pyrogallique s’enlèvent.
(N° 708.)
Deux diaphragmes. — Dans les intérieurs, on emploie toujours un petit
diaphragme, mais alors tout le sujet vient trop net. On peut éviter cet inconvé¬
nient en employant d’abord le petit diaphragme pendant une moitié ou trois
quarts de la pose normale et puis le grand diaphragme pour le reste. On aura
ainsi des lignes mieux arrondies et une perspective plus correcte.
M. V.
Photography.
(N° 490.)
Influence des substances organiques et métalliques sur la plaque sensible. —
M. Warnerke a attiré dernièrement l’attention du monde photographique anglais
sur des expériences analogues à celles du capitaine Colson en France. Il’ a trouvé
que certaines substances organiques et métalliques, mises en contact avec une
plaque ou rapprochées d’une plaque photographique pendant quelque temps,
agissent sur cette plaque de telle sorte qu’on peut en révéler l’image.
— 459
Une feuille de papier, recouverte sur une moitié de vernis copal et mise en
contact avec une plaque pendant quarante-huit heures, laisse une trace de la
partie vernie. La gomme arabique semble être opaque à ces radiations. C’est ainsi
que des lettres écrites à 1 encre de Chine (probablement avec de la gomme) sur la
partie vernie, ne permettaient plus le développement. Les lettres à l’encre noire
viennent en noir sur une pellicule au chlorure, et en blanc sur une pellicule au
bromure. Les expériences que M. Warnerke a faites avec différentes encres
tendent à expliquer l’influence des caractères imprimés sur les plaques.
On a souvent remarqué aussi que les plaques au développement montrent des
bords voilés. Ici encore, les expériences de M. Warnerke avec différents métaux
jettent un peu de lumière sur ces phénomènes obscurs. Des médailles d’or, de
Platine, d’argent, de cuivre, de nickel sont placées en contact avec une plaque
non exposée et laissées dans l’obscurité pendant un certain temps. Au déve¬
loppement, l’image apparaît dans certains cas, et les différents métaux agissent
très différemment. Mais deux faits curieux se sont présentés. Dans le cas d’une
pièce belge de 10 centimes en nickel, M. Warnerke trouva que les parties creuses
non en contact avec la gélatine étaient celles qui se marquaient le plus fort, et
vice versa. D’autre part, il a constaté que si l’on interposait une plaque de
platine ou de verre sur le bord de la plaque qui se voile généralement, cette
matière empêchait le voile de se produire.
11 serait intéressant de voir nos amateurs étudier ces curieux phénomènes et
venir exposer le résultat de leurs expériences.
(N° 494.)
Plaque fixée et développée ensuite. - M. J. Sterry a démontré à la Royal Pho¬
tographie Society qu’il y avait moyen de développer une plaque déjà fixée. Après
la pose, on fixe à 1 hyposulfîtc et on lave soigneusement, puis, en pleine lumière,
on développe avec l'intensiflcateur de Wellington. C’est, en réalité, un dévelop¬
pement physique.
Avec cette méthode, on obtient à peu près à volonté des images directes ou
renversées, cest-à-dire, négatives ou positives. On explique les modifications
subies par l’argent de trois façons : un composé organique d’argent et de géla¬
tine; un haloide d argent dissous dans la gélatine et de l’argent réduit parla
lumière et renforcé ensuite.
M. V.
The Practical Photographer.
(N° 100.)
Frank M. Sutcliffe. — Un intéressant article sur cet artiste photographe et
son œuvre. Ce que nous voulons retenir de cet article, c’est que M. Sutcliffe,
comme la plupart de ses confrères anglais, a fait de sérieuses études artistiques.
— 460 —
Son père était aquarelliste. Ses études favorites sont la vie des pêcheurs, dont
quelques exemples typiques ont été reproduits dans le Bulletin.
M. V.
Anthony’s Photographie Bulletin.
(N° 3.)
Une nouvelle méthode pour éliminer l'hyposulfüe de soude contenu dans les
phototypes. — Introduisez dans un vase gradué une solution concentrée de car¬
bonate de soude et quelques paillettes d’iode. I! se forme de l’iodure de sodium,
qui dissout l’iode en excès. On prélève de cette solution deux parties, que l’on
ajoute à cent parties d’eau. On y immerge le négatif lavé et on laisse agir la
solution durant environ deux minutes. Le cliché est ensuite lavé et sera com¬
plètement exempt d’hyposulfite de soude.
Teinte rouqe sanguine. — On obtient cette teinte en plongeant dans le bain
suivant une impression lavée et fixée.
Chlorure de cuivre . • 15 gr.
Eau distillée . 500 ce.
Dans cette solution, l’image disparaît complètement, l’argent de la photogra¬
phie étant converti en chlorure d’argent. A ce moment, on lave l’épreuve com¬
plètement, on la plonge .durant une demi-minute à une minute dans une
solution concentrée de prussiate jaune de potasse, on la relave et on l’introduit
dans une dissolution de chlorure de cuivre. Dans ce bain, la photocopie prendra
une couleur rouge sang. Le lavage doit être complet, afin d’éviter des blancs
sales. 4. L.
Wilson’s Photographie Magazine.
(N° 495.)
Orthol. — Est un nouveau révélateur introduit par ïïauff de Feuerbach et qui
parait devenir un sérieux rival du pyrogallol. La formule recommandée est la
suivante :
Eau . 1,000 parties.
Métabisulfite de potassium . . . 7,5 »
Orthol . - • 15 »
La solution alcaline est :
Eau . 1,000 parties.
Carbonate de soude . 120 »
Sulfite de soude cristallisé ... 180 »
461
L’auteur employa les deux solutions en proportions égales et parfois en y
ajoutant de l’eau en quantités variables. Le nouveau développateur fut comparé
avec d’autres, tels que le métol, l’amidol et l’acide pyrogallique; l’expérimen¬
tateur nota également les effets obtenus en ajoutant des solutions de bromure
et des solutions alcalines; il tint compte également de la durée du développe¬
ment; d’abord, le temps nécessaire à l’image pour apparaître, et puis le temps
qu’il fallait pour obtenir la densité voulue.
La première observation fut celle qui constata que l’image obtenue avec
l’orthol était plus brune que celle développée au métol ou à l’amidol, la plaque
avait beaucoup d’analogie avec celle obtenue à l’aide de l’acide pyrogallique.
D’après les expériences de l’auteur, les phototypes développés à l’orthol et au
métol n’offrent pas de différences, excepté pour les tons chauds de l’orthol, mais
par addition de bromure, le développement est considérablement retardé avec
l’orthol et ne peut être prolongé.
La solution d’orthol s’est maintenue claire durant plusieurs semaines et les
plaques ont moins de tendance au voile.
A. L.
'g ^JC)ÇKr ÇJV -uCjÇjLf <•!•, ^JQÇKr -^C)ÇKr ^JR)Ç)v -^QÇiv ç'
af^xScar- ^E>tjr. 7x3(3^- ./x3£y^ ^tXa^ ^ ^cDtJrt jxdàr^. j^t)àr~ jx5(^ ®.
Memento des Expositions
43e Exposition de la Royal Photographie Society
5a, Pall Mail East, Londres, S. W.
L’Exposition s’ouvrira le 24 septembre pour se fermer le 12 no¬
vembre. Les photographies doivent parvenir au plus tard le
8 septembre au secrétariat de la R. P. S., 12, Hanover Square, W.
Les exposants étrangers n’ont à pajœr aucun droit d’emplacement.
Les photographies peuvent être encadrées ou non.
Avis aux amateurs.
Les membres de l’Association qui voudraient exposer à Londres,
soit à la Royal Photographie Society, soit au Salon, et ceux qui
ont été invités par la Photographische Gesellschaft \ur Forderung
der Amateur Photographie de Hambourg, sont priés de s’adresser
à M. Vander kindere, secrétaire général, çy, avenue Brugmann,
Bruxelles, qui leur donnera les renseignements nécessaires pour
l’expédition en commun des œuvres aux diverses expositions. Ils
sont également priés de lui adresser les formules d’entrée avec une
liste en double des œuvres qu’ils destinent à ces expositions, afin
de lui permettre d’accomplir toutes les formalités douanières, tant
à la sortie qu’à la rentrée.
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P
Bibliographie
Robinson (H. -P.). — Les Éléments d'une photographie artistique. Traduit de l’an¬
glais par Hector Colard. Grand in-8°, avec 34 figures d’après les clichés de
l’auteur. 1898. — Librairie Gauthier-Villars et fils, quai des Grands-
Augustins, 5o, à Paris.
La photographie rend chaque jour des services précieux, innombrables ; on
1 en remercie en oubliant injustement qu elle fut, dans l’origine, uniquement
destinée à la représentation du Beau.
Lu vertu d’une esthétique exclusive, la plupart des critiques d’art, et après
eux nombre d honnêtes gens, affectent de mépriser fort la photographie; ils la
tiennent pour l’indispensable auxiliaire de l’astronome qui, grâce à elle,
découvre des mondes ignorés, du médecin qui lui doit l’exacte reproduction
des os vivants dont se compose notre structure, des commerçants à qui elle
permet d’économiques images-réclames, mais ils lui dénient le droit de viser
plus haut. A les en croire, la photographie peut tout, hormis faire preuve d’art;
c’est en raison de ses bienfaits qu’on la déprécie.
D’ailleurs, il faut l’avouer, certains praticiens de mauvais goût, par leur
obstination à donner aux épreuves une joliesse conventionnelle, par leur manie
de retouche effaçant tout trait caractéristique, par leur amour incorrigible du
« léché », n’ont pas médiocrement contribué à diminuer la photographie dans
l’esprit des délicats épris d’art véritable.
Depuis peu, on s’est décidé à réagir. Les efforts des promoteurs du Photogra¬
phie Salon, maintes généreuses tentatives effectuées en Angleterre, en Belgique
et en France, ont amené les photographes à se moins désintéresser de l’art, et
le public à réserver ses faveurs aux photographies artistiques. C’est à quoi tend
également le livre que nous publions aujourd’hui.
Ce travail, suite naturelle de notre Effet artistique en Photographie , ne prétend
point au « Traité»; on y trouvera de nombreux conseils dictés par une expé¬
rience déjà longue, entre autres des données précises relatives au choix des
sujets dont la reproduction convient le mieux à la photographie. Et surtout,
— 464 —
celui qui nous lira avec soin se convaincra que la chambre noire est un outil
aux mains de l’opérateur (comme le pinceau et l’ébauchoir pour le peintre et le
sculpteur), rien qu’un outil ; que, confiée à un artiste, elle peut exprimer une
pensée, traduire un sentiment, interpréter une personnalité ; en un mot, que la
photographie est un art.
Horsley-Hinton (A.), auteur de L'Art photographique dans te paysage, etc., édi¬
teur de The Amateur Photographer. — La Platinoly pie, traité pratique.
Traduit de l’anglais par G. Devaneay. In-18° Jésus, avec figures et spécimens.
_ Librairie Gauthier- Villars et fils, quai des Grands- Augustins,
55, à Paris.
L’auteur, en écrivant ces lignes sur l’emploi du papier platinotype, a pour
but d’aider et de guider le débutant, et aussi, en exposant très simplement le
procédé, d’engager les opérateurs à l’adopter pour la reproduction de leurs
épreuves photographiques, en raison des avantages qu il présente, car, dans
l’opinion de la plupart de ceux dont le goût et le jugement font loi, les effets
obtenus par son emploi sont supérieurs à beaucoup d’égards à ceux des autres
procédés, et, en outre, il a sur ces derniers l’avantage d’ètre plus facile, plus
rapide et plus simple.
S’il insiste sur la facilité et la rapidité avec lesquelles les épreuves platinotypes
peuvent être produites, c’est parce que, si ce procédé est déjà très largement
employé et très familier à beaucoup d’opérateurs, il s’en rencontre encore fré¬
quemment qui, tout disposés à admettre sa supériorité et à en faire volontiers
usage, s’abstiennent de s’en servir en raison d’une vague notion des difficultés
qu’on peut rencontrer et par crainte de complications et d’obstacles imagi¬
naires. , .
Ce sont les résultats, les procédés pratiques qui résultent de son expenence
personnelle, que l’auteur expose à ses lecteurs simplement et sans termes
scientifiques.
Mémoires originaux des créateurs de La photographie (Nicéphore Niepce,
Daguerre, Bayard, Niepce de Saint-Victor, Poitevin), annotés et commentés
par R Colson, capitaine du génie, répétiteur de physique à 1 École polytech¬
nique. 1 volume in-8° carré de 186 pages, cartonné à l’anglaise. (Georges
Carré et C. Naud, éditeurs, 3, rue Racine, Paris.)
Cet ouvrage présente pour la première fois dans un ensemole complet les
documents originaux, jusqu’ici épars et très peu connus, où les créateurs de la
photographie ont eux-mêmes exposé leurs découvertes et leurs travaux, qui
sont beaucoup plus importants qu’on ne le croit généralement d’après des indi¬
cations insuffisantes et trop souvent erronées.
L’auteur consacre à chacun des six grands fondateurs énoncés dans le titre
un chapitre dans lequel, après une courte notice biographique résultant de
— 465 —
l’analyse des pièces authentiques, il donne le texte de celles-ci avec des anno¬
tations et commentaires destinés à faire ressortir l’enchaînement des idées, la
suite des efforts, ainsi que l’intérêt de certaines recherches tombées dans
l’oubli. Un dernier chapitre permet d’embrasser dans un coup d’œil d’ensemble
la suite par laquelle les différents procédés sont parvenus à l’état actuel.
On trouve là une œuvre philosophique et éducatrice, par la démonstration de
ce que peut le travail mis au service d’une volonté opiniâtre; une œuvre histo¬
rique, parla détermination exacte de ce qui est dû à chacun des fondateurs,
par l’éclaircissement de nombreux points restés jusqu’ici douteux ou inconnus,
et par la rectification de très fréquentes erreurs; enfin, une œuvre de vulgari¬
sation et d’enseignement, par l’initiative progressive et facile du lecteur, au
moyen de documents vécus, aux notions que l’esprit humain a successivement
acquises dans la voie photographique.
En résumé, ce livre offre un très grand intérêt à toutes les catégories de lec¬
teurs et fixe de la façon la plus sûre l’histoire de la photographie.
Technique et applications des rayons X. — Traité pratique de radioscopie et de
radiographie, par G. -II. Nilwenglowski, préparateur à la Faculté des Sciences
de Paris, directeur du journal la Photographie. Un volume broché in-8° avec
78 figures dans le texte et 8 planches hors texte. (Paris, Société d éditions
scientifiques 4, rue Antoine-Dubois.)
Dans les premiers mois qui ont suivi la belle découverte du D1' Rœntgen, les
rayons Xont été l’objet d’un mouvement scientifique des plus importants : les
découvertes et les perfectionnements se sont accumulés ; aussi les meilleurs
ouvrages publiés sur cette question sont-ils devenus rapidement incomplets.
D’autre part, on a reconnu que la pratique rationnelle de la radioscopie et de
la radiographie n’était pas sans difficultés pour les opérateurs que des études
scientifiques appropriées n’avaient pas suffisamment préparés à ce genre de tra¬
vaux; de grossières erreurs d’interprétation ont quelquefois môme été com¬
mises. Dans l’ouvrage qu’il vient de publier, M. G. -H. Niewenglowski s’est
précisément attaché à mettre à la portée du lecteur les connaissances scienti¬
fiques nécessaires pour un emploi judicieux et réfléchi du matériel électrique
nécessaire et pour l’interprétation correcte des images obtenues : en particu¬
lier, les illusions très diverses que peuvent produire les empiètements et les
superpositions de pénombres sont longuement étudiées. Cet ouvrage ayant
surtout un but pratique, la plus grande place y est consacrée aux modes opé¬
ratoires que l’on peut dès aujourd’hui considérer comme définitifs, aux perfec¬
tionnements les plus récents. Signalons, entre autres, la méthode de recherche
et de détermination des corps étrangers dans l’organisme, présentée à l’Acadé¬
mie de médecine par M. le D1' Mergier.
Néanmoins, on y trouvera un exposé des théories les plus acceptées actuelle¬
ment, concernant les rayons cathodiques et les rayons X ; de nombreuses
33
466
figures schématiques, dessinées exprès pour ce volume, facilitent l’intelligence
du texte.
L’ouvrage se termine par la description des applications les plus usuelles des
rayons X, tant dans le domaine biologique que dans le domaine industriel.
Encyclopédie de l'amateur photographe. — Librairie Bernard Tignol, 53 bis,
quai des Grands-Àugustins.
L’Encyclopédie de l’Amateur photographe se composera de dix volumes
constituant, par leur ensemble, une bibliothèque complète destinée aux ama¬
teurs, où seront traités tous les sujets qui les intéressent quotidiennement.
Le troisième volume, dû à MM. Georges Brunei et P. Forestier, vient de
paraître, il a pour titre : les Clichés négatifs.
G’est une étude consciencieuse des révélateurs et de tous les tours de main.
Les formules indiquées dans cet ouvrage ont toutes été essayées par les auteurs,
c’est dire qu’ils n’ont rien laissé au hasard et que l’amateur trouvera là non
seulement d’excellents conseils, mais encore une méthode sûre et rationnelle
pour obtenir des clichés, des phototypes absolument parfaits.
Frédéric Dillaye : les Nouveautés photographiques, année 1898, sixième com¬
plément annuel à la Théorie, la Pratique et l’Art en photographie. In-8°
illustré. — Paris, Librairie illustrée, 8, rue Saint-Joseph.
Le nouvel ouvrage de M. Frédéric Dillaye, tout en se présentant comme un
sixième complément annuel, est en réalité aussi le deuxième complément des
deux volumes qui ont paru : l’un sous le titre de : Pratique en photographie ;
l’autre, sous le titre de : Art en photographie , et qui sont la forme la plus
récente de son volume original, unique : La Théorie , la Pratique et l'Art en
photographie.
Fidèle à l’idée qui avait présidé à l’ordonnance des Nouveautés de l’an der¬
nier, l’auteur a conservé, en avant de chaque titre d’article, une lettre capitale
et un chiffre en caractères romains, formant références aux chapitres et aux
parties des deux ouvrages précités.
Si les Nouveautés photographiques de M. Frédéric Dillaye se recommandent,
comme toujours, par leur lecture facile et leur enseignement indiscutable, nous
remarquons dans celles de cette année deux sujets intéressants :
Le premier est une théorie absolument nouvelle et ingénieuse de la photo-
sténographie. Il pourrait se faire que cette théorie vulgarisée amenât enfin les
amateurs à employer d’une façon plus courante la photographie stéréoscopique,
qui donne des résultats charmeurs et une grande impression de vérité.
Le second sujet est une description minutieuse et avec exemples à l’appui de
l’application de la photographie fantômale aux sujets de genre. On savait plus ou
moins vaguement comment obtenir les fantômes, mais on n’avait jamais si
scrupuleusement déterminé les moyens sûrs de les obtenir dans tous les cas.
— 467 —
M. Frédéric Dillaye reste toujours l’auteur soucieux de voir ses ouvrages
rendre de précieux et réels services à tous ceux qui pratiquent la photogra¬
phie. On ne saurait trop le louer du soin et de l’activité qu’il apporte à ce but.
Traité élémentaire d’optique photographique , par A. Mullin, professeur agrégé
de physique au lycée de Chambéry. Un fort volume in-8° avec 190 figures.
— Paris, Charles Mendel, éditeur, 118, rue d’Assas.
Quelqu’un a dit, et le mot est d’une justesse frappante, que l’objectif est l 'âme
de la photographie. S’il en est ainsi, comment expliquer l’indifférence des
photographes pour tout ce qui concerne l’optique?
On serait tenté de supposer qu’il n’existe pas d’ouvrages renfermant les
connaissances qu’il serait indispensable pour eux d’acquérir. Les livres ne font
pas défaut : il en est d’élémentaires et de savants.
Ce qui manque peut-être, c’est un ouvrage possédant ce double caractère d’ètre
complet, c’est-a-dire scientifique, et d’assimilation facile, accompagné de déve¬
loppements s’adressant au raisonnement du lecteur intelligent, et non pas à
des connaissances déjà acquises, sans doute, mais indubitablement effacées.
C’est un ouvrage de ce genre qu’a voulu écrire M. Mullin, un ouvrage complet
et populaire, un livre (Y enseignement et de vulgarisation.
Dans la première partie, qui est consacrée à I’Optique instrumentale, il étudie
les lois delà propagation delà lumière, les modifications qu’elle subit en traver¬
sant des milieux différents; il explique le phénomène de la vision; enfin il expose
la théorie des premiers instruments d’optique : loupe, microscope, lunette de
Galilée, etc.
La deuxième partie est réservée à I’Optique photographique; elle contient les
chapitres suivants :
Chapitre VIL — Actions chimiques produites par la lumière photographique.
Chapitre VIII. — Ecrans colorés, préparations orthochromatiques.
Chapitre IX. — Production de l’image lumineuse au moyen d’une petite
ouverture.
Chapitre X. — Production de l’image lumineuse au moyen d’un objectif. Len¬
tilles épaisses et systèmes centrés quelconques.
Chapitre XI. — Aberrations présentées par les lentilles suivant l’axe principal.
Leur correction.
Chapitre XII- — Aberrations présentées par les lentilles en dehors de l’axe
principal. Leur correction.
Chapitre XIII. — Objectifs photographiques. Leurs constantes.
Chapitre XIV. — Description des principaux types d’objectifs photographiques-
Chapitre XV. — Organes accessoires des objectifs.
Chapitre XVI. — Essais des objectifs.
Chapitre XVII. — Choix des objectifs.
Chapitre XVIII. — Téléobjectifs.
En résumé, l’ouvrage de M. Mullin constitue un travail complet et définitif; il
468 —
demeurera l’un des plus estimés et des plus durables des livres consacrés à la
science photographique.
La Photographie en relief , ou Photo-sculpture et ses principales applications ;
Bas-Reliefs , Médaillons , Lithophanies, Terres cuites, Filigranes et Gaufrages ,
Damasquinure, Niellure, Timbres en caoutchouc au irait et en demi-teintes ,
Moulage par voie galvanoplastique , procédés divers, par René d’HÉniÉcouuT,
rédacteur de la Photo-Revue. — Une brochure avec figures. — Paris, 1898.
Charles Mendel, éditeur, 118, rue d’Assas.
S’il est une application directe de la photographie qui soit de nature à procurer
aux amateurs des jouissances artistiques d’un caractère inédit, c’est bien la
Photo-sculpture, qui donne aux représentations photographiques le plus grand
charme auquel puissent prétendre des images monochromes.
Un ouvrage étudiant cette branche jusqu’ici négligée — nous pourrions dire
insoupçonnée — répond a un besoin réel, s’il est écrit au point de vue pratique
et s'il dévoile au lecteur curieux les moyens de se livrer avec fruit à des mani¬
pulations qui ne lui sont pas familières.
A ce titre, nous pouvons prédire à cette brochure un accueil flatteur, car elle
contient une étude très documentée au point de vue historique, en même temps
qu’un recueil précieux de recettes, procédés, tours de main, etc., qui seront de
première utilité à l’amateur désireux de s’engager dans cette voie nouvelle.
Les Papiers collodionnés à pellicule transférables et leurs diverses applications,
par Ch. Finaton. Une brochure accompagnée d’une épreuve transparente
reportée sur celluloïd. Paris, Charles Mendel, éditeur.
Dans un travail extrêmement consciencieux, l’auteur étudie toutes les appli¬
cations qui peuvent découler de l’emploi général, comme surface sensible, d’un
papier transfert de l’une des marques qui existent actuellement dans le com¬
merce.
Le sous-titre de ‘l’ouvrage donnera une idée de la variété de ces applications et
des nouvelles ressources que la méthode des reports met à la disposition des
amateurs.
Contre-types : Positifs pour agrandissements; Reports sur verre (Vitraux,
Projections et Stéréoscope); Reports sur opale, porcelaine, bois, marbre, métal,
celluloïd, etc.; Applications industrielles; Gravure sur bois ; Photo-Peinture
sur verre; Encadrements artistiques en plusieurs teintes; Photo-chromie;
Epreuves lumineuses.
Le programme contenu dans ces lignes est très étendu. Nous devons dire, à
la louange de M. F inaton, qu il n’a pas laissé la moindre lacune dans son exécu¬
tion, et que son ouvrage est aussi complet qu’on le pouvait désirer.
Les Photo- Guides. Le nombre des amateurs de photographie est devenu
aujourd’hui si considérable que le besoin s’imposait d’un guide sûr, pratique,
destiné à conduire le touriste muni d’un appareil, vers les sites qui peuvent-
46<J —
solliciter son objectif, à lui indiquer les points intéressants, à lui signaler les
particularités de chaque localité, leur orientation, l’heure à laquelle il convient
de les saisir, en un mot à ménager son temps, lui éviter des pas inutiles, tout
en le mettant à même de ne rien passer d’intéressant.
Les Photo-Guides aux environs de Paris, rédigés par M. Bertot, bien connu
déjà des cyclistes, répondent entièrement à tous ces desiderata et deviendront
bientôt le compagnon indispensable de tout amateur de photographie.
Deux volumes sont parus : Seine et Seine-et-Oise. — Le département de Seine-
et-Marne paraîtra sous quelques jours et sera bientôt suivi du 4e volume con¬
sacré à la Grande Banlieue. Chaque volume comporte une centaine de dessins
dus à la plume d’un de nos meilleurs dessinateurs et qui serviront en quelque
sorte de points de repère aux excursionnistes. Trois cartes pour chaque volume
complètent ces indications.
Friedrich Behrens. — Ber Gummidruck. M. Krayn, Berlin, 1898.
M. Friedrich Behrens, qui avait exposé quelques épreuves a la gomme bichro-
matée à notre dernier salon, vient de faire paraître un petit traité pratique pour
obtenir facilement des images photographiques à l’aide des couleurs d’aquarelle.
Cet ouvrage explique, d’une façon claire et méthodique, le procédé à la gomme
bichromatée, avec les modifications que Fauteur y a apportées. Il explique
notamment le moyen d’obtenir les demi-tons que l’on dit impossibles dans ce
procédé et traite aussi des impressions par combinaisons et en trois couleurs.
Nous ne pouvons que recommander ce traité à ceux qui s’intéressent aux
nouveautés en photographie.
Gesellschaft zur Plege der Photographie in Leipzig. 1898.
Nos confrères de la Société photographique de Leipzig nous adressent leur
rapport annuel sur l’exercice 1897, sous forme d’un élégant opuscule illustré.
Sous le protectorat de S. A. B. le prince Frédéric-Auguste de Saxe, et la prési¬
dence du D1' Aarland, la société compte 83 membres ordinaires. Elle a organisé
au mois d’août 1897, une exposition à Leipzig qui comprenait 1, 100 photogra¬
phies de 221 exposants.
Nous applaudissons à l’idée de publier aussi un rapport annuel adressé aux
principales sociétés photographiques, malheureusement trop souvent étran¬
gères les unes aux autres. 11 y a là une idée à étudier pour les sociétés qui ne
publient pas, comme nous, un Bulletin mensuel.
Hans Schmidt. — Dus Fernobjectiv. Berlin, Gustave Schmidt. —
Dix illustrations hors texte.
C’est un traité pratique et absolument complet sur le télé-objectif. De cons¬
truction récente, cette nouvelle forme d’objectif n’a pas encore attiré suffisam¬
ment l’attention des amateurs. L’auteur explique sa construction et, par des
exemples nombreux, il montre son utilité et les nombreux cas où le télé-objectif
— 470 —
permet l’obtention d’images impossibles à obtenir à l’aide d’un objeetif ordi¬
naire, notamment dans les reproductions de motifs d’architecture.
J. Gædicke. — Per Gummidruck. Berlin, Gustav Schmidt.
79 pages avec illustrations.
A peine né, le procédé à la gomme bichromatée a déjà toute une littérature.
Chacun explique son système pour arriver aux meilleurs résultats. Laissant de
côté la partie théorique, l’auteur donne des conseils pratiques qui doivent faci¬
liter la tâche des amateurs.
A. W. Isenthal et H. Snowden Ward. — F. R. P. S Pratical Radiography.
2e édition, 1898. Londres, chez Dawbarn et Ward, Ld.
La première édition de cet excellent traité de Radiographie a rapidement été
épuisée. Dans cette nouvelle édition, les auteurs se sont tenus au courant des
découvertes les plus récentes. L’ouvrage est accompagné d’un grand nombre
d’illustrations qui facilitent la compréhension du texte.
D1' Luigi Gioppi. — ManuaLe di Ferrotipia.
Dans cet opuscule, l’auteur cherche à réhabiliter ce procédé d’obtention de
phototypes positifs sur plaques de tôle présentant les avantages de la modicité
de prix et de la rapidité d’exécution. Il décrit le matériel nécessaire et la suite
des opérations pour obtenir ces petites images qui sont restées l’apanage des
photographes de foire.
La retouche du tiiché. — Retouche chimique, physique et artistique, par
A. Courrèges, praticien. — Librairie Gauthier-Villars et fils, quai des Grands-
Augustins, 55, Paris.
L’auteur, en contact journalier avec les amateurs photographes, a constaté
que beaucoup d’entre eux ne faisaient que très peu d’efforts pour sortir du
cercle étroit de production du cliché, suivie de son tirage sur papier au citrate.
C’est pour aider à la diffusion de nombreux procédés photographiques qu’il
entreprend de publier une suite d'ouvrages traitant à peu près tous les systèmes
intéressants qui peuvent être appliqués aussi bien par les amateurs que par les
professionnels.
Le cliché photographique étant le point de départ de tous les procédés décrits,
on comprendra que les résultats plus ou moins heureux que l’on pourra obtenir
seront en raison de sa valeur, et le premier devoir à remplir est donc d’étudier
le cliché dans sa façon d’être et de tout tenter pour l’améliorer.
Impression des épreuves sur papiers divers, par noircissement direct , par impres¬
sion latente et développement, par A. Courrèges, praticien. — In-18 jésus,
avec figures; 1898. — Librairie Gauthier-Villars et fils, quai des Grands-
Augustins, 55, à Paris.
Dans notre manuel Ce qu’il faut savoir pour réussir en Photographie, nous
avons analysé toutes les opérations nécessaires à la constitution du cliché; dans
— 471
une autre de nos publications, concernant les diverses retouches qui s’imposent
pour l’améliorer, nous nous sommes appliqué à indiquer et à décrire toutes les
tentatives qu’on devait faire pour se rapprocher autant que possible de l’idéal ;
mais, pour que le résultat atteint ne soit pas platonique, il huit traduire ce
cliché, ce négatif, en épreuves positives.
Les moyens, les systèmes, les procédés ne manquent pas; on trouve pour
cela, dans le commerce, toutes sortes de papiers, de plaques et d’appareils dont
nous parlerons au cours de cet ouvrage et de ceux qui lui feront suite.
Dans cette partie, nous allons d’abord décrire minutieusement les impressions
sur les papiers à l’argent, que l’on obtient par noircissement direct, puis nous
nous occuperons des épreuves qui, après impression latente, demandent à être
développées comme les clichés.
JOU^TSfÆUX l^EÇUS
Belgique.
Bulletin de U Académie royale des Sciences, nos 3, 4.
Bulletin de la Société de Microscopie, n° 2.
Bulletin de la Société d' Électricité, 4e semestre.
L’Objectif, nos 38, 39, 40, 41, 42, 43.
Ciel et Terre, nos 4, 5, 6, 7, 8.
Le Cycliste belge illustré, nos 394, 395, 396, 397, 398, 399, 400, 401, 402, 403,
404, 405, 406, 407.
Revue de V Université de Bruxelles, nos 6, 7, S.
Bulletin du Photo-Club de Belgique, nos 16, 17, 18.
Revue bibliographique belge, nos 3, 4, 5.
La Presse universelle, nos 3, 4.
Allemagne.
Deutsche Photographen Zeitung, nos 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22,23, 24, 25,
26, 27, 28.
Das Atelier des Photograplieyi, nos 5, 6, 7.
Der Amateur-Photograph, nos 4, 5, 6, 7.
Photographische Mittheilungen, nos 2, 3, 4, 5, 6, 7.
Photographisches Centralblatt, nos 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12.
Photographische Chroyiïk, nos 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21,22,23,24,25, 26, 27,28.
Photographisches Wochenblatt, nos 15, 16,17, 18, 19, 20,21,22, 23,24,25,26,27.
Internationale Photographische Monatsschrift fier Medizin, rr s 1, 2, 3, 4, 5, 6.
Pralitischer Rathgeber, nos 7, 8, 9, 10, 11, 12.
Photographische Rundschau, nos 5, 6, 7.
Die Kunst in der Photographie, nos 1, 2, 3.
Autriche.
Photographische Correspondenz , nos 452, 453, 454.
Wiener Photographische Blàtter, nos 5, 6, 7.
Wiener Freie Photographen Zeitung , nos 4, 5, 6.
— 473
Danemark.
Beretninger fra Dansh fotografish Forening, nos 4, 5, (i.
États-Unis.
Anthony’ s Bulletin, nos 4, 5, 6.
American Amateur Photographer, n° 4.
St-Louis Photographer, nos 4, 5, 6.
Wilson s Magazine, nos 496, 497, 498.
Caméra Notes, n° 4.
La Revista cientifica Hispano-Americana, nos 4, 5, 6.
France.
Bulletin de la Société française de Photographie, nos 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13.
Moniteur de la Photographie, nos 8, 9, 10, 11, 12.
Bulletin du Photo-Club de Paris, n° 87, 88, 89.
Photo-Gazette, nos 6, 7.
Le Photogramme, nos 4, 5, 6, fl.
Photo-Journal, n° 99, 100, 101.
Photo-Revue, nos 1, 1 bis, 2, 2 bis, 3, 3 bis.
L’Avenir photographique, nos 76, 77,78.
L’ Amateur-Photographe, nos 7, 8.
La Photographie, nos 5, 6, 7.
Le Monde photographique, n° 36.
Bulletin du Photo-Club Nancéien, nos 3, 4.
Bulletin de la Société Caennaise de Photographie, 15 aVril, 15 mai, 15 juin.
Bulletin de la Société photographique du Nord de la France, nos 4, 5, 6.
Bulletin de V Association des Amateurs photographes de Dijon et de la
Bourgogne, nos 4, 5, 6.
Bulletin de la Société Havraise de Photographie, nos 4, 5.
Gazette du Photographe amateur, nos 61, 62.
Ombres et Lumière, nos 34, 36.
La Science illustrée, nos541, 542, 543, 544, 545, 546, 547, 548, 549, 550, 551,
552, 553.
La Science en famille, nos 34, 35, 36, 37, 38, 39.
Grande-Bretagne.
British Journal o f Photographg, n°s 1979, 1980, 19S1, 1982, 1983, 19S4, 1985,
1986, 1987, 1988, 1989, 1990, 1991.
Photographie News, n°* 119, 120, 121, 122,123, 124, 125, 126, 127, 128, 129,
130, 131.
The Photographie Journal, nos 7, 8, 9.
— 474 —
Journal ofthe Caméra Club, nos 143, 144, 145.
Pholograpliy , nos 491, 492, 493, 494, 495, 496, 497,498, 499, 500, 501, 502, 503.
The Amateur Photographer, n°* 705, 706, 707, 70S, 709, 710, 711, 712, 713,
714, 715,716, 717.
The Practical Photographer, nos 99, 100, 101.
The Photogram, nos 53, 54, 55.
Process Work and the Pr inter, nos 60, 61, 62.
Italie.
Rivista scientifico-artistica di Fotografia, nos 3, 4, 5.
Il Dilettante di Fotografia, nos 96, 97, 98.
Il Progresso fotografco, nos 3, 4, 5.
Suisse
Revue suisse de Photographie, nos 3, 4, 5.
La Photo-Revue suisse, nos 3, 17.
V'
Dos IllustpQtions
En Mer est la réduction d’une épreuve de M. Fraeys, de la
Section de Courtrai. Elle figurait à l’Exposition de la Session tenue
dans cette ville l’année dernière.
Martha, de M. Alex. Allan, d’Edimbourg, est l’une des
œuvres envoyées par l’auteur à notre IIIe Exposition d’Art photo-
tographique.
Les reproductions en phototypographie ont été exécutées par
M. J. Malvaux, de Bruxelles.
Illustrations dans le texte de MM. Ch. Puttemans,
A. Hye et L. Misonne.
Lettrines de MM. Bidart, R. Crespin, Ch. Dupont, Ch. Gas-
par, Paternotte, Ch. Puttemans et D. Van den Hove.
NECROLOGIE
Le Dr Ernest Candèze
'Association vient de faire une
perte considérable. M. le D1
Ernest Candèze, membre fonda¬
teur et ancien président, s’est
éteint le 30 juin 1898 à l’âge de
72 ans.
C’est le cœur bien gros que,
le 2 juillet 1898, nous gravissions
la côte de Glainet que nous nous
arrêtions au chalet si hospita¬
lier, fermé pour toujours par la
mort de notre cher et distingué confrère et ami. Notre pensée se
reportait 25 ans en arrière et s’attristait encore par le contraste
de nos impressions, car c’était par le même chemin que nous
allions alors, plus jeunes, pleins d’enthousiasme et remplis d’une
ardeur de néophytes, chercher chez lui le collaborateur indispen¬
sable à la création de la Section de Liège, la première qui s’orga¬
nisa après la fondation de l’Association.
Ce fut Candèze qui en eut la présidence, et sa bienfaisante impul¬
sion lui assura une existence ininterrompue, longue de 25 années,
et qu’aucun nuage de discorde n’est venu troubler. Et cependant,
comme le disait notre ami Roland, dans son discours à la maison
mortuaire, il fallait, à cette heure, pour patronner l’art si méconnu
et si dédaigné de la photographie, un esprit dégagé de tout préjugé
et assez clairvoyant pour prévoir les progrès et l’influence qu’il obtien¬
drait un jour.
Candèze fut un vulgarisateur par excellence, dans tous les
domaines, comme on pourra l’apprécier par la lecture du discours
que le vénéré baron de Selys prononça sur sa tombe, au nom de
l’Académie des sciences.
On ne peut méconnaître le service signalé qu’il rendit à la photo¬
graphie, en imaginant, dès l’apparition du collodion sec, cet appareil
baptisé par lui du nom de
scénographe , lequel révolu¬
tionna le monde photogra¬
phique en reléguant ces
chambres encombrantes qui
rendaient impraticable la
photographie en plein air et
qui paralysaient l’essor artis¬
tique qu’elle a pris depuis.
Le premier également, en
Belgique, pensons-nous, il
fut chargé, par le ministre
de la guerre, des expériences
de photographie en ballon
captif.
Malgré sa grande modes¬
tie, il ne put échapper à la
présidence de l’Association
et notre Bulletin jubilaire a
relaté la période brillante de
sa gestion. Candèze a donc
bien mérité de la photogra¬
phie. Aussi cet art aimable qui perpétue le souvenir en con¬
servant l’image sacrée des disparus, ne l’oubliera pas, et la Section
liégeoise, plus éprouvée que les autres par sa disparition, évoquera
souvent la physionomie si fine et si spirituelle de son ami et
de son conseiller!
L. R.
— 478 —
Discours de M. de Selys-Longchamps, sénateur,
Au nom de V Académie royale des sciences de Belgique
et de la Société Entomologique de Belgique.
Messieurs,
C’est un devoir aussi honorable que douloureux que je remplis en
me présentant au nom de l’Académie royale des sciences de Belgique
et de la Société Entomologique pour rendre hommage au confrère
excellent que la mort nous a enlevé il y a deux jours.
Ernest-Charles-Auguste Candèze, né à Liège, le 27 février 1827,
obtint le diplôme de docteur en médecine, après de brillantes études
faites à notre université. Il fut le collaborateur à la direction de l’asile
de Glain, fondé par M. Abri, dont il épousa la fille distinguée, qui
mourut il y a vingt-cinq ans environ. Il contribua largement par ses
aptitudes et par son zèle à la réputation légitime de cet important
établissement.
Les goûts de Candèze le portaient en même temps à la culture des
sciences naturelles.
Élève de Lacordaire et de Charles Morren, il s’adonna à la culture
des sciences zoologiques et botaniques, mais particulièrement à celle
de l’entomologie, où il acquit bientôt comme spécialiste une notoriété
incontestée dans le monde savant.
L’ Académie, dès 1858, le nomma correspondant, puis membre
effectif de la section des sciences naturelles en 1861. Il fut directeur
de la classe en 1874.
Le Roi lui conféra en 1872 la Croix de chevalier de l’Ordre de
Léopold et l’éleva au grade d’officier en décembre 1897.
Il faisait partie des sociétés entomologiques les plus notables de
l’étranger, dont plusieurs lui décernèrent le titre de membre hono¬
raire.
Ses excursions et ses voyages à l’étranger furent nombreux.
Il assista aux Congrès scientifiques et, chercheur infatigable, il y
— 479
trouvait satisfaction, non seulement pour ses études spéciales, mais
aussi pour l’intérêt qu’il portait à toutes les sciences.
Comme spécialiste, il s’adonna surtout à approfondir l’étude des
Coléoptères de la famille des Élatérides et, dans cette branche, il
était considéré comme arrivé au premier rang.
A la Société royale des Sciences de Liège, il publia en 1853, avec
la collaboration de feu le docteur Chapuis, un Mémoire « sur les
larves des Coléoptères » suivi bientôt de sa grande Monographie
des Elatérides, en quatre volumes parus de 1856 à 1863, et de
leur révision en 1874.
Plus tard, pour se délasser de ses travaux, il écrivit plusieurs
volumes charmants, écrits d’une plume très alerte destinés à amuser
la jeunesse et à initier les gens du monde aux merveilles de la
naturevivante. On peut appeler romans scientifiques ces trois
ouvrages, édités chez des libraires notables de Paris et qui eurent
beaucoup de succès, particulièrement Les Aventures d'un Grillon
et La Gileppe.
L’activité et le besoin de travail scientifique étaient si grands chez
le docteur Candèze que, malgré son âge avancé, il se mit, en der¬
nier lieu, à la recherche des insectes diptères de notre pays, et
qu’après quatre ou cinq années il en avait réuni une collection
déjà fort riehe, qui aurait donné lieu à la publication de cette
partie de notre faune jusqu’ici inédite.
Dans ces derniers temps, il avait encouragé et organisé le Club
des jeunes entomologistes liégeois, où se réunissent des amateurs et
de très jeunes gens. Il en était le vénérable président.
Après avoir esquissé rapidement la vie laborieuse du docteur
Candèze, il est juste de dire quelques mots de son caractère si bon,
si gai, si spirituel.
C’était un modèle de père de famille, un ami sûr, étranger à tout
sentiment de jalousie, d’une obligeance extrême, toujours prêt à
encourager et à assister les jeunes travailleurs, ce qui ne se voit pas
toujours, aussi était-il aimé de tous ceux qui le connaissaient.
Pendant près de cinquante années qu’ont duré nos relations, j’ai
pu apprécier ce caractère d’élite.
Il était un des cinq membres du conseil de surveillance du Musée
— 480 —
d’histoire naturelle de l’État et là aussi j’ai pu apprécier son bon
jugement et son esprit de paix.
En considération de cette longue intimité, et tenant compte de
l’âge que j’ai atteint, je pouvais m’imaginer que ce serait le docteur
Candèze qui me conduirait un jour au champ du repos éternel, mais
les décrets de la Providence sont impénétrables et c’est moi qui
viens lui dire un suprême adieu !
Candèze, cher ami et cher confrère, repose en paix! Adieu.
Conseil d'administration. — Membres admis .
Extraits des procès-verbaux des séances des sections.
Section de Bruxelles. — Séance du 27 avril i89S.
Échantillons de plaques et de révélateurs .
Fêtes jubilaires. — Pose-mètre de Winne. — Soirée de projections
du 16 mai .
Causerie sur le sulfite, le bisulfite et l’hyposulfite de soude. — Pro¬
jections .
Séance du 25 mai 1898.
Décès de M. M. Hovelacque .
Exposition. — Anniversaire de la fondation de la Section de Bru¬
xelles. — Don de M. de Schokalsky. — Causerie sur les phéno¬
mènes chimiques. — Remise de diplômes et d’illustrations. . .
Projections .
Section de Gand. — Séance du 7 avril 1898.
Causerie sur l’acétylène .
Papier pour impression par développement de la maison Van
Monckhoven. — Séance de projections de la Section de Liège. —
Jeton de présence .
Séance du 5 mai 1898.
Causerie sur les diapositives. — Présentation d’appareils. — Jeton
de présence .
Section de Liège. — Séance du 20 avril 1898.
Remerciements. — Soirée de projections. — Fêtes jubilaires. . .
Excursion. — Présentations de membres. — Jeton de présence. —
Projections .
Séance du 10 mai 1898.
Soirée publique de projections. — Conférence de M. Bourgeois. .
31
PAGES.
417
419
420
421
421
422
423
424
425
426
427
428
429
— 482 —
Séance du 24 mai 4898.
PAGES.
Remerciements. — Fêtes jubilaires. — Exposition des œuvres des
membres du Photo-Club de Paris et de la Société de Hambourg.
— Excursion annuelle .
Situation financière.— Allocution de M. Roland, président sortant.
— Élection d’un vice-président. — Présentation d’un membre. —
Jeton de présence .
Notes anglaises. L’exposition de la « Royal Photographie Society »
au Crystal Palace, par M. Walter D. Welford .
Notes à propos de la IIP Exposition d’Art photographique par
M. M. Vanderkindere .
Action curieuse du persulfate d' ammoniaque sur l’argent des photo¬
types et utilisation de cette action, par MM. Lumière frères et
Seyewetz .
Photographie en couleurs par la méthode indirecte, par MM. Auguste
et Louis Lumière .
Le Musée de photographie artistique au Parc du Cinquantenaire,
par M. M. Vanderkindere .
Revue des journaux photographiques .
Memento des Expositions .
Bibliographie .
Journaux reçus .
Nos illustrations .
Nécrologie : Le Br Ernest Candèze .
Sommaire.
430
431
432
438
441
445
447
453
462
463
472
475
476
ASSOCIATION BELGE DE PHOTOGRAPHIE
R. Ickx.
Phototypographie J. Malvaux.
ALLÉE IDE S CHÊNES A GENCK.
ASSOCIATION BELGE DE PHOTOGRAPHIE
lüiiw
G. Einbeck.
Phototypogi jphie J. Malvaux.
MEfiE X ENFANT
Association belge de Photographie
SOUS LE PROTECTORAT DU ROI
et la Présidence d'honneur de S. A. R. Monseigneur le Prince Albert de Belgique.
BULLETIN
N‘,s 8-9. — 25me ANNÉE.— VOL. XXV.
(3e SÉRIE. — VOL. V.)
Conseil d’fldministFation
nt été admis :
Membres effectifs :
MM. Bertrand, Florent,
5, rue Marie-Henriette, à
Bruxelles, présenté par MM.
Baisieux et Puttemans.
35
— 486 —
Burvenich, Gustave, 55, rue des Sœurs-Blanches, à Ostende,
présenté par MM. E. Sacré et de Kerameter.
Pirot, Hubert, photographe, rue du Brutz, à Bouillon, pré¬
senté par MM. Delevoy et Puttemans.
(ë> - 9 0 C ^ ^OV G)
•'!■• O •'!'• O ■'!'• O •'!'• -$r$- -i|i- O -i|i- o i|i. o
Section de Bruxelles
SÉANCE DU 8 JUIN 1898
Présidence de M. Puttemans, président
ONT présents : MM. Bidart,
Delevo)^, Durieu , Peltzer,
Dupret, Vanderkindere,Van
Lint, Nopère, Mouton, Key-
meulen, Paradis, Ernotte, de
Raet, Lavalette, Delcroix, Boitson, Frennet, Broothaerts, Delva,
Parmentier, Langlé, Bronkhorst, Paternotte, Robert, Simon,
Masson, Remacle et Stadeler, secrétaire.
La séance est ouverte à 8 1/2 heures.
Le procès-verbal de la séance du 25 mai est lu et adopté.
M. le président annonce que les exemplaires reliés de l’album
jubilaire seront prêts pour la prochaine séance.
Il y aura lieu de porter à l’ordre de jour de cette réunion le
renouvellement des membres du Comité de la Section, qui sont tous
rééligibles.
Une discussion générale s’ouvre au sujet des fêtes à organiser à
l’occasion du XXVe anniversaire de la fondation de la Section de
Bruxelles. Des projets aussi nombreux que variés voient le jour et
sont mis en discussion. En fin de compte, une excursion sur l’Escaut
maritime semble répondre le mieux aux vœux des membres.
L’excursion aurait lieu le 10 juillet et serait accessible aux familles
— 488
des membres ainsi qu’aux personnes étrangères à l’Association pré¬
sentées par nos confrères.
Cette excursion, à cause des frais élevés de la location du bateau,
doit comporter au moins une cinquantaine d'adhérents. Une cir¬
culaire dans ce sens sera envoyée aux membres.
L’excursion photographique à Grammont a fort bien réussi,
malgré la pluie qui tombait au moment du départ. Le temps s’est
bientôt remis au beau, et l’excursion s’est faite dans les conditions
les plus agréables à tous les points de vue. Comme paj^sages, les
environs de Grammont présentent une très grande variété de sites
des plus pittoresques, et la ville elle-même offre un caractère tout à
fait particulier et bien fait pour séduire l’amateur photographe.
Nous devons une mention toute spéciale à l’accueil que les excur¬
sionnistes ont reçu chez notre distingué confrère de Grammont,
M. le notaire Declercq. Nous devons également adresser nos remer¬
ciements à Mme Declercq, qui nous a reçus avec une grâce parfaite.
Pour la saison d’été, M. Peltzer voudrait voir organiser un
concours de photographie, tandis que M. Vanderkindere se
demande si un concours de positives n’aurait pas plus de succès,
les Bruxellois étant surtout des lanternistes.
Précisément pour ce motif, M. le président estime qu’on devrait
plutôt encourager un concours d’épreuves, celles-ci devenant de
plus en plus rares. La question sera portée à l’ordre du jour de la
prochaine séance.
M. Vanderkindere présente 1’ « Eikronometer » inventé par
M. Watkins, pour déterminer d’une façon précise le moment où
une plaque est complètement développée. C’est en somme une
petite horloge comprenant un cadran de dix minutes avec des sub¬
divisions d’un quart de minute; elle est munie en outre de deux
cercles gradués qui servent à calculer rapidement le temps du
développement, étant connus le temps d’apparition des détails dans
les ombres et le facteur multiplicateur. Pour plus amples détails,
nous renvoyons au Bulletin de mars, p. 194 et suivantes.
M. le président, tout en adressant ses remercîments à M. Vander¬
kindere pour sa nouvelle communication et pour toutes celles
qu’il a bien voulu faire jusqu’à présent, conteste la précision
— 489
absolue de 1’ « Eikronometer ». Le point faible est précisément de
déterminer le premier facteur — l’apparition des premiers détails —
or, c’est de celui-là que dépendent tous les calculs. Quoi qu’il en
soit, l’instrument mérite d’étre discuté et examiné.
On passe ensuite à la projection d’intéressantes positives de
MM. Delcroix, Kymeulen, Lavalette, Nopère et Paradis.
La séance est levée à 11 heures.
SÉANCE DU 25 JUIN 1898
Présidence de M. Puttemans, président
Sont présents : MM. Peltzer, Robert, V. Van Besen, Durieu,
Masson, J. Van Besen, Rutot, Smeesters, Remacle, Parmentier,
Frennet, Magnien, Nopère, Van Campenhout, Bidart, Gilbert, Van
Lint, Ernotte, Damanet, Boitson, A. Bray, Vanderkindere, Kymeu¬
len, Watrigant, Broothaerts, Delcroix, Lavalette, Paradis, Simo-
neau, Pollet, H. De Waele, Friderichs et Stadeler, secrétaire.
La séance est ouverte à 8 1/2 heures.
Le procès-verbal de la séance du 8 juin est lu et adopté.
M. Vanderkindere annonce que le gouvernement a acquis quel¬
ques-unes des œuvres photographiques ayant figuré à la dernière
Exposition, pour le musée du Palais du Cinquantenaire. M. le pré¬
sident engage les membres à aller voir cette exposition permanente
de nos œuvres à laquelle le Bulletin de juillet, page 447, a consacré
un article détaillé.
Il est distribué des échantillons du révélateur la Pyrocatéchine.
Anciennement ce produit se vendait à un prix relativement élevé,
mais aujourd’hui la maison Ellon et Cic, de Berlin, le livre à un prix
fort modéré et à l’état chimiquement pur. Ce révélateur présente de
sérieuses qualités et M. le président engage les membres à en faire
un essai méthodique. En ce qui le concerne personnellement, il a
obtenu de très bons résultats notamment pour le développement des
diapositives.
MM. Magnien, Vanderkindere, Lavalette, Paradis et Masson se
chargent d’essayer les échantillons remis à la Section.
— 490
M. Mouton signale que parmi les positives lui remises il s’en
trouve une, sans nom, ne lui appartenant pas ; il prie la Section de
la faire restituer à son propriétaire.
M. Puttemans réitère à nouveau les instructions déjà si souvent
données et notamment que les positives doivent toujours porter le
nom de l’auteur.
La Section décide d’ouvrir entre ses membres, pendant la session
d’été, un concours pour les plus belles séries : a. d’épreuves; b. de
diapositives pour projections. Ce concours, qui se clôturera le
1er novembre prochain, comportera trois sections, pour lesquelles
il y aura lieu de présenter : section 1, trois épreuves 18 X 24 et
au-dessus ; section 2, six épreuves 13 X 18 et en dessous; section 3,
six diapositives pour projections.
Tous les genres et tous les procédés sont mis sur un pied de par¬
faite égalité. La liberté la plus absolue est conséquemment laissée
aux amateurs. Trois médailles de bronze seront accordées aux
lauréats, quel que soit le nombre des concurrents dans chacune des
sections. Notre confrère M. Broothaerts offre, en outre, un néces¬
saire complet Radiotint pour le coloriage des photographies. Le
jury chargé d’apprécier les travaux présentés sera désigné dans la
deuxième séance d’octobre.
M. Stadeler, secrétaire-trésorier, désire présenter avant le renou¬
vellement du Comité la situation financière de la Section pendant
l’exercice 1897-98. Au 22 juin, ce compte se clôturait comme suit :
recettes : fr. 1,376.36; dépenses : fr. 1,361.58, d’où un excédent
de fr. 14.78. Les pièces justificatives et les livres de comptabilité
sont présentés aux membres, et à ce sujet M. Stadeler renouvelle sa
proposition de l’année dernière de voir vérifier les comptes par
quelques membres délégués à cet effet. Cette proposition n’est pas
agréée et les comptes sont déclarés adoptés.
On passe ensuite au renouvellement des membres du Comité, qui
sont rééligibles, sauf M. Robert renonçant à son mandat de secré¬
taire adjoint.
M. Bidart propose de voter de chaleureuses félicitations au
bureau tout entier pour la brillante voie dans laquelle il a su tenir
la Section pendant le dernier exercice. Il remercie particulièrement
491 —
M. Puttemans pour ses nombreuses et intéressantes causeries scien¬
tifiques. Il propose également l’élection de l’ancien bureau par
acclamation.
M. Puttemans remercie M. Bidart, mais il demande instamment
que le vote se fasse régulièrement et au scrutin secret. C’est, dit-il,
le seul moyen que possède l’assemblée de manifester ses sentiments
aux candidats et de leur faire connaître en pleine liberté si elle les
croit dignes de continuer les mandats qui leur ont été confiés anté¬
rieurement.
Le vote secret donne les résultats suivants :
MM. Puttemans est élu président par 33 voix.
Rutot » vice-président » 33 »
Stadeler » secrétaire-trésorier » 33 »
le Dr Paradis » secrétaire-adjoint » 32 »
Au nom du nouveau bureau, M. Puttemans remercie l’assemblée
et promet, comme antérieurement, son concours à la Section. Il
remercie également M. Rutot pour ses communications toujours si
intéressantes et MM. Masson et Paradis qui se sont acquittés de
leur tâche à la lanterne avec un zèle infatigable.
Le projet d’excursion sur l’Escaut maritime, qui a été présenté à
la dernière séance pour fêter le XXVe Anniversaire de la fondation
de la Section de Bruxelles, a été agréé avec enthousiasme par la
plupart des membres. Déjà une soixantaine d’entre eux, leurs dames
et des personnes étrangères à la Section ont manifesté le désir de
prendre part à l’excursion projetée. D’un autre côté, des membres
des Sections de Gand, Anvers et Louvain se joindront également
à leurs confrères de Bruxelles. Dans ces conditions, le succès de
l’excursion est entièrement assuré et elle a été arrêtée irrévocable¬
ment au dimanche 10 juillet prochain. En voici l’itinéraire définitif :
Bruxelles à Termonde en chemin de fer. Termonde, Tamise,
Anvers, Austruweel et retour à Anvers par eau. Retour d’Anvers à
Bruxelles par railway.
Une circulaire spéciale sera envoyée aux membres.
M. Broothaerts présente à l’assemblée le Radiotint, un procédé
intéressant pour colorier les photographies. Ce procédé, qui n’a
évidemment aucune prétention à l’art, peut constituer un agréable
— 492
passe-temps, pour le portrait notamment. D’autre part, M. Par¬
mentier présente à l’assemblée le Chromoscope donnant la reproduc¬
tion en couleurs des sujets photographiés.
M. le président se charge de donner l’explication théorique de
l’appareil qui a été succinctement décrit au Bulletin de mai-juin,
page 329.
Les effets obtenus sont vraiment intéressants et la superposition
des clichés monochromes donne des images d’une coloration aussi
vive qu’harmonieuse.
Des remerciements sont votés à M. Parmentier, pour avoir pré¬
senté cet appareil, ainsi qu’à M. Broothaerts, qui également avait
mis à la disposition des membres un spécimen du Chromoscope.
Comme toutes les années, les séances officielles seront suspendues
pendant la saison d’été. Elles seront reprises le deuxième mercredi
d’octobre. Toutefois des réunions officieuses auront lieu sans con¬
vocations, sauf pour des raisons spéciales, dans les jardins de la
Taverne de Munich (ancienne Taverne de Vienne ), rue de la
Madeleine, 60. M. le président engage beaucoup les membres à
assister à ces réunions tout intimes et à tenir la Section au courant
des communications qui pourraient l’intéresser.
Il déclare close la session 1897-98. ( Applaudissements prolongés.)
Section de Coü^t^ai
SÉANCE DU 2 MAI 1898
Présidence de M. D'Hont, président
ssist aient à la séance : MM.
De Gryse, Claeys, Maege, Gys,
Decancq, Messeyne, Algoed et
Ickx.
La séance est ouverte à 8 h. 1/2.
M. D’Hont communique aux
membres une lettre de M. J.
Casier, président de l’Association, qui insiste pour que la Section
se fasse représenter aux fêtes jubilaires organisées à Bruxelles.
Une liste d’adhésion sera envoyée à tous les membres pour leur
rappeler l’invitation du Comité central de Bruxelles; le bureau se
chargera, en outre, de faire des démarches auprès de quelques
confrères absents à la séance de ce soir pour qu’ils se joignent à
la députation de la Section.
M. Maege a essayé le nouveau procédé à la gomme bichromatée
décrit dans le Bulletin. Les résultats qu’il a obtenus sont très
satisfaisants; les épreuves qu’il fait circuler, présentent toutes
beaucoup de douceur. Les demi-teintes sont conservées, ce qui
était très difficile avec l’ancienne manière d’opérer.
Le président remercie M. Maege pour son intéressante commu¬
nication.
Les essais qui ont été faits avec les échantillons de papier
« Éclair » de la maison Van Monckhoven ont très bien réussi ; de
— 494 —
môme, le papier « Electric » de la Beernaert’s Dry Plate Company
a donné d’excellents résultats. Ces deux papiers se comportent
à peu près comme le « Velox » ; ils sont cependant plus sensibles
que ce dernier, ce qui permet de les employer avantageusement
pour les agrandissements.
La séance est levée à 10 heures.
SÉANCE DU 18 JUIN 1898
Présidence de M. D'Hont, président
Sont présents : MM. Messeyne, Claeys, Maege, A. Declercq,
Vandale, Algoed, De Gryse et Ickx.
La séance est ouverte à 8 heures 1/2.
Lecture est donnée du procès-verbal de la séance du 2 mai.
Le secrétaire distribue aux membres associes les gravures hors
texte qui leur sont destinées; il remet également aux souscripteurs
les exemplaires relies du Bulletin Jubilaire qui ont été envoyés à
la Section. Ce numéro spécial du Bulletin est vivement admiré;
tous les membres s’accordent à dire que l’album est superbe et que
1 ensemble de cette publication constitue une véritable œuvre d’art.
M. le président fait part à la Section du décès de M. Eugène
Bekaert. Le bureau, réuni d’urgence, a décidé qu’une députation
assisterait aux obsèques de notre regretté confrère et qu’une cou¬
ronne serait déposée sur la tombe.
L ordre du jour appelle la discussion sur un projet d’excursion
à faire dans le courant de juillet. Quelques membres proposent de
se rendre à Middelbourg le 21 juillet; d’autres indiquent comme
but de 1 excursion la plage de La Panne. M. Claeys se charge de
réunir les indications nécessaires pour l’organisation du voyage et
en fera part à la Section à la prochaine réunion.
M. Claeys, au nom de M. Van Neck, d’Anvers, présente une
série longue et très diverse d’appareils et de nouveautés. Citer
tout serait impossible. Les plus admirés ont été : Le « Vercak »
appareil 6 1/2 X 9, très léger et très bien construit ; un appareil
495 —
pouvant servir pour le stéréoscope et pour le format 13 X 18 ; des
photo-jumelles de différents systèmes et une « détective » 9 X 12»
avec obturateur à rideau, se mouvant automatiquement. Le prési¬
dent prie M. Claeys de transmettre à M. Yan Neck les remercî-
ments de la Section.
La séance est levée à 10 1/2 heures.
Section de Bruxelles
XXVe Anniversaire de l’Installation de la Section
Excursion sur l’Escaut de Termonde à Anvers
a Section de Bruxelles avait décidé
de remémorer le vingt-cinquième
anniversaire de son installation par
une excursion sur l’Escaut mari¬
time, à laquelle étaient conviés,
non seulement ses membres, mais
encore leurs dames et même leurs
invités. C’était là une innovation et l’expérience a montré qu’elle
était heureuse.
Plus de quatre-vingt-dix personnes, parmi lesquelles quelques
membres des Sections d’Anvers, Gand et Louvain, avaient répondu
à l’appel du comité et prenaient, le 10 juillet, le train pour Ter-
monde.
L arrivée dans cette ville paisible d’un si grand nombre de pho¬
tographes des deux sexes produisit une certaine sensation et valut
aux excursionnistes une escorte par moments quelque peu gênante.
Termonde a conservé ses anciennes fortifications qui présentent
aujourd’hui encore une grande importance, aussi ont-elles été ren¬
forcées par trois batteries permanentes chargées de défendre les
— 497 —
grandes voies de communication et d’empêcher les travaux d’ap¬
proche de l’ennemi entre la rive droite de l’Escaut et la rive droite
de la Dendre. Le système de défense de Termonde se rattache du
reste à celui du vaste camp retranché d’Anvers.
Dès que l’on abandonne le train, on s’aperçoit du rôle militaire
de la ville, qui est aussi un centre commercial et industriel impor¬
tant. La gare et les constructions environnantes sont en bois et à
quelques pas on franchit les
fossés de l’enceinte et la
poterne gardée militaire¬
ment. Cette entrée de ville
d’un caractère spécial ne
manque pas de pittoresque
et aurait certainement tenté
beaucoup d’excursionnistes
si le temps avait été moins
maussade , car une fois
encore le ciel boudait et le
soleil devait être en ce jour
de fête très avare de ses
rayons.
On traverse la ville pour
se rendre à la Grand’Place
où se trouvent les deux mo¬
numents les plus intéres¬
sants : l’Hôtel de Ville et
l’ancienne Halle aux’
viandes.
L’Hôtel de ville est lui-même l’ancienne Halle aux draps dont la
construction fut commencée en 1337 et terminée en 1403. L’édifice
subit malheureusement des transformations maladroites qui en alté¬
rèrent le style primitif. La restauration actuelle est due à l’archi¬
tecte de la ville, M. E. Bouwens, qui a rétabli le monument en
respectant les plans de Maestertius. Le beffroi avait échappé aux
mutilations; sa tour carrée qui domine le pays environnant, se ter¬
mine par une lanterne surmontée d’une flèche élégante. Dans la
Ch. L’uttemans.
Termonde. - Hôtel de ville.
— 498 —
lanterne, le carillon et aux angles, quatre tours rondes en avancée
et à toits aigus.
L’Hôtel de ville renferme un musée intéressant.
La Halle aux viandes, dans ces derniers temps la Grand’garde,
est une curieuse construction, mais masquée par les échafaudages
élevés pour les travaux de restauration.
On n’a pas de données exactes sur l’origine de ce monument.
Certains auteurs prétentent reconnaître dans la tour octogonale qui
en occupe 1 angle l’ancien beffroi. Ce qui est certain, c’est que de
même qu’à l’Hôtel de ville des ajoutes ont été faites au siècle dernier
et il est à espé¬
rer que les tra¬
vaux de restau¬
ration que l’on
a commencés
feront dispa¬
raître l’absurde
perron dont on
avait affublé le
bâtiment.
En dehors de
ces restes du
passé on ne peut
citer à Ter-
monde que l’église collégiale de Notre-Dame, de style ogival, qui
possède quelques œuvres d’art remarquables soigneusement mas¬
quées par des rideaux, citons la Vierge de Crayer et le Christ en
croix de Van Dyck.
En suivant les quais de la Dendre, on arrive au confluent de cette
rivière avec l’Escaut ; un pont et au delà le Wilford III de la com¬
pagnie de navigation de Tamise à Anvers. C’est le steamer sur
lequel on s’embarque et à 10 heures on quitte Termonde.
L’Escaut coule ici entre deux digues, dont celle de droite forme
une superbe promenade toute plantée de noyers et qui se prolonge
jusqu à Baesrode. Les fonds de la rive gauche sont occupés par des
marais où les sites aimables ne manquent pas.
— 499 —
La navigation est très intense et de nombreux bateaux ou plutôt
des trains de bateaux se dirigent sur Anvers.
Le temps reste gris et peu favorable à la photographie, et c’est
vraiment dommage, car le fleuve, qui n’a pas encore ici l’étendue
qu’il prend après le confluent de la Durme et du Rupel, offre, grâce
à ce mouvement, de nombreux sujets auxquels il ne manque qu’un
rayon de soleil.
On arrive à Baesrode où se trouvent d’importants chantiers de
construction de bateaux. On fait arrêt et l’on accorde une demi-
heure pour vi¬
siter la localité.
La plupart des
excursionnistes
se dirigent vers
les chantiers
où, malgré le
jour de repos,
travaillent quel¬
ques ouvriers
qui s’occupent
à calfeutrer des
joints, tandis
que d’autres
nous font con¬
naître la manière de courber les bois à l’aide de feux de joncs tenus
à la main.
Malgré l’éclairage peu favorable, quelques amateurs ne résistent
pas devant ces scènes intéressantes et les appareils fonctionnent.
Le sifflet strident du Wilford se fait entendre et rappelle tout le
monde à bord. Le bateau reprend sa marche ; on passe devant
Saint-Amand et Mariakerke, puis plus loin, à Thielrode, le confluent
de la Durme après lequel on aperçoit la silhouette bien caractéris¬
tique de la tour de Tamise. L’Escaut s’est considérablement élargi
et est coupé par le remarquable pont du chemin de fer de Malines
à Terneuzen.
En amont, le port avec sa flottille de bateaux et le débarcadère où
Ch. Puttemans
A Baesfode.
— 500 —
nous abordons. Tamise occupe sur la rive gauche une situation des
plus riantes. C’est un gros bourg aux allures de ville maritime et qui
respire l’aisance. Ici les coins pittoresques abondent ; le fleuve a des
avancées dans la ville où vont se réfugier les bateaux que la marée
basse dépose sur la vase.
La demi-heure qui nous sépare encore du moment de se mettre à
table est mise à profit, et le soleil qui daigne percer les nues, nous
permet de fixer les sites les plus intéressants.
Une certaine]animation règne dans la localité dont c’est la ker-
messe, et la
foire étale ses
attractions tout
autour de l’é¬
glise, ce qui
donne l’occa¬
sion de faire
quelques cli¬
chés d’une sa¬
veur spéciale.
L’heure du
dîner nous fait
rejoindre Y Hô¬
tel de l'Ancre dont l’aimable patronne s’est mise en quatre avec
tout son personnel pour recevoir notre nombreuse société. Les
tables sont dressées dans toute la maison et l’on se case sans être
trop serré.
Menu très substantiel et largement servi auquel les plus grin¬
cheux, s’il y en avait eu, n’auraient pu adresser un reproche. Ce
repas se serait peut-être prolongé si le temps l’avait permis, mais les
heures étaient comptées.
La dissémination des convives dans les diverses salles de l’établis¬
sement empêcha aussi les toasts de se produire, et bien qu’adversaire
en principe de ces débauches oratoires, le président de la Section de
Bruxelles aurait désiré prendre la parole dans cette circonstance,
et cela pour de nombreuses raisons, et puisque l’occasion lui en est
offerte, il exposera ici en quelques mots ce qu’il avait voulu dire.
Ch. Puttemans.
T amise.
— 501
Sans faire l’historique de la Section même en abrégé, il se serait
contenté de constater la très grande réussite de cette excursion, la
première de ce genre, et qui ne sera certainement pas la dernière.
Il aurait remercié les dames d’avoir répondu en aussi grand nombre
à l’invitation qui leur avait été faite ; il aurait rappelé que l’idée pre¬
mière de fêter le XXVe anniversaire de la fondation de la Section
avait été émise par notre excellent ami M. Delevoy, que c’est
au très sympathique confrère M. Bidart que l’on doit la proposition
d’une excursion sur l’Escaut, et il aurait regretté de ne pouvoir
citer celui des
membres qui
avait proposé
d’inviter les fa¬
milles à cette
excursion . Le
président aurait
constaté encore
avec plaisir que
parmi les mem¬
bres présents se
trouvait M. Al.
Cadot, le pre¬
mier président
de la Section
de Bruxelles, auquel s’était jointe sa très gracieuse et très aimable
compagne. Enfin, il aurait voulu adresser des remerciements
bien mérités à tous ceux qui se sont occupés de l’organisa¬
tion de l’excursion et en tout premier lieu à M. J. Macs, pré¬
sident de la section d’Anvers, qui s’était chargé de toutes les
démarches relatives à la location du bateau et au dîner si récon¬
fortant et si bien ordonné auquel nous venions d’assister. M. Maes
a singulièrement facilité la tâche du comité, qui lui exprime ici
toute sa reconnaissance. Il serait injuste de ne pas reconnaître
aussi tout le mal que s’est donné notre ami Stadeler, le dévoué
secrétaire de la Section, qui a été sur la brèche pendant toute cette
journée. Voilà ce qu’aurait voulu développer le président, sans
36
502
oublier de remercier les membres des sections d’Anvers, de Gand
et de Louvain, qui étaient venus fraterniser avec leurs confrères
de Bruxelles.
Une partie des excursionnistes remonte à bord du Wilford, les
autres passent le pont et prennent la digue de la rive droite du fleuve,
au bas de laquelle se montrent de bien jolis coins de paysages.
Bientôt on aperçoit par des¬
sus les arbres des tourelles
aiguës, des pignons en esca¬
liers qui intriguent vive¬
ment, car deux ou trois seu¬
lement des membres sont
dans le secret de la petite
promenade pédestre à la¬
quelle on a convié les excur¬
sionnistes.
On descend à droite un che¬
min conduisant vers Born-
hem et après quelques cen¬
taines de mètres, on se
trouve tout à coup devant
une reconstitution partielle
du Vieil Anvers de 1895 :
la porte d’entrée, la Maison
scabinale et quelques autres
constructions élevées là par
un particulier qui compte y exploiter un restaurant avec diverses
attractions. On trouve l’endroit propice pour y faire un groupe,
dont se chargent MM. Magnien et Lavalette. Malheureusement,
dans son émotion d’opérer devant un aussi grand nombre de per¬
sonnes, M. Magnien effectue deux poses sur la même plaque;
M. Lavalette, plus calme, réussit avec sa photo-jumelle.
On rejoint le bateau où les autres excursionnistes attendent
impatiemment notre arrivée et l’on se remet en route.
Voici, sur la rive gauche, Steendorp, des plumes duquel se pare
bien injustement Rupelmonde, situé plus loin. C’est en effet à Steen-
J. Boitson.
Porte d’entrée du Vieil-Anvers.
— 503 —
dorp que se trouve le fort dit « de Rupelmonde » et c’est encore à
Steendorp que se fabriquent les briques dites « de Rupelmonde » .
Le Rupel, arrivant de Boom, vient à droite confondre ses eaux
avec celles de l’Escaut. En face, Rupelmonde, d’un aspect pitto¬
resque avec son port en miniature et sa vieille tour, reste du vieux
château fort bâti par les comtes de Flandre.
Le fleuve, grossi du Rupel, s’est encore élargi et accentue son
caractère maritime. Sur les rives se montrent des établissements
industriels nombreux et variés, ainsi que quelques châteaux d’aspect
peu riant. La
haute tour que
l’on aperçoit sur
la rive droite
appartient à
l’ancienne ab¬
baye de Saint-
Bernard qui,
après bien des
vicissitudes et
des transforma¬
tions, est deve¬
nue un éta¬
blissement mi¬
litaire où sont réunis les dépôts de divers régiments.
Après Saint-Bernard, Hemixem, localité industrielle importante
où se trouvent de nombreuses briqueteries et tuileries, et plus loin,
à gauche, Cruybeke, à quelque distance de la rive. En face, Hobo-
ken et les vastes chantiers de construction de la Société Cockerill.
Le mouvement sur l’Escaut devient plus intense, on sent l’appro¬
che de la métropole commerciale et l’on aperçoit bientôt le profil
si typique de la haute tour de la cathédrale. On laisse à gauche le
riant village de Burght et le brillant panorama de la rade et de la
ville ne tarde pas à se dérouler devant nous. Quelques minutes après
nous débarquons au ponton du Steen. Nous étions au terme de cette
journée bien et agréablement remplie, et nous n’étonnerons aucun
de ceux qui ont participé à cette fête en disant que déjà à bord 1 on
J. Broothaerts.
Rupelmonde.
— 504
faisait des projets pour l’année prochaine. Nul doute qu’ils se
réalisent, avec le concours cette fois, du moins espérons-le, du
soleil, sans lequel il n’y a pas de vraie fête pour une association
de photographes.
Ch. P.
Régates internationales à voiles
A AR{YE1RS
l’occasion des régates interna¬
tionales à voiles qui avaient lieu
le 7 août, la Section d’Anvers
avait invité gracieusement les
membres des diverses Sections
de l’Association à une excursion-
concours.
A 9 heures, Y Énergie, à bord
de laquelle MM. Maes et Lunden recevaient les invités, quittait
le ponton Marguerie et rejoignait bientôt les nombreuses embar¬
cations qui participaient aux régates.
Le temps, qui avait si remarquablement favorisé, tout au moins au
point de vue photographique, le concours de l’année dernière, s’est
montré moins favorable cette fois. Le matin, un ciel nuageux, mais
gris et un calme si complet que la flottille n’avançait que pénible¬
ment en louvoyant sans cesse sur le fleuve uni comme un lac. La
grande masse de lumière dans cet espace découvert permettait
cependant aux amateurs l’usage de leurs appareils et de nombreux
clichés furent pris malgré tout.
Au moment où, les unes après les autres, les légères embarcations
de courses arrivaient au virage de Bath, la pluie se mît à tomber drue
et sans discontinuer pendant deux heures.
Comme on regrettait cette pluie intempestive, car le coup d’œil
— 50G —
à Bath eût été vraiment exceptionnel si le soleil avait bien voulu
darder quelques rayons sur le tableau !
La réunion de tous ces charmants et légers voiliers auxquels de
nombreuses embarcations avaient fait escorte présentait un coup
d’œil des plus pittoresques. U Énergie, qui ne concourait qu’au
point de vue photographique , était arrivée bonne première
à Bath, suivie par le beau yacht à vapeur du notaire De Ro, de
Bruxelles, à bord duquel se trouvait le jury des Régates. Succes¬
sivement arrivèrent le Brabo, le superbe yacht de M. Oesterieth
d’Anvers, le bateau des pontonniers d’artillerie, le Télégraphe,
bondé d’excursionnistes, et un grand nombre d’autres bateaux et
embarcations à vapeur.
Pendant cette longue averse et sous la protection de la tente de
Y Énergie fut servi le dîner froid traditionnel auquel on fit du
reste le plus grand honneur.
Le départ a lieu vers 2 heures, toujours sous la pluie, mais
bientôt celle-ci cesse et une éclaircie inespérée vient changer le
tableau. Le vent s’est levé et tous ces boeiers, centerboard boats,
cutters et schooners qui tantôt n’avançaient qu’avec peine, s’élan¬
cent maintenant avec rapidité, inclinant gracieusement leur voilure
sous l’effort de la brise.
La Vague, à M. Linssen d’Anvers, et Magnolia, à M. Laverge
de Rotterdam, se distinguent par leur gracieuse allure et sont les
points de mire de tous les objectifs.
L’excursion, qui d’abord s’annonçait mal, est devenue des plus
intéressantes ; les sujets se suivent et l’on n’entend que le bruit sec
du déclanchement des obturateurs.
On revient ainsi à Anvers, regrettant de quitter le fleuve, mais
comme il est encore tôt et que le soleil continue à rayonner,
MM. Maes et Lunden prolongent l’excursion, et pendant quelque
temps encore Y Énergie se promène dans la merveilleuse rade, où
nous apercevons entre autres Y Albertville, revenu la veille du
Congo, ramenant les invités à l’inauguration du chemin de fer.
En terminant ce rapide compte rendu de l’excursion si intéres¬
sante organisée par la Section d’Anvers, n’oublions pas de la
remercier pour sa gracieuse invitation, n’oublions pas non plus
— 507 —
d’adresser de vifs remerciements à MM. Maes et Lunden, président
et vice-président, qui ont reçu les excursionnistes avec tant de cor¬
dialité, cordialité à laquelle ils nous ont habitués, il est vrai, mais
que certainement tous ceux qui ont participé à cette fête nautique
seront heureux de reconnaître une fois de plus.
Ch. P.
Ppoçédé de tipogç des éppeuOes
pat* déYeloppefnetjfc
orsqu’on a besoin, dans un
délai très court, d’un certain
nombre d’épreuves d’un même
cliché, le procédé le plus expé¬
ditif pour les obtenir consiste à
les tirer sur un papier au géla-
tino.
Dans l’ensemble des manipulations, la mise au châssis-presse et
l’exposition constituent certainement la partie la plus longue et la
plus fastidieuse. Si l’on n’a qu’une seule pièce à sa disposition, il
faut en effet pour chaque épreuve :
a. Ouvrir l’enveloppe qui contient les feuilles sensibles;
b. Ouvrir le châssis-presse ;
c. Mettre la feuille en place ;
d . Fermer le châssis ;
<?. Fermer l’enveloppe;
f. Couvrir les cuvettes qui contiennent d’autres feuilles en déve¬
loppement, lavage ou fixage ;
g. Exposer à la lumière ;
h. Ouvrir à nouveau le châssis-presse avant d’avoir la feuille
prête à développer.
L’impression proprement dite a peut-être demandé dix secondes,
mais les manipulations accessoires en ont demandé cinquante.
En construisant le petit appareil décrit ci-dessous, nous nous
sommes précisément proposé de limiter pour ainsi dire au temps
— 509 —
de la pose le temps total nécessaire au tirage. Cet appareil permet
d’impressionner les épreuves presque aussi rapidement que s’il
s’agissait simplement d’appliquer sur chaque papier un cachet ou un
timbre.
L’opérateur tient, dans la main droite, le cliché et la source
lumineuse, solidaires l’un de l’autre. Il n’a qu’à appliquer le cliché
éclairé sur chaque papier sensible pour opérer l’impression, sans
châssis, et sans que la lumière actinique soit visible dans la pièce.
De la main gauche, le même opérateur prend les papiers sen¬
sibles et range les papiers
D
M
l-l
B
impressionnés, ou les passe
à une autre personne qui
procède au développement.
Le cliché C forme la paroi
inférieure horizontale d’une
boîte B étanche à la lumière.
Dans la partie supérieure de
cette boîte se trouve montée
une petite lampe à incandes¬
cence I, qu’un bouton exté¬
rieur b permet d’allumer avec
l’index de la main qui tient
la boîte.
La feuille de papier P étant
posée sur un coussin K, on y
applique leclichéet l’on allume
la lampe en regardant une montre à secondes. La pose terminée,
on éteint, on soulève le cliché, on met une deuxième feuille, et
ainsi de suite.
Le cliché est retenu à la partie inférieure de la boîte par deux
cordelettes à ressort, ou deux tracelets de caoutchouc qui entourent
cette boîte. On peut également employer des pellicules en les
appuyant simplement sur un verre. La pression exercée sur la
feuille suffit pour les appliquer sur la surface sensible.
Nous construisons la boîte suffisamment haute pour que la lampe
soit à une distance du cliché au moins égale à la distance focale de
I
g
C
w
I
I
I
K:
— 510 —
l’objectif. Rien ne serait plus facile que d’augmenter encore cette
distance qui, pour les dimensions courantes, conduit à un appareil
très maniable. (Si l’on opère sur une table de hauteur ordinaire, il
faut simplement prendre la précaution de s’asseoir sur un tabouret
un peu haut, pour éviter d’avoir trop à élever le bras.) L’inégalité
d’éclairement entre le centre et les bords de la plaque se trouve
compensée par le fait que le cliché est généralement un peu plus
dense au milieu qu’aux bords.
Nous nous servons de préférence d’une lampe à bas voltage dont
le filament est par suite très court. La source lumineuse ainsi
obtenue est de très petites dimensions et donne une ombre nette,
même si le contact n’est pas parfait entre le cliché et la feuille de
papier sensible.
Nous avons fait également l’essai d’un appareil de disposition
inverse : la lampe est placée à la partie inférieure d’une boîte
opaque dont la paroi horizontale supérieure est constituée par une
glace sur laquelle repose le cliché. Cet ensemble est fixe. On y
applique d’abord la feuille de papier sensible, puis un tampon
élastique destiné à assurer l’adhérence entre la feuille et le cliché.
Ce tampon, dont la forme extérieure rappelle celle d’un calibre à
découper les épreuves, est tenu à la main, la pose ne durant en
général que quelques secondes (deux à six secondes pour un cliché
de densité ordinaire). On allume alors la lampe à l’aide d’une pédale
placée sous le pied de l’opérateur.
Cet appareil nous a paru moins rapide que celui dont nous avons
parlé plus haut. Néanmoins, il pourrait avoir son intérêt pour le
tirage des épreuves de grand format.
F. Drquin.
•"eskr*
BEtfFORCEMEHT ET RFFAIBIiISSEIVIENT
produits autour des impressions photographiques par le développement
par M. le Capitaine R. COLSON
(Communication faite à la Société française de Photographie
en séance du 7 janvier 1898)
’ai montré, à propos de
l’action de la main sur la
plaque photographique en
présence du révélateur,
qu’une chaleur modérée
suffit pour l’impression, et
que l’appauvrissement qui
en résulte pour le liquide
en contact avec les parties impressionnées, détermine un appel des
substances actives qui se trouvent en dissolution dans les régions
voisines.
Ce phénomène de transport des éléments du révélateur, causé
par l’inégale répartition que fait naître dans le liquide l’inégale
impression de deux régions voisines sur la plaque, doit se retrouver
dans tous les cas où les conditions du développement sont les
mêmes, quelle que soit la nature de l’impression. La seule différence
consistera en ce que, pour la chaleur, le passage d’une région
chaude à une région froide se fait sur un large espace, tandis que,
pour la lumière, par exemple, le passage d’une région éclairée à
— 512
une région sombre peut avoir lieu brusquement et sans transition.
Supposons qu’on développe une plaque au gélatinobromure sur
laquelle se trouvent deux impressions lumineuses voisines, d’inten¬
sités notablement différentes, et considérons une petite surface
dans l’impression la plus forte ; la portion du révélateur qui est en
contact avec cette surface s’appauvrit en substances actives, par le
fait même du développement et détermine un appel de ces subs¬
tances par diffusion dans le liquide et au travers de la gélatine.
Cet appel se fait dans tous les sens et dans un certain rayon tout
autour de la petite surface considérée ; tant que celle-ci reste à l’in¬
térieur de l’impression forte et loin du bord de l’impression faible,
tous ces appels sont symétriques et produisent le même effet résul¬
tant; mais si elle se trouve le long de ce bord, il arrive une plus
forte proportion de substances actives de la région faiblement
impressionnée qui en contient davantage par suite de la rapidité
moindre du développement. Il en résulte que le bord en dedans de
1 impression forte reçoit une plus forte proportion de substances
actives que la région intérieure de l’impression forte, tandis que le
phénomène inverse se produit dans l’impression faible; par suite,
sur le négatif, le long de la limite commune, la teinte foncée est
bordée intérieurement d’un liseré plus foncé, et la teinte claire d’un
trait encore plus clair.
Il est évident que ce phénomène doit être favorisé par le repos
du révélateur et par tout ce qui peut s’opposer à l’arrivée des subs¬
tances actives dans la direction perpendiculaire à la surface de la
plaque, par exemple par la minceur de la couche liquide.
Ces modifications se reproduisent dans le même ordre sur les
positifs que l’on tire de ces clichés et s’exagèrent encore si les
positifs sont produits par voie de développement qui ajoute au
contraste.
Ce silhouettage tend à durcir les contours; lorsqu’il n’est pas
exagéré et s’applique à des premiers plans, il n’est pas choquant
et donne aux images une grande vigueur et une grande netteté,
utiles dans certains cas; mais, s’il s’exerce sur des lointains, il tend
à les rapprocher et aplatit la perspective.
Je montre en outre qu’un révélateur rapide, comme le métol,
513
peut aussi produire le même effet. Dans ce cas, la réduction du
bromure a lieu immédiatement sur la surface extérieure de la cou¬
che impressionnée, et le dépôt d’argent qui bouche alors les pores
de cette surface s’oppose au passage des substances actives appe¬
lées dans l’épaisseur de la gélatine par le développement interne ;
l’appel se fait alors surtout dans l’intérieur de la gélatine, latérale¬
ment, et le silhouettage apparaît.
Puisque le phénomène ne dépend que du mode de développement,
il doit avoir lieu avec toutes sortes d’impressions. Je le montre en
effet aussi pour les rayons Rôntgen sur une projection provenant
du cliché développé dans la séance du 7 février 189G, lors de ma
communication sur ces rayons ; le développement a été abandonné
à lui-même, sous les yeux de l’assistance, dans une cuvette verti¬
cale transparente.
En résumé, il y a lieu de tenir compte, dans le développement,
d’un élément qui a été négligé jusqu’ici et qui est cependant très
important, car il exerce une grande influence sur la constitution
des images du cliché : c’est la diffusion, dans le liquide libre et
dans la couche sensible, des éléments qui composent le révélateur.
On sait que les différentes substances en dissolution ne se diffusent
pas de la même façon ; il serait intéressant d’étudier à ce point de
vue celles qui entrent dans la composition des révélateurs les plus
employés, en se plaçant dans les conditions ordinaires de la photo¬
graphie. En attendant, on diminuera le silhouettage en donnant au
révélateur une épaisseur d’au moins quelques millimètres, perpen¬
diculairement à la surface de la plaque, en agitant le bain pendant
le développement et en employant un révélateur qui ait le temps de
pénétrer à l’intérieur de la couche impressionnée avant que la sur¬
face extérieure soit notablement attaquée; on peut obtenir ce der¬
nier résultat en plongeant la plaque dans l’eau avant de la soumettre
au révélateur, car l’eau dont la gélatine est alors imprégnée atténue
le coup de fouet initial et favorise la diffusion de l’extérieur vers
l’intérieur.
(Bulletin de la Société française de Photographie.)
Le développement confiné
Par M. le Capitaine R. Colson
Communication faite à la Société française de Photographie
en séance du 4 février 1898.
es considérations que j’ai expo¬
sées au sujet de la diffusion (1)
des substances contenues dans
le bain révélateur, m’ont amené
à étudier l’influence de l’épais¬
seur du bain.
J’ai fait l’expérience sui¬
vante : une première plaque au gélatinobromure, modérément
voilée, a été placée dans un révélateur au métol très dilué, et,
par-dessus, a été inclinée une deuxième plaque impressionnée sous
cliché; les deux couches de gélatine étaient en regard l’une de
l’autre, et l’inclinaison était produite par une boulette de cire
de 3 mm séparant les deux plaques à une distance de 8 cm de leur
contact; l’épaisseur du bain variait ainsi de 0 mm à 3 mm sur cette
distance de 8 cm. Je montre en projection les résultats obtenus au
bout d’une heure de développement abandonné à lui-même.
L’image développée est voilée partout où l’épaisseur du bain est
supérieure à 1 mm; en même temps se sont produites les stries, sous
forme d’ondes et d’effluves, qui prennent naissance dans le dévelop¬
pement tranquille. Tous ces défauts disparaissent dans les parties
où l’épaisseur du bain est inférieure à 1 mm; là, l’image est pure et
(1) Voirp. 511.
— 515 —
présente des oppositions. La meilleure région correspond à une
épaisseur comprise entre le contact et omm5. L’intensité de l’image
s’affaiblit avec l’épaisseur du bain, mais elle reste encore très appré¬
ciable près du contact.
Le silhouettage, dont j’ai donné l’explication dans la dernière
séance, se manifeste ici en certains points, surtout lorsque l’épais¬
seur devient inférieure à 1 mm ; de deux teintes voisines, la plus
foncée se borde intérieurement d’un liséré encore plus foncé, et le
bord intérieur de la plus claire s’éclaircit. Ce résultat est favorisé
par la faible épaisseur, qui arrête la diffusion dans le sens perpen¬
diculaire à la couche sensible et l’oblige à s’exercer dans le sens
latéral.
Sur la plaque simplement voilée, l’intensité de la teinte diminue
avec l’épaisseur et devient nulle près du contact. De plus, pour une
épaisseur inférieure à 1 mm, elle montre un négatif de l'image de
l'autre plaque ; c’est-à-dire qu’en face des parties où le révélateur
a été plus ou moins épuisé par cette seconde plaque, le développe¬
ment du voile de la première est plus ou moins supprimé; de deux
impressions voisines, la plus forte se développe la première au
détriment de la plus faible dans les limites du rayon de diffusion,
qui est de l’ordre du millimètre. Ce résultat confirme l’explication
que j’ai donnée du silhouettage.
La teinte des deux clichés n’est pas plus forte le long des bords
qu’à l’intérieur; par conséquent, les substances actives en dissolu¬
tion dans le reste du liquide que contenait la cuvette n’ont pas
pénétré sensiblement dans l’espace compris entre les deux plaques.
La diffusion se fait donc très mal dans le liquide en repos; si l’on
veut la favoriser, il faut agiter le bain.
J’ai repris cette expérience avec M. Cousin au laboratoire de la
Société française de Photographie. Nous montrons en projections
que les résultats de diffusion décrits ci-dessus ont aussi lieu avec un
révélateur énergique, l’ortol. La faible quantité de révélateur
emprisonnée entre les deux plaques posées l’une sur l’autre suffit
pour donner un développement intense dans lequel l’image se
reporte en négatif sur la plaque voilée. Ce report n’est pas utili¬
sable, parce qu’il manque de netteté en raison du rayon de diftu-
— 516 —
sion ; mais le fond de la plaque qui porte l’image reste très pur,
tandis qu’avec la même impression et le même bain, ce fond est
voilé si l’épaisseur du bain atteint seulement omm5. Une simple lame
de verre, déposée sur la plaque, détermine le même effet ; les oppo¬
sitions sont alors ménagées dans une forte mesure et la couche
réduite prend le même aspect que si l’on avait ajouté au bain du
bromure de potassium. Nous avons ainsi été amenés à penser que
les effets produits dans ces espaces restreints sont dus, non seule¬
ment à l’épuisement des éléments actifs du révélateur, mais encore
à la formation des produits d’oxydation et de réduction, parmi les¬
quels figure le bromure alcalin que l’on sait produit par la réduction
du bromure d’argent pendant le développement.
De ce qui précède résulte une application que j’appellerai déve¬
loppement confiné, applicable aux cas où il y a intérêt à ménager la
pureté du fond, comme dans les reproductions de traits, ou dans les
positifs pour projection, ou dans les vues trop posées, voilées, etc.
La plaque est plongée dans l’eau pendant une à deux minutes, puis
placée dans le révélateur et recouverte presque aussitôt d’une lame
de verre; on suit la venue de l’image au travers de celui-ci. Dans le
cas où l’énergie du révélateur serait insuffisante pour qu’une couche
aussi mince donnât aux noirs toute leur opacité, on pourrait lever
le verre un instant afin d’admettre une nouvelle quantité de bain, et
cela autant de fois qu’il serait nécessaire; mais, avec un bain même
mo}^en, la première opération doit suffire. Lorsque la gélatine a été
bien humectée, elle n’adhère pas à la lame de verre qu’on lui super¬
pose.
Il importe de remarquer que l’on n’obtient pas le même effet en
sortant la plaque du bain avec la petite quantité de révélateur qui y
reste adhérente; car, alors, l’air agit puissamment pour oxjder le
révélateur et tend à amener sur le fond le voile que la protection du
verre a précisément pour but d’éviter.
Cette méthode favorise, il est vrai, le silhouettage des images,
puisqu’elle accentue l’influence de la diffusion latérale ; mais ce
silhouettage n’est pas un inconvénient pour les reproductions au
trait, et ne le devient pour les demi-teintes que lorsqu’il est
accentué.
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ASSOCIATION BELGE DE PHOTOGRAPHIE
— 517 —
D’ailleurs, le développement confiné a l’avantage de pouvoir se
régler et se graduer à volonté, suivant les besoins de chaque plaque,
par la seule manœuvre du verre, sans rien changer à la composition
du bain ; cela permet, en particulier, de supprimer le voile qui
menace les premières plaques plongées dans un révélateur neuf, et
de faire varier l’effet d’un même bain sur des plaques n’ayant pas
reçu le même degré d’impression lumineuse; si l’on sait que, dans
une série de plaques, certaines sont trop posées ou voilées, on leur
appliquera le verre aussitôt après les avoir déposées dans le révéla¬
teur ; si l'on ne le sait pas, on s’en apercevra rapidement par la
marche du développement, et l’on s’empressera de les couvrir pour
ménager les oppositions.
Ce moyen est d’une extrême simplicité, puisqu’il repose unique¬
ment sur l’emploi d’une lame de verre que l’on obtiendra facilement
en enlevant la gélatine d’une plaque hors d’usage.
(Bulletin de la Société française de Photographie.)
37
Application du Développement confiné
Par M. le capitaine R. Colson
Communication faite à la Société française de Photographie
en séance du 3 juin 1898.
ans la séance du 4 février
1898, j’ai indiqué les pro¬
priétés caractéristiques du
mode de développement
que j’ai appelé confiné,
c’est-à-dire dans lequel la
couche sensible impres¬
sionnée n’est soumise qu’à
une lame mince du liquide révélateur sur un espace restreint,
confiné, qui emprisonne cette faible épaisseur de liquide et la sépare
de la masse du bain. Pour cela, on pose une lame de verre sur la
plaque dans le révélateur. On obtient ainsi des images à fond très
pur, analogues à celles que donne l’addition de bromure alcalin, et
cela sans modifier la composition du bain.
Les principales causes de cet effet résultent en partie de l’étude
précédente et peuvent se résumer ainsi : faible quantité des éléments
du révélateur et travail complet de ces éléments sur la couche sen¬
sible soustraite à l’action de masse du bain entier; emprisonnement
du bromure alcalin produit par le développement; diffusion res¬
treinte et différente des éléments du révélateur ainsi que des pro¬
duits d’oxydation et de réduction ; causes diverses provenant des
— 519 —
phénomènes de capillarité introduits par la lame de verre, etc... Je
laisse de côté aujourd’hui ces considérations pour ne m’occuper
que du mode opératoire et de quelques applications d’intérêt
général.
Je suppose d’abord que nous ayons à développer une série de
plaques comprenant des poses de toutes sortes, et comportant,
entre autres, des instantanés rapides exigeant un révélateur suffi¬
samment énergique, sans que nous connaissions d’ailleurs la nature
de 1 impression reçue par chaque plaque; ce problème intéresse les
innombrables possesseurs de détectives et appareils à main. Voici
la façon de procéder que la pratique m’a fait connaître comme la
meilleure.
La plaque est d’abord plongée dans l’eau pendant une à deux
minutes, de sorte que la gélatine en soit bien imprégnée. Cette
opération a deux buts : on amortit ainsi le coup de fouet initial du
révélateur, et la gélatine gonflée permet au verre de glisser à sa
surface dans le bain avec une très grande facilité, sans frottement
nuisible. Puis on la place dans le révélateur, on balance la cuvette
pendant un instant très court pour couvrir uniformément de liquide
la plaque, et l’on pose sur la couche sensible, dans le liquide, la
lame de verre préalablement mouillée par le révélateur. Celle-ci,
qui doit être très propre, peut simplement provenir d’une plaque de
même format ou plus grande, dont on a enlevé la gélatine, ou être
en verre jaune ; on en a rodé préalablement les bords et les angles
sur un corps dur, fer ou pierre, pour éviter les écorchures de la
gélatine. Le verre a une grande tendance à glisser sur la gélatine
dans le liquide ; il faut le poser bien exactement sur la plaque,
noyée dans le bain, par un rabattement qui empêche les bulles
d’air, sans appuyer, et pousser le tout dans un angle de la cuvette
en penchant légèrement celle-ci pour que le verre soit calé et reste
en place.
On suit la venue de l’image au travers du verre; on peut aussi
très facilement sortir de la cuvette l’ensemble en le prenant par les
bords et l’examiner par transparence.
L’image vient-elle assez rapidement, eu égard à l’espèce et à
l’énergie du révélateur employé? C’est que l’impression a été plus
520 —
que suffisante, et il n’y a qu’à laisser l’effet se compléter. Si l’examen
par transparence montre qu’il est nécessaire d’aller plus loin, on
remet l’ensemble dans le liquide et l’on fait glisser le verre de façon
à découvrir la plaque, puis on recouvre aussitôt. Cette deuxième
fourniture de révélateur ajoute au premier effet ; et ainsi de suite,
jusqu’à ce qu’on arrive à une opacité suffisante. Un révélateur
énergique peut terminer du premier coup un cliché fortement im¬
pressionné.
L’image vient-elle lentement, même après deux ou trois suppres¬
sions du verre? On laisse alors la plaque à découvert, quitte à
remettre le verre si l’on s’aperçoit que la réduction devient trop
rapide.
Enfin l’image vient-elle très lentement ou pas du tout, il faut
alors enlever le verre et faire agir le révélateur en masse, ou tirer
la plaque hors du bain, à découvert, pour activer l’oxydation par
le contact de l’air. Ce sera le cas pour les instantanés très rapides.
On voit ainsi comment la seule manœuvre du verre équivaut à
des variations extrêmement étendues dans la composition du bain,
sans que celle-ci soit modifiée; le bromure alcalin formé est lui-
même enlevé, surtout si l’on a la précaution de porter dans l’eau
de lavage l’ensemble de la plaque et du verre avant de les séparer.
Ce procédé ne s’applique pas seulement à la plaque dans son
ensemble ; il permet aussi d’exercer des actions locales et rapides,
grâce à la grande facilité avec laquelle le verre glisse sur la géla¬
tine dans le bain. On peut ainsi, en particulier, augmenter la vigueur
des premiers plans en ménageant l’horizon et le ciel, ou inverse¬
ment faire ressortir des effets de nuages en ménageant le reste, par
des déplacements successifs et dégradés du verre qui découvrent
plus longtemps les parties à renforcer. On est absolument maître
de ces effets, que l’on peut accentuer plus ou moins, toujours sans
modifier la composition du bain. J’en montre des exemples bien
nets sur des positives pour projections.
D’après ces détails, on voit qu’il est nécessaire d’employer une
cuvette assez grande pour permettre le glissement du verre en
dehors de la plaque ; le format supérieur à celui de la plaque peut
suffire ; cela n’entraîne d’ailleurs qu’une dépense insignifiante,
— 521
puisque la méthode vise particulièrement les petits et moyens for¬
mats.
Le silhouettage se produit surtout lorsqu’il existe une grande
différence d’intensité et une variation brusque entre deux teintes
voisines. Quand il n’est pas exagéré et choquant, il affermit seule¬
ment les contours et contribue ainsi à donner de la netteté et de la
vigueur aux images; il s’atténue dans le tirage sur papier. Il n’est
pas à craindre lorsque la plaque tend à se voiler uniformément dans
le révélateur, c’est-à-dire dans les cas où le développement confiné
est précisément le plus utile.
Une plaque Lumière, marque bleue, a été posée cinq secondes
et soumise partiellement au développement confiné dans un révéla¬
teur à l’hydroquinone et au métol qui développe convenablement
des poses de l/50e de seconde obtenues avec la même espèce de
plaques, dans le même appareil et dans les mêmes conditions
d’éclairage; la partie découverte s’est voilée immédiatement; on
voit les trois déplacements donnés au verre pendant une durée
totale d’environ une minute. La partie protégée par le verre ne
présente pas de blancs accentués, ce qui est inévitable avec cette
surexposition, mais elle est très utilisable et les nombreux détails
qui s’y trouvent peuvent être accentués par un renforçage.
Une plaque lente Ilford, pour tons noirs, a été impressionnée au
travers d’un cliché moyen par une forte lumière diffuse, et déve¬
loppée dans un bain à l’hydroquinone et au métol de force moyenne.
J’ai laissé à découvert une bande qui s’est rapidement voilée ; puis,
lorsque l’image a été bien formée sous le verre, j’ai fait glisser
celui-ci de façon à achever progressivement de découvrir toute la
plaque, et j’ai lavé immédiatement après. On voit le ménagement
déterminé dans les clairs par le verre, et aussi la teinte violette
qui reste dans les parties le plus longtemps protégées. Cette colo¬
ration provient de l’hydroquinone, qui a eu le temps d’exercer tout
son effet sous le verre sans être débordé par le métol, qui agit
beaucoup plus vite, mais qui ne pouvait pas se renouveler; tandis
que, dans le liquide libre, les molécules de métol viennent remplacer
celles qui sont usées et poussent de plus en plus l’image au gris et
au noir avec tendance au voile. En opérant la dégradation dans le
— 522
sens vertical, vers le ciel, on obtient en même temps des premiers
plans accentués à tons noirs et des lointains atténués à tons violets.
Une autre plaque, de même espèce, a été impressionnée sous le
même cliché par une lumière diffuse moins forte et a été entière¬
ment recouverte du verre dans un bain moyen d’hj^droquinone et
de métol à parties égales. Le verre a été enlevé et vivement replacé
trois fois. Le ton violet a presque entièrement disparu. En augmen¬
tant la proportion de métol, on pousse de plus en plus aux tons
noirs et le verre ménage les blancs.
Ces quelques exemples montrent les services précieux que le
développement confiné peut rendre dans des cas fréquents ; j’engage
vivement les amateurs à en faire l’essai avec le révélateur qu’ils
ont l'habitude d’emploj^er.
(Bulletin de la Société française de Photographie.)
fiote sur l’Orthochromatisme
appliqué à la microphotographie
PAR M. MONPILLARD
Déposée à la Société française de Photographie en séance du 5 mars 1898.
LA séance de la Société française
de Photographie, en date du
5 mai 1893, j’ai eu l’honneur de
faire une communication sur l’ap¬
plication des procédés ortho¬
chromatiques à la Microphoto¬
graphie (1).
A la Note mentionnant cette communication, était joint un
tableau dans lequel se trouvaient résumés les principaux cas
pouvant se présenter dans la pratique; dans ce tableau j’indiquais,
pour chacun d’eux, quels étaient l’écran coloré et la substance ortho-
chromatisante qu’il fallait employer pour arriver à obtenir d’un
sujet coloré monochrome ou polychrome une image satisfaisante.
Depuis cette époque, l’expérience m’a prouvé que la couleur seule
de l’objet ne pouvait entièrement suffire pour guider l’opérateur sur
le choix de l’écran coloré et de la substance orthochromatisante, ou
de la nature de la couche sensible.
(1) Bulletin de l’Association, 20e année, 1893, p. 493-
524 —
En effet, l’image positive microphotographique est toujours des¬
tinée à la démonstration ; elle devra donc faire valoir avec le plus
d’évidence possible les particularités intéressantes de l’objet décrit
ou observé.
Il en résulte que non seulement cette image devra nous donner
autant que possible une impression absolument exacte du champ
microscopique lui-même, mais que, dans certains cas, il sera utile de
profiter de certaines colorations naturelles ou artificielles de l’objet
lui-même pour faire valoir, accentuer, exagérer même certaines
régions de façon à obtenir en quelque sorte une épreuve schéma¬
tique.
Le résultat définitif qu’il s’agit d’obtenir est donc une des consi¬
dérations qui doivent entrer en ligne de compte dans le choix des
écrans colorés et dans celui de la couche sensible.
Deux autres considérations ont aussi une grande importance, ce
sont : l’intensité de la coloration de l’objet et la nuance de cette
coloration.
Ces trois considérations, comme nous allons le voir, étant intime
ment liées entre elles, doivent être observées par l’opérateur lors¬
qu’il se trouve, comme c’est la majeure partie des cas, en présence
de sujets présentant une ou plusieurs colorations.
INFLUENCE DE L’iNTENSITÉ ET DE LA NUANCE DE LA COULEUR
d’un OBJET.
Couleur jaune. — Dans le tableau dont je parle plus haut, et qui
fait suite à ma Note du 15 mai 1893, j’indique que pour photogra¬
phier au microscope un objet coloré en jaune et en obtenir une
image correcte, .il est nécessaire de noyer l’objet dans une lumière
monochromatique jaune et recevoir l’image sur une plaque sensibi¬
lisée pour ces radiations au moyen de l’érythrosine.
A l’appui de ce que j’avançais, j’ai montré à la séance deux pro¬
jections d’un même objet photographié en lumière blanche sur une
plaque ordinaire, puis en lumière jaune avec une plaque orthochro-
matisée par l’érythrosine.
Il s’agissait d une patte de guêpe, objet de coloration jaune tirant
très légèrement sur le brun, en un mot d’un jaune bien soutenu.
Il a été facile de voir, par la comparaison des deux images posi¬
tives, que la plaque ordinaire ne nous avait donné qu’une image
représentant une silhouette absolument noire, sans aucun détail et
permettant de croire que la patte en question était opaque. La com¬
binaison de l’écran jaune avec la plaque orthochromatique nous
avait, au contraire, permis d’obtenir une image nous montrant une
patte complètement transparente, sur la surface de laquelle se déta¬
chent de nombreux poils nettement et vigoureusement accusés.
La même expérience, répétée sur des objets divers, de teinte, de
nuance et d’intensité presque semblables, donne toujours des résul¬
tats aussi satisfaisants.
Mais si, par exemple, nous désirons photographier une prépara¬
tion de certains pollens dont la nuance est d’un jaune très pur et
souvent assez légère, et si, éclairant cette préparation au moyen de
la lumière émise par l’écran jaune, nous en recevons l’image sur une
. plaque sensibilisée pour cette couleur du spectre, sur le négatif ainsi
obtenu, l’image ne s’enlèvera pas sur le fond et se confondra presque
avec lui.
Cet exemple nous montre ici l’importance qu’il y a à prendre en
considération la nuance de la couleur de l’objet.
Dans le cas présent, il est clair qu’il devient nécessaire de modé¬
rer l’actinisme de la couleur propre de l’objet lui-même afin que son
image, impressionnant la plaque sensible moins rapidement que le
fond lui-même, s’enlève sur celui-ci et s’en détache nettement au
tirage positif.
Quelle est la couleur de l’écran que nous devons choisir, quelle
sera la nature de la plaque sensible qui devra être utilisée?
C’est ici que l’opérateur devra prendre en considération l’intensité
de la couleur de l’objet à photographier.
En effet, si l’objet, bien que de couleur vive, est d’un jaune
intense, un retard suffira pour obtenir une bonne image bien
détaillée; un arrêt complet serait évidemment nuisible, car il nous
conduirait à l’obtention d’une simple silhouette sans détails dans les
parties jaunes.
Ce retard sera aisément obtenu par l’emploi d’un écran vert,
l’image reçue sur une plaque sensible au jaune et au vert.
— 526 —
Cet écran peut être constitué comme suit :
Eau distillée . 100
Vert sulfoconj ugué J . 2,2
Acide acétique : quelques gouttes.
Cette solution de vert contient suffisamment de bleu pour modérer
légèrement l’action du jaune et retarder son impression.
Enfin, si la coloration de l’objet est très faible, ce qui est le cas
de certains tissus histologiques après traitement au picro-carmin,
suivi de décoloration partielle, pour permettre à l’image de se déta¬
cher du fond, il ne faudra pas hésiter à absorber complètement cette
faible couleur jaune de l’objet en noyant celui-ci dans une lumière
bleue, et recevant l’image sur une plaque au géîatinobromure non
orthochromatique.
L’écran sera constitué par la solution suivante :
Eau . 100
Sulfate de cuivre . 20
Ammoniaque : quantité suffisante pour redissoudre le
précipité.
Supposons maintenant que nous nous trouvions en présence d’un
objet de couleur jaune tirant fortement sur le brun et d’intensité
assez considérable.
Le choix des écrans et des plaques variera encore suivant l’inten¬
sité et la nuance de la coloration.
Si nous nous trouvons en présence de nuances franches, jaune
orangé ou brunes, résultant d’une coloration artificielle obtenue au
moyen des couleurs d’aniline, nous pourrons opérer, comme pour
la patte de guêpe, en éclairant l’objet avec une lumière jaune et
recevant l’image sur une plaque orthochromatisée pour cette radia¬
tion.
En présence d'une nuance brune ou jaune orangé un peu intense,
il faudrait recourir à l’écran orangé constitué par une solution de
bichromate de potasse à 8 p. c.
Enfin, si, en présence d’une coloration jaune orangé tirant sur le
rouge, nous constatons que l’association de l’écran orangé avec la
plaque sensible au jaune ne donne pas une image suffisamment
527
détaillée, il y aura alors lieu de recueillir celle-ci sur une plaque
orthochromatisée pour les radiations rouges.
L’opérateur pourra se trouver en présence de certaines colora¬
tions d’un brun intense résultant soit de la nature même de l’objet à
examiner (fossiles), soit des opérations auxquelles il a fallu se livrer
sur la pièce en vue d’en montrer certains détails de structure.
L’expérience m’a démontré que, dans la plupart des cas, il y avait
toujours avantage à recevoir l’image sur une plaque orthochroma¬
tisée pour les rayons rouges, que l’objet fût éclairé par la lumière
jaune ou la lumière orangée.
L’image obtenue au développement gagnait en harmonie alors
qu’elle aurait présenté de trop violents contrastes si elle avait été
recueillie sur une plaque sensible seulement aux radiations jaunes.
Enfin, dans les cas extrêmes, en présence de colorations d’un
brun foncé tel que l’observation microscopique était elle-même fort
pénible, je suis parvenu à obtenir, à de forts grossissements, des
images absolument satisfaisantes en éclairant l’objet avec un écran
rouge constitué par une solution d’érythrine à 0,2 p. c. et recevant
l’image sur une plaque sensible au jaune et au rouge.
Résumé.
Couleur.
Nuance et intensité.
1 très clair ....
i pur et vif. . . .
l jaune brun moyen .
Ecran.
. . Vert.
. . Jaune.
Couche sensible.
Emulsion ordinaire.
Erytlirosinc ou plaques Lumière
B B B
Jaune,
J » orangé vif. .
. . »
B B »
Jaune orangé,
( » » foncé .
. . Orangé.
» » »
Brun
j b d rouge.
1 brun .
f b foncé . . .
\ b très foncé . .
. . »
. . Orangé.
. . Rouge.
Cyanine ou plaques Lumière B.
Erythrosine ou plaques Lumière J
Cyanine ou plaques Lumière B.
B B B
Couleur verte. — L’objet vert peut être de nuance moyenne, soit
tirant sur le bleu, soit tirant sur le jaune.
L’intensité de la coloration peut être variable. Si la nuance est
moyenne et l’intensité de la coloration suffisante, il y aura certai¬
nement avantage à éclairer cet objet avec la lumière jaune et rece¬
voir l’image sur une plaque orthochromatisée pour le jaune et le
vert.
Si l’intensité de la coloration est assez, forte, il sera bon d em¬
ployer, pour recevoir l’image, certaines plaques particulièrement
— 528 —
sensibles aux radiations vertes; les plaques isochromatiques de
Capelli, de Milan et celles d’Otto Perutz, de Munich, sont dans
ce cas.
L intensité de la coloration est-elle faible, au contraire, l’écran
orangé pourra être employé avec avantage, car il aura pour effet
de retarder légèrement la venue du vert : l’image sera reçue sur
une plaque orthochromatisée pour les radiations jaunes et rouges.
Enfin, la coloration est-elle très faible, il sera nécessaire d’absor¬
ber complètement cette teinte verte pour permettre à l’image de se
détacher du fond ; l'écran rouge combiné à l’emploi d’une plaque
orthochromatisée pour cette radiation se trouve dès lors tout
indiqué.
Examinons maintenant les considérations résultant de la nuance.
Si le vert est bleuâtre (vert malachite , Victoria ), il est à crain¬
dre que l’écran jaune, absorbant les radiations bleues constituant
ici la presque majeure partie de la couleur verte, ne nous donne
une image peu lumineuse au tirage et dans laquelle les détails
sei ont noyés dans l’ombre ; il nous faudra donc modifier la couleur
de notre écran.
Ici intervient encore la question d’intensité de la nuance.
Si celle-ci est moyenne, l’écran vert laissant passer tout le jaune
et toutes les radiations vertes émanées de l’objet nous permettra de
recueillir sur une plaque sensible au jaune et au vert une image
satisfaisante au point de vue du rendu définitif.
Si elle est forte, il y aura avantage à éclairer l’objet avec la
lumière bleue qui, absorbant la petite quantité de jaune contenue
dans la couleur propre de l’objet, permettra à l’image de celui-ci de
bien s’enlever sur le tond; cet écran, laissant passer tous les rayons
bleus qui .sont en majorité, permettra à ceux-ci d’impressionner la
plaque sensible et d’obtenir une image satisfaisante au point de vue
de la venue des détails; il va sans dire que cette image sera reçue
sur une plaque ordinaire non orthochromatique.
E intensité du vert est-elle faible, il y aura, au contraire, avan¬
tage à retenir la plus forte partie possible des rayons bleus en vue
de permettre à l’objet de se détacher du fond, pour utiliser les radia¬
tions jaunes devant servir à donner la transparence; l’écran jaune,
— 529 —
combiné à une plaque sensible au jaune, donnera, dans ce cas, les
meilleurs résultats.
Enfin, cette intensité est-elle très faible, il nous faudra alors
absorber la presque totalité de la coloration de l’objet en éclairant
au moyen de la lumière orangée ou rouge et recueillant l’image sur
une plaque sensible pour ces radiations.
Des considérations de nature semblable nous conduisent à faire
choix, suivant l’intensité d’un objet de coloration vert jaune, d’un
écran vert combiné à une plaque particulièrement sensible à ces
radiations si l’intensité de la nuance est moyenne ; d’un écran jaune
combiné à une plaque sensible au jaune et au vert si elle est forte;
d’un écran bleu combiné à une plaque non orthochromatique si elle
est faible ; enfin d’un écran rouge combiné à une plaque sensible au
jaune et au rouge si la coloration de l’objet est excessivement faible.
Couleur.
Vert (
Nuance et intensité.
Résumé.
Ecran.
Couche sensible.
très léger . .
. . Rouge^
Cyanine ou plaques Lumière B.
léger . . .
. . Orangé.
» » »
Nuance
moyen . . .
. . Jaune.
Erythrosine ou plaques Lumière A.
moyenne
intense. . .
. . »
( Lumière A.
» ou plaques j Capelli.
très léger . .
. . Ronge.
1 Otto Perutz.
Cyanine ou plaques Lumière B.
léger . . .
. . Jaune.
Erythrosine ou plaques Lumière A.
Vert
bleuâtre
moyen . . .
. . Vert.
i Lumière A.
» ou plaques \ Capelli.
intense. . .
. . Bleu.
t Otto Perutz.
Emulsion ordinaire.
très léger . .
. . Rouge.
Cyanine ou plaques Lumière B.
léger . . .
. . Bleu.
Emulsion ordinaire.
Vert.
jaunâtre
moyen . . .
. . Vert.
t Lumière A.
Erythrosine ou plaques \ Capelli.
intense. . .
. . Jaune.
f Otto Perutz.
# » »
Couleur bleue et violette. — Dans la Note résumant ma commu¬
nication du 5 mai 1898, j’ai expliqué pourquoi la plaque photogra¬
phique ne pouvait enregistrer les objets de couleur bleue ou vio¬
lette que sous l’aspect d’une pâle grisaille se détachant mal du fond
et se confondant souvent complètement avec lui dans les demi-teintes .
J’ai montré, dans ce cas, l’utilité qu’il y avait à retarder, en l’ab¬
sorbant, l’action actinique du bleu et du violet par l’emploi d un
écran jaune ou orangé combiné avec celui d’une plaque orthochro-
matisée au moyen de l’érythrosine.
Lorsque la nuance est franche et l’intensité de la coloration
530
moyenne, ce mode opératoire répond parfaitement aux exigences de
la pratique et permet d’obtenir d’excellentes images s’enlevant bien
sur le fond et riches en détails.
Comme nous allons le voir par la suite, les considérations d’in¬
tensité et de nuance doivent ici particulièrement entrer en ligne de
compte pour diriger l’opérateur dans le choix des écrans et des
surfaces sensibles.
En effet, supposons que nous nous trouvions en présence d’un
objet présentant une coloration d’un bleu pur, mais dont l’intensité
soit un peu considérable ; la lumière jaune dont nous baignerons
l’objet pourra éteindre complètement la couleur propre de l’objet
lui-même; dans ces conditions, la plaque le verra en noir; le positif
obtenu d’après le négatif ainsi exécuté nous donnera une image s’en¬
levant vigoureusement sur le fond, mais dépourvue en totalité ou
en partie des détails intimes de la structure de l’objet photographié.
Nous avons dépassé le but, et, au lieu de modérer l’action trop
actinique du bleu, nous l’avons arrêtée.
L’expérience montre qu’en présence de colorations intenses,
l’écran jaune doit être remplacé par l’écran vert qui, laissant passer
une partie des radiations bleues, agit comme retardateur et permet
ainsi, en recueillant l’image sur une plaque particulièrement sensi¬
ble aux radiations vertes, d’obtenir un négatif qui, au tirage, nous
donnera une impression exacte de la nature de l’objet tant au point
de vue de l’ensemble que des détails.
Enfin, si, dans un cas extrême, nous nous trouvions en présence
d’une coloration bleue tellement intense que l’écran vert agît encore
avec trop d’énergie au point de vue du retard apporté dans la venue
de l’image, il n’y aurait pas à hésiter à baigner l’objet dans sa
lumière propre, obtenue au moyen de l’écran bleu, et à en recevoir
l’image sur une plaque ordinaire non orthochromatique.
C’est là, je le répète, un cas extrême, mais qui s’est cependant pré¬
senté; le mode opératoire que je viens de décrire m’a parfaitement
réussi.
Si l’intensité de la coloration est faible, nous aurons toujours
avantage à retarder le plus possible l’impression des radiations
bleues en les absorbant au moyen de l’écran jaune ou orangé et
recevant l’image sur une plaque sensible au jaune.
— 531 —
Examinons maintenant la question de la nuance qui, comme nous
allons le voir, joue un rôle important au point de vue du mode
opératoire.
A côté des bleus purs de nuance franche et bien définie, nous
nous trouvons souvent en présence de colorations tirant tantôt sur
le vert, tantôt sur le violet.
Dans la première catégorie se rangent certains bleus d’aniline
employés en Bactériologie (bleu de méthylène).
Dans la seconde nous trouvons les violets, également fort employés
en Bactériologie (violet méthyl, de Paris, de fuchsine), ainsi que
cette couleur bleu violacé, l’hématine, si fréquemment employée
pour la coloration des tissus histologiques.
Les colorations données par le bleu de méthylène sont générale¬
ment d’intensité moyenne, plutôt faible, rarement très intenses.
Dans la majeure partie des cas, l’emploi de l’écran jaune, combiné
à celui d’une plaque sensibilisée pour cette radiation, donne des
résultats absolument satisfaisants.
Si l’intensité de la coloration de l’objet était par trop faible pour
que l’image de celui-ci, malgré l’emploi de l’écran jaune, ne se
détachât pas suffisamment du fond, il y aurait lieu de le remplacer
par l’écran orangé.
Enfin, si, exceptionnellement, la coloration de l’objet était intense,
l’emploi de l’écran vert, combiné à celui d’une plaque particulière¬
ment sensible à cette radiation, donnera un excellent résultat.
Quant aux colorations violettes, ainsi que celles données par
l’hématine (bleu violacé), elles nécessitent, en raison des grandes
variétés qu’elles présentent dans leur intensité, un mode opératoire
tout à fait spécial dont je vais donner la description.
Si nous éclairons un objet coloré en bleu violet au moyen d’un écran
jaune, les radiations bleues se trouvent absorbées, tandis que les radia¬
tions rouges passent et viennent concourir à la formation de l’image;
dans ces conditions, la plaque photographique voit l’objet se déta¬
chant sur un fond jaune, l’objet lui-même étant d’un gris rougeâtre.
De cette observation nous nous trouvons conduit, comme nous
allons le voir, à employer une surface sensible de nature différente
suivant l’intensité de la coloration même de l’objet.
En effet, cette coloration est-elle d’intensité moyenne, l’emploi de
532 -
la plaque sensible aux radiations rouges sera tout indiqué; l’expé¬
rience prouve du reste que les résultats obtenus dans ces conditions
sont en tous points satisfaisants ; l’image obtenue se détache vigoureu¬
sement du fond, tout en montrant, par suite de l’utilisation parla pla¬
que des radiations rouges, les détails de structure de l’objet observé.
Si la coloration est assez intense, il y a avantage à éclairer l’objet
avec un écran vert qui, laissant passer une grande partie des radia¬
tions bleues, permet d’obtenir la transparence de l’objet et ses
détails de structure, tandis que, par l’absorption des radiations
rouges, l’image reçue sur une plaque particulièrement sensible aux
radiations vertes se détache bien du fond.
Enfin, dans des cas extrêmes de colorations très intenses avec
l’hématine, j’ai obtenu de bonnes images de préparations presque
opaques, en éclairant l’objet avec un écran bleu foncé et recevant
l’image sur une plaque sensible au rouge; dans ces conditions, j’uti¬
lisais en effet la totalité des rayons émanés de l’objet et résultant de
sa propre coloration.
Si la coloration est faible, nous aurons avantage à retarder le plus
possible l’impression lumineuse de l’image propre de l’objet en
éclairant celui-ci au moyen de la lumière jaune et recevant cette
image sur une plaque sensible au jaune.
Enfin, si la coloration est très légère, l’écran orangé éteignant les
bleus d’une façon complète nous donnera, avec la plaque sensible
aux radiations jaunes, le résultat cherché.
Résumé.
Couleur. Nuance et intensité.
Orangé. Erylhrosine ou plaques Lumière A.
Jaune. » » »
Ecran.
Couche sensible.
Vert. Erythrosine ou plaques l Capelli.
/ Otto Perutz.
| Lumière A.
Erythrosine ou plaques \ Capelli.
/ Otto Perulz.
Bleu. Emulsion ordinaire.
Orangé. Erylhrosine ou plaques Lumière A.
Jaune. # » »
Emulsion ordinaire.
Erylhrosine ou plaques Lumière A.
\ Lumière A.
Vert. Erylhrosine ou plaques < Capelli
/ Otto Perulz.
Orangé. Erylhrosine ou plaques Lumière A.
Orangé. Erylhrosine ou plaques Lumière A.
Jaune. » » »
Violet \ moyen
et {
bleu violet / intense
Vert. Erylhrosine ou plaques ] Capelli.
» Cyanine ou plaques Lumière B.
Lumière A.
/ Ôllo Perutz.
très intense . . Bleu foncé. Cyanine ou plaques Lumière B.
— 533 —
Couleur rouge. — Les nuances rouges présentées par les objets
observés au microscope résultent pour la plupart de colorations
artificielles données au moyen de réactifs appropriés en vue de faire
valoir des détails de structure de ces objets.
Ces colorations, fort diverses au point de vue de la nuance, peu¬
vent varier depuis le rouge orangé jusqu’au rose violacé ; de plus,
elles peuvent présenter beaucoup d’intensités différentes.
Ces considérations, comme nous allons le voir, nécessitent des
modifications importantes dans le mode opératoire au point de vue
du choix des écrans et des surfaces sensibles.
Si, comme je l’ai indiqué dans ma Note du 15 mai 1893, il est
facile d’obtenir une image photographique très satisfaisante d’un
objet rouge, en éclairant celui-ci au moyen d’un écran jaune ou
orangé et recevant l’image sur une plaque sensible aux radiations
jaunes et rouges, il n’en est pas toujours ainsi dans la pratique.
Si, en effet, la coloration propre de l’objet est un peu intense,
l’image, vue par la surface sensible, sera composée de rayons aussi
actiniques pour celle-ci que ceux du fond sur lequel elle ne pourra
s’enlever avec vigueur ; il nous faudra donc modifier notre mode
opératoire pour arriver à un résultat plus satisfaisant.
Pour les objets présentant une couleur rouge orangé, résultant,
par exemple, du traitement au picro-carmin ou au ponceau d’ani¬
line, lorsque l’intensité de cette coloration est moyenne, l’écran
jaune combiné à la plaque sensible au rouge donnera d’excellents
résultats
Si la coloration était plus intense, il y aurait avantage à remplacer
l’écran jaune par l’écran orangé.
Enfin, en présence de colorations très intenses, il devient alors
nécessaire de baigner l’objet dans sa lumière propre en l’éclairant
au moyen de l’écran rouge, et, bien entendu, de recevoir l’image
sur une plaque présentant son maximum de sensibilité pour ces
radiations; une plaque au gélatinobromure, fraîchement orthochro-
matisée avec la cyanine, donnera, dans ces conditions, des résultats
absolument satisfaisants.
Examinons maintenant le cas des faibles colorations.
Si celles-ci sont peu intenses, l’emploi de l’écran jaune, combiné
38
— 534 —
à celui d’une plaque sensible au rouge, nous conduit, comme nous
l’avons vu, à l’obtention d’une image se confondant en partie avec
le fond ; pour lui permettre de s’en détacher, il devient donc néces¬
saire d’en retarder la venue au bénéfice de celui-ci, résultat facile
à obtenir en remplaçant la plaque sensible aux radiations jaunes et
rouges par une plaque orthochromatisée seulement pour les rayons
jaunes.
Dans ces conditions, une partie seulement des radiations émanées
de l’objet, les radiations jaunes, impressionnent la couche sensible
d’une façon suffisante pour faire apparaître les détails de structure
de l’objet, tandis que les rayons rouges, ne pouvant produire
aucune impression photogénique, ne seront pas, en quelque sorte,
vus par la plaque; il en résulte que l’image de l’objet pourra s’en¬
lever nettement sur le fond, bien s’en détacher, tout en possédant
des détails de structure susceptibles d’être vus par transparence.
Suivant l’intensité de la nuance de l’objet, nous utiliserons tantôt
l’écran jaune si la coloration est encore soutenue ou la nuance
tirant davantage sur le jaune, tantôt l’écran orangé si la coloration
est un peu plus intense ou si la nuance tire davantage sur le rouge.
De toute façon, l’image sera reçue sur une plaque sensible seule¬
ment aux radiations jaunes.
Enfin, si la coloration de l’objet est excessivement faible, nous
aurons avantage à retenir la majeure partie des rayons résultant de
sa couleur propre, en les absorbant au moyen de l’écran vert et rece¬
vant l’image sur une plaque spécialement sensible à ces radiations.
Les colorations rouge violacé nous sont données par le carmin,
la fuchsine, l’éosine, la safranine.
Un objet de coloration moyenne comme intensité, éclairé avec un
écran jaune et dont l’image est reçue sur une plaque orthochroma¬
tisée pour les radiations jaunes et rouges, nous donnera un négatif
satisfaisant en ce sens que ces radiations rouges, émanées de l’objet
impressionnant la plaque, nous donneront les détails de structure,
tandis que les radiations bleues se trouvant absorbées par l’écran
jaune concourront à retarder l’impression lumineuse de l’image de
l’objet par rapport à celle du fond dont il se détachera alors nette¬
ment lors du tirage des positifs.
Suivant la coloration plus ou moins intense présentée par l’objet
ou le reflet plus ou moins riche en bleu que nous montre cette
coloration, nous choisirons tantôt l’écran jaune, tantôt l’écran
orangé, selon que nous jugerons utile de réaliser une plus ou
moins grande absorption de ces rayons bleus au profit des rayons
rouges ; c’est là un choix que la pratique seule peut indiquer avec
certitude.
Si la coloration est intense, nous aurons alors avantage à utiliser
la majeure partie des rayons résultant de la couleur propre de
l’objet et à éclairer celui-ci au moyen d’un écran donnant des ra}rons
rouges purs, c’est-à-dire des rayons qui ne soient pas rouge orangé;
une solution de fuchsine, par exemple, remplirait le but ; l’image
reçue, bien entendu, sur une plaque sensible aux radiations
rouges.
Bien que n’ayant pas encore, dans la pratique, rencontré ce cas
particulier, j’ai cru cependant utile de le signaler.
Enfin, si la coloration est de faible intensité, nous aurons avan¬
tage, pour obtenir une image montrant les détails de structure de
l’objet et se détachant du fond, à utiliser les rayons bleus émanés
de sa couleur propre pour en obtenir les détails et à négliger
l’action des rayons rouges en vue de retarder l’impression de l’image
par rapport à celle du fond.
Dans ces conditions, nous nous trouvons conduits à éclairer notre
objet au moyen d’un écran bleu et à recevoir l’image sur une
plaque ordinaire non orthochromatique.
Dans certains cas, particulièrement pour les objets faiblement
colorés à l’éosine bleuâtre ou à la safranine, de bons résultats sont
obtenus en éclairant l’objet au moyen d’un écran jaune ou orangé et
en recevant l’image sur une plaque sensible au jaune.
Enfin, dans les cas de coloration excessivement faible, il y a
avantage à absorber complètement la teinte rouge au moyen d’un
écran vert et à recevoir l’image sur une plaque particulièrement
sensible à cette radiation.
— 536 —
Résumé.
Couleur.
Rouge
Nuance et intensité.
Écran.
très léger. . . .
. Vert,
Rouge 1
jaunâtre ,
) léger j • '
) moyen .
intense .
. Orangé.
Orangé.
très intense . .
. Rouge.
|
' très léger. . . .
. Vert.
Rouge ,
hleuâlre
!
1 ..
léger .
’ moyen .
. intense .
( Bleu.
' Jaune.
»
. Rouge.
Couche sensible.
I Lumière A.
Erythrosinc ou plaques < Capelli.
I Ollo Perulz.
| Erylhrosine ou plaques Lumière A.
Cyaninc ou plaques Lumière A.
»
j Plaque fraîchement orlhochromatisée
‘ à la cyaninc.
1 Lumière A.
Erylhrosine ou plaques Capelli.
' Ollo Perutz.
Emulsion ordinaire.
Erylhrosine ou plaques Lumière A.
Cyanine ou plaques Lumière B.
CONSIDÉRATIONS BASÉES SUR LE RÉSULTAT DÉFINITIF
qu’il s’agit d’obtenir.
J’ai dit que le résultat définitif qu’il s’agissait d’obtenir devait
entrer également en ligne de compte au point de vue du choix de
l’écran coloré et de la nature de la surface sensible, et qu’en pro¬
fitant de certaines colorations présentées par les préparations
microscopiques devant être photographiées, il était possible d’accen¬
tuer, d’exagérer même certains détails de structure et de schématiser
en quelque sorte l’épreuve définitive.
Les quelques exemples qui vont suivre vont faire comprendre
ma pensée.
Lorsque nous devons photographier des bactéries qui sont, en
vue de les rendre visibles, souvent colorées en bleu, violet ou rouge,
il est recommandé, et avec juste raison, d’éclairer la préparation
en interposant un écran jaune et de recevoir l’image sur une plaque
orthochromatique sensible au jaune et au vert.
Dans ces conditions, nous obtenons en effet d’excellentes images
dans lesquelles les bactéries se détachent nettement et vigoureuse¬
ment sur le fond.
Il doit en être ainsi, car si ces bactéries sont colorées en bleu ou
en violet suffisamment intense, leur couleur propre se trouve être
absorbée par celle de l’écran et la plaque orthochromatique les voit
en noir se détachant sur un fond possédant pour elle son maximum
de luminosité.
— 537 —
Si ces mêmes bactéries sont colorées en rouge par la fuchsine, le
résultat est le même ; la faible partie des rayons bleus contenus dans
ce rouge est absorbée par l’écran ; quant à la couleur rouge, elle
passe, il est vrai, tout entière, mais elle n’est pas vue par la couche
sensible, puisque celle-ci ne possède aucune sensibilité pour ces radia¬
tions. De même que pour les colorations bleue et violette, cette pla¬
que voit les bactéries en noir se détachant sur un fond lumineux.
Or, si nous désirons montrer par une photographie la présence du
staphylocoque doré, par exemple, dans un exsudât quelconque,
le résultat obtenu dans cés conditions sera absolument suffisant et
répondra en tous points à ce desideratum.
Il n’en serait pas de même si nous voulions donner une idée
exacte de la nature et de la forme de ce staphylocoque.
En effet, que nous montre la photographie positive que nous
obtenons du négatif exécuté comme il est dit plus haut?
Nous y voyons les uns à côté des autres de petits cercles noirs
de dimension régulière se détachant bien sur le fond blanc ; mais
nous n’y voyons que des cercles et cette image ne nous dit pas si
chaque grain constituant cette bactérie est un disque ou une
sphère. En un mot, nous n’avons pas par la vue de ce positif la
notion exacte de la véritable forme de cette bactérie.
Supposons que la coloration de la préparation soit rouge et, sans
changer la couleur de l’écran, recevons l’image sur une plaque
sensible aux radiations rouges.
Le positif obtenu d’après le négatif ainsi exécuté présente un
tout autre aspect que celui que nous venons d’examiner.
Chaque grain de staphylocoque présente un point brillant qui
nous donne d’une façon absolument évidente pour chacun d’eux
l’apparence d’une petite sphère ; nous nous trouvons donc de cette
façon complètement renseigné sur la véritable forme de cette
bactérie.
Le même raisonnement m’a permis d’obtenir une intéressante
photographie du bacille de la peste coloré en bleu violet, dans
laquelle chaque élément montre avec netteté le point de réfringence
ainsi que la matière protoplasmique réunissant encore certains
d’entre eux avant leur complète séparation.
— 538 —
Il serait facile de multiplier ces exemples à l’infini; ceux-ci suffi¬
ront pour montrer à quel point le résultat définitif qu’il s’agit
d’obtenir doit entrer en ligne de compte dans la photographie au
microscope des objets colorés.
En profitant de certaines colorations, et en faisant valoir en les
accentuant, certains détails de structure intéressants à mettre en
évidence, il est possible de schématiser en quelque sorte par la
photographie même.
Les injections, par exemple, sont souvent utilisées en histologie
pour montrer certains systèmes de vaisseaux excessivement
ténus.
Pour exécuter ces injections, la couleur dissoute dans la gélatine
chaude est poussée par une pression lente et continue dans une des
grosses ramifications dépendant du système des vaisseaux que l’on
désire faire disparaître; cette gélatine colorée s’y répand peu à peu
et s’y coagule ensuite par le refroidissement. La topographie du
système qu’il s’agit d’étudier se trouve ainsi dessinée d’une façon
parfaite.
Supposons que nous nous trouvions en présence d’une prépara¬
tion de villosités intestinales dont les capillaires aient été injectés
au carmin; les vaisseaux se détachent en rouge sur une membrane
jaunâtre.
Peu nous importe le contenu des vaisseaux, nous savons qu’il n’a
aucune importance; ce qui est essentiel, c’est de les rendre évidents
et d’en bien montrer la topographie.
Dans ces conditions, nous avons tout avantage à éviter toute
impression lumineuse de la part de ces parties rouges et, par consé¬
quent, de choisir une plaque non sensible à ces radiations.
D’autre part, étant donné que la paroi intestinale est d’un jaune
peu intense et qu’il est nécessaire qu’elle se détache légèrement du
fond afin qu’elle apparaisse au tirage, il nous faudra employer un
écran vert qui laissera passer le jaune sans toutefois lui permettre
d’impressionner la plaque avec une intensité telle que l’image de
cette région se confonde avec le fond.
Donc, pour exécuter cette photographie en vue de faire valoir ce
réseau capillaire, nous nous trouvons, dans ces conditions de colo-
— 539 —
rations, amenés à choisir un écran vert et, par conséquent, une
plaque particulièrement sensible à cette radiation.
Si la paroi intestinale s’était trouvée être trop peu colorée en
jaune, il y aurait eu alors avantage à recourir à l’emploi d’un écran
bleu en vue d’arrêter complètement ce jaune, afin que l’image de
la paroi se détachât bien du fond. La plaque employée serait, bien
entendu, recouverte d’une émulsion ordinaire non orthochroma¬
tique.
Les colorations obtenues par la méthode de Gram employée en
Bactériologie, principalement pour faire apparaître les bactéries en
place dans les tissus, peuvent être mises à profit au point de vue
photographique pour bien mettre en évidence et faire ressortir la
présence de ces microorganismes.
Peu nous importe ici que nous obtenions de ces bactéries de
simples silhouettes ; nous ne cherchons pas en effet à donner une
idée exacte de leur forme; ce que nous désirons, c’est montrer
nettement leur présence et la manière dont elles se trouvent répan¬
dues dans le tissu.
Nous devrons donc faire en sorte que ces bactéries soient vues
en noir par la plaque photographique, se détachant sur le tissu en
demi-teinte, le tout s’enlevant sur le fond qui devra rester blanc.
Or, par la méthode de Gram, les bactéries sont colorées en bleu
violet, les tissus en rose au moyen de l’éosine.
L’emploi d’un écran jaune ou orangé nous permettra d’absorber
complètement la couleur bleue de la bactérie et de faire apparaître
celle-ci en noir.
Quant au choix de la nature de la surface sensible à employer,
il dépendra de l’intensité de la coloration du tissu.
Cette coloration, comme je le dis plus haut, est rose, le plus sou¬
vent légèrement bleuâtre ; ce qu’il peut y avoir de bleu dans cette
teinte étant absorbé par l’écran, il nous reste les radiations rouges.
Si la coloration est assez intense, nous recevrons l’image sur
une plaque sensible au rouge qui, dans ces conditions, enregistrera
celle du tissu comme elle le ferait d’une grisaille sur laquelle se
détacheront en noir les bactéries.
Si cette coloration est trop légère et que l’image du tissu,
impressionnant trop fortement la plaque sensible au rouge, au
risque de se confondre avec le fond, nous emploierons alors une
plaque sensible au jaune.
Dans ces conditions, le rendu définitif obtenu sera absolument
satisfaisant.
Objets polychromes. — En présence d’objets polychromes, dont
il s agit d obtenir des clichés donnant par leurs contrastes les
valeurs îelatives des couleurs qui s’y trouvent contenues, nous nous
inspirerons, pour diriger notre choix d’écrans et de surfaces sen¬
sibles, des indications données dans le cours de cette Note.
Dans certains cas, l’emploi des plaques panchromatiques Lumière,
combine a celui d un écran jaune, donnera d’excellents résultats.
Dans la pratique, une grande multiplicité de tons et de couleurs
dans un même objet est assez rare, sauf lorsqu’il s’agit d’étudier
certaines roches en lumière polarisée ; il se produit alors dans le
champ observe des colorations souvent très vives et très variées,
qui nécessitent l’emploi des glaces panchromatiques.
Le plus souvent, nous nous trouvons en presence de colorations
doubles, obtenues en vue de faire valoir certains détails de struc¬
ture et dont il est presque toujours facile de tirer un bon parti au
point de vue photographique.
Telles sont les quelques observations relatives à la photographie
au microscope des objets colorés que je désirais exposer ici.
Résumé de nombreux essais, j’ai cru devoir les développer, en
vue surtout de montrer que, par l’emploi judicieux et raisonné des
écrans colorés, et en raison des propriétés nouvelles et variées que
présentent aujourd’hui les couches sensibles que nous avons à notre
disposition, il est facile d’obtenir des images d’une perfection
absolument satisfaisante et largement suffisantes pour servir à la
démonstration.
J espère, dans quelques mois, pouvoir présenter à la Société
française de Photographie un autre travail sur la Photographie des
objets colorés, faisant suite à celui-ci et ayant trait à cette question
si importante que j’étudie depuis plusieurs années : l’application
des procédés orthochromatiques à la Microphotographie.
( Bulletin de la Société française de Photographie.)
@^\a^5îw5!vv j^vjÿîwi^i>îiA^w5î^^ l 9\a £KaJ2xaj!J> a<5W?i v d\^P^(dtxAd^- (
Les Plaques sur Yitrose rigide
erions-Nous enfin en possession
d’une bonne plaque pelliculaire?
La maison Lumière, de Lyon,
nous a fait parvenir les nouveaux
produits qu’elle met en vente et
qui se divisent en deux catégories :
1° Plaques sensibles au géla¬
tino-bromure d'argent sur vitrose
rigide d’une très grande légèreté, d’un maniement facile, inexten¬
sibles et imperméables formées par le couchage de l’émulsion sur un
nouveau support : la vitrose (1) dont la transparence et la raideur
sont supérieures à celles du celluloïd. Par l’intermédiaire de « porte-
plaques » très simples livrés soit en même temps que les vitroses,
soit séparément, ces nouvelles préparations peuvent être employées
comme les plaques-verre, dans tous les appareils.
2° Pellicules sensibles sur vitrose souple, pour les châssis à rou¬
leaux ainsi que pour la cinématographie.
Ces nouveaux supports sont recouverts de la même émulsion
extra-rapide que les plaques étiquette bleue ou, sur demande, de
toute autre émulsion de la maison Lumière.
(I) Ce support est manufacturé par la Société anonyme des Pellicules fran¬
çaises, dirigée par M. V. Planchon, qui avait mis dans le commerce, il y a quel¬
ques années, les plaques auto-tendues.
— 542 —
Les fabricants ont éliminé de la composition des supports tous les
produits susceptibles d’altérer le gélatino-bromure d’argent.
Les résultats obtenus au point de vue de la conservation per¬
mettent de garantir celle-ci pendant six mois si les produits sont
convenablement mis à l’abri de l’humidité et de la chaleur.
Les plaques sur vitrose rigide ont une épaisseur d’environ 2/10es de
millimètre et leur rigidité est telle qu’on peut les manier dans les
différents bains avec autant de facilité que des plaques-verre. Leur
poids est approximativement le douzième de celui des plaques-verre
de même dimension.
Une innovation souvent réclamée : chaque boîte ou pochette
porte sur l’étiquette la date de la préparation.
Les porte-plaques sont formés d’une feuille de carton noir et d’un
cadre métallique. Il suffit de glisser la plaque vitrose entre le cadre
et le carton et de placer le tout dans la feuillure du châssis.
Pour les appareils à main munis de châssis métalliques, on peut
placer directement la plaque vitrose libre dans les châssis en insi¬
nuant entre la plaque et le métal une feuille de carton mince.
Enfin, la maison Lumière prépare pour les photo-jumelles des
séries de 20 vitroses montées sur porte-plaques calibrés à la dimen¬
sion des appareils et s’escamotant directement sans faire usage des
gaines métalliques habituelles. La contenance de la photo-jumelle
se trouve ainsi augmentée sans aucune modification dans sa cons¬
truction et l’on réalise une économie de poids qui n’est pas à
dédaigner.
Les porte-plaques sont numérotés au dos.
L’adjonction d’un porte-plaque à chaque vitrose sensible entraîne
nécessairement une augmentation de prix, mais il est à remarquer
que ces supports peuvent servir à nouveau et qu’il suffit d’y intro¬
duire de nouvelles vitroses libres livrées en pochettes à un prix
moins élevé.
Au moment du développement on sort la vitrose de son porte-
plaque par un tour de main très simple qui consiste à donner à
l’ensemble une secousse brusque dans le sens de l’ouverture ; par
son inertie la vitrose se dégage et peut être retirée ensuite très
facilement.
— 543 —
Nous avons essayé les nouvelles plaques vitroses rigides et elles
nous ont donné complète satisfaction.
Développées à l’orthol elles nous ont donné des négatifs d’une
très grande pureté absolument comparables à des clichés sur verre
et nous n’avons trouvé aucune difficulté à leur maniement.
Aucune précaution spéciale n’est à indiquer pour le développe¬
ment, les lavages et le fixage qui se font comme s’il s’agissait d’une
glace.
Après le dernier lavage, les vitroses sont mises à sécher en les
suspendant par un angle au moyen d’une épingle. La dessiccation
terminée, les vitroses sont à peine arquées; elles reprennent une
planimétrie complète par quelques heures de séjour sous un livre
ou en les conservant maintenues dans les gaines primitives.
Les Sections de l’Association étant actuellement en vacances,
nous n’avons pas voulu tarder davantage à présenter ces nouveaux
produits à nos membres, qui, espérons-le, pourront encore en
faire l’essai dans leurs excursions et à la rentrée nous communi¬
quer les résultats qu’ils auront obtenus.
Ch. P.
De la Profondeur de Champ -s
- -
ans le Photographie Times
du mois d’avril 1897, le sujet
de la profondeur de champ
des objectifs fut discuté par
l’auteur. Le même sujet fut
aussi discuté avec des ta¬
bleaux de profondeur de
champ à l’appui, dans le
Bulletin de l’Association
Belge de Photographie du mois de juillet 1897 (1). Dans ce der¬
nier article, la profondeur de champ se trouvait déterminée au
moyen de formules qui donnaient, par rapport à l’objectif, les dis¬
tances de la profondeur rapprochée et éloignée ; dans le premier
article, la même profondeur était déterminée au moyen de formules
qui donnaient les distances mesurées à partir d’une seule longueur
tocale devant l’objectif. Une étude plus approfondie du sujet
démontre clairement que si la distance jusqu’à la profondeur de
champ est mesurée à partir de la mise au point, les formules devien¬
nent beaucoup plus simples et faciles. Il semblerait aussi que les
distances ainsi données fussent préférables en pratique à celles dont
il avait tout d’abord été question.
(1) Sur la profondeur de champ des objectifs photographiques par V. Hass-
reidter, Bulletin de l'Association belge de Photographie, 1897, p. 470 et suiv.
— 545 —
Il est à peine nécessaire de s’arrêter sur les transformations
algébriques qui ont servi à faire découler les formules suivantes des
premières. Ce sont :
, x-
x2
y ^2 et
— — -4- x
200b ^
r-n
200 b
Dans ces dernières :
f = la distance focale de l’objet mesurée en milimètres ;
b = la valeur relative du diaphragme de l’objectif, c’est-à-dire le
nombre de fois que le diaphragme entre dans la distance
focale de l’objectif;
x = la distance en mètres jusqu’à la mise au point; distance me¬
surée à partir d’une seule longueur focale devant l’objectif.
y' = la distance en mètres à partir de la mise au point jusqu’au
premier avant-plan le plus rapproché de l’objectif, qui soit
d’une netteté suffisante;
y = la distance en mètres à partir de la mise au point jusqu’au
plan le plus éloigné de l’objectif, qui soit d’une netteté suffi¬
sante.
Dans les équations ci-dessus, on admet un disque de diffusion
de 0,2mm de diamètre.
Si l’on désire un disque de diffusion de 0,lmm de diamètre,
fl
on peut substituer dans les équations la fraction ^7 à la frac¬
tion
fJL
200 b’
Prenons, par exemple, le même problème donné dans le Bulletin
du mois de juillet 1897.
« Quelle est la profondeur de champ d’un objectif de 180mm de
distance focale, avec le diaphragme fj 9, si l’objet mis au point se
trouve placé à G mètres de l’objectif, le disque de diffusion ayant un
maximum de 0,lmm de diamètre? »
Soit :
J
6X6
180 X 180
36
+ 6
36 -j- 6
= 0,86 m.
100 x 9
— 546 —
180 X 180
100 X 9
Il s’ensuit que y' -\-y = 2,06 m., la profondeur de champ totale.
En d’autres termes, la profondeur de champ commence à un
point qui se trouve à 0,86 m. plus près de l’objectif que la mise au
point, et qui dépasse de 1,20 m. la mise au point elle-même. Ces
résultats diffèrent tant soit peu de ceux du Bulletin. Cela est en
partie dû à ce que dans un cas la distance à laquelle se fait la mise
au point, est mesurée à partir de l’objectif, tandis que dans l’autre
elle est prise à partir d’une seule distance focale devant l’objectif.
Si, dans l’exemple en question, la distance à laquelle se fait la mise
au point avait été prise, comme étant de 6 mètres moins 180mm,
c’est-à-dire au même point que dans l’exemple du Bulletin, le
résultat aurait indiqué que la limite de distance jusqu’au plan
le plus rapproché de la profondeur de champ était de 5,19 m. au
lieu de 5,17 m., comme dans l’exemple cité.
Cette différence de 0,02 m. tient à ce que l’on a supprimé dans
l’équation primitive un facteur trop petit en lui-même, pour que le
résultat final en soit sensiblement affecté dans la pratique.
Dans tous les cas, l’erreur, toute légère qu’elle soit, est dans la
bonne direction.
Charles E. Manierre.
New-York, Janvier 1898.
6)
Upioq iqtenpafciopale
de Photographie
6e session tenue à Gand du 17 au 21 juillet 1898
t sixième session de l’Union Interna¬
tionale de Photographie s’est tenue
cette année à Gand, au local de la société
l’Union.
La séance d’ouverture a eu lieu le
17 juillet. Après le discours de bienve¬
nue de M. Goderus, président de la
Section de Gand de l’Association belge
de Photographie, M. Maes, président de
l’Union internationale, a remercié la
Section gantoise et a ouvert la session. Les mandats des membres
du bureau ont été renouvelés et l’Assemblée a fixé l’ordre du jour
des séances.
Une discussion s’est engagée au sujet des difficultés suscitées par
la douane lors du retour des œuvres ayant figuré dans les expo¬
sitions.
Dans la séance du 18 juillet, M. Casier, président de l’Association
belge, a attiré l’attention de l’Union sur les conséquences fâcheuses
que peut produire la coïncidence des expositions des grandes sociétés
photographiques, et il a émis le vœu qu’une entente se produise
entre les principales sociétés afin qu’elles fixent les dates de leurs
expositions.
— 548 —
M. Casier a également rendu compte des démarches qu’il a faites
quant à la question douanière soulevée dans la séance d’ouverture.
Il résulte des déclarations qu’il a reçues qu’il n’est pas possible de
laisser entrer librement les photographies encadrées. M. Casier a
exposé la marche qui a été suivie lors du dernier Salon photogra¬
phique de l’Association.
MM. Pector et de Saint-Senoch ont déclaré ignorer si les diffi¬
cultés dont on se plaint en Belgique se présentent en France.
M. Boutique, de Douai, qui a fréquemment exposé à l’étranger,
n’a pas rencontré ces difficultés.
M. Pector a donné lecture de la note de MM. Lumière sur l’ac¬
tion du persulfate d’ammoniaque permettant d’utiliser ce composé
pour réduire les clichés heurtés et trop intenses. Cette note a paru
dans le dernier numéro du Bulletin.
Un échange de vues s’est établi sur les procédés d’intensification
des phototypes négatifs. Des observations intéressantes se sont
produites, mais de l’ensemble de la discussion il résulte que le
procédé le plus employé malgré ses défauts est le renforcement au
bichlorure de mercure.
M. le D1 de Nobele a fait ensuite une intéressante communication
sur les applications des rayons X spécialement à l’art médical.
La question du papier au point de vue de la conservation des
épreuves a occupé l’assemblée, et il est résulté de la discussion que
le papier qui présente le plus de garanties est toujours l’ancien
papier à 1 albumine. M. Sacré a préconise l’emploi des nouveaux
papiers par développement, tels que le Velox, V Electric et V Éclair.
Quant aux virages combinés, ils ont été condamnés par tous les
membres.
Dans la séance du 20 juillet, M. Pector a donné lecture d’une
note de M. Vidal qui résume ce qui a été fait jusqu’à ce jour en vue
de 1 étalonnage des écrans colorés employés dans la photographie
orthochromatique ainsi que d’un travail de M. Gravier sur le Halo.
M. Goderus a signalé l’emploi pour le cinématographe de plaques
circulaires destinées à remplacer les bandes pelliculaires. Ces
plaques tournent autour d’un axe se déplaçant lui-même pendant la
rotation de manière à produire une hélice.
— 549 -v
L’Union s’est occupée également des mesures à prendre en vue
de l’organisation du Congrès qui doit se tenir à Paris en 1900 et a
décidé que sa septième session se tiendrait en 1899 à Hambourg à
une époque à fixer de commun accord avec la Société Photogra¬
phique de cette ville.
M. Maes a résumé les travaux de la session et M. Pector, au
nom des étrangers, a remercié la Section de Gand pour l’excellent
accueil qu’ils ont reçu et pour la bonne organisation des nom¬
breuses attractions qui ont marqué cette réunion.
En dehors des séances, les membres de l’Union ont eu en effet
l’occasion de visiter l’ancienne et intéressante ville de Gand. Us se
sont notamment rendus aux ruines de Saint-Bavon, au château des
Comtes, au Parc et ont été admis à voir l’un des plus grands établis¬
sements horticoles de Gand : la Société Horticole gantoise, dirigée
par M. Wartel.
Le 19 juillet a été consacré à une excursion à Bruges et à Blan-
kenberghe. Après avoir passé la plus grande partie de la journée à
parcourir la vieille cité flamande, on s’est rendu à Blankenberghe
pour montrer aux membres étrangers la belle plage de notre
seconde ville d’eau.
Un banquet à Y Hôtel de la Poste a clôturé agréablement cette
sixième session de l’Union.
Ch. P.
39
REVUE DES JOURNAUX PHOTOGRAPHIQUES
Photographische Mittheilungen.
(N° G.)
Les couleurs par le procédé Chassagne. — Inulile, dit l’auteur, d’acheter à un
prix fort élevé les différents ingrédients et couleurs qu’exige le procédé Chas¬
sagne.
Avant d’appliquer les couleurs, on doit traiter l’image au moyen d’un liquide
incolore qui a pour but de faciliter à la couche gélatineuse l’absorption des cou¬
leurs. On prépare ce liquide incolore en dissolvant 2 grammes d’albumine
d’œuf (sèche) dans 100 cm3 d’eau, et en ajoutant 2 cm3 d’ammoniaque-
Comme couleur jaune on prendra du picrate d’ammonium en dissolvant de
l’acide picrique dans l’eau et en ajoutant de l’ammoniaque en faible excès.
Pour le rouge on prendra de la safranine G extra; enfin, pour le bleu, on se
servira avec avantage du bleu de méthylène. Ces solutions doivent être très
étendues; ainsi, par exemple, une solution de 5 grammes de bleu de méthylène
dans 1,000 cm3 d’eau suffira largement, lin somme, c’est une économie qui n’est
pas mal placée.
Photographisches Wochenblatt.
(N° 23.)
En avant, le procédé à l'albumine. — A Ghing-Kiang (Chine), il a été fondé un
grand établissement pour la production d’albumine, ces contrées étant fré¬
quemment visitées par des nuées de canards, dont les œufs servent à la fabrica¬
tion de l’albumine. On récolte 40 à 30.000 œufs par jour. Des ouvrières sont
occupées à ouvrir les œufs et à séparer le blanc et le jaune. Le blanc d’œuf est
soigneusement purifié, puis séché et transporté en Europe.
Der Amateur Photograph.
(N° 139.)
Développateur pour le vogage. — Avant de s’embarquer, on remplit un flacon
à large goulot avec le mélange suivant : 25 grammes de glycine, 150 grammes
de carbonate de potasse et 65 grammes de sulfite de soude.
En prenant 9 grammes de ce mélange pour 100 cm3 d’eau, on obtient un bain
qui donne des négatifs assez denses; en ne prenant que 5 à 6 grammes, les néga¬
tifs obtenus sont plus harmonieux.
BifoliocjtiajDljie
Praktikum der wissenschaftlichen Photographie , par le docteur Cari, Kaiser i.ing,
assistant à l’Institut royal de pathologie à Berlin.
Ce volume, édité avec beaucoup de soin par G. Schmidt, à Berlin, pourrait
s’intituler aussi la photographie au service de la science et s’adresse à tous ceux
qui, dans leurs recherches scientifiques, ont recours à la photographie, notam¬
ment aux médecins.
Voici les différents sujets que traite l’auteur avec autant de clarté que d’exac¬
titude: La lumière et les actions de la lumière. L’appareil photographique. La
pose. Le procédé négatif. Le procédé positif. Les agrandissements et la micropho¬
tographie. La steréoscopie. L’utilisation des rayons Roentgen. La photographie
en couleur et les procédés de reproduction.
Nous pouvons dire que l’auteur s’y montre partout à la hauteur du progrès,
et nous souhaitons que cet ouvrage utile à plus d’un point de vue rencontre
parmi les photographes l’accueil qu’il mérite.
V. IL
Annuaire général et international de Photographie ( 1898. — 7e année).
La librairie Plon, Nourrit et C“\ rue Garanciôrc,à Pasris, vient de faire paraître
l 'Annuaire général et international de Photographie. Gette publication, qui
compte déjà sept années de succès, est dirigée par M. Marc Le Roux. C’est le
vade-mecum, le guide indispensable de tous ceux qui s’intéressent à la photo¬
graphie à un titre quelconque, soit comme professionnels, soit comme prati¬
ciens amateurs, soit comme simples curieux. Conseils pratiques, découvertes les
plus récentes de la science, renseignements précieux de tous genres, formules,
recettes, adresses, études spéciales très remarquables, composent ce bel
annuaire, émaillé d’un très grand nombre d’illustrations qui prouvent une fois
de plus que la photographie est devenue aujourd’hui un art véritable.
Petits Clichés et Grandes Épreuves. — Guide photographique du touriste cycliste,
par J. Bernard et L. Touchereuf. — 1 volume in-18 jésus de vm-139 pages;
1898. — Librairie Gauthier-Villars, quai des Grands-Augustins, 55, à Paris.
La méthode « faire petit pour obtenir grand » n’est pas une utopie. C’est même
la vraie manière d’arriver à l’art. Sans vouloir médire de la grande épreuve
— 552 —
directe, ne trouvez-vous pas que cette façon de procéder présente plus d’incon¬
vénients que d’avantages? Sans parler du poids considérable que nécessite le
matériel courant, sans parler de la dépense, trouvez-vous que la grande épreuve
directe soit si artistique que cela? Avez-vous jamais vu chez les peintres, chez
les graveurs, chez les maîtres du dessin, ces tons rouges violacés, cette séche¬
resse impitoyable deslignes, cette précision microscopique dans les détails, ces
formats de pure convention.
Par l’agrandissement vous corrigerez ces divers défauts; vous arriverez à
l’effet artistique en rétablissant les meilleures proportions de votre sujet, surtout
si vous vous servez, pour agrandir, d’un objectif similaire ou, mieux, du même
objectif que celui qui vous a donné votre négatif.
Nous ne parlons que pour mémoire de l’avantage et de l’économie qu’entraîne
avec elle la méthode que nous préconisons au point de vue du poids et de l'en¬
combrement du matériel.
Cet ouvrage n’est point un traité scientifique, encore moins une description
fastidieuse des appareils existants. Les auteurs ont voulu simplement, dans ces
quelques pages, réunir à l’intention de leurs collègues en photographie et en
cyclisme les données et les connaissances qu’une longue pratique du tourisme
et de la photographie leur a permis d’acquérir. C’est à l’amateur et à l’amateur
seul que s’adresse cet ouvrage.
Accroître, si possible, le nombre des adeptes de la photographie, aplanir les
difficultés de la route à ceux qui désirent se livrer aux agrandissements, a été
notre seul but. Nous serons heureux de l’avoir atteint.
Jahrbuch fur Photographie und Rcprodaclionstechnik, fur dus Jalir 1898,
par leD1' J. M. Eder. — Wilhelm Knapp, éditeur à Halle a. S.
Le Dr Eder vient de faire paraître la 12e année de son annuaire photo¬
graphique. Il comprend, comme les volumes antérieurs, une revue des progrès
réalisés et un grand nombre d’articles du plus haut intérêt. Nous n’avons plus
à faire l’éloge de cette publication annuelle, toujours éditée avec le plus grand
soin par M. Wilhelm Knapp.
Le volume de cette année est largement illustré et ne comprend pas moins de
1 1 1 planches dans le texte et 30 illustrations artistiques hors texte.
Anvers maritime, par Paug Savagne, avec 60 illustrations de M. Jos. Maes.
Cet album, édité par M. J. Maes à l’occasion de la visite à Anvers des membres
du Congrès de navigation, est une publication des plus intéressantes, où l’auteur
expose d’abord l’histoire du port d’Anvers depuis les temps les plus reculés
jusqu’à nos jours. Cet historique est suivi d’une description détaillée du port
actuel, de ses installations et de son mouvement. Enfin, l’auteur décrit cette
population spéciale aux grands ports : débardeurs, marchands et marchandes,
rôdeurs, veilleurs de nuit, etc. M. Maes a illustré cet album de 60 planches des
plus intéressantes, bien choisies et exécutées avec le talent qu’on lui connaît.
Nous le remercions vivement pour l’hommage qu’il a bien voulu faire à
l’Association.
Nous avons reçu de M. Adrien Guebhard, auquel nous adressons tous nos
remerciements, une série de brochures dont voici les titres :
A propos des enregistrements photographiques d'effluves humains.
Petit Manuel de photographie spirite sans« fluide ».
Sur les phénomènes de ségrégation moléculaire observables dans les liquides
troubles abandonnés au repos.
Sur les prétendus enregistrements photographiques du fluide vital.
Sur la prépondérance de l’action mécanique des courants de convection, dans
les enregistrements de figures d’effluves sur plaques voilées soumises à l’action
de pôles thermiques dans les bains révélateurs.
Sur un procédé simple de transformation directe en clichés photographiques
des clichés typographiques et autres objets de faible relief plan.
Sur un mode d’enregistrement photographique des effluves thermiques.
M Octave Masereel, conducteur civil à .Bruges, nous a adressé, à titre docu¬
mentaire, une notice descriptive d’un appareil de son invention.
Cet appareil, qu’il appelle Graphotophone, est destiné, comme son nom l’in¬
dique, à enregistrer les sons par la lumière et à les reproduire par le même agent.
L’auteur n’a ni réalisé, ni expérimenté l’appareil qui fait l’objet de cette
notice et qui est d’une conception de pure théorie.
Vinejb-cjua tnièrne Concours
DU
Journal des Voyages
Quatrième trimestre de 1898
Le motif proposé est le suivant : BORDS D’UN CANAL
joun^Rux îREçus
Belgique.
Bulletin de V Académie royale des Sciences, nos 5, 6.
Bulletin delà Société d’ Électricité, lor semestre.
Ciel et Terre, nos 9, 10, 11, 12.
L’Objectif, nos 44, 45, 46.
Revue bibliographique belge, n° 6
Le Cycliste belge illustré, nos 408, 409, 410, 411, 412, 413.
Bulletin du Photo-Club de Belgique, nos 19, 20.
La Presse universelle, nos 5, 6.
Allemagne.
Deutsche Photographen Zeitung, nos 29, 30, 31, 32, 33, 34.
Photographisches Centralblatt, nos 13, 14.
Der Amateur-Photograph , n° 8.
Photographische Mittheilungcn, nos 8, 9, 10.
Prahtischer Ratligeber, nos 13, 14, 15.
Photographische Chronik, nos 29, 30, 31, 32, 33, 34.
Photographisches Wochenblalt, n03 28, 29, 30, 31, 32, 33.
Das Atelier des Photographen, n° 8.
Photographische Rundschau, n° S.
Internationale Photographische Monatsschrift für Medizin, n° 7.
Autriche.
Photographische Correspondent, n° 455.
Wiener Freie Photographen Zeitung , n° 7.
Wiener Photographische Blcitter, n° 8.
Danemark.
Beretninger fra Dansk fotografisk Forening , n° 7.
États-Unis.
Anthony s Bulletin, nos 7, 8.
Caméra Notes, n° 1 .
555
St-Louis Photographe r, nos 7, 8.
Wilson’s Magazine, nos 499, 500.
La Revista cientifica Hispano-Amcricana, n° 7.
France.
Bulletin de la Société française de Photographie, nos 14, 15.
Moniteur de la Photographie , nos 13, 14, 15, 16.
Bulletin du Photo-Club de Paris, n° 90.
La Photographie, n° 8.
Photo-Gazette, nos 8, 9.
Bulletin de la Société photographique du Nord de la France, n° 7.
Photo-Journal, rios 102, 103.
Gazette du Photographe amateur, nos 63, 64.
Ombres et Lumière, nos 35, 36, 37.
Photo-Revue, nos 4, Abis, 5.
Bulletin de la Société Caennaise de Photographie, 15 juillet, 15 août.
Bulletin du Photo-Club Nancéien, n° 5.
Bulletin de l’Association des Amateurs photographes de Dijon et de la
Bourgogne, nos 7, 8.
Bulletin de la Société Havraise de Photographie, nos 6, 7.
Le Photogramme, n° S.
La Mise au point, uos 1, 2, 3.
La Science illustrée, nos 554, 555, 556, 557, 558, 559, 560.
Jm Science en famille, nos 40, 41, 42.
L'Avenir photographique, n° 79.
Le Monde photographique, n° 38.
Grande-Bretagne.
British Journal of Photography , nos 1992, 1993, 1994, 1995, 1996, 1997, 1998.
Photographie News, nos 132, 133, 134, 135, 136, 137, 138.
The Photographie Journal, nos 10, 11.
Journal of the Caméra Club, ncs 146, 147.
Photography, n°* 504, 505, 506, 507, 508, 509, 510.
The Amateur Pliotographer, nos 718, 719, 720, 721, 722, 723, 724.
The Pliotogram, n° 56.
Process Work and the Printer, n°63.
Italie.
Il Progresso fotografxco, nos 6, 7.
11 Dilettante di Fotografia, n° 99.
Rivista scien tifico-artistica di Fotografia, n° 6.
Suisse.
Revue suisse de Photographie, n° 6.
La Photo-Revue suisse, n° 18.
^ Dos Illustrations «<-
Allée des Chênes à Genck. — Réduction de l’épreuve de
notre confrère R. Ickx de la Section de Courtrai, choisie par le
jury pour l’illustration du Bulletin à l’Exposition organisée par la
Section à l’occasion de la session extraordinaire de 1897.
Mère et Enfant, par M. G. Einbeck, de Hambourg, et
Le Travail du jour est Uni, par MM. Aston, AV.Smedley de
Birmingham, sont les reproductions des épreuves qui figuraient à
notre dernier Salon.
Les phototypographies ont été exécutées par M. J. Mal vaux de
Bruxelles.
Il lustrations dans le texte de MM. Boitson, Broothaerts
et Puttemans.
Lettrines de MM. Canfyn, Gaspar, Piot, Puttemans, Rous¬
seau, Selb, Van den Hove et Varenberg.
Conseil d'administration. — Membres admis
Extraits des procès-verbaux des séances des sections.
Section de Bruxelles. — Séance du 8 juin i898.
Ordre du jour. — XXVe anniversaire de la fondation de la Section.
Excursion de Grammont. — Concours de photographie. — Eikro-
nomètre de Watkins . . .
Projections .
Séance du 25 juin 1898.
Musée d’œuvres photographiques du Palais du Cinquantenaire. —
Pyrocatéchine . .
Positives sans nom. — Concours de photographie. — Situation
financière de la Section. — Renouvellement des membres du
Comité . . .
Excursion sur l’Escaut. — Le Radiotint .
Le cliromoscope. — Réunions d’été .
Section de Courtrai. — Séance du 2 mai 1898.
Fêtes jubilaires. — Le procédé à la gomme bichromalée. — Papiers
« Eclair » et « Electric » .
Séance du 18 juin 1898.
Album jubilaire. — Décès de M. Eug. Bekaert. — Excursion. —
Présentation d’appareils .
Section de Bruxelles. — XXVe anniversaire de l’installation de la Sec¬
tion. Excursion sur l'Escaut de Termonde à Anvers .
Régates internationales à voiles à Anvers .
Procédé de tirage des épreuves par développement, par M. F. Drouin.
Renforcement et affaiblissement produits autour des impressions pho-
tographiques par le développement, par M. le capitaine R. Colson.
Le développement confiné, par M. le capitaine R. Colson .
PAGES.
485
487
488
489
489
490
491
492
493
494
490
505
508
511
514
40
— 558 —
PAGES.
Application du développement confiné, par M. le capitaine R. Colson . 518
Note sur l'orthochromatisme appliqué à la microphotographie, par
M. Monpillard . 523
Les plaques sur vitrose rigide . 541
De la profondeur de champ, par M. Charles E. Manierre . 544
Union internationale de photographie, 6e session tenue à Gand du
17 au 21 juillet 1898 547
Revue des journaux photographiques.
Photographischc Mittheilungen.
N° 6. — Les couleurs par le procédé Chassagne . 550
Photographisches Wochenblatt.
N° 23. — En avant, le procédé à l’albumine . 550
Der Amateur- Photograpoh.
N° 139. — Développateur pour le voyage . 550
Bibliographie . 554
Vingt-quatrième concours du « Journal des Voyages » . 553
Journaux reçus . 554
Nos illustrations . 555
Sommaire.
Association belge de Photographie 1898.
M. Vanderkindere fec. Blechinger & Leykauf, Vienne hel.Sr imp.
Association belge de Photographie
SOUS LE PROTECTORAT DU ROI
et la Présidence d'honneur de S. A. R. Monseigneur le Prince Albert de Belgique.
BULLETIN
N° ÎO. — 25me ANNÉE. - VOL. XXV.
(3e SÉRIE. — VOL. V.)
Conseil d’fldministation
ÉTÉ ADMIS :
Membre effectif :
M. Kirchiioff, Alfred, 17, Petite
rue de la Concorde, à Bruxelles,
présenté par MM. Florange et Robert.
41
^TŸP '^ŸP v^-Y^» V^v-v*
>>S~A"^ _ <^A^i _ _ ,-^Al^s _ ^vlAl^s, _
Secfciot? de Loüvain
SÉANCE EXTRAORDINAIRE DU 17 SEPTEMBRE 1898
Présidence de M. le commandant Pavard, vice-président
E vice-président donne lecture d’une lettre
du Comité organisateur de l’exposition
d’affiches sollicitant la collaboration de
la Section aux fêtes organisées pendant
l’exposition, au profit des crèches et de
l’Œuvre de Saint-Vincent de Paul.
La Section, réunie d’urgence pour examiner cette demande, émet
un vote unanime à la proposition qui lui est faite par le président
d’organiser une fête de bienfaisance.
Une commission, composée du commandant Pavard, de l’abbé
Staelpaert et de M. Van Grinderbeck, est nommée aux fins d’or¬
ganiser une séance de projections. Elle décide que la section prendra
à sa charge les frais de cette fête afin de verser intégralement toute
la recette aux œuvres de bienfaisance.
Le commandant Pavard propose d’organiser un concert ; il
s’assurera le concours de quelques officiers, toujours prêts à venir
en aide aux malheureux et il se chargera des négociations pour
l’organisation du concert.
MM. Staelpaert et Van Grinderbeck s’occuperont de la partie
concernant les projections. Il est également décidé que la Section
n’ayant pas encore fait appel à la collaboration de celle d’Anvers,
celle-ci sera priée d’envoyer quelques diapositives.
La fête est fixée au jeudi suivant.
— 563 —
Séance de Projections du 22 septembre 1898
Quelques jours à peine se sont écoulés et la soirée de projections
ainsi que le concert sont organisés ; des affiches immenses ont été
apposées aux murs de la ville, des circulaires sont adressées aux
membres de la Section et plusieurs milliers de prospectus sont
portés à domicile pour annoncer la grande fête de bienfaisance.
De leur côté, MM. Maes, Victor Selb et le lieutenant Lannoy
avaient retiré de leurs écrins leurs plus belles diapositives et les
avaient gracieusement mises à notre disposition.
Cédant avec empressement aux sollicitations du commandant
Pavard, MM. les lieutenants d’artillerie Lannoy et AVauters, de la
garnison d’Anvers, avaient consenti à chanter au piano la Marche
à l'étoile , accompagnée de projections lumineuses, et enfin d’autres
officiers avaient répondu favorablement à notre appel et nous
apportaient le concours tout dévoué de leur talent.
La soirée était composée de trois parties : la première compor¬
tait la projection d’une centaine de diapositives, toutes de
MM. Maes, Selb et Lannoy; la deuxième, la Marche à l'étoile,
chantée par M. le lieutenant Wauters, et accompagnée au piano
par M. le lieutenant Lannoy ; enfin, la troisième formait le concert
proprement dit.
Un public nombreux et très distingué assistait à cette séance.
M. De Walque, président de la Section, et M. Ranwez, professeur
cà notre Université, étant en voyage, s’étaient fait excuser. MM. le
comte du Bois d’Aische, Jacobs et Van Gehuchte, professeur à
1 l niversité, avaient accepté de remplir les fonctions de commis¬
saires. MAL A an Grinderbeck et l’abbé Staelpaert projetaient les
vues annoncées par quelques mots du vice-président.
Des applaudissements nourris et enthousiastes ont salué l’appa¬
rition sur l’écran des superbes diapositives dues à nos si distingués
confrères d’Anvers; le public ne se lassait pas d’admirer et d’ap¬
plaudir et c’était justice; les applaudissements ne cessaient que
pour faire place à des murmures approbateurs.
I ne centaine de vues furent ainsi projetées, puis après un repos
de quelques minutes consacrées par MM. Staelpaert et Van Grin-
derbeck à remplacer les bonbonnes d’oxygène, les crayons de chaux,
à régler l’appareil et à annoncer la Marche à l'étoile, le silence se
fit ; le piano commençait les premières mesures de l’œuvre de
Fragerolles, alors que l’épopée se déroulait sur la toile; puis la
superbe voix du lieutenant Wauters se fit entendre. Sa belle
diction, le timbre chaud et brillant du chant soulevèrent un enthou¬
siasme unanime, et la soirée se continua par l’audition de romances,
airs d’opéras chantés par des officiers dont le talent de musiciens
acheva le succès des deux premières parties.
Une mention toute spéciale cependant à M. le sous-lieutenant
r
Van Catendyck, médailliste de notre Ecole de musique, et à M. le
lieutenant Lannoy, secrétaire de la Section d’Anvers, dont le talent
d’accompagnateur fut des plus remarqués ; c’est un habile photo¬
graphe amateur doublé d’un musicien des plus distingués.
Chacun se retira content, heureux, exprimant sa haute satisfac¬
tion de cette innovation d’associer aux soirées de projection le charme
de la musique et de s’être associé, comme l’a dit le vice-président
dans son discours de remerciements, à une fête des yeux, des
oreilles et du cœur.
Ajoutons, pour finir, un détail qui a bien son importance : la
recette nette, à verser aux œuvres de bienfaisance, s’élève à
350 francs.
L. P.
NOTES ANGLAISES
- • . -
1res deuÿ Gÿpositions de Londres s
Londres , ier octobre i8ç8.
a quarante-troisième exposition
annuelle de la Royal Photogra¬
phie Society s’est ouverte le
2G septembre et le sixième Pho¬
tographie Salon le 30 septem¬
bre. Les deux expositions avaient
quelques jours avant l’ouverture
officielle.
A la Royal , il y a 3G œuvres de moins que l’année dernière,
mais le nombre total d’exposants a monté de 178 à 185.
*
L’exposition diffère peu de celle de 1897. L’arrangement
des galeries est identique et les œuvres n’ont rien de bien nou¬
veau. Elle est peut-être un peu meilleure que son aînée et la
moyenne un peu plus élevée. C’est tout ce qu’on peut dire. On
n’y trouve pas assez la distinction qui devrait se faire entre le bon
et le mauvais, et il est difficile de citer un exposant qui l’emporte
invité la presse et les privilégiés
— 566
sur les autres. Les cadres sont plus grands et l’on remarque une
grande proportion d’images en hauteur.
Si quelqu’un se distingue cette année, c’est M. Horsley Hinton,
pour deux raisons : d’abord par le nombre croissant d’œuvres
inspirées par ses travaux antérieurs, et secondement parce qu’il a
gâté, comme à plaisir, ses propres œuvres, en recouvrant de cer¬
taines gommes ses épreuves qui réfléchissent la lumière d’une façon
désastreuse. De fait, je n’ai pu distinguer l’une d’elles d’aucune
manière ; n’importe où je me plaçais, les reflets venaient cacher une
partie de l’image. Le grand nombre de travailleurs qui le suivent
dans le choix des sujets fait qu’il est un vrai « leader », et sous ce
rapport, l’exposition de la Royal Photographie Society est un
triomphe pour lui. C’est l’apothéose d’Hinton.
En même temps, beaucoup des œuvres exposées sont à peu près
égales aux siennes, et dans certains cas meilleures. Ce n’est donc
pas toujours tout rose que d’être un dieu. On a beaucoup discuté
ici la question de copie et d’imitation, mais on s’est surtout attaqué
aux imitateurs des œuvres d’Hinton. S’il y a là un mal, il faudrait
aussi blâmer les autres. Il y a encore des styles que l’on imite dans
les marines, l’architecture et le portrait. C’est surtout dans l’archi¬
tecture que l’on pourrait trouver de la contrefaçon. Il y a aussi le
cas des « arbres et fougères » qui ont été rendus populaires par
M. W. Thomas, et cependant M. Hinton nous montre des cadres
qui contiennent exactement le même sujet.
Mais si cette sorte de critique est aisee, elle n’est guère juste.
Nous n’avons pas en photographie un nombre suffisant de sujets ni
assez de pouvoirs d’expression pour réunir quatre cents œuvres
où l’on ne trouve pas les mêmes sujets plusieurs fois traités. Peut-
être que le portrait nous permettrait de sortir des chemins battus.
— 567
Voici un tableau qui montre la prédominance de certains types :
Portraits . 90 œuvres
Marais, criques et œuvres de l’école d’Hinton. 70 —
Architecture . 40 —
Marine . 35 —
Genre . 30 —
Arbres, fougères et bois . 20 —
Animaux . .15 —
Fleurs . 12 —
Variétés (dont les paysages) . 80 —
Celui qui veut se créer une originalité verra par cette liste dans
quelle classe de sujets il doit travailler. Ce tableau ne comprend que
les œuvres exposées dans la section artistique.
*
Je disais dans mes notes, l’année dernière, qu’en considérant le
nombre d’œuvres et celui des exposants, les juges n’avaient pas
péché par excès de récompenses. Cette année, ils ont été encore
moins généreux, car ils n’ont distribué que six médailles, dont
une dans la section scientifique. Des cinq restantes, deux vont à
des Américains. Voici cette liste :
MM. W. J. Warren, Rues de Londres en hiver.
AV. J. Fraser (E. U.), Columbus Cercle (la nuit).
C. S. Baynton, Architecture.
Miss Weil (E U.), Portrait d'un enfant.
Geo E. Thompson, Le Puits.
AV. E. Brewerton, Epreuve en trois couleurs.
A la Royal comme au Salon, il y a moins d’épreuves étrangères
que précédemment. La Royal ne compte que :
9 exposants d’Amérique ;
3 — d’Allemagne ;
2 — d’Italie;
1 • — d’Autriche;
1 — de France.
568 —
et encore les deux Italiens et le Français sont des Anglais!
C’est donc là un signe à noter, cette abstention presque complète
des étrangers.
Entrons maintenant au Salon qui se tient à la Dudley Gallery,
Piccadilly, comme tous les ans. On doit admettre, je pense, que les
œuvres qui s’y trouvent exposées sont de même qualité qu’à la
Royal. D’année en année l’excentricité diminue au Salon, et cette
fois il n’y en a pas plus qu’à Pall Mail.
On peut donc se demander à quoi sert le Salon ?
Si l’on trouve à peu près un même ensemble d’épreuves aux deux
expositions, l’œil reçoit cependant des impressions différentes.
L’exposition de la Royal est plus sévère et la couleur y est plus
sombre; au Salon, les draperies vertes, le grand nombre d’épreuves
rouges et quelques cadres d’une coloration claire y mettent une note
plus gaie.
Mais on y trouve aussi des cadres amusants. Ainsi une épreuve
grise au bromure est entourée d’un passe-partout bleu avec un cadre
vert au biseau en bronze doré. Et des épreuves bleues sur des fonds
noirs forment un ensemble peu harmonieux.
Il y a cette année absence de nu, beaucoup d’épreuves à la
gomme bichromatée et pas mal d’épreuves de grand format. Je
m’étonne toutefois du bon marché de certaines œuvres, même de
celles de nos meilleurs artistes. On semble s’être conformé au
conseil ironique de M. H. P. Robinson, de fixer la valeur à raison
de 1/0 shilling par pouce carré.
<5>
On a souvent prétendu en Angleterre que le Salon avait surtout
pour but de soutenir les membres de son Comité. C’est là une
569 —
remarque bien irrévérencieuse. Nous voyons en effet que l’on a
admis :
112 cadres de 29 membres du Comité
et 122 — 74 exposants libres.
On pourrait conclure de là que le Comité a admis quatre fois plus
de ses propres œuvres que de celles des étrangers ; mais le Comité
vous répondra que cela prouve uniquement que les siennes étaient
meilleures.
✓•N
Par suite du peu d’espace qui me reste, je dois me borner à ces
considérations générales et ne puis aborder la critique des œuvres
individuelles, ce qui m’entraînerait trop loin. Mais il faut cependant
citer un nom qui l’emporte sur les autres dans les deux expositions,
c’est le vicomte Maitland, dont les œuvres dénotent un progrès
considérable. On pourrait discuter ses cadres que je n’aime pas,
mais on se plaît à reconnaître les qualités artistiques de son expo¬
sition.
En somme, les deux expositions, tout en étant en progrès
sur celles des années précédentes, n’offrent rien de remarquable ni
de nouveau. Comme toujours, le catalogue de la Royal est bien
illustré et forme un volume intéressant à consulter. Je vous en
envoie un exemplaire pour votre bibliothèque, ainsi qu’un catalogue
du Salon.
W. D. Welford.
-gJKs-
Développement après Fixage
- AAr - - m
e D* Neuhauss vient de publier,
dans la Photographische Rund¬
schau, que lorsqu’on développe
une plaque après l’avoir fixée, le
procédé constitue un développe¬
ment physique. Dans le procédé
chimique, les particules de bromure d’argent impressionnées sont
réduites, tandis que dans le développement physique, l’image est
formée par le dépôt d’argent provenant du révélateur lui-même.
Les expériences ont été faites avec une plaque au chlorobromure,
pour lanterne, et aussi avec des plaques au bromure d’argent très
rapides aj ant posé de trois à soixante secondes.
Une seconde aurait suffi, ce qui montre que toutes les plaques
étaient surexposées.
Après fixage, les plaques ont été lavées à fond, et tout le
restant de l’opération s’est accompli en pleine lumière.
Le développement a eu lieu avec le renforçateur à l’argent
ci-après :
Sulfocyanure d’ammonium
Nitrate d’argent .
Sulfite de soude
Hyposulfite de soude .
Bromure de potassium .
Eau .
24 parties
4 —
24
5 —
0,5 —
100 —
— 571
Cette solution se conserve bien, et le développateur est formé de
6 parties de la dite solution, de 54 parties d’eau et 2 parties de
rodinal.
Lors de l’addition de l’eau, il se forme un précipité blanc dont
on peut se débarrasser par voie de filtrage, mais il n’est pas
nuisible.
Le développement dure assez longtemps, car il exige douze
heures environ.
Le négatif terminé est blanc et paraît être un positif quand on le
regarde par la lumière réfléchie.
Plusieurs expériences ont été tentées dans le but de noircir
l’image.
L’exposition à la lumière solaire directe et le traitement avec les
révélateurs ordinaires n’ont donné aucun résultat. Toutefois, on a
remarqué que, lorsque le négatif blanc résultant du développement
était immergé dans le renforçateur au mercure habituel l/200e,
l’image noircissait, tandis que le négatif ordinaire blanchit. Puis, si
l’image noircie était laissée longtemps dans la solution mercurielle,
elle blanchissait et ressemblait exactement à un négatif ordinaire
blanchi dans le mercure.
Cette plaque peut alors être noircie avec du sulfite de soude,
et l’on obtient ainsi un négatif parfaitement propre à l’impres¬
sion.
Neuhauss explique que le développement de la plaque est dû à la
décomposition par l’hyposulfite du sous-bromure d’argent et au
dépôt d’argent métallique; il s’y trouve en quantité tellement faible
qu’il échappe à toute recherche.
Si la plaque est placée dans un renforçateur physique, les parti¬
cules d’argent sont déposées dans la couche, et il se forme graduel¬
lement une image vigoureuse.
Comme elle est composée d’argent métallique, le développement
peut s’effectuer en pleine lumière.
L’auteur suggère l’idée que les opérateurs, dans les régions tropi¬
cales, peuvent exposer et fixer leurs plaques, puis les envoyer chez
eux pour un développement ultérieur.
D’après ses expériences, des négatifs parfaits ont été obtenus
— 572
par ce moyen après des surexpositions de soixante fois la pose
nécessaire.
L’examen au microscope a montré que le grain de ce négatif était
beaucoup plus fin que celui des négatifs développés par le procédé
habituel.
(Moniteur de la Photographie.)
Le Procédé aüx Poüdnes
epuis que plusieurs amateurs
ont adopté le procédé à la
gomme bichromatée qui leur
donne une plus grande lati¬
tude dans l’expression de leur
personnalité, on s’est, sem¬
ble-t-il, de nouveau évertué
à découvrir ou à faire renaître
d’autres procédés d’impression qui permettent aussi d’exercer une
action sur le résultat final.
Il y a des personnes qui trouvent le procédé à la gomme mauvais;
son échelle de gradation est très petite ; il est incertain dans ses
résultats; il ne peut reproduire que certains effets; bref, on lui jette
l’anathème; mais, amusant détail, il est à noter que ces critiques
viennent plutôt de ceux qui ne pratiquent pas le procédé ; ceux qui
l’ont adopté s’en trouvent en général très bien. Ils admirent sa sim¬
plicité, ses capacités variées, son pouvoir d’expression, et ils sen¬
tent, qu’avec lui, ils approchent un peu plus de l’image qu’ils cher¬
chaient.
Mais d’autres, et ce ne sont pas les moins nombreux, déclarent que
ces artistes photographes ignorants et aveugles ne savent pas où ils
vont ; et il est vraiment curieux de voir leur consternation... mater¬
nelle, pareille à celle d’une poule qui voit se jeter à l’eau les petits
canards qu’elle a fait éclore. M. 'SV. B. Bolton, dont nous admi-
— 574
rons toutes les œuvres au point de vue scientifique, entre aussi en
scène, en proposant de remettre en honneur le procédé aux pou¬
dres.
Examinons donc ce procédé qui vient s’ajouter, et non se substi¬
tuer, à la gomme bichromatée.
La méthode de produire des images par le saupoudrage est très
jolie et très attractive et, théoriquement, semble répondre aux
désirs les plus vastes. Un support est recouvert d’une couche hygros-
copique sensible à la lumière. Lorsqu’elle est sèche, elle est mise
sous un positif et exposée à la lumière. La pellicule est ensuite
recouverte d’une mince couche de poudre, plombagine, couleur ou
craie qui adhère en raison inverse de l’action de la lumière ; plus
la lumière a agi et moins il y a de poudre qui se fixe à la pellicule
grâce à la nature hygroscopique de celle-ci ; en lui faisant absorber
une certaine humidité, on parvient à lui faire prendre plus de
poudre qu’elle ne pourrait le faire mécaniquement.
Le grand avantage de cette méthode, c’est que le travail est posi¬
tif. Nous mettons de la poudre où nous voulons en mettre au lieu
d’en enlever là où il n’en faut pas, comme dans le procédé à la
gomme. Nous avons expérimenté cette méthode il y a quelque trois
ans. Après avoir essayé plusieurs solutions sensibilisatrices, nous
avons trouvé que celle de M. Henry Ethelbert, telle qu’elle est
donnée dans son livre sur la Photo-Céramique, est la meilleure.
Voici la formule :
N" 1
Colle de poisson .
Glucose . . .
Glycérine .
Eau .
î'i
. . . . O
. 30 gr.
120 gr.
10 gouttes.
. 300 c. c.
Bichromate d’ammonium .
Eau . . .
. 30 gr.
Prenez en proportions égales des solutions 1 et 2, filtrez et versez
sur le support. Nos premières expériences furent faites sur verre;
c’est certes le support le plus facile. Si nous travaillons en grand, il est
— 575 —
bon d’étendre la couche avec un rouleau; mais pour les expériences,
il suffit de verser la solution comme si l’on collodionait une plaque,
et de l’étendre également avec une baguette de verre. La pellicule
doit être ensuite séchée sur une plaque de fer chauffée, ou près d’un
feu; puis le positif est également chauffé afin d’en enlever toute
trace d’humidité ; on met alors les deux surfaces en contact dans un
châssis-presse et l’on pose environ quatre minutes au soleil, ou dix
minutes à l’ombre. Après avoir essayé divers supports — papiers
rendus imperméables, supports pour le charbon, opales — nous
avons trouvé qu’ils devaient avant tout être lisses : première objec¬
tion en faveur de la gomme bichromatée qui permet le choix de
papiers variés.
Le séchage de la pellicule doit être aussi fait avec soin et complè¬
tement. Nous y reviendrons. Lorsque l’exposition est terminée, on
rentre la pellicule dans la chambre noire. Viennent maintenant les
complications. La méthode à suivre dépend absolument de l’état
de sécheresse ou d’humidité de l’atmosphère.
Si l’atmosphère est trop humide, nous devons avant tout sécher
la pellicule suffisamment afin d’éviter qu’elle n’absorbe trop de
poudre. C’est dans ce suffisamment que gît toute la difficulté. Si
l’atmosphère par contre est trop sèche, nous devons rendre la pelli¬
cule suffisamment moite pour absorber la couleur. Si nous dépas¬
sons les limites dans un sens ou dans l’autre, le résultat sera mauvais,
et nous devrons recommencer.
Cependant on ne doit pas s’exagérer les difficultés et nous avons
généralement réussi avec les poudres colorées vendues en tubes chez
les marchands de couleurs.
Si la pellicule est en bon état, alors, en quelques secondes, l’image
apparaît et se renforce au fur et à mesure qu’on y met plus de
poudre. Mais gare à vous si, regardant l’image de trop près pen¬
dant le saupoudrage, vous déposez la vapeur de votre haleine sur la
pellicule. Elle est si sensible à l’humidité qu’aussitôt la partie
humectée prend trop de poudre. Mais nous pouvons aussi profiter
de cette propriété pour renforcer les parties trop faibles.
11 ne reste plus ensuite qu’à donner une exposition générale pour
durcir toute l’image, et le travail est fini.
— 57G —
Nous examinerons maintenant les différences entre les deux pro¬
cédés, à la gomme et aux poudres.
Dans le procédé à la gomme, le photographe choisit son support
(lisse ou rugueux), ce qu’il ne peut faire avec les poudres. Le travail
est déjà assez difficile avec le support lisse; nous croyons donc qu’il
est impossible avec le papier à grain.
Les deux sensibilisateurs diffèrent aussi.
Dans la gomme bichromatée, la pose ne doit pas être aussi exacte
que dans l’autre procédé.
Au développement, la gomme l’emporte aussi en facilité; avec le
procédé aux poudres, on ne peut remettre la besogne au lendemain ;
la pellicule doit être saupoudrée immédiatement. Mais dans les deux
cas, nous avons à notre disposition une grande variété de couleurs.
C’est donc un procédé simple qui mérite d’être essayé.
(Extrait de Photograpky .)
m. v.
lia Valeur des Diaphragmes
dans les Agrandissements, ete.
par le Rév. E. G. Lambert, M. A.
’un des points souvent négligés ou
oubliés par le débutant quand il
emploie un objectif pour l’agrandis¬
sement est que les indices des dia¬
phragmes marqués F/8, F/11, F/l G
et ainsi de suite, ne sont plus exacts.
Un exemple très simple le fera com¬
prendre.
Supposons que l’on ait fait usage d’un objectif dont la longueur
focale (pour les rayons parallèles) soit de 20 centimètres et d’un
diaphragme d’une ouverture de 25 millimètres. En employant cet
objectif à la façon habituelle pour des objets éloignés reproduits
avec netteté (par exemple, un paysage ordinaire), la distance entre
l’objectif et le verre dépoli ne sera que peu supérieure à 20 centi¬
mètres. De fait, cette distance sera comprise entre 20 et 22 centi¬
mètres. aussi longtemps que les objets les plus rapprochés ne
seront pas à moins de 18 mètres. Dès lors, nous pouvons considérer
le diaphragme de 25 millimètres comme à l’indice F/8, c’est-à-dire
42
— 578 —
que le diamètre du diaphragme est (approximativement) le huitième
de la distance entre l’objectif et la plaque. Supposons, cependant,
que l’on emploie le même objectif (20 cent.) pour reproduire un
dessin à grandeur. On trouvera que la distance entre l’objectif et la
plaque est maintenant double de la longueur focale, c’est-à-dire de
40 centimètres. D’où il résulte que le diaphragme de 25 millimètres
n’a plus l'indice F/8, mais bien F/l G dans ces circonstances. Suppo¬
sons encore que l’on emploie le même objectif pour agrandir un
objet juste au double de sa dimension. Si l’on mesure la distance
entre l’objectif et la plaque, on la trouvera égale à GO centimètres,
de sorte que le diaphragme de 25 millimètres a maintenant un indice
égal à F/24. Au point de vue pratique, on voit immédiatement l’im¬
portance de ces constatations, car si l’on désire comparer le temps
d’exposition avec le même objectif ou différents objectifs pour des
distances et des diaphragmes différents, il faut bien se mettre dans
l’esprit la valeur du diaphragme suivant les circonstances et
non pas celle qui y est gravée. Un exemple servira à éclaircir ce
point.
On désire agrandir un cliché 9 X 12 à 27 X 36, c’est-à-dire trois
fois, en employant un objectif de 15 centimètres de longueur focale
avec un diaphragme de 12 millimètres (F/12 dans les conditions
ordinaires).
Ayant disposé le tout pour obtenir l’agrandissement désiré
(3 fois), on trouve que la distance entre l’objectif et le papier est de
GO centimètres, de sorte que l’indice du diaphragme est en réalité
F/48.
On trouve qu’une exposition de 10 secondes donne un résultat
satisfaisant.
Secondement, on désire agrandir le même négatif à 45 X 60 cen¬
timètres (soit 5 diamètres) et l’on veut emplo}rer un objectif d’une
longueur focale de 12 1/2 centimètres, avec un diaphragme marqué
F/10 (c’est-à-dire de 12 1/2 millimètres de diamètre). L’appareil
étant prêt, on trouve que la distance entre l’objectif et le papier est
maintenant de 75 centimètres, de sorte que le diaphragme- n’a plus
que le sixième de sa valeur normale, c’est-à-dire qu’il travaille
maintenant à F/60.
- 579 -
Pour comparer les temps d’exposition pour des résultats simi¬
laires, il faut élever au carré les nombres 48 et GO. Cela donne 2304
et 3000 ou 16 est à 25 ou sensiblement 3 est à 5. Par conséquent,
l’exposition de 10 secondes avec F/48 doit être augmentée dans le
rapport de 3 à 5, c’est-à-dire 17 secondes avec F/GO.
L’amateur s’occupant d’agrandissements fera une grande écono¬
mie de temps et de produits, s’épargnera des insuccès et des explo¬
sions de mauvaise humeur, s’il établit une fois pour toutes une table
pour chaque objectif et chaque diaphragme employés. Cela est très
facile et peut être fait de la manière suivante. Premièrement, il faut
déterminer la distance entre l’objectif et le papier pour les diverses
dimensions d’agrandissement. Cela se fait en ajoutant une unité
au nombre exprimant l’échelle à laquelle on agrandit et en multi¬
pliant ensuite par la longueur focale de l’objectif.
La table ci-dessous peut aisément être adaptée aux nécessités du
travail.
Longueur focale pour les rayons parallèles = F
Rapport
entre la dimension
de l’image et celle
du négatif
1
2
Moitié
1
1
Même grandeur
2
T
Double
3
1
Triple
4
1
Quadruple
Distance entre
l’objectif et l’image
lF
2 F
3 F
4 F
5 F
Valeur nominale
des diaphragmes
VALEUR RÉELLE DES DIAPHRAGMES
F/16
F/12
F/16
F/24
F/32
F/40
F/l 1
F/ 12
F/22
F/33
F/44
F/53
— 580 —
Représentons par F la longueur focale de l’objectif pour les
objets éloignés (rayons parallèles). La première ligne horizontale
donne le rapport entre la dimension de l’image à obtenir et celle du
négatif. La ligne suivante montre comment la distance entre
l’objectif et l’écran se trouve modifiée. Par exemple, quand on
agrandit à 3 diamètres, la distance entre l’objectif et l’image est de
quatre fois la longueur focale ou trois fois le diamètre plus un. Puis
dans la colonne de gauche on trouve F/8, F/11 et ainsi de suite,
c’est-à-dire les indications usuelles des diaphragmes et dans la
colonne horizontale l’altération de ces valeurs pour les diverses
échelles d’agrandissement. Ainsi F/11, quand l’agrandissement est
de trois fois, devient en réalité F/33, et ainsi de suite.
Traduit de The Amateur Photographe)',
par Ch. Puttemans.
Affaiblisseroept
des Phototypes bécjafcifs
par A. Miethe
a découverte de si haute importance pour
la pratique photographique faite par
MM. Lumière frères a été communiquée
en leur nom par M. Davanne au Congrès
de chimie appliquée qui s’est tenu derniè-
/
rement à Vienne (Autriche). Etant donné
que ce procédé nous a fourni des résultats
extrêmement satisfaisants, nous tenons à
le communiquer sans retard à nos lecteurs.
Tout le monde sait qu’un phototype négatif trop heurté, soit par
manque de pose, soit par un développement mal conduit, est inuti¬
lisable parce que les lumières sont trop opaques et les détails dans
les ombres trop transparents. Il est vrai que nous connaissons des
moyens permettant d’améliorer des négatifs de ce genre, mais en
raison des difficultés qu’on rencontre, on ne les emploie pour ainsi
dire jamais, et cela avec raison ; même aidé d’une grande expérience,
on devra sacrifier une bonne moitié des négatifs traités par les
atïaiblisseurs connus, car le procédé est d’une application difficile.
Il consiste dans l’immersion du négatif dans une solution chloru-
rante ou bromurante jusqu’à ce que le dépôt argentique soit trans¬
formé en chlorure ou bromure d’argent ; dans un lavage soigné,
— 582
puis dans un redéveloppement partiel. Comme solution chlorurante
ou bromurante, on a préconisé soit un mélange d’acide chlorhy¬
drique et de bichromate de potasse, soit une solution de bromure de
cuivre. La grande difficulté du procédé réside dans la presque
impossibilité d’arrêter le redéveloppement au moment où l’image,
après fixage, n’est ni trop intense et trop heurtée, ni trop affaiblie.
Mais quoi qu’il en soit, la chloruration ou la bromuration a telle¬
ment attaqué la gélatine que, malgré un lavage soigné, un renfor¬
cement ou un
affaiblissement
partiel ne réus¬
sissent presque
jamais.
Tous ces in-
c onvénients
sont d’une fa¬
çon certaine
>
écartés par la
méthode nou¬
velle d’affaiblis¬
sement de Lu¬
mière, de sorte
qu’un négatif trop heurté, pourvu toutefois que les détails dans
les ombres y existent, peut être sauvé. Cette méthode est, en outre,
extrêmement simple et donne, au premier essai déjà, des résultats
satisfaisants, sans qu’on ait à risquer en quoi que ce soit le négatif
même. Suivant cette nouvelle méthode, on introduit le négatif,
préalablement bien fixé, lavé et séché dans une solution aqueuse de
persulfate d’ammonium; on l’y laisse jusqu’à ce que les lumières
soient devenues suffisamment transparentes.
L’action spécifique du persulfate est difficile à expliquer. Les
inventeurs ont tenté de trouver une explication, mais rien ne prouve
que les choses se passent comme ils le disent. Ce que l’on peut
constater, c’est que le persulfate n’attaque nullement les demi-teintes
et les détails des ombres, tandis que son action se porte sur les
lumières; l’argent est dissous par le persulfate.
Cli. Dupont.
Theux.
- 583 —
L’auteur a fait l’essai et a pu constater que les détails les plus
subtils restent inattaqués.
Pour la pratique, on prépare une solution aqueuse à 4 ou à 5 p. c.
de persulfate dont le prix est d’environ fr. (5.75 le kilo. Ce sel se
dissout facilement dans l’eau et se conserve fort bien dans des fla¬
cons bien bouchés. On verse une quantité suffisante de cette solution
sur le négatif préalablement séché (un négatif humide convient
moins bien, l’action du persulfate est plus lente; et l’on suit la
marche de l’affaiblissement. Au bout de 2 à 3 minutes, l’action com¬
mence à se faire sentir, les lumières s’éclaircissent et prennent peu
à peu un ton brunâtre, tandis que les ombres ne changent nullement.
L’action, lente au début, devient de plus en plus efficace et l’on
doit avoir soin de retirer la plaque avant d’avoir atteint le terme
voulu, étant donné que l’affaiblissement se continue encore au cours
du lavage.
Du reste, deux ou trois essais faits avec des négatifs sans valeur
démontreront mieux qu’une explication la marche de l’opération.
Si l’action du persulfate se prolonge, on finit par affaiblir les
demi-teintes du négatif et il résulte alors, au bout de 10 à 15 mi¬
nutes, un négatif uniformément faible.
Je n’ai pu, jusqu’à présent, constater d’une façon définitive si un
négatif soumis à ce procédé peut être renforcé ultérieurement;
mais il semble que l’action du persulfate altère la couche gélatineuse
de façon à ce que le renforcement ultérieur ne s’opère que difficile¬
ment; du moins, je n’ai pu réussir le renforcement au mercure avec
un négatif par trop affaibli.
Tout bien considéré, cette nouvelle méthode est de la plus haute
importance pour la pratique photographique et enrichit les procédés
en usage pour le traitement ultérieur des négatifs, car elle permet
d’utiliser des négatifs qui jusqu’ici ont dû être considérés comme
perdus.
(Das Atelier des Photographen.)
Traduit par V. H.
Différentes grandeurs d’image
AVEC N'IMPORTE QUEL OBJECTIF ►
Par le Rév. E. C. Lambert, M. A,
E titre de cet article sera lu par
beaucoup de personnes avec
une certaine incrédulité et on
le trouvera sans doute très
prétentieux. Qu’on veuille ce¬
pendant accorder à l’auteur le
temps de s’expliquer et chacun sera heureux d’apprendre tout ce
qu’il peut faire avec un objectif. Mais expliquons d’abord les termes
choisis. On admet généralement que la grandeur de l’image dépend
de la longueur focale de l’objectif. Par exemple, supposons que
nous employions un objectif de G pouces de foyer et qu’un arbre
vienne se peindre sur le verre dépoli, ayant 1 pouce de hauteur.
Sans déplacer la chambre noire, si nous substituons à notre objectif
de 6 pouces de foyer un objectif ayant un foyer du double, 12 pouces
par conséquent, nous aurons une image de l’arbre de 2 pouces, ou
avec un objectif de 9 pouces, un arbre de 1 1/2 pouce. Nous suppo¬
sons que nous avons employé une large ouverture de diaphragme,
soit F/8 ou F/11.
C’est là le nœud de la question que nous examinons et l’expé¬
rience suivante va le démontrer. Supposons qu’en face de notre
— 585 —
fenêtre, à quelque distance, nous ayons des objets tels qu’une mai¬
son, un arbre, etc., et que nous mettions au point exactement, à
toute ouverture, sur quelque objet bien marqué, une cheminée,
le tronc d’un arbre, etc. Avec une règle, nous mesurons la dis¬
tance entre l’avant et l’arrière de la chambre et nous trouvons,
mettons 9 pouces ; nous notons aussi qu’entre l’avant et le dia¬
phragme de l’objectif il y a juste 1 pouce; dans ce cas, nous avons
entre le verre dépoli et le diaphragme 9 — 1 == 10 pouces. La
longueur du foyer est donc de 10 pouces si l’objet est à une dis¬
tance assez grande. Nous remarquons sur le verre dépoli un tuyau
de cheminée, une gouttière, une branche d’arbre qui mesure exacte¬
ment 1 pouce et nous notons que nous pouvons faire rentrer ou
sortir le chariot dans une certaine limite sans perdre de netteté. Ce
mouvement en avant et en arrière n’a peut-être pas plus de l/10e
de pouce. Mettons le plus petit diaphragme, peut-être F/45 ou F/04.
Rentrons maintenant le chariot aussi longtemps que l’image choisie
reste nette; arrêtons-nous juste à temps pour qu’elle ne soit pas
floue, et mesurons la distance entre les deux corps de l’appareil.
En tenant compte de la distance du diaphragme, nous trouverons
peut-être maintenant 9 pouces au lieu de 10 pouces. Et l’image de
la cheminée, etc., au lieu de 1 pouce, n’a plus que 9/10es de pouce..
Ensuite nous écartons le chariot autant que l’image reste nette, et
mesurant de nouveau, nous trouvons que la distance est de 11 pouces
au lieu de 10. Notre cheminée a maintenant 1 1/10° pouce. Donc
avec cet objectif et le diaphragme F/64, nous avons obtenu trois
images qui ont les proportions de 9 : 10 : 11. Certes, il est admis¬
sible que l’image moyenne sera la plus nette, mais si nous impri¬
mons les trois clichés sur une feuille de papier mat, nous ne verrons
pas de différence sensible. Avec du papier brillant ou albuminé,
nous verrons peut-être une différence, et dans un but scientifique la
chose aurait-elle de l’importance; mais dans un but artistique,
cette légère diffusion n’en aura aucune et sera même regardée par
maint opérateur comme un avantage.
Nous en sommes donc arrivés à cette conclusion qu’en emploj ant
un petit diaphragme, nous agrandissons l’image. Le commençant
voudra probablement pousser plus loin encore les conséquences de
— 586
ce fait et il s’imaginera qu’en employant un diaphragme de la dimen¬
sion d’un trou d’aiguille, il y aurait moyen d’avoir des images qui
seraient nettes à n’importe quelle distance. Mais l’expérience dé¬
montre que tel n’est pas le cas, ainsi que la raison vous l’a déjà
fait admettre; car si le diaphragme est fortement réduit, on a à
compter avec le phénomène de diffraction qui détruit la netteté de
l’image.
L’auteur de ces lignes a fait des expériences nombreuses pour
arriver à un résultat pratique pour les travaux artistiques plutôt
que scientifiques.
Voici quelques détails de ces expériences :
Un objectif portable symmetrical de Ross fut choisi ; avec le plus
grand diaphragme, en mettant
au point sur un objet éloigné,
la distance entre le verre dépoli
et le diaphragme était de 8 1/2
pouces.
Dans une plaque de laiton
mince, découpons un morceau
ayant la forme de la figure 1 .
Le cercle intérieur m, m, m, m
est un tant soit peu plus petit
que l’intérieur du tube de l’ob¬
jectif. Les quatre petites par¬
ties saillantes t, t, t, t ressortent
d’environ 1/8Ü ou 1/4 de pouce
du cercle ni, m, m, m. Les parties t, t sont pliées de telle façon
que lorsqu’on glisse le cercle contre
le diaphragme, elles fassent office de
ressort contre le tube et maintien¬
nent la pièce en place (fig. 2). Cela
étant fait et le plus petit diaphragme
ayant été mis, on peut facilement
marquer le centre de la pièce de laiton. On l’enlève ensuite et
l’on perce un petit trou au centre à l’aide d’une aiguille enfoncée
dans un porte-plume, par exemple.
Z*
Fig. i.
— 587 —
Fig. 3.
un trou d’environ l/30e ou 1 /32e de pouce. Mais il était beaucoup
trop petit pour obtenir de bons résultats.
Le premier trou fut fait avec une aiguille Milward n<> 5, donnant
— 588
Le trou fut alors élargi avec une aiguille n° 1, donnant une ouver-
Fig. 4.
ture 1 /22e de pouce et il fut ensuite encore travaillé jusqu’à ce qu’il
eût l/20e de pouce (lmm25) ou approximativement.
En acceptant l’ouverture de 1 /20e de pouce et l’objectif à
— 589 —
8 1/2 pouces de foyer, nous pouvons estimer la valeur focale de
notre diaphragme à F/1G0 ou F/170 et poser d’après ces données.
La figure 3 nous montre trois résultats comparatifs. Trois plaques
négatives, quart anglais, furent posées d’un même point; le dia¬
phragme, dans les trois cas, avait environ l/30e de pouce avec
l’objectif de 8 1/2 pouces.
D Fig 5. E
A. Pose, 15 secondes. Distance du diaphragme à la plaque, 6 pouces..
B. — 35 — _ _ 9 _
C. — 00 — — _ 12 _
L’examen des négatifs et des épreuves sur papier montre qu’avec
ce diaphragme la diffraction empêche l’objectif (contrairement à ce
que 1 on pourrait penser) de donner une meilleure netteté à 9 pouces
qu’à 6 ou 12 pouces. Les grandeurs relatives de l’image sont dans
les proportions de 1, 1 1/2 et 2.
Dans l’expérience suivante, j’employai un diaphragme de 1 /20e de
pouce et fis deux poses : la première avec 7 pouces, la seconde avec
10 pouces entre le diaphragme et la plaque. Les épreuves de ces
négatifs sont reproduites figure 4, de sorte que l’on peut voir que
— 590 —
pour des travaux ordinaires, les détails sont aussi nets qu’il est sou¬
haitable dans les deux cas. Les images sont dans la proportion de
7 à 10, soit donc un peu moins que 1 à 1 1/2.
Dans la figure 5, nous avons une autre expérience intéressante,
line plaque 8 X 10 1/2 fut employée. Un morceau de carton placé
dans la chambre cachait la moitié droite de la plaque, et une vue fut
Fig. 6.
prise sur la moitié gauche découverte. (D) La distance entre le dia¬
phragme et la plaque était de 11 pouces. Diaphragme 1 /20e de
pouce. Le carton tut alors glissé à gauche et une vue fut prise sur
l’autre moitié, avec le même diaphragme, mais avec un écartement
de 5 1/2 pouces seulement. (E) Dans la reproduction on verra pro¬
bablement peu de différence entre les deux épreuves, mais sur le
négatif, la netteté est en faveur de la moitié à F/11, la portion de la
vue renfermée dans le carré intérieur de E correspondant à la vue
entière de D. Donc pratiquement, E contient le double de D.
Je donne encore une épreuve (fig. G) dont une moitié fut prise avec
un écartement de G pouces et l’autre de 1 1 pouces. Le degré de
netteté est ici égal dans les deux.
— 591
Si l’on examine de plus près la question, ces résultats n’ont
rien d’étonnant. Dans la figure 7, nous supposons ss l’ouverture
d’un large diaphragme, tel que F/G ou F/8, et le cône de lumière
passant par ce diaphragme est mené au foyer F. Une section
transversale du cône à cet endroit nous donnerait un point comme
en F. Et si nous prenons des sections des deux côtés à égale distance
de F, à A et A' nous aurons des cercles de format identique comme
g
Fig. 7.
en a et a’. De même des sections plus éloignées de F telles que B
et B' nous donneraient des cercles comme à b et b'. On verra d’un
coup d’œil que lorsque le diaphragme est large, c’est-à-dire lorsque
le sommet du cône a un angle large, nous trouverons que les sec¬
tions deviennent rapidement plus larges lorsque nous nous éloi¬
gnons du foyer F.
C’est ce qu’explique l’observation faite au début de cet article,
<3 c F c, X, _ f
• • • •
<L c «4
Fig. 8
que si l’on met au point avec un grand diaphragme, on ne peut mou¬
voir que fort peu le verre dépoli sans avoir immédiatement l’image
hors du foyer. Si nous substituons à ss une ouverture beaucoup plus
petite, soit un large trou d’aiguille, tel que P H (fig. 8), nous obte¬
nons un cône avec un angle au sommet F plus petit, et, si de même
que tantôt, nous coupons des sections de ce cône à distances égales
de F, telles qu’en C C et D D', nous aurons également des cercles égaux
à cc et dd', comme précédemment, mais avec cette différence que
la grandeur de ces cercles s’accroît plus lentement en nous écartant
— 592 —
de F. Ces considérations nous permettent de comprendre comment
il se fait qu’avec un aussi petit diaphragme que l/20e de pouce avec
un objectif de 8 pouces de foyer, nous pouvons mouvoir notre verre
dépoli d’une couple de pouces en avant ou en arrière de F, avant de
percevoir une perte de netteté marquée. L’arithmétique élémentaire
nous donnera quelque idée de ces formats, car le diamètre du cône en
D est au diamètre du trou en P H comme la distance F D est à la dis¬
tance F H. Donc si F H est de 8 pouces, F D de 2 pouces et le
diamètre de P H de l/20e de pouce, alors F H (8) est à F D (2)
comme P H l/20e est à 1/4 de l/20e, soit 1 /80e de pouce.
Nous en avons assez dit pour montrer que l’amateur qui cherche
plutôt des résultats artistiques que scientifiques peut, en combinant
un trou d’épingle assez large avec un objectif, obtenir une variété
très grande de formats d’image sans avoir pour cela la diffusion
caractéristique du trou d’épingle employé seul.
Finalement, en réponse à la question qu’on me posera certaine¬
ment : « Pourquoi ne pas employer le trou d’épingle sans objectif? »
je répondrai :
1° En employant un trou assez large, de plus d’un millimètre avec
un objectif, nous aurons une meilleure netteté générale, à une dis¬
tance de G pouces, par exemple, entre le trou et la plaque, que si
nous employions un trou d’épingle de 1 /50e de pouce sans objectif;
2° Cela suppose un gain considérable dans le temps de pose. Dans
l’exemple cité, la différence serait comme 4 est à 25, c’est-à-dire que
le trou de l/50e de pouce seul demanderait, mettons six fois le temps
nécessaire avec le trou de 1/20 et l’objectif;
3° Le trou d’épingle nous donne sur toute la plaque le même
degré de netteté ou de douceur. Ici encore il y a avantage à l’em¬
ploi de 1 objectif, quoiqu’il soit moins accusé. La tendance générale
sera que lorsque nous employons un objectif avec un foyer plus
court que son foyer solaire, la netteté sera surtout pour les objets
éloignés, et, réciproquement, dans le cas contraire, ce sera l’avant-
plan qui l’emportera en netteté.
(Traduit de The Amateur Photographe/'.)
M. Vanderkindere.
De l’action d’une température élevée
SUR L’IMAGE LATENTE
r>
'après Abney, une plaque sèche
chauffée dans l’obscurité à 90°
donne une surface noire. Ce fait
semble confirmer l’idée qu’une
température très élevée produit
sur les plaques sèches une action
semblable à celle de la lumière.
Pour vérifier l’exactitude de cette assertion, diverses expériences
ont été faites.
Si une température élevée exerce une action semblable à celle
d’une très faible lumière, elle doit également exercer une action ren-
forçatrice sur l’image latente, si la température n’a pas été poussée
jusqu’au point de produire un voile. Ce renforcement pourrait être
observé avec une impression très faible.
L’action d’une exposition préalable très faible de plaques sèches
est bien connue, et, d’après les expériences d’Eder, une plaque de
15° Warnerke, qui a été exposée pendant deux minutes contre un
verre de couleur rouge rubis à la lumière d’une bougie, a montré
19° Warnerke.
D’autre part, on sait que l’impression de la lumière sur une plaque
sèche peut atteindre un certain degré avant d’en arriver à toute
action susceptible d’être rendue visible, c’est-à-dire avant de donner
43
— 594 —
une image dans le développateur. Cette première action, qu’on ne
peut rendre visible, a etc désignée sous le nom d’inertie de la plaque.
La première exposition de la plaque ne vise donc que son degré
d’inertie, et si elle est ensuite exposée dans un sensitomètre, les
impressions les plus faibles, qui précédemment n’auraient pas outre¬
passé l’inertie, peuvent maintenant être développées comme s’étant
ajoutées à l’exposition préalable, et l’on verra apparaître sur l’image
sensitométrique
plusieurs de¬
grés de plus.
On peut dé¬
duire à priori
un résultat sem¬
blable d’après
une pose supplé¬
mentaire, seule¬
ment avec cette
différence qu’un
nouveau degré
ne peut se mon¬
trer, mais seule¬
ment se trouve¬
ront renforcées les impressions les plus délicates de la lumière qui a
déjà passé le degré d’inertie.
Cet effet s’ajoutera aux impressions plus intenses et ne sera pas
reconnaissable à cause de l’intensité des valeurs.
Les expériences suivantes ont été faites pour confirmer ces con¬
clusions.
Une plaque a été coupée en petits fragments carrés mesurant
G X 0 centimètres, dimensions proportionnées à celles d’une bande
de papier photométrique, laquelle était recouverte d’une à quinze
épaisseurs de papier.
On a usé de trois plaques désignées par les nos I, II et III. Les
nns I et II étaient exposés sous le sensitomètre à la distance de
1 mètre d’une bougie pendant une minute.
Le n° III non exposé servait de plaque de comparaison pour
M. Vanderkindere.
Bruges. — La porte des Baudets.
595 —
prouver que, lors de l’exposition supplémentaire, l’inertie n’avait
pas été outrepassée.
La plaque exposée, n° I, était conservée dans l’obscurité, tandis
que les nos II et III étaient placés dans un châssis-presse et rece¬
vaient une action supplémentaire d’une minute à la distance de
1 mètre d’une lampe à pétrole placée derrière un cylindre de verre
rouge. La plaque III était partiellement recouverte de papier noir de
façon à montrer si l’inertie avait été vaincue. Les trois plaques
A. Kymeulen.
Crépuscule sur l’Escaut.
étaient ensuite développées simultanément dans la même cuvette.
Le résultat a été que la plaque de comparaison restait absolument
propre; sur la plaque no II ayant reçu une action supplémentaire,
les derniers numéros visibles 9, 10, 11 étaient plus vigoureux que
ceux du n° I qui n’avaient pas reçu l’exposition supplémentaire.
Le même résultat était obtenu quand l’exposition supplémentaire
avait eu lieu pendant quatre minutes à la distance de 2 mètres de
la lampe.
En pratique, on doit user de l’action de cette exposition supplé¬
mentaire pour les plaques sous-exposées.
D’après ces expériences, on voit qu’une faible lumière, demeurant
au-dessous de celle qui est nécessaire à la rupture d’inertie, agit
— 596
comme un renforçateur sur les impressions lumineuses les plus
délicates, sans nuire à la pureté de la plaque.
Si maintenant une température élevée agit de la même façon que
la lumière, elle doit aussi renforcer de même les valeurs les plus
légères de l’image latente.
Dans le but de vérifier cet effet, une expérience analogue à la pré¬
cédente a été faite : on a exposé deux plaques I et II dans un sensi-
tomètre pendant une minute et une plaque III n’a pas été exposée.
Le n° I a été conservé dans l’obscurité et les nos II et III ont été
soumis à une température élevée.
De cette façon, le n° III a indiqué l’action de la température sur
la plaque non exposée, et le n° II, par comparaison avec le n° I, a
indiqué l’action de la chaleur sur l’image latente après le dévelop¬
pement simultané dans une même cuvette.
Le dispositif pour chauffer consistait en une étuve à dessiccation
carrée entourée d’eau chaude sur cinq de ses parois, et munie en
avant d’une porte, genre d’appareil d’un usage fréquent dans les
laboratoires.
Dans cette boîte, les plaques y étant placées, l’eau était amenée à
une température déterminée, constante, indiquée par un thermo¬
mètre.
Pour garantir l’exclusion absolue de toute lumière, les plaques se
trouvaient enfermées dans une boîte de zinc.
Mais comme, d’après les expériences de Colson, les vapeurs de
zinc, et surtout à une température élevée, peuvent voiler les plaques
sèches, et d’autre part comme, d’après Russell, le verre est imper¬
méable à ces vapeurs, la boîte était recouverte sur toutes ses faces
d’un vernis émail dont l’efficacité a été d’abord expérimentée.
L’impression lumineuse fut telle que sur la plaque développée les
nus 9, 10 et 11 étaient lisibles.
1. En chauffant à 60° c. pendant une heure, les plaques demeu¬
raient sans voile aucun, mais les nos 9 et 10 se trouvaient tant soit
peu plus faibles et le n° 11 n’était plus lisible.
2. Le chauffage durant une heure de 90 à 93n c. produisait une
forte réduction des nos 9 et 10 et la disparition du 11, tandis que les
plaques restaient absolument claires.
597 —
3. Après un chauffage pendant trois heures de 80 à 85° c., le
résultat a été celui de l’expérience 2.
4. Chauffées pendant douze heures de 70 à 85° c. : apparition du
voile et affaiblissement de l’image totale.
5. Répétition de l’expérience 4 : voile ; toute l’image plus faible
et moins contractée. Disparition du n° 11.
6. Répétition du 4. Les plaques n’ont pas été développées immé¬
diatement, mais après un laps
de temps de douze heures.
Dans ce cas, le voile était
moindre que dans les expé¬
riences 4 et 5. L’ensemble de
l’image était plus aplati et le
n° 11 avait disparu.
Dans tous les cas, il s’était
donc produit une réduction de
l’image latente par l’effet de la
température élevée.
On ne peut dire si ce nu¬
méro (11), dans les expériences
4, 5 et G, s’est perdu dans le
voile, car si la plaque voilée III
était placée sur la plaque I, le
n° 11 ne se trouvait pas recou¬
vert par le voile et était parfai¬
tement lisible.
L’action de la température de 30° c. environ sur l’image latente
est donc le contraire de celle d’une faible lumière demeurant en
dessous de l’inertie.
Puisque la chaleur, à la condition d’agir d’une façon continue,
produit le voile, cela peut être dû à une action indirecte et peut être
attribué à une action secondaire sur la gélatine ou sur l’humidité
absorbée par cette substance.
Cette explication s’est trouvée confirmée par quelques observa¬
tions afférentes aux expériences ci-dessus décrites.
Les plaques employées étaient très anciennes et elles avaient par
Cil. Puttemans.
Château de Vève.
— 598 —
suite des bords colorés, lesquels bords, à peine visibles sur les
plaques conservées froides, étaient bien plus accentués sur les
plaques chauffées et donnaient l’impression de plaques ayant subi
une exposition.
Les petites plaques avaient des bords fraîchement coupés et un
ou deux bords appartenant aux vieilles plaques plus grandes dont
elles étaient des fragments.
Ces deux bords, indiqués en dernier lieu, montraient une colora¬
tion d’un noir
plus intense,
tandis que les
autres n’en dé¬
celaient aucune
trace.
Ce fait nous
amène à nous
occuper de la
formation de
ces bords colo¬
rés, et il paraît
probable qu’il
n’en faut pas
rechercher 1 a
cause dans l’exposition qui peut être le résultat d’une action pro¬
longée à travers la boîte, puisque la chaleur peut, d’autre part,
produire une forte réduction, mais non un renforcement considé¬
rable.
Il est beaucoup plus probable que la gélatine a absorbé sur les
bords une certaine somme d’humidité qui provenait du carton de la
boîte et l’avait traversé, laquelle avait agi sur la gélatine à une haute
température, et que cette action est due à la gélatine elle-même.
Une autre observation secondaire a été la suivante :
Dans l’expérience n° 2, la plaque III, qui n’a pas été exposée, était
chauffée, recouverte d’une plaque de verre paraissant très propre,
mais ayant été exposée pendant quelque temps à l’air.
Lors du développement, la plaque en question restait générale-
L. Rlisonne.
— 599
ment propre, mais elle montrait en un seul endroit, au milieu, des
bandes particulières de parties voilées.
Quand on insufflait de l’haleine sur la plaque de verre employée
à recouvrir l’autre, on y remarquait une image semblable à celle du
voile, ayant la forme de la partie voilée.
La plaque de verre avait donc absorbé à sa surface nue de l’humi¬
dité ou de la vapeur, lesquelles ont agi sur la plaque sèche à une
température élevée.
Si l’on nettoyait fraîchement la plaque de verre, ce phénomène
ne se produisait plus.
D’autres effets se sont manifestés aussi, mais, jusqu a présent, on
ne saurait donner des explications admissibles.
Si une petite plaque est posée sur la couche d’une plaque sèche
plus grande et qu’on les expose ensemble à une haute température,
on remarquera au développement que les côtés de la petite plaque
ont formé des lignes noires mais non continues sur la plaque sèche,
tandis que la surface de la plaque n’a exercé aucune action.
Il est difficile de se rendre compte de la cause exacte de ce fait;
ces effets méritent de faire l’objet d’expériences sérieuses, exécutées
dans des conditions diverses pour en arriver à des résultats d une
valeur pratique dans le maniement et la conservation des plaques
sèches.
{Èder's Jahrbucli.) J- Gaedicke.
L’article de M. J. Gaedicke, relatif à l’action d’une température
élevée sur les plaques sèches, appelle l’attention des fabricants de
plaques sur les précautions à prendre pour assurer leur conservation.
Il est reconnu que les plaques très sensibles sont celles surtout
dont la conservation en bon état dure le moins longtemps.
On remarque d’abord leur tendance à un voile de plus en plus
prononcé à mesure qu’elles vieillissent davantage, et ce voile se
montre plus intense sur les bords que sur la partie centrale des
plaques; d’où il résulte évidemment qu’une cause extérieure exerce
sur elles une action qu’il semble possible de restreindre ou même de
supprimer avec certaines précautions.
Les boîtes, généralement en carton, sont de nature à absorber de
— 600 —
l’humidité, à se laisser traverser par de certaines radiations qui ont
pour effet cette altération des couches sensibles.
En lisant l’intéressant article de M. J. Gaedicke, on arrive aisé¬
ment à comprendre que certaines études s’imposent dans cette voie,
non seulement dans le but d’arriver à une conservation normale
plus satisfaisante des plaques sensibles, mais encore dans le cas des
voyages, où l’on est exposé à des causes encore plus fréquentes de
détérioration, par exemple dans les pays très chauds et humides.
Il semble que quelques expériences entreprises dans cette voie
conduiraient certainement à une amélioration notable de l’état actuel
des choses, en ce qui concerne la préservation possible des plaques
sensibles, contre toutes atteintes, soit intérieures, soit provenant de
l’extérieur.
Nous ne saurions trop y insister.
Léon Vidal.
(Moniteur de la Photographie.)
REVUE DES JOURNAUX PHOTOGRAPHIQUES
Photography.
(N° 502.)
Renforcement des épreuves au platine. — Un renforcement physique seul est
possible. Une solution d’acide gallique et d’argent est excellente. On prépare
une solution saturée à froid d’acide gallique et une solution à 10 p. c. de nitrate
d’argent; on fait le mélange un peu avant l’usage comme suit :
Solution d’acide gallique . _ . 52 cc.
Solution de nitrate d’argent . 2 cc.
Eau . 52 cc.
Acide acétique cristallisable . 10 gouttes.
On trempe l’épreuve au platine préalablement mouillée dans ce bain et on l’y
laisse jusqu’à intensité suffisante. On rince ensuite et lave avec de l’eau acidulée.
Si l’image est devenue brune, on peut la noircir de nouveau dans le bain
suivant :
Chloroplatinate de potasse . 1 gr.
Acide phosphorique . ■ 15 gr.
Eau . 750 gr.
Puis on lave et fait sécher.
Une autre recette pour renforcer est aussi donnée :
1. Hydroquinone . 2 gr.
Acide citrique . 20 gr.
Eau . 450 cc.
2. Nitrate d'argent . 3 gr.
Eau . 30 cc.
Prendre 30 centimètres cubes de 1,
— 10 gouttes de ... 2.
(N° 503.)
Le grain du bromure d’argent. — Dans une lecture faite à la R. P. S., le capi¬
taine Abncy a attiré l’attention des photographes sur le grain des plaques. On a
— 602 —
souvent prétendu que les plaques rapides avaient un grain plus gros que les
plaques lentes et que l’emploi du bromure amenait aussi un gros grain. Abney
démontre que c’est du temps de pose que dépend le grain. Une longue pose
donne un grain fin. De là la nécessité de donner une pose suffisante aux petites
plaques employées dans les chambres à main et destinées le plus souvent à être
agrandies.
11 conseille donc l’emploi :
1° D’une plaque très rapide;
2° D’un objectif travaillant à pleine ouverture;
3° D’une vitesse aussi réduite que possible de l’obturateur.
Verre nu celluloïd. — M. Stillmann, correspondant du Times à Rome et pho¬
tographe, écrit qu’il a recommandé l’usage de plaques en celluloïd aux voya¬
geurs italiens se rendant dans la colonie de l’Érythrée et qu’ils s’en sont tou¬
jours bien trouvés. Le capitaine Bottego, de la première expédition italienne en
1803, avait uniquement avec lui des pellicules en rouleaux et coupées. Ces
pellicules, fabriquées en 1892, donnaient encore de bons résultats en 1898, mais
elles avaient perdu la moitié de leur sensibilité.
M. Stillmann ne dit malheureusement pas de quelle marque sont ces pelli¬
cules, ce qui est peut-être le renseignement le plus intéressant.
D’autre part, M. J. C. Warburg, un photographe bien connu de Londres,
relève les affirmations de M. Stillmann. 11 a eu à développer des pellicules reve¬
nues des pays chauds, un an ou deux après qu’elles avaient été exposées.
C’étaient les meilleures pellicules du marché, en deux rapidités. Les résultats
étaient franchement mauvais, les pellicules lentes donnant mieux que les
autres. Quelques-unes ne donnaient plus trace aucune d’images.
Cette question des pellicules reste donc ouverte, et il nous semble qu’il y
aurait lieu de s’en occuper sérieusement chez nous, car ses avantages en voyage
sont considérables.
(N° 511.)
Photographie d'éclairs. — Les éclairs très intenses et très rapprochés seuls
impressionnent une plaque. II faut donc, pour obtenir de bons résultats, tra¬
vailler avec des plaques extra-rapides et l’objectif à pleine ouverture.
(N- 512.)
P la linotypie. — La plupart des mécomptes dont se plaignent ceux qui tra¬
vaillent avec le papier au platine proviennent de l’humidité de l’air. Il faut
recouvrir le papier dans le châssis d’une feuille de caoutchouc ou de celluloïd
et éviter toute exposition inutile du papier à l’air libre
On aura alors des résultats excellents. Le papier au platine se conserve bien
pendant six mois, dans les tubes en fer-blanc soudés.
— 603 —
(N° 513.)
Le développement en temps chaud. — Pour éviter le frilling, très rare aujour¬
d’hui avec les plaques de bonnes marques, il faut, par les fortes chaleurs, s’abs¬
tenir de soumettre la gélatine à dos températures trop différentes. Il est donc
dangereux de laver dans une eau à 8 ou 10 degrés, comme l’eau de la distribu¬
tion, des plaques développées dans un révélateur à 20 degrés.
Andrew Pringle recommande donc de garder dans la chambre l’eau des pre¬
miers lavages afin de leur donner une température identique à celle du révéla¬
teur.
N’employez jamais une solution d’hyposulfite nouvellement préparée; elle a une
température beaucoup trop basse. En temps chaud, évitez les solutions trop
concentrées. 1 partie d’hypo pour 7 d’eau est sufiîsante.
Si malgré ces précautions le frilling causé par la chaleur apparaît encore, 11
faut avoir recours à des remèdes plus énergiques.
L’alun n’est pas recommandable. Le capitaine Abney a proposé de couler une
couche de collodion sur la gélatine avant le développement. Les résultats sont
bons. Le développement est simplement plus lent, le collodion est perméable
comme on sait.
On a depuis recommandé la formalinc.On fait une solution à 3 p. c. de for¬
mol et l’on y trempe les plaques pendant trois à quatre minutes, avant le déve¬
loppement. La plaque doit être ensuite bien rincée, puis on la recouvre du
révélateur.
Une autre substance peut-être meilleure que le formol, mais moins connue,
est le chlorure d’aluminium. Une solution à 2 p. c. appliquée sur une feuille
de papier au gélatino-chlorure permet de tremper cette feuille dans l’eau
bouillante. Mais l’auteur n’a pas essayé si l’on pouvait l’appliquer aux plaques
avant le développement.
Si le frilling apparaît après le fixage, on enlève immédiatement la plaque de
l’eau, on la trempe dans de l’alcool, on la fait sécher. Puis on la baigne dans une
solution d’alun, de formol ou de chlorure d’aluminium, et on la lave ensuite
sans qu’il y ait danger de voir la gélatine se soulever. M. V. •
(N° 518.)
Éclairage de la chambre noire. — Depuis que l’emploi d’émulsions sensibles
aux rayons colorés est plus fréquent, le choix d’une lumière inactinique
devient de plus en plus importante. M.Saugcr Shepherd, discutant cette question
dans une lecture faite à la Royal Photographie Society, le 28 juin 1898, propose
la combinaison de jaune brillant, vert naphtol et aurantia, qui arrête tous les
rayons du spectre, sauf une bande étroite de rouge, qui n’a en pratique aucun
effet sur les plaques.
Dernièrement le capitaine W. Abney, à une séance du Caméra Club, disait
qu’un mélange de violet rnéthyl et d’un orange convenable donnerait une
lumière sûre M. V,
— 604
The Photogram.
(N° r>5.)
Transport d'appareil photographique, à bicyclette.— Tous ceux qui ont emporté
avec eux un appareil photographique dans un voyage à bicyclette savent com¬
bien est délicate la question du port de la chambre noire. Nous l’avons éprouvé
nous-mème récemment sans trouver la solution absolument idéale. Il s’agit en
effet de concilier deux extrêmes. Tout appareil photographique sérieux pèse et
le cycliste doit avoir les mouvements libres.
Le Photogram , dans son numéro de juillet, nous montre quelques dispositifs
ingénieux, mais dont aucun ne nous séduit. Eu effet, le cycliste en voyage a,
outre son appareil, encore ses bagages à transporter et les différentes méthodes
que l’on nous indique semblent ne tenir compte que de la détective.
Le bagage du cycliste se transporte presque toujours dans le cadre ou sur la
roue de devant. Nous préférons de beaucoup le système qui permet de placer un
sac dans le cadre, devant les genoux du cycliste. Les mouvements restent libres
et la direction de la roue d’avant n'est pas entravée.
Quant à l’appareil, la meilleure place est sur le dos du cycliste; la chambre
supporte ainsi le minimum de secousses et est immédiatement à la disposition
de l’amateur.
11 suffit de la laisser pendre assez bas dans le dos, si on la porte en bandou¬
lière, pour qu’elle ne puisse glisser sur la poitrine. Mais si l’appareil a un poids
dépassant 2 kilogr., il finit pas fatiguer beaucoup et il faut alors, afin de ne pas
compromettre un voyage, trouver un autre dispositif. C’est ici que l’ingéniosité
des amateurs photo-cyclistes se donne libre carrière. D’après notre expé¬
rience et les dessins reproduits dans le Photogram, la meilleure place serait
dans le cadre, à l’avant. Mais si le bagage occupe cette place, il faut fixer l’appa¬
reil au-dessus de la roue directrice en l’attachant au guidon. Mais encore une
fois, les appareils décrits par le Photogram. ne tiennent pas compte du frein.
Or, un frein est indispensable en voyage. Il faut aussi que l’on trouve sur le
guidon place pour la pèlerine, le veston et la carte.
De tout cela résulte que le transport d’un appareil dans un voyage à bicyclette
n’est pas chose facile, et nous ne saurions assez recommander à ceux qui n’en
ont pas fait l’expérience de n’emporter que des détectives ultra-légères. Elles
finiront toujours par peser trop sur les épaules du cycliste.
Peut-être existe-t-il un dispositif meilleur auquel nous n’avons pas songé et
qu’un de nos confrères connaît; dans ce cas, il nous rendrait un grand service
en le décrivant au Bulletin. j\{. y.
The Practical Photographer.
(N° 104.)
Photographie des nuages. — « Pour photographier les nuages, l’homme doit
avoir la patience de Job et la philosophie de Diogène »; la patience d’attendre
— 605 —
pendant des heures, sous le vent, et la pluie au besoin, qu’un effet heureux se
présente; la philosophie suffisante pour supporter son sort avec résignation.
11 faut avoir une collection nombreuse de nuages pour pouvoir en trouver
qui puissent s’appliquer aux divers sujets. Gardez-vous des effets de coucher de
soleil! lien faut, mais pas trop. Vous devez avoir des nuages pris à toutes
les heures de la journée et à toutes saisons. La meilleure place pour les prendre
est au bord de la mer. 11 faut qu’aucun objet ne vienne se détacher sur le ciel et
que vous puissiez vous tourner dans tous les sens.
Les meilleures plaques : les orthochromatiques lentes avec l’usage de l’écran
jaune. Ayez des négatifs assez intenses pour qu’ils mettent à s’imprimer le même
temps qu’un paysage. — Auteur : Percy Barron.
(N° 105.)
Association belge. — Ce numéro renferme un article élogieux pour notre der¬
nière Exposition avec un grand nombre d’illustrations empruntées à notre
numéro de mai-juin.
M. V.
Caméra Notes.
(2e année, n° 1.)
Diapositives à projection. — Nous avons indiqué l’année dernière ( Bulletin ,
1897, p. 591, la méthode de M. Alfred Stieglitz qui surexpose et surdéveloppe
ses diapositives et réduit ensuite au réducteur de Farmer (hyposulfitc et ferri-
cyanure) les parties trop noires, système qui lui permet d'exercer un grand
contrôle sur la diapositive, puisqu'il travaille à la lumière du jour.
Les Caméra Notes donnent aujourd’hui un procédé pratique employé par le
même auteur pour éviter ces désastreux ciels blancs qui déshonorent malheu¬
reusement encore trop de vues. Quand donc nos lanternistes prendront-ils le
parti radical de rejeter toute diapositive dont le ciel est blanc? Ce serait rendre
un immense service aux amateurs.
M. Stieglitz ne veut pas de ciels blancs. Lors donc qu’il a une diapositive dont
le ciel est absolument transparent, il fixe une cache appropriée sur sa plaque et
applique contre elle une nouvelle plaque sensible, dans la chambre noire. 11
expose le tout un instant à la lumière du gaz, développe, fixe et réduit au ferri-
cyanure là où il le juge nécessaire. Ainsi, tous les points entre les arbres, par
exemple, qui étaient avant blancs, seront teintés et l’ensemble de l’image y aura
gagné. 11 fait un essai à la lanterne, et si le résultat n’est pas satisfaisant, il réduit
encore les parties trop foncées.
« Je sais bien, » dit-il, « qu’avec cette méthode je n’arrive à faire que dix dia¬
positives quand d’autres en font cent. Mais qu’importe ? Il vaut mieux, n’est-ce
pas, dix bonnes vues que cent mauvaises. »
De la qualité, mes chers confrères, mais de grâce, pas de quantité!!!
— 606 —
Une nouvelle méthode de développement. — Vous savez tous combien il est
difficile d’obtenir un négatif intense avec des poses courtes. Si vous poussez trop
loin le développement, vous risquez de voiler votre plaque. M. W. C. Harris
recommande un procédé qui nous semble assez ingénieux et que nous n’hési¬
tons pas à signaler.
Lorsque vous avez tiré tout ce que vous pouvez d’un négatif sou s-exposé, vous
arrêtez le développement avant toute manifestation de voile. Vous avez ainsi un
négatif superficiel dont l’image n’a guère pénétré dans la couche sensible dont
le dos reste blanc. Vous exposez la plaque, sans la rincer, un instant à la flamme
du gaz et vous continuez à développer. Vous aurez alors une image positive qui
apparaîtra au dos de la plaque.
Au fixage, la première image disparaît presque. Du positif vous tirez ensuite
un négatifqui sera bien plus intense que n’aurait pu être le premier.
Avec un révélateur métol-hydroquinone, M. Harris donne une seconde pose
de trois à cinq secondes avec une lampe à incandescence de 35 bougies à 73 cen¬
timètres au-dessus de la cuvette. M. V.
The Amateur Photographer.
(N° 712.)
Virage des épreuves au bromure. — On peut enlever le ton gris sale qu’ont
souvent les épreuves au bromure en les soumettant au bain suivant. Mais aupa¬
ravant il faut les passer dans une solution d’alun à 3 p. c.
Le bain de virage se compose de :
Hyposulfite de soude . 100 gr.
Alun . 10 gr.
Eau . 700 gr.
On dissout l’hyposulfite dans de l’eau chaude, puis on ajoute graduellement
l’alun. Plus le bain est vieux, mieux il agit. Il est préférable de mettre l’épreuve
à virer dans une solution tiède de ce bain, on chauffe ensuite graduellement;
ainsi on évite les ampoules. Lorsque le ton voulu est obtenu (rouge brique), on
lave l’épreuve dans une première eau tiède. Si l’on craint les ampoules, il faut
en effet éviter le passage brusque de l’épreuve dans des bains de températures
trop différentes.
(N° 718.)
Renforcement des épreuves au platine. — On recommande les solutions sui¬
vantes :
A. Méthode HïibL
1. Formiatc de soude . 3 gr.
Eau distillée . 30 cc.
2. Bichlorure de platine . . . 0,630 gr.
Eau distillée . 30 ce.
607 —
Usage :
Eau . 60 ce.
Solution l . 1 ce.
Solution 2 . 1 ce.
Laver ensuite l’épreuve et la laisser sécher.
B. Méthode Dollond.
1. Chlorure d’or . 1 gr.
Eau distillée . 26 ce.
Neutraliser avec de la chaux, filtrer et ajouter :
Acide chlorhydrique . 1 goutte.
2. Glycérine pure.
3. Sulfite de soude . 30 cc.
Eau pour faire . 300 cc.
Métol . 3 gr. 26
4. Carbonate de potasse . 30 cc.
Eau . 30 cc.
L’épreuve au platine est trempée dans l’eau, puis mise sur une plaque de
verre, et l’excès d’eau est enlevé au papier buvard.
On l’enduit ensuite d’un peu de glycérine, puis on verse quelques gouttes de
la solution 1 que l’on mêle rapidement à la glycérine. On passe lentement avec
une brosse douce sur l’épreuve pour que l’action soit bien régulière. Aussitôt
(pie les blancs menacent de se teinter, on lave à l’eau pour enlever toute trace
de glycérine et l’on verse sur l’épreuve :
Solution 3 . I partie.
Solution 4 . 1 partie.
On enduit aussi l’envers de l’épreuve de cette solution. Puis on lave pendant
vingt minutes et on laisse sécher.
L’épreuve aura été renforcée d’une façon très notable.
M. V.
Photographische Correspondenz.
(N° 466.)
Éclair magnétique. — L’auteur recommande :
3 parties de magnésium en poudre,
4 1/2 parties de permanganate de potasse en pondre,
1 partie sulfure d’antimoine, également pulvérisé.
Le mélange se fait non pas en broyant les matières dans un mortier — ce qui
est dangereux — mais en introduisant les matières dans un flacon que l’on
bouche et que l’on agite ensuite vigoureusement. La durée de l’éclair est
environ de l/20e de seconde, ce qui est suffisant pour que les mouvements
reflexes des personnes photographiées ne se reproduisent pas sur la plaque.
G08 —
Das Atelier des Photographen.
(N° 8.)
Développement lent. — Le Dr Miethe parle de nouveau en faveur de ce mode
opératoire, en cuvette verticale. Les amateurs s’en sont déjà emparés lorsqu’ils
ont un grand nombre de clichés à développer. Pourquoi, dit-il, n’en serait-il
pas de même des photographes professionnels ? Parmi toutes les substances
révélatrices, c’est le rodinal qui a donné dans ce cas le meilleur résultat.
Si l’opération doit durer environ trois heures, on prendra par litre de bain
4 à 5 cm3 de rodinal. Prendre de préférence de l’eau distillée pour la prépara¬
tion du bain. La température de celui-ci ne doit pas être trop élevée, sinon la
couche gélatineuse pourrait se détacher de son support. En été, il est bon de
laisser couler de l’eau sur la cuvette fermée, afin de refroidir le bain. Au bout
de deux heures, on examine l’état des clichés. On retire ceux dont les détails
dans les ombres sont suffisamment venus, sans s’inquiéter de la densité plus ou
moins grande des lumières. En cas de surexposition, il arrive que l’on
n’obtienne que difficilement la densité nécessaire. Cette catégorie de clichés
doit être redéveloppée dans un bain contenant pour 20 parties d’eau 1 partie
de rodinal.
Photographische Mittheilungen.
IN° 8.)
Cartes postales platinotypiqu.es. — L’envers de la carte est enduit au moyen
d’une solution d’amidon à 2 p. c. On laisse sécher, puis on sensibilise, à la
lumière d’une lampe, avec les solutions suivantes : 6 cm5 d’une solution conte¬
nant 1 gramme de chlorure platino-potassique dans 7 d/2 me3 d’eau; f> 1/2 cm3
d’oxalate ferrique; 10 gouttes d’une solution de chlorure sodico-platinique à
10 p. c. On fait sécher dans l’obscurité. L’exposition et le développement sont
identiques au mode opératoire du procédé de développement à chaud.
(N° 10.)
Obturateur à rideau. — Nous avons souvent déjà attiré l’attention sur cet
obturateur qui, au point de vue du rendement optique, ne peut être égalé par
aucune autre construction. Au début, ces obturateurs à rideau, glissant devant
la plaque, n’ont donné qu’une seule vitesse de descente; il fallait, pour donner
plus ou moins de pose, suivant le mouvement du sujet à photographier, élargir
ou diminuer la fente horizontale du rideau. Actuellement, il y a deux moyens
pour obtenir une plus courte exposition : tendre le ressort qui actionne le mou¬
vement de descente du rideau, et, d’autre part, diminuer la largeur de la fente.
A. Reichwein a mesuré les différentes vitesses que l’on peut ainsi réaliser :
— 609
Tension du ressort Tension du ressort Tension du ressort
Index 1 Index 5 Index 10
Fente de 0m04
Exposition 1/35"
Exposition 1/50"
Exposition 1/65"
» 0,n03
» 1/47"
»
1/60"
»
1/87"
» 0"'02
» 1/70"
))
1/100"
»
1/130"
» 0n,01
» 1/140"
))
1/200"
))
1/260"
» 0m005
» 1/280"
))
1/400"
»
1/520"
» 0'”0025
» 1/500"
))
1/800"
»
1/1000’
On voit que îles vitesses égales peuvent être obtenues par des moyens diffé¬
rents : Pour une pose de 1/65'' on peut, ou travailler avec une
fente de 0"’04 et une tension du ressort correspondant à l’index 10
ou bien » 0,n03 » » » » 5
ou, enfin » 0m02 » » » » 1
Au point de vue de la reproduction exacte d’un sujet en mouvement, il est
préférable d’augmenter la tension du ressort et d’augmenter proportionnelle¬
ment la largeur de la fente. C’est ainsi que la déformation inévitable sera réduite
au minimum. Autre point à considérer : faire glisser la fente dans la môme
direction que suit l’objet en mouvement; cette condition sera toujours réali¬
sable avec les chambres à main.
Praktischer Rathgeber.
(N° 15.)
Temps d'exposilion. — La durée de l’exposition est d’une importance capitale
pour la réussite des travaux du photographe; c’est d’elle que dépend le carac¬
tère de la reproduction photographique d’un paysage. Comment estimer le
temps de pose nécessaire; lhat is the question? L’expérience est, certainement,
le plus sur guide. Les tables peuvent aussi être d’un certain secours. Voici une
méthode pour arriver à se fixer sur le temps de pose des paysages, dans
diverses circonstances.
Saison ==r i
Mai, juin, juillet, août = 1-2
Mars, avril, septembre, octo¬
bre, novembre — 2-3
Décembre, janvier, février = 3-5
Nuages = b
Sans nuages = 1
Temps demi-couvert = 2
Temps couvert = 3
Temps sombre = 4-10
Pluie = 5-8
Heure = u
Soleil au zénith = 1
Soleil à 45° = 2-3
Soleil à l’horizon = 4-8
Sujet = g
Effet de neige, nuages, marine = 1/2
Lointains et avant-plans = 1
Avant-plans et lointains = 2
Avant-plans exclusivement = 3 5
Intérieur, sous-bois — 8-10
44
610 —
Étant donnée une marine à photographier en juin, entre 4 et 5 heures, par
un temps demi couvert, on aura le facteur F = 1 X 2 X 2 X 0,5 = 2.
Ce facteur doit encore être multiplié par celui qui donne le temps d’expo¬
sition en secondes et qui dépend de l’ouverture du diaphragme :
Diaphragme-
Temps d’exposition
F/7,7 .
. l/400e de seconde
F/9 .
. 1/200° »
F/12 ...
. 1/100° »
F/ 18 .
. . . . . 1/50° »
F/25 .
l/25e «
F/36 .
. 1/12° «
F/50 .
. 1/6° »
F/75 .
. 1/3° »
On est libre, naturellement, dans le choix du diaphragme. Pour trouver le
temps de pose, on multiplie le facteur F par le nombre de secondes corres¬
pondant au diaphragme choisi. Exemple : mois d’octobre, soleil assez près de
l’horizon, temps couvert arbres à l’avant-plan : F — 3 X 4 X 5 X 2 = 120. En
choisissant le diaphragme F/50, on aura 120 X 1/6 = 20 secondes comme
temps d’exposition.
Photographische Chronik.
•
L'emploi de la lanoline en photographie est très recommandable pour tous
ceux qui ont l’épiderme sensible et qui sont sujets à des éruptions do la peau,
causées par l’action des différents bains dévcloppateurs et de leurs constituants.
La lanoline, qui est un corps gras extrait de la'laine animale, possède la propriété
de se mélanger à l’eau, ce qui la rend éminemment propre à l’usage externe
comme onguent, etc. La lanoline, employée comme tel, s’oppose à la pénétration
des bains révélateurs dans l’épiderme. Neville recommande :
30 grammes lanoline,
7,5 gr. savon castillan,
60 cm3 d’eau.
Pour préparer cet onguent, on prend la quantité voulue de lanoline pure
(exempte d’eau', on la triture avec un peu d’eau, on y mélange le savon pulvé¬
risé, et, tout en mélangeant, on ajoute le restant des 60 cm3 d’eau.
On peut aussi, dans une capsule en porcelaine, faire fondre la lanoline,
ajouter l’eau et le savon, et remuer le mélange jusqu’à refroidissement complet.
V. H.
Bifoliocjf'aptne
A simple Guide to tlie choice ofn Photographie Lens ,
par T. -R. Dallmcyer, F. R. A. S., Londres.
Ce petit traité pratique sur le choix d’un objectif a eu en Angleterre un succès
considérable. 11 est écrit dans une langue claire, précise et de nombreuses illus¬
trations font de cette brochure un guide qui devrait se trouver entre les mains
de tous les photographes.
Sentiment d’Art en Photographie, Camille Smits et Cie, Bruxelles.
Nous recevons le premier numéro de la publication Sentiment d’Art en Pho¬
tographie qui vient de paraître à Bruxelles. Cette publication a pour but de
reproduire des œuvres photographiques primées en concours mensuels, et elle
s’adresse aux photographes du monde entier.
Tout ce qui touche à l’art photographique nous est trop cher pour que nous
ne saluions pas avec plaisir cette jeune consœur. Nous souhaitons de la voir
réussir dans l’œuvre qu’elle s’est proposée.
A signaler dans ce premier numéro une intéressante lettre de M Th. Hofmeis-
ter, de Hambourg.
31. V.
T,c Développement de l'image latente en photographie, par A. Sf.yf.wetz, sous-
directeur et chef des travaux à l’école de chimie industrielle de Lyon. Un
vol. in-18 jésus. — Paris, librairie Gauthier-Villars, 1899.
Les procédés photographiques qui, il y a peu d’années encore, étaient pure¬
ment empiriques, relèvent pour la plupart, aujourd’hui, de la Science pure, et la
mise en œuvre de réactions chimiques pour expliquer un grand nombre de
phénomènes photographiques n’a pas contribué pour une faible part à cette
transformation rapide...
Grâce aux études de 3131. Auguste et Louis Lumière, la liste des déve-
— G12 —
loppateurs, limitée depuis longtemps à quelques substances consacrées par la
pratique, s’est subitement accrue d’une quantité considérable de nouveaux
représentants.
C’est la conception exacte du rôle prépondérant que devaient jouer les
phénomènes chimiques dans l’étude des propriétés développatrices des subs¬
tances organiques, qui permit à MM. Lumière de fixer, avec une rigoureuse
précision, les éléments de la fonction dcveloppalricc, véritable critérium des
propriétés révélatrices des substances organiques. Par suite, le nombre des
substances douées de ces propriétés s’est accru dans de telles proportions,
qu’il est devenu de plus en plus difficile aujourd’hui au débutant de faire un
choix judicieux et d’accorder la préférence à une substance plutôt qu’à une
autre.
Afin d’essayer de combler cette lacune dans une certaine mesure, l’auteur a
exposé, dans la première partie de cet ouvrage, l’état actuel de nos connaissances
sur l’opération du développement ainsi que tous les travaux théoriques relatifs
aux développateurs, en insistant particulièrement sur ceux qui peuvent avoir
un intérêt pratique. 11 a en outre montré quelles sont les conditions que
doit remplir un bon développateur et comment ces desiderata sont réalisés
dans les divers révélateurs commerciaux.
Enfin, la deuxième partie est entièrement consacrée à la pratique du déve¬
loppement et l’on y trouvera tous les renseignements nécessaires pour obtenir
une bonne image avec les seuls révélateurs qui, par leurs qualités spéciales,
doivent être préférés à tous les autres.
Liesegang's Photog ra pliisch e r Almanach, 19e année , 1899. — Ed. Liesegang,
éditeur à Dusseldorf.
Voici les almanachs photographiques qui font leur apparition. Celui de
Liesegang nous arrive bon premier. Ce petit volume, qui sera consulté avec
intérêt, contient des articles variés, notamment du professeur H.-W. VogeL sur
la préparation des plaques orthochromatiques; du professeur Valenta, sur les
nouveaux sensibilisateurs optiques pour le bromure d’argent; du D1' Rautcrt,
sur la technique des Rayons X; de R.-Ed. Liesegang, sur quelques nouvelles
théories photochimiques, etc. 11 se termine par les tables et recettes d’usage
et la liste des sociétés photographiques d’Allemagne.
Le Portrait en plein air, par A. Courrèges, praticien. Un vol. in-18 jésus, avec
figures et une planche en photocollographie. — Paris, librairie Gaulhicr-
Villars, 1898.
Le portrait est, en photographie, la chose la plus difficile; mais si l’on opère
en plein air, les difficultés sont bien plus grandes encore.
613 -
C’est que, ce qui fait la valeur du portrait, c’est l’éclairage, c’est-à-dire les
lumières, les demi-teintes et les ombres qui, par leurs dispositions harmo¬
nieuses, concourent à modeler les traits du patient, avec plus ou moins d’art
et d’exactitude.
La pose, l’expression, la réaction chimique ont assurément une très grande
importance sur le résultat; mais la chose prépondérante, celle qui prime toutes
les autres : c’est la distribution de la lumière.
Les ateliers des professionnels sont particulièrement orientés, ils sont géné¬
ralement garnis de verres dépolis, afin que le soleil ne puisse y pénétrer; puis,
de côté et au-dessus, sont disposés des rideaux, des tentures, des réflecteurs,
à l’aide desquels on peut régler la lumière et lui donner une direction
idéalement favorable.
En plein air, ce n’est plus cela; le jour arrivant le plus souvent de tous côtés,
il faut rechercher les moyens qui permettront de réduire cette abondance et
surtout ce désordre de lumière; la chose n’est pas toujours aisée, et l’amateur
inexpérimenté, qui souvent ne voit même pas le mal, est sans armes en
présence de pareilles difficultés.
Afin qu’il puisse lutter avec quelques chances de succès, l’auteur essaye de
lui tracer la voie qu’il devra suivre. Y réussira-t-il?
Rien n’ayant été publié spécialement sur ce sujet, il a tout au moins
l’assurance de pouvoir dire des choses nouvelles.
Traité pratique de radiographie et de radioscopie technique et applications
medicales , par A. Londe, directeur du service photographique et radio¬
graphique à la Salpêtrière (clinique des maladies du système nerveux),
lauréat de l’Académie de médecine, de la faculté de médecine de Paris. Un
beau vol. gd in-8°, avec 113 figures. — Paris, librairie Gauthier-Villars, 1898.
La merveilleuse decouverte du professeur Rœntgen a fait rapidement de
grands progrès. Elle n’a pas tardé à rendre à la science, et notamment aux
sciences médicales, des services tels que son application se généralise de plus
en plus dans les hôpitaux.
Ces laboratoires de radiographie doivent être pourvus d’un personnel spécial
ayant toutes les connaissances requises et au courant de la manipulation des
nouveaux appareils mis au service de la science.
Depuis près de trois années, l’auteur s’est consacré à la pratique de la radio¬
graphie dans le laboratoire de la Salpêtrière et ce sont les idées qu’il a pu se
faire sur l’état de la question, l’expérience qu’il a acquise qu’il met à la dispo¬
sition de tous ceux qui voudront bien lire cet ouvrage.
La première partie comprend tout ce qui est relatif au matériel technique et
la seconde partie s’occupe des applications de la radiographie.
.Nous croyons que c’est l’ouvrage le plus complet qui ait été publié sur la
matière. G. P.
— 614 —
Bulletin du Photo- Club de Neuchâtel.
Un nouveau confrère qui se montre avec éclat. Organe du Photo-Club de
Neuchâtel, il parait tous les deux mois. Les quatre premiers numéros que
nous avons reçus sont imprimés avec le plus grand soin sur beau papier et
contiennent de nombreuses illustrations en phototypographie d’une très bonne
exécution et sortant de la maison Attinger frères.
Nous souhaitons au nouveau journal la bienvenue dans le monde photo¬
graphique.
jouir^æux n&çus
Belgique.
Bulletin de V Académie royale des Sciences , nos 7. 8.
Bulletin du Photo-Club de Belgique, n° 21.
L'Objectif, nos 47, 48, 49, 50.
Ciel et Terre, nos 11, 12, 13, 14, 15.
Le Cycliste belge illustré, nos 414, 415, 416, 417, 418, 419, 420, 421.
Revue bibliographique belge, nos 7, 8, 9.
Revue de V Université de Bruxelles, nos 9, 10.
La Presse universelle, nos 7, 8.
Allemagne.
Deutsche Photographen Zeitung, nos35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42.
Dus Atelier des Photographen, nos 9, 10.
Der Amateur-Photograph, nos 9, 10.
Photographische Mitlheilungen, nos 11, 12, 13.
Pholographischc Chronik, nos 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42.
Pliotographisches Centralblatt, nos 15. 16, 17, 18.
Photographisches Wochenblalt, nos34. 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41.
Photographische Rundschau , nos 9, 10.
Praktischer Rathgeber, nos 16, 17, 18, 19.
Internationale Photographische Monatsschrift fur Medizin , nrs 8, 9.
Die Kunst in der Photographie, n° 4.
Autriche.
Photographische Correspondes, nos 456, 457.
Wiener Photographische Blàtter, nos 9, 10.
Wiener Freie Photographen Zeitung, nos 8, 9.
Danemark.
Beretninger fra Dansk fotografish Forening, nos 8, 9.
— 616 —
États-Unis.
Anthony’ s Bulletin, nos 9, 10.
Caméra Notes, n° 2.
St-Louis Photographer, n° 10.
Wilson s Magazine, nos 501, 502.
La Revista cientifica Uispano-Americana, nos 9, 10.
France.
Bulletin de la Société française de Photographie, nos 16, 17, 18, 19.
Moniteur de la Photographie, nos 17, 18, 19.
Bulletin du Photo-Club de Paris, nos 91, 92.
Photo-Gazette, nos 10, 11.
La Lanterne photographique, n° 1.
Photo-Revue, nos 5 bis, 6, (ibis, 7.
La Photographie, nos 9, 10.
Le Photogramme, nos 9, 10.
L’ Avenir photographique, n° 80.
Ombres et Lumière, nos 38, 39.
Bulletin du Photo-Club Nancéien, nos 6, 7.
Bulletin de la Société Lorraine de Photographie, nos 1, 2, 3, 4, 5, 6.
Le Monde photographique, nos 39, 40.
Gazette du Photographe amateur, nos 65, 66.
Bulletin de V Association des Amateurs photographes de Dijon et de la
Bourgogne, nos 9, 10.
La Science illustrée, nos 561, 562, 563, 564, 565, 566, 567, 56S.
La Science en famille, nos 43, 44, 45.
Photo-Midi, n° 3.
Bulletin de la Société Caennaisc de Photographie, 15 otobre.
Grande-Bretagne.
British Journal of Photograpliy, nos 1999, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005,
2006.
Photographie News, nos 139, 140, 141, 142, 143, 144, 145, 146.
The Photographie Journal, nos 12, 1.
Journal of tlie Caméra Club, nos 148, 149.
Pholography, nos 511, 512, 513, 514, 515, 516, 517, 518.
The Amateur Photographer, n°s 725, 726, 727, 728, 729, 730, 731, 732.
The Practical Photographer , nos 102, 103, 104, 105.
The Photogram, nos 57, 58.
Process Work and the Printer, nos64, 65.
617 —
Italie.
Il Progresso fotografico, nos 8, 9.
Il Dilettante di Fotografia, nos 100, 101.
Revista scientifico-artistica di Fotografia, n° 7.
Suisse.
Revue suisse de Photographie, n° 7.
Bulletin du Photo-Club de Neuchâtel, n')S 1, 2, 3, 4.
La Photo-Revue suisse, nos 19, 20.
-»• Dos Illustpotions •<-
Soleil de Noël. — La planche hors texte que nous publions
dans ce numéro est la reproduction en photogravure d’une des
œuvres de M. Vanderkindere ayant figuré à notre dernier Salon.
La reproduction, gravure et impression, a été faite par MM. Ble-
chinger et Leykauf, de Vienne.
Illustrations dans le texte de MM. Ch. Dupont, A. Ky-
meulen, L. Misonne, Ch. Puttemans etM. Vanderkindere.
Portrait de M. le lieutenant général, F. van Eechout, par
M. Edmond Sacré, de Gand.
Lettrines de MM. Bidart, L’Olivier, Maes, Rousseau, Selb,
Stadeler et Vanderkindere.
NECROLOGIE
lie lieutenant général F- van Eeehout
’ association belge de Photogra¬
phie est en deuil par la mort d’un
de ses fondateurs, le lieutenant
général Frédéric van Eeehout,
commandant supérieur delà garde
civique des deux Flandres, prési'
dent d’honneur du Cercle Mili¬
taire Prince Albert, grand offi¬
cier de l’Ordre de Léopold, décoré
de la Croix militaire de lre classe,
commandeur de la Couronne d’Italie et de la Couronne de Chêne;
notre ami est décédé à Gand le 20 septembre dernier, après une
courte maladie.
Tandis que nous réunissions les éléments d’une notice biogra¬
phique, un ancien ami du général, son compagnon d’études et
d’armes, officier distingué lui-même, nous fit l’honneur de nous
proposer, sous de gracieux auspices, un article nécrologique. Nous
nous empressons de le communiquer à tous nos amis.
« L’Association belge de Photographie vient d’être cruellement
éprouvée par la mort d’un de ses membres fondateurs et collabo¬
rateur des plus actif, M. le lieutenant général van Eeehout.
« D’un caractère bienveillant, d’un esprit droit et juste, d’une
grande netteté de jugement, le général van Eechout n’inspirait
autour de lui qu’affection et respect.
« Il comptait parmi les plus sympathiques de nos généraux, et la
brillante carrière qu’il a parcourue dans l’armée, est uniquement
due à son travail opiniâtre et à la grande correction qu’il apportait
dans toutes les actions
de sa vie.
« Dévoré du désir
de s’instruire, d’éten¬
dre tous les jours da¬
vantage ses connais¬
sances militaires, il
entrait à l’école de
guerre à un âge où
beaucoup d’autres
aspirent déjà au repos;
major de promotion,
il donnait à ses jeunes
camarades l’exemple
du travailleur acharné
qu’aucune difficulté ne
rebute et leur incul¬
quait cet esprit de
tolérance qu’il avait
acquis dans le frotte¬
ment antérieur avec
les éléments divers de
la société.
« Et son goût pour les études ne se bornait pas uniquement à
l’art militaire ; il cherchait à pénétrer tous les secrets des sciences
physiques, chimiques et industrielles, et y apportait la même
ardeur juvénile.
« Avec son ami Rommelaere il surveillait patiemment, pendant de
longues heures, le résultat d’une combinaison nouvelle ; avec son
ami Hongern il observait, pendant des nuits entières, tel ou tel
phénomène de la voûte céleste.
mi
rm
1
« Il fit un séjour en Suisse pour apprendre l’horlogerie et acquérir
la sûreté de main nécessaire au maniement des instruments les plus
délicats, et l’on peut dire qu’il y était passé maître.
« Son cabinet de travail renfermait les instruments les plus divers,
mais où dominait toutefois les appareils de photographie, car c’était
un fervent de notre art, le général van Eechout, et son talent était
doublé d’aptitudes toutes spéciales de dessinateur de la grande et
belle nature.
« Tout cela constituait la distraction du métier militaire auquel il
appartenait corps et âme. Nous l’avons connu commandant de
régiment, adoré de ses hommes, ne s’intéressant qu’à leur bien-
être; il était toujours le premier camarade de ses officiers, qui
aimaient à se grouper autour de lui.
« Les plus hautes distinctions Lui avaient été octroyées et tout
récemment le Roi avait tenu à lui donner un nouveau et suprême
témoignage de sa haute satisfaction pour les services rendus, en
lui conférant la croix de grand officier de son ordre.
« Plein de vigueur, ayant conservé toute son aménité qui attire
et attache, et cette gaieté qui reflétait la sérénité de son âme, il a
voulu apporter à l’œuvre de réorganisation des forces proposées
au maintien de l’ordre et de la garde de nos cités, le concours
de son érudition et de sa grande expérience acquise dans l’exercice
du commandement. Hélas! c’est en plein travail que la mort est
venue le surprendre et l’empêcha de donner une nouvelle preuve de
ses hautes et précieuses facultés.
« Si sa grande famille militaire déplore vivement sa perte, nous,
qui l’avons connu dans l’intimité, nous pleurons en lui l’ami sûr et
dévoué, le savant simple et modeste.
« Tous les habitants de Gand ont accompagné sa dépouille
mortelle lors de ses funérailles et dans les groupes émus et profon¬
dément recueillis, on associait son nom à quantité d’œuvres de
bienfaisance, de secours et de dons.
« Cette démonstration de respect et d’affection de toute une
population a certes touché Mme van Eechout a l’endroit le plus
sensible du cœur, mais sa plus grande consolation est de penser
que son regretté mari a reçu du juge suprême la juste récompense
des vertus qu’il a pratiquées ici-bas.
« Qu’elle veuille bien nous permettre de lui présenter ici l’expres¬
sion respectueuse de nos regrets et de nos vives condoléances. »
Nous nous associons de tout cœur à ces éloges, tout en y
joignant l’expression des regrets que nous cause la disparition de
cette figure sympathique. Notre Association était représentée aux
funérailles par plusieurs de ses membres; en son nom, nous avions
déposé une couronne sur le cercueil de notre ami et présenté à
Mme van Eechout et à sa famille l’assurance de la part que nous
prenions à son deuil.
Chaque fois que la mort nous ravit un fondateur, nous ne
pouvons nous défendre d’une pensée mélancolique : le nombre de
nos anciens diminue sans cesse,, s’égrenant le long du chemin de la
vie; avec eux, disparaissent la tradition, le souvenir de la jeunesse
de notre œuvre ; si notre société est ce qu’elle est, elle le doit à ces
vaillants; ne l’oublions pas et montrons nous aussi travailleurs,
aussi persévérants, aussi conciliants qu’ils l’étaient.
C’est le souvenir que l’Association tout entière, et notamment
la Section gantoise, gardera de l’homme courtois, aimable et
ardent au travail que fut le lieutenant général van Eechout.
Jos. Casier.
Félix Rernacle
Le 3 octobre est décédé, à Bruxelles, M. Félix Remacle. Notre
confrère consacrait à la peinture et à la photographie les moments
de loisir que lui laissait la direction de sa maison de commerce. La
Section de Bruxelles, dont il était un des fidèles, perd en lui un
excellent collègue aux relations les plus agréables et dont elle
conservera le meilleur souvenir.
SOMMAIRE
PAGES.
Conseil d' administrai ion. — Membres admis . 561
Extrait du procès-verbal de la Section de Louvain. — Séance extraordi¬
naire du 17 septembre 1808.
Œuvre de bienfaisance; collaboration de la Section . .... 562
Séance de projections du 22 septembre 1808 . 563
Notes anglaises. — Les deux expositions de Londres, par W. D. Welford 565
Développement après fixage . 570
Le procédé aux poudres . . . 573
La valeur des diaphragmes dans les agrandissements, etc., par le Rév.
E. G. Lambert, M. A . 577
Affaiblissement, des phototypes négatifs, par A. Miethc . 5Sj
Différentes grandeurs d'image avec n’importe quel objectif, par le Rév.
E. G. Lambert, M. A . 584
De l'action d'une température élevée sur l’image latente , par J . Gaediclce 593
Revue des journaux photographiques.
Photograpliy .
N° 502. — Renforcement des épreuves au platine . 601
N° 503. — Le grain du bromure d’argent . 601
Verre ou celluloïd . 602
N° 511. — Photographie d’éclairs . 602
N° 512. — Platinotypie . 602
N° 513 — Le développement en temps chaud . 603
N° 518. — Éclairage de la chambre noire. ..... ... 603
The Photogram.
N° 55. — Transport d’appareil photographique à bicyclette . . . 604
The Practical Photograplier .
N° 104. — Photographie des nuages ... 604
N° 105. — Association belge . 605
— 624 —
PAGES.
Caméra Notes.
N° 1. — Diapositives à projections . 605
Une nouvelle méthode de développement . GOG
The Amateur Pholograph.
N° 712. — Virage des épreuves au bromure . 606
N° 718. — Renforcement des épreuves au platine . 606
P h otograph ische Correspondent .
N° 455. — Eclair magnésiqne . 607
Bas Atelier des Photographen.
N° 455. — Développement lent . . 608
Photographische Mittheilungen.
N° 8. — Cartes postales platinotypiques . GOS
N° 10. — Obturateur à rideau . 608
Praktischer Rathgebcr.
N° 15. — Temps d’exposition . 609
Photograpli ische Chronih .
L’emploi de la lanoline en photographie . 610
Bibliographie . 611
Journaux reçus . 615
Nos illustrations . 618
Nécrologie.
Le lieutenant général F. van Eechout . 619
Félix Remacle . . • • 622
Sommaire.
*
ASSOCIATION BELGE DE PHOTOGRAPHIE
ASSOCIATION BELGE DE PHOTOGRAPHIE
J. Casier.
Phototypographie J. Malvaux.
APDAIN E
PORTAIL DE L’EGLISE ABBATIALE
Association belge de Photographie
SOUS LE PROTECTORAT DU ROI
et la Présidence d'honneur de S. A R. Monseigneur le Prince Albert de Belgique.
BULLETIN
N° 11.— 25me ANNÉE. - VOL. XXV.
(3e SÉRIE. — VOL. V.)
Conseil d’Administration
NT été admis :
Membres effectifs :
MM. Dei.ize, J., à Grive-
gnée (Liège), présenté par
MM. L. et G. Laoureux.
Henry, Édouard, courtier.
44
— G2G —
27, Marché-aux-Œufs, Anvers, présenté par MM. Hanssens et
Yanderkindere.
Lamarche, Alfred, 38, rue Louvrex, Liège, présenté par
MM. Oscar Lamarche et Laoureux.
Lyon-Claessen, Edg., 8, rue Berckmans, Bruxelles, présenté
par MM. Casier et Yanderkindere.
Orban, Albert, à Quareux- Aywaille, présenté par MM. I.. et
G. Laoureux.
Winssinger, C., ingénieur, GG, rue Hôtel-des-Monnaies, Bru¬
xelles, présenté par MM. Y. Ernotteet Puttemans.
RÉSULTAT DU CONCOURS PHOTOGRAPHIQUE
DES RÉGATES D’ANVERS
1er Concours. — La plus belle série de G épreuves :
Prix : M. A. Lunden à Deurne, Anvers.
2e Concours. — La plus belle série d’au moins 12 épreuves :
Prix : M. G. Servaes, Gand.
3e Concours. — La plus belle épreuve 24 X 30 ou au-dessus :
Prix : M. G. Servaes, Gand.
Mention honorable : M. A. Hye de Crorn, Gand.
4e Concours. — La plus belle série de G épreuves 13 X 18 :
Prix du Yacht-Club : M. A. Lunden à Deurne.
æ
Section cFAnve^s
SEANCE DU 3 OCTOBRE 1898
Présidence de M. Maes, président
ont présents : MM. Angenot,
Bâstyns, Bourgeois, Bouvart,
Brand, Gife, Hahn, Homblé,
Hunter , Keusters , Lannoy,
Maes, Myin, Nieuwland, Pau-
wels, Ommeganck, Pliicker,
Peyrot, Selb, Van Bellingen,
van den Broeck, Van Meerbeek, Wüst.
Le président ouvre la séance en constatant avec plaisir l’affluence
des membres présents; il espère voir continuer cette assiduité pen¬
dant le cours de l’hiver prochain. Il prie les membres de préparer
leurs diapositives en vue des séances de projection.
M. Maes fait ensuite l’éloge de M. le lieutenant général
van Eechout, membre fondateur de l’Association, décédé derniè¬
rement à Gand ; il rappelle qu’il était un des fervents de la photo¬
graphie et était présent au dernier concours de régates sur l’Escaut.
Une discussion s’engage ensuite sur le jour à adopter pour les
séances; le lundi est maintenu.
Les circulaires relatives à un concours d’instantanés ouvert par
la Chambre syndicale de Paris sont distribuées.
Le président engage les membres à lui faire part des questions
qu’ils désireraient voir traiter au cours des séances.
— G28 —
M. le major Plücker fait passer des phototypes affaiblis par le
persulfate d’ammoniaque, qui sont examinés avec grand intérêt.
M. Maes montre les nouvelles pellicules Vitrose de MM. Lumière;
les ayant reçues dans la journée, il n’a pu encore en faire l’essai; il
fait passer aussi une série d’épreuves imprimées sur papier Electric
de la Bernaert Compan}^ ; elles sont très admirées.
M. Maes termine la séance en procédant avec succès à la confec¬
tion de diapositives pour projection et stéréoscopie,avec les plaques
Cadett; il emploie les nouveaux châssis construits sur ses indica¬
tions et permettant de redresser parfaitement les images obtenues
souvent de travers avec les chambres à main.
La séance est levée à 10 1/2 heures.
Sectioi? de Bruxelles
SÉANCE DU 12 OCTOBRE 1898
Présidence de M. Puttemans, président
a séance est ouverte à 8 1/2 heures.
Sont présents : MM. Vermeiren,
Delevoy, Nopère, baron de Jam-
blinne de Meux, Lefebvre de Sar-
dans, Pollet, Streich, Vanderkin-
dere, Watrigant, Durieu, Bidart,
J. Van Beesen, De Coen, de Raet, Dricot, D> Paradis, V. Van
Beesen, Bronckhorst, Anspach, Poupart, Bottiau, Simon, Mou¬
ton, Kymeulen, Broothaerts, Langlé, Cumont, Frennet, Van Lint,
Smeesters, Bayart, Bray, Moens, Boitson, Louvois, D1 Pater-
notte, Leys, Delcroix et Stadeler, secrétaire.
M. Magnien s’excuse de ne pouvoir assister à la réunion.
Le procès-verbal de la séance du 22 juin est lu et adopté.
M. le président enregistre le grand succès obtenu par l’excursion
organisée sur l’Escaut par la Section de Bruxelles à l’occasion du
XXVe anniversaire de sa fondation. Si, au point de vue photogra¬
phique, le temps n’a pas entièrement répondu à l’espoir des excur¬
sionnistes, par contre, comme voyage d’agrément, l’anniversaire
de la fondation de la Section a été oh ne peut plus joyeusement
fêté. Une centaine de membres et leurs dames avaient pris part au
voyage. L’innovation de voir les membres accompagnés de leur
famille à nos excursions a été consacrée par un tel succès qu’on
peut déclarer qu’elle est admise en principe pour l’avenir.
— 630
Des remerciements sont dus à M. Maes, le distingué président
de la Section d’Anvers, pour les services qu’il nous a rendus en
cette circonstance.
M. le président propose également des remerciements à la Section
d’Anvers pour la réception si cordiale qu’elle nous fait chaque année
lors de l’excursion organisée à l’occasion des régates internatio¬
nales sur l’Escaut.
M. le président annonce, avec regret, le décès de M. Remacle,
un des membres les plus assidus de la Section bruxelloise.
Il rend un dernier hommage à la mémoire du lieutenant-général
van Eechout, membre fondateur de l’Association, décédé à Gand.
Il rappelle les grandes qualités du défunt qui s’adonnait avec
ardeur à l'étude des sciences et qui devait à son travail opiniâtre
la haute situation à laquelle il était arrivé.
M. Vanderkindere propose d’adopter une étiquette uniforme
pour toutes les positives à confectionner par les membres. La dis¬
cussion de cette proposition est remise à une prochaine réunion.
MM. Paradis, Vanderkindere et Magnien, qui s’étaient chargés
de faire des essais de développement à la pyrocatéchine, se déclarent
fort satisfaits de ce produit.
M. le président rappelle aux membres le concours de photogra¬
phie qui doit se clôturer le 31 de ce mois. Il estime que l’on pourrait
organiser une exposition des œuvres présentées au concours et de
celles que les membres lui feront parvenir hors concours.
Il montre les résultats obtenus avec les nouvelles pellicules
Vitroses de la maison Lumière. Les premiers essais ont été des plus
favorables; cependant un nouvel envoi de pellicules n’a pas
répondu à son attente, car il y avait tendance au voile.
M. Coudesonne, de Paris, fait circuler quelques spécimens de
portraits estampés en relief. L’effet obtenu est très intéressant,
malheureusement aucune explication technique n’est donnée par
l’auteur.
M. Vanderkindere montre quelques épreuves sur papier Self
toning de M. Bauer, de Monclair (E.-U.). Ce papier a l’aspect d’un
papier au collodiochlorure. Après le noircissement au châssis-presse
sous le négatif, il n’y a plus qu’à le fixer à l’hyposulfite à 5 p. c. et
631 —
à le laver. En séchant, il prend le ton d’un papier richement viré.
Les manipulations de ce papier sont donc des plus simples ; il se
fabrique en mat ou en brillant et son prix est sensiblement le même
que celui des autres papiers préparés. ( Applaudissements .)
M. Puttemans fait une causerie des plus instructives sur ce qu’il
faut entendre par acides, bases et sels. Il expose, avec démonstra¬
tions à l’appui, les caractères de ces trois classes de corps et s’étend
principalement sur la formation des sels par voie directe et indi¬
recte . {App la u dissent en ts . )
Vu l’heure tardive, les projections de positives sont remises à une
réunion ultérieure.
La séance est levée à 10 1/2 heures.
SÉANCE DU 26 OCTOBRE 1898
Présidence de M. Puttemans, président
La séance est ouverte à 8 1/2 heures. Sont présents : MM. Mas¬
son, Durieu, Magnien, Vermeiren, Fabronius, commandant Peltzer,
Ernotte, Hanssens, J. Van Besen, Nopère, Mouton, De Meuter,
Bidart, Vanderkindere, Bayart, Lefebvre de Sardans, Hofmans,
Smeesters, Maurin, Simon, Nyst, Dr Paternotte, Fonson, Langlé,
V. Van Besen, de Raet, Bray, Rutot, Van Lint, Marynen, Du-
pret, Broothaerts, Boitson, Alf. Géruzet, Delcroix, Frennet, Ky-
meulen, Dr Paradis, Bertrand et Stadeler, secrétaire.
Le procès-verbal de la séance du 12 octobre est lu et adopté.
M. le président annonce que M. Mathieu, de Paris, donnera, le
12 novembre prochain, une conférence, avec démonstrations, sur le
procédé de reproduction des couleurs dont il est l’un des auteurs.
La discussion est ouverte sur le concours de photographie. L’as¬
semblée désigne M. Boitson pour être adjoint au bureau et former
ainsi le jur}^ chargé d’apprécier les envois.
Des membres expriment le vœu que les photographies envoyées
au concours ne soient pas encadrées ; d’autres estiment, au con¬
traire, que le cadre ne peut être une entrave aux envois.
On s’en tiendra, aux termes de la circulaire qui laissent la liberté
— 632 —
la plus absolue aux concurrents et leur donnent le droit le plus
large de soumettre au jury les épreuves dans telles conditions qui
leur conviennent le mieux.
M. le président félicite M. Masson pour son heureuse combinai¬
son d’un nouveau type de châssis-presse pour l’impression des posi¬
tives.
La description de ce châssis fait l’objet d’une note spéciale au
présent Bulletin.
M. le président présente à l’assemblée M. Weiss venu expressé¬
ment de Strasbourg pour expérimenter sa « lampe-éclair » .
M. Weiss s’exprime comme suit :
Messieurs,
J’ai l’honneur de venir vous entretenir ce soir de la photogra¬
phie avec la lampe éclair, et je désire principalement en parler au
point de vue de la photographie des portraits; je voudrais surtout
vous faire connaître mon nouveau système. Mais pour bien faire
comprendre les avantages qu’il offre à ceux d’entre vous qui n’au¬
raient pas encore travaillé à la lumière artificielle, permettez-moi
de mettre en évidence les inconvénients des autres systèmes.
Nous employons la lumière de l’arc électrique, qui possède des
qualités actiniques de tout premier ordre ; mais cette lumière a cer¬
tains défauts qui ne permettent pas d’en généraliser l’emploi. L’arc
électrique, avec sa lumière blanche, est mal supporté par les enfants
et les personnes nerveuses. Cette lumière éblouissante produit des
contractions des muscles faciaux et rend pour ainsi dire impossible
l’obtention de portraits de ces personnes.
Lorsque l’on combine plusieurs lampes à arc, on produit souvent
des efiets de réflexion désagréables; de même, avec l’emploi d’un
réflecteur et d’une lampe seulement. Nous constatons encore dans
les portraits ainsi obtenus un manque de modelé dans le côté ombre,
ce qui les rend plats. Enfin, une installation électrique n’est pas
transportable et elle est très coûteuse.
Quant aux lampes à incandescence, leur lumière est si pauvre en
rayons bleus et ultra-violets et si riche en lumière jaune et rouge
qu’on ne peut y songer pour les portraits.
— G33
La lumière émise par les becs à gaz incandescents, tels que le bec
Auer, est plus actinique, mais elle est à écarter, dans la pratique,
pour les mêmes raisons que l’arc électrique.
Nous en venons maintenant à la lumière au magnésium. Nous
pouvons diviser en deux groupes les appareils qui produisent cette
lumière : ceux où la poudre est lancée dans une flamme ( Pustlicht
en allemand) et ceux où la flamme est approchée de la poudre
{Blit\lichi). (Afin de faciliter les explications, nous appellerons ces
deux systèmes respectivement la lumière par insufflation et la
lumière éclair.)
Dans la lumière par insufflation, on lance, comme on sait, de la
poudre pure de magnésium à travers une flamme, ce qui trans¬
forme ce magnésium en oxyde de magnésium. On obtient par ce
procédé un éclair brillant, très actinique; la combustion dure un
peu plus d’environ l/5e de seconde.
Mais, d’après Swanson, pour faire un portrait, la combustion
doit se faire en 1 /13e de seconde, et dans des circonstances favo¬
rables, lorsque les personnes ne s’attendent pas à l’éclair, elle doit
se faire un peu plus vite qu’en l/5e de seconde.
Comme l’éclair par insufflation dure plus de l/5e de seconde,
les portraits ainsi obtenus ont les traits contractés, les yeux
fermés, etc. Cette lumière n’est donc pas à recommander ici.
Nous en venons donc à la lumière éclair.
La poudre-éclair s’obtient par un mélange de magnésium ou
d’aluminium pulvérisé, de substances riches en oxygène et aban¬
donnant l'oxygène par la combustion.
En enflammant un tel mélange, l’oxygène est rendu libre et les
métaux qui s’y trouvent s’oxydent instantanément avec production
d’un éclair brillant.
Mais malgré ce caractère instantané de l’inflammation, certaines
personnes éprouvent encore des contractions, et l’on trouve sur le
négatif des yeux fermés, des bouches ouvertes, etc...
Comme photographe professionnel, j’avais été frappé de tous les
inconvénients de ces divers systèmes, et après avoir essayé un peu
de tout, j’en vins à me convaincre qu’il fallait repousser tout pro¬
cédé dans lequel l’allumage serait visible, de même que l’emploi
— 634 —
de plusieurs lampes qui, dans bien des cas, ne s’allument pas en
même temps ; là était la cause des yeux fermés et des traits con¬
tractés.
Je fus donc amené à imaginer un appareil pour lumière-éclair
dans lequel l’allumage serait invisible et se produirait au moment
voulu, et qui pût servir dans tous les cas qui se présentent en pho¬
tographie.
Je savais que la combustion de la poudre mise en tas n’est pas
complète et qu’un noyau sombre absorbe encore une partie des
rayons. En étendant la poudre sur une surface plus grande, on
devait donc obtenir avec la même quantité une source lumineuse
plus intense.
Ce sont ces considérations qui m’ont conduit à construire l’appa¬
reil que je vous présente ce soir. Au sommet d’une tige de cuivre,
je fixe une tablette également en cuivre qui peut à volonté être
agrandie par des allonges. L’allumage est des plus simples. La tête
d'une allumette suédoise est mécaniquement frottée sur la boîte et
elle s’enflamme au moment où elle atteint la poudre; l’allumage est
donc instantané et invisible.
La tige peut être construite en forme de télescope, de manière à
s’allonger à volonté; elle se fixe à une table, une chaise, etc., par
une vis de pression; on peut donc placer l’appareil où l’on veut et à
n’importe quelle hauteur.
Pour rendre la lampe tout à fait pratique, il fallait encore trou¬
ver une poudre qui pùt s’allumer instantanément, même en étant
dispersée sur une longue ligne droite. J’ai été assez heureux de la
trouver, et la preuve, vous la verrez dans cette photographie de
l’intérieur de la cathédrale de Strasbourg ; nous avons employé une
traînée de poudre de 4 mètres et les personnages qui se promenaient
dans l’église sont très nets. Ce qui démontre l’instantanéité de
l’éclair.
Pour pouvoir employer cette poudre dans un atelier, il fallait
enfin trouver le moyen d’emmagasiner la fumée produite par la
combustion. J’ai donc surmonté ma lampe-éclair d’un sac ouvert
par dessous et suspendu à l’appareil par un fil de soie. Au moment
ou l’éclair se produit, le fil brûle et le sac tombe rempli de fumée;
— 635 —
je serre vivement la coulisse qui entoure l’ouverture et je vais vider
mon sac au dehors. Ainsi je puis faire plusieurs poses dans la même
chambre sans être incommodé par la fumée.
Après avoir donné l’explication théorique de sa lampe, M. Weiss
passe à la pratique en photographiant notre confrère M. Bayart.
Le cliché obtenu est des mieux réussis. Il fait ensuite le groupe de
toute l’assemblée. L’opération, quoique faite dans des conditions
inconnues d’objectif et de plaques pour l’inventeur et de plus dans
une atmosphère de fumée de tabac très intense, a donné des
résultats très satisfaisants.
M. Puttemans remercie M. Weiss de son intéressante causerie
et le félicite chaleureusement pour les dispositions si ingénieuses
de ses appareils et les résultats si remarquables qu’il obtient avec
ceux-ci et sa poudre éclair. [Applaudissements .) Il remercie égale¬
ment M. Schubel qui avait bien voulu se charger de traduire en
français les explications de l’inventeur.
La séance est levée à 11 heures.
Sectiot) de Gafjd
SEANCE DU 2 JUIN 1898
Présidence de M. Goderus, président
ont présents : MM. d’Hoy, Go¬
derus, D1 De Nobele, Morel de
Boucle, Spilthorn, De Moor,
Brunin, De Clercq, De Beer,
Servaes , Wauters , Leirens ,
général van Eechout, Coupé,
de Kemmeter, de Hemptinne,
Van den Hove.
M. le président rappelle que la session annuelle de l’Union inter¬
nationale de Photographie aura lieu à Gand, du 17 au 21 juillet,
il engage vivement les membres de la Section à y prendre part.
M Spilthorn fait une intéressante causerie sur le bain fixateur ;
il regrette que l’on prenne si peu de soin dans l’emploi de ce bain
qui, le plus souvent, constitue un mélange impur et malpropre, et
de concentration inconnue. Ce reproche s’adresse surtout aux pro¬
fessionnels, dont la plupart conservent indéfiniment leur bain de
fixage en y ajoutant de temps en temps, au gré de leur fantaisie,
quelques poignées d’hyposulfite. M. Spilthorn recommande surtout
d’employer un bain de fixage de faible concentration et souvent
renouvelé.
Les bains forts donnent lieu à plusieurs inconvénients et parmi
eux, l’un des non moindres, c’est le soulèvement : si le bain est trop
concentré, aucune couche ne peut résister, surtout pendant les temps
— 637
chauds. Une autre recommandation, c’est de laver à fond les
plaques et surtout les papiers sensibles au sortir des bains révéla¬
teurs, et avant de les plonger dans le bain de fixage de les faire
passer par une solution de sel de cuisine. Cette dernière a l’avan¬
tage de transformer en chlorure d’argent les dernières traces de
nitrate d’argent non employé à former l’image. Or, le nitrate d’ar¬
gent, en présence du thiosulfate de soude, donne naissance à du sul¬
fite d’argent, et ce dernier précipite sous forme d’un nuage brun qui
vient se fixer sur la surface de l’épreuve. Il faut en outre se servir
d’hyposulfite pur et rejeter les échantillons de couleur jaune qui
contiennent des traces de sulfite et du soufre libre.
M. De Nobele rapporte qu’il a appris d’un astronome que ce der¬
nier se servait, pour fixer les photographies astronomiques, d’une
solution d’hyposulfite de soude à 1 pour mille. Dans ces conditions,
le fixage durait très longtemps, il est vrai, mais on conservait mieux
les détails.
M. Coupé a fait des essais avec des plaques au chlorure d’argent
et a remarqué également qu’en laissant les plaques pendant long¬
temps dans le bain d’hyposulfite de soude, beaucoup de détails dis-
paraissaienl.
M. le président a observé le même phénomène pour les plaques
au chlorure d’argent développées au fer, mais il fait remarquer que
ce n’est pas uniquement le bain fixateur qui peut faire perdre de
l’intensité aux plaques, mais également la lumière lorsque les
plaques sont au séchage. Ainsi si, lors du séchage, on couvre la
moitié de la plaque et qu’on expose le reste à la lumière du soleil,
on remarque que cette seconde partie est plus faible que l’autre.
D’un autre côté, plus le séchage de la plaque est rapide, plus l’in¬
tensité sera grande.
M. Spilthorn présente ensuite l’appareil stéréoscopique et le sté¬
réoscope de Bellieni, ainsi que l’album fourni par la maison Bellieni.
Tout le monde admire les résultats obtenus avec cet appareil.
Projection par M. Spilthorn de diapositives prises au cours d’un
voyage en Suède, nombre de vues sont remarquables.
A la fin de la séance, M. Maere distribue, comme jeton de pré¬
sence, un superbe agrandissement.
SÉANCE DU 4 AOUT 1898
Présidence de M. Goderus, président
Présents : MM. Leirens, Goderus, D> De Nobele, Spilthorn,
général van Eechout, De Beer, De Kemmeter, de Hemptinne, De
Clercq, Servaes, De Brouwer, d’Hoy, De Breyne.
M. le président, rendant compte de la session de l’Union interna¬
tionale de photographie qui vient d’avoir lieu à Gand, manifeste
toute sa satisfaction de la réussite de cette réunion. Il rend hom¬
mage aux étrangers qui sont venus de loin augmenter, par leur pré¬
sence et par leurs communications, l’intérêt des séances. Il pense que
tous les membres de la Section qui ont suivi les séances en auront
tiré un grand profit, et espère que l’année prochaine ils seront nom¬
breux à la session qui doit se tenir à Hambourg.
M. le président engage les membres cà répondre à l’invitation que
les membres de la Section d Anvers viennent de faire et d’assister
à l’excursion organisée sur l’Escaut.
Tous ceux qui ont assisté l’année dernière aux régates à voiles
sur l’Escaut, se rappellent avec plaisir l’agréable journée qu’ils ont
passée.
Discussion sur le rôle du diaphragme dans les objectifs photo¬
graphiques. — Cette question est longuement exposée par M. de
Kemmeter, qui, formules en main, démontre d'une manière parfaite
l’importance et les avantages du diaphragme.
A la suite de cette communication, une intéressante discussion
s est élevée entre A1M. Goderus et De Kemmeter; ces messieurs
n’ayant pu se mettre d’accord, il est décidé qu’ils étudieraient cha¬
cun en particulier la question et présenteraient dans une prochaine
séance le résultat de leurs recherches.
Al. le président décrit une nouvelle machine à imprimer décou¬
verte par un Russe, et permettant d’obtenir des reproductions en
différentes couleurs, tout en n’exigeant qu’un seul tirage et évi¬
tant de cette façon tous les inconvénients et les difficultés du repé¬
rage. Les résultats obtenus sont superbes ; l’orateur a vu des des¬
sins guillochés en différentes couleurs qui étaient remarquables.
— G39 —
M. Spilthorn présente, au nom de M. Maes, un livre intitulé
Anvers maritime et qui est illustré de superbes reproductions pho¬
tographiques faites par l’auteur, dont la réputation n’est du reste
plus à faire pour ce genre de travail. ( Félicitations .)
SÉANCE DU 6 OCTOBRE 1898
Présidence de M. Goderus, président
Présents : MM. Coupé, Morel de Boucle, Marcel De Clercq,
Louis De Clercq, Brunin, Van Oost, Servaes, Sacré, Boute, De
Kemmeter, Tyman, De Brouwer, d’Ho}r, Dr De Nobele, Goderus,
De Bre}rne.
M. le président annonce qu’il vient d’apprendre que le jury
chargé de juger les épreuves faites lors des régates sur l’Escaut à
Anvers a décerné deux premiers prix à M. Servaes, l’un pour la
plus belle série de douze épreuves, l’autre pour un agrandissement
24 X 30. ( Applaudissements .)
M. le président fait l’éloge du général van Eechout, que la Sec¬
tion vient de perdre. Il rend un juste hommage au caractère
aimable et sympathique que tout le monde a pu apprécier chez le
défunt. Il rappelle combien il était assidu aux séances de la Section
et combien il s’intéressait à toutes les questions photographiques.
La Section de Gand perd en lui l’un de ses membres les plus zélés,
l’iVssociation, l’un de ses membres fondateurs.
M. Sacré présente des épreuves en couleur obtenues par le pro¬
cédé Mathieu Dery. Ce procédé reproduit les couleurs sans inter¬
vention d’un travail graphique ou pictural; on peut tirer sur le
cliché un nombre indéfini d’épreuves ; la pose pour le portrait varie¬
rait entre trois et quinze secondes. Ce résultat est obtenu au moj^en
de pellicules détachables, l’une colorée en bleu, l’autre en jaune et
la troisième en rouge, et qu’on superpose en appliquant d’abord le
jaune sur le papier, puis le rouge, puis le bleu. M. Sacré fait remar¬
quer que c’est une modification de l’ancien procédé de Vidal.
M. De Nobele fait une causerie sur l’identification anthropomé¬
trique par la méthode de Bertillon. Il décrit quels sont les prin-
— (340
cipes sur lesquels est basée cette méthode, et attire surtout l’atten¬
tion sur la manière dont sont classés tous les renseignements ainsi
fournis, afin de pouvoir facilement retrouver dans un grand nombre
de signalements celui de l’individu que l’on recherche. Il indique
les règles que l’on doit suivre pour l’obtention du portrait des pré- *
venus et présente un spécimen des fiches que l’on remet entre les
mains des agents à la recherche d’un criminel.
Passant cà la pratique, il montre les appareils que l’on emploie
pour faire les mensurations et projette sur l’écran une série de por¬
traits de criminels, attirant l’attention sur les détails qui les carac¬
térisent.
M. le président présente, de la part d’un modeste anonyme, une
communication sur les nouveaux réducteurs photographiques et les
moyens de les caractériser.
M. d’Ho}' présente un nouveau papier, appelé papier résine, mis
en vente par la Compagnie Hélios; il montre de jolies épreuves
obtenues avec ce papier et distribue quelques échantillons les uns
virant par l’or, les autres par le platine.
La séance se termine par la projection de diapositives apportées
par quelques membres de la Section. On a surtout admiré les effets
de nuages obtenus par M. Van Oost qui, bien que débutant dans
notre art, a obtenu un résultat à faire envie à plus d’un vétéran
photographe. Admiré également les paysages et les effets de neige
de M. Tyman.
Distribution de jetons de présence par MM. Sacré et Servaes.
L’éloge de ces deux artistes n’est plus à faire.
Secfciot? de Liécje
SÉANCE DU 11 OCTOBRE 1898
Présidence de M. Noaillon, président
a persistance du beau temps est
sans doute la cause que les rangs
de nos confrères sont assez clair¬
semés pour cette séance de ren¬
trée. Ont cependant signé la liste
de présence: MM. Beaujean,
Noë, Kemna, Goffart, Bernimo-
lin, Bronne, Hassreidter, deKo-
ninck, Marissiaux, Labouverie,
Mathien, A. Détaillé, Olivier, Dacier, Grenson, G. Laoureux,
Zeyen, Dejace et Dupont, secrétaire. Lecture est faite du procès-
verbal de la réunion du 24 mai, qui est adopté.
M. Noaillon, en prenant possession du siège présidentiel, fait
brièvement l’éloge de son prédécesseur, le sympathique M. L. Ro¬
land, et propose de lui voter des remerciements pour la façon dis¬
tinguée dont il a présidé nos réunions et le dévouement dont il a
fait preuve pendant l’exercice écoulé. Cette motion est accueillie
par des applaudissements unanimes.
Le président rappelle que, depuis notre dernière séance, a eu lieu
à Liège une exposition d’art photographique organisée par
MM. G. Oury et Roland, avec une partie des œuvres exposées à
Bruxelles, et il montre l’intérêt que présentait cette exposition en
permettant la comparaison entre deux écoles : l’école de Hambourg,
qu’il trouve trop audacieuse, pour laquelle le flou semble être syno-
— 042 —
nyme d’art, et l’école du Photo-Club de Paris, plus modérée,
admettant également le flou et la netteté suivant les sujets. C’est
cette dernière école qui paraît, à notre président, être dans le vrai
et il croit que c’était aussi le sentiment de la plupart des visiteurs.
M. Noaillon expose le programme qu’il voudrait voir suivre pour
nos séances. D’abord, Liège devant avoir en 1899 l’assemblée
générale et une exposition des œuvres des membres de l’Association,
il espère que la Section de Liège, qui s’est peut-être endormie un
peu sur ses lauriers, se retrouvera vaillante, comme par le passé,
pour recevoir dignement nos confrères. Nous ne devons pas oublier
que Liège est l’aînée des Sections, car si l’Association a eu son
XXVe anniversaire l’année dernière, c’est cette année que nous fête¬
rons le nôtre. Le président fait donc appel à tous les travailleurs de
la Section.
M. Noaillon parle .ensuite de notre budget et montre que la
situation n’est pas très brillante, il termine en proposant que des
deux séances mensuelles, l’une soit consacrée à une causerie, soit
sur l’art, soit sur la technique photographique ou sur des sujets s ’}r
rapportant plus ou moins directement, et que la seconde séance du
mois soit réservée aux projections des diapositives, à l’examen des
œuvres des membres et à des discussions intimes.
Fixation du jour des séances. — Quelques membres ayant
demandé que le jour des réunions soit changé, parce qu’ils se trou¬
vent dans l’impossibilité d’y assister le mardi, la Section, après un
vote, décide de se réunir dorénavant le lundi.
M. Noaillon donne ensuite lecture de diverses pièces de corres¬
pondance.
M. Ed. Guérette, ne pouvant assister aux séances, envoie sa
démission de membre de l’Association.
M. de Koninck propose de demander au Conseil d’administration
d’attribuer un jeton de présence aux fonctions de commissaire
délégué : ce jeton ayant pour chaque Section la valeur d’un billet
de seconde classe à Bruxelles. A l’iinanimité des membres présents,
la Section vote ce vœu et charge le bureau de le transmettre au
Conseil d’administration.
Pellicules sur vitrose rigide. — Le Bulletin a déjà publié un
article sur ce sujet. M. Noaillon, qui a fait l’essai de ce nouveau
produit, le compare au celluloïd. Il n’y voit pas grande différence;
les pellicules sur vitrose sont cependant plus transparentes ; il paraît
que ce produit peut se conserver six mois sans altération, ce qui
constituerait un progrès sérieux. Elles sont vendues ou bien libres
ou bien avec un porte-pellicules formé d’un carton noir et d’un
cadre métallique. Comme émulsion, c’est celle de MM. Lumière,
frères. M. Noaillon a fait trois essais : pose normale, excès et
manque de pose. Les résultats sont ceux qu’on obtient avec les
plaques Lumière.
Divers. — a. M. Noaillon montre une épreuve stéréoscopique
dans laquelle des images présentent un halo très accentué, attribué
d’abord à une imperfection de l’objectif, mais qui n’était dû qu’à la
souillure d’une lentille et qu’un simple nettoyage a fait disparaître.
C’est un cas qui peut se présenter souvent.
b. M. Dupont fait part d’une méthode de double développement
qu’il a tirée du Bulletin du Photo-Club. Cette méthode convient
surtout pour les instantanés, afin d’éviter les négatifs à contrastes
durs ou les épreuves plates et voilées par un excès de pose. Ce
procédé consiste à développer d'abord la plaque dans un révélateur
qui fera sortir rapidement l’image: métol, rodinal, amidol, etc.,
qui donnerait une image un peu faible si l’on en restait là; on ren¬
forcera cette image par un second développement pour lequel on
conseille la formule suivante : Solution A : Hydroquinone, 2 gr. ;
sulfite de soude, 1(5 gr.; bromure de potassium, 2 gr.; eau bouil¬
lante, 100 cent, cubes. — Solution B : Carbonate de soude, IG gr.;
sulfite de soude, 10 gr.; eau pour faire 100 cent, cubes. On prend
parties égales de .4 et B.
Le négatif doit être rincé simplement entre les deux opérations.
Le premier révélateur a une action immédiate sur la surface de la
couche sensible, tandis que le second la pénètre plus profondément.
M. Marissiaux fait circuler quelques épreuves remarquables, qui
sont fort admirées.
La Section ratifie les présentations de MM. Albert Orban et
J. Delize, patronnés par MM. Léon et Georges Laoureux.
La séance est levée à 9 1/2 heures.
Section de Louvain
SÉANCE DU 4 NOVEMBRE 1898
Présidence de M. De Walque, président
ont présents : MM. Stalpaert, Pavard,
Ranwez, Van Grinderbeek, Clément,
Misonne, Legrand, François De Walque
et Joseph De Walque.
Se sont fait excuser : MM. Thiebaut
et comte Adrien du Bois d’Aissche.
Avant de procéder au jugement du concours des vacances, M. le
président rappelle les conditions de ce concours ; le jury aura à
examiner les séries de trois épreuves sur papier qui ont été
envoyées au secrétaire sous enveloppe fermée et avec devises, puis
on projettera les diapositives, afin de juger le deuxième concours,
qui porte sur la plus belle diapositive, chacun des concurrents pou¬
vant en présenter trois au maximum, puis enfin on jugera le con¬
cours pour la série des six plus belles diapositives.
Le jugement a lieu au scrutin secret ; les œuvres sont cotées de
1 à 5 points.
Pour le premier concours, dans la catégorie des séniors, c’est-à-
dire des membres ayant déjà obtenu une distinction dans des con¬
cours antérieurs, le Lr prix est attribué au commandant Pavard
pour sa série de trois épreuves : une jeune femme, très élégam¬
ment vêtue, feuillette l’Album jubilaire; un grand charme s’épanche
de cette gracieuse figure, dont l’éclairage est très admiré.
Une deuxième épreuve montre la même jeune femme, en toilette
de bal, légèrement inclinée vers un haut vase renfermant une rose
perdue dans un bouquet de bruyère ; même charme, accessoires
coquets, on remarque sur une table de soie un élégant service à
thé en vieux chine. Une épreuve très harmonique.
La troisième épreuve, le chant, est moins bonne; son exécution,
plus technique qu’artistique, est moins admirée.
Le 2e prix échoit à M. Joseph De Walque dont les paysages sont
très remarqués, quoiqu’un peu de variété dans le sujet eût été à
désirer.
Dans la catégorie des juniors, le 1er prix est décerné à M. Jacobs,
un nouveau membre qui vient de se révéler ; ses scènes de genre
sont bien conçues ; une très bonne épreuve représente une jeune
femme triste et pensive, dans une pauvre chambre, elle semble
pleurer son abandon ; un peu plus de recul eût rendu l’épreuve
encore meilleure. LTn paysage crépusculaire avec des moutons
surveillés par un berger accompagné d’un chien de garde eût été
parfait avec un peu moins d’avant-plan. — Des vanniers bien
groupés constituaient la troisième épreuve de la série.
Pour la plus belle diapositive : Dans la campagne, aux environs
de Wilseele, des arracheurs de pommes de terre sont au travail ;
un ciel mouvementé complète cette épreuve très réusie. Elle est
du commandant Pavard.
Le second prix, obtenu par M. Joseph De Walque, témoigne de
goûts artistiques réels.
C’est M. Jacobs qui, dans les juniors, remporte le 2e prix. Ses
deux diapositives, projetées sur l’écran, sont d’un grand effet.
Le concours pour les six plus belles diapositives a témoigné,
comme l’a dit le président, d’un grand progrès artistique parmi les
membres de la Section, quelques-unes étaient des plus remar¬
quables et l’assemblée a acclamé les noms des auteurs des œuvres
primée. Le 1er prix est attribué au commandant Pavard, catégorie
des séniors, et à M. Jacobs, dans celle des juniors.
Le jugement du concours terminé, M. Van Grinderbeek annonce
que des prix importants sont mis à la disposition de la Section pour
l’organisation d’un nouveau concours, qui doit être terminé pour le
- 64G —
25 décembre prochain. C’est d’abord MM. Zeiss et Roussel qui
offrent un objectif de leur importante et si remarquable fabrication,
puis la maison van Monckhoven qui donne en prix vingt-cinq dou¬
zaines de boîtes de plaques; c’est là un cadeau qui permettra, une
fois de plus, de constater l’excellence des produits de cette ancienne
et très renommée firme. Enfin, un obturateur Thornton-Pickart,
qui se trouve presque sur tous les objectifs, tant il offre d’avan¬
tages, complète la série de ces généreux dons.
L’assemblée décide que le concours est ouvert ; on traitera un
paysage d’automne.
Il est ensuite donné lecture par M. le président de la circulaire
de la maison Suter, à Bâle, qui organise un concours d’épreuves
obtenus avec ses objectifs.
Sur la proposition de M. Van Grinderbeek, une demande sera
adressée à M. Baisieux pour qu’il veuille bien venir donner à la
Section une séance de démonstration sur la photographie en cou¬
leurs. M. le président rappelle avoir eu l’occasion de présenter aux
membres un appareil qui se trouve actuellement dans tous les cabi¬
nets de physique, c’est l’appareil Vidal servant de base au procédé
de la photographie des couleurs. Une très intéressante causerie sur
les divers procédés actuellement en usage s’engage entre les mem¬
bres de la Section et témoigne de l’intérêt que la causerie démons¬
trative de M. Baisieux aura pour tous.
La séance est levée à 11 heures du soir.
Secbiof) de ISfamüt*
SÉANCE DU 5 OCTOBRE 1898
Présidence de M. Jossart, président
T aient présents : MM. Jossart,
Vassal, Suars, Beghin, Devaux,
Fallon, Henin, Mathieu, Mi¬
chaux, Rousseau et Tiange.
Le secrétaire dépose sur le
bureau les livraisons destinées
à la bibliothèque de la Section et remet aux membres des échan¬
tillons des plaques « Noir et Blanc » lui expédiées par la maison
du Bois d’Aissche. Il prie les membres de vouloir bien les essayer
et de rendre compte des résultats obtenus.
M. Jossart fait circuler une série d’épreuves représentant des
sites de la Suisse. Ces épreuves font l’admiration des membres, qui
félicitent chaleureusement l’auteur.
M. Rousseau nous fait assister ensuite à une séance intime de
projections au moyen de la lumière à l’acétylène, produite par un
appareil que M. Parmentier, de Bruxelles, avait bien voulu mettre
à sa disposition. Ce générateur à acétylène est portatif, ce qui est
un précieux avantage et, de plus, d’un maniement simple et presque
sans danger. D’un fonctionnement régulier, l’appareil fournit une
lumière intense et fixe qui remplace avec avantage l’éclairage au
bec Auer et surtout la lumière au pétrole pour les agrandissements
et les séances de projections.
— 048 —
Ce générateur se compose d’un récipient dans lequel se trouve
une cloche, contenant, suspendu à sa partie supérieure, un petit
panier en toile métallique renfermant le carbure de calcium, destiné
à produire le gaz éclairant.
Avant de se remplir de gaz acétylène, la cloche descend pour
permettre au carbure de calcium contenu dans le panier de prendre
l’humidité nécessaire au dégagement du gaz, qui alors remplit la
cloche et force celle-ci à remonter. Ce mouvement de montée et
de descente se renouvelle au fur et à mesure de l’échappement du
gaz vers les brûleurs.
Le gaz est amené aux brûleurs par un tuyau adapté à la cloche et
poussé à l’extérieur par la pression du dégagement de l’acétylène.
Ce générateur, fort simple dans sa construction et dans son
maniement, est appelé à rendre de grands services là où les séances
de projections sont rendues presque impossibles par l’absence du
gaz ordinaire et de l’électricité.
AI. le président remercie AI. Rousseau de son intéressante com¬
munication et le prie d’être auprès de AI. Parmentier l’interprète
de la Section de Narnur.
La séance est levée à 10 1/2 heures.
^!li^ll,ll~~~lll~lmilllllllllllll'llllllllll''llllll!IIIIM ~
_ j*.**niHl»lilliiliiiiiiiiiiiiiiiïïïïi'Miiiiiiiniiaiiiiiiiiiiii|iiiHiiMiiiiiiiiiiiiiii|iiiiiiiiiiiiiiini.iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiliiiiiiiiiiiiiiiiniiiiiniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiifti|iiii|iii||ii|l,|iiiii[||l|lî^|||||||
La Latitude du fsempp de pope
EH PHOTOGRAPHIE
Par P. MERCIER.
es plaques sensibles
au gélatino-bromure
d’argent offrent géné¬
ralement une latitude
assez faible dans le
temps de pose. Le
meilleur remède à la
surexposition était
jusqu’ici de dévelop¬
per les clichés avec
un révélateur à l’hy-
droquinone et au sulfite-carbonate de soude plus ou moins bro-
muré. Mais ce révélateur est souvent insuffisant pour obtenir de
bons résultats lorsque la pose a été un peu exagérée.
Le révélateur joue un grand rôle dans le résultat fourni par un
cliché inexactement posé. Seuls, les révélateurs lents peuvent donner
une image acceptable lorsque la pose a été exagérée. On peut en
effet diviser les révélateurs alcalins, généralement usités en trois
groupes :
1° Les révélateurs violents qui sont ceux à l’amidol ou diamido-
(1) Extrait du Bulletin des ingénieurs civils de France.
— 650 —
phénol, au métol et à l’orthol, quel que soit l’alcali qui leur est
ajouté (l’amidol agit par simple addition de sulfite sans carbonate).
Les révélateurs à l’hydroquinone, à l’acide pyrogallique, etc.,
additionnés d’alcali libre sont également des révélateurs violents,
agissant rapidement et demandant beaucoup de bromure;
2° Les révélateurs intermédiaires, tels que l’acide pyrogallique,
l’iconogène et la pyrocatéchine, plus maniables que les précédents;
2° Enfin, les révélateurs lents dans lesquels on classera les bains
d’hydroquinone ou de
glycine préparés aux
carbonates alcalins, sans
alcali libre. Ces derniers
seuls permettent une
grande élasticité dans
le temps de pose. Agis¬
sant lentement, le déve-
loppateur a le temps de
traverser la couche sen¬
sible, et les noirs ont le
temps de monter avant
que la plaque ne se soit
voilée par la venue pré¬
maturée des détails.
C’est en cherchant à
diminuer le temps de
pose que j’ai rencontré un certain nombre de produits chimiques
qui, introduits dans la couche sensible elle-même, permettent non
seulement de diminuer un peu ce temps de pose avec les révélateurs
à l’hydroquinone, mais permettent surtout de l’augmenter jusqu’à
des limites extrêmes lorsqu’on emploie le dit révélateur.
Pour obtenir ce résultat, il suffit de préparer les solutions qui
vont être indiquées et d’y plonger la plaque sensible pendant un
temps déterminé. On secoue alors fortement la plaque pour chasser
l’excès de liquide qui produirait des taches, et on la fait sécher. Elle
peut alors être utilisée.
On peut diviser les produits en question en deux groupes :
Ch. Paradis.
Un premier groupe A. comprend ceux qui doivent être employés
à la dose de 1 à H gr. par 100 gr. de solution. Ce sont : 1° l’émé¬
tique et certains sels d’arsenic; 2° la morphine et la codéine ou
leurs sels.
Un deuxième groupe B. comprend des substances employées à
doses extrêmement faibles. Ce sont : 1° les produits qui forment la
base même des révélateurs dits alcalins ordinaires, c’est-à-dire
l’amidol, le métol, l’orthol, l’hydroquinone, l’acide pyrogallique,
auxquels il convient d’ajouter l’ésérine et l’apomorphine, etc., qui
sont également des révélateurs, ces produits devant être introduits
dans la couche sensible à leur état normal, c’est-à-dire non oxydés ;
2° les mêmes substances oxydées.
D’après ce qui a été dit plus haut, dans tous les cas où il y a
surexposition, l’usage de ces produits doit être complété par l’em¬
ploi exclusif d’un révélateur à l’hydroquinone tel que celui-ci :
Hydroquinone . . .
Sulfite de soude anhydre .
Carbonate de soude.
Eau .
8 gr.
30 à 40 gr.
GO à 80 gr.
1 litre.
Auquel on ajoute 1 à 5 gr. de bromure de potassium selon que la
pose a été plus ou moins prolongée. On pourrait aussi utiliser un
révélateur analogue à la glycine, mais l'hydroquinone est préfé¬
rable.
Groupe A. L’émétique (tartrate double d’antimoine et de
potasse) doit être employé à la dose de 2,50 gr. pour 100 gr. d’eau.
La plaque doit séjourner dans le bain exactement deux minutes. On
la secoue alors fortement, puis on la fait sécher.
On constate qu’avec les plaques sensibles ainsi traitées l’image
se développe beaucoup plus vite et monte beaucoup plus, dans le
révélateur à l’hydroquinone, que les mêmes plaques non traitées et
qu’elles donnent encore de bonnes images avec des temps de pose
qui peuvent aller jusqu’à plus de 300 fois l’exposition normale,
c’est-à-dire le temps d’exposition qui donnerait un bon cliché avec
tout autre révélateur, notamment avec les révélateurs violents.
Il faut remarquer que l’émétique accélère le développement même
en cas de manque de pose, de telle sorte qu’il ne peut être nuisible.
Ce sel n’a aucune action notable avec les révélateurs autres que
l’hydroquinone, sauf avec l’acide pyrogallique et la pj rocatéchine ;
avec ceux-ci le développement est beaucoup retardé.
Les sels d’arsenic que l’on pourrait utiliser sont les arsénites
alcalins additionnés de citrates. Ces produits étant très dangereux,
et du reste de beaucoup inférieurs aux sels d’antimoine, il faut en
éviter l’emploi. Les sels de morphine et la codéine, bien que véné¬
neux, peuvent être manipulés sans danger. On emploie de préférence
la morphine à l’état de sulfate et à la dose de 2 gr. de ce sel pour
100 gr. d’eau. Pour la codéine on fait usage d’une solution légère¬
ment alcoolique à 1 p. c., et l’on y plonge la plaque à traiter pen¬
dant 2 minutes comme pour l’émétique et la morphine.
Lorsqu’on utilise les sels de morphine, il est bon d’acidifier légère¬
ment la solution avec un peu d’acide acétique pour éviter la préci¬
pitation de la morphine, due à l’alcalinité que présentent la plupart
des plaques sensibles du commerce.
La morphine et la codéine accélèrent toujours le développement à
l’hydroquinone et favorisent, comme l’émétique, la montée des
noirs, même en cas de manque de pose. Avec le révélateur à l’hy-
droquinone très bromuré, elles permettent également d’exagérer
l’exposition jusqu’à 2 ou 300 fois la pose normale.
En développant de telles plaques à l’acide pyrogallique, on cons¬
taterait qu’elles ne retardent aucunement, mais qu’elles l’avancent
légèrement au contraire de l’émétique.
Groupe B. 1° Réducteurs-développateurs non oxydés. — Ces
produits, bien qu’éminemment altérables, peuvent cependant être
introduits dans la couche sensible argentique, à la condition d’aci-
duler légèrement la solution avec un peu d’acide acétique. La dose
convenable est de 0,10 gr. à 0,20 gr. du produit choisi pour 100 gr.
d’eau auxquels on ajoute 20 à 30 gouttes d’acide acétique. Les
plaques acides donnent les meilleurs résultats. On emploiera de
préférence l’orthol, le métol ou l’ésérine. Le développement des
plaques ainsi préparées est très rapide, et l’image monte considéra¬
blement dans le révélateur. Ils permettent facilement jusqu’à 100 à
200 fois la pose normale.
2° Réducteur s-développateur s oxydés. — Ces produits, à l’en¬
contre des précédents, retardent le développement à l’hydroquinone
au lieu de l’avancer, lorsque la pose a été normale ou insuffisante.
Mais, en revanche, ils permettent d’exagérer le temps de pose d'une
façon extraordinaire en donnant encore des clichés utilisables.
Ils doivent être employés à dose extrêmement faibles. C’est ainsi
que l’amidol, qui fournit les meilleurs résultats, permet d’obtenir
des clichés passables, même lorsque le temps de pose est porté jus¬
qu’à 10,000 et 20,000 fois l’exposition normale, avec des plaques
traitées, comme il est dit pour les produits cités précédemment,
par une solution contenant seulement 0,01 gr. d’amidol par 100 gr.
d’eau.
Le métol, l’orthol, l’acide pyrogallique, la morphine oxydés don¬
nent des résultats analogues et permettent de poser jusqu’à
1,000 fois le temps d’exposition normal. Pour obtenir ces solutions
de développateurs oxydes, il suffit de préparer des solutions avec
les produits frais et de les laisser exposées à l’air jusqu’à ce qu’elles
se soient plus ou moins colorées.
Toutes les substances dont il a été question donnent les meilleurs
résultats lorsqu’on les emploie avant la pose.
Mais la plupart d’entre elles peuvent être utilisées après la pose,
à la condition d’ajouter à la solution un antiseptique convenable,
tel que 20 gr. d’une solution alcoolique de thymol à 1 p. c.
L’Éclairage du Laboratoire
POUR LES PLAQUES ORTHOGHROMATIQUES
Par RE CAPITAINE W. DE W. Abney.
ouvent on nous a demandé quels
étaient les meilleurs écrans pour
filtrer la lumière destinée à éclai¬
rer le laboratoire lorsqu’on em¬
ploie des plaques orthochroma¬
tiques. Avant de pouvoir répondre
à ces questions, nous avions d’abord plusieurs questions à poser,
dont la principale était de savoir l’espèce de plaques employées et
ensuite de quelle lumière il s’agissait. Il existe sur le marché plu¬
sieurs marques de plaques orthochromatiques qui ont chacune leurs
propriétés particulières et pour lesquelles, probablement, il faut
employer des lumières différentes. Nous savons que des hommes
très habiles se contentent de l’obscurité complète; mais alors il ne
peut etre question d éclairage. Dans tous les cas, l’éclairage sera
très réduit si on le compare à celui que l’on pouvait employer au
temps des plaques humides, lorsqu’il suffisait d’arrêter les rayons
ultra-violets, violets et bleus.
Pour assurer l’éclairage le plus inoffensif pour une espèce de
plaques donnée, il faut employer le spectre, et il vaut mieux obtenir
un tel spectre à l’aide de la lumière solaire ou de l’arc électrique
plutôt qu’à l’aide d’une source de lumière émettant peu de rayons
de la région bleue du spectre ; car c’est dans cette région que nous
devons, avant tout, étudier l’action qui peut se produire. Avec le
spectre d’une flamme de gaz nous pouvons croire qu’aucune action
ne se produit dans cette partie, et nous tirerons alors de fausses
conclusions à cause de ce peu d’action. Sans aucun doute, une
exposition prolongée nous révélera l’effet de la petite quantité de
bleu qui filtre, mais lorsque la région est vingt fois plus forte en
intensité, il est évident que les indications d’une absorption impar¬
faite de ces rayons seront plus claires.
La question de l'éclairage du laboratoire pour des plaques bien
plus difficiles à manier que les plaques orthochromatiques ordinaires
a attiré notre attention il y a une douzaine d’années ou plus. Les
plaques que nous préparions n’étaient pas seulement sensibles au
spectre visible, mais encore aux rayons au delà du rouge, qui sont
communément mais erronément appelés rayons calorifiques. C’est
seulement l’étude de l’action du spectre sur cette espèce particulière
de bromure d’argent qui nous a permis d’arriver à une conclusion
satisfaisante sans entrer dans la théorie de la matière, théorie qui a
été expliquée dans le temps ; nous avons pensé qu’il devait y avoir
moins d’action dans la région verte du spectre que dans ses deux
extrémités, et l’expérience a confirmé cette manière de voir. Il y
avait moins d’action d’une façon marquée et nous en avons profité
pour n’employer qu’une lumière formée de ces rayons qui affectent
le moins le bromure d’argent. Sans doute, ce n’était pas là une
lumière sûre, mais c’était la meilleure que l’on pût utiliser; le
développement se faisait dans la partie la plus obscure du labora¬
toire, et il s’opérait le mieux dans une chambre à température
basse .
Ce sont des principes identiques qui doivent nous guider dans le
choix de la lumière pour les différentes plaques.
Avec certaines plaques faites par les frères Lumière, par exem¬
ple, les fabricants ont recommandé de travailler avec une lumière
verte faible et en étudiant le spectre obtenu sur ces plaques on
reconnaît qu’en effet la lumière dont il s’agit est la meilleure, saut
cependant la lumière rouge telle qu’elle est donnée par la partie
- 656 —
extrême du spectre qui serait encore préférable. Ces plaques sont
en effet bien moins sensibles aux rayons verts qu’elles ne le sont
aux deux extrémités du spectre. Mais le vert à employer doit être
le vert convenable, qui ne laisse passer ni rayons bleus, ni rayons
rouges. Ceci ne peut s’obtenir que par des essais de combinaisons ;
évidemment un des intermédiaires sera un jaune foncé et l’autre un
vert tel que le vert-signal, mais la combinaison doit être examinée
à l’aide du spectre.
Nous avons d’autres plaques sur lesquelles le spectre produit
d’autres effets
sur toute sa
longueur. Dans
toutes les pla¬
ques dans les¬
quelles l’éosine
ou des sensibi¬
lisateurs analo¬
gues sont em¬
ployés seuls, il y
a un manque de
sensibilité dans
les raies du vert
jaune et la pla¬
que n’est pas
très sensible au rouge sombre. Une plaque qu’il était très difficile
de manier dans une lumière quelconque était l’ancienne Cadett
spectrum plate , sensible aux raies extrêmes, sauf peut-être aux
raies extrêmes du rouge. L’idéal était de trouver un médium ne
laissant passer que ces rayons rouges, et nous croyons qu’il n’y
avait presque pas moyen de trouver une pareille lumière. En
tout cas, la lumière devait être très très faible, et probablement
le médium ne devait pas laisser passer 1 /500e de la lumière émise.
Cette ancienne espèce de plaques a été remplacée par une nouvelle,
dans laquelle la limite de l’action du spectre se rapproche un peu
plus du jaune et dans laquelle les raies à l’extrémité du rouge
n agissent plus. Nous pouvons donc employer toute lumière corres-
pondant à l’extrémité du spectre rouge, et avec sécurité, si une
telle lumière peut se rencontrer. Nous disons avec sécurité,
quoiqu’il faille tenir compte de ce qu’aucune plaque, ortho¬
chromatique ou non, exposée pendant un temps assez long avant
le développement, n’est insensible à la lumière la plus sombre.
En faisant des expériences sur d’autres matières, nous avons eu
le bonheur de trouver un médium qui semble pouvoir être employé
sans danger pour ces plaques et même pour d’autres plaques si on le
combine avec d’autres médiums. Dans certaines expériences de colo¬
rants, nous avions employé le violet méthyl pour absorber certains
rayons et en examinant le spectre à travers une solution assez con¬
centrée, nous avons trouvé que seul, le rouge extrême du spectre
était visible à un bout et le violet et le bleu à l’autre bout. Cela
semble donc mettre à notre portée une teinture utilisable dans la
confection des écrans. Nous avons, il est vrai, le violet et le bleu,
mais ces raies peuvent être absorbées par un orangé convenable qui
rarement absorbe encore les rayons rouges. Le point à atteindre est
de trouver un orangé qui absorbe cette partie du bleu qui se rap¬
proche le plus du rouge. Beaucoup d’orangés laissent passer de
faibles traces de ce bleu. Mais nous avons un verre appelé orange
parfait qui ne laisse rien passer et qui, combiné avec le méthyl vio¬
let, donne une lumière d’un rouge cramoisi pur, différent du rouge
produit par le verre rubis qui laisse passer des raies oranges du
spectre, sauf si l’on emploie une lumière si faible qu’elle équivaut à
zéro. Il est à remarquer qu’aucun verre rubis n’est absolument sûr
par lui-même, car il laisse passer des traces de bleu; c’est tout au
moins ce que nous avons trouvé avec tous les échantillons mis sous
nos yeux. La couleur cramoisie de ce rouge rubis est précisément
donnée par ces traces de bleu.
La combinaison du méthyl violet avec un orange nous donne une
lumière qui, si elle n’est pas intense, est cependant suffisante. Si le
lecteur possède une plaque à la gélatine non exposée et qu’il la fixe
sans la développer, qu’il la lave bien et l’immerge dans une solution
de la teinture qu’il faut essayer et doser d’après les plaques
employées, il aura, après dessiccation, l’écran voulu qui sera trans¬
parent. Nous préférons cette méthode à celle qui consiste à user
— 658 —
d’une cuvette verticale remplie du liquide coloré, quoiqu’elle
puisse aussi se défendre. On peut emplo3rer de même une teinture
orange, mais ces teintures doivent être employées avec précaution.
On sait qu il y a très peu — s’il y en a — de ces teintures qui ne
laissent pas passer les rayons ultra-violets, raj^ons qui, quoique
invisibles, ne doivent pas moins être absorbés Un écran au sulfate
de quinine, par exemple, absorberait cette lumière, mais plus il y a
d’écrans et plus les expériences deviennent difficiles. Lorsqu’on a
trouvé les teintes voulues, on placera l’écran orange vers la source
de lumière, de façon à arrêter le passage des rayons violets.
(Traduit de Photography .)
Comme la question de l'éclairage du laboratoire devient de plus
en plus importante à mesure que l’emploi des plaques orthochroma¬
tiques se généralisé, nous croyons rendre service a nos lecteurs en
résumant, à la suite de 1 article de JV1. W . de Wr. Abncy, une lecture
faite au Caméra Club de Londres, par AI. E. Sangar Shepherd sur
le même sujet.
Comme le capitaine Abney, M. Shepherd recommande de pho¬
tographier le spectre solaire avec les plaques que l’on emploie. On
choisit alors l’éclairage qui correspond à la raie qui ne se marque
pas sur la plaque.
On peut préparer un filtre ne laissant passer que les rayons ultra-
rouges de la façon suivante :
1° On fixe et lave une plaque non exposée et on la trempe dans
une solution d’aurantia (soluble dans l’eau);
- On trempe de même une deuxième plaque dans du naphtol
jaune (soluble dans l’eau).
Les plaques sont rapidement rincées, séchées et collées ensemble,
gélatine contre gélatine.
On prépare alors une solution de collodion dans laquelle on
mélange du méthyl violet (soluble dans l’alcool) et on l’étend sur une
des faces des deux plaques jumelles.
Les plaques panchromatiques ou sensibles à toutes les raies du
spectre doivent être préparées et développées dans l’obscurité com¬
plète.
M. Vanderkindere.*
Nouveau DéVeloppafceui1 à la (Jli[cine 11
PAR J. BECK
E retour d’un assez long voyage, j’ai
appris que le baron Hübl a trouvé
une formule nouvelle, plus parfaite que
les anciennes, pour l’emploi de la gly¬
cine comme développateur, et que
cette nouvelle composition se trouve
déjà dans le commerce.
La haute compétence de l’auteur en
cette matière m’a engagé à développer
toutes les plaques rapportées de mon voyage au moyen de cette
formule et sans faire des essais préalables. J’ai lieu de m’en réjouir,
car je n’ai jamais obtenu de négatifs plus beaux, plus transparents
et mieux fouillés que cette fois-ci.
Gomme toujours, je procède par développement lent en cuvette
verticale, en me tenant strictement aux prescriptions du baron
Hübl : 12 cm3 de bain concentré par litre d’eau dont la température
est d’environ 10° C. Dans ce bain, les négatifs sont achevés au bout
d’une demi-heure à trois quarts d’heure. En ajoutant au révélateur
10 cm3 d’une solution de bromure à 10 p. c. par litre de bain, on
augmente la durée du développement d’environ la moitié, mais les né¬
gatifs y gagnent incontestablement en beauté. Ce bain convient quel
(I) Voir nos articles, décembre 1807, janvier 1898, etc.
GC>0 —
que soit le genre de négatifs à développer : vues posées en plein air,
instantanés ou intérieurs. Remarquons seulement qu’il faut assez
souvent contrôler la marche progressive du développement, car il
arrive que des plaques fortement surexposées sont arrivées au
terme de leur développement au bout de 10 minutes et qu’un séjour
plus prolongé produit du voile.
Les grands avantages de la glycine ont engagé M. Hübl à le
préparer sous forme de révélateur en poudre, et, après de longues
recherches, il a atteint le but qu’il s’était proposé.
Il est inutile, pensons-nous, d’insister sur les avantages que pré¬
sente ce développateur en poudre pour le photographe en voyage ou
en séjour à la campagne.
Pour les plaques dont on est sûr de l’exactitude du temps de
pose, on prendra G gr. de poudre par litre d’eau; si l’exposition est
douteuse, on n’en prendra que 3 gr. par litre d’eau; enfin, en cas de
surexposition probable, on prendra 12 gr. de poudre pour 10 libres
d’eau (développement lent).
En raison du peu de temps que j’emploie cette formule, il se peut
— 661 —
que j’aurai encore à compléter mes appréciations; mais jusque
maintenant et dans tous les essais faits, j’ai acquis la certitude
qu’on peut obtenir d’excellents résultats. Quel que soit le degré de
dilution, le bain agit toujours d’une façon égale, il donne les détails
et la vigueur nécessaires. La glycine en poudre appartient à la caté¬
gorie des développateurs lents; les détails n’apparaissent qu’au
bout d’un certain temps, et la vigueur de l’image ne s’accentue que
peu à peu. Mais c’est là, à mes yeux, un avantage de plus.
(Wiener Photogr aphische Bldtter.)
Traduit par V. H.
Châssis pour le tirage
des diapositives
orsqu’on tire des images sur
papier, on n’a pas à s’inquiéter
de la mise en place de l’épreuve,
c’est lors du rognage que cette
opération s’effectue. Il n’en est
pas de même lorsqu’on tire des
diapositives pour la lanterne.
Il importe dans ce cas que la
mise en place et le centrage
soient obtenus du premier coup,
car toute correction ultérieure est impossible. Si le sujet n’occupe
pas le centre de la diapositive, la cache doit forcément, pour l’en¬
cadrer, être plus large d’un côté que de l’autre, il en résulte que,
lors de la projection, les images, au lieu de rester au centre de
l’écran, se montrent à droite ou à gauche de celui-ci. De même, si
es lignes verticales ne sont pas bien d’aplomb, les projections
seront fatalement inclinées. Disons, en passant, qu’il faut aussi que
les images ne dépassent pas la dimension adoptée (7 X 7), sinon
les projections débordent sur le cadre de l’écran et, en outre, dVec
certaines lanternes, on n’obtient que des images peu nettes sur les
bords qui se montrent parfois irisés.
Lorsqu’on dispose d’un négatif sur lequel l’image est bien en
place, il est aisé de mettre la glace diapositive dans la position
voulue, il suffit de la superposer à la glace négative en observant le
parallélisme des bords ; mais les clichés, obtenus au moyen des
détectives, sont rarement dans ces conditions; il faut alors, dans le
cabinet noir, rectifier la position de l’image en regardant celle-ci
par transparence au travers de la glace diapositive. Cette opération
ne laisse pas que d’être assez délicate, les deux verres glissent par¬
fois au dernier moment et l’on a, par ce moyren, un nombre assez
considérables de ratés.
Pour éviter ces inconvénients, j’emploie un châssis spécial dont
l’usage m’a donné une entière satisfaction. L’appareil est simple et
peu coûteux, voici sa description :
Le cadre est celui d’un châssis-presse ordinaire dont les tra¬
verses, munies de ressorts, sont éloignées de 19 centimètres. Sur la
glace du châssis est collée une feuille de papier noir A, au centre
de laquelle on a découpé une ouverture carrée B de 75 X 75mm,
c’est-à-dire un peu plus grande que celle de la cache normale.
La planchette pliante du châssis ordinaire est remplacée par une
planchette rigide C, au centre de laquelle est découpée une ouver-
— 664 —
ture D de 101 X 86mm, soit la dimension de la plaque pour lan¬
terne, plus un peu de jeu.
Quand la planchette est placée dans le châssis, les centres des
deux fenêtres se superposent exactement.
L’ouverture destinée à la plaque peut être fermée par une plan¬
chette E de même dimension, munie d’un bouton permettant de la
manœuvrer facilement. Cette planchette est doublée de papier noir
et est pressée contre la glace du châssis par deux lames FF for¬
mant ressorts et fixées sur la planche rigide. Voyons maintenant
comment on se sert de l’appareil.
On tient le châssis de la main gauche à hauteur de l’œil, les
traverses ouvertes vers le bas ; de la main droite, on place le négatif
en face de la fenêtre découpée dans le papier noir collé sur la glace
du châssis, en ayant soin que l’image soit bien en place sur l’ouver¬
ture ; cela peut se faire en pleine lumière. Une fois le négatif en
place, on repose le châssis à plat sur la table et l’on y met la plan¬
chette rigide que l’on fixe au moyen des traverses à ressorts.
Le négatif se trouve donc fixé entre la glace et la planchette
ajourée et l’on peut tout à son aise vérifier si l’image se présente
dans les meilleures conditions. Il n’y a plus alors qu’à rentrer dans
le cabinet noir et à placer la glace diapositive dans l’ouverture de
la planchette, elle se met nécessairement juste où elle doit être;
on place alors la petite planchette, on fait pivoter les deux ressorts
qui pressent la diapositive contre le cliché et l’on expose à la
lumière.
Le châssis que j’ai montré à la Section de Bruxelles a une lon¬
gueur de 30 centimètres et une largeur de 2Q centimètres. Avec ces
dimensions, on peut l’utiliser avec des négatifs stéréoscopiques, ou
avec des plaques 13 X 18 ou 18 X 24, si l’on veut prendre une par¬
tie du cliché pour obtenir une diapositive par contact.
Il va de soi qu’une fois le cliché fixé dans le châssis, on peut tirer
un nombre indéfini de positives sans recommencer la mise en place,
et c est surtout dans ce cas que l’emploi de l appareil fera gagner
beaucoup de temps.
On peut aussi remplacer la glace recouverte de papier noir par
une planchette dans laquelle on a découpé une ouverture de
— 665 —
75 X 76, mais si l’on a affaire à de petits clichés (quart anglais),
on a quelquefois l’inconvénient que le négatif n’appuie pas sur tous
les bords et la manipulation est moins commode.
Avec le papier noir collé, le contact entre la glace du châssis et
le négatif n’est pas suffisant pour qu’il puisse se former des anneaux
de Newton, ces petits arcs-en-ciel qui viennent parfois se mêler
de désagréable façon à l’image.
Ch. Masson.
photographie priçhpome
ous extrayons d’un article publié par
le journal Pliotography . de Londres,
quelques passages intéressants relatifs
au procédé Joly. Ce que nos lecteurs
en connaissent déjà ne saurait être de
nouveau reproduit ici ; mais il est quel¬
ques explications de détails touchant à
la théorie même du procédé qu’il nous
semble opportun d’indiquer.
« On peut considérer un négatif Joly comme se composant réel¬
lement de trois négatifs dont l’un aurait été obtenu à travers un
écran orange, l’autre à travers un écran vert et le troisième à tra¬
vers un écran bleu, et ces trois négatifs sont entremêlés les uns avec
les autres de bandes minces d 'égale largeur. »
Chacun de ces négatifs distincts a été exposé dentelle façon que
les plus hautes lumières de l’orangé, du vert et du bleu, donnent
des opacités d’un degré tel que la transparence à travers ces opaci¬
tés montre le verre à nu, tandis que les ombres de la coloration la
plus intense auront une densité telle que toute lumière ne pourra les
traverser.
Si toutes les couleurs de l’écran pour voir, soit rouge, vert et bleu,
étaient également lumineuses, il est tout à fait évident que nous
aurions une impression erronée de la couleur de l’objet. Mais en
obtenant des lignes de luminosités différentes, nous arrivons à
l’impression réelle de la couleur. Enfin la couleur d’un objet
s’obtient en traçant les lignes de l’écran pour voir, à travers lequel
est vue l’image transparente, avec une couleur plus ou moins
foncée.
Quant au négatif qui doit, à l’état monochrome, donner la valeur
isochromatique la plus rapprochée de celle des objets, il est obtenu
à travers les milieux orangé, vert et bleu.
Le négatif du vert corrigera à peu près complètement le négatif
de l’orangé (usant des mots négatifs orangé et vert pour indiquer les
négatifs obtenus respectivement à travers les milieux orangé et
vert), et si nous l’effaçons avec le négatif du bleu, l’objet sera repré¬
senté comme à l’état monochrome. L’addition du négatif du bleu
rend le résultat un peu moins correct, mais évidemment beaucoup
plus correct qu’il le serait si l’on avait pris un négatif avec une
lumière ordinaire et son écran ; car, dans ce cas, nous aurions ce
que l’on peut pratiquement désigner comme une image entièrement
reproduite en lumière bleue, puisque les radiations bleues sont bien
plus actives, dans la lumière du jour, que toutes les autres.
Il est vrai que, comme Joly fait usage des plaques panchroma¬
tiques (spectrum) de Cadett, il y a présomption de la possibi¬
lité de reproduire les autres couleurs en outre du bleu ; mais
elles seront noyées dans une très large proportion par les radiations
bleues.
Cadett dit que pour obtenir un rendu correct avec ses plaques, il
est nécessaire de faire usage, en guise d’écran, d’une solution jaune
assez saturée, de telle sorte qu’il reconnaît évidemment l’absence de
sensibilité de ces plaques aux couleurs, dans la partie du spectre la
moins réfrangible, soit dans les rouge, jaune et vert. Il n’est donc
pas loin d’être exact que l’emploi séparé d’écrans orangé et vert,
ainsi que cela existe dans l’écran ligné de Joly, donne pratiquement
le même résultat.
Il serait opportun de savoir quelle sorte de plaque convient le
mieux, soit pour des reproductions destinées à l’impression des
couleurs, soit pour des monochromes d’un rendu correct.
Quant à ce dernier cas, nous n’avons plus à être troublé par
aucune des théories relatives à la vision des couleurs. Ce qu’il faut,
c’est une plaque d’une sensibilité correspondant à toutes les couleurs,
668 —
de telle sorte que les lumières du monochrome correspondent aux
luminosités des couleurs.
L’objet coloré qu’on devra reproduire à l’état monochrome doit
être un spectre, et si nous arrivons à le reproduire correctement,
chaque couleur sera convenablement reproduite quant à sa valeur,
puisque la couleur de tout objet est simplement un mélange des
couleurs du spectre.
Il est donc évident que la plaque idéale dont on puisse user, est
celle qui donnerait une transparence reproduisant le spectre lui-
même à l’état monochrome, avec ses différentes luminosités.
Une pareille plaque est purement idéale, car elle n’existe pas
malheureusement.
Il n’y a pas de plaque donnant le bleu avec le manque d’actinisme
photographique qui serait nécessaire en vue du succès. Notre
plaque idéale est donc celle qui aurait sa sensibilité la plus rappro¬
chée du jaune et qui la perdrait aux abords du bleu et du rouge.
Il faut user d’écrans employés ainsi qu’il a été dit, pour réaliser
une image convenablement rendue.
Pour produire trois négatifs également imprimés par les trois
couleurs distinctes, nous devons rechercher une plaque ayant des
qualités très différentes.
Dans ce cas, il est évident que la plaque voulue est celle qui sera
à peu près également sensible à toutes les couleurs du spectre
solaire.
En d’autres mots, si nous considérons les trois courbes des sen¬
sations des couleurs et que nous les combinions entre elles pour n’en
former qu’une courbe unique, la plaque la plus convenable sera
celle qui donnera, dans le négatif du spectre, des opacités capables de
conduire graphiquement à une courbe d’une forme identique.
En ce cas, si l’on fait usage d’écrans colorés convenables, lesquels
devront tout couper de la lumière blanche excepté la sensation d’une
des courbes, nous obtiendrons trois négatifs parfaitement corrects
et ceux-ci nous fourniront trois diapositifs également parfaits.
Toutefois nous trouvons encore qu’il n’existe aucune plaque
répondant au but désiré ; aussi est-il nécessaire d’admettre un com¬
promis.
On doit comprendre que nous supposons toujours que les lumino¬
sités relatives des trois couleurs dont on doit user pour donner cor¬
rectement la reproduction en couleur d’un original, sont obtenues
par l’emploi d’écrans comparables aux luminosités des couleurs du
spectre qui sont employées.
Il est un autre moyen d’obtenir les mêmes résultats, lequel con¬
siste dans la modification des opacités des diapositifs de façon à
ramener à leur vraie luminosité les couleurs trop brillantes.
Dans ce cas, naturellement, les diapositifs du bleu ne présenteront
aucun point de la surface ayant le verre à nu, et la gradation entre
les plus grandes lumières et les ombres les plus intenses devra être
sérieusement réduite, ajoutons, d’une façon impraticable. Encore
cela pourrait-il se faire et nous avons eu nous-même un succès rela¬
tif en adoptant cette méthode, bien que le travail présente d’im¬
menses difficultés.
Jusqu’à présent on a considéré comme propre à tout genre
d’applications toute plaque sensible au jaune, mais une étude plus
approfondie montrera que pour obtenir la rapidité pour telle ou
telle coloration, la couleur sensibilisante de la plaque doit être
absolument différente.
(Bulletin du Photo-Club de Paris.)
L’ÂIurpinium dans la Lithographie
l est intéressant de fournir aux zinco-
graphes tous renseignements relatifs à
la substitution fort avantageuse de l’alu¬
minium au zinc, dans les travaux d’im¬
pression du genre lithographique.
Il va sans dire que les réserves peuvent
y être créées avec l’aide de la photogra¬
phie tout comme sur le zinc et avec
les mêmes méthodes : au bitume de Judée
ou bien à la gélatine, à la gomme ou
à l’albumine-bichromatée.
Nous extrajons de l’ Imprimerie les précieuses indications qui
suivent :
« Depuis que l’expérience a prouvé que l’aluminium était suscep¬
tible de remplacer la pierre en lithographie, l’attention des spécia¬
listes s’est portée sur ce sujet, et l’on s’est informé de connaître
quelle méthode il fallait employer pour la préparation des plaques
d’aluminium. On était impatient de pouvoir tirer une comparaison
entre ce métal léger et la pierre universellement utilisée jusqu’à ce
jour.
« Il y a deux manières de se servir de l’aluminium pour l’impres¬
sion lithographique : 1° par la méthode de la presse à bras où l’on
adapte sur un cadre en fer une feuille d’aluminium, le tirage se fai-
— 671 —
sant de même que pour une pierre lithographique ; 2° par le système
de la presse mécanique. Les planches d’aluminium sont d’un manie¬
ment infiniment plus aisé; elles peuvent être emmagasinées, facile¬
ment réservées pour un tirage ultérieur, tandis qu’il est peu prati¬
cable de conserver les pierres lithographiques à cause de leur
poids, de l’espace qu’elles prennent et surtout du capital qu’elles
représentent.
« La préparation des plaques d’aluminium destinées à l’impres¬
sion est très analogue à celle des plaques de /inc. On peut, au sor¬
tir du laminoir, passer la planche à la meule et appliquer directement
le transport. Pour certains travaux originaux, il est nécessaire de
dépolir ou donner du grain à la surface du métal; on y arrive par
la méthode de projection de sable ou par un brassage avec des
billes de marbre. La plaque d’aluminium prête et le transport ou le
dessin fixé dessus, on continue, de même que pour le zinc ou la
pierre, en attaquant la surface avec une solution de gomme arabique
acidulée légèrement. Dans l’impression à la pierre, on se sert d’acide
nitrique et de gomme arabique; l’acide attaque légèrement la sur¬
face de la pierre, tandis que la gomme remplit les interstices du
grain, de telle sorte que les régions de la pierre où ne se trouve pas
de dessin ne prennent pas l’encrage des rouleaux.
« Dans le cas de plaques en aluminium, on se sert de même d’une
solution de gomme arabique acidulée avec de l’acide chlorhydrique,
gallique ou fluorhvdrique. Il y a encore divergence entre les spécia¬
listes sur le meilleur acide à employer ; certains préfèrent un acide à
un autre, mais sans qu’il y ait un avantage bien marqué. Quelques
lithographes trouvent utile de nettoyer la surface de l’aluminium
avant le fixage du transport, d’abord à la benzine pour enlever toute
trace de corps gras, puis par immersion dans un bain concentré de
soude ou de potasse caustique un temps suffisant pour noircir la
surface. Cela fait, la plaque est lavée à l’eau bouillante et séchée
dans de la sciure de bois très chaude. Ce procédé de décapage est
cependant loin d’être général, car beaucoup d’imprimeurs estiment
que pour tous les tirages usuels, le métal est suffisamment propre.
Ce décapage est même utilisé pour enlever la couche superficielle
du métal au sortir du laminoir au lieu de faire le dépolissage.
— 672
« Les deux procédés sont avantageusement employés ; cependant
il est hors de doute que le décapage à la potasse caustique, puis à
l’acide nitrique, étant rapide et économique, sera adopté très géné¬
ralement. Néanmoins il ne faut pas se faire d’illusions; le décapage
demande beaucoup de soins et de coup d’œil pour juger du temps
strictement nécessaire, autrement la corrosion devient intense si le
métal reste trop longtemps dans le bain.
« Tout travail pouvant être exécuté sur la pierre lithographique
peut de même être exécuté sur une plaque d’aluminium. Le résultat
est absolument équivalent, sinon supérieur.
« Dans bien des cas, » ajoute en terminant Y Industrie française ,
journal auquel nous devons une partie des instructions ci-dessus,
« il est impossible d’obtenir un tirage satisfaisant avec le zinc, ce
métal ayant une structure cristalline préjudiciable. Il n’en est pas
de même avec l’aluminiurrï, qui est beaucoup plus homogène et qui
possède, en outre, une porosité qui le rend justement avantageux
pour faire l’impression.
« Afin de remédier à l’état cristallin du zinc, il faut traiter ce
métal au cyanure de potassium ou avec une autre composition chi¬
mique. Or, il arrive souvent, dans le cas de planches de zinc qui ont
subi l’action d’un de ces mordants, que les couleurs sont détruites
ou altérées et certaines couleurs ne peuvent pas être utilisées. »
(Moniteur de la Photographie.)
REVUE DES JOURNAUX PHOTOGRAPHIQUES
Wiener freie Photographen-Zeitung.
(N° 9.)
Agrandissements sur papier au bromure. — L’amidol, comme développateur,
tient toujours le record. E. Gun, à Londres, préconise 4 gr. d’amidol, 50 gr. de
sulfite et 650 gr. d’eau. Si l’action est trop rapide, on peut diluer avec de l’eau ;
être prudent avec l’addition de bromure; 1 goutte suffit pour augmenter les
contrastes. Le fixage se fait dans une solution d’hyposulfite de soude à ‘20 p. c.
Pendant le fixage, les contrastes s’accentuent; il est donc bon d’interrompre
le développement avant que l’image ait atteint toute sa vigueur. Pour tons
sépia , on plonge l’épreuve, préalablement séchée, dans un bain composé de
300 gr. de sulfite de soude, 30 gr. d’alun et 2.000 gr. d’eau, chauffé à 44° C.
La solution possède un aspect laiteux et émet l’odeur d’acide sulfureux. 11 est
bon, par conséquent, d’opérer en plein air. L’image s’affaiblit dans ce bain,
ce dont il faut tenir compte au développement qu’on poussera un peu plus.
V. H.
Photographisches Centralblatt.
(N° 16.)
Chlorure d'or. — Tandis que tous les objets d’or doivent porter le poinçon de
vérification, il n’en est malheureusement pas ainsi en ce qui concerne le chlorure
d’or, dont l’acheteur ignore presque toujours la teneur en métal. Talbot pro¬
pose d’obliger les vendeurs de chlorure d’or d’inscrire sur leurs étiquettes :
1 gramme chlorure d’or, contenant . gramme d’or métallique pur. Outre
l’avantage qui en résulte pour l’acheteur, la connaissance de la teneur exacte
en or est extrêmement importante, lorsqu’il s’agit de préparer des bains de
virage suivant des formules données.
V. IL
48
— 074 —
Photographisches Wochenblatt.
(N° 39.)
Préparation de cartes postales sensibilisées.
I. Citrate ferrico-amraonique (vert) . . . 33 gr.
Acide tartrique . 4 »
Eau distillée . .200 cm3
II. Gélatine de bonne qualité . G gr.
Eau distillée . 100 cm3
III. Nitrate d’argent . 10 gr.
Eau distillée . 100 cm3
Les solutions I et III se conservent indéfiniment; la solution I doit être
conservée dans l’obscurité ou dans des flacons noircis. Afin d’assurer davan¬
tage sa bonne conservation, il est bon d’ajouter 2 gouttes de formaline. La
solution II doit toujours être fraîchement préparée, en faisant gonfler la quan¬
tité voulue de gélatine dans un peu d’eau, en y ajoutant le restant d’eau et en
chauffant légèrement au bain-marie, en ayant soin que la température ne
dépasse pas 50° C. Toutes les substances employées doivent être exemptes de
chlorures.
Puis on chauffe la solution I à 3o 40n C., on la verse dans la solution II, et
peu à peu, en agitant constamment, on y ajoute la solution III. Si les produits
employés sont purs, aucun trouble laiteux ne se produira. C’est au moyen
de ce mélange que l’on sensibilise les cartes postales, en les plaçant une à une
sur un support propre et en les enduisant, au moyen d’un blaireau, du
mélange chaud.
S’il est devenu froid, l’enduit uniforme s’obtient plus difficilement; par con¬
séquent, il est bon de laisser au bain-marie chauffé à 35-/i0° C. le flacon
contenant le mélange. Ensuite on sèche, de préférence dans un endroit sec et
légèrement chauflé. Conservées a l’abri du jour, les cartes ainsi préparées se
gardent pendant plusieurs semaines. Inutile d’ajouterque la sensibilisation doit
se faire à la lumière d’une lampe à pétrole. La sensibilité est supérieure à celle
des papiers celloïdins. Pour obtenir de bonnes épreuves, il Huit des clichés
assez denses, avec suffisamment de détails dans les ombres.
(A suivre.)
/
V. IL
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Concours Photographique
ORGANISÉ PAR LA
MANUFACTURE D’OPTIQUE E. SUTER, fl BAÜE
POUR
Photographes professionnels et amateurs.
La manufacture d’optique E. Suter, à Bàle, offre à l’occasion du
20 anniversaire de la création de la maison, une collection de prix
de la valeur de 3,000 francs, pour les concours suivants :
lre Série. — Portraits. Est demandée une collection d’au moins
3 portraits isolés d’une conception non conventionnelle et ayant un
cachet artistique et un genre tout personnel.
Dimension des épreuves : De la carte-album à grandeur natu¬
relle. Impression sur papiers à l’albumine, au platine ou au charbon.
1er Prix, un objectif de la valeur de 700 francs.
2e — — — 350 —
3e — — — 175 —
4e — — — 100 —
2“ Série. — Groupes. Est demandée une collection d’au moins
3 groupes pris soit dans l’atelier, soit au dehors. Ces groupes
devront dévier du genre habituel et montrer dans l’arrangement une
originalité à laquelle on puisse donner une valeur artistique.
1er Prix, un objectif de la valeur de 500 francs.
2e — — — 300 —
3e — — — 150 —
4e — — — 100
3e Série. — Instantanés, Paysages, Architecture. Est demandée
— G76 —
une collection d’au moins 3 épreuves des genres ci-dessus. Pour les
instantanés, il sera tenu compte tout spécialement de la netteté des
épreuves, pour les paysages de l’effet artistique.
1er Prix, une chambre à main 12 X 16 1/2, valeur 250 francs.
2Ü — une trousse ou un objectif . . — 200 —
3e — un objectif de la valeur de ... . 100 —
4e — — — .... 75 —
Conditions particulières. — Toutes les épreuves envoyées pour
le concours devront avoir été obtenues avec des objectifs provenant
de la manufacture d’optique E. Suter, à Bâle, le cas échéant, la
preuve devra en être fournie. Autant que possible ces épreuves ne
devront pas encore avoir figuré à une exposition photographique.
Le jury sera composé de MM. Reutlinger, Paris; L. Schrank,
Vienne; B. Dittmar, Munich; C. Ruf, Fribourg; G. -H. Emmerich,
Munich; F. Tersch, Munich; E. Suter, Bâle.
Les épreuves, collées sur carton, mais non encadrées, devront
être envoyées jusqu’au 15 mars 1899, à la manufacture d’optique
E. Suter, à Bâle; les membres du jury commenceront leur travail
le 18 mars et le résultat sera connu le 15 avril 1899.
Les épreuves primées seront reproduites dans plusieurs journaux
photographiques. Pour ces épreuves ainsi que pour toutes les autres
envoyées, le droit de reproduction passera à la maison E. Suter, à
Bâle, qui organise le concours.
Les primés des pe et 2e séries auront le droit du choix de l’objec¬
tif suivant le catalogue de la maison.
Les épreuves doivent être envoyées, munies d’une devise et de
l’indication exacte de l’objectif employé; sous pli spécial, l’envoyeur
donnera le nom correspondant à la devise marquée sur les épreuves.
JOUtflNMUJX ÎREÇUS
Belgique.
L'Objectif, n° 51.
Bulletin du Photo-Club de Belgique, n° 22.
Le Cycliste belge illustré, nos 422, 423, 424, 425.
Revue bibliographique belge, n° 10.
Allemagne.
Deutsche Photographen Zeitung, nos 43, 44, 45, 46.
Photogruphisches Centralblatt, nos 19, 20.
Der Amateur-Photograph, n° 11.
P hotographische Mittheïlungen, nos 14, 15.
Photographische Chronih, nos 43, 44, 45, 46.
Photographisclxes Wochenblatt, nos 42, 43, 44, 45.
Internationale Photographische Monatsschrift fur Medizin, n° 10.
Praktischer Rathgeber, n° 20.
Lias Atelier des Photographen, n° 11.
Photographische Rundschau, n° 11.
Autriche.
Photographische Correspondenz, n° 45S.
Wiener Photographische Blqtter, n° 11.
Wiener freie Photographen Zeitung, n° 10.
Danemark.
Beretninger fra Dansk fotografish Forening, n° 10.
États-Unis.
Anthony' s Bulletin, n°il.
St-Louis Photographen, n° 11.
678
France.
Bulletin de la Société française de Photographie, nos 20, 21.
Moniteur de la Photographie, nos 20, 21.
Bulletin du Photo-Club de Paris, n° 93.
Photo-Gazette, n° 12.
Photo-Journal, n° 104.
La Photographie, n° 11.
Ombres et Lumière, n° 40.
L’ Avenir photographique, n° SI.
Bulletin du Photo-Club Nancéien, nos S, 9.
Photo-Revue, n° 7 bis.
Bulletin de la Société photographique du Nord' de la France, n° S.
La Science illustrée, nos569, 570, 571, 572.
La Science en famille, nos 46, 47.
Grande-Bretagne.
British Journal of Photography , nos 2007, 200S, 2009, 2010.
Photographie News, nos 147, 148, 149, 150.
The Photographie Journal, n° 2.
The Journal of the Caméra Club, n° 150.
Photography , nos 519, 520, 521, 522.
The Amateur Photographe r, nos733, 734, 735, 736.
The Practical Photographe)', nos 102, 103, 104, 105.
The Photogram, n° 59.
Proccss Work and the Printer, n° 66.
Italie.
Revista scientifico-artistica di Fotografia, n0K S, 9.
Il Progresso fotografico, n° 10.
Il Dilettante di Fotografia, n° 102.
Suisse
Revue suisse de Photographie, nos 8, 9.
Les Procédés modernes d’illustration, n° 5.
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Qos IllustpQtions -«*•
Le Chemin sablonneux de M. Gehrkens jun., membre de
la Gesellscliaft \ur Forderung der Amateur Photographie de
Hambourg, est la reproduction d’une épreuve à la gomme bichro-
matée qui a figuré à notre dernier salon.
Ardaine. — Portail de l’ Église abbatiale. — M. Joseph
Casier, président de Y Association a bien voulu nous autoriser à
reproduire cette planche extraite de son charmant album : En
Normandie.
Les reproductions en phototypographie sortent des ateliers de
M. J. Malvaux, à Bruxelles.
Illustrations dans le texte de MM. le D* Paradis et
L. Misonne. L’épreuve de la phototypographie de la page GGO
n’étant pas signée, l’auteur est prié de se faire connaître.
Lettrines de MM. Bayart, Bidart, Maes, Michel, Puttemans,
Léon Roland, Rousseau et Stadeler.
Conseil d' administration. — Membres admis .
Résultat du concours 'photographique des régates d’Anvers
Extraits des procès-verbaux des séances des sections.
Section d’Anvers. — Séance du 3 octobre 1898.
Décès du lieutenant général van Eechout. — Date des séances. —
Concours. — Questions à traiter en séance . ,
Phototypes affaiblis par le persulfate d’ammoniaque. — Pellicules
Vitroses. — Épreuves sur papier Electric. — Confection de diapo¬
sitives, par M. Maes .
Section de Bruxelles. — Séance du 12 octobre 1898.
Excursion sur l’Escaut du mois de juillet .
Décès de MM. Remacle et du lieutenant général van Eechout. _
Etiquette pour diapositives. — Essai de la pyrocatéchine. — Con¬
cours de photographie. — ■ Pellicules Vitroses — Photographies
en relief. — Papier Self toning .
Causerie de M. Puttemans : Acides, bases et sels .
Séance du 26 octobre 1898.
Conférence de M. Mathieu sur la reproduction des couleurs. — Con¬
cours de photographie .
Châssis pour diapositives de M. Masson. — Conférence de M. Weiss
sur la lampe-éclair de son invention .
Section de Gand. — Séance du 2 juin 1898.
Session de l’Union internationale — Causerie de M. Spilthoorn
sur le bain fixateur .
Appareil stéréoscopique et stéréoscope de Bellieni. — Projections.
— Jeton de présence .
PAGES.
625
626
627
62S
629
630
631
631
632
636
637
— 681 —
PAGES.
Séance du 4 août 1808.
Compte rendu de la session de l’Union internationale. - Excursion.
— Concours sur l’Escaut. — Le rôle du diaphragme dans les ob¬
jectifs. — Machine à imprimer donnant par un tirage unique des
reproductions en différentes couleurs . 638
Anvers maritime, présentation par M. Spilthoorn . 639
Séance du 6 octobre 189S
Concours des régates d’Anvers. — Décès du lieutenant général van
Eechout. — Épreuves en couleurs de MM. Mathieu-Dery. — Cau¬
serie de M. de Nobele sur l’identification anthropométrique . . 639
Papier Résine. — Projections. — Jeton de présence . 640
Section de Liège. — Séance du 11 octobre 1898.
Remerciements à M. Léon Roland, président sortant. — Exposition
d’art photographique . 644
Programme des séances. — Budget. — Fixation du jour des séances.
— Jeton de présence au commissaire délégué auprès du Conseil
d’administration. — Pellicules Vilroscs . 642
Halo. — Double développement. — Épreuves de M. Marissiaux. — -
Présentation de membres . . . 643
Section de Louvain. — Séance du 4 novembre 1898.
Concours des vacances . 644
Organisation d’un nouveau concours . 645
Concours Suter. — Photographie des couleurs . 646
Section de Namur. — Séance du 5 octobre 1898.
Plaques « Noir et Blanc ». — Épreuves deM. Jossart. — Projections
à la lumière de l’acétylène . 647
La latitude du temps de pose en photographie, par P. Mercier . . . 649
L'éclairage du laboratoire pour les plaques orthochromatiques, par h;
capitaine W. de W. Abney . 654
Nouveau dévcloppateur à la glycine, par J. Bock . . . f . . . 659
Châssis pour le tirage des diapositives, par Ch. Masson . 662
Photographie trichromc, par W. de W. A . 666
L’aluminium dans la lithographie . 670
Revue des journaux photographiques.
Wiener freie Photographen-Zeitung .
N° 9. — Agrandissements sur papier au bromure . 673
P hotographisches Centralblatt.
N° 16. — Chlorure d’or . 673
Photographisches Wochenblatt.
N° 39. — Préparation de cartes postales sensibilisées . 674
682 —
PAGES.
Concours photographique organisé par la manufacture d'optique
E. Suter, à Bàle . . 675
Journaux reçus . 677
Nos illustrations . 679
Sommaire.
1
i
ASSOCIATION BELGE DE PHOTOGRAPHIE
C. Puyo.
i’hototypographie J. Mal vaux.
CAUSERIE NOCTURNE
ASSOCIATION BELGE DE PHOTOGRAPHIE
m-pifp
Karl Greger.
Phototypograplue J. Malvaux.
L’ETANG DANS LA FORET
BULLETIN
N° 12. — 25me ANNÉE.— VOL. XXV.
(3e SÉRIE. — VOL. V.)
ASSEJVlBliÉE GÉJJÉl?AIiE EXTl}flOf}DlflAIf?E
tenue à Bruxelles, le 20 novembre 1898
Présidence de M. Jos. Casien, président
ssistaient à la séance : Mes¬
sieurs Massange de Louvrex,
Joseph Maes, A. Nyst, Ch.
Puttemans, Noaillon, comman¬
dant H. Peltzer, Masson, Ro¬
bert, Léon Roland, de Raet,
docteur Paternotte, comman¬
dant L. Pavard, Suars, J. Fallon, Éd. Jossart, Ad. Dupont,
49
— 68G —
H. Vassal, J. Bardin, Vermeiren, Magnien, Lefebvre de Sardans,
A. Rutot, R. Rousseau, Parmentier, Nopère, Mouton, Paul Da-
vreux, A. Malvaux, Durieu, M. Hanssens, P. Fraikin, Alexandre,
R. Simoneau, J. Frennet, Smeesters, Ernotte, Bourgois, Anspach,
H. Anspach, J. Boitson, Lavalette-Weinknecht, G. Dupret,
Ant. Massange, A. Lunden, V. Selb, V . Prinz, A. Leirens,
A. Goderus, H. Brunin, G. Servaes, L. Declercq, L. Van Neck,
Van Lint, Bronkhorst, G. Masure, écuyer de Creeft, Ledure,
Watrigant, Brand, Deridder, Langlé, De Vincke, Stadeler, Del-
croix et Vanderkindere, secrétaire général.
Se sont fait excuser : MM. Bucquet, R. Ickx et A. de Gryse.
La séance est ouverte à 2 1/2 heures.
La parole est au secrétaire général pour donner lecture du pro¬
cès-verbal de l’assemblée générale du 15 mai 1898.
Ce procès-verbal, qui ne donne lieu à aucune observation, est
adopté.
M. Casier, président, se lève pour rendre un dernier hommage
aux deux éminents collègues que l’Association a perdus depuis la
dernière assemblée, M. le Dr Candèze, de la Section de Liège,
ancien président de l’Association, et M. le lieutenant général van
Eechout, de la Section de Gand, deux membres fondateurs qui ont
toujours montré un très grand dévouement à notre Associa¬
tion.
Élection d'un commissaire en remplacement de M. Orban-Viot,
démissionnaire.
M. E. Orban-Viot, que ses occupations empêchaient d’assister
régulièrement aux séances du Conseil d’administration, ayant donné
sa démission, il y a lieu de pourvoir à son remplacement. La Sec¬
tion de Liège à laquelle appartient M. Orban, a émis le vœu de
voir nommer M. Léon Roland, ancien président de la Section lié¬
geoise. Aucun autre candidat n’est proposé.
On passe au vote. Le dépouillement donne le résultat suivant :
Votants, 63. — M. Roland obtient 58 voix.
En conséquence, M. Casier, président, proclame M. Léon Ro¬
land commissaire au Conseil d’administration.
— 087 —
M. Roland remercie l’assemblée de cette marque de confiance.
Choisi par la Section de Liège, il représentera les intérêts de sa
Section, mais élu par l’assemblée générale, il considérera, avant
tout, l’intérêt général de l’Association à laquelle il promet son con¬
cours le plus dévoué. {Applaudissements .)
Présentation, comme membres d'honneur, de MM. Maurice Buc-
quet et Ernst Juki.
M. le Président dit qu’à la suite des fêtes du XXVe anniver¬
saire de la fondation de l’Association, le Conseil d’administration
avait décidé de proposer à la première assemblée générale de nom¬
mer membres d’honneur MM. Bucquet, président du Photo-Club ,
de Paris, et Ernst Juhl, président de la Gesellschaft \ur Farde-
rung der Amateur Photographie, de Hambourg. Il rappelle le rôle
important joué par ces messieurs, dans leur pays, pour la défense
et la propagation de l’art photographique qui leur doit l’épanouis¬
sement auquel il est arrivé en France et en Allemagne. L’Associa-
tion est heureuse de pouvoir leur rendre un hommage public en
leur décernant un titre jusqu’ici réservé aux savants qui avaient
tait faire des progrès à la photographie comme science. L’Associa¬
tion doit savoir gré en outre à MM. Bucquet et Juhl, d’avoir assisté
l’Association d’une façon très efficace dans l’organisation de la der¬
nière exposition. Enfin, ils ont montré dans quelle estime ils tenaient
notre Société en se rendant, le 15 mai dernier, à Bruxelles, pour
honorer nos fêtes de leur présence.
M. Roland appuie la proposition et ajoute que ces messieurs
ont, de la façon la plus aimable, permis à la Section de Liège d’ex¬
poser pendant quelques jours les œuvres de leurs deux sociétés
après la fermeture du Salon de l’Association.
La proposition du Conseil d’administration est adoptée par accla¬
mations; en conséquence, MM. Maurice Bucquet et Ernst Juhl
sont proclamés membres d’honneur de l’Association. ( Longs applau¬
dissements.)
Le Musée de photographies documentaires.
La parole est donnée à M. L. Roland qui expose le but pour¬
suivi par les fondateurs du Musée de Paris. Il voudrait voir l’Asso-
— 688 —
ciation créer une institution pareille en Belgique. Il montre le
grand intérêt qu’il y aurait pour tous à trouver réunis en un local
les innombrables photographies éparpillées aujourd’hui dans les
albums des amateurs, sans profit aucun pour les arts et les
sciences. Et pourtant quel trésor de documents sont ainsi perdus.
Nous n’en sentons peut-être pas assez l’intérêt, parce qu’il n’est
pas immédiat, mais il faut travailler pour les générations futures.
Combien ne regrettera-t-on pas souvent le manque de documents
précis sur des événements historiques ! Tout est intéressant pour
la science, tout est document. M. Roland convie donc l’Association
qui est mieux placée en Belgique que n’importe qui de créer un
Musée de photographies documentaires.
M. Noaillon se lève pour combattre la proposition de M. Ro¬
land, dont il est cependant partisan :
Voilà quatre ans que M. Roland défend la cause du Musée
documentaire, et voilà quatre ans qu’il me rencontre en adversaire
de son projet. Et je me réjouis d’avoir combattu M. Roland, car je
vois, avec plaisir, qu’aujourd’hui il a fait un pas vers moi. Il y a
quatre ans, M. Roland demandait de nous affilier au Musée de
Paris. Je me suis opposé à cette idée. On ne comprend bien des
documents que dans leur pays d’origine. Ce que je voudrais, c’est
que chaque Section s’occupât de créer un Musée local; je suis
adversaire de la centralisation. Nous réussirons beaucoup mieux en
commençant par faire petit.
Je soumets donc ces idées au Conseil d’administration, et j’es¬
père qu’il en tiendra compte lorsqu’il discutera la proposition de
M. Roland. .
M. Roland répond que s’il a modifié sa première proposition et
s’il préconise le Musée belge, c’est que depuis lors, le Conseil d’ad¬
ministration a admis le principe d’un Musée documentaire, et que,
dans ces conditions, il n’était plus nécessaire de s’adresser à celui
de Paris.
Le Président dit qu’il ne peut entrer dans les vues de l’Assem¬
blée de discuter aujourd’hui la proposition de M. Roland (Non!
non !) et qu’elle sera examinée en Comité et reviendra devant une
prochaine assemblée. — Adopté.
G89 —
Photographies astronomiques.
Le président accorde la parole à M. W. Prinz, professeur à
l’Université libre de Bruxelles. M. Prinz fait passer sous les yeux
de l’assistance une superbe série de photographies lunaires.
Il commence par montrer les appareils anciens et modernes qui
ont servi ou servent à photographier les astres, puis projette une
vue superbe de la pleine lune; il explique ensuite la formation
des cratères et des mers lunaires et démontre que les phénomènes
qui se sont passés sur notre satellite se présentent également sur la
terre.
Des applaudissements prolongés succèdent à la dernière vue, et
prouvent l’intérêt que l’assistance a éprouvé à écouter l’instructive
causerie de M. Prinz et en admirant les superbes diapositives
obtenues par l’honorable professeur.
Le président se fait l’interprète de ces sentiments en félicitant
M. Prinz et en le remerciant de son important concours au succès
de l’assemblée de ce jour.
Diapositives Joly.
Le secrétaire général annonce que l’Association a la bonne for¬
tune de pouvoir, la première sur le continent, montrer des diapo¬
sitives obtenues d’après le procédé inventé par le professeur Joly,
de Dublin. Il explique brièvement le procédé avant de passer à la
projection.
Nous nous contenterons, ici, de rappeler qu’il s’agit d’un procédé
qui permet la projection de photographies en couleurs à l’aide d’un
seul cliché.
On fait un négatif sur une plaque panchromatique devant laquelle
a été placé un écran rayé de lignes oranges, vertes et bleues. On
tire alors un positif sur une plaque ordinaire au gélatino-chlorure,
on applique contre cette plaque, au lieu du verre mince ordinaire, un
nouvel écran ligné de rouge, vert et bleu, et si les opérations ont
été bien conduites, les couleurs des objets sont fidèlement repro¬
duites.
Les projections qui suivent cette démonstration sont fort admi¬
rées pour leur pureté dans le rendu des couleurs.
— 690 —
Quelques-uns trouvent déplaisant le réseau qui se marque assez,
l’agrandissement des clichés 8X8 ayant été porté à 2m,80. L’image
a l’aspect d’une tapisserie; mais on s’accorde à trouver que les
couleurs sont très franches et exemptes des tons déplaisants qui
déparent tant de photographies obtenues à l’aide du procédé aux
trois couleurs.
Bref, les projections obtiennent un très grand succès, et sur la
proposition du secrétaire général, l’assemblée vote des remercie¬
ments à M. L. Warnerke, membre d’honneur de l’Association, qui
a bien voulu servir d’intermédiaire entre l’Association et MM. New¬
man et Guardia qui représentent à Londres la Natural Color Pho¬
tographie Society de Dublin, détentrice des brevets Joly.
Procédé 1res.
Le dernier objet à l’ordre du jour est la projection de photogra¬
phies en couleurs d’après le procédé Ives.
Le secrétaire général explique brièvement le mécanisme de ce
procédé.
M. Ives est l’inventeur du Chromoscope que l’on commence à
connaître assez bien. Il a appliqué son système à la projection.
Comme pour le Chromoscope, on cherche à obtenir trois néga¬
tifs monochromes rendant respectivement la valeur exacte des trois
couleurs primaires. On tire trois positifs monochromes également.
Les couleurs s’obtiennent par l’interposition de verres colorés. Un
verre bleu, un verre vert et un verre rouge.
L’appareil qui sert à projeter ces images est une lanterne ordinaire
dont on enlève l’objectif et le condensateur qu’on remplace par
un appareil spécial appelé The Lantern Kromskop. Cet appareil
est composé d’un petit condensateur, d’un jeu de glaces et de mi¬
roirs qui divisent la lumière en trois faisceaux lumineux. Ces fais¬
ceaux lumineux traversent les verres en couleur et les positifs qui
sont projetés sur l’écran par trois objectifs montés de telle sorte
que les trois images puissent se superposer exactement.
Les projections qni succèdent à cette explication sont très inté¬
ressantes; le fondu des couleurs semble meilleur que dans les vues
Joly; mais l’appareil de projection, très compliqué en somme, ab-
— 691
sorbe une grande quantité de lumière; aussi les couleurs sont-elles
moins vives. On admire surtout un papillon aux ailes bleues et un
panier de fraises renversées sur une feuille de chou. Un des intérêts
de ce procédé réside dans la possibilité qu’il y a de décomposer la
lumière et de montrer ainsi à un grand auditoire, d’une façon
frappante, le rôle de chaque couleur primaire.
Un des inconvénients de l’appareil réside dans le foyer du petit
condensateur qui est tellement court que l’arc électrique doit pres¬
que être en contact avec le verre, d’où échauffement considérable de
la caisse et danger de bris de la lentille.
L’assemblée ne ménage néanmoins pas ses applaudissements. Ici
encore il convient de remercier M. Warnerke de son bienveillant
concours ainsi que le Photochromoscope Syndicate, limited, de
Londres, qui a gracieusement mis à notre disposition l’appareil de
projection ainsi que douze vues
La séance se termine par la remise, comme jeton de présence,
d’une superbe photogravure, le Faucheur, de notre confrère Maris-
siaux, de Liège, gravée par M. Malvaux, ou, au choix, la Mare , de
notre collègue D. Declercq, gravée par MM. Meisenbach, Rif-
farth et Cie, de Berlin.
La séance est levée à 6 heures.
A l’issue de la séance, M. Van Neck présente un nouveau modèle
de lampe électrique pour lanterne, une série de photographies en
couleurs d’après le procédé Mathieu-Dery, un objectif Cooke, un
stéréoscope, etc.
Sectiof) de Bruxelles
SÉANCE DU 9 NOVEMBRE 1898
Présidence de M. Puttemans, président
ssistaient à la séance : MM. Cu-
mont, Rutot, Lefebvre de Sar-
dans, Magnien, Peltzer, Ver-
meiren, Nyst, Delevoy, Durieu,
Bidart, Masson, Ernotte, de
Raet, Bayart, Mouton, Boit
son, Nopère, AVatrigant, Ky-
meulen, Paradis, Dupret, Pollet, Leys, Y. Van Beesen, Lavalette,
Maurin, Smeesters, Poupart, Simon, Hanssens, Dricot, Vander-
kindere, Delcoigne, Broothaerts, Louvois, Langlé, Bronckhorst,
Paternotte, Lacomblé, Frennet, Van Lint, Delcroix, Parmentier,
J. A an Beesen, Bray, Van Lint et Stadeler, secrétaire.
Le procès-verbal de la séance du 26 octobre est lu et adopté.
M. le président donne lecture d’une lettre de notre confrère
M. De Meuter, qui met gracieusement à la disposition des membres
son salon de pose, ses laboratoires et son atelier d’agrandissement,
le tout éclairé à l’électricité, ce qui permet de travailler par tous les
temps et le soir.
L’Assemblée prend bonne note de cette amabilité et M. le Pré¬
sident propose de remercier notre confrère. (. Applaudissements .)
Lecture est donnée des conditions du concours Suter, dont le
programme figurera au Bulletin.
Il est mis en circulation une épreuve des clichés faits dans le
— 693 —
local à la lumière aluminique, à l’aide de la lampe éclair, par
M. Weiss et dont il a été rendu compte dans le dernier procès-
verbal.
M. Bidart fait part des résultats qu’il a obtenus avec le réducteur
au persulfate d’ammoniaque. Non seulement la réduction des clichés
s’est parfaitement produite en respectant les détails, mais de plus
le réducteur a enlevé toute trace de voile jaune ou rouge. La solu¬
tion employée était composée de 10 grammes de persulfate pour
300 grammes d’eau. Il faut agir de préférence sur des clichés secs,
ainsi que cela a déjà été recommandé, mais en évitant avec le plus
grand soin toute trace d’iryposulfite de soude aux doigts, qui pro¬
voque des taches indélébiles.
M. le président montre un ajutage qui peut être placé à tous les
robinets, en vue d’éviter le rejaillissement de l’eau à haute pression,
comme cela se produit avec la distribution de la ville.
Avant de donner les résultats des délibérations du jury qui a eu
à apprécier les œuvres envo}rées au concours de photographie,
M. le président exprime à cette occasion toute sa satisfaction.
Depuis bien des années, la Section n’a eu à enregistrer semblable
succès. Il se félicite surtout de voir que nos membres, qui se consa¬
crent avec tant de zèle à la projection, savent, à l’occasion, produire
des épreuves de valeur.
Le secrétaire donne lecture de son rapport.
Le jury a accordé les distinctions suivantes :
Section A. — Trois épreuves d’une dimension d’au moins
18 X 34 centimètres.
Cinq concurrents. — 1er prix (médaille) : M. M. Vanderkindere ;
2e prix une photogravure) : M. M. Hanssens.
Le jury adresse des félicitations à MM. Bray, Ernotte et Piot.
M. Piot a présenté, entre autres, un Marais d’un impressionnant
effet.
Section B. — Six épreuves de dimensions inférieures à
18 X 34 centimètres.
Huit concurrents. — 1er prix (médaille) : M. F. Leys; 2e prix
(nécessaire de Radiotint offert par M. Brothaerts) : M. M. Hans¬
sens.
— 694 —
Le jury a remarqué les envois de MM. Decoen, Ernotte, Peltzer,
Kymeulen, Paradis et Magnien.
Section G. — Six diapositives pour projections.
Six concurrents. — 1er prix (médaille) : M. C. Masson.
Le jury félicite particulièrement M. Bidart pour ses épreuves
très remarquables.
M. le président félicite les lauréats et annonce que la distribution
des médailles et primes aura lieu à la prochaine séance.
On passe ensuite à la projection des positives envoyées au con¬
cours.
On applaudit divers paysages de MM. Paradis, Kymeulen et
Hanssens. Quelques scènes de genre de M. Peltzer obtiennent un vif
succès, mais la lutte est surtout circonscrite entre MM. Bidart et
Masson qui présentent différents paysages d’égale valeur de part et
d’autre. En fin de compte, quelques clichés de glaciers pris par
notre confrère M. Masson, lors d’une excursion récente en Nor¬
vège, emportent les suffrages de l’auditoire.
L’ordre du jour étant épuisé, les membres continuent à deviser
sur la valeur des œuvres exposées, et l’assemblée se sépare à
10 1/2 heures.
Sectiof) de Gaf?d
SÉANCE DU 3 NOVEMBRE 1898
Présidence de M. Goderus, président
RÉSENTS : MM. Servaes, Leirens,
Coupé, Casier, d’Hoy, de Kem-
meter, Boute, Van Oost, Canfyn,
Tyman, L. De Clercq, Morel de
Boucle, Goderus, docteur De
Nobele, Marcel De Clercq, Bru-
nin, Sacré, De Brouwer, Heins,
Van Loo, Herremans.
M. Goderus présente, au nom de M. Van Neck, une publication
sur le sentiment d’a t en photographie. Il présente également, au
nom du même, une reproduction d’un billet de banque ainsi qu’une
série d’autres photocopies très intéressantes. ( Remerciements .)
M. Goderus attire l’attention des membres de la Section sur un
concours photographique organisé par la maison Suter; il y aura
pour B, 000 francs de prix. Les conditions de ce concours ont été
publiées au Bulletin.
M. Goderus présente un spécimen des plaques pelliculaires sur
vitrose de la maison Lumière. La vitrose est une espèce de celluloïd;
l’émulsion dont elle est couverte y adhère fortement et n’a pas de
tendance au frilling. Ces plaques étant légèrement bombées, on est
obligé de les maintenir dans un châssis métallique qui les tient
planes. La vitrose est très transparente et a une teinte légèrement
jaunâtre. Ces plaques ont l’inconvénient de ne pas pouvoir être
employées dans les détectives à pompe.
— G96
M. Casier a vu des positifs faits sur celluloïd, l’amateur qui les
lui montrait y voyait de nombreux avantages ; le seul inconvénient,
c’était une tendance à l’enroulement.
M. Heins emploie des plaques sur celluloïd pour le photo-livre et
en est très satisfait.
M. De Clercq fait un compte rendu de l’état de la photographie
en couleurs, surtout en Angleterre. Cette conférence très intéressante
sera publiée dans le Bulletin.
M. Sacré présente des épreuves en couleurs qu’il a obtenues lui-
même par le procédé Dugardin. Il a fait trois négatifs avec les trois
médiums rouge, jaune et bleu et les a tirés sur papier mixtionné
rouge, jaune et bleu de la maison Van Monckhoven.
M. Goderus présente, au nom de M. de Lanier, un appareil
appelé chromotoscope dans lequel on peut voir les trois négatifs
monochromes noirs, chacun à travers un verre coloré d’une des
trois couleurs fondamentales ; ces trois images sont superposées et
l’on a ainsi la sensation des couleurs accompagnées de celle du
relief, parce que les clichés sont stéréoscopiques.
Les photographies qu’il a ainsi présentées, ont fait l’admiration
de tout le monde, et l’on a été unanime pour remercier M. de
Lanier, qui avait bien voulu prêter ce merveilleux appareil.
M. Leirens a essayé de répéter les expériences du D1 Neuhaus
signalées dans le dernier numéro du Bulletin , c’est-à-dire le déve¬
loppement des clichés après fixage. Les résultats qu’il a obtenus,
prouvent que cette méthode, quelque extraordinaire qu’elle puisse
paraître, peut cependant donner lieu à des résultats très satisfai¬
sants. A la fin de la séance, M. Tyman distribue comme jeton de
présence, une série de photographies de Sous bois d’un effet très
artistique.
'o mj»i i»j» <■!*» i»j»> i»li i»1*i <»1» fl* i»!» i»j»i *j*i i»j*i *l*i i»!»' c
lRappo^b sût* la ct*éatioD
D’UH 1VIUSÉE DE PHOTOGRAPHIES DOCÜ|VIEHTAlRES
présenté à V Assemblée générale, du 20 novembre 1898
par M. Léon Roland
i j’ai l’honneur de figurer à l’ordre du
jour de cette assemblée générale, je
le dois certes, en partie, au retentis¬
sant procès qui, depuis trop de mois
déjà, agite nos voisins d’outre-Quié-
vrain, car c’est au moment où l’on dis¬
cutait le plus dans la presse la valeur du fameux document que
notre sympathique secrétaire général, inspiré sans doute par une
association d’idées bien naturelle, m’a chargé de vous présenter un
rapport sur les Documents photographiques.
Sa lettre m’a surpris à la campagne, dépourvu des documents
nécessaires pour réaliser cette tâche, que j’ai cru néanmoins devoir
accepter parce que le premier, à la Section de Liège, j’ai défendu
et applaudi l’initiative des fondateurs du Musée de Photographies
Documentaires, de Paris.
Ma seule crainte, en me faisant l’avocat de cette cause, bonne,
mais peu goûtée, est de la compromettre et je ne me serais pas
permis de la plaider si je n’avais escompté la confraternelle indul¬
gence de mon auditoire !
D’ailleurs, qui fait ce qu’il peut, fait ce qu’il doit, et tous, nous
— 698 —
devons avoir à cœur, chacun selon nos forces, d’apporter notre
petite pierre cà l’œuvre que poursuit notre Association : « Faire
respecter la Photographie en prouvant ses moyens et son utilité ! »
Les uns, et j’accorde que ce sont les mieux doués, le font en contri¬
buant par des chefs-d’œuvre à rehausser les expositions d’art que
nous organisons; les autres, curieux d’analyser les phénomènes
physiques et chimiques de la lumière, collaborent aux articles scien¬
tifiques de notre Bulletin, si apprécié à l’étranger; enfin, les troi¬
sièmes, qui sont les plus nombreux, qui ne cherchent dans la pho¬
tographie qu’une distraction et un délassement à des labeurs plus
ardus, pourraient se rendre utiles en s’adonnant au document,
lequel n’exclut nullement le côté artistique ou scientifique.
Mais qu’entend-on par document?
Document vient du latin docere, enseigner — ce qui instruit; or,
tout étant dans tout, le moindre objet peut instruire. « Il n’est point
de petite chose dont il ne vaille la peine de se souvenir, » dit
S. Smiles, « il n’en est point, quelque indifférente qu’elle paraisse,
dont on ne puisse, en l’interprétant avec soin, tirer quelque utilité. »
Donc la représentation exacte de tous les objets qui nous entou¬
rent, de tout ce qui constitue notre vie matérielle, disons mieux,
notre civilisation actuelle, mérite d’ètre conservé par l image et
pourra profiter à nos descendants.
Cette définition du document que je donnais il y a deux ou trois
ans à la Section de Liège m’a valu de la part d’un collègue plus spi¬
rituel que documentaire une série d’épreuves très réussies de
poteaux télégraphiques, peu esthétiques, je l’avoue, qui bordent, en
la gâtant, la vieille route de Polleur à Spa. Mais qui vous dit que ce
document photographique, s’il tombe un jour sous les yeux d’un
ingénieur de l’avenir, je n’ose espérer sur ceux de notre siècle, ne
lui suggérera pas l’idée de modifier la forme de ces poteaux et même
de les supprimer?
L’art (du paysage) devra ce jour un peu de gratitude au docu¬
ment !
Qui vous dit que la photographie d’un faux col ne peut avoir dans
les temps prochains un effet que ma perspicacité ne prévoit pas, et,
ne riez pas, je vous prie, de la trivialité de mon évocation, car un
— 699 —
rien intelligemment observé provoque parfois des conséquences
importantes. N’est-ce pas en se promenant dans son jardin, par une
matinée d’automne et en y apercevant une toile d’araignée couverte
J Casier.
Maisor) à Lisieux
de rosée, suspendue en travers du chemin, que sir Samuel Brown
eut l’idée de construire un pont en fils ou chaînes de fer, ce qui lui
valut d’être l’inventeur du pont suspendu !
Il me paraît donc qu’un document, même banal et insignifiant,
est respectable.
700 —
Il est inutile, je suppose, d’insister sur la valeur du document
architectural ou archéologique.
La meilleure des descriptions écrites ne vaut pas une représenta¬
tion iconographique, constituant un reflet immédiat de l’objet lui-
même.
Les archéologues les plus distingués l’admettent et c’est ce qui
faisait dire à Emile Burnouf en 1880, dans un savant article de la
Revue des Deux Mondes :
« Ni les villes, ni les Etats ne sont éternels, un jour à venir il
ne restera plus rien de l’antiquité. »
Nous n’avons qu’un seul mo}ren d’en donner au moins le souvenir,
c’est de le publier par la photographie et par tous les procédés que
la presse met en nos mains.
Pour les êtres animés la photographie documentaire est appelée
à perpétuer la vie.
Le spectacle de notre vie publique et privée d’aujourd’hui, grâce
à elle, sera fixé et pourra être légué dans toutes ses manifesta¬
tions et avec une authenticité indéniable, à nos descendants.
Ne croyez-vous pas, Messieurs, qu’il serait intéressant de possé¬
der un instantané de l’entrée de Godefroid de Bouillon à Jéru¬
salem?
Eh bien, nous, nous aurons à transmettre à la génération future
celle de l’entrée de Guillaume IL
Voyez la reproduction des fêtes franco-russes qui constituent une
page d’histoire, et sans remonter aux Croisades, comparez-les aux
fêtes du second Empire que l’illustration a perpétuées.
Ne croyez-vous pas que l’imagination frappée du dessinateur ne
nous rend qu’une très fausse et très subjective impression de ces
scènes?
Et, à plus forte raison, si nous possédions des souvenirs photo¬
graphiés de tous les faits qui ont marqué la Révolution française et
le premier Empire, au lieu des images de haute fantaisie qui, en se
perpétuant, consolident des légendes, n’aurions-nous pas une vision
bien plus nette, bien plus logique de cette époque ?
Dans un désir de vérité, je ne désespère pas de voir bientôt les
journaux relater entièrement par le document photographique les
701 —
faits divers qu’ils décrivent chacun à leur manière, suivant le tempé¬
rament des reporters.
Que de discussions et d’interprétations évitées s’ils étaient rédi¬
gés au mo\ en de clichés empêchant d’altérer l’exactitude des scènes
reproduites, à moins cependant que de peu scrupuleux journalistes
n emploient le même cliché pour des faits variés, comme cela se fait
déjà pour les réclames.
Tout donc, je le répète, est documentable.
Et quel est celui d entre nous, voire les plus récalcitrants, qui ne
documente pas sans le savoir ?
Qui n a, de \oyage, rapporté ou acheté la photographie des
monuments ou
des sites qui
l’ont charmé?
Ces albums
que chacun de
nous possède
et dans les¬
quels nous re -
cueillons les
images de nos
parents, de nos
amis, ne con¬
stituent-ils pas
un musée in¬
time documentaire, musée vers lequel, à de certaines heures de la
a ie, nous recourons avec une douce émotion et un douloureux
orgueil de revivre des moments passés avec les disparus...!
Mais ces documents multiples qui éclosent journellement sous la
pression de milliers d’obturateurs restent éparpillés et perdus pour
les savants, les artistes, les historiens, les éditeurs, pour tous les
tra\ ailleurs de 1 avenir qui pourraient en faire ressortir un enseigne¬
ment quelconque.
Certes, les progrès réalisés en phototypographie permettent
1 emploi d un certain nombre de clichés qui trouvent leur place
dans des revues scientifiques ou de vulgarisation. Mais le ralliement
50
M. Vanderkindere.
— 702 —
de ces documents, dus à l’action graphique de la lumière, offre
d’énormes sacrifices de temps et d’argent aux savants et aux édi¬
teurs qui désirent les employer, et c’est ce qu’a si bien compris
M. Léon Vidal se faisant le promoteur du Musée de photographie
documentaire installé à Paris depuis le 9 mai 1894 et qui a son siège
provisoirement à. l’Hôtel du cercle de la Librairie, boulevard Saint-
Germain, 117, à Paris.
M. Vidal, avec cette ardeur et cet enthousiasme qu’il apporte à
tout ce qui regarde la photographie, a su intéresser à l’idée d’un
musée, et est parvenu à grouper, pour l’établir, un certain nombre
d’esprits distingués qui ont constitué un conseil directeur que pré¬
side M. le colonel Laussedat, de l’Institut.
Le but est de réupir, classer et conserver les épreuves photogra¬
phiques documentaires de toute nature, ainsi que leurs dérivés,
épreuves sur papier, sur verre, planches de photographie, de typo¬
graphie, etc.
Grâce au musée, une foule de documents voués à la destruction
ou tout qu moins à l’éparpillement, seront désormais groupés, con¬
servés au très grand avantage des savants et surtout des éditeurs,
qui trouveront des éléments précieux pour l’illustration de leurs
publications.
Le musée fonctionne et possède, à l’heure actuelle, plus de
15,000 documents catalogués d’après la méthode décimale de
Melvil-Dewey qui a été décrite dans le Bulletin , et qu’a ratifié
l’Union internationale de photographie à sa Session de Liège en
août 1896.
Ce musée, pour porter tous ses fruits, devrait être consacré par
l’Etat. M. Vidal espère obtenir le transfert de la collection des pho¬
tographies documentaires au Conservatoire national des arts et
métiers, où elle deviendrait un service public. Ce serait le seul
moyen d’en assurer la pérennité et l’utilité, car il ne suffit pas de
réunir des documents, il faut encore s’en occuper d’une façon inces¬
sante et en organiser le recrutement, en usant de tous les moyens
d’action dont dispose une administration de l’Etat.
En même temps que se fondait ce musée, une publication pério¬
dique sous le titre de Bulletin de F Association des photographies
— 70.3 —
documentaires se publiait pour compléter utilement l’œuvre du
musée !
Ce bulletin s’est occupé jusqu’ici particulièrement de la classifi¬
cation des documents, et ce travail a été admirablement fait par
M. J. ’S allot qui, je le répète, a approprié la classification décimale
avec une très heureuse habileté au Musée du boulevard Saint-
Germain.
Mais si l’œuvre conçue par M. Vidal de constituer, maintenant
que la photographie existe, les
archives permanentes du pré¬
sent au profit de l’avenir, est
reconnue comme indispensable,
elle ne doit pas être localisée,
mais rendue universelle.
La France n’est pas l’huma¬
nité. Tous les peuples ont leur
civilisation propre dont les ma¬
nifestations reproduites offri¬
ront autant d’intérêt au pro¬
grès et à la vérité.
La Belgique doit donc aussi
avoir son musée de photogra¬
phies documentaires, et c’est à
l’Association si puissante et si
laborieuse qu’il incombe de le
créer, quitte un jour à le lé¬
guer au gouvernement qui,
reconnaissant Futilité de l’œu-
' re> ^era acte d intelligence et de prévojrance à la patronner.
Je sais, Messieurs, qu’il est plus facile d’émettre un vœu que de
le réaliser et je ne me fais aucune illusion sur les difficultés maté¬
rielles que rencontreront ceux qui voudraient s’y dévouer.
Le recrutement d épreuves et de clichés pour ce musée que je
voudrais voir instituer par l’Association sera laborieux, car comme
me 1 écrivait, il y a un an, M. Léon Vidal lui-même :
« Les amateurs, d’une façon très générale, se soucient fort peu
de contribuer à des œuvres utiles.
— 704 —
« Ce ne sera qu’avec beaucoup de patience et graduellement qu’il
nous sera possible de faire entrer dans les mœurs des photographes
amateurs ou professionnels, la pensée d’effectuer dans une collec¬
tion documentaire, celles de leurs œuvres offrant quelque intérêt au
point de vue scientifique, artistique, historique, etc.
« Cette accumulation de documents semble pour le moment d’une
utilité fort relative, si l’on n’a en vue que l’heure présente; mais
laissons passer là-dessus quelque dix ou vingt années et vous verrez
ou, si vous préférez, nos descendants verront combien l’intérêt se
sera accru, et combien on comprendra et appréciera l’utilité d’une
pareille collection.
« Nous avons précisément à lutter contre ce que l’on peut consi¬
dérer comme une absence d’utilité immédiate et la plupart des ama¬
teurs se croient fort peu tenus vis-à-vis d’une postérité même pro¬
chaine. »
C’est là une erreur, pour ne pas dire une faute, d’égoïsme d’autant
plus grand que le sacrifice demandé est mince ; que de peu de
valeur et de frais serait le don de quelques épreuves et combien
elles prennent d’importance ajoutées à d’autres, venant compléter
des collections spéciales, des monographies!
Que de clichés, enfouis dans des greniers et qui, catalogués,
exhumés, trouveraient leur emploi !
Pourquoi chaque amateur un peu sérieux, à l’article de la mort,
n’inscrirait-il pas dans son testament qu’il lègue ses collections au
musée, au lieu d’en embarrasser ses héritiers?
Ce qui arrête aussi beaucoup d’amateurs, c’est le manque de
confiance qu’ils ont encore, non sans quelque raison, en l’inaltéra¬
bilité des documents photographiques.
Il est évident que nous n’arriverons pas à transmettre à nos des¬
cendants, à la 10e génération, une épreuve au sel d’argent.
Mais il en est d’autres, et ce sont celles-là qu’il faudra surtout
rechercher, qui, obtenues avec des encres d’imprimerie indélébiles
offriront une stabilité aussi grande que les documents écrits.
Les épreuves au platine, au charbon, beaucoup de clichés mêmes
pourront se conserver assez longtemps pour porter leur fruit, c’est-
à-dire pour servir aux savants, aux historiens futurs qui viendront
les consulter et qui, en les reproduisant pour leurs travaux, leur assu¬
reront la perpétuité et, de cette façon, si pas tout ce qu’une généra¬
tion de photographes aura réuni sera sauvé, le plus important au
moins contribuera à l’éducation de nos descendants éloignés.
Ce sera d’ailleurs au comité de réception à apprécier si le docu¬
ment à enregistrer offre quelque chance de conservation.
J’ajouterais même que si une pièce s’efface avec le temps, elle
contribuera peut-être à produire un nouveau Champollion.
N’est on pas aussi parvenu à faire revivre la première écriture
des palimpsestes?
Enfin, n’oublions pas que le Musée de photographies documen¬
taires est ou sera bien plus une bibliothèque qu’un musée.
Les documents photographiques y sont non pas exposés, mais
classés, répartis par casier, méthodiquement catalogués, occupant
ainsi un espace infiniment moins grand que s’ils étaient étalés sur
une surface plane, sans compter qu’ils seront à l’abri des agents
destructeurs : la lumière et l’air.
Le temps seul décidera de l’exactitude de mes pronostics.
Je ne sais, Messieurs, si les quelques considérations assez décou¬
sues que je viens d’avoir l’honneur de vous soumettre, vous auront
convaincus, comme je le suis, de la nécessité de créer le Musée de
photographies documentaires belge.
Dans ce cas ce musée, qui, pour son organisation, devrait être
calqué sur celui de Paris, afin que, si ces institutions se généralisent,
elles aient toutes une uniformité de direction et un catalogue com¬
parable, pourrait encore, avec la collaboration de toutes les sections,
réunir un ensemble bien complet de tout ce qui a été photographié
en Belgique, depuis que Niepce et Daguerre ont doté l’art et la
science de ce merveilleux moyen de copier la nature.
LTn triage sérieux dans cette grande quantité de documents cons¬
tituerait un édifice national iconographique de grande valeur.
Et nous aurions acquis la reconnaissance de nos successeurs
tout en confirmant l’exactitude de cette parole de M. Janssen, qui
résume la raison d’être du .Musée de photographies documentaires,
que la photographie noue la chaîne des phénomènes à travers le
temps, comme l’écriture noue la chaîne des pensées et des senti¬
ments à travers les âges.
SUR L’EJVTPLOI
des Amines comme Succédanés des Alcalis
dans les Développateurs alcalins
Par MM. LUMIÈRE Frères et SEYEWETZ
- A/V- • AfV -
1° Emploi des amines grasses.
es amines de la série
grasse proviennent,
comme on le sait, du
remplacement de l'hy¬
drogène de l’ammonia¬
que par des radicaux de
carbures gras, tels que
CH3, CHP, C5H7, etc-
Ces substances jouis¬
sant, comme l’ammoniaque dont elles dérivent, de très fortes
propriétés basiques, nous avons pensé qu’elles pourraient jouer le
rôle d alcali dans les développateurs alcalins. Nos prévisions ont
été en effet confirmées par l’expérience, et nous avons reconnu que
ces substances se comportaient à l’égard des développateurs alca¬
lins comme de véritables alcalis caustiques.
lousnos essais ont été faits comparativement avec l’ammoniaque,
afin de voir si les amines grasses, qui présentent tant d’analogies
avec cette base, se comportent comme elle vis-à-vis des dévelop¬
pateurs alcalins.
707 —
Nous avons constaté que, dans aucun cas, sauf avec l’acide pyro¬
gallique (1), l’ammoniaque ne pouvait être utilisée pratiquement
comme succédané des alcalis caustiques ou carbonatés pour le
développement de l’image latente; car, par suite de sa propriété de
dissoudre le bromure d’argent, non seulement l’ammoniaque donne
toujours naissance à un fort voile dichroïque, mais en outre l’image
ne monte pas et reste peu intense, quelle que soit la durée du déve¬
loppement.
Les amines grasses se comportent vis-à-vis des révélateurs alca¬
lins, comme nous le verrons plus loin, d’une façon tout à fait diffé¬
rente de l’ammoniaque et donnent dans le développement des
résultats qui seraient très intéressants si ces substances ne possé¬
daient une odeur désagréable, qui est, croyons-nous, une cause
suffisante pour qu’elles ne trouvent aucun emploi dans la pratique.
Développateur à l'hydroquinone. — Nous avons étudié l’action
des amines grasses, mono, di et trisubstituées, employées à la place
des alcalis dans le révélateur à l’hydroquinone. Nous avons constaté
que la monométhy lamine NH-(CH3) ou la monoéthy lamine
NH’(C H’) agissent avec une très grande énergie sur le révélateur
à l’hydroquinone. Ainsi, avec 1/2 cc. de la solution commerciale à
33 % dans 100 cc. de bain, on obtient déjà un révélateur très éner¬
gique, mais, dans tous les cas, il se produit du voile dichroïque, et
celui-ci est d’autant plus marqué que la proportion d’amine est
plus grande.
La diméthylamine NH(CH3)1 2 agit avec un peu moins d’énergie
que l’amine monosubstituée, mais provoque néanmoins très rapide¬
ment le développement en donnant à dose faible des images très
vigoureuses. Pourtant elle a des tendances à donner du voile
dichroïque.
La triméthylamine N (CH3)3 est la seule des trois méthylamines
qui ne donne pas de voile dichroïque. Les images développées sont
très pures. Son action est un peu moins énergique, à dose égale,
(1) On sait qu’avec le développateur à l’acide pyrogallique, l'ammoniaque
ne peut être employée qu’à une très faible dose, sans quoi on obtient du voile
dichroïque.
que celle de la mono et de la diméthylamine, mais en augmentant la
proportion de triméthylamine, on arrive à obtenir sensiblement la
même énergie qu’avec les autres méthylamines.
En augmentant la proportion de Iriméthylamine jusqu’à 10 cc.
de solution commerciale à 33 % pour 100 cc. de développateur à
l’hydroquinone,,on obtient un révélateur très énergique donnant
des effets comparables à ceux que fournit le paramidophénol et de
beaucoup supérieurs à ceux que donne l’emploi des alcalis caus¬
tiques, et cela sans altérer sensiblement la couche gélatinée ni pro¬
duire sur l’épiderme cette impression désagréable qui est caracté¬
ristique des alcalis caustiques.
^ oici la formule du révélateur à l’hydroquinone et aux amines
grasses qui nous a paru donner les meilleurs résultats :
Eau . 1.000 gr.
Hydroquinone . 8 gr.
Sulfite de soude anhydre . 35 gr.
Solution de triméthylamine à 33 °/0 . . 100 cc.
Développaient' à l'acide pyrogallique. — Les amines grasses
ajoutées à la place des alcalis dans le révélateur à l’acide pyrogal¬
lique produisent des effets à peu près analogues à ceux qu’elles
donnent avec l’hydroquinone. Pourtant les résultats sont encore
plus intéressants, car on obtient ainsi avec ce révélateur une énergie
beaucoup plus grande qu’avec les carbonates alcalins, et cela sans
production de voile, si l’on emploie la triméthylamine. De plus, la
solution développatrice n’est pas plus colorée qu’avec les carbo¬
nates alcalins.
Ce résultat est surtout intéressant parce que l’on ne pouvait
jusqu’ici, sans produire de voile, introduire de l’alcali caustique
dans le révélateur pyrogallique. Les amines grasses augmentent
le pouvoir réducteur et paraissent jouer véritablement le rôle
d’alcali caustique.
Voici la formule du révélateur à l’acide pyrogallique et amines
grasses qui, déterminée à la suite d’essais méthodiques, nous a paru
donner les meilleurs résultats :
Eau . . . 1.000 gr.
Sulfite de soude anhydre . 30 gr.
Acide pyrogallique . 10 gr.
Solution de triméthy lamine à 33 %. . . 00 cc.
Développateur au paramidophénol . — En remplaçant par les
amines grasses la lithine caustique, qui est l’alcali dissolvant le
mieux le paramidophénol, on obtient des résultats particulièrement
intéressants, car jusqu’ici
on n’avait pu trouver au¬
cun succédané des alcalis
caustiques pour ce révéla¬
teur, le paramidophénol
n’étant que peu ou pas
soluble dans les solutions
des corps utilisés jusqu’ici
avec les autres révélateurs
comme succédanés des
alcalis.
Par contre, le paramido¬
phénol se dissout très faci¬
lement dans les trois mé-
thylamines, et sa solubilité
va en décroissant de la
monométhylamine à la tri-
méthylamine.
Ce fait est d’autant plus
curieux à signaler que le paramidophénol n'est pas sensiblement
soluble dans /’ ammoniaque.
Les solutions se conservent aussi bien que dans la lithine caus¬
tique, et l’on peut obtenir un révélateur plus énergique qu’avec cet
alcali.
La monométhylamine employée à faible dose donne de bons
résultats, mais avec une dose supérieure à 1 cc. de solution à 33 %
pour 100 cc. de révélateur, on obtient du voile dichroïque.
La diméthylamine se comporte d’une façon analogue au dérivé
M. Hanssens.
Portrait de JVI. B. P.
- 710 -
monosubstitué, sauf que pour produire les mômes effets, il faut une
quantité plus grande de substance.
C’est encore la triméthylamine qui donne, avec ce révélateur, les
meilleurs résultats. Employée en quantité suffisante, elle donne des
images très intenses, plus vigoureuses, que celles fournies dans les
mômes conditions par la lithine caustique.
Voici la formule de révélateur donnant les meilleurs résultats :
Solution de sulfite de soude saturée . 1.000 gr.
Paramidophénol base . 10 gr.
Solution commerciale de triméthylamine à 33 % . 150 cc.
Emploi de différentes amines grasses. - Nous avons essayé de
substituer aux alcalis, outre les méthylamines , les éthylamines , qui
se comportent d’une façon analogue aux premières, ainsi que toute
une série d’autres amines homologues : les propylamines, les baty-
lamines, amylamines, etc. Toutes ces substances agissent comme
alcalis, mais à un degré moindre que les amines les plus simples;
en outre, elles donnent toutes des voiles dichroïques plus ou moins
intenses lorsqu’on ne les emploie qu’à très petite dose.
Comme type des diamines grasses, nous avons essayé Y éthylène
CH2— NH2
diamine i qui, tout en se comportant également comme
NH2 —CH ^ 8
un alcali, a donné des résultats notablement inférieurs à ceux fournis
par les méthyl et éthylamines.
Citons enfin l’action d’une amine grasse possédant une substitu¬
tion aromatique : la benzylamine NH2 — CH'2 — C6H6. Cette subs¬
tance, ajoutée à un révélateur alcalin, ne permet d’obtenir qu’une
image très faible. La présence du groupement aromatique paraît
donc avoir détruit presque totalement la propriété de pouvoir pro¬
duire le développement.
2° Emploi des amines aromatiques.
Nous avons également essayé de remplacer les alcalis dans les
divers révélateurs par les amines aromatiques qui proviennent,
comme on le sait, de la substitution des radicaux de carbures aro¬
matiques à l’hydrogène de l’ammoniaque.
— 711
Les amines que nous avons expérimentées sont les suivantes :
aniline, toluidines, xylidines, monométhyl et diméthyl aniline,
mono et diéthyl aniline, diphény lamine, métaphénylène dia-
mine, etc.
Aucune d'elles n’a pu jouer le rôle d’alcali, et bien que plusieurs
d’entre elles soient des bases énergiques, le développement ne s’est
produit dans aucun cas. Les amines aromatiques ne peuvent donc
pas remplacer les alcalis dans le développement.
Conclusions. — En résumé, on voit que les amines grasses seules
se comportent comme de véritables alcalis vis-à-vis des révélateurs
alcalins.
Leur action est d’autant plus énergique qu’elles sont substituées
par des radicaux plus simples et que le nombre des substances est
moins considérable.
Contrairement à ce que l'on pouvait prévoir, elles agissent
d'une façon toute différente de l'ammoniaque.
Leur action est non seulement très intéressante dans les révéla¬
teurs à l’hydroquinone et à l’acide pjTogallique, mais aussi dans le
révélateur au paramidophénol pour lequel les divers succédanés des
alcalis proposés jusqu’ici n’avaient pu recevoir d’application, le
paramidophénol étant à peu près insoluble dans leurs solutions.
Dans les amines grasses, au contraire, le paramidophénol se
dissout très bien et peut fournir des révélateurs d’une énergie plus
grande qu’avec la lithine caustique.
Malheureusement, ainsi que nous l’avons fait remarquer plus
haut, l’odeur fort désagréable que possèdent ces substances limitera
beaucoup leur emploi. Malgré cet inconvénient, nous avons tenu à
donner les meilleures formules de développement avec ces corps
pour les cas spéciaux où l’on aurait à utiliser leurs propriétés
réductrices si énergiques.
✓
ans toute installation pour agran¬
dissement, l’écran sur lequel se fait
la mise au point, fait partie du maté¬
riel nécessaire.
En général, on assure le parallé¬
lisme de cet écran avec le phototype à agrandir, en l’appliquant
sur un chevalet mobile monté sur rails, lesquels sont fixés soit sur
le sol, soit sur une longue table.
De là, un matériel très encombrant, surtout pour les agrandis¬
sements de grand format.
Cette complication disparaît avec l’écran que j’ai imaginé, non
seulement pour résoudre plus pratiquement cette difficulté du paral¬
lélisme, mais encore et surtout pour obtenir plus commodément et
plus sûrement une mise au point rigoureuse de l’image dans toutes
ses parties ou dans une partie seulement.
Cet écran représenté ci-contre se compose de quatre parties :
1° Une petite table de forme rectangulaire portant sur les deux
petits côtés, et à quatre centimètres du bord supérieur, deux glis¬
sières à galets ;
2° Un chariot roulant sur ces glissières et portant un cadre fixe
maintenu vertical par deux contreforts.
— 713 —
Contre ce cadre vient s’appliquer, soit
3° Un cadre avec un verre dépoli de 0m,55 X 0m,55;
4° Soit une planche à dessiner ayant exactement les dimensions
de ce cadre, notamment la même épaisseur.
>
La manœuvre de cet appareil est des plus simples.
Soit un phototype à agrandir à un format déterminé :
Le centre de l’objectif est amené à la distance voulue du photo¬
type, distance facile à déterminer à l’aide du tableau suivant, dans
lequel F représente le foyer de l’objectif employé :
— 714 —
Agrandissement.
1 fois.
3,0 —
3.5 —
4,0 —
4.5 —
5,0 —
Distance du phototype
au centre de l’objectif.
2 F
F 4 2/3 F
F + 1/2 F
F + 2/5 F
F + 1/3 F
F 4 28/100 F
F 4 1/4 F
F 4 22/100 F
F 4 1/5 F
Exemple : D un photot}rpe 8 X 9 on désire faire un agrandisse¬
ment égal à 3 fois ces dimensions 8X9? soit une image de
0m,24 X 0m,27, à l’aide d’un objectif de 0m,25 de foyer.
Dans ce cas, la distance entre le phototype et le centre de
l’objectif sera F 44, c’est-à-dire 0"\25 4 — ^ = 0,33.
Avec un objectif de 0m,15 de foyer cette distance serait
f)m ] K
0m,15 4 3~ = 0m,20.
L’objectif étant arrêté à la distance indiquée, l’écran muni du
cadre avec verre dépoli est transporté en avant de l’objectif et
déposé à l’endroit où l’image entière vue par transparence appa¬
raît avec une netteté approximative. En manœuvrant ensuite le
chariot portant le verre dépoli, on arrive immédiatement et sans
hésitation à la netteté désirée en s’aidant, au besoin, d’une loupe
pour une mise au point rigoureuse.
L’image étant vue dans toutes ses parties, il est aisé, en dépla¬
çant 1 écran à volonté, d’obtenir la netteté de l’image entièrement
ou en partie seulement.
Dans le premier cas, la glace dépolie sera évidemment parallèle
au phototype à agrandir.
La mise au point faite, le chariot est rendu immobile à l’aide
d’une vis qui le serre contre la table.
Pour augmenter la stabilité de celle-ci, il est bon de déposer un
objet assez lourd sur la planche du bas.
715 —
Le cadre avec verre dépoli est enlevé et remplacé par la planche
à dessiner dont l’épaisseur est exactement identique à celle du cadre
du verre dépoli.
Celui-ci étant encadré de telle façon que la face dépolie du verre
dépasse d’un demi-millimètre l’épaisseur du cadre, il en résulte que
le papier sensible fixé sur la planche à dessin se trouvera exacte¬
ment à la place de la face dépolie du verre.
Les figures ci-contre me paraissent suffisamment claires pour me
dispenser de les décrire plus amplement.
Il est évident que l’on peut varier à son gré les dimensions de cet
écran. Celui qui est représenté ci-contre sert pour le travail fait
debout.
L’opération des agrandissements étant terminée, cet écran qui
tient peu de place est remisé dans un coin où il ne gêne nullement
l’opérateur; ou bien encore, on enlève simplement le chariot et l’on
dispose d’une petite table très pratique dont on trouve facilement
l’emploi dans un laboratoire photographique.
E. Olivier.
Tonp pépia pour1 2 ÉpfeuVep puf papier
Éo Baekeland
N 1888, j’ai men¬
tionné pour la
première fois
une méthode
pour virer , à
1 aide d un mélange d hyposulfite et d’alun, les épreuves obtenues
par développement (1). En 1890, MM. Détaillé, frères, ont
publié au Bulletin de l'Association Belge de Photographie (2), les
résultats de quelques expériences chimiques très intéressantes de
ce procédé de virage, tout en rappelant aimablement mes travaux
antérieurs. Grâce à des expériences méthodiques, ils ont pu
démontrer, sans doute possible, que l’action de ce mélange d’alun et
d hyposulfite de soude est due à une sulfuration. Dans un tel
mélange, le soufre est lentement rendu libre; en fait, la lenteur est
telle, qu ila faudrait des mois et même des années pour que la réac¬
tion fût complète. Mais si, par contre, on fait bouillir la solution,
1 action chimique est beaucoup accélérée et après quelques heures,
tout le soufre sera mis en liberté. Le précipité blanc, dans ce
(1) Yoy. Bulletin , 1889, n° 1, p. fi.
(2) Yoy. Bulletin , -1890, n° 4, p. 336.
— 717 —
mélange, contient une grande proportion d’hydroxyde d’alu¬
minium, qui n’a aucune action sur l’argent métallique, et le seul
agent actif dont il y a lieu de tenir compte ici est le soufre. Si
l’hyposulfite et l’alun ont été portés à l’ébullition pendant plusieurs
heures et que l’on filtre ensuite, le liquide clair aura perdu
toutes ses qualités de virage, par la raison bien simple que,
tout le soufre ayant été précipité, toute sulfuration subséquente
est impossible.
Lorsque j’ai essayé ce procédé de virage à l’hypo-alun, je n’ai
jamais pensé le voir mis en pratique, et je le considérai plutôt
comme une curiosité chimique, parce que le temps qu’il fallait
pour virer une épreuve était trop long. De plus, je n’accor¬
dais pas beaucoup de permanence aux épreuves ainsi virées.
Quelques années plus tard, j’appris qu’une firme américaine, dont
la spécialité est l’agrandissement au bromure, avait mis en pratique
ce procédé et qu’elle obtenait par là des agrandissements aux tons
sépia très agréables. Afin de réduire la durée du virage, elle
employait une solution très chaude. Depuis lors, le virage à l’hypo-
alun est devenu plus fréquent et beaucoup de photographes
l’emploient régulièrement. La plupart d’entre eux préfèrent user
d’une solution tiède plutôt que chaude parce que, si l’action est
plus lente, les résultats en sont néanmoins plus satisfaisants.
Tous les papiers au bromure et le Velox peuvent être virés dans
un bain chaud d’hypo-alun. Je ne crois pas que ces épreuves soient
aussi permanentes que les épreuves noires non virées. Mais je sais
que ces tons sont plus durables que ceux obtenus par le virage à
l’urane.
Afin d’expliquer pourquoi les épreuves au bromure virées à
l’hypo-alun peuvent être plus permanentes que si elles étaient faites
sur un papier d’argent à noircissement direct, je ne puis que
répéter l’opinion que j’ai émise en 1895 dans une lecture faite
devant la Société des Amateurs photographes de New-York :
« L’argent précipité par le développement dans l’image d’une
épreuve au bromure ou d’une plaque au bromure, est d’une
nature toute différente de celui d’un papier à noircissement direct.
Si nous examinons au microscope une épreuve ou une plaque au
51
— 718 —
bromure, nous trouvons que l’image est composée d’une multitude
de petites particules d’argent, très distinctes de formes et de
grandeur mesurable. Si nous observons, par contre, sous le même
grossissement une épreuve à noircissement direct, nous ne par¬
venons pas à observer de particules d’argent. Toute l’image
semble formée de particules d’argent si petites, qu’elles appa¬
raissent plutôt comme un corps homogène. J’ai quelque doute sur
le point de sa¬
voir si l’image
d’argent noir¬
cie dire cte-
ment, peut
être en rien
comparée à
une image dé
veloppée.
« Tandis
que nous som¬
mes certains
que dans une
épreuve au
bromure ,
l’image est for¬
mée de particules d’argent pur précipité, il est plus que probable
que dans le papier à noircissement, le procédé de réduction n'est
pas aussi radical, et ce qui est appelé communément une image
d’argent pour le papier à l’albumine, à la gélatine ou au collodion,
n’est rien de plus qu’un composé d’argent organique noirci ou
produit par la décomposition partielle du composé primitif d’argent
chloro-organique. Si cette image était pareille à celle du bromure,
le fixage complet dans l’hyposulfite devrait donner une épreuve
ayant le même degré de permanence à peu près que celle obtenue
sur du papier au bromure, et l’expérience démontre que tel n’est
pas le cas. Mais le procédé de dorure — c’est-à-dire de virage à l’or
— (ou même au platine), ne rend pas cette épreuve aussi perma¬
nente qu’une épreuve au bromure (1). La conclusion naturelle est
Cli. Masson.
Glacier» de Bôjum (Norvège)
— 719 —
que l’image obtenue par noircissement, n’est pas de l’argent pur,
ou si elle contient une certaine quantité d’argent métallique libre,
il existe là sous une modification allotropique spéciale susceptible
assez facilement d’être affectée par les substances chimiques, de
telle sorte que l’épreuve se décolore. »
Le mode d’emploi le plus pratique du bain d’hypo-alun est le
suivant :
Les épreuves doivent d’abord, comme d’habitude, être fixées dans
un bain froid ordinaire d’hypo-alun acide et passées ensuite dans le
bain de virage-sépia suivant :
Hyposulfite de soude .... 300 gr.
Alun en poudre . GO gr.
Eau bouillante . 1.500 c. c.
Dissolvez d’abord l’hyposulfite dans l’eau et ajoutez ensuite len-
tement l’alun. Lorsque tout est dissous, la solution sera laiteuse. Il
ne faut pas la filtrer. Elle travaille mieux lorsqu’elle est un peu
vieille. On peut la renforcer de temps à autre en ajoutant de la
solution fraîche, mais ne jetez jamais la vieille solution.
Les résultats les plus rapides sont obtenus dans un bain maintenu
chaud ; la pellicule peut supporter une température de 50° à 60° C.
Dans ce bain, les épreuves au bromure et sur Velox se vireront en
10 ou 30 minutes. Le Velox se vire plus facilement que le bromure et
les émulsions lentes au bromure se virent mieux que les émulsions
rapides.
Si le bain est froid, il faudra peut-être plusieurs jours avant que
le virage soit achevé, mais les tons seront plus agréables.
Lorsque le bain est frais, il aura une tendance à affaiblir un peu
les épreuves; cette tendance diminuera avec l’âge du bain. On peut
améliorer les nouvelles solutions en y mettant tremper des bandes
de papier d’argent ou en y ajoutant un peu de solution de nitrate
d’argent.
(1 de la page précédente) Une épreuve virée à l’or ou au platine pâlira bien
vite si on la laisse trop longtemps dans l’hyposulfite, tandis que chacun sait
qu’une épreuve au bromure ne serait guère altérée.
720 —
Il est bon d’ajouter de temps à autre de la solution fraîche,
afin de maintenir au bain une même composition, mais il faut que
l’ancien bain soit dominant.
Après le virage, lavez comme d’habitude et enlevez toute trace
de soufre à la surface du papier en frottant à l’aide d’une petite
éponge.
Nous recommandons aussi un fixage supplémentaire à l’hypo-
sulfite pur après avoir retiré l’épreuve du bain d’hypo-alun, parce
que l’expérience a démontré que les bains d’hypo-alun agissent le
mieux lorsqu’ils sont chargés d’argent et toute épreuve ainsi virée
retiendra des particules d’argent qu’aucun lavage ne pourrait
enlever. Le seul moyen donc de s’en débarrasser est de tremper
l’épreuve dans une solution d’hyposulfite où on la laisse quelques
minutes. Après quoi, on lave comme d’habitude.
Les épreuves au bromure et sur Velox qui ont une teinte grise
virent plus vite que celles dont les noirs sont purs ; il faut donc
chercher à obtenir ces tons gris. On peut y arriver facilement en
augmentant légèrement le temps de pose et en employant un bain
de développement plus faible avec une plus grande quantité de bro¬
mure de potassium.
(Laboratoire de la Nepera Chemical Company).
(Octobre 1898.)
(Traduit de Wilson’s Photographie Magazine.)
REVUE DES JOURNAUX PHOTOGRAPHIQUES
Photography.
(N° 523.)
Pcrsulfate d'ammoniaque. — C- II. Bothamlcy est d’accord avec les frères
Lumière pour recommander l’emploi du persulfate d’ammoniaque comme agent
réducteur. Comme il attaque plus fortement les parties opaques du cliché, on
l’utilisera chaque fois que l’on veut réduire un cliché trop dur.
En revanche, il faut s’abstenir de l’employer pour réduire un cliché surex¬
posé et voilé. Le réducteur de Farmer est indiqué dans ce cas.
Ces deux réducteurs se complètent donc, mais ils ne s’excluent pas.
M. V.
The Amateur Photographer.
(N° 733.)
Révélateurs pour diapositives.
Fornmle de Thomas.
Solution A :
Sulfite de soude anhydre
Acide citrique ....
Bromure de potassium .
Eau pour faire . . .
llydroquinone .
Solution R :
Soude caustique
Eau ....
Prenez 1 partie de A.
— 1 — de B.
— 2 parties d’eau
_ 722 _
Formule de Cadelt et Neal.
Solution A :
Acide pyrogallique . 2,5 gr.
Métabisulfite de potasse . 8 gr,
Bromure d’ammonium . 2,5 gr.
Eau distillée . • . 600 ce.
Solution B :
Ammoniaque . 10 ce.
Eau . 600 cc.
Prenez 1 partie de A.
— 1 — de B.
Tons sépias et chauds.
Formule Elliott.
Solution A :
Sulfite de soude sec . 6 gr.
Bromure d’ammonium . 0,2 gr.
Carbonate d’ammonium . 0,4 gr.
Potasse caustique . 0,3 gr.
Au moment de développer, prenez :
-A . 30 cc.
Acide pyrogallique . 0,2 gr.
Tons noirs chauds avec plaques rapides, et sépias avec plaques lentes.
Formide Marion.
Solution A :
Acide pyrogallique- . .
Sulfite de soude anhydre .
Acide sulfurique. . . .
Bromure de potassium. .
Eau .
Solution B :
Acétone .
Eau .
30 gr.
60 gr.
quelques gouttes.
2,5 gr.
600 cc.
30 cc.
600 cc.
Avec pose deux fois plus longue que pour la formule à l’ammoniaque, on
obtient des tons noirs chauds.
M. Y.
Saint-Louis and Canadian Photographer.
(N° 10.)
Photographie en couleurs. — L Amérique n’a plus rien à envier à l’Europe; elle
aussi a sa photographie en couleurs. Le malheur, c’est que le procédé que l’on
— 723
attribue à un sieur James W. Mac Donough, de Chicago, est la copie exacte du
procédé Joly, de Dublin. La seule différence que nous trouvions, c’est que l’écran
Mac Donough a de 3 à 600 lignes au pouce, alors (|ue l’écran Joly n’en a que 960.
Les États-Unis devront donc trouver autre chose.
M. V.
Anthony’s Photographie Bulletin.
(N» 8.)
Renforçage au sel de plomb pour phototypes au trait. — Après avoir développé
et lavé la plaque, on la plonge dans :
Prussiate rouge de potasse ... 69 gr.
Nitrate de plomb . 70 gr.
Eau . 689 cc.
le négatif y séjourne, jusqu’à ce que l’image soit complètement blanchie,
puis elle est noircie dans :
Sulfure d’ammonium . 30 gr.
Eau . 110 cc.
Il faut que la couche noircisse dans toute son épaisseur; on lave et l’on
éclaircit dans:
Acide nitrique . 3 cc.
Eau . 100 cc.
(N° 9.)
Reproduction de photocopies altérées, sur albumine ou celloidine. — Les
impressions jaunies ou passées sont introduites dans le bain suivant :
Solution concentrée de bichlorure de
mercure dans l’acide nitrique . . 8 cc.
Eau . 1.000 cc.
Si l’épreuve y prend une teinte pourpre violet, on la plonge dans le bain
suivant :
Chlorure double d’or et de potassium. 1 gr.
Eau . 1.000 cc.
Une autre méthode est la suivante :
Bromure de potassium . 3 gr.
Sulfate de cuivre . 6 gr.
Eau . 100 cc.
Quand l’épreuve a complètement blanchi dans ce bain, on la lave et on la
laisse sécher. Après dessiccation, on l’expose un moment à la lumière, puis
on la développe au moyen de l’oxalate ferreux ou de l’amidol. Après cette
opération, on fixe et l’on sèche. 1! est recommandable d’acidifier le révélateur
724
au moyen de l’acide tartrique ou de l’acide citrique- Par cette méthode, on peut
restaurer d’anciennes épreuves affaiblies et môme passées.
Pour enlever l’hyposiilfile de soude des phototypes. — On ajoute à une solution
concentrée de carbonate de soude, quelques cristaux d’iode, il se formera de
l’iodure de sodium qui dissout un excès d’iode.
Deux parties de cette solution concentrée sont ajoutées à 100 cc. d’eau. On y
immerge la -plaque rincée, où elle séjourne durant deux minutes. Le cliché
lavé sera complètement débarrassé d’hyposulfite A. L.
Willson’s Photographie Magazine.
(N° 496.)
Développement et fixage simultanés. — On réussit le mieux avec les plaques à
tons chauds G. B. P. R. pour projections avec la formule suivante :
A . Eau . 286 cc.
Métabisulfite de potassium ... 3,6 gr.
Orthol . 4,5 gr.
B. Eau . 400 cc.
Soude caustique . 4 gr.
Bromure de potassium .... 4 gr.
C. Eau . 560 cc.
Hyposulfite de soude . 30 gr.
Pour développer et fixer, on prend :
A . 30 cc.
B . . . 30 cc.
C . 60 cc.
L’image apparaît avant le fixage, après quelque temps, l’action du fixateur
commence; on laisse encore agir le bain durant quelques minutes après fixage
du phototype.
(N° 501.)
Une invention nouvelle. — Un inventeur australien est parvenu à adapter la
photographie et l’électricité à l’application des dessins dans les manufactures
de textiles, et, s’il faut le croire, au point de révolutionner cette importante
branche de l’industrie. On prétend que par cette méthode, un métier à tisser
demandant des mois ou même des années, pour effectuer un travail, pourra
l’effectuer en une demi-heure. Le nouveau métier électrique sera exhibé pour
la première fois à l’exposition universelle de Paris, où l’on tissera des
mouchoirs. En trois minutes, l’acheteur sera photographié, au moyen d’un
appareil se trouvant dans le métier même, la planche à dessin sera préparée
par la même machine et une demi-heure après, un mouchoir en soie sera
— 725
confectionné, portant tissé le portrait de l’acquéreur. A l’exposition jubilaire
ouverte actuellement à Vienne, on vend des mouchoirs en soie, représentant
de petits paysages et des portraits tissés d’après ce procédé. Mark Twain
et l’empereur François-Joseph ont reçu leur portrait obtenu de cette manière.
(N° 502.)
Halo. — Quand on a à développer une plaque, pour laquelle on craint le
halo, on fait usage d'une solution concentrée de rodinal. Quand tous les détails
sont venus, on renforce le phototype pour obtenir l’intensité voulue.
Un bon enduit pour couvrir le dos de la plaque lorsqu’il s’agit de photo¬
graphier des intérieurs avec fenêtres, des machines ou de l’argenterie, c’est le
rouge indien, couleur à l’eau, que l’on trouve en tubes. On peut la mélanger à
de l’alcool et la répandre ainsi au dos des plaques. On l’enlève facilement, avant
le développement, au moyen d’une éponge.
Plaques surexposées. — Un moyen préconisé consiste à plonger le photo¬
type durant une ou deux minutes dans une solution de tartrate de potasse et
d’antimoine, sel que l’on appelle ordinairement tartre émétique. Ce bain donne
de bons résultats, même si l’exposition a dépassé mille fois la pose normale.
On peut s’en servir avant ou après la pose, la plaque étant séchée préalable¬
ment, avant de commencer toute autre manipulation. Les meilleurs résultats
ont obtenus avec un révélateur à l’hydroquinone.
A. L.
Memento des Expositions
Exposition d’Art photographique, Berlin 1899.
La Freie Photographische Vereinigung et la Deutsche Gesells-
chaft von Freunden der Photographie organisent d’un commun
accord, une exposition de photographie artistique à Berlin en
fé\ riei et mars prochains. Voici le règlement de cette exposition :
RÈGLEMENT.
1. L’Exposition est exclusivement réservée aux travaux présentant un
réel caractère artistique, en même temps qu’une bonne exécution technique.
L Exposition aura lieu du 1er février au 12 mars 1899 dans les salles de
l’Académie royale.
3. Chaque épreuve doit être montée et encadrée séparément; elle doit porter
au verso le nom et l’adresse de l’auteur, l’indication du sujet, et, s’il est
possible, le prix, le procédé employé et une mention indiquant s’il s’agit
d’une reproduction directe ou d’un agrandissement.
Chaque exposant n’a droit qu’à l’envoi de huit épreuves. Les stéréoscopes
et les diapositifs sont exclus de cette Exposition.
h. Les œuvres qui ont déjà figuré à l’Exposition internationale d’amateurs de
Cei lin, 1896, 11e peuvent pas être exposées de nouveau. Aucune épreuve ne peut
être retirée avant la clôture de l’Exposition.
6. Les emplacements sont donnés gratuitement. L’envoi et le retour des
épreuves ont lieu aux frais de l’exposant.
7. La notification de la participation à l’Exposition doit être faite à il/. Franz
Goerke, Maassenstrasse , 52, Berlin, W., avant le 31 décembre 1898.
8. Les épreuves doivent parvenir au plus tard le 20 janvier. L’adresse pour les
envois est : An die Ausstellung fur künstlerische Photographie, Kgl. Kunstaka-
demie, Unter den Linden, 58, Berlin, W.
9. I n jury de cinq membres décidera de l’admission des épreuves envoyées.
Ses décisions sont sans appel.
10. La Commission de l’Exposition n’assume aucune responsabilité en cas
d incendie, mais elle prendra toutes les mesures nécessaires pour la sécurité.
727 —
11. L’Administration prêtera gratuitement ses bons offices pour la vente des
épreuves. Celles qui sont à vendre seront marquées dans le catalogue d’un *.
12. Il n’y aura pas de distribution de médailles ni de diplômes.
13. Chaque exposant recevra une carte d’entrée permanente et personnelle.
AVIS. — Les membres de l’Association qui voudraient prendre
part à cette exposition, sont priés de réclamer la formule d’envoi
au secrétaire général, 97, avenue Brugmann, à Bruxelles. Le secré¬
taire se chargera de l’expédition des formules à Berlin.
Les envois seront faits séparément par les soins de MM. Handl,
Lorel et Cie, rue de l’Angle, à Bruxelles, aux frais de l’Association.
Le dernier délai de réception à Bruxelles, est fixé au 31 décembre
1898. Tout envoi parvenu après ce délai sera retourné à son
expéditeur. On est prié d’adresser un avis d’expédition à
MM. Handl, Lorel et O et d’y joindre la liste des œuvres avec la
valeur. Cette mention est nécessaire pour les formalités en douane.
Les membres auront à supporter les frais de port de leur domicile
à Bruxelles et retour.
Programme du vingt-einquième Concours du Journal des Voyages
Premier trimestre de 1898-1899.
Le motif proposé est le suivant : Intérieur pris dans un monument célèbre.
Les motifs que nous proposerons au cours de l’année 1899 seront les suivants :
Vingt-sixième concours (2e trimestre, n° 118 du o mars). Scène d'automo¬
bilisme.
Vingt-septième concours (3e trimestre, n° 131 du 14 juin). Élude de chats.
Vingt-huitième concours (4e trimestre, n° 144 du 3 septembre). Un jeu
d'écoliers (billes, barres, saut de mouton, marelle, etc.).
Vingt-neuvième concours (1er trimestre de 1899-1900, n° 157 du 3 décembre).
Paysage de montagne.
Le programme relatif à chacun de ces concours sera publié en temps et lieu.
Nous rappelons à nos lecteurs que tout le monde, soit abonné, soit acheteur au
numéro, peut prendre part à ce concours.
Frédéric Dillaye.
Bibliographie
Las Figurenbild in der Kunslphotographie.
Sous ce titre M. Th. Hofmeister vient de publier une charmante plaquette
largement illustrée dans laquelle l’auteur expose ses idées sur le rôle que peut
jouer la figure humaine dans l’art photographique. Jusqu’ici le photographe
devait pour ses études s’en référer aux maîtres de la peinture. L’auteur a voulu
par quelques exemples qui peuvent indiquer la voie à suivre montrer les résul¬
tats que l’on peut obtenir et lions Croyons qu’il intéressera tous ceux, et ils
sont nombreux, qui estiment que le photographe peut faire œuvre d’artiste.
Pour nos lecteurs qui ont suivi les dernières expositions, la compétence
de M. Th. Hofmeister, le distingué photographe de Hambourg, ne peut faire
aucun doute.
La plaquette remarquablement illustrée a été imprimée avec luxe par l’éditeur
de Halle A. S-, M. Wilhelm Knapp, dont nous n’avons plus à faire l’éloge.
Lu Chimica fotogruficu, par le professeur R. Namias, directeur de R Progressa
folografico, de Milan. — Modène. Imprimerie Ange Namias.
L’auteur dans l’ouvrage qu’il vient de faire paraître a réuni les études
chimiques et photographiques qu’il a publiées mensuellement, d’abord dans
la Rcvisla Scienlifico-Artistica di folografxa , ensuite, dans IL Progresso foto-
grafico.
Il s’occupe spécialement dans ce volume de ce qui concerne le phototype
négatif. L’action des différentes lumières, les sels d’argent, l’image latente, les
divers procédés d’obtention des négatifs, le développement de l’image, l’ortho¬
chromatisme sont successivement étudiés et il terminepar quelques mots sur la
radiographie.
Nous pouvons dire que la littérature photographique italienne s’est enrichie
d’un excellent ouvrage qui sera consulté avec fruit.
JOLJfirjiUJX KEÇUS
Belgique.
Bulletin de l'Académie royale des Sciences, nos 9, 10.
Ciel et Terre, n° 18.
L'Objectif, n™ 52, 53.
Le Cycliste belge illustré, nos 426, 427, 428.
La Presse universelle, nos 9, 10.
Bulletin du Photo-Club de Belgique, n° 23.
Allemagne.
Deutsche Photographen Zeitung, nos 47, 48, 49.
Photographische Rundschau, n° 12.
Der Amateur-Photograph, n° 12.
Photographische Mittheilungen, nos 16, 17.
Pltotogruphischcs Centralblatt, nos 21, 22.
Pltotographisclxc Chronik, n"s 47, 4S.
Photographisches Wochenblalt, nos 46, 47, 48.
Praktischer Rathgcbcr, nos 21, 22.
Dus Atelier des Photographen, n° 12.
Die Kunst in der Photographie, n° 5.
Autriche.
Wiener freie Photographen Zeitung, n° 11.
Danemark.
Beretninger fra Dansk fotografisk Forening, n° 11.
États-Unis.
Wilson’s Magazine , n° 503.
La Revista cientifica Hispano-Americana, n° 11.
— 730
France.
Bulletin de la Société française de Photographie, n° 22.
Moniteur de la Photographie, nos 22, 23.
Bulletin du Photo-Club de Paris, n° 94.
Photo-Gazette, n° 1.
Le Photogramme, n° 11.
Photo- Journal, n° 105.
Bulletin de la Société Caennaise de Photographie , 15 novembre.
L' Avenir photographique, nos 82, 83.
Photo-Revue, nos 8, 8 bis.
Bulletin de la Société Lorraine de Photographie, n° 8.
Bulletin de la Société Havraise de Photographie, n° 10.
Bulletin de la Société ph otograph ique du Nord de la France, n° 5.
Bulletin de l’Association des Amateurs photographes de Dijon et de la
Bourgogne, n° 11.
Bulletin du Photo-Club Nancéien, n° 10.
La Photographie, n° 12.
Gazette du Photographe amateur, nos G7, 08.
La Science illustrée, nos 573, 574, 575.
La Science en famille, nos 4S, 49.
Grande-Bretagne.
British Journal of P hotography , nos 2011, 2012,
Photographie News, n°* 151, 152, 153.
The Journal of the Caméra Club, n° 151.
Photography, nos 523, 524, 525.
The Amateur Pliotographer, nos737, 738.
The Praclical Pliotographer, n° 107.
The Photogram, n° 60.
Suisse
Revue suisse de Photographie, n° 10.
Bulletin du Photo-Club de Neuchâtel, n°
aÜ^ZC \ZN\f:i. fîdC
|^1^I^7V1^A^ V'ÿ YtJJT 'Ar7''A5AA!j^'ArAA?''A?''A/^
~> Dos Illustrations -*-
Nous continuons à offrir à nos lecteurs les reproductions des
principales œuvres qui ont figuré au dernier Salon de l’Association.
Nous publions dans ce numéro :
Causerie nocturne, de M. C. Pu}ro, de Paris.
Étang- dans la forêt, de M. Karel Greger, de Londres.
Illustrations dans le texte. — Une Maison à Lisieux.
Epreuve extraite de l’album En Normandie de notre président,
M. J. Casier.
Les épreuves de MM. Vanderkindere, Hanssens, Leys et Mas¬
son ont été choisies parmi celles que nos confrères avaient pré¬
sentées au dernier concours organisé par la Section de Bruxelles
et dans lequel ils ont obtenu les distinctions mentionnées au procès-
verbal de la séance du 9 novembre.
M. Ch. Dewit nous fait connaître qu’il est l’auteur de l’épreuve
Port de Concarneau (Bretagne), qui figure à la page (5(50 du n° 11
du Bulletin.
Lettrines de MM. Bidart. Puttemans, Selb, Van den Hove et
Vanderkindere.
@'WY^7V^@
SO^VqVtAItfE
Assemblée générale extraordinaire, terme à Bruxelles, le 20 novem¬
bre 1898. — Procès-verbal . 685
Extraits des procès-verbaux des séances des sections.
Section de Bruxelles. — Séance du 5 novembre 1898.
Laboratoire de M. De Meuter. — Concours Suler. — Epreuves à
la lampe-éclair de M. Weiss . 692
Action du persulfate d’ammoniaque. — Ajutage pour robinets. — -
Résultats du concours de photographie . 693
Projections . 694
Section de Garni. — Séance du 3 novembre 1898.
Envois de M. Van Ncck. — Concours Suler. — Plaques « Vitroses « 695
La Photographie en couleurs ; causerie de M. L. Declercq. —
Epreuves en couleurs par le procédé Dugardin. — Le chromo-
toscope. — Développement après fixage. — Jeton de présence . 696
Rapport sur la création d'un musée de photographies documentaires,
par M. L. Roland . 697
Sur l'emploi des amines comme succédanés des alcalis dans les déve-
loppateurs alcalins, par MM. Lumière frères et Seyewetz .... 706
En écran pratique pour agrandissement, par M. Et. Olivier .... 712
Tons sépia pour épreuves sur papier, par Léo Baekeland . 716
Revue des journaux photographiques.
Photography.
N° 523. — Persulfate d’ammoniaque . . 721
The Amateur Photograph.
N° 733. — Révélateurs pour diapositives . 721
Saint-Louis and Canadian Photograpjher.
N° 10. — Photographie en couleurs .
722
— 733 —
PAGES.
Anthony' s Photographie Bulletin.
N° 8. — Renforçage au sel de plomb pour phototypes au trait. . . 723
N°9. --Reproduction de photocopies altérées, sur albumine ou
celloïdine . 723
Wilson’ s Photographie Magazine.
N° 490. — Développement et fixage simultanés . 724
N° 501. — Une invention nouvelle . 724
N° 502. — Halo. — Plaques surexposées . 725
Moment o des Expositions . 72G
Programme du 25e concours du Journal des Voyages . 727
Bibliographie . 723
Journaux reçus . 729
Nos illustrations . 731
Sommaire.
52
TABLE ©ES lVLATIÈf?ES
du vol. XXV de la collection
TROISIÈME SÉRIE. — VOLUME V
PAGES.
Acétones ou aldéhydes. (Sur la valeur pratique des principales aldéhydes
ou acétones comme succédanés des alcalis dans les développateurs
alcalins), par MM. Lumière frères et Seyewetz .
Affaiblissement des phototypes négatifs, par A. Miellie .
Affaiblissement et renforcement produits autour des impressions photogra¬
phiques, par M. le capitaine Golson .
Agrandissements (La valeur des diaphragmes dans les), etc., par le Rôv.
E.-C. Lambert, M. A .
Aldéhydes ou acétones. (Sur la valeur pratique des principales aldéhydes
ou acétones comme succédanés des alcalis dans les développateurs
alcalins), par MM. Lumière frères et Seyewetz .
Aluminium (L’) dans la lithographie .
Amines comme succédanés des alcalis (Sur l’emploi des) dans les développa¬
teurs alcalins, par MM. Lumière frères et Seyewetz .....
A nos lecteurs . •
Art. (La Photographie est-elle un art?) par Robert Demachy . . .
Art photographique. (Gomment un artiste photographe peut être un pho¬
tographe artiste), par Gustave Marissiaux .
Assemblée générale annuelle tenue à Bruxelles, le 17 avril 1898 . . . .
Assemblée générale extraordinaire tenue à Bruxelles, le 20 novembre 1898.
Assemblée générale ordinaire .
Bibliographie . 14S, 222, 295, 4G3, 551, G1 1,
Causerie artistique : La 3e Exposition d’arl photographique à l’Associa¬
tion belge de Photographie .
111
5S1
511
577
111
670
706
10
105
270
303
GS5
ICO
72S
399
— 735 —
PAGES.
Châssis pour le tirage des diapositives, par Ch. Masson . 662
Concours d’épreuves positives . 410
Concours (21e) du « Journal des Voyages ». — Programme . 64
Concours (22e) du « Journal des Voyages ». — Programme . 221
Concours (23°) du « Journal des Voyages ». — Programme . 410
Concours (24e) du « Journal des Voyages •• . 553
Concours (25e) du « Journal des Voyages » . 727
Concours photographique des régates d’Anvers (Résultat du) . 626
Concours photographique organisé par la manufacture d’optique E. Suter, à
Bâle . 575
Conseil d’administration. — Composition . 234
Conseil d'administration. — Membres admis. 5, 73, 159, 231, 30J, 417, 485,
561, 625
Cuvette verticale (Le développement en), par M. Vanderkindere . 203
Développateur nouveau à la glycine, par J. Beck . • • 659
Développement après fixage . 570
Développement confiné (Le), par M. le capitaine R. Colson . 514
Développement confiné (Application du), par M. le capitaine R. Colson . 518
Développement des papiers par noircissement direct, par R.-Ed. Liescgang . 290
Développement des plaques photographiques au gélatino-bromure dont l’exposi¬
tion exacte est incertaine . 38
Développement (Le) en cuvette verticale, par M. Vanderkindere .... 203
Développement moderne (Le), par Alfred Watkins . 194
Diaphragmes (La valeur des) dans les agrandissements, etc., etc., par le
Rév. E.-C. Lambert, M. A . 577
Diapositives (Châssis pour le tirage des), par Ch. Masson . . 662
Éclairage (L’) du laboratoire pour les plaques orthochromatiques, par le capi
taine W. de W. Abncy . 554
Écran (Un) pratique pour agrandissement, par M. Et. Olivier . <12
Épreuves d’exposition . 151
Exposition d’art photographique (Notes à propos de la 3°), par M. \ ander-
kindere . 43S
Exposition (Ve) internationale de photographie artistique organisée à Hambourg
par la « Gesellschaft zur Forderung der Amateur Photographie », par
Ernest Juhl . 51
Fêtes du XXVe anniversaire de la fondation de l’Association belge de Photogra¬
phie . . . 8, 162
Compterendu des fêtes des 14, 15, 16 et 17 mai 1898 :
Première journée. — Samedi 14 mai . 33.»
— 730 —
PAGES.
Deuxième journée. — Dimanche 15 mai : Assemblée générale
extraordinaire . 335
— Le banquet . 349
Troisième journée. — Lundi 10 mai : Soirée de projections . 364
Quatrième journée. — Mardi 17 mai : Excursion à Groenen¬
dael . ' 308
Glycine (Développateur nouveau à la), par J. Beck . . 059
Gomme bichromatée (Le procédé à la), par James Packham . ..... 182
Image latente (De l’action d’une température élevée sur l’j, par J. Gaedicke . 593
Images de différentes grandeurs avec n’importe quel objectif, par le Rév.
E.-C. Lambert, M. A . .... 584
Impression. — Le procédé aux poudres . 573
Journaux reçus . 65,151,223,290,472,554,015,075, 729
Jury de la 3e Exposition d’art photographique . .... 74
Liste des membres, 1898 . ... 23S
Memento des expositions . 219,294,411,402, 720
Microphotographie (Note sur l’orthochromatisme appliqué à la), par M. M011-
pillard . 523
Musée (Le) de photographie artistique au Parc du Cinquantenaire, par M. Van-
derkindere . 447
Musée de Photographies documentaires (Rapport sur la création d’un), par
M. L. Roland . 597
Nécrologie. — Achille Sacré . . . 68
— P. -G. Van Renterghem . 08
— Le docteur René Brecx . 155
A. Gauthier-Vil lars . 227
— Henri De Bonnier . 227
Maurice Hovelacque . 413
— Le Dr Ernest Gandèzc . . 470
— Le lieutenant général Van Eechout . 019
Félix Remacle . 022
Négatifs (Affaiblissement des phototypes), par A. Miethe . 581
Noircissement direct (Développement des papiers par), par R. Ed. Liesegang. 290
Nos illustrations . 07, 154, 226, 298, 412, 475, 556, 618, 679, 731
Notes anglaises. — L’Exposition de la « Royal Photographie Society »
au Cristal Palace, par M. Walter D. Welford . . 432
— Les deux expositions de Londres, par W. D. Wel¬
ford . 505
Numéro jubilaire . . JGI
Orthochromatisme appliqué à la microphotographie (Note sur I’), par M. Mon-
pillard . 523
Papier Velox (Les révélateurs pour), par Je B1 Léo Baekeland .
117
737 —
PAGES.
Papier Velox (Méthodes de développement), par M. Lco Baekeland . . . 405
Pelliculisation des clichés, par R. Rousseau . 41
Persulfate d’ammoniaque (Action curieuse du) sur l’argent des phototypes et uti¬
lisation de cette action, par MM. Lumière frères et Seyewetz ... 441
Photographie en couleurs par la méthode indirecte, par MM. Auguste et Louis
Lumière . 445
Photographie trichrome, par W. de W. A . 066
Plaques extra-sensibles (Procédé au gélatino-bromure donnant couramment les
25 degrés Warnercke pour), par M. A. Blanc . . . . 120
Plaques orthochromatiques (L’éclairage du laboratoire pour les), par le capi¬
taine W. deW. Abney . 654
Plaques sur vitrcse rigide (Les) . 541
Profondeur de champ (De la), par M. Charles-E. Manierre . ,544
Projections. — Des rapports entre la longueur focale de l’objectif, la
dimension de l’image projetée et la distance à laquelle on opère,
par Ch. Puttemans . 276
Projections ar.imées (Sur un mécanisme pour appareil à), par F. Drouin . .
Radiotint Chassagne, par L. Schrank .
Rapport du secrétaire général .
Rapport sur la création d’un Musée de photographies documentaires, par
M. L. Roland .
Régates internationales à voiles à Anvers .
Renforçage physique des phototypes négatifs, par D. Declercq .
Renforcement et affaiblissement produits autour des impressions photogra¬
phiques par le développement, par M. le capitaine R. Golson. . . .
Révélateurs les plus connus (Réactions caractéristiques des), parle D1' H. An-
dresen .
Salon d’art photographique (Le troisième), par M. Sulzberger .
Section de Bruxelles. — XXVe anniversaire de l’installation de la Section.
— Excursion sur l’Escaut, de Termonde à Anvers .
Section de Bruxelles. — Inauguration des matinées de projections pho¬
tographiques .
Sections de l’Association. — Bureaux .
Statuts de l’Association .
Substitutions alkylées (Sur les) dans les groupes de la fonction développatrice,
par MM. Lumière frères et Seyewetz .
Température élevée (De l'action d’une) sur l’image latente, par J. Gaedicke .
Temps de pose en photographie (La latitude du), par M. P. Mercier. . . .
Tirage des épreuves par développement (Procédé de), par M. F. Drouin . .
Tons sépias pour épreuves sur papier, par Léo Baekeland .
136
306
607
505
46
511
1-23
372
406
170
236
76
200
503
649
508
716
738 —
PAGES.
Union internationale de photographie. — 6e session tenue à Gand du 17 au
21 juillet 189S . 547
Vitrose rigide (Les plaques sur) . 541
Procès-verbaux des séances des Sections.
Section d’Anvers.
Séance du 13 décembre 189 7.
Décès de M. Van Renterghem. — Hommages . 13
Développement des papiers au gélatino-chlorure. — Situation
morale de la Section. — Projections . 14
Séance du 11 janvier 1898.
Comptes de l’année 1897. — Élection du bureau pour 1898. . . 83
Le papier Velox. — Projections . 84
Séance du 31 janvier 1898.
XXVe anniversaire de l’Association. — Papier Éclair. — Nomi¬
nation du bureau . 164
Ordres du jour des séances. — Présentation d’appareils. — Pro¬
jections . 165
Séance du 3 octobre 1898.
Décès du lieutenant général van Eechout. — Dates des séances.
— Concours. — Questions à traiter en séance . 627
Phototypes affaiblis par le persulfate d’ammoniaque. — Pelli¬
cules Vitroses. — Épreuves sur papier Electric. — Confection
de diapositives par M. Maes . ... 628
Section de Bruxelles.
Séance du 10 novembre 1897.
Concours d’illustration du numéro jubilaire. — Présentation de
membres . 15
Photomètre Decoudun. — Papier Velox. — Papier Schering.
Excursion. — Causerie de M. Puttemans sur l’emploi du
papier albuminé . 16
Séance annuelle. — Projections . 17
Séance du 24 novembre 1897.
Séance de projections de la Section de Namur. — Remercie¬
ments à M. de Smet du Hayon. — Objectif stigmatic Dall-
meyer . 18
L’acétone. — Causerie avec projections de M. Rulot sur les
phénomènes volcaniques . 19
739 —
PAGES.
Séance du 8 décembre 18!) 7.
Décès de MM. Van Renterghem et Achille Sacré. — Electric
paper. — Papier Éclair .
L’art en photographie, par M. de la Gizerane. — Hommage. —
Papier Schering. — Projections .
Séance du 22 décembre 1807.
Local de l’Association. — Hommage .
Table des matières du Bulletin. — Excursions. — Plioto-jumelle
et stéréoscope de M. De Meuter. — Plaques Tackels. —
Electric paper de la Bernaert’s Cy .
Projections .
Séance du 12 janvier 1808.
Electric paper de la Bernaert’s Gy. — Papier Éclair de la maison
Van Monckhoven. — Séance intime de projections. — Plaques
et pellicules radiographiques de la maison Jougla. — Séance
publique de projections .
21
22
85
8G
87
SS
Séance du 26 janvier 1808.
Décès du Dr Brecx. — Conférence de M. Hovelacque . . . .
Démonstration du disque obturateur pour projections, de
M. Selb .
Séance du 0 février 1808.
Remerciements de Mrae veuve Brecx. — Remerciements de la
Section de Namur. — Album des sociétés photographiques. —
Discussion au sujet du disque obturateur de M. Selb. — Soirée
de projections .
Plaques Gem. — Projections .
Séance du 22 février 1808.
Plaques Gem. — Papier Éclair.— Le développement en cuvette
verticale .
Révélateur Diogène. — Excursion. — Chalumeau de la compa¬
gnie L’Oxhydrique. — Projections .
Inauguration des matinées de projections photographiques . .
168
169
169
17U
179
Séance du 2 mars 1808.
Soirée publique de projections .
Projections .
Séance du 13 avril 1808.
Communication de M. Misonne. — Soirée publique de projec¬
tions. — Remerciements. — Boîtes pour transport de diapo¬
sitives. — Plaques radiographiques Gratte. — Conférence de
M. .Buis. — Élection du délégué au Comité. — Fêtes du
XXVe anniversaire. — Projections .
— 740 —
Séance du 11 mai 1808.
Conférence de M. Masy « Du fleuve bleu à Péking ->
Séance publique de projections du 11 mars 1898
Conférence de M. Buis, bourgmestre de la ville de Bruxelles,
donnée le mercredi 24 mars 1898 à la Section de Bruxelles. - !
Séance du 27 avril 1808.
Échantillons de plaques et de révélateurs
Fêtes jubilaires. - Pose-mètre de Winnc. — Soirée de projec¬
tions du IG mai . .
Causerie sur le sulfite, le bisulfite et l’hyposulfite de soude. _
Projections .
Séance du 25 mai 1808.
Décès de M. Hovelacque. — Exposition. — Anniversaire de la
Section de Bruxelles. — Don de M. de Schokalsky. — Causerie
sur les phénomènes chimiques. — Remise de diplômes et
d’illustrations .
Projections .
Séance du 8 juin 1808.
Ordre du jour. — XXV® anniversaire de la fondation de la Sec¬
tion. Excursion de Grammont. — Concours de photogra¬
phie. — Eikronomètre de Watkins .
Projections .
Séance du 25 juin 1808.
Musée d’œuvres photographiques du Palais du Cinquantenaire.
— Pyrocatécliine .
Positives sans nom. - Concours de photographie. - Situation
financière de la Section. — Renouvellement des membres du
Comité .
Excursion sur l’Escaut. — Le Radiotint . ’
Le chromoscope. — Réunions d’été .
Séance du 12 octobre 1808.
Excursion sur l’Escaut du mois de juillet.
Décès de MM. Remacle et du lieutenant général van Eechout. -
Étiquettes pour diapositives. — Essai de la pyrocatécliine. _
Concours de photographie. — Pellicules Vilroses. — Photo¬
graphies en relief. — Papier self-toning .
Causerie de M. Puttemans : Acides, bases et sels .
Séance du 26 octobre 1808.
Conférence de M. Mathieu sur la reproduction des couleurs. _
Concours de photographie .
Châssis pour diapositives de M. Masson. — Conférence de
M. Weiss sur la lampe-éclair de son invention
PAGES.
317
319
321
419
420
421
422
423
488
489
489
490
491
492
629
G30
G31
631
632
741 —
PAGES.
Séance du 9 novembre 1 898.
Laboratoire de M. De Meuter. — Concours Suter. — Épreuves
à la lampe-éclair de M. Weiss . 692
Action du persulfate d’ammoniaque. — Ajutage pour robinets.
— Résultats du concours de photographie . 693
Projections . 694
Section de Courtrai.
Séance du 10 janvier 1898.
Démonstration du papier Velox . 265
Séance du 11 janvier 1898.
Séance annuelle de projections. — Papier Éclair . 266
Séance du 2 mai 1898.
Fêtes jubilaires. — Le procédé à la gomme bichromatée. —
Papiers Éclair et Electric . 493
Séance du 18 juin 1898.
Album jubilaire. — Décès de M. Eug. Bekaert. — Excursion. —
Présentation d’appareils . 494
Section de Gand.
Séance du 2 décembre 1897.
Félicitations à M. J. de Smet. — Élections. — La propriété du
cliché photographique . 23
Stéréo-jumelle de Krauss . 24
Boîte pour lé transport des diapositives. — Plaques Sandell. •—
Papier Schering. — Papier Éclair . . . . 25
Séance du 13 janvier 1898.
Causerie de M. le D1’ de Nobele sur les rayons X et leurs appli¬
cations . 89
Jeton de présence . 90
Séance du 3 février 1898.
Soirée de projections. — Fêtes jubilaires de l’Association. —
Appareils de la Compagnie L’Oxhydrique . 171
Emploi du fixatif Vibert . 172
Projections . . 173
Séance du 3 février 1898.
Session de l’Union internationale — Hommage de M. Casier. —
Cliché intéressant. — Lanterne de projections . 268
Jeton de présence . . 269
742 —
PAGES.
Séance du 7 avril 1898.
Causerie sur l’acétylène . . • 424
Papier pour impression par développement de la maison Van
Monckhoven. — Séance de projections de la Section de Liège.
— Jeton de présence . 425
Séance du 5 mai 1898.
Causerie sur les diapositives. — Présentation d’appareils. —
Jeton de présence . 42(3
Séance du 2 juin 1898.
Session de l’Union internationale. — Causerie de M. Spilthoorn
sur le bain fixateur . 636
Appareil stéréoscopique de Bellieni. — Projections. — Jeton de
présence . 637
Séance du 4 août 1898.
Compte rendu de la session de l’Union internationale. — Excur¬
sion. — Concours sur l’Escaut. — Le rôle du diaphragme dans
les objectifs. — Machine à imprimer donnant par un tirage
unique les reproductions en différentes couleurs . 63S
Anvers maritime, présentation par M. Spilthoorn . 639
Séance du 6 octobre 1898.
Concours des régates d’Anvers. — Décès du lieutenant général
van Eeehout. — Épreuves en couleurs de MM. Mathieu-Dery.
— Causerie de M. de Nobele sur l’identification anthropomé¬
trique . 639
Papier résine. — Projections. — Jeton de présence . 640
Séance du 3 novembre 1898.
Envois de M. Van Neck. — Concours Suter. — Plaques
« Vitroses » . 695
La photographie en couleurs; causerie de M. L. Declercq. —
Épreuves en couleurs par le procédé Dugardin. — Le chromo-
toscope. — Développement après fixage. — Jeton de présence. 696
Section de Liège.
Séance du 26 novembre 1897.
Album international des Sociétés photographiques. — Félicita¬
tions à M. Marissiaux. — Présentations de membres. ... 26
Causerie par M. O. Loiseau sur la microphotographie .... 27
Séance du 10 décembre 1897.
Décès de M. Achille Sacré. — Hommage . 27
Présentation de membres. — Causerie de M. O. Loiseau sur la
microphotographie . 28
— 743 —
PAGES.
Séance du 17 décembre 1897.
Concours de diapositives. — Changement de local et achat d’un
appareil de projections . * . 91
Démonstration du papier Velox. — Papier négatif de Moh. —
Projections . 92
Séance du 14 janvier 1898.
Exposition de l’Association. — Remerciements. — Papiers Eclair
et Velox. — Folding Pocket- Kodak. — Présentations de
membres. — Essai de lanterne de projections . 93
Séance du 28 janvier 1898.
Fêtes jubilaires de l’Association. — Changement du jour des
réunions. — Comité chargé du fonctionnement de la lanterne.
— Acquisition pour la bibliothèque . 174
Présentation d’un membre. — Démonstration du développement
physique des papiers à noircissement direct. — Epreuves
radiographiques. . 175
Séance du 8 février 1898.
Catalogue de la bibliothèque . . 175
Exposition de l’Association. — Séance annuelle de projections.
— Projections. — Concours de diapositives. — Bibliothèque.
— Présentation d’un membre . 17<»
Séance du 15 février 1898.
Correspondance. — Traductions de M. Hassreidter. — La gomme
bichromatée ... .... ' . 924
Concours de diapositives . 925
Séance du 8 mars 1898.
Concours de diapositives. — Séance publique de projections . . 325
Conférence de M. Marissiaux : « Comment un artiste photo¬
graphe peut être un photographe artiste. « . 520
‘197
Projections .
Séance du 22 mars 1898.
Lanterne de projections. — Causerie de M. Fredericq, professeur
de philosophie à l’Université, sur les crustacés . 327
Bibliothèque. — Le Chromoscope . 928
Séance du 5 avril 1898.
Fêtes du 25e anniversaire. — Causerie de M. le professeur Nuel
sur les couleurs . 928
Séance du 26 avril 1898
Remerciements. — Soirée de projections. — Fêtes jubilaires . 427
Excursion. — Présentations démembres. — Jeton de présence.
. 49c
— Projections .
— 744
PAGES.
Séance du 10 mai 1808.
Soirée publique de projections. — Conférence de M. Bourgeois. 429
Séance du 24 mai 1898.
Remerciements. — Fêtes jubilaires. — Exposition des œuvres
des membres du Photo-Club de Paris et de la Société de Ham¬
bourg. — Excursion annuelle . 430
Situation financière. — Discours de M. Roland, président sor¬
tant. — Election d’un vice-président. — Présentation d’un
membre. — Jeton de présence . 431
Séance du 11 octobre 1898.
Remerciements à M. Léon Roland, président sortant. — Expo¬
sition d’art photographique . (341
Programme des séances. — Budget. — Fixation du jour des
séances. — Jeton de présence au commissaire délégué auprès
du conseil d’administration. — Pellicules Vitroses . G42
Halo. Double développement. — Épreuves de M. Marissiaux.
Présentations de membres . 643
Section de Louvain.
Séance du 17 novembre 1897.
Renouvellement du bureau . 29
Concours d’illustrations. — Jeton de présence. — Présentation
d’un membre. — Excursions . 30
Séance du 15 décembre 1897.
Démission. — Demande de congé. — Causeries . 95
Excursions photographiques. — Radiographie. — Jeton de pré¬
sence. — Papiers Velox et Eleclric. — Plaques Jougla. — Por¬
trait du P. Van Tricht . cjq
Séance du 5 janvier 1898.
Album international des Sociétés photographiques. — Hommage.
— Développement des papiers par noircissement direct. — Pho¬
tographies d’étincelles électriques. — Diapositives Bernaert.
— Papier Éclair. — Jeton de présence . ... 98
Séance du G avril 1898.
Local de la Section . 330
Fêtes du 25e anniversaire. — Remerciements. — Causeries . . 331
Œuvre de bienfaisance. — Collaboration de la Section .... 562
Séance de projections du 22 septembre 1898 . 563
Séance du 4 novembre 1898.
Concours de vacances . 644
745
PAGES.
Organisation d’un nouveau concours . 645
Concours Suter. — Photographie des couleurs . 646
Section de Namur.
Séance du 1er décembre 1897.
Séance de projections. — Papier Volox . 99
Séance du 15 décembre 1897.
Hommages. — Développateur Orthol. — Comptes de l’exercice
1897. — Élection du bureau . 100
Séance du 5 janvier 1898.
Papier Éclair. — Épreuves de M. Rousseau. — Papier Electric. 177
Séance du 2 février 1898.
Remerciements. — Soirée de projections du 21 janvier. —
Épreuves sur papier Elliott and Sons. — Plaques Sandell. —
Papier Barnett . 178
Séance du 5 octobre 1898.
Plaques « Noir et Blanc », épreuves de M. Jossart. — Projections
à la lumière de l’acétylène . 647
Résumés des journaux étrangers
Amateur Photographe de Saint-Pétersbourg.
N° 1. — Une méthode de préparation des plaques diapositives . 217
N° 7. — Impression . 217
N° 9. — Nouveau virage fixage . * . 217
American Amateur Photographer.
N° 12. — Un nouveau venu . 144
Anthony’s Photographie Bulletin.
N° 4. — Traits noirs sur papier blanc . 144
N° 7. — Tubes de Crookes . 145
N° 3. — Une nouvelle méthode pour éliminer l’hyposulfite de
soude contenu dans les phototypes. — Teinte rouge
sanguine . 460
N° 8. — Renforçage au sel de plomb pour phototypes au trait. 723
N" 9. — Reproduction de photocopies altérées sur albumine ou
celloïdine . 723
British Journal of Photography.
Nu 1913. — Nuages, filtre-écran . 57
N° 1915. — Virage au platine . 57
— 74fi —
PAGFS.
N° 1918. — Renforçage . 57
N° 1922. — Virage rouge . 58
N° 1923. — Halo . . . 58
Écrans jaunes. — Essai du sulfite de soude. — Éti¬
quettes pour flacons . 59
N° 1924. — Clichés jaunes pour renforçage au bichlorure de
mercure . 59
N° 1925. — Écran jaune . 59
N° 1927. — Noir pour cuivre . GO
N° 1929. — Neutralité. — Aluminium noirci. — Urane, renfor¬
çage . 60
N° 1939. — Procédé Artigue . 60
N° 1944. — Halo . _ . 60
N° 1946. — Halo. — Collodion anti-halo. — Éliminateur d’hypo-
sulfite . ... 61
N° 1947. — Renforçage à l'argent . 61
Noir pour fer et pour acier. — Développateur sec. . 62
N° 1948. — Nouvel objectif G oerz . 62
N° 1951. — Papier albuminé . 62
N° 1959. — Orthol. — Vernis . 210
N° 1959. — Bouquet de virages . 212
Caméra Notes.
N° 3. — Caméra Notes . 143
N° 1. — Diapositives à projections . 605
Une nouvelle méthode de développement . 606
Das Atelier des Photographe^.
N° 455. — Développement lent . 60S
Der Amateur Photograph.
N° 131. — Encre indélébile pour écrire sur verre. — Neige
comme réflecteur . 216
N° 139. — Développateur pour le voyage . 550
Journal russe de photographie de Saint-Pétersbourg.
Nosl,2,4. — Prime. — Photographie stéréoscopique. — Illus¬
tration . 218
Photographisches Centralbiatt.
N° 16. — Chlorure d’or . . 673
Photographische Chronik.
L’emploi de la lanoline en photographie . 610
Photographische Correspondenz.
N° 450. — L’Aristocope stéréoscopique . 454
— 747 —
PAGES.
Photographie au magnésium avec plaques orthochro¬
matiques . 456
Le triple anastigmat . 456
N° 455. — Éclair magnésique . 607
Photographische Mittheilungen.
N° 21. — Développement à l’acétone ou à l’aldéhyde .... 456
N° 6. — Les couleurs par le procédé Chassagne . 550
N° 24. — Virage des papiers à la celloïdine . 456
N° 2. — La Ve exposition d’art, à Hambourg. — Statistique . . 457
N° 8. — Cartes postales platinotypiques . 608
N° 10. — Obturateur à rideau . 608
Photographische Rundschau.
Décembre 1897. — Nuages. — Diapositives aux tons pourpres . 216
Diapositives bleues . 217
Février 1898. — Effluviographie. — Images produites par diffé¬
rences de température . 454
Photographisches Wochenblatt.
N° 23. — En avant, le procédé à l’albumine . 550
No 39. _ Préparation de cartes postales sensibilisées .... 674
Photography.
N° 469. — Projections . 140
No 473. _ H. P. Robinson et le Linked Ring . 141
No 475. _ Effets de soleil dans les diapositives . 141
N° 467. — Lippmann . 142
N° 478. - Photographies métalliques . 142
No 490. — Influence des substances organiques et métalliques
sur la plaque sensible . 45S
No 494. _ Plaque tixée et développée ensuite . 459
No 502. — Renforcement des épreuves au platine . 601
No 503. — Le grain du bromure d’argent . 001
Verre ou celluloïd . 002
N° 511. — Photographie d’éclairs . (,02
N° 512. — Platinotypie . 002
N° 513. — Le développement en temps chaud . 603
No sis. — Éclairage de la chambre noire . 003
No 523. — Persulfate d’ammoniaque . ‘21
Praktischer Rathgeber.
No 22. — Un amateur qui lâche la musique et la chasse pour la
photographie . '05
N» 15. — Temps d’exposition . 009
— 748 —
PAGES.
Saint-Louis and Canadian Photographer.
N° 10. — Photographie en couleurs . "122
N° 11. — Agrandissements . 144
The Amateur Photographer.
N° 0S3. — F. R. P. S. et F. R. C. S . 142
N° 0S6. — Renforçateur pour diapositives . 142
N° G92. — Photographie au clair de lune. — Platine . 20S
N° 693. — Orthol . 208
N° 697. — Révélateur pour positives à projection . 209
N° 700. — Impression double de nuages . 457
N° 703. — Gomme bichromatée . 458
N° 707. — La Lanoline . 458
N° 708. — Deux diaphragmes. . 458
N° 712. — Virage des épreuves au bromure . 606
N° 718. — Renforcement des épreuves au platine . 606
N° 733. — Révélateurs pour diapositives . 721
The Photogram.
No 48. — Photographie de poissons vivants . 139
N° 55. — Transport d’appareil photographique à bicyclette . . 604
The Photographie Journal.
N° 2. Négatifs renversés . 209
The Practical Photographer.
N° 99. — Conseils aux portraitistes . 139
N° 97. — L’éclairage de l’atelier. - Temps de pose . 140
N° 100. - Frank M. Sutcliffe . 459
N° 104. — Photographie des nuages . 604
N° 105. — Association belge . . 605
Wiener freie Photographen Zeitung.
N° 9. — Agrandissements sur papier au bromure . 673
Wiener Photographische Blatter.
Octobre 1897. — Renforcement des platinotypies . 213
Septembre 1897. — Copies par contact sur papier au gélatino¬
bromure . 213
Décembre 1897. — Sur l’efficacité des écrans rouges pour lan¬
ternes de chambres noires . 215
Janvier 1S9S. — Glycine pour diapositives . 453
Février 1898. — Photographie maritime . 453
Wilson’s Photographie Magazine.
N° 486. — Pour s’assurer de la valeur réelle des couleurs dans
les photographies de paysages . 145
— 749
TAGE3.
N° 488. — Le gaz acétylène pour le portrait . 14G
L’acide citrique comme retardateur . 147
N" 491. — Méthode pour rendre les bouchons en liège imper¬
méables aux vapeurs . . 293
N° 493. — Un bon vernis pour phototypes ne se fendillant pas.
— Les rayons lunaires comparés aux rayons X . . 293
N° 495. — Orthol . 460
N° 496. — Développement et fixage simultanés . 724
N° 501. — Une invention nouvelle . 724
N° 502. — Halo. — Plaques surexposées . 725
53
LISTE ALPHABÉTIQUE
DES NOMS D’AUTEURS CITÉS
PAGES.
Abney (cap. W. de W.) . . . 654, 666
Andresen (M.) . 123
Baekeland (L.) . . . . 117 , 405, 716
Beck (J.) . 659
Blanc (A.) . .120
Casier (J.) . 10
Colson (cap. R.) . . . 511, 514, 518
Coupé (abbé J.), procès-verbaux. 23
Declercq (D.) . 46
Résumés :
B. J. P . 57, 210
A. P . 208
P. J. . 209
Demachy (R.) . 105
De Nobele (D1), procès-verbaux. 89,
171, 268, 424, 425,
636, 638, 639, 695
de Schokalsky (colonel).
Résumés :
A. P. S. P . 217
J. P. P . 218
Drouin (F.) . 53, 508
Dupont (Ch.), procès-verbaux. 26, 27,
91, 92, 174, 175, 324, 325,
327, 32S, 427, 428, 429, 641
Falion (J.), procès-verbaux. 99, 100,
177, 647
Gaedicke (J.) . 593
PAGES.
Goderus (A.) . 68
Hassreidter (V.)
Traductions. . . 38, 123, 136,
290, 581, 659
Résumés :
W. P. B .
213, 453
P. R .
215. 609
A. P .
P. Rd .
216, 454
Ph.C .
454, 607
Ph. M. . .
456, 608
At. Ph .
. . 608
Ph. Chr .
. 610
W. F. Ph. Z. ... .
. 673
Ph. C. B. ...
Ph. W. ....
. 674
Ickx (R.), procès-verbaux . .
. 265,
266,
493, 494
Juhl (Er.) .
. 31
Keusters (L.), procès-verbaux.
. 13,
83, 164
Lambert (Rév.E.-C.) . . .
577, 584
Lannoy (P.), procès-verbal
Leirens (A.)
. 627
Résumés :
A. P. B . 144,
460, 723
W. P. M. . 145, 293,
460, 724
Liesegang (R.-Ed.) .
. 290
751 —
PAGES.
Lumière (A. et L.) . 445
Lumière frères et Seyewetz . . .111,
200, 441, 706
Maes(J.). . • . 68
Manierre (Ch.-E.) . 544
Marissiaux (G.) . 270
Masson (Ch.) . 662
Mercier (P.) . 649
Miethe (A.) . 581
Monpillard (M.) . 523
Neuhauss (Dr) . 570
Olivier (Et.) . . 712
Packham (J.) . 182
Pavard (commandant L.) . . . 563
Puttemans (Ch.). . . . 67,154,155,
226, 227, 286, 298, 368,
412, 475, 496, 505, 541, .
547, 556, 618, 679, 731
Traduction . 577
Roland (L.) . 476, 697
Rousseau (R.) . 41
Rutot (A.) . . 179, 3l9, 321, 364, 413
Schrank (L.) . 136
Seyewetz et Lumière frères . . . 111,
200, 441, 706
PAGES
Stadeler (E.), procès-verbaux . . 15,
17, 21, 85, 87, 166,
167, 169, 314, 315,
317, 419, 421, 487,
489, 629, 631, 692
Stalpaert (abbé E.), procès-ver¬
baux. . 29, 95, 97, 330, 562, 644
Sulzberger (M.) . 372
Van den Bergen-Dries (A.) . . . 399
Vanderkindere (M.) . . 203, 43S, 447
Procès-verbaux . . 303, 333,
335, 685
Rapport . 306
Traductions. . . . 182, 194,
432, 565, 573, 5S4, 654
Résumés :
Phm . 139, 604
P. P . 139, 459, 604
Ph. ■ . . . 140, 458, 601, 721
A. P. . . . 142, 457, 606, 721
C. N. . 143, 605
S. L. C. P . 144, 722
A. A. P . 144
Watkins (A.) . 104
Welford (W.-D.) .... 432, 565
ILLUSTRATIONS
1. Phototype R. Pauli, photogravure J. Malvaux . 1
2. — G. Servaes, phototypographie J. Malvaux . 73
— Langili, impression sur papier « Velox » . 73
3. — A. Degryse, phototypographie J. Malvaux . 159
— V. Selb, phototypographie J. Malvaux . 159
4. — R. Ickx, photogravure Blechinger et Leykauf . 231
5-6. — R. -H. Furman, impression sur papier « Yelox ». . . 301
— R. Rousseau, phototypographie F. Dricot . 301
7. — E. Fraeys, phototypographie J. Malvaux . 417
— Alex. Allan, phototypographie J. Malvaux . 417
8-9. — R. Ickx, phototypographie J. Malvaux . 4S5
— G. Einbeck, phototypographie J. Malvaux . 485
— Aston W. Smedley, phototypographie J. Malvaux .... 516
10. — M. Vanderkindere, photogravure Blechinger et Leykauf . . 561
U. — H.-M. Gehrkens, phototypographie J. Malvaux . 625
— J. Casier, phototypographie J. Malvaux ....... 625
12. — C. Puyo, phototypographie J. Malvaux . 683
— K. Greger, phototypographie J. Malvaux . 6S3
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